Bonjour bonsoir !
Voilà une autre idée de Sun. Mais cette fois elle me l'a extorqué contre des photos de Mika (la fourbe) qu'elle a pu voir en concert (pleur parce qu'elle-même n'a toujours pas pu le faire). Bref ! J'ai mis pas mal de temps à faire cet OS là parce que j'ai beaucoup, beaucoup galéré à décrire de la musique. Et puis comme toujours je me suis mise à douter de ce texte, trouvant que je ne transmettait pas ce que je voulais et ... Enfin, à un moment faut arrêter de s'apitoyer et juste attendre vos retours. Et pour qu'il y ait des retours il vaut mieux que je vous laisse lire ce que j'ai fait.
Alors bonne lectures.
Concert
C'était Balthazar qui avait voulu y aller, à ce concert. Il avait insisté auprès de Théo, son colocataire pour qu'il l'accompagne. Théo était un type à l'air grincheux et peu commode, mais en le connaissant un peu mieux, on découvrait une personne digne d'être connu. Il n'était pas toujours facile à vivre au quotidien mais c'était quelqu'un sur qui on pouvait compter en toute occasion, ce que Balthazar avait vite découvert et qui selon lui permettait de supporter tout ses défauts. Il n'avait donc pas eu à beaucoup insister pour que son ami vienne avec lui.
Théo de son coté, ne savait pas vraiment s'il avait bien fait d'accepter. Il n'était pas très porté sur la musique. Il l'écoutait d'une oreille distraite, sans comprendre l'engouement qu'elle suscitait chez certains. Il y en avait bien sûr des chansons qu'il préférait à d'autres, mais il les oubliait dès qu'il ne les entendait plus régulièrement. Cela étant, il appréciait la musique car lorsque Balthazar l'écoutait, il ne le noyait pas sous son bavardage incessant, et ça lui changeait agréablement. Alors il avait accepté et puis il n'avait pu dire non à la mine suppliante de son ami. Il ne comprenait pas pourquoi il cédait à chaque fois à ses désirs lorsqu'il prenait cet air, ni pourquoi son visage s'illuminant alors qu'il acquiesçait lui avait retourné les entrailles.
Heureusement pour lui, le groupe que son ami voulait voir ne lui déplaisait pas. Il appréciait l'énergie qui se dégageait de leurs morceaux. Mais il était souvent dérouté par le mélange de genres et de langues qui semblait faire leur particularité. Il avait fini par se résigner à attendre la soirée fatidique avec appréhension, puisqu'il ne revenait jamais sur une parole.
C'est ainsi que Théo se retrouva à poireauter devant la salle de concert avec Balthazar, à attendre qu'on veuille bien leur ouvrir les portes. L'homme aux yeux bleus, ayant peu de patience, se distrayait en écoutant le brun qui, comme à son habitude, tenait à lui seul la conversation. Au bout d'un moment, Théo laissa ses pensées dériver et ne revint au présent que lorsqu'il se rendit compte que son ami attendait visiblement une réponse.
-Quoi ?
- Ça alors ! Se mit à rire Balthazar. Mais où étais-tu parti ?
-Désolé je pensais à autre chose. Qu'est-ce que tu disais ?
-Je voulais savoir si ça te dérange si on va dans la fosse ?
L'expression de Théo dû parler pour lui car son colocataire reprit immédiatement.
-Allez s'il te plaît ! C'est beaucoup plus marrant que de rester dans les gradins.
Fichue figure adorable ! En le regardant il senti toutes ses résolutions fondre comme neige au soleil. Pourquoi ne pouvait-il pas résister ? Il ne pouvait décidément pas tenir tête à ces yeux chocolat. Théo se contenta de lever les yeux au ciel en soupirant, acceptant ainsi la proposition de Balthazar. Ce dernier ayant parfaitement compris le message implicite le remercia assez chaudement pour que Théo se sente temporairement satisfait, même s'il ne laissa rien transparaître. Il ne montrait presque jamais quand il était heureux, ou même simplement satisfait.
Enfin, les portes s'ouvrirent et la foule les poussa tout deux dans l'antre dédiée à la débauche sonore. Balthazar emporta son ami dans le vaste espace au pied de la scène qui se remplissait lentement. Et à nouveau l'ennui s'empara du second, apaisé par le verbiage du premier. Les gens s'entassèrent autour d'eux, poussant les deux colocataires à se rapprocher, à la fois pour s'éloigner de la masse mais aussi pour que l'un puisse entendre l'autre. Car si Théo feignait de ne pas l'écouter, il faisait attention à ce que lui racontait le brun, et leur proximité lui donnait une agréable chaire de poule.
Les lumières qui furent coupée, écourta le babillage de son colocataire et la première partie du concert commença. Le groupe qui prit possession de la scène, n'était pas mauvais objectivement, mais Théo n'accrocha pas. Les morceaux interprétés était de ceux qu'il écoutait sans que cela lui fasse ni chaud ni froid. Mais au vu de l'air satisfait de Balthazar, ce devait être tout de même intéressant comme musique. Théo dû prendre son mal en patience, ce qui ne fut pas facile, mais il profita que son ami soit concentré pour le détailler. Il essayait de comprendre cet élan nouveau qu'il ressentait pour lui.
Balthazar était un homme plutôt grand, autant que Théo du moins. Mais contrairement à ce dernier, il était peu musclé, et plutôt mince, mais avait les épaules assez bien proportionnées pour qu'aucun doute ne plane sur sa condition d'homme. Il portait ses cheveux brun longs, de tel façon que leur douce ondulations était visible. Il avait la peau si pale qu'on se demandait s'il avait jamais vu le soleil dans sa vie. Ses yeux, d'un marron plutôt ordinaire, brillaient constamment d'émotion. Curiosité, chagrin, joie … tout se lisait en eux. Mais bien souvent, son colocataire n'arrivait pas à définir ce qu'il y voyait.
Plongé dans ses pensées, il ne senti pas le temps passer et refit surface alors que la salle applaudissait poliment la sortie du groupe inconnu. Théo, surprit, suivit brièvement le mouvement avant de laisser retomber ses bras les long de son corps. Il vit du coin de l'œil Balthazar lui jeter un bref regard avant de reporter à nouveau son attention sur la scène dont le décor, qui jusque là avait été masqué, se dévoilait, à moitié caché dans la pénombre. Apparut alors au centre, une projection. Une fille étrange accompagnée d'un violoncelle.
Une première note, un long vibrato. La salle devint silencieuse, suspendu à ce son. Deuxième note, deuxième vibrato. Puis un enchaînement de notes. Une mélodie grave et gracieuse parait naître sous les doigts virtuels. Elle s'achève sur un nouveau vibrato grave. Guitare, basse, clavier et batterie s'ajoutent lorsque la mélodie se tait, telle une menace, alors que de la fumée rouge envahit l'espace derrière la jeune fille. La scène s'illumine également de rouge au rythme pulsatif des instruments, révélant les musiciens, bien réels eux. La fille lève son archet en l'air et comme pour repousser l'intimidation, et reprend sa mélodie. C'était la liberté volant aux dessus des pièges tendus, la pureté s'élevant au dessus des vices. C'était beau.
Théo en oublia la salle bondé et laissa la mélodie enchanteresse enrouler ses vrilles autour de lui. Il laissa le violoncelle l'enfermer avec lui dans la cage formé par les autres instruments. Prisonnier volontaire du son ensorceleur, il ne pouvait que retenir son souffle, attendre chaque seconde comme si elles étaient importantes. A présent la violoncelliste reculait dans son décor virtuel, déroulant inlassablement sa mélodie, des coups de poing dans les barreaux, une résistance fascinante. Petit à petit, on ne su plus qui jouait la mélodie et qui tissait le piège, comme si les accorts envoûtants de l'instrument à corde les avaient tous ralliés à lui. La dernière partie fut une mélodie grandiose à l'image des paysages vertigineux qui défilaient toujours sur la projection.
Théo n'avait jamais été aussi captivé en musique que par ces quelques minutes. Il sentait son sang battre dans ses veines en rythme. Son souffle se faisait court. Les notes l'enveloppaient avec une douceur séductrice et l'avait tiré de sa torpeur. Il prenait conscience de son propre corps comme jamais et en même temps se sentait détaché de lui, emmené vers les cieux par les arabesques musicales. L'arrivé des deux chanteurs du groupe pour une première chanson électrique le ramena sur terre sans relâcher son cœur qui se délectait enfin de la musique qu'il entendait. Pour la première fois il l'écoutait avec attention.
Il passa tout le concert dans cette euphorie qui rendit le monde autour de lui à la fois lus vif et plus flou. Il savait où il était mais les chants énergiques le lui faisait oublier. Il voyait très souvent le chanteur plonger dans la foule, cette dernière le portant tel un morceau de bois flottant au dessus d'une mer agité. Théo lui avait sombré, attiré dans les profondeurs de lui-même par le chant semblable à ceux des sirènes, et dans les abysses de son cœur, le temps se détraquait complètement. Parfois il se surprit à avoir passé une chanson entière sans s'en rappeler, et parfois il entendait chaque note résonner dans son crâne. De nombreuses fois, pris dans la masse, il effleura Balthazar, ce qui lui donnait des fourmillements dans la nuque.
Lorsque la fin du concert sonna, il fut totalement pris au dépourvu. Hébété, il vit la foule autour d'eux s'agiter pour rejoindre la sortie, grondant de commentaires enthousiastes.
-Alors ? Comment tu as trouvé ça ?
La voix de son ami acheva de le faire émerger. Il grommela un vague « pas mal » qui fit rire son colocataire.
-Pas mal ? Chez toi ça veux dire que t'as adoré. Je t'avais bien dit que ça te plairait !
Ils s'extirpèrent de la cohue et prirent le chemin de leur appartement sous le bavardage surexcité du brun. Son ami ne pu empêcher un léger sourire fleurir sur ses lèvres devant son air de gamin. Théo passa tout le trajet à l'écouter d'une oreille distraite et à se demander pourquoi les battements de son cœur ne ralentissaient pas. Sans qu'il ne s'en rende compte, ils se retrouvèrent devant leur appartement. Il se mit à fixer le dos de son colocataire qui cherchait ses clefs. Et son cœur s'emballa de plus bel.
Il entra à la suite de son ami, et alors que Balthazar refermait la porte, il s'approcha de lui. Le brun se retourna et eu un sursaut en le voyant aussi proche. Mais il ne recula pas. Théo, encore enivré de sa soirée, s'approcha un peu plus. Balthazar écarquilla les yeux dans une expression qu'il ne su déchiffrer. De la peur peut-être. Mais il ne reculait toujours pas. Alors Théo cessa d'hésiter et pris son visage entre ses mains et ferma les yeux. Il effleura ses lèvres des siennes avec une douceur qu'il ignorait détenir. Un frisson parcouru son échine à ce contacte éphémère.
Troublé il se reculait quand deux mains agrippèrent son col et il se senti tiré en avant. Sa bouche rencontra à nouveau celle chaude de Balthazar. Il ne parvenait plus à respirer, la poitrine comprimée. La tête commençait à lui tourner. Mais il ne voulait plus quitter cette chaleur qu'il sentait sous ses lèvres. Il le poussa contre la porte pour trouver contre elle un semblant d'équilibre, rendant le baiser encore plus vertigineux. Ses mains glissèrent vers les omoplates du brun qui expira en tremblant contre lui. Leurs bouches dansaient l'une contre l'autre dans une valse frénétique. Leurs cœurs battaient la mesure du chant de leurs souffles erratiques.
Enfin, complètement à bout de souffle, il relâcha son étreinte. Avant d'être à nouveau rattrapé pour jouer en duo une symphonie de plaisir.
Voilà voilà !
Maintenant, je vous supplie à genoux de me dire ce que vous en pensez. Mais je vous fait aussi des bisous et des câlins. A tous. Oui.
A la prochaine !
