Bonjour !

J'aurais dû poster dans le week-end, mais ce texte se révèle plus long que prévu (honnêtement, je comptais absolument pas dépasser les 2 milles mots pour un OS sur ce recueil), donc ça compense XD ! Ce KagaFuri m'aura bien inspiré. Dans les faits, c'est simple et fluffy. J'espère que ça va vous plaire !

Le rating est T.

Bonne lecture !


Fondant

Furihata posa sa manette sur le sol alors que l'écran chargeait leur future partie. Il avait besoin de se reposer un peu les mains. Furihata avait été invité chez Kagami, son petit-ami depuis maintenant trois mois, pour jouer aux jeux vidéo et faire leurs devoirs. C'était du moins le prétexte qu'il avait servi à ses parents pour obtenir leur permission. Ils avaient plutôt bien occupé l'après-midi et le début de soirée avec le premier et aucunement avec le deuxième. Qui aurait pu les blâmer ? Ce jeu de combat de superhéros baptisé 'Injustice' était définitivement prenant, et force de 'non, on refait, je gagnerais cette fois !' le temps leur filait littéralement entre les doigts sans qu'ils ne puissent espérer le retenir. Rapidement, il jeta un coup d'œil à sa montre. Ses yeux s'exorbitèrent dès qu'ils déchiffrèrent le cadrant.

« Oh, mais c'est qu'il est super tard ! »

A côté de lui, Kagami haussa les épaules, portant sa canette de coca à sa bouche. Il jeta un œil à la nuit tombée par-delà la grande porte-fenêtre aux rideaux à moitié tirés et but une longue lampée avant de frapper la boîte d'aluminium contre la table basse en un bruit métallique. Sans trop appuyer son regard, il ne se détourna qu'à peine de l'écran. L'avancement de la petite barre jaune se finissait presque.

« T'as qu'à rester ici. »

Furihata fut un peu gêné. Le 'un peu' était de trop. Il se sentit rougir et son ventre se noua bien vite. Il n'était pas gêné d'être seul avec Kagami…Enfin, si, il trouvait ça embarrassant, il l'avouait. Quoiqu'il en soit, une demi-journée ensemble était supportable pour son faible seuil d'intimidation, ils en avaient déjà grillées trois ensemble comme ça. Une nuit, en revanche, l'outrepassait de très loin.

« Ben, il est huit heures et on m'attendait pour huit heures chez moi…Je dois pouvoir attraper le train si je me dépêche.

—On s'amuse bien, appelle pour dire que tu restes.

—Je sais pas s'ils vont être d'accord… »

Le rouge roula des yeux devant sa gaucherie teinté de couardise.

« Au moins demande. »

Il aurait été illogique et suspect de sa part qu'il refuse, alors le châtain acquiesça. Pendant qu'il passait le coup de fil, il espéra pratiquement se faire sermonner et prier de rentrer dans l'immédiat. Ça l'aurait délivré de la situation houleuse dans laquelle il venait de s'emprisonner, bien malgré lui. Ses parents durent mettre sa voix tremblante sur le dos de sa désobéissance involontaire, et acceptèrent sans aucune condition. A la fin de la conversation, Kagami eut un sourire franchement satisfait et lui caressa le crâne d'un air vaguement moqueur.

« Tu vois, ils t'ont pas buté. Je vais faire à manger. »

En entendant son estomac agréer et voyant ce satané sourire qui ne disparaissait pas du visage de l'autre, Furihata avait rougi davantage. Joues cuisantes, la tête lui tournait. Dans son for intérieur, il s'enjoignit vivement à se calmer. Derrière l'angoisse, il devait l'avouer, il était très heureux avec Kagami, aujourd'hui et, aussi bête que ce soit à dire, tout le temps. Il n'avait pas de raison d'être dans cet état. C'était si idiot, même pour lui, le grand – pas tant que ça quand il voyait le dunkeur – garçon impressionnable. Il fallait bien que ça arrive un jour. Puis, Kagami avait eu raison, ils avaient vraiment passé du bon temps. Ce qui allait se produire pouvait même être vu comme la cerise sur le gâteau, il en expliquait par-là l'expression triomphante de son petit-ami. Il se pouvait également qu'enfin de compte, il soit juste heureux parce qu'ils pourraient profiter de la soirée entière pour jouer et du lendemain matin pour être ensemble. Furihata était personnellement très attiré par l'idée, et ça n'arrangeait pas la température de ses joues.

Être ainsi partagé était insupportable.

« Je fais une omelette de riz et un fondant au chocolat. Par contre, le fondant, j'ai jamais fait, donc si c'est dégueu, tu me le dis. »

Timidement, Furihata s'approcha de la cuisine pour regarder son petit-ami sortir les ingrédients dont il avait besoin. L'omelette de riz était son plat préféré. Le châtain sourit, trouvant l'attention adorable. Il se raidit ensuite. Le rouge semblait chercher à le séduire, bien que la chose soit faite depuis bien longtemps. L'attendrissement dominait en lui, restait qu'il ne savait pas du tout comment interpréter les gestes du dunkeur ! S'accoudant au bar, le regard vague, il ferma brièvement les yeux. Son petit-ami l'interrompit.

« Tu vas pas rester là à me mater tout le temps que je cuisine, nan ? Va te poser devant la télé, j'apporte les plats quand c'est prêt. »

Se rendant compte de son comportement ridicule, Furihata balbutia.

« O-oui, tu as raison. » Il se gratta l'arrière du crâne et rit faiblement. Il sentait le haut débit de paroles nerveuses arrivé. « Je suis un peu distrait. Je…Merci pour le repas, c'est vraiment cool que tu fasses ce que j'aime. C'est même super gentil. Merci.»

Outch. Deux fois 'merci' en l'espace d'une réplique…Il était pitoyable. Si le plus petit eut la force de ne pas baisser la tête et osa plonger dans les perles rougeoyantes en parlant, c'est parce qu'il tenait à montrer que sa gratitude était sincère. Il s'encourageait à se confronter à sa peur. Tendu, il finit par amorcer un demi-tour. Le stoppèrent les deux mains qui encadrèrent son visage ; et les lèvres sauvages dévorèrent les siennes. Il en avait l'habitude, rougissait toujours autant à chacun de leurs baisers. Aussi, il ne voyait rien d'étonnant à ce que Kagami ne remarque pas son désarroi et réagisse comme à l'accoutumée. Il n'y avait que pour lui que la situation devenait dure à gérer.

En regagnant le canapé, Furihata se sentait toujours si idiot. Le reste de la soirée lui permit d'évacuer sa tension. Il passa un petit moment seul avec ses pensées à zapper, ayant quitté le canal du jeu, pendant qu'une odeur agréable emplissait la pièce, et quand Kagami vint s'assoir avec les assiettes, il lui proposa de préparer le gâteau ensemble après le repas. Ils mangèrent, craquèrent pour une petite partie avant de se mettre aux fourneaux et de débarrasser. L'opération fut amusante, un moment tendre de complicité et de jeu entre deux compagnons. Furihata en oublia peu à peu son stress. Tout allait bien.

Seulement, quand ils approchèrent les dix heures du soir et que le rouge lui proposa un film avant d'aller se coucher, la crainte déboula au galop sur son fidèle destrier, le mal de ventre. Il fit de son mieux pour ne rien laisser transparaître, mais au fur à mesure qu'il tressautait quand Kagami passait son bras autour de ses épaules et lui caressait doucement le bras, ce dernier finit inévitablement par se poser des questions. Vers la moitié du film, pressant le bouton pause de la télécommande du lecteur DVD, le rouge regarda son petit-ami droit dans les yeux.

« Qu'est-ce que t'as à stresser comme ça ?

—J-je ne suis pas stressé. »

Désarmé, le châtain ne pouvait que nier. Kagami secoua la tête. Son timbre de voix sonna irrité.

« Kou, je te connais, la joue pas avec moi, qu'est-ce que t'as ?

—Mais rien ! »

Furihata regretta à l'instant même sa vive exclamation. Voulant faire oublier son emportement, il se décida à survoler le sujet :

« J-je dormirais où ?

—Euh y a la chambre d'amis et si tu veux tu peux dormir dans ma chambre, avec moi, le lit est assez grand pour deux. »

Le rougissement furieux des joues du châtain annonçait son avis sur la question, mais il se fit violence. Kagami resta interdit devant lui.

« A-avec t-toi ça ira. »

Le sournois bégaiement, encore.

« Mais qu'est-ce que t'as, putain ? Sérieux, réponds-moi, je comprends pas. »

Le plus petit sentit son cerveau se déconnecter. Il ne pouvait pas dire ça. Pas à voix haute. Pourtant, il allait bien falloir qu'ils en parlent, mais il ne pouvait tout simplement pas. Alors il garda le silence. Toujours aussi perdu, Kagami le fixait, s'apprêtant à se fâcher pour de bon contre son silence. Au moment où sa bouche s'ouvrit, il parut frappé par l'illumination divine. Furihata ne sut s'il devait avoir honte ou être heureux que son petit-ami ait compris par lui-même. Il attendit ses paroles avec appréhension.

« Je t'arrête tout de suite, je compte pas te forcer à quoique ce soit.

—J-je sais !»

Il paraissait vexé, alors Furihata s'était empressé d'assurer, brandissant deux paumes agitées.

« Ben arrête de bégayer comme ça.

—Désolé. Je sais que c'est idiot mais j'ai pas eu le temps de me préparer psychologiquement à l'idée et j'ai jamais fait ni avec une fille ni avec un garçon et je sais que je serai pas très doué et que tu seras déçu. »

Yeux figés sur ses poings qui écrasaient ses cuisses, il déglutit. Il avait parlé très vite, ne prenant aucune pause. Il entendit un soupir.

« Écoute, je peux comprendre que tu flippes mais t'as pas besoin de l'être à ce point. Si t'as pas envie, on fait que pioncer, c'est bien aussi. »

Furihata releva la tête, son petit-ami baissa la sienne à son tour.

« Pour être honnête, je l'ai jamais fait non plus, donc je suis pas exigeant. Si ça peut t'aider à te rassurer. »

Oh. Le châtain se reçut tout le poids de sa stupidité au visage. Il avait présumé et anticipé sans même se demander ce qu'il en était pour Kagami. Étant donné qu'il avait vécu aux États-Unis, aussi clichée que soit cette association d'idées, il avait pensé qu'il avait forcément fait plusieurs expériences. Une pointe de stress l'envahit quand il réalisa qu'il ne serait pas plus capable de donner une première fois satisfaisante à son futur amant, mais il la chassa bien vite.

« J'ai cru…Je…Je suis bête, vraiment bête...Désolé. »

Alors que Furihata se cachait le visage dans ses mains, Kagami réfuta d'un mouvement du menton.

« T'excuse pas. On le finit, ce film ? »

Furihata acquiesça. L'histoire était intéressante, un film d'action fort en sensations qui les emporta dans son univers jusqu'au générique de fin. Ils allèrent se brosser les dents, le dunkeur entamant un paquet de trois brosses neuves pour lui donner une. Il l'avait acheté pour ses parents et lui, quand celle qu'il utilisait devrait être changée, mais comme ils n'étaient jamais là, l'achat se révélait pour l'instant vain, alors autant que ça serve. Il avait déclaré cela avec légèreté mais Furihata se demandait sincèrement comment il pouvait supporter d'être seul de façon permanente. Ses propres parents et son frère lui tapaient quelques fois sur les nerfs, mais il aurait été bien malheureux sans eux. Avec cette prise de conscience, il regrettait encore plus sa conduite.

Une fois dans la chambre, le rouge lui prêta un t-shirt de pyjama trop grand pour lui, en riant gentiment de l'allure flottante que le vêtement lui donnait. Leurs mains se trouvèrent, et ils s'assirent côte à côte au bord du lit. Machinalement, Kagami se pencha et Furihata se dressa. Le baiser eut lieu. Furihata finit rapidement couché sur le dos, le corps plus fort que le sien l'oppressant. Il y avait de la passion dans cet échange. Les mains de Kagami tenaient ses flancs tandis que ses jambes entravaient les siennes, et que sa langue jouait dans son palais qu'elle connaissait déjà bien mais ne se fatiguait jamais d'explorer. Ils se séparèrent, aussi pantelants l'un que l'autre. Furihata sentait que les tours de ses yeux étaient humides et tenta de les essuyer discrètement.

Il se surprit à penser que les joues rougies de Kagami le rendaient adorable. Et également à prononcer la chose suivante :

« Taïga…Tu veux le faire ? »

Il y eut un silence. Si Furihata n'était pas loin de se flageller pour avoir osé demander, il était aussi prêt, malgré son audace précaire, à aller jusqu'au bout, ou au moins à débattre de l'idée. Parce qu'ils étaient un couple et qu'il était plus que sûr de ses sentiments. Le dunkeur fit glisser ses genoux sur la couette. Il atteignit l'oreiller à côté de celui qui serait le sien et y posa sa tête.

« Un baiser avant de dormir, c'est déjà bien.

—Oui, c'est cool. »

Furihata approuva.

« Okay… »

En murmurant, Kagami unit leurs bouches une deuxième fois avec tendresse et chaste rapidité. Le châtain tourna le dos à son petit-ami. Pas décidé à le laisser s'éloigner, le rouge l'entoura de son bras, et un troisième baiser arriva juste derrière son oreille. Furihata ne put retenir son gémissement engendré par un frisson dont il se força à ne pas être gêné. Complètement à son aise, il se blottit contre Kagami qui n'avait fait aucun commentaire.

« Oh…On a laissé ton fondant sous le torchon dans la cuisine.

—On verra demain, ça peut se manger aussi bien froid que cuit, t'façon.

—Oui…Bonne nuit.

—Ouais, à toi aussi. »

La lampe se trouvant de son côté, Furihata l'éteignit, la douce obscurité les recouvrant. Ils songèrent chacun que le fondant ne pourrait certainement pas être aussi délicieux que les baisers électrisants qu'ils avaient partagés.


Bon, je l'avais précisé en haut, mais c'est fluffy XD. Je le voyais bien avec ce couple, puis je me disais aussi qu'il n'y a pas que les filles qui peuvent ressentir de l'anxiété vis-à-vis de la première fois (surtout dans un couple gay où l'un des gars sait qu'il devra être en dessous XD), et j'ai voulu l'exploiter.

Petite review, s'il vous plait ? XD

Otherwise, j'en avais déjà parlé dans le chapitre 3 si mes souvenirs sont bons, mais je vais en effet décaler mon rythme de publication d'une semaine. Ça reste régulier et ça me permettra de prendre un peu d'avance sur d'autres projets que j'aimerais bien conclure depuis le temps qu'ils poireautent dans mes dossiers XD.

Prochain texte : AoAka.

Merci d'avoir lu !