Bonjour !
Alors tout d'abord j'ai pris une semaine de plus que ce que j'avais annoncé dernièrement et j'en suis désolée, mais c'était pour la bonne cause : je viens de terminer un long projet sur lequel je bosse depuis 4 mois, pour les éventuels intéressés. Enfin, le texte est là, 10 "chapitres", on passe un cap ! ^^
Ensuite, vous avez été nombreux à reviewer sur le texte précédant, ça m'a fait très plaisir, merci beaucoup ! (Je remercie également les favs et les follows, ainsi que les visites)
En ce qui concerne ce AoAka, il est de rating T, et plutôt comique.
En espérant qu'il va vous plaire ! :)
Réponses aux anonymes :
Rayra : Je ne sais pas si tu vas repasser par ici du coup mais je te remercie vraiment beaucoup pour ta gentille review et tes compliments ! Je suis super contente si le texte t'a fait adhérer au couple et si tu as apprécié tout bonnement :). Quant à réécrire sur eux, je t'avoue que j'en aurais bien envie, mais je n'ai pas encore de projet précis. Merci encore en tout cas :) !
La complainte
« Daïki. »
Paisiblement allongé entre les draps doux et voluptueux, Aomine sentit un gain d'exaspération le saisir depuis le ventre. Il ouvrit un premier œil torve et son frère pour finir par poser un regard certainement pas plus gai sur l'obscurité ambiante de la chambre. La lampe de chevet éclaira le tableau, ses orbes réfractaires à l'activité battirent immédiatement en retraite. Oh, il aurait pu ignorer, se rabattre la couette sur le coin du museau et tenter de recouvrer son état originel. Seulement…Le poing qui cognait doucement à l'arrière de son épaule l'en empêchait. C'était la troisième fois qu'il prononçait son nom en ponctuant ce point précis de son dos d'un petit coup. Il aurait pu se plaindre d'une légère douleur due à l'accumulation d'impacts, mais ce n'était pas le cas. Ce qui le gênait, c'était au niveau des nerfs.
Comme souvent, son petit-ami déjouait les limites de l'inventivité pour que son sang bouille dans chacune de ses veines, fut-elle minuscule et insignifiante. Il fallait le dire, être réveillé ainsi avait un goût tout à fait rageant comme ce lait périmé qu'on est joyeux d'avaler avant de remarquer la saleté de date sur la saleté de boite, et sans oublier la saleté de goût. L'expérience était toute fraîche chez lui, datant du matin même, ou peut-être devrait-il dire celui de la veille, alors il était également à vif là-dessus. Le bleuté inspira profondément par le nez et expira tout en remuant les jambes pour trouver une position plus confortable.
« Sei, je dors. »
Composé, calme, serein, mais décidé. Il ferma les yeux et entreprit de remonter la couette jusqu'à son cou, se rappelant au dernier moment qu'il ferait mieux de descendre son corps dans le lit, sans quoi il couvrirait sûrement le visage d'Akashi avec. Si ça avait pu étouffer sa fantaisie de l'emmerder, ça n'aurait pas été de refus, mais il tenait quand même bien à son emmerdeur.
« Daïki. » [1]
Il lui toquait toujours à l'épaule de façon intempestive. Aomine serra les dents. Il fit silence.
« Daïki. »
Encore. Ses poings se bandèrent, cette fois-ci. La douce chaleur caractéristique de la colère le prenait tout aussi doucement aux tripes.
« Daïki. »
…Pas possible, ce type avait un problème. Et cette voix marquée par l'autorité et la désinvolture arrogante ! Aomine se contractait petit à petit de la tête au pied.
« Daïki. »
…Il craqua. Se tournant d'un bond face à son compagnon d'infortune, il s'écria rageusement :
« MERDE ! Tu vas continuer jusqu'à ce que je réponde ? »
Un sourire orna la bouche provocante. L'oreiller bien à plat derrière son dos, la couverture le bordant impeccablement et les mains le long du corps, Akashi reniflait toujours la suffisance. Cette allure impériale contrastait avec le ridicule de son comportement. Non mais, sérieusement, c'était la première fois qu'il lui faisait ça, il ne savait pas où il avait eu l'idée, toujours est-il que si le but était de le faire chier, il l'emportait haut la main.
« Tu viens de le faire, dit-il, énonçant sa victoire évidente. Embrasse-moi. »
Aomine ne trouva rien de mieux à faire que de beugler :
« JE DORMAIS !
—Embrasse-moi d'abord. »
Le rouge était intraitable. Frottant ses paupières lourdes, le bleuté se sentit des plus dépités.
« Putain, Sei, t'es trop chiant. Tu me réveilles vraiment pour ça ? »
Akashi laissa échapper un soupir aussi fin que ses lèvres. Il paraissait réellement irrité par son attitude et contrarié. Comme s'il était celui qui en avait le droit ! Aomine eut presque envie de pousser un gémissement de pleurnicheur. Il voulait désespérément son sommeil et pressentait que la conversation suivante l'en éloignerait cruellement.
« A chaque fois que nous couchons ensemble, tu t'endors directement. Je commence à en avoir marre d'avoir un loir comme petit-ami.
—Sans déconner, tu vas pas me reprocher d'être fatigué ?
—Je suis content de parvenir à t'épuiser mais j'aimerais discuter de temps en temps. Notre passage en chambre ne se résume qu'au sexe. Ça me déplait. »
Le bleuté tomba des nues. Il s'engageait vraiment sur le terrain des reproches stupides, là ? Puis il voulait discuter, ou être embrassé ? Fallait savoir ! Le présage était juste. Si Akashi partait là-dedans, ce serait sa fête, il connaissait bien son mode de fonctionnement. Leur relation n'était ni jeune ni trop installée. Six mois, la période où l'on pouvait considérer que ça devenait sérieux. Il était bien difficile de croire qu'ils soient restés ensemble aussi longtemps, vu leurs caractères différents et l'entente très superficielle qu'ils partageaient au collège. Ce qui les avait poussé l'un vers l'autre était compliqué à définir. Depuis la Winter Cup de l'année dernière, des rencontres étaient arrangées aussi souvent que possible entre les anciens membres de la Génération Miracle, aussi bien pour jouer au basket que pour se voir et discuter. Ils se charriaient tous les deux, s'amusant intérieurement de la riposte, et quand bien même les discussions s'envenimaient parfois et se soldaient alors à coups de regards froids, un lien fort avait fini par prendre forme.
Ce sentiment contrariant qu'ils s'inspiraient, leur constante opposition, s'était mué en flirt. Ce genre de chose ne tombaient pas réellement sur le coin de la tête un beau jour, mais elles n'étaient bien entendues aucunement prévisible et l'on s'en rendait compte avec impuissance. Obéissant à sa pulsion primaire et parce qu'il avait senti que c'était le moment, Aomine avait volé un baiser à Akashi pour la première fois deux semaines avant leur mise en couple, pour lui faire 'fermer sa petite gueule'. Il avait sérieusement cru que sa dernière heure était arrivée. A défaut d'un quelconque coup de ciseaux, Akashi n'en trimballait pas avec lui partout, un regard assassin et une baffe qui lui boufferait la joue entière.
A la place, le vairon avait paru déstabilisé mais avait gardé un calme olympien lorsqu'ils s'étaient séparés. Il lui avait demandé des explications qu'Aomine avait fournies, blasé par son futur rejet. A leur entente, Akashi avait déclaré nourrir des sentiments ambigus à son égard. Il était parti en lui promettant d'un ton doux que le bleuté ne lui avait jamais connu qu'il réfléchirait sérieusement à son sujet. En résultant deux semaines plus tard l'issue heureuse qui avait mené à sa situation présente. Maintenant, est-ce que leur relation avait changée, concrètement ? Oui et non. Ils étaient plus proches et échangeaient plus facilement, malgré le fait récurrent qu'ils se tapaient sur le système à la longue. Leur amour, parce que c'était de ça dont il était question, était compliqué mais réel. Leur relation n'aurait pas duré si longtemps, le cas échéant.
Aomine était à la fois lassé et résigné de ces perpétuels coups de gueule qui ponctuaient leurs soirées de petit couple.
« T'sais que c'est les meufs qui font ce genre d'histoire ?
—J'ai l'air d'être une fille ? Je ne plaisante pas, Daïki.
—Attends, on discute la journée quand on est ensemble, on fait pas que baiser, faut pas abuser. »
Le rouge secoua la tête, catégorique, et croisa durement les bras.
« Tu surveilleras ton langage.» Il balaya l'air d'un geste dédaigneux de la main et reprit : « Je n'abuse pas. Certes, nous avons des conversations, mais elles sont pour la plus part ponctuées d'emportements et dès que nous venons ici l'un de nous met sa queue à l'autre et tu t'endors. »
Oh, qu'elle était belle, qu'elle martelait ses tympans, cette accusation vibrante dans le 'tu'. Il se sentit sidéré. Le petit fumier la jouait maniéré supérieur, en plus, pour bien se payer sa tête jusqu'au bout et faire valoir sa suprématie.
« C'est vrai que 'queue' c'est vachement poli, et c'est moi qui doit surveiller mon langage… Mais tu veux discuter de quoi, aussi ?
—Je ne sais pas. »
Akashi se trouva fort dépourvu. Aomine avait plongé ses yeux dans les siens et il se repaissait des deux lueurs d'insatisfaction qui valsaient sous les pupilles. Tout à fait immature, le bleuté fut content d'avoir raison sur lui. Il se retourna, s'affalant sur l'oreiller avec une grâce absolue, tira un peu la taie pour mieux y enfoncer son crâne et étendit son corps en remontant la couette. Se délectant de la sensation de confort, L'As fût prêt à s'abandonner.
« Bon. Ben laisse-moi dormir et rappelle-moi quand t'auras un sujet. A demain. »
Akashi émit un reniflement dédaigneux dans son dos.
« Je t'ai dit que je voulais un baiser, tu es devenu sourd ?
—Moi je t'ai dit que je voulais dormir mais t'en as rien à foutre.
—Exact. »
Aomine ne put s'empêcher de rire, mais ne se dérangea pas d'un poil. Il ne céderait pas aux caprices d'enfant gâté d'Akashi.
« Tu peux toujours courir. Bonne nuit mon con. »
Alors que sa détermination joyeuse lui promettait un sommeil royal, une froideur mortelle agrippa le bout de son oreille et tira, lui faisant pousser un cri de surprise endolori. Très peu viril, soit dit en passant. Les doigts du vairon.
« Je t'ai dit de surveiller ton langage. »
Aspirant bruyamment l'air entre ses dents serrées sous la douleur, Aomine sentit que son énervement pas tout à fait enterré refaisait surface.
« Tu me lâches ou je t'en colle une, ça fait mal, je déconne pas.
—Je ne le fais pas pour te faire du bien. »
Son oreille fut néanmoins délivrée. La frottant, le bleuté se retourna pour balancer un regard mauvais à son amant. Lequel le toisait avec un sourire hautain, ses yeux courbés effrontément.
« Tu n'as toujours pas compris sur qui tu es tombé, Daïki.
—Je crois que c'est m'sieur qu'a pas compris sur qui il est tombé. »
Le défi sonnait et avec rapidité, Akashi colla son corps nu contre le sien. Une main sous son menton, il retint sa tête pendant qu'il s'approchait, aguicheur.
« Je t'ai dit que je voulais un baiser et je l'aurai.
—On n'a pas forcément à faire des choses parce que tu le veux, tu sais. »
Il gardait un ton relativement plat mais le côté impératif d'Akashi ennuyait profondément l'As de Touou. L'inévitable arriva, le petit rouge en était arrivé à la conclusion que s'il voulait vraiment son baiser, il devrait aller le chercher tout seul. Aomine ne bougea pas, les premiers instants, pendant que ses lèvres se muèrent contre les siennes. Il serra durement les dents quand sa langue essaya de les dépasser. Seulement, alors que la bouche se faisait presque vampirique, il réagit. Le bleuté plaqua Akashi de son côté du matelas, il mêla leurs langues de façon brutale et goûta la surprise ainsi que le rougissement sur les joues de l'autre.
Il ne dirait pas qu'Akashi avait gagné, mais simplement qu'il s'était pris au jeu.
[1] S'il y en a parmi vous qui connaissent Big Bang Theory, oui, j'ai bien fait une analogie entre Sheldon et Akashi pour ce coup-là XD. Ça me faisait juste trop rire d'imaginer Akashi faire ça :').
Petite review ? :) N'hésitez pas à donner votre avis ^^ !
Prochain texte : AoKuro.
Merci de la lecture !
