Nda : A Niammaca.A, mon âme sœur du IV. Sans elle, Version 3 n'existerait pas, autant que je ne saurais être complète. ~Ad vitam aeternam Beubeu...
[Edition 18/05/15]
Chapitre 4 : Le grand saut, plongeons ensemble les amis.
Donner un nom à notre relation ? Je ne pourrais pas. C'est pas comme si je lui avais déjà dû quelque chose. C'était juste comme ça. Pas d'ensemble, pas de nous. Juste de longues parties de ce jeu malsain. Et elle, avec son double jeu. Je ne m'en étais pas douté. Comment aurais-je pu ?
A quel moment la violence s'est ajoutée à l'équation ? Là non plus, je ne saurais trop vous le dire. Tout s'est perdu dans le torrent d'ivresse qui nous accompagnait. Elle avait dû le prévoir, je m'en rends compte maintenant.
C'est si typique d'elle même, nous lancer un piège et s'y enfoncer avec nous.
T.N~
«La prévoyance a toujours gâté chez moi la jouissance. J'ai vu l'avenir à pure perte : je n'ai jamais pu l'éviter. »
Jean-Jacques Rousseau
-Off-
Assise sur la rambarde de la tour d'astronomie, les jambes pendant dans le vide, Malvina Dore contemplait le paysage féerique et angoissant des environs de Poudlard dans l'obscurité en tirant inlassablement sur son join. Ses pensées étaient embuées par les toxines enivrantes. Oui, oui, elle aimait ça. Ses yeux dilatés étaient à demi fermés sur le mouvement flou qui animait la cime des arbres de la forêt interdite pendant qu'elle songeait à son quotidien. Les cours, les autres élèves, les relations sociales. Suivant ses aspirations soufflées, Blaise l'avait convoqué une première fois à la "petite soirée" qui allait se déroulé dans le dortoir qu'il partageait avec Théodore. Une soirée comme elle les aimait également, avec de l'alcool coulant à flot, des filles stupides à bourrer, des gars ne tenant pas la route autant que de bons buveurs avec qui tenir les paris. Quelques sixièmes années, la clique et puis lui. Théodore avec qui elle avait commencé en parallèle de drôles de jeux depuis la première soirée où ils s'étaient un moment retrouvés à s'embrasser. Mais personne ne s'en était rendu compte et maintenant le jeu s'appliquait à se provoquer l'un l'autre, toujours plus, mais sans jamais qu'on ne les découvre.
Elle tendit sa main vers l'arrière où une autre, masculine, se saisit du pétard pour le porter à ses lèvres. Le fameux Théodore Nott sourit intérieurement. Elle l'amusait tellement, elle avait relevé le niveau. Depuis qu'elle était là, il fumait de plus en plus, distraction bienvenue au milieu des plans qu'il travaillait. Il fallait dire que ses préoccupations étaient bien loin de quelques beuveries d'écoliers. Mais bon, il avait encore le temps, il en saurait plus à la Toussaint, lorsqu'il rentrerait au manoir Nott pour les vacances dans quelques petites semaines. Pour l'instant, il préférait s'enivrer, se désinhiber et arriver à se la faire. Mais pas encore, il la rendrait folle d'abord. Il ferait croître son désir pour lui, la ferait se révéler, la ferait pleurer de faiblesse et de douleur et savourerait finalement ses gémissements de jouissance et d'abandon au creux de son oreille. Il en frissonna d'un plaisir appréhensif. Mais pour l'instant, cette soirée serait sûrement prometteuse. Il se cala contre elle en expirant la fumée grisâtre et elle laissa son dos reposer contre son torse. Sa tête roula sur son épaule et elle planta son regard défoncé dans ses yeux verts bordés de vaisseaux éclatés. Il tira une longue taff et s'approcha de ses lèvres, à quelques millimètres pour y souffler l'épaisse fumée chargée qu'elle aspira de tout son saoule. Elle se laissa aller de nouveau.
« Tu me fais confiance ? » Souffla le Serpentard dans son oreille. Il se pencha encore pour promener sa langue dans le creux de son cou, savourant le goût de sa peau fine. Elle laissa échapper un rire dénué d'humour et se dégagea pour revenir poser ses jambes sur le sol.
« Qui pourrait te faire confiance Nott ?
- Tu me blesses. Les gens qui me connaissent savent que je suis digne de...
- Personne ne te connaît et tu n'es digne de pas grand-chose.
- Aïe je vais finir par pleurer. Sois un peu plus sensible avec moi, Malvina.
- Mais je suis sensible à toi, dit-elle en se collant contre son torse, et crois-moi.. tu finiras par en pleurer. »
Elle passa sa main sous sa chemise et fit courir ses ongles sur ses abdominaux. Il grinça des dents et attrapa durement son poignet, le serrant à lui faire mal.
« Je me demande qui de nous deux pleurera le premier, protestera le premier. Tu relèves le défi ? »
-On-
Je savais que je ne devais pas. Mais quand les choses en venaient à lui, tout tournait autour de la tension sexuelle, de l'alcool, de la drogue et de ma capacité à le provoquer, répondre à ses provocations... Je me trouvais si faible. Mais c'était dans ces cas-là que j'avais de l'importance pour lui n'est-ce pas ? Il était bien trop difficile à atteindre. Il me fascinait. J'en venais même à oublier les raisons qui auraient dû me permettre de m'éloigner, de rester loin de lui, loin d'eux tous et de leur malsanité qui me dépassait. Des Mangemorts en devenir. Mais je le voulais, pour ne pas voir ces choses arriver. J'avais choisis de m'y intégrer pour les changer de l'intérieur par les seuls moyens que je maîtrisais. Débauche. Mais je me perdais absorbée par mes propres objectifs invraisemblables et ces vices que j'aimais tant. Oh que Merlin me vienne en aide, j'allais finir par m'enfoncer plus bas que terre.
« Tu relèves le défi ? » murmura-t-il.
Comment ne pas le suivre, comment ne pas être emballée ? Mon cœur avait oublié le mot ''rythme'' et ma tête toute logique autre que celle de...de...de cette sensation enivrante. La douleur de sa poigne me donna envie de me tortiller pour lui échapper mais je l'ignorai et me contentai de sourire puis de lécher mes lèvres. Et je le vis dans ses iris, l'éclat fuguasse de surprise. Il plissa des yeux et ses sourcils sombres en vinrent à presque se rencontrer au-dessus de son arrête nasale. Je passai l'index de ma main libre dessus puis la fit courir sur la courbe de son menton, toute sa mâchoire, son visage fin aux joues que je voulais mordre. Et sa bouche. Je la retraçai et m'en approchai tout doucement. Je me sentais accaparer toute son attention. Il me regardait avec des yeux obsédés et une insolence libertine revendiquée. Je m'enivrais de le voir s'enivrer de moi sans même s'en rendre compte. Mais j'étais déjà trop accrochée à lui. Il me fallait prendre de la distance pour ne pas devenir dépendante ou pire, attachée sentimentalement. Je laissai mon bras retomber et attrapai discrètement ma baguette alors que je sentais son souffle sensuel se joindre au mien.
« Repulso. » Violente.
Il fut instantanément éjecté à quelques mètres de moi, surpris de ne pas avoir vu le sort arriver mais déjà prêt à répondre au besoin. Je l'ignorai et observai mon poignet rougis les marques précises de ses doigts. Je rangeai ma baguette distraitement dans ma chaussette et lui lançai un baiser.
« Bien sûr, babe. » répondis-je finalement.
Je m'éloignai de quelques pas avant de me retourner, une main sur la hanche, hautaine.
« J'aime bien tes doigts, mais évite de me laisser des marques si visibles à l'avenir. Et tu seras gentil d'attendre quelques minutes avant d'arriver, il serait malvenu que quelqu'un se rende compte que nous étions ensemble. »
Je partis, une dernière vision de lui levant sa main à hauteur de visage en remuant les doigts.
« Tu verras ils sont magique ces doigts, tu seras surprise de voir tout ce qu'ils peuvent te f... »
Je dévalai les escaliers, manquant comme à chaque fois de m'éclater la gueule par terre. J'inspirai profondément, tachant de sortir de ma tête cette dernière provocation on ne pouvait plus explicite pour empêcher mon corps de trembler d'appréhension et de désir. Aaah...Whatever. Après un petit pétard réconfortant il était temps de prendre part à la véritable évasion. Je ne songeais dès lors plus qu'aux bouteilles qui m'attendaient dans la chambre de Blaise, comme d'habitude. J'y arrivai, je le sentais, je le sentais. Tous se laissaient emporter, se laissaient aller en ma présence, m'acceptaient. Et je les tirai avec moi. C'était déjà la troisième de la semaine, la troisième fois que nous allions boire comme des trous. Pansy n'en pouvait déjà plus, elle allait sûrement encore vomir ce soir. Je ris aux éclats.
« Eh Mal' ! »
Je me retournai à l'entente du surnom dont m'avait affublé Daphné.
« Je te cherchai, reprit-elle. Tu étais où ?
- A ton avis ? Ris-je.
- Espèce de droguée.
- Ça me va droit au cœur Daph'.
- Ce n'était pas un compliment.
- J'ai toujours su que tu m'admirais.
- Non vraiment, tu es pitoyable. Je me suis bien rendue compte que depuis la semaine dernière tu consommes même entre certains cours.
- Tu ne vas pas me reprocher de palier au rébarbatif des cours de Binns.
- S'il n'y avait que lui...
-...
- Tu faisais de la merde en métamorphoses aujourd'hui. »
Je haussai simplement des épaules, discussion close. Je n'avais pas besoin de son jugement sur mes agissements. Et puis pas envie de me remettre en question. Il était l'heure de boire.
« Au lieu de me faire chier, va plutôt chercher le Pur-Feu. »
Elle me lança un long regard analyseur et je levai un sourcil. « Daph', je t'aime beaucoup, mais me fais vraiment pas chier, tu ne me connais pas tant que ça, tu découvres juste à quel point je peux m'enfoncer » pensai-je. Un sourire totalement commandé par mon état d'ébriété pointa sur mon visage et elle s'en alla en secouant la tête, blasée. Bientôt, bientôt elle comprendrait. Quand nous partirions tous pour les vacances, elle commencerait à comprendre. Elle se rendrait compte que son propre corps appellerait l'ivresse, je m'en assurerais, je le jurai. Elle verrait comment les nuits de plaisir que j'avais amenées lui manqueraient. Il y avait eu la première, esseulée dans la semaine. Puis à la suivante, elles vinrent en paire. Et jamais deux sans trois. Ensuite quatre, cinq, six...Ils comprendraient tous et finiraient par me suivre, partageraient mon intérêt pour le petit verre du matin avec les œufs brouillés, celui entre un cours interminable et le suivant tout aussi chiant, jusqu'à la bouteille du soir. Je secouai la tête décidée à faire partir toutes pensées malvenues et me concentrer uniquement sur le présent. J'imaginai plutôt l'intérêt de la soirée avenir, rêvassant au futur immédiat des heures en approche.
.
Une idée allant et venant sans se fixer. Je commençai à papillonner des cils, à reprendre paresseusement conscience. Le brouillard dans ma tête, la pâteuse acide dans ma bouche, la lourdeur de mon corps. Légère gueule de bois. J'étouffai un bâillement et m'étirai difficilement sous les draps pour sentir mes jambes nues se frotter l'une contre l'autre. La dentelle de mon boxer me chatouilla les cuisses. Je remuai les orteils. Je ne portais qu'une seule chaussette et un haut visiblement trop grand. Bordel, quand étais-je arrivé là ? Je tendis la main pour attraper le verre d'eau sur ma table de nuit et mes doigts rencontrèrent la surface lisse et souple d'un...livre ? Hein ? Merde, où est ce que j'étais ? Je me redressai et regardai le foutoir apocalyptique post soirée qui régnait dans la pièce. Des habits en vrac, des bouteilles de partout, Crabbe et Goyle partageant le même oreiller à même le sol. Un gars que je ne reconnus pas endormi en position assise contre le mur serrant une bouteille de Vodka'Citrouille dans ses bras. Un autre type, bouche ouverte, affalé dans le canapé que j'avais conjuré la veille. Blaise dans les deux lits collés, partageant sa couche avec quatre silhouettes féminines à en juger les touffes de cheveux dépassant des draps. Le lampadaire/barre de striptease, habillé de deux petites culottes. Des soutiens-gorge dont le mien, suspendus autour de la lampe de plafond. Oh my god, heureusement que personne n'avait vomis. Je tirai la montre à mon cou pour voir qu'il n'était même pas encore sept heures et me laissai retomber sur l'oreiller avant de me cacher sous la couette qui - par Morgane était ce réel ? - sentait l'odeur douce et profonde, foncièrement attirante, de Théodore avec des relents de weed. Je me relevai et avisai la chemise que je portais, assumant qu'elle était également sienne. Et lui ? Je me penchai pour le trouver dormant au pied du lit le visage fermé et détendu, entouré de tout un matelas de couvertures et d'oreillers. Sa main droite reposait à moins d'un décimètre de la bouteille de Whisky-Pur-Feu. L'amusement que je ressentis ne suffit pas à me dérider et je m'extrayai en galérant de la couette chaude. Le vertige m'attrapa les chevilles à peine celles-ci posées au sol et je vacillai, encore à moitié bourrée en fait. Doucement ou en tout cas le plus doucement que je le pus, j'avançai vers le grand lit - en me prenant les pieds dans tout un tas de trucks - constitué de celui de Blaise et de celui maintenant inutilisé de Malfoy. Je repérai au milieu des autres les cheveux bruns de Daphné. Nous n'avions que peu de temps pour regagner notre chambre avant que trop de monde ne soit réveillé pour nous capter.
« Daph' !
-...
- Daphné !
- Hmm...
- Oh Greengrass, faut qu'on bouge !
- 'tain...laiss...moi..dormir...
- Merde Daphné ! Si tu ne te lèves pas je te laisse là ! Il est bientôt 8heures ! »
Son visage émergea subitement d'entre les draps et elle commença à son tour à se lever sans réveiller les autres, les yeux encore perdus et larmoyants de sommeil. Un peu d'exagération ne pouvait faire de mal à cette heure-ci. Elle ne portait que son soutien-gorge et le caleçon de Blaise. J'éclatai d'un rire insonore, manquant de me casser la gueule.
« Tu fais chier Mal' !
- Shuut...
- Je te signale que c'est ta faute tout ça avec tes paris à la con ! Reprit-elle plus doucement.
- ...
- Ne me dis pas que tu ne t'en rappelles pas !
-...
- J'y crois pas ! A quatre heures miss Dore nous empêche de dormir avec ses défis incroyables, nous force à...
- Je ne force personne ! La coupai-je.
- La ferme, c'est de ta faute ! »
J'éclatai de rire, revoyant des bribes d'une Daphné rouge de honte et d'envie en train de se trémousser sur un Blaise tout bandant.
« Bon, allez cassons nous ! Reprit-elle.
- Une minute, j'ai oublié un truck. »
Elle entreprit de récupérer nos effets personnels éparpillés partout – « Accio string. Accio jupe. Accio soutien-gorge de Malvina. Accio... » - et je ne sus qu'elle pulsion me poussa à aller vers Théo pour lui foutre de légers coups de pieds. Je fus partie avant même qu'il n'ouvre les yeux.
« C'est bon, t'as tout ? Allons-y.
- Ouais, me chuchota Daphné.
- Putain, j'ai hâte de voir leurs tronches quand on arrivera en Potions... »
En face du miroir de notre salle de bain, je me déshabillai prête à rentrer dans la douche. J'observai mon visage bouffis du sommeil lourd de la gueule de bois. Je regardai à mon poignet les marques rosées tranchant sur ma peau halée laissées par les doigts de Théo la veille. Je secouai la tête, riant intérieurement au souvenir de son expression après que je l'eus repoussé. Puis je la penchai de nouveau, remarquant derrière mon oreille la tâche sombre, rougeoyante et violacée d'un suçon. Merde. Je n'avais pas le souvenir de ça. Je passai mes doigts dessus et me concentrai, me concentrai, en appelant à cette chose ignoble qui rampait dans mon sang. Je savais que je pouvais le faire. L'avenir certes, incontrôlable, mais le passé aussi, consciemment. Je suivis cet instinct soudain et revis la scène qui s'était déroulée.
Ses mains plaquées sur mes joues. Son corps, son excitation pressée contre ma peau. Le désir qui coule en moi, l'envie de le sentir me remplir. Puis son souffle, brûlant au creux de mon oreille. Les frissons qui me parcourent. Des paroles. Que me disait-il ? La dentelle. La dentelle ? Ah, mes sous-vêtements. Ce qu'il regardait ce jour-là, dans le train, sous ma jupe. Il les trouvait bandant. Il me trouve bandante. Sa langue, qui caresse mon lobe puis descend s'acharner sur ma chair. Toute sa bouche qui lèche, aspire, mordille. Le gémissement qui m'échappe. Mes mains qui courent dans son dos, plus bas...
« Malvina ? Ça va ? »
Daphné. Merde, je mouillais rien qu'au souvenir.
« Oui oui !
- Dépêche-toi, faut pas qu'on soit en retard pour les voir arriver.
- Sûre… »
Je regardais sans le voir Binns continuer sans interruption à débiter son récit sur la douzième ou quatre-vingt-douzième mutinerie gobeline, dirigée par je ne savais quel Ragnard-le-pouilleux. La moitié de la classe dormait – Pansy, la bouche ouverte sur son parchemin, hilarant - et à côté de moi Théodore griffonnait sur son parchemin. Quand son coude me frôla, je reportai mon regard dessus et me sentis soudain pus alerte.
« Je monte le niveau, cap de me suivre ? » avait-il écrit. Jouons, reprit-Elle près de mon oreille.
Je le regardai me lancer un sourire lubrique et lui répondis par mon sourire malicieux – celui vers le bas qui faisait ressortir ma fossette. Je hochai des sourcils pour signaler mon assentiment et l'instant suivant il se détourna de moi. Sa main droite descendit sous la table et se posa sur mon genou gauche. Je passai la mienne dans le creux de son dos pour sortir sa chemise de sous sa ceinture. Il n'y avait personne derrière nous, le jeu serrait de pouvoir surveiller à 180 degrés en face. L'adrénaline commença à circuler en moi, ravivant les dernières traces d'ivresse de la veille.
Je fis courir mes doigts sur sa peau, le long de la limite avec son caleçon et le sentit frissonner. Il ne laissa rien paraître derrière sa neutralité apparente et je m'assurai que ma satisfaction ne pointe pas sous mon expression ennuyée. Ses doigts commencèrent à faire de petits cercles en remontant le long de ma cuisse et je sentis celle-ci se contracter par saccade sous les chatouilles, sans rien pouvoir y faire. Il esquissa un petit sourire en coin qui disparut aussitôt. Je continuai mon manège dans son dos tandis qu'il remontait doucement mais certainement en progressant vers l'intérieur. Semi intentionnellement mes jambes s'écartèrent pour lui laisser plus de place. Quand leur pulpe arriva à la limite de mon sous-vêtement, ils disparurent pour se faire sentir un instant plus tard directement à l'endroit exact de mon clitoris. Je retins une protestation en me mordant la lèvre inférieure et avançait ma main de sa hanche à son ventre, traçant la ligne entre son nombril et sa boucle de ceinture que je commençai mine de rien à défaire. Il ne me laissa pas faire et chercha à me déstabiliser en effectuant quelques pressions qui envoyèrent des décharges de désirs dans mon bas ventre. Je me sentais devenir humide, si humide, et lui se mit à faire des cercles, de très très légers cercles autour de mon intimité. Juste assez pour me donner envie de plus sans être satisfaisante le moins du monde. Je serrai mon poing libre et appuyai ma tête dessus, luttant pour ne pas fermer les yeux. Je sentis sur ma poitrine mes tétons devenir sensibles, si sensibles que le contact du tissu en était presque douloureux. Je réussis tant bien que mal à venir à bout de sa ceinture, pas aussi discrètement que je l'aurais voulu mais suffisamment pour ne pas alerter qui que ce soit. Quand le bouton de son pantalon sauta et que j'enfouis ma main dessus, il cacha un bruit de gorge dans une quinte de toux simulée. Je ricanai doucement et il se vengea en passant son doigt le long de ma fente, jusqu'à mon clito déjà gonflé avec une pression nettement supérieure. Je retins à temps le gémissement qui faillit m'échapper de la même manière, en toussant. Blaise se retourna circonspect mais fini par se rallonger sur sa table. Je devinais aisément ce qu'il venait de voir. Deux de ses camarades, l'air profondément ennuyés, regardant chacun d'un côté opposés, sans faire attention ni à l'autre, ni au cours. Mais la réalité se passait sous la table. Nous avions cessé tout mouvement, pour ne pas attirer l'attention sur nos bras manquants. Je repris la première, en avançant – difficilement je l'avouais – ma paume sur son membre durcissant, au-dessus de son sous-vêtement. Il ne laissa cette fois-ci rien paraître et je commençai, doucement, du bout des doigts à le caresser. Je le sentais s'éveiller davantage à chaque frôlement que j'effectuai sur sa tête. Je sentais entre mes cuisses ses doigts bouger sans me toucher. Puis subitement, ma culotte fut écartée et un de ses doigts plongea en moi. Ma bouche s'ouvrit en un cri muet et j'y plaquai mon poing en me cambrant pour permettre à son majeur de rentrer plus profondément. J'avais eus raison, oh putain, j'avais eus raison de remarquer ses mains, ses doigts et la taille conséquente de ce que je sentais s'éveiller entre mes propres doigts. Et putain, il ne m'avait pas menti ce con, avec ses doigts magiques. Quand il en rajouta un deuxième, tordant son poignet pour maintenir un pan de ma culotte relevé, une plainte à peine audible franchis mes lèvres. Je le serrai alors un peu plus, attrapant finalement sa virilité à la base. Il rata une inspiration et de mon souffle que je m'efforçai de réguler sous les mouvements titilleurs de sa main plus bas en moi me permis un nouveau ricanement. Malgré son expression impassible parfaitement entretenue, ses joues s'étaient légèrement colorées. Je décidai d'ajouter une dimension au jeu. Pouvait-il tenir une conversation ? Déjà, le pouvais-je moi-même ? Le défi me grisait.
« Alors Nott, comment ça va ?
- Très bien Dore, même si je t'avouerais que je me fais royalement chier.
- Je compatis, vraiment. Personnellement, je suis absorbée par la chose la plus passionnante et pénétrante de cette salle de cours.
- Qui est ?
- L'incroyable rythme de cette leçon d'Histoire de la Magie si intéressante.
- Pour ma part, je trouve percutant son talent à en venir aux sujets importants. Mais j'ai dans l'idée, Malvina, que le centre – une pression plus forte sur mon clito – du débat, ne sera atteint que lorsque des alliés plus imposants, seront amener à rentrer directement dans les rébellions et – il accélère la cadence de ses doigts – comment dire, se glisser à corps perdu dans la bataille... »
Je haletai un instant sentant en moi des muscles profonds se contracter à chaque nerfs que ses doigts touchaient, envoyant des éclairs de désir puis de plaisir jusque dans mes orteils et densifiant la tension de mon bas ventre. Je mordis ma lèvre, cherchant à me déconcentrer de mon envie de m'abandonner à ses manœuvres. Puis j'entamai un mouvement du poignet pour passer à même sa chaire et faire courir ma paume le long de son excitation.
« Je pense avoir saisis l'idée, Théo. Je suis impatiente de sentir, euh pardon, d'entendre ce que cet allié puissant pourrait changer à la situation actuelle, qui bien que tendue, ne saurait être libératrice. »
Il ne répondit pas immédiatement, fermant un instant les yeux, sûrement à son tour en proie à ce débat intérieur quant à se laisser aller au plaisir, mais surtout désir, montant. Cela n'avait aucun sens de se chauffer de la sorte, juste nous donner la putain d'envie de baiser directement sur la table, sans se préoccuper des autres élèves – l'idée en était même attrayante. Puis il les rouvrit et me transperça du regard. Je m'immobilisai toute entière, comme touché par un Stupefix, et lui-même arrêta de me doigter sans pour autant se retirer de sous ma jupe. Il se pencha sur mon oreille et un frisson me parcourut.
« Oh, ne t'inquiètes pas pour ça. Tu vas le sentir passer, crois-moi. Ce n'est que le début du jeu honey, j'ai hâte de pouvoir te faire crier pour moi, tu verras... »
Je ne pus répondre, rendue totalement muette par sa déclaration, ses mots crus accompagnés d'un retour rapide de sa main entre mes chaires avant que celle-ci ne se retire. Je sentis le contact de ses doigts mouillés lorsqu'il les laissa redescendre sur ma cuisse. Je déglutis, totalement déstabilisée. Meeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde. Je me levai et demandai l'autorisation de sortir. Je m'enfuis presque de la salle perdue sous son putain de regard victorieux. Juste avant que je ne ferme la porte, je le vis éloigner sa main de sa bouche et se lécher les lèvres, suggestif. Oh putain de merde. C'était comme si mon cœur avait subitement émigré dans mon entre jambe, lançant à chaque pulsion un peu plus d'adrénaline et de désir dans mes veines. Je rentrai dans les toilettes et baissai ma culotte pour remédier, seule, à cette putain d'envie. Je me soulageai, de quelques habiles pressions de mes propres doigts. Ce coup-ci, j'avais totalement, mais totalement perdu. Fais chier, pensais-je en sentant enfin, enfin la tension monter, monter -aah!- puis se dissoudre dans mon corps. Je me laissai aller contre la porte et fermai les yeux, reprenant doucement mon souffle. Au moins, lui devait toujours souffrir avec sa queue et pas de moyen de se décharger.
« Encore. » dit-Elle.
Je l'ignorai.
-Off-
Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Malvina, grâce à l'aide de sa nouvelle amie Daphné Greengrass, avait fini par s'intégrer à sa nouvelle maison, à se faire accepter par ses camarades. Particulièrement la bande régnant depuis toujours en famille royale au sommet de Serpentard. Ce matin-là de nouveau, elle regagna précipitamment sa chambre accompagnée de sa complice, toutes deux encore pleines des relents de l'alcool qu'elles avaient, en compagnie des autres, ingurgitées en grande quantité.
Elle avait réellement commencé à se faire sa place et s'entendait bien mieux avec tous. Même avec Pansy Parkinson, qui avait fini par mettre de côté sa rancœur. Elle comprenait qu'il n'était pas dans son intérêt de ne pas être l'amie de cette nouvelle envahissante qui marquait de nombreux points auprès de ses amis de toujours. La veille même, lors de cette soirée on ne peut plus arrosée en pleine semaine, les deux jeunes filles s'étaient mutuellement repenties en excuses fausses et hypocrites, initiés par la préfète, signant définitivement le traité de paix qui s'était progressivement installé entre elles. De toute façon cela serait bien plus pratique pour elle – et Zabini qui ne semblait plus s'en souvenir – pour se renseigner sur cette fille, ce qu'elle cachait et ce qu'elle pouvait Leur apporter. Elle restait cependant acerbe et critique envers cette pimbêche à grosse poitrine, ne comprenant pas ce qui lui permettait d'être si attirante – pas d'un point de vue physique, va s'en dire. Elle s'interrogeait sur la facilité avec laquelle cette intruse avait réussi à pénétrer leur cercle pourtant fermé et ne comprenait pas Daphné qui semblait partager avec elle une complicité qui lui était bien étrangère. Leurs rapports conflictuels s'étaient plus ou moins calmés, plus d'une semaine auparavant, après la menace sérieuse d'une nouvelle gifle plus humiliante que douloureuse. Elle rageait toujours intérieurement contre cette salope mais reconnaissait quelque part, tout en le niant violemment, qu'elle aussi commençait à l'apprécier, ou du moins ne pas la trouver sans intérêt. Mieux valait être proche d'elle, gagner sa confiance, la surveiller et ainsi respecter les directives officieuses qui lui avaient été confiés.
Être proche de ses amis mais encore plus de ces ennemis lui avait-on dit un jour...
C'était exactement ce qu'appliquait Malvina, même si elle s'avouait sans gêne aimer ses dits ennemis et se plaire, se perdre, plus que de raison dans les soirées euphorisantes qui se tenaient bien à l'abri dans leur cachots isolés. Son but premier était sans aucun doute l'amusement. Puis venait, cette idée déraisonnable de s'infiltrer dans les rangs maigres de ces futurs mangemorts, persuadée qu'en y parvenant, elle aurait en main les cartes nécessaires pour empêcher ces choses qu'elle ne voulait pas voir arriver. Elle perdait déjà de vue la réalité.
Ce jour-là, Malvina s'était isolée dans une salle de classe vide. Il n'y avait pas cours cet après-midi-là et elle comptait bien se rendre à la Bibliothèque pour achever ses rouleaux de Métamorphoses, DCFM* et Sortilèges si elle en avait le temps. Elle sirotait tout en réfléchissant un verre de Rhumaucitron qu'elle avait réussi à créer à partir de jus de citrouille. Il était temps de voir si son plan avait marché. Il ne restait plus qu'une semaine et quelques jours avant qu'elle ne rentre chez elle. Elle avait hâte comme peu envie de revoir ses parents, le retour au foyer signifiant une abstinence partielle. Elle n'avait plus besoin d'inciter les autres Serpentards pour que ceux-ci relance quelques soirées, bien que légèrement plus maîtrisées après la colle que Zabini, Parkinson et quelques autres - sauf Nott – s'étaient pris pour leur retard après la pire de leur nuit pour l'instant. Elle riait encore de l'état dans lequel avait été Pansy toute cette journée, subissant de nombreuses remontrances pour son manque de concentration. Elle voulait maintenant voir à quel point ils avaient compris ce qu'il y avait de bon et légitime dans ses consommations abusives. Les voir tomber dans ses plaisirs tabous jusqu'à lors personnels. Oh, elle ne se sentait que partiellement responsable, après tout, elle n'avait jamais rien forcé et aucun d'eux ne l'avait attendu pour commencer à se prendre des cuites. Mais le fait était que cela la grisait de retrouver un groupe avec lequel partager ses vices adorés. De les corrompre quelque part. Et il y avait Nott. Toujours lui, qui semblait si familier à tout ça. A croire que lui aussi buvait autant qu'il fumait. Elle mourrait d'envie de savoir quand est ce qu'il avait commencé la drogue si douce qu'était le cannabis et comment faisait-il pour qu'à ce jour personne ne se soit jamais vraiment rendu compte qu'il arrivait défoncé en cours tous les deux jours. Mais il avait ce sort qu'elle voulait apprendre, celui qui lui permettait d'avoir l'air si normal quand il ne l'était pas…
Elle finit son verre, luttant contre son haut-le-cœur passager avant de prendre le chemin de l'immense et illustre bibliothèque de Poudlard. Elle adorait cet endroit, adorait l'idée de se retrouver comme insignifiante au milieu de ces tonnes de connaissances écrites qui n'attendaient qu'elle pour les parcourir. Étonnant n'est-ce pas, venant d'une fille comme elle ? Mais après tout, elle n'avait pas pensé rejoindre Serdaigle pour rien. Elle n'était certes pas une bosseuse et n'obtenait pas les résultats d'Hermione Granger mais elle demeurait une très bonne élève aux mêmes niveaux à peu de choses près que Daphné Greengrass. Ou encore Théodore Nott. Et voilà qu'elle en revenait de nouveau à lui. Et à ses mains si habiles qui promettaient quand le temps serait venu une nuit...pour le moins décontenançante. En passant silencieusement les grandes portes sous l'œil sévère de Mrs Pince, elle avait bon espoir de le trouver présent et qui savait, peut-être rejouer une partie...
-On-
« Parmi les sorts de modifications d'états et de stases, les sorts de d'infusion et de diffusion sont les moins courants et plus ardus à exécuter. En effet, le passage à l'état gazeux d'une matière nécessite une grande concentration ainsi qu'une idée claire de la diffusion des particules dans l'atmosphère. Le sort d'infusion effectif sur les liquides est le plus simple à réaliser, le sorcier pouvant s'imager ce passage naturel notamment avec l'eau. Plusieurs étapes permettent d'apprendre à... »(1)
Une dizaine de livres s'étalaient autour de moi. Je recopiais au brouillon les informations principales que je sentais utiles et essentielles à la bonne réalisation de ma dissertation. J'avais déjà achevé la prise de notes pour les Sortilèges et ne tarderais pas à venir à bout de la Métamorphoses, ne laissant que la DCFM pour lundi à achever. Mais j'avais déjà une idée assez précise du plan que je pourrais faire. J'étais particulièrement douée en Métamorphoses. J'avais étudié la physique et la chimie moldue lorsque nous étions en France. Ça s'était déroulé sur les deux dernières années. À l'époque, il me restait une partie d'innocence que j'avais alors sacrifiée pour m'enfoncer dans les vices. Avec mes potes de fumerie, on essayait de comprendre l'état moléculaire des choses pour mieux les influencer avec la magie. Nous avons ainsi pris de l'avance sur le programme scolaire et réussis à maîtriser les sorts d'altérations alcooliques dont je me servais pour assurer mes stocks. Replonger dans mes souvenirs dissipait ma concentration. Je me réintéressai au sort de diffusion, permettant d'évaporer une substance ou matière quelconque.
Dix neuf heures approchaient, j'avais sauté le déjeuner, bien décidée à m'avancer considérablement ou plutôt rattraper mon retard. Il fallait que je termine ma DCFM avant de m'autoriser à prendre une pause délicieuse qui durerait toute la nuit.
Quand j'achevai finalement mon travail, Mrs Pince m'adressa un hochement de tête sec mais reconnaissant pour avoir replacé correctement chaque ouvrage. Je lui empruntai également un autre qui avait attiré mon attention. Le thème insolite me semblait intéressant et pourrait, mine de rien, m'être utile un jour ou l'autre. Je répondis à son froncement de sourcil soupçonneux par un sourire innocent et elle marmonna quelque chose comme ''devrait être à la Réserve'' avant que je ne m'en aille. C'était effectivement ce que j'avais pensé en tombant sur Terres d'encres et encres noirs (2), traitant de différentes méthodes de gravures et d'inscriptions dans les civilisations. Des hiéroglyphes Égyptiens à l'arithmétique du monde Arabe, en passant par les sorts utilisés par les Mayas pour assurer la pérennité de leurs inscriptions rupestres, cet ouvrage détaillait les propriétés, les implications, les engagements. Le tout semblait se faire avec un certain nombre d'indications sur les manières de réaliser les sacrifices y étant liés ou des techniques de marquages assez particulières, inspirantes. Si elle était réellement pleine de ce type d'ouvrages excentriques, peut-être me faudrait-il un jour m'introduire dans cette Réserve si célèbre.
« Mal' ! T'étais passée où ?, me demanda Daphné lorsque je m'assis à côté d'elle.
- On t'a cherché partout, compléta Pansy.
- J'étais tout simplement à la bibliothèque. J'ai avancé sur mes devoirs. »
Elles hochèrent dubitativement la tête et Daph ne put s'empêcher de se foutre de ma gueule.
« Je commençai à croire que tu ne travaillais jamais. Vu que quand madame disparaît au lieu d'être en étude avec nous, elle revient systématiquement explosée. »
J'ignorai les piques acides de ces vipères et nous mangeâmes dans la bonne humeur. Pansy s'éloigna apparemment en direction de ma chambre en compagnie de Millicent Bulstrode - dont j'avais finalement retenu le nom. Et nous commençâmes, nous quatre, à arroser ce mercredi soir on ne pouvait plus banaux sous le rythme du dernier tube des Bizarr'Sisters.
« Girls ! Girls and witches ! Nobody can stoooooo-oo-ooop us ! Girls ! Girls and witches ! Nooo-ooo-body-body-bodiiiiiiiiiiii, move your body girls ! » (3)
Au milieu de la troisième diffusion de cet anabolisant sonore, je vis entrer Blaise, Théodore, Gregory et Vincent. Ils étaient suivis de Matthew Pringston et d'Alexy Langlais, les deux sixièmes années qui prenaient souvent part à nos petites soirées et dont les parents étaient – d'après ce que j'en avais déduis – également partisans de l'Autre côté. Ils étaient des garçons très sympathiques bien que cyniques et effroyablement moqueurs. Mais ils faisaient maintenant partis du "groupe", tout comme moi. Je détaillai cliniquement celui qui retenait mon attention avec ses yeux verts comme des appâts irrésistibles. Nott portait son masque de banalité, sans la moindre trace d'ivresse. Je savais pourtant que je ne pouvais pas me fier à son expression. Il était un comédien affranchi et mon adversaire. J'eus soudain une idée.
« Blaise ! » Je me jetai à son cou sans un regard pour le brun et le serrait fort dans mes bras. « Oh, tu m'as manqué mon p'tit Blaisounet ! J'étais même plongée dans le doute et croyais que vous ne viendriez pas. Ça aurait été dommage, par ce qu'aujourd'hui est un grand jour.
- C'est le 17 octobre, qu'y a-t-il d'important ?
- Cette date est justement marquée du sceau du travail, Blaise. J'ai rédigé toutes ces choses que l'on appelle communément "devoirs à rendre".
- Mes félicitations my dear. C'est de ce jour que je croyais qu'il ne viendrait pas.
- Impertinent, l'insultai-je avec un proche sourire complice. Réjouis-toi plutôt. L'accomplissement du devoir éducatif et scolaire m'autorise en contrepartie à...boire, boire et oh, boire encore. Je comptais me prendre une cuite magistrale.
- Ta logique est perverse Malvina. »
Je le tirai brusquement en me hissant sur la pointe de mes pieds et plantai un baiser sur ses lèvres. Je répondais à son air surpris par une moue séductrice avant de m'éloigner en sautillant. Je me dandinai en attrapant une nouvelle bouteille, ainsi qu'une seconde, et continuai à boire. Je dansais pour l'ivresse qui allait me saisir et les folies que je pourrais faire. Qui savait, je pouvais même en profiter pour baiser un coup. Il fallait dire que depuis la rentrée malgré les jeux excitants avec Théo, je ne l'avais pas tiré mon coup.
Debout sur mon lit, je fumais ma cigarette en chantant toujours à tue-tête pour la vingtième fois cette chanson agaçante au possible. Puis je sautai sur Blaise, le brûlant par mégarde.
« Aaaah ! Mais putain, fait attention Mal' ! Tu es un danger ambulant quand tu brandis tes cigarettes moldues dégueulasses. »
Incapable de m'arrêter de rire pour reprendre mon souffle ou formuler la moindre excuse, je me laissai tomber par terre, rejointe dans mon fou rire par une Daphné aussi atteinte que moi. Elle venait de me confier s'être cogné le pied contre le coin de son lit suffisamment fort pour se le briser.
« Arrête de pleurer Blaise, tu es un homme. Mais tu m'inspires plus une fillette avec tes gémissements miséreux, finis-je par lâcher. Episkey ! Tout neuf : ça fera un gallion. »
Je lui tendis la main pour attendre ma paye et reçu un regard menaçant avant qu'il ne se mette à rire. Le fou rire commun reprit de plus belle. Puis le noir me tendit la main pour m'aider à me relever. Je l'attrapai, décidant de me frotter à lui davantage. Mais j'eus un violent mouvement de recul. Non, pas maintenant. Je fermai les yeux le plus fort possible pour ne pas voir.
« Ça va Mal' ? »
Une forêt sombre. Une course effrénée.
« Malvina ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »
Le rire cruel de Blaise qui retentit, suivit des éclairs des sorts lancés. Une jeune fille qui court. Je la connaissais. Je...M'enfuis le plus vite possible dans la salle de bain.
« Malvina, ne vomis pas par terre » quelqu'un rigola.
Je l'ignorai. Ma main tremblait, encore. Encore et toujours cette main indépendante. Comme à chaque fois que je luttais contre son pouvoir. Comme à chaque fois qu'il m'en fallait plus, plus d'ivresse. Plus d'ivresse pour oublier.
Mais...elle court toujours. Ses cheveux désordonnés se balancent dans son dos alors qu'un éclair la touche. Plus brillant que les autres, plus rapides, plus fort, plus...vert. Mortel. Et la satisfaction qui envahit Zabini.
Bordel de putain de merde. Venais-je réellement de voir Blaise tuer Granger ? Non. Je ne pouvais pas le tolérer. Non. Je ne pouvais pas le laisser faire, l'autoriser. Je le ferais, je l'empêcherais. Je ne voulais pas voir ces faits arriver. Non. Je m'aspergeai le visage d'eau froide et tachai d'enlever toute trace de stupéfaction de mon expression. De la distance. Il me fallait m'éloigner de ce monde ésotérique et me replanter dans la réalité. Mais ma tête tournait, repassant ces images stupéfiantes. Je l'attrapai à deux mains pour enrayer mon mal. Les carreaux vacillaient autour de moi. Putain, putain. La nausée commençait à pointer le bout de son nez et je me redressai finalement pour ne plus y songer, pour ne plus réfléchir. Seulement penser au jeu, à l'abandon déjà présent. Stop. Assez, plus de ça, pas là, pas maintenant. Je refusais. Non non non non non non non…J'hyperventilais. Je tombai au sol et tachai petit à petit de me concentrer sur mes pieds puis mes jambes, tout mon corps jusqu'à mes mains. Je fermai mon esprit, fermai ma conscience pour oublier, oublier, oublier. Il m'en fallait plus, plus d'oubli. J'attrapai ma chaîne et fixai mon médaillon. J'observai les aiguilles précises. Il était 23h17. Une minute passa. Deux, trois, dix. Je respirais. Je finis par sortir en titubant de la salle de bain, annonçant avec une joie feinte que ce n'était qu'une fausse alerte. Je croisai le regard soupçonneux de Théo en allant prendre Blaise dans mes bras. Ce n'était plus une provocation. J'en avais besoin pour m'assurer que je ne le laisserais pas faire. Zabini. Puis la soirée repris comme elle avait commencée. Il me fallait boire, boire encore plus. Toujours plus.
« J'espère que vous vous rendez bien cromp...compte de la situation. On était tremlan, tellement, pardon, bourré qu'on s'est ratri, euh...retrouvé à Oslo sans même savoir comment on, euh... Il faisait moins seize degrés en tout cas.» Étais-je en train de raconter avec difficulté.
Le sommeil nous avait tous rattrapé, ou presque. Je narrais une nouvelle fois les futilités de ma vie à qui voulait l'entendre - ou pas l'attention que j'y prêtais. Daphné avait disparu dans la salle de bain en compagnie de Langlais, mignon blond aux yeux noisette qui la couvait de temps en temps du regard. Pansy, sur le lit inoccupé, luttait contre le sommeil tout en répondant langoureusement aux appels de Pringston. Matthew Pringston était blond aussi, bien foutu, avec quelque chose d'adorable dans ses joues rougissantes quand il regardait Pansy l'indifférente. Greg et Vince ronflaient près de mon lit, encore une fois par terre. Je faisais face à Théodore et Blaise. Nous étions tous trois les seuls plus ou moins survivants. Il était près de trois heures maintenant. L'heure à laquelle en général, Nott se permettait d'être plus ouvert, plus...démonstratif. Après avoir fait semblant de rire à mon anecdote pourrie, il se releva pour enlever sa chemise tout en essayant de garder sa bouteille de Pur-Feu à la main. Zabini se mit à rire comme un dindon de Thanksgiving apprenant qu'il allait terminer en rôti et je le suivis. Il finit par lui prendre la bouteille des mains pour s'en enfiler une longue rasade et enfin permettre à Nott de s'échapper de son habit. Pour ma part, je ne pouvais plus boire. Ma vision soutenait un double parfait tendant vers le triple et j'avais l'impression d'être sous perfusion de rhum, entre autres. Je fermai les yeux : lourde erreur. Je les rouvris cependant en sentant un poids me rejoindre sur le canapé que j'avais une nouvelle fois conjuré. Je vis Blaise étendu sur le dos immobile sur le sol et partis dans un grand éclat de rire à l'idée qu'il soit tombé dans une ébauche de coma éthylique. Puis je vis Matthew, ayant finalement abandonné l'idée de sauter Pansy pour préférer celle de lui baver sur la poitrine en ronflant. Théo se cala contre moi, empoignant durement ma hanche dans un élan possessif et violent.
*DCFM : Défense Contre les Forces du Mal.
(1) Les sorts de modifications d'états, toujours de mon fait.
(2) Terres d'encres et encres noires : j'sais pas, je trouvais que ça claquait comme titre. C'est une idée qui me trotte dans la tête et qui devrait s'avérer prometteuse à l'avenir ; ou pas. À retenir, néanmoins.
(3) Je suis faite pour écrire des lyrics musicaux, n'est ce pas ? Ouais bon, c'est de la merde, j'assume presque.
Nda : Avez-vous des commentaires sur ce que j'écris ? C'est le petit encadré juste en bas, n'aillez pas peur. Merci d'avoir lu si vous êtes arrivées jusque là. Des retours illumineraient mes jours!
