Chapitre 5
-Que de beaux sentiments… se moqua Kei.
-Qui, visiblement, ne vous étouffent pas, quand on voit comment vous venez de tromper Tsukiko, dans le seul but de me provoquer.
-Tsukiko ne se sent pas menacée. N'est-ce pas, Tsuki ?
L'interpellée pencha la tête. Kei fronça les sourcils.
-Tsukiko ? Cela ne t'as tout de même pas déranger ?
-Rikuo et moi partageons les mêmes valeurs, à ce sujet…
Kei sembla se calmer.
-Tsuki… Je ne voulais pas te faire de la peine…
La folle s'approcha pour enlacer l'autre jeune femme. Kazahaya réussit à se lever, tremblant. Rikuo voulu l'aider, mais le psychométrique le repoussa.
-Je n'ai pas besoin de ton aide.
-Mais qu'est-ce qui te prends ?
-Laisses-moi tranquille, Rikuo ! T'aurais du attendre à l'écart, comme c'était prévu !
Kei eu un mauvais sourire.
-Les jours qui suivent risque d'être très intéressant…
-Que veux-tu dire, Kei ? demanda Tsukiko.
-Le temps que ces deux-là s'habituent à vivre ici, avec nous, cela sera très amusant…
Kei les conduisit à l'intérieur et montra une porte.
-Notre chambre. N'y entrez pas.
Et leur montra ensuite une autre porte.
-Votre chambre. Tâchez de dormir un peu, la nuit…
-Mais… MAIS HORS DE QUESTION QUE JE DORME DANS LA MÊME CHAMBRE QUE CE PERVERS !!!
-Allons, Kazahaya… sourit Kei. Tu sais très bien que nous n'avons que deux chambres…
Kazahaya se laissa tomber sur le lit et croisa les bras.
-Toi, le pervers, tu dors par terre !
-Hors de question. Toi, dors par terre.
-Non ! Je suis ici chez moi ! TU dors par terre !
-Justement, je suis un invité. Tu dors par terre.
-Aaaahhhh ! On va dormir tous les deux par terre, ça te vas comme ça ?!
-C'est stupide.
-AAaaahhhhh tu m'énerves !!!!
Kazahaya s'étendit de son côté, et croisa les bras. Stupide Rikuo ! Comment pouvait-il être aussi calme, et aussi bien accepté la situation ? Sa petite amie était bien en train de le tromper, et il acceptait ça, comme ça ?!?Chacun de leur côté du lit, couché par terre, ils attendaient en silence de s'endormir. Enfin, Rikuo entendit la faible respiration de Kazahaya, démontrant qu'il dormait. Il se leva et contourna le lit pour prendre le jeune homme dans ses bras et l'étendre sur le lit, avant de rejoindre son propre côté. Il recouvrit son camarade d'une couverture, passa un bras autour de sa taille, puis s'endormit à son tour.
Kazahaya s'éveilla le lendemain avec la sensation d'émerger d'un cocon de chaleur et de sécurité. Il ouvrit les yeux pour voir le visage de Rikuo devant lui. Il rougit en voyant le bras autour de sa taille. Crétin ! Crétin ! Crétin ! Il se dégagea puis sortit de sa chambre afin de rejoindre la cuisine. Cela lui faisait étrange de revenir dans cette maison où ce côtoyait pour lui bonheur et horreur.
Il entra dans la cuisine pour voir Tsukiko prenant un thé.
-Bonjour, Kazahaya…
-Mmfffhhhh. Bonjour.
Il ressentit un brusque élan de colère envers cette femme. Elle était la petite amie de Rikuo, non ? Alors pourquoi est-ce qu'elle batifolait comme ça avec sa sœur ?
-J'espère que vous avez bien dormis.
-Mmmmmffff…
-Vous n'êtes pas très loquace… Ce doit être pour cela que Rikuo est avec vous… Lui non plus ne parle pas beaucoup…
Non, sans blague ? Oh… A moins qu'elle ne pensait que…
-Je ne suis pas « avec » Rikuo. Nous n'étions que colocataire.
-Oh… Je vois.
Et bien voilà ! Elle croyait qu'il était avec Rikuo, voilà pourquoi elle ne voulait plus rien savoir de lui… même si elle n'avait appeler chéri et qu'elle l'avait protéger la veille.
Kazahaya essayait d'imaginer Tsukiko et Rikuo ensemble, et l'image sonnait juste. Ils allaient bien ensemble. Il les voyait très bien main dans la main, s'embrassant, des enfants jouant près d'eux…
Mais tout cela était impossible, avec Kei. Kazahaya avait beau dire, il appréciait Rikuo. Il l'avait sauvé, et l'aidait sans cesse… Et s'il était heureux avec Tsukiko, Kazahaya devait tout faire pour l'aider. Quitte à tuer sa sœur…
Rikuo rejoint la cuisine, et Tsukiko se leva, souriante.
-Rikuo ! C'est gentil de venir nous rejoindre pour le petit déjeuner… Qu'est-ce que tu veux, mon chéri ?
-Je sais pas… fit Rikuo en laissant la jeune femme l'embrasser sur la joue.
Kazahaya détourna le regard, puis se dirigea vers la porte.
-Kazahaya ?
-Ne vous dérangez pas pour moi. Je vais me promener.
Une chauve-souris se détacha du bord du toit pour se poser sur l'épaule du châtain.
-Qu'est-ce que…
-Kei les a créées hier, afin que personne ne se sauve d'ici, expliqua Tsukiko.
Kazahaya quitta la maison et erra longuement sur la propriété. La femme devait être rassurée, maintenant qu'elle savait qu'il ne se passait rien entre lui et l'autre imbécile. Elle l'avait encore appeler chéri. Elle l'avait embrassé.
Et Kazahaya avait été incapable de regarder. Il avait préféré s'enfuir. Agir comme un lâche. Il s'assit finalement sous un arbre, remonta ses jambes vers lui et appuya son menton contre ses genoux. Pourquoi est-ce que cela le dérangeait autant ? Il savait bien que Rikuo aimait cette femme. Et elle aussi semblait l'aimer. Et ils allaient bien ensemble. Pourquoi est-ce qu'il était incapable de les regarder, alors ? Pourquoi son cœur le serrait-il autant ? Pourquoi ?
Il finit par s'endormir au pied de l'arbre, les larmes aux yeux.
Il rêva longtemps, plusieurs rêves étranges où Rikuo était près de lui, où il le protégeait, lui souriait, l'embrassait… le caressait… lui faisait l'amour… Des rêves où Rikuo n'avait d'yeux que pour lui, où il ne regardait personne d'autres, et encore moins Tsukiko, cette femme qui les regardait en souriant, elle-même dans les bras de Kei… Ils étaient seuls dans une chambre, et leurs corps étaient en feu. Les vêtements étaient trop encombrants. Ils voulaient sentir la peau de l'autre contre la leur. La main de Rikuo disparu sous le pantalon de Kazahaya, qui frémit et gémit alors que la bouche de son amant mordillait un mamelon découvert par la chemise a moitié déboutonnée. La main qui le caressait allait le rendre fou. Il s'agrippa au cou de Rikuo, tremblant, les mains crispées sur la chemise, dans le dos de son amant. Les vêtements ne furent plus que l'ombre du passé, et Kazahaya perdit toute notion lorsque la bouche de Rikuo engloutit son sexe. Il gémit, cria, pleura, supplia… mais l'autre n'arrêtait pas sa douce torture.
Kazahaya s'éveilla en sursaut alors qu'on le secouait.
-Mais ça va pas, de t'endormir dehors comme ça ?! T'as pas assez dormis cette nuit, peut-être ?!?
-…Rikuo… ?
-Qu'est-ce qui se passe ?
Rikuo fronça les sourcils. Lorsqu'il était arrivé et avait vu Kazahaya gémir et pleurer en dormant, il avait pensé qu'il faisait un mauvais rêve… mais en voyant les joues rouges de l'autre garçon, mais surtout la bosse qui déformait son pantalon, il se doutait du genre de rêve que son camarade avait pu faire…
Cela le surprit un peu. Il ne s'attendait pas à ça venant de Kazahaya. Mais en même temps… On ne choisit pas le genre de rêve, alors…
Quant à Kazahaya, il comprenait grâce à son rêve qu'il aimait Rikuo, ou du moins, qu'il l'attirait physiquement…
Non. Cette douleur en le voyant avec Tsukiko démontrait qu'il l'aimait bien. Et que tout cela n'avait aucun sens. Rikuo aimait Tsukiko. Il aimait les femmes, bon sang ! Jamais il ne pourrait aimer un petit idiot qui ne savait rien du monde comme lui… Un bon à rien que sa propre sœur avait voulu supprimer… Incapable de réussir la moindre mission sans perdre de l'argent…
Kazahaya se leva, sans regarder son camarade.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Je me demandais où tu étais passé. Ça fait trois heures que t'es parti.
-Tu aurais pu me laisser dormir.
-Tu ne vas pas dormir cette nuit.
-Oh, et alors ? Ça change quelque chose ? Si c'est pour que tu me serres encore contre toi en dormant, je préfère ne pas dormir ! J'ai autre chose à faire que de satisfaire un pervers de ton genre !
Et Kazahaya s'éloigna, alors que Rikuo se demandait quelle mouche l'avait piquer… Kazahaya soupira. Il ne pouvait pas rester plus longtemps près de lui. Rikuo finirait par comprendre ses sentiments, et se sentirait mal à l'aise, à tout coup…Il devait l'ignorer le plus qu'il pouvait, être déplaisant, afin que le brun ne recherche pas sa compagnie. Il devait le pousser vers Tsukiko, l'encourager à être près d'elle, et empêcher Kei d'intervenir…
