Chapitre 2

-Sang maudit ? Que veux-tu dire ?

Kazahaya se mit à trembler mais entra quand même dans la propriété. Malgré sa peur, sentir la main de Rikuo dans la sienne le rassurait un peu.

-Les Kudo sont une famille de spiritismes, d'après ce que ma sœur m'a dit. L'une des plus anciennes familles et l'une des seules a encore utiliser une barrière héréditaire.

-Pourquoi leur sang serait-il maudit ?

-Parce qu'il a engendrer la folie.

-Quoi ?

Kazahaya ne répondit pas. Il continua a avancer, tremblant un peu plus à chaque pas. Après avoir marcher durant un long moment, ils sortirent de la forêt, et Rikuo vit au loin une magnifique maison entourée de fleurs.

-Kazahaya… Je savais que tu reviendrais… murmura une voix.

Il se retourna, comme au ralentit, pour regarder la jeune femme derrière lui, appuyée contre un arbre, le regard un peu fou.

-Kei…

Sa main lâcha celle de Rikuo et il fit un pas vers sa sœur.

-Kei…

-Je savais que tu reviendrais… Tu ne peux pas vivre loin d'ici… Loin de moi… Tu le sais… Kazahaya…

-Euh… C'est qui, elle ? demanda Rikuo.

La jeune femme quitta Kazahaya des yeux pour regarder le brun, qui frissonna en croisant le regard empli de folie. Il saisit son colocataire pour l'empêcher d'avancer encore. Cette femme ne lui inspirait pas confiance.

-Lâchez mon petit frère, je vous prie… murmura la femme.

-Votre… frère ?

-Lâches-moi, Rikuo… Kei est ma sœur… lâcha Kazahaya dans un souffle et de la peur dans ses yeux.

-Si c'est ta sœur, pourquoi as-tu fuis cet endroit ? Si c'est chez toi ?

Sans y penser, le châtain porta ses mains à sa gorge, comme s'il avait mal. Rikuo le regarda un moment, puis posa son regard sur Kei, qui souriait doucement. Sa rage explosa alors.

-VOUS AVEZ VOULU LE TUER ! VOUS AVEZ VOULU LE TUER, ET VOUS VOUDRIEZ QUE JE LE LÂCHE ?

-J'ai voulu le tuer, c'est vrai. Parce qu'il voulait sortir d'ici, voir le reste du monde, m'oublier…

-Non, Kei ! Je ne voulais pas t'oublier ! Je te le jure !

-Moi je n'avais besoin de que lui… Que de mon frère… Mais ce n'était pas assez pour lui… Et il est parti… Mais il est de retour… Il a besoin de moi… Je le sais… Son retour me le prouve… Vous, par contre…

Rikuo frisonna a nouveau, et Kazahaya, contre lui, se raidit.

-Kei ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Tu n'as pas besoin de lui, Kazahaya. Il n'aurait jamais du mettre les pieds à la maison… Tu n'a besoin que de moi. Ce garçon t'es inutile. Je vais donc le tuer.

Le regard de Rikuo se fit dure alors que Kazahaya faisait un pas vers l'avant, effrayé.

-Non Kei ! Il va partir, tu n'as pas à le tuer, il va partir !

-Vous voulez me tuer ? Très bien. Essayez ! siffla Rikuo. Je ne…

Il n'eu pas le temps de terminer sa phrase que la terre sous ses pieds explosa. Il se retrouva allongé au sol, devant sa vie à Kazahaya qui l'avait poussé au dernier instant. Alors que la poussière retombait, le châtain plongea son regard dans celui de son homologue.

-Va t'en ! Vite !

-Hors de question ! Tsukiko…

-Si elle est ici, je l'aiderai à s'échapper ! Je trouverai le moyen ! Tu ne dois pas rester ici, Kei va te tuer !

-Mon pouvoir…

-Ton pouvoir n'est rien comparé au sien ! Elle possède la création et la destruction, à un niveau que tu ne peux même pas imaginer ! Va t'en avant qu'elle ne te détruise aussi !

-Mais tu…

-On s'en fiche de ce qui m'arrive ! Si elle me tue aujourd'hui, ce sera seulement six mois plus tard que prévu ! Mais avant, je vais délivrer la personne pour laquelle tu es ici, je te le promets ! MAINTENANT VAS-T'EN !

-Inutile… rit Kei à travers le brouillard. Où qu'il soit, je le trouverai, et je le détruirai… Kazahaya est à moi, et seulement à moi… Je ne le partagerai avec personnes d'autres… Je ne partage jamais… Maman et papa l'ont apprit à leur dépends… Tu savais, Kazahaya ? Tu savais que tu avais été nourris du sang de nos parents, durant ta première année de vie ? Tu savais, dis-moi ? Tu savais que tu étais mon bébé-vampire ?

Kazahaya blanchit d'un coup, ses lèvres se mirent à trembler, le malaise était proche.

-J'avais déjà créer la femme-chat, et elle a vu que tu ne te développais pas normalement… Tu savais, Kazahaya ? Tu étais tout laid… Tes yeux étaient rouges… Tu n'étais vraiment pas beau ! Ensuite, c'est elle qui t'a nourri… Elle partageait son écuelle de lait avec toi… Tu te souviens, Kazahaya ? Tu te souviens, quand tu avais trois ans ? Tu passais trop de temps avec la femme-chat… Tu m'oubliais… Tu te souviens ? Tu es entré dans la cuisine… Et il y avait du sang partout, partout… Et un gros tas de fourrure blanche au milieu de la cuisine… Couvert de sang… Tu te souviens ? Tu a fais des cauchemars durant des mois… Tu te souviens, le lendemain ? Tu te souviens ce que nous avons manger ? De la viande, pour la première fois ! Tu te souviens ? Pas juste des légumes de notre jardin, de la vraie viande ! Tu te souviens ? Tu en a redemandé ? Tu sais ce que c'était ?

Kazahaya eut des haut-le-cœur et Rikuo l'attrapa par les épaules et le serra contre lui, espérant que le psychométrique se calmerait à son contact. Ce qui arriva, avant que le châtain ne se relève en poussant Rikuo vers la forêt.

-Va t'en. Je ne veux pas qu'elle te tue. Ça ne te concerne pas, cette histoire. C'est ma sœur, c'est à moi de régler tout ça…

-Kaza…

-Va t'en !

Il le pousse à nouveau, et Rikuo trébuche contre une racine. Il relève la tête pour voir Kazahaya debout au milieu de la poussière qui retombe déjà, les larmes aux yeux. Lui est déjà caché par les arbres. Kazahaya se retourna pour faire face à sa sœur, qui approchait lentement, le pas ondulant comme une rivière, toute de grâce, ses jambes graciles sortant par l'ouverture de son kimono. Ses longs cheveux retombaient au creux de ses hanches, et d'un mouvement lent de la main, elle les replaça. De la distance où il était, Rikuo vit bien les ongles longs et pointus de la jeune femme.

-Où est-il, Kazahaya ?

-Partis. Tu vois, il n'y a plus que toi et moi. Toi, moi et elle.

-Que dis-tu ?

-Je sais qu'elle est ici. Tsukiko.

-Comment la connais-tu ?

-C'est pour elle que Rikuo était venu ici. Je n'étais que le guide. Tu n'avais pas à avoir peur de me partager. C'était un compagnon de travail, je devais lui venir en aide. Nous n'étions même pas amis. Ça ne vaut pas la peine de le tuer, Kei.

-Elle n'iras nul part. Tsukiko restera ici.

-Tu n'a besoin que de moi, Kei, tu l'a dis. Et Rikuo n'a besoin que de Tsukiko. Il était venu faire un échange. Moi, contre sa petite amie. Ton frère, contre une étrangère.

Rikuo figea un moment. Qu'est-ce qu'il disait, cet imbécile. Il croyait que… Il allait...

-Oh mon dieu…

a suivre

dou dou dou doum ! Oui, je sais, Kei est vraiment cinglée et sadique. Kazahaya est vraiment chou, et Rikuo est OOC. Quand même, des commentaires ?