Bonjour!

Cet AoKise est plutôt court, ça me fait presque bizarre sachant que ça faisait au moins 4 chapitres que les OS de ce recueil dépassaient les 2000 mots :'), et repose sur une idée toute simple.

Le rating est T.

En vous souhaitant une bonne lecture !


Silent Night

Sur l'écran de télé tâché de rouge, les soldats courraient et les zombies déferlaient. Les deux adolescents maltraitaient furieusement leurs manettes. Des « putain, ce con va me tuer, couvre moi ! – Je peux pas, je suis pris ! » fusaient. Ils étaient à fond. S'inviter à jouer aux jeux vidéo en buvant des sodas, grignotant des chips et autres saloperies, cela signifiait un bon moment pour Kise Ryôta et Aomine Daïki. D'autant que généralement, l'après-midi précédant la petite soirée qu'ils passaient ensemble, ils s'étaient défoulés sur le terrain de basket près de la maison du bleuté. Que du bonheur, en somme. Bien sûr, Aomine gagnait. Kise chouinait de manière exagérée qu'il était méchant et qu'il aurait pu le laisser triompher, pour une fois, Aomine répliquant qu'ils n'avaient plus douze ans et qu'ils avaient passé l'âge des affrontements adoucis. Pas que Kise lui rendait la tâche facile, oh non, c'est justement pour ça qu'Aomine aimait jouer avec lui. Le con imitait parfaitement ses mouvements, quand bien même Aomine avait plus d'un tour dans son sac, il se trouvait parfois pris au dépourvu devant la faculté foutrement emmerdante du blond.

La copie n'égalait pas l'originel, cependant, et c'est sur un sourire qu'il se faisait cette réflexion, faisait même cette réflexion à haute-voix, à chaque fois. Kise faisait la moue, mais au fond, il savait pour sa part qu'Aomine était partagé à ce sujet. Il n'aimait toujours pas perdre et voulait rester le meilleur. En revanche, il l'encourageait à le dépasser pour devenir un adversaire digne de ce nom, tout comme Kagami l'était, afin qu'il y ait un réel suspense à propos de l'issue du match. D'une manière générale, Kise appréciait la compagnie d'Aomine qu'il considérait comme un modèle et auprès de qui il se marrait bien, parce qu'il était un des rares à ne pas être extasié devant sa qualité de mannequin ou de bon joueur, étant de loin bien meilleur, ni à se faire avoir par son comportement réjouit qui cachait d'autres sentiments. Aomine, quant à lui, appréciait la compagnie de Kise qui l'amusait et qu'il appréciait, bien qu'il le considérait comme le roi des chiants en personne, selon la façon dont il était luné. Peut-être que le blâme, ainsi que le titre honorifique, pouvait lui revenir aussi.

Que ce soit l'un ou l'autre, ils n'avaient pas un caractère facile, loin de là.

C'était ce qui leur permettait de s'apprécier autant que ce qui leur donnait envie de se mettre sur le lard à tours de bras. Une certaine indulgence mêlée à une certaine irritation. Au fond, il n'y avait pas grand-chose à épiloguer : un solide lien les unissait, tout simplement. A l'exception peut-être du fait qu'Aomine aurait aimé faire bifurquer leur barque vers une eau plus profonde, plus isolée. Nul besoin de tourner autour du pot non plus. Lui, Aomine Daïki, le sale gosse égocentrique par excellence, était tombé amoureux de Kise Ryôta, le mannequin avec une bouille de sucre glacé qu'il aurait aimé grignoter. Malheureusement, étant donné qu'ils étaient deux garçons et deux amis, ce n'était pas le genre de chose facile à amorcer, et Aomine n'était pas le genre de crétin à suivre aveuglément ses sentiments, donc il la fermait.

L'énième partie se finissait, et en jetant un œil à son réveil, Aomine remarqua qu'il n'était pas loin de trois heures du matin. Pas étonnant que le blond n'arrête pas de bâiller et que lui-même perpétrait la concurrence – ce n'était pas de sa faute, ce genre de trucs étaient contagieux. Aussi, en parfait rappel des évidences, il posa la question rhétorique par excellence :

« Commence à être tard. Tu veux pioncer ? »

Kise s'effondra en arrière sur le lit, gémissant en s'étirant, une main venant gratter son bas-ventre, juste devant son caleçon, son t-shirt se relevant. Ses gestes mous étalaient le membre de façon voluptueuse. Ah, bordel, il faisait exprès d'être sexy ou quoi ?! Le paquet de chips tomba à côté de la hanche du blond, et Aomine loua ses réflexes pour l'avoir rattrapé à temps, évitant de justesse que son contenu ne se déverse dans le lit.

« Je dois t'avouer que oui, Aominecchi. Je me sens épuisé.

—Tapette, va. Un petit match avec moi et quelques parties, et ça y est, t'es fini. »

Le basané se fichait gentiment de lui. Le blond avança sa lèvre inférieure sur sa lèvre supérieure, légèrement, et Aomine eut presque envie de lui croquer. Voilà ce qu'il en coutait d'être debout si tard sans avoir bu de café.

« Tu me demandes si j'ai sommeil pour te moquer de moi car je dis oui ? Ce n'est pas très logique.

—Je te voyais bâiller depuis un moment, je voulais savoir à quel point je t'avais crevé.

—Tu ne m'as pas crevé, ma journée l'a fait.

—Si tu le dis. »

Aomine se leva. Il venait de faire un retour au menu sur l'écran de jeu depuis la manette, et il appuya sur le bouton pour éteindre la console sans prendre la peine de retirer le disque. Ils joueraient sûrement le lendemain. Posant sa manette sur le meuble télé, il tira sur le fil branché à la console pour faire venir celle de Kise jusqu'à lui. Ce n'était pas une attitude très soigneuse vis-à-vis de ses affaires, mais il se sentait trop fainéant pour faire les quelques pas nécessaires pour lui prendre l'objet des mains et revenir ensuite. Aussi, lorsqu'il se jeta sur son lit à côté de son ami, il posa l'autre grand problème de la soirée, avec une pointe de supplication dans la voix :

« Faut éteindre la lumière.

—Tu exagères, Aominecchi, t'étais debout, tu aurais pu le faire.

—Pas envie.

—Relève toi et vas-y. »

Kise n'avait vraiment pas perdu le nord. Aussi, Aomine eut un petit rire désabusé, son ton un poil autoritaire.

« Nan, on est chez moi, t'es l'invité, tu éteins la lumière.

—Justement, je suis l'invité, tu dois me rendre heureux pour me donner envie de revenir.

—Pff, que dalle. »

Comme ils ne bougeaient ni l'un ni l'autre et que le silence ponctué de respirations, si typique entre deux adolescents à moitié endormi, sévissait, Kise rit de la même manière à son tour.

« On va finir par dormir avec.

—Tu me fais chier. »

Aomine commençait en outre à avoir vraiment sommeil, alors il capitulait. Kise le charrierait sans doute pour avoir cédé, l'enfoiré n'était bon qu'à ça. La nuit prit ses droits. Cheminant depuis l'interrupteur, qui se trouvait à côté de la porte, au lit, Aomine manqua s'érafler la jambe contre le pied en bois et grogna. Il s'effondra au hasard, donc sur Kise, essuyant une protestation sonnée et encolérée, à savoir un « c'est toi qui me fais chier, Aominecchi ! » bien balancé. Il traîna mollement son corps le long de celui du blond en regagnant la place libre sur le matelas, histoire de faire encore plus chier son monde. Ce soir était un soir comme les autres, pour eux. Il n'y avait rien de spécial. Rien de surprenant ou d'inattendu. Une bonne soirée, oui. Le bleuté se voyait bien naturellement faire en sorte qu'elle se conclue comme le faisaient toutes les autres.

Malgré la fatigue qui lui bouffait les nerfs optiques, il se força à ne pas fermer les yeux, ou bien c'en serait fini de lui. Un petit bout de temps se passa. Il se promena dans ses pensées, qui partaient de plus en plus en n'importe quoi au fur et à mesure que le sommeil prenait possession de sa conscience. Dix minutes. Quinze, peut-être.

« Kise ? Tu dors ? »

Il n'y eut aucune réponse. Aomine réessaya, sur le même ton, c'est-à-dire suffisamment audible mais pas trop fort non plus. Si le blond était bel et bien endormi, il ne voulait pas le réveiller. Il valait mieux pour lui qu'il ne le fasse pas. L'éternel silence lui apprit la bonne nouvelle : Kise dormait. Aussi, Aomine agit de manière furtive. Il était peut-être un basketteur au style de jeu bourrin, mais il avait de la réactivité, de l'agilité, et de la souplesse. Cette opération se terminerait sur un R.A.S, grâce à sa bonne stratégie d'approche. En retenant un nouveau bâillement, il avança les mains avec prudence en cherchant à rencontrer la chevelure de Kise sur l'oreiller, afin de situer à peu près où était son visage. On n'était jamais sûr de rien. Il les atteignit après une bonne minute de tâtons dans l'obscurité. Puisant sur les muscles de sa nuque, il joua des coudes en avant et, lèvres tendues, baisa ce qui dut être la joue de Kise. Ou peut-être son front. Il se retourna ensuite, l'air de rien, le cœur néanmoins agité et cette harcelante pensée : « Daïki, t'es con. ».

Elle n'avait pas tort.

Mais si Aomine n'osait pas et n'oserait pas avant un bon moment se déclarer à Kise, lui voler des baisers discrets la nuit, même pas intimes parce qu'il ne savait jamais exactement où il embrassait et que c'était trop rapide pour que Kise soit dérangé dans son sommeil, ça ne mangeait pas de pain. Cela lui faisait plaisir, en prime.

Fermant les yeux à son tour, Aomine s'autorisa à sombrer.

Ce qu'il ignorait, c'est qu'avec son ébauche de sourire dans le noir complet, Kise était réveillé. Ce n'était pas la première fois qu'il surprenait Aomine lors de ses baisers clandestins. Il s'amusait de savoir que l'As de Touou pouvait avoir un comportement aussi attendrissant, voire crétin, mais pas dans le mauvais sens, envers lui. Il n'en était pas offusqué, la raison se devinait sans explications nécessaires. Il attendait une déclaration, à chaque fois qu'Aomine l'invitait. Elle tardait de plus en plus et Kise finissait par être à court de patience. Aomine était quelqu'un d'intelligent, mais il manquait parfois cruellement de jugeote concernant ce qu'il avait devant les yeux.

Le blond sut qu'il devrait faire bouger les choses lui-même, ou bien qui sait combien de temps ils resteraient coincés dans ce rituel, que Kise trouvait tout à fait mignon mais stupide. Quand ils sortiraient ensemble, il aurait de quoi agacer Aomine pendant un bon moment. Lui lancer des piques sur sa face cachée adorable serait une super idée, indéniablement.


Pour une fois, pas de réelle relation entre les personnages, j'aimais bien l'idée du baiser volé même si elle n'est pas des plus originales, j'espère tout de même que le texte aura rendu ça un peu divertissant ^^ ! Aussi, la plus part du temps, on imagine Aomine comme se fichant complètement de Kise tandis que Kise est désespérément amoureux de lui, je trouvais amusant d'inverser la tendance :'). (Même si dans le cas présent, Kise attend aussi XD)

N'hésitez pas à laisser une petite review si vous avez aimé, ça me ferait très plaisir !

Le prochain texte sera un KuroMomo. (Hé oui, je n'ai pas prévu que des OS yaoi pour ce recueil XD)

Merci d'avoir lu !