Bonjour à toutes et merci encore pour toutes ces superbes reviews. Merci à vous de prendre ce temps pour m'écrire.
J'ai décidé de la fin, ça y est, et vous saurez ce que j'ai décidé dans quelques chapitres -)
Je voulais éclaircir un point que j'évoquerais dans le prochain chapitre : si Bella ne peut pas quitter la propriété des Cullen c'est parce que c'était celle de ses parents et que c'est à cet endroit qu'elle a réapparu cent ans après. Elle a voyagé dans le temps mais non dans l'espace.
Chapitre 7
PDV Edward
« Et vous, ne la laissez pas sortir ! » exigeai-je.
« Allons-y, Edward. Je dois aller travailler au matin. » s'impatienta Carlisle.
Je ne croyais vraiment pas que laisser l'humaine seule avec Emmett et Alice était une bonne idée.
« Ça va lui faire du bien, une soirée sans les regards noirs de Rosalie et les tiens d'amoureux transi ! » se moqua Emmett.
J'ignorais la remarque de mon frère pour me tourner vers Jasper. J'avais aussi exigé sa présence lors de la chasse de cette nuit, il avait très soif et l'humaine était une tentatrice malgré elle. Jasper détestait s'éloigner d'Alice, il savait aussi pourquoi je ne le laisserais pas avec elle dans cet état.
« Allez, va t'aérer, elle sera encore là à ton retour. » continua Emmett.
« Tu le surveilles. » ordonnai-je à ma sœur.
À cet instant, le bruit caractéristique de la douche de mon ancienne chambre résonna dans la maison. Jasper posa aussitôt sa main sur mon épaule, détournant ainsi le cours de mes pensées. Il n'y avait qu'une façon de m'éloigner de l'humaine, me donner très soif.
_oOo_
« Je vais m'en contenter. » annonçai-je à ma famille.
« Tu as assez bu ? Tu es en certain ? » s'enquit Esmé, un peu inquiète de mon manque de motivation lors de cette chasse.
« Oui, mais continuez. »
Carlisle envisagea alors une escapade avec sa femme, je bloquai ses pensées sur le champ. Rosalie décida de continuer seule, se doutant des projets du couple. Jasper préféra être prudent et se nourrir plus que nécessaire.
« Tu m'envoies Emmett. » me commanda Rosalie.
Je courus jusqu'à la maison, un sourire de plus en plus grand aux lèvres.
« Non, c'est une théorie débile ! » entendis-je s'écrier Isabella quand je fus assez proche de la maison.
Emmett et Alice explosèrent de rire, l'un d'entre eux versa un liquide dans un verre, l'humaine murmura « merci ». Je poussai davantage sur mes jambes pour parcourir le dernier kilomètre.
« Cette excuse fumeuse ne s'est pas du tout vérifiée, continua l'humaine. Il n'y a eu que le Cambodge et le Laos qui ont basculé dans le communisme. Pourquoi nos gouvernements se croient-ils investis d'une mission divine ?! »
Aucun doute n'était possible, Emmett et Alice étaient en train d'enivrer ma Bella ! Mais à quoi pensaient-ils ?!
« Je n'ai pas dit que cette théorie s'était réalisée ou qu'elle justifiait les tragédies au Vietnam ! s'emporta mon frère, faussement vexé. J'ai juste dit qu'ils avaient vachement peur des communistes à l'époque. »
J'arrivai enfin à la maison, me précipitai dans le salon où ces deux crétins avaient apparemment prémédité leur coup. Ils avaient acheté assez d'alcool pour ouvrir un bar clandestin comme au temps de la prohibition.
« Salut frérot ! » m'accueillit Emmett.
C'était son idée ! me jurèrent mon frère et ma sœur en pensée.
« Vous allez me le payer. » grinçai-je en espagnol.
Isabella se leva, tituba, et posa ses poings sur ses hanches, elle savait être impressionnante.
« Tu ne peux parler en anglais en ma présence ?! Tu es réellement le garçon le moins poli que je connaisse ! À mon époque, les hommes étaient des gentlemen. »
« Mais c'est qu'il est trop jeune, notre Eddie ! » se moqua Emmett.
J'avais failli me trahir en répliquant à cette humaine que ma mère m'avait moi aussi élevé pour être un parfait gentleman et que j'en étais un avec quiconque… sauf avec elle.
« Rosalie t'attend. » dis-je à mon frère, bien heureux de me débarrasser de lui.
Il joua des sourcils et s'en alla en sifflotant.
« Ils ne sont pas partis dîner à Chicago ? » s'étonna Isabella.
Elle avait dû remarquer que mon frère avait quitté la maison sans même prendre une veste. Emmett se montrait trop imprudent et l'humaine était trop observatrice. J'allais en parler à Carlisle, Emmett l'écouterait sûrement.
« Edward est quelqu'un de vieux jeu, intervint Alice. Il a simplement du mal avec la nouveauté. »
« Merci. » raillai-je.
J'étais déjà un rustre aux yeux de l'humaine, je passais désormais pour un idiot à cause de ma sœur.
« Tu es prête à te coucher ? » la questionna Alice.
« Je crois que je devrais manger d'abord, décida Isabella. Mon père boit rarement mais quand il boit, il mange toujours beaucoup, boit beaucoup d'eau et ne se couche jamais ivre. »
« Oh ! Jasper arrive ! s'exclama ma sœur. Tu ne m'en veux pas si je te laisse avec Edward ? »
L'humaine et moi la fusillâmes du regard, puis conscients de la réaction de l'autre, nous nous dévisageâmes, vexés. L'idée d'être seul avec elle ne me contrariait pas, bien au contraire, seulement je ne me faisais pas confiance. Si j'écoutais ce fantôme dans ma poitrine, je courtiserais Isabella. Quel sombre idiot j'étais !
« Allons dans la cuisine. » proposai-je à l'humaine.
Elle fut étonnamment alerte dans la cuisine, elle ne titubait presque pas, savait exactement où se trouvait ce qu'elle cherchait. Elle commença à battre des œufs puis se tourna vers moi, sa lèvre inférieure coincée entre ses dents.
« Tu en veux ? » proposa-t-elle finalement.
Je déclinai poliment puis m'assis sur un des tabourets, signifiant ainsi que je comptais bien rester avec elle. Admettre le plaisir que je ressentais à être seul avec elle ne fut pas difficile. Le plus pénible était qu'au même moment, Alice me narguait, elle m'ordonnait d'être enfin amical avec Bella et de ne pas écouter aux portes. Jasper venait de sauter directement jusqu'à la fenêtre de leur chambre, ses pensées uniquement tournées vers sa femme.
« Tu as passé une bonne soirée ? » lançai-je.
« Oui, j'ai mis plus d'une heure à réaliser qu'ils me servaient de l'alcool ceci dit. » se désola l'humaine.
« Ils n'auraient jamais dû. »
« C'est de ma faute, je leur ai dit que puisque j'étais confinée ici jusqu'à dieu seul sait quand, je voulais expérimenter un maximum de choses. Selon Emmett, être saoul est une expérience importante. »
« Il ne faut jamais écouter Emmett. »
Elle rit puis se tourna vers la plaque de cuisson. Le temps de la cuisson de l'omelette, j'avais l'occasion d'enfin la regarder sans les remarques moqueuses de ma famille. Ses longs cheveux bruns cascadaient sur ses épaules et caressaient ses reins, je mourrais d'envie de les toucher, d'y passer mes doigts et de les humer.
« Quel endroit préfères-tu à Chicago ? » me questionna-t-elle plus tard, en coupant des tomates.
« Le parc Horner. » répondis-je sans réfléchir.
« Vraiment ? Carlisle t'a dit que c'est juste à côté de l'hôpital où nous travaillons ? Enfin avant… J'y vais souvent en attendant le tram pour rentrer à Niles Center. »
« C'est tellement paisible là-bas, je m'asseyais au bord de la fontaine, au nord du parc, et chaque dimanche après-midi j'attendais le spectacle de magie. Et adolescent, j'allais jouer au base-ball avec mes amis. Tu te souviens de l'odeur de caramel à l'entrée ouest ? Ma mère m'achetait toujours- Quoi ? »
Isabella me regardait, les yeux écarquillés.
« Rien. Continue. » m'encouragea-t-elle gentiment.
Mais que m'arrivait-il ? Je perdais mes habitudes de cette charade humaine en la présence d'Isabella. Elle agissait comme un alcool sur moi, apaisant mes tensions, déliant ma langue, corrompant mes pensées.
Mentir était un art pour nous autres vampires, un art que nous avions été obligés maîtriser pour continuer à vivre pacifiquement au milieu des humains. Pourquoi cette humaine-ci semblait déceler mes mensonges ? Je devais en dire le moins possible, me sermonnai-je.
« Tu es né à Chicago, tu y as grandi. » ajouta-t-elle.
« Oui. »
« Je connais mal la ville, admit-elle. J'y suis allée quelques fois quand j'étais petite, avec mes parents. Grâce au bénévolat à l'hôpital, j'ai pu sortir de Niles Center. Je suis certaine qu'il y a tant de choses pour moi à découvrir. »
« C'est une ville magnifique. Tu devrais effectivement la parcourir de long en large. »
Isabella mangea rapidement, une fois la vaisselle débarrassée et chargée dans le lave-vaisselle, elle hésita devant le congélateur.
Pitié, pas une glace, priai-je.
« As-tu déjà été saoul ? » me demanda-t-elle.
« Non. »
Elle sortit une bouteille de jus d'orange du réfrigérateur et m'en proposa, je déclinai évidemment.
« J'adore le jus d'orange, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée pour aider mon corps à éliminer l'alcool. » se confia-t-elle.
« Au contraire, tu devrais en boire beaucoup, de l'eau aussi. Tu as beaucoup bu d'alcool ? » l'interrogeai-je.
« Quatre verres, Alice m'a promis que je n'aurais pas la gueule de bois. Elle devait me donner un médicament aussi. »
Je saisis cette opportunité pour m'éloigner quelques instants d'elle, j'avais besoin de rassembler mes esprits. Ses yeux brillants, sa bouche plus rouge que d'habitude, ses cheveux libres, elle me rendait encore plus fou et déraisonnable ce soir. Elle me remercia plusieurs fois quand je revins trop vite avec deux capsules.
Je ne sus comment l'humaine réussit ce tour de force, elle me fit parler près d'une heure de ma vie à Chicago. Beaucoup d'anecdotes durent être modifiées pour coller à notre charade, évidemment. C'était si agréable de parler ainsi de mes parents biologiques, du quartier où j'avais grandi, de mes cours de solfège et de piano, des dimanches au parc.
« Je me souviens d'un dimanche de printemps, dans le parc Horner, un homme parlait de la guerre. Ça a chamboulé ma vie, j'avais quatorze ans, évoquai-je plus sombre. J'ai cru chaque mot qu'il a dit, j'ai voulu devenir soldat et partir combattre les Allemands, j'ai cru à la gloire militaire. Mon père était fou de rage. »
« Tu n'as pas eu de frères et sœurs ? »
« Non, et j'avais ce poids sur mes épaules, même enfant. Je devais réussir pour succéder à mon père. J'avais pour habitude de me cacher pour lire ou jouer. Quand j'ai parlé de m'enrôler, mon père m'a envoyé dans un pensionnat en pleine campagne. »
« J'imagine que ça a été difficile. »
« Je me suis accroché à mon rêve tout en étudiant. » lui-dis-je, balayant mes obscurs souvenirs de nuits entières à lutter contre mes larmes parce que j'étais loin de chez moi.
« Et que s'est-il passé quand tu as été majeur ? »
Piège ! m'avertit Alice depuis sa chambre.
« Je ne le suis pas encore. Mes parents sont décédés il y a deux ans, maintenant je vis avec cette famille de fous. » me rattrapai-je, me maudissant pour mon manque d'attention.
« Je suis désolée. » murmura Isabella en s'approchant de moi.
« Tes parents te manquent ? » la questionnai-je à mon tour.
« Oui et non… Toi et moi avons partagé la même ambition, même si évidemment je n'aurais pas été sur le champ de bataille. Depuis des mois, je harcèle mes parents pour qu'ils me laissent intégrer l'école d'infirmières de la Croix Rouge. Maintenant je sais que la guerre s'est terminée quelques mois plus tard, je n'aurais pas été sur le front, mais j'aurais pu aider les soldats blessés à leur retour. Jasper m'a beaucoup parlé des traumatismes psychologiques, de leur traitement et ça n'a rien à voir avec ce que j'ai vu faire à l'hôpital avec les soldats déjà revenus. Il y a eu tellement d'avancées dans ce domaine, à cette époque moderne on semble prendre autant soin de l'esprit que du corps. »
Elle termina son troisième verre de jus d'orange puis regarda autour d'elle, la mine grave.
« J'espère me souvenir de tout ce que j'ai appris, je ne pense pas pouvoir éviter les grandes catastrophes mais ce savoir est déjà très précieux. »
« Tu veux réellement te souvenir de tout ? » m'étonnai-je.
« Bien sûr et je veux me souvenir de vous tous. Je… je verrai sans doute Carlisle à mon retour dans mon époque mais vous me manquerez tous. »
« Vas-tu devenir infirmière ? »
« Oui. Et toi, deviendras-tu soldat ? »
Ses yeux me sondèrent, attendant de me voir tomber dans son piège. Elle ne réalisait pas que le réel danger pour moi était de lui avouer mon amour pour elle, inconditionnel, éternel et surtout impossible.
« Nous devrions aller nous coucher. » dis-je seulement.
Elle me suivit jusqu'aux escaliers mais aux premières marches escaladées, les gémissements d'Alice et de Jasper résonnèrent, nous figeant, Isabella et moi. J'étais hélas capable de reconnaître quand Alice et Jasper faisaient l'amour, et ça n'était pas ce qu'ils étaient en train de faire. Pourquoi simulaient-ils ?
« On pourrait écouter de la musique dans le salon. » proposa-t-elle.
Pour le parc Horner, il existe bel et bien mais date de 1946, j'ai été juste très fainéante pour trouver un endroit où ces deux-là auraient pu se croiser.
Bella creuse pour découvrir le secret des Cullen, Edward comme les autres, baisse parfois sa garde.
Prochain chapitre, on reprend à la fin de ce passage.
Merci d'avance pour vos reviews.
