Hello !

J'espère que vos fêtes de fin d'année se sont bien passées et que votre année 2016 commence bien !

Encore du retard sur le postage, désolée, je pense pouvoir réguler ça un temps pour les suivants mais je ne peux rien promettre malheureusement :/. Enfin, pour ce texte, il est long, plus de 4 milles mots, donc ça compense le retard comme il vaut facilement plusieurs petits textes à lui seul :').

Cette fois-ci, il traite des problèmes relationnels que pourraient avoir Kagami et Akashi avec humour, je me suis bien amusée à l'écrire en tout cas donc j'espère que vous prendrez plaisir à le lire ^^.

Rating T, des thèmes sexuels sont abordés et ça déborde léger, mais il n'y a pas de lemon ni de lime à proprement parlé.

Bonne lecture :) !


Rébellion

Kagami soupira en réfléchissant à la dernière fois où il avait essayé d'initier un simple moment tendre avec Akashi, son amant. Ce dernier l'avait détourné de son but innocent. En effet, il fallait toujours que leur baiser de bonne nuit perde son 'r'. Indéniablement, ça devenait plus vulgaire. Venait cette conclusion amère : Akashi faisait trop facilement ce qu'il voulait de lui. Et Kagami en avait marre. Parce qu'il ne comptait pas s'aplatir indéfiniment, et l'autre n'envisageait absolument pas leur relation sous cet angle. Pour le côté sexuel, le rouge voulait bien reconnaître qu'il avait des besoins et des envies lui aussi, en tant que jeune homme, mais il aurait bien aimé se sentir parfois un peu plus aimé et pas seulement désiré. Il aimait le sexe avec Akashi, depuis le tout début, son amant avait trouvé comment lui faire perdre la tête en exploitant ses faiblesses les plus intimes pour son plus grand plaisir. Un frisson le saisit à cette pensée, un souvenir érotique de leurs ébats ayant choisi de faire surface.

Ne changeait pas que le sexe ne faisait pas tout dans une relation, un peu de tendresse de temps en temps, c'était bien aussi.

Il n'en parlait pas car il savait parfaitement ce qu'Akashi aurait tiré de son discours. Qu'il faisait des histoires de gonzesses avec son besoin de câlins, et déjà qu'il le voyait comme un imbécile, Kagami ne voulait pas en rajouter. En parlant de ça, Kagami savait bien qu'il brillait nettement plus au basket que par son intelligence, mais il n'avait pas un Q.I en déficit pour autant. Le plus petit rouge le traitait franchement comme le roi des cons en personne, ce qui lui déplaisait hautement, il ne pouvait pas le nier. Ces deux problèmes n'en cachaient qu'un : Akashi était arrogant, imposait sa volonté, se pensait supérieur. En somme, son foutu caractère.

Il en avait discuté avec Kuroko. Directement, ce dernier l'avait mis face à sa propre bêtise. Pourquoi être sorti avec Akashi alors qu'il savait parfaitement comment il était, de base ? La question se posait, rudement de mise. Kagami s'était trouvé désarçonné et avait observé un long silence avant de lui répondre. Un ridicule 'je l'aime' en cliffhanger sur ses lèvres pendant que ses joues s'étaient enflammées. Tempêtant alors que le bleu se moquait gentiment de lui, il s'était rapidement remémoré la suite d'événements qui les avaient conduits à se côtoyer. Grâce à Kuroko, qui avait renoué avec la Génération des Miracle après la Winter Cup et avait rapidement cherché à les faire sympathiser avec lui, le dunkeur s'était un peu rapproché de tous. Il n'aurait vraiment pas cru que son rapprochement le plus significatif serait le vairon insupportable.

S'il s'était mis à entretenir une très bonne amitié avec Aomine, leur correspondance de caractères leur créant tout autant d'affinités que de raisons de se lancer des piques, sa relation avec Akashi avait pris de l'importance, elle aussi. Ce n'était pas une entente plus fulgurante que tout ce qu'il avait déjà connu, ni aucune connerie comme ça, leurs échanges avaient été houleux au début – le vairon avait longtemps été pour lui le taré qui avait voulu le planter avec une paire de ciseau pour tester ses réflexes. Sans déconner. Il s'était néanmoins rendu compte que le dit taré était relativement sympa et qu'il aimait bien passer du temps avec lui. Sentiment visiblement partagé au vu des efforts qu'Akashi avait fait pour qu'ils entrent en contact. Il y avait toujours eu de l'arrogance et de la suffisance en Akashi. À une époque où il la laissait moins transparaitre puisqu'il avait décidé de diminuer ces défauts dans son comportement, sa défaite lui ayant servi de leçon, Kagami s'était dit que d'une quelconque façon, ça faisait son charme.

Le petit rouge essayait en effet d'être agréable, ils étaient capables de discuter et de rire ensemble sans s'engueuler ou ressentir une quelconque animosité. Si Kagami sentait souvent qu'il était le plus con de la conversation, ce n'était pas parce qu'Akashi faisait exprès de le lui faire ressentir. Non, il se comportait avec complaisance, se montrait tempéré et, encore, sympathique. Peut-être que c'était la découverte de cette facette d'Akashi qui l'avait attiré, en fait, comme s'il voulait en savoir plus, parce qu'il l'appréciait ainsi. Il était plutôt cute as fuck physiquement, il fallait également le reconnaître. Il avait été attiré par lui, très franchement. Embarrassé dans sa fierté de lycéen mal dégrossi qui ne s'y connaissait pas des masses dans le domaine de l'amour, Akashi avait pris les devants en se déclarant avant lui.

Kagami se souvenait, non sans honte, du soulagement et du sourire d'imbécile heureux qu'il avait adressé à son petit-ami, après deux bonnes minutes de néantisation de sa conscience, le temps qu'il réalise. Ils étaient, depuis quelques mois, un couple, leur relation évoluant dans la logique du temps qui passe. Tout ça, il avait essayé de l'expliquer à Kuroko, qui avait encore plus ri, un rire accompagné d'un sourire plein, attendri par la sincérité et l'innocence de ses sentiments. (C'était comme ça que l'enfoiré le lui avait dit, et Kagami n'avait pas su s'il devait le voir comme un compliment ou avoir les boules, car ça sonnait comme si son ombre lui disait qu'il n'était pas fini. Bien évidemment, la colère l'avait emporté sur le moment.)

Quand il pensait à la suite de leur conversation, Kagami pouvait l'affirmer, Akashi avait une chance inouïe d'être tombé sur lui. Le bleu lui en aurait fait voir des vertes et des pas mûres et n'aurait pas accepté la moitié de ce que lui acceptait jusqu'à présent. Cette dominance au niveau sexuelle et cette condescendance en paroles devait être modérée pour le premier, et stoppée pour le deuxième. Kuroko soutenait vivement sa prise de conscience pour faire avancer les choses dans cette voie. La solution qu'il avait trouvée, son plan ayant été approuvé et affuté par son meilleur ami, promettait en un résultat foutrement significatif. Il était un peu stressé, ignorant s'il y parviendrait –enfin, ce n'était pas si difficile que ça, mais son amant était tellement imprévisible que ses certitudes étaient faibles.

Ils étaient allongés sur son canapé, chacun à un bout, tout se passait exactement comme d'habitude. Un film se diffusait sur l'écran, ils regardaient en silence. Il arrivait parfois qu'ils parlent durant un visionnage mais ce n'était pas le cas aujourd'hui. Ils se contentaient d'apprécier l'intrigue, du moins en apparence pour sa part. C'était d'ailleurs quelque chose qui l'avait relativement étonné, bien que l'action était perpétuée par tous les adolescents, Akashi paraissait néanmoins trop austère pour aimer se détendre bêtement devant la télévision. Un apriori idiot, le rouge l'admettait. Les pieds de son petit-ami calés sous son bras, il retenait ses chevilles, tandis que les siens dépassaient de l'accoudoir de l'autre côté. Akashi laissait son crâne reposer au-dessus de ses deux mollets.

Leur proximité était presque attendrissante, et Kagami se serait réjoui de ce moment banal si cette soirée avait été une soirée comme les autres et que sa tête n'actionnait pas son plan en boucle. Il faisait tout pour agir comme d'habitude, jetant de temps à autre des petits coups d'œil nerveux au vairon qui ne remarquait rien, ou ne le relevait pas.

A la fin du film, quand ils se redressèrent mollement pour se rendre à la salle de bain et se brosser les dents, Kagami perçut nettement la façon dont Akashi le reluquait, ce qui signifiait qu'il élaborait sûrement un beau projet le concernant. Il eut un soupir, auquel son partenaire réagit, lui demandant la raison de ce son. Répondant qu'il était fatigué, le dunkeur détourna son attention en râlant contre le dentifrice qui refusant de sortir. Ce qui était plutôt chiant. Haussant un sourcil, Akashi n'avait rien dit, s'emparant du tube à son tour de manière impériale. Leur petite toilette fut bien vite terminée. Ils eurent à peine le temps d'aller dans la chambre, où Kagami savait qu'ils ne dormiraient pas, pour se changer. Se retrouvant tous deux en boxer et en t-shirt, le vairon lui sauta dessus, le renversant habilement sur le lit, son corps s'effondrant durement en travers du matelas.

Kagami rougit furieusement quand l'autre commença à dévorer sa bouche, son bassin remuant au-dessus du sien créant une sensation de friction intense. Ça ne l'avait pas toujours gêné, qu'Akashi mène la danse au lit. Il avait beaucoup apprécié ça, les premiers temps, n'étant pas familier avec les pratiques homosexuelles ou sexuelles en général. Le problème était ses ordres et le fait qu'il ne prenait pas vraiment ses désirs en compte. Kagami avait parfois l'impression qu'Akashi avait assimilé l'idée que ses envies étaient les siennes. Il aurait aimé qu'ils se concertent et se sentir plus respecté. Faisant fi de sa température corporelle en augmentation et de son souffle court, les mains d'Akashi se faufilaient dangereusement sur ses flancs, sous son t-shirt, il se ressaisit. Il ne pouvait pas se laisser aller ce soir.

Un petit cri de surprise lui échappa. Akashi venait de lui mordre l'oreille, provoquant un léger élancement secouant. C'était le moment.

« Seijuro, murmura-t-il, j'aimerais prendre les choses en main, ce soir. »

Il commençait par une simple annonce, afin d'observer les réactions de son petit-ami. Tout de suite, ce dernier fit une assise de son ventre, se redressant de toute la hauteur qu'il lui permettait de prendre. Le dunkeur eut la désagréable impression d'être sondé, passé au crible jusque dans les recoins les plus obscurs de son âme.

« Que veux-tu dire ? »

Kagami sentit une partie de sa tension se relâcher. Si Akashi acceptait la négociation, peut-être qu'il n'aurait pas besoin de tomber dans les extrémités tout de suite, enfin de compte. Bon, il aurait été idiot d'avoir mis au point cette stratégie, et peut-être encore plus de ne pas l'aboutir, mais ce serait plus facile de le faire calmement sans en arriver…là. Il eut un peu de mal à organiser ses pensées.

« Tu sais, genre, être au-dessus ou du moins prendre plus d'initiatives. »

Un rire secoua les épaules du plus petit. Il remua son bassin vers l'avant, frottant volontairement ses fesses contre son érection. Le plus grand gémit, fermant instinctivement les yeux.

« Ne sois pas idiot. Tu n'es pas capable de passer une demi-minute sans perdre le contrôle, et tu veux 'prendre les choses en mains' ? »

Akashi allongea son torse sur celui de Kagami, ses fesses continuant de bouger. Il donna un premier baiser possessif au creux de son cou, descendant vers les clavicules et remontant sur la pomme d'Adam. Le dunkeur retint un nouveau gémissement avec peine. Il ne pouvait pas lui montrer qu'il aimait ça. Pas alors qu'il se moquait complètement de lui. Ses lèvres furent soudain happées, le mouvement de hanche s'accélérant. Akashi sourit en contemplant son œuvre ; Kagami était littéralement pantelant.

« Ton corps sait mieux que toi ce qu'il préfère. »

Le dunkeur le reçut comme une gifle. La goutte de trop. Il se redressa si vivement qu'Akashi écarquilla les yeux. De mains tout aussi habiles que celles de son petit-ami, il attrapa ses épaules et inversa les positions. Akashi était étalé sous lui, un large sourire mangeant le bas de son visage. Kagami enragea. L'heure de la révolte sonnait. Le vairon déchanta bien vite lorsqu'il comprit qu'aucune trace d'amusement ou d'érotisme ne subsistait. Kagami le bloquait complètement, et, arrivant à la conclusion que c'était mieux ainsi, entreprit de le retourner, resserrant sa prise sur l'une des épaules tout en cherchant à agripper le flanc opposé. Akashi ne put résister, perdu par la tournure des événements. Il fut plaqué sur le ventre, Kagami se couchant sur son dos, farfouillant dans le tiroir de la table de chevet. D'un brusque mouvement de cuisses, il le força à écarter les jambes, de manière à lui faire sentir son désir parti.

Le hoquet de surprise d'Akashi le grisa pourtant.

« Taïga, ne t'énerve pas ! »

Il tentait de le calmer, mais c'était trop tard. Kuroko avait eu raison. Il n'y avait que la manière forte qui marcherait. Il se saisit de son bien, une paire de menottes dont il referma l'un des bracelets autour du poignet d'Akashi. Ce dernier se débattit, essayant de redresser l'échine sans succès, Kagami ne le lui permettrait pas.

« Qu'est-ce que tu fais, Taïga ?

—Laisse-toi faire ou je risque de te faire mal. »

C'était plus un avertissement consciencieux qu'une menace, mais Akashi ne sut s'il devait le voir ainsi. Ce qui se passait ne lui plaisait pas du tout. Prudemment, il obtempéra, laissant Kagami accrocher l'autre bracelet métallique autour de la boule au sommet de la tête de lit. La position était légèrement douloureuse, aussi quand le plus petit aperçut que son amant cachait une deuxième paire, il essaya de parlementer.

« Je ne sais pas à quoi tu joues, mais ce n'est pas drôle.

—Je veux que tu m'écoutes, et comme tu veux pas, je t'y oblige. »

Se disant, Kagami répéta le ménage avec son bras droit. Akashi grinça des dents. C'était clairement douloureux, maintenant, le lit étant assez grand, et la portée de la chaine des menottes très courtes, il aurait fallu qu'il puisse s'avancer davantage pour ne pas souffrir, la pression sur ses poignets devenant gênante. Avant qu'il ne puisse lancer une parole menaçante, le poids de Kagami disparut dans son dos, il s'assit à côté de ses jambes. Dans une telle position, Akashi ne voyait rien, si ce n'est la tête de lit. Doucement, mais sûrement, la colère naissait.

« Tu vas faire attention à ce que je dis, maintenant ?

—Je n'ai visiblement pas le choix. »

C'était sans doute une question rhétorique, aussi Akashi répondit de façon amère.

« Bon. Je vais pas y aller par quatre chemins. Je trouve que tu te fous de ma gueule, en ce moment. Et ça me gonfle. »

Il s'arrêta. N'ayant pas son visage en face des yeux, le vairon essaya de se focaliser sur son souffle afin de savoir s'il attendait une réponse ou s'il allait lui débiter un flot de reproches. Déjà, la conversation sonnait mal partie. Akashi ne s'était absolument pas attendu à ça. D'accord, il avait remarqué que Kagami le zyeutait étrangement et cette idée de vouloir le diriger était incongrue. Il hésita sur ce qu'il fallait répondre, sachant qu'il n'était pas tellement en bonne position pour le remettre à sa place. Kagami continua.

« Tu te fous de ma gueule parce que tu me rabaisses, tu me prends pour un con, et tu t'en fous complet de ce que je ressens. Tu me soules. »

Akashi se mordit la lèvre. Il devait le reconnaître, certains de ses actes ou certaines de ses paroles convergeaient dans cette direction, cependant il était d'avis que Kagami exagérait un peu la situation.

« Tu ne crois pas que tu devrais me détacher pour que nous ayons cette conversation ?

—Pour que tu me refasses ton numéro ? Non merci. »

Soupirant, Akashi essaya de s'agenouiller. Définitivement, il lui fallait se redresser pour gagner en confort, cette position était insupportable. Le plus grand attrapa sa jambe, contraignant ses mouvements. Avec honte, sa gorge protesta.

« C'est bas ce que tu fais, Taïga.

—Je m'en fiche. T'as écouté ce que j'ai dit ou tu t'en bats tellement les couilles que tu vas pas me répondre ? »

Cette conversation allait mal se finir. Akashi ne voulait pas se disputer avec son petit-ami, mais s'il tirait trop sur la corde sensible de ses nerfs, il risquait fort d'avoir le revers de la médaille, laquelle ne lui conviendrait évidemment pas.

« J'ai parfaitement écouté. Je ne me fiche pas de ce que tu ressens et je ne te rabaisse pas. Je te taquine, il y a une nuance.

—Quand tu me dis que je suis pas capable de gérer et que tu me ris au nez avec dédain, c'est de la taquinerie pour toi ?

—Ce n'était pas du dédain, je m'amusais. Je pensais que tu serais excité. Je ne voulais pas te vexer.

—Ben c'est trop tard. »

Non, il ne l'avait pas remarqué. Akashi s'abstint de faire sa réflexion à voix haute. Sa jambe était toujours tenue. Kagami était en colère comme il ne l'avait rarement vu, ou plutôt entendu.

« Y a pas que ça aussi, c'est pas aujourd'hui, ça fait des semaines que j'ai cette impression. Puis au pieu aussi. Tu me domines entièrement, limite je peux pas bouger comme je veux ou te toucher comme je veux.

—Il semblerait que tu ne sois pas satisfait de notre relation. »

Quitte à énoncer les évidences, autant commencer par la plus simple. Engagé sur un terrain peu familier, celui du conflit où il ne pouvait pas prendre le dessus en usant de sa prestance naturelle et où il avait manifestement des torts, Akashi ne savait comment réagir. Un sentiment d'insécurité commençait à le gagner, ajouté à la colère, Akashi ne parvenant que difficilement à imaginer le chemin vers lequel Kagami voulait faire évoluer ses réclamations. Il s'empêcha de lui demander pitoyablement s'il comptait rompre, de peur que sa crainte ne soit trop perceptible, au cas où ce serait la vérité. Le plus petit avait sa fierté. Si une déception amoureuse le faisait souffrir, le coupable ne devait pas être au courant, au risque que son orgueil cause sa perte.

« C'est pas que j'aime pas être avec toi. »

La voix du dunkeur était plus douce. Avec satisfaction, Akashi se représenta ses joues rouges. Il ne voulait pas rompre et l'aimait encore. Le soulagement net qui l'envahit le contraria légèrement. L'amour le rendait parfois bien plus idiot que son petit-ami. Il pouvait s'autoriser à rétorquer plus vivement, au moins.

« Pour la seconde fois, où veux-tu en venir ?

—Je veux que tu fasses des efforts. Que tu arrêtes de me soumettre et de me rabaisser. »

Cette fois-ci, le grand rouge lui accorda la permission de relever les jambes pour prendre une posture moins dérangeante.

« Je fais déjà des efforts. Continuellement. Avec tout le monde. »

Ce fut au tour de Kagami d'être en position d'insécurité. Il sentait la conviction derrière les propos d'Akashi, concevait que ça devait être difficile pour lui, et cela ébranlait sa volonté. Ce n'était pas comme s'il était tout bonnement invivable mais son comportement à son encontre outrepassait les limites. Il se devait de le lui faire réaliser.

« Je te dis pas ça par plaisir de t'emmerder, tu t'en doutes !

—Ce n'est pas ce dont je t'ai accusé, mais je trouve que tu exagères. »

Le poids au pied du lit disparut brusquement. Et une voix énervée retentit :

« J'exagère ? Tu veux de l'exemple ? Tu me traites souvent d'idiot, quand on parle, et tu te moques beaucoup de moi. Quand on couche ensemble, tu me bloques les mains et tu me fais changer de position violemment. J'ai mon mot à dire sur rien. »

Akashi soupira.

« Que veux-tu que je te dise ?

—Que t'es désolé, ça serait pas mal. »

Un deuxième soupir sortit de la bouche du vairon. Les petits jeux stupides, ça allait bien cinq minutes. Il arrivait à sa limite.

« Si je te dis que je ne le suis pas ? »

Kagami hoqueta. Le plus petit l'imaginait fulminer intérieurement.

« Tu vas passer la nuit attaché au plumard. J'en ai rien à foutre. »

Cette affirmation fit aussitôt réagir Akashi.

« Taïga, tu ne peux pas me faire ça. Libère-moi. Dépêche-toi. Je ferais preuve de clémence à ton égard si tu le fais maintenant.

—Non mais entends-toi ! Honnêtement, je…tiens à toi, mais ton comportement dominateur m'énerve. »

Kagami optait pour la sobriété, derrière cette déclaration affective simple. Il avait failli employer les trois mots fatidiques, mais ils ne les jugeaient pas adaptés à la situation. C'était trop fort, d'autant que son amant l'aurait trouvé stupide. Il voulait qu'Akashi garde en tête que ses sentiments étaient réels, et que sa contrariété l'était d'autant plus à cause d'eux. En espérant que cette vague hésitation ne foutait pas en l'air sa crédibilité. De son côté, Akashi se résigna, ne trouvant rien pour se défendre ou contrer l'accusation.

« C'est ce que je suis.

—Eh ben moi aussi. Je suis un dominant, j'suis pas un soumis. Tu vas devoir faire avec. »

Le petit rouge souffla bruyamment.

« Tu n'es pas obligé de m'attacher. Je ne l'ai jamais fait.

—D'un, la faim justifie les moyens, et de deux t'as pas intérêt à le faire. »

Akashi dut se mordre la joue pour ne pas exploser.

« Si tu ne me détaches pas maintenant, tu me le paieras au centuple.

—Ta réaction montre bien que ce que je fais se justifie. T'y penseras. »

Et car les pas s'approchaient de la porte, Akashi tenta de tourner la tête pour apercevoir le visage de Kagami. Peine perdue, il rencontra le mur et ressentit une vive douleur. Tout le haut de son corps était si entravé qu'il en aurait des crampes.

« Bonne nuit, Seijuro. Profite-en pour méditer à ce que tu as fait, comme tout grand garçon responsable. »

Posant sa main sur l'interrupteur, Kagami s'était senti fier. Il venait de recaser la phrase que Kuroko lui avait dite à propos d'Akashi lorsqu'il avait soulevé sa crainte que la punition ne soit trop sévère, arrangée pour l'occasion.

« Tu te fiches de moi, Taïga ?! »

Il élevait la voix, vraiment, parce qu'il ne pouvait pas croire que son petit-ami allait réellement l'abandonner dans cette position, si inconfortable pour ses bras et ses épaules. Pas toute une nuit, c'était presque cruel. Il n'aurait jamais cru que son amant serait capable d'élaborer un tel plan tout seul. Visiblement, il l'avait sous-estimé. Kagami avait de la ressource. Tout ce qui restait à Akashi était l'espoir que sa volonté soit suffisamment faible quant à l'idée de sa souffrance pour qu'il le libère. Ça n'aida pas à réduire la rage qui déferla en lui lorsque le plafonnier s'éteint. Il entendit ensuite la porte se fermer. Les pas peu discrets de son compagnon s'éloignèrent dans le couloir. Des pulsions meurtrières l'habitèrent. Réellement, il avait envie de le tuer.

Les dix premières minutes, il resta toutefois confiant quant à l'idée que Kagami reviendrait. Il pouvait jouer les durs, il était un vrai tendron.

Malheureusement pour lui, son petit-ami avait tenu bon. Deux bonnes heures, plus ou moins, pendant lesquels Akashi avait ruminé sa colère, au point de sentir son visage rougir et de se mordre l'intérieur des joues, pour finalement s'endormir, ses émotions bouillonnantes en lui arrivant à ébullition trop fatigantes à supporter. Il avait senti le dunkeur le détacher, le dérangeant dans son sommeil horriblement mal reposant. La première réaction du plus petit fut de vouloir le gifler. Il ne réussit pas. Kagami profita de ses gestes engourdis et de la faible luminosité de la pièce qui réduisaient son assurance, seule la porte entrebâillée l'éclairait, pour attraper sa main et le plaquer sous lui.

Frustration à son comble, Akashi laissa enfin sortir les tréfonds de sa colère en un flot de paroles sèches, menaçantes, légèrement ordurières, parce qu'il ne comprenait pas pourquoi cet abruti avait osé, osait encore, le traiter comme ça.

Le tout pour réaliser que le dénommé abruti s'était endormi sur lui, insensible à son courroux.

Une furieuse envie de trancher la gorge avec ses ongles, il avait simplement repoussé le corps lourd à ses côtés pour avoir plus de place. Son petit-ami était plus fort que lui sur le plan physique, mais n'étant pas conscient qu'il devait lui résister, la difficulté fut en réalité plutôt mineure. Derrière sa colère, le réel sentiment était une vexation. Il était blessé par l'attitude de Kagami et ses précédentes paroles. Aussi, il prit la décision de réfléchir sérieusement à ce qui l'avait poussé à faire ça. Peut-être remettre en question son comportement. Oh, il ne le lui dirait pas, plutôt mourir, mais il le ferait.

Regardant le visage de l'endormi, il pencha le sien sur le front jusqu'à être assez près pour y déposer un baiser dans lequel il aurait bien aimé mettre les dents. Kagami dormait cependant paisiblement et vu que l'endroit était relativement peu charnu, la tâche était trop complexe pour s'en donner la peine. Il valait mieux que ça, trouverait bien un moyen de venger son honneur, malgré ses bonnes résolutions. Comme mettre un peu trop ses fameuses dents pendant une fellation ou le prendre avec plus de brutalité que nécessaire. Ce serait sournois mais jouissif, en se rappelant que le salaud l'avait quand même attaché au lit. Aussi solides que soient ses raisons, ça ne se pardonnait définitivement pas comme ça.

Ne voulant certainement pas mettre en péril ou gâcher leur relation, il considérerait ses reproches. Il n'irait pas nier avoir ses défauts, mais il l'aimait.


Bon, je sais bien, c'est peu cliché le coup du gars attaché au lit, mais ça me faisait rire alors XD.

Comme toujours, n'hésitez pas à me faire part de votre avis, c'est ce qui fait fonctionner un auteur ! En espérant que ça vous ait plu ^^ !

Par ailleurs, je l'avais annoncé sur mon profil avant de poster le chapitre 11, mais il me restait une dizaine de textes à poster pour ce recueil, en enlevant le onzième et celui-ci ça nous en laisse huit, on approche de la fin ^^ !

Le prochain sera un AoKise.

Merci de votre lecture !