Bonjour bonsoir !

Et voilà un Manninddha dont l'idée de base vient de Little Dévil (aka mon ami-ennemie préférée) d'où sa présence dans ce recueil. Je suis HYPER contente de l'avoir enfin fini parceque je l'ai commencé il y a quoi ? Un mois à peu près ? Bref, j'en suis assez contente, mais je ne l'ai pas trop relu, donc veuillez pardonner les immondes fautes et tournures de phrases incompréhensibles qui pourraient subsister dans ce texte. J'espère qu'il vous plaira malgré tout !

Bonne lecture !


Se jeter à l'eau

Voilà plusieurs jours que Manni voyageait avec les compagnons de Théo et celui-ci. Il n'avait pas compris comment s'était passé la réconciliation entre l'inquisiteur et les trois aventuriers, surtout avec le mage. Ce dernier semblait beaucoup en vouloir au guerrier, digérant mal de s'être laissé ainsi manipulé. Bob avait emmené l'elfe boire dans une taverne, après leur mission, semblant oublier qu'en un sens, lui aussi les avait manipulés. Et quand il en avait fait la remarque au mage, celui-ci lui avait rétorqué que ce n'était pas la même chose, que lui, ils ne le connaissaient pas vraiment, donc que c'était moins grave, et puis que ce n'était pas vraiment de la manipulation, mais plutôt un mensonge. Enfin, en gros. Parce que l'érudit lui avait sorti un discours interminable, essayant de lui expliquer la complexité des relations qui régissaient le groupe. Il n'avait rien compris, moitié parce que Bob utilisait des mots alambiqués, moitié parce qu'ils avaient déjà tout deux bien bu.

Il était parti le premier, regagnant son logement pour dormir. Le lendemain, il avait béni sa potion anti-gueule de bois, une espèce de tisane dont l'effet était fulgurant. Alors qu'il sirotait les dernières goutes de son remède, il avait jeté un coup d'œil circulaire à la petite pièce qu'était son antre de Castelblanc. Et sans avoir rien prémédité, ne réfléchissant même pas à son impulsion, il avait rassemblé ses quelques affaires dans un sac et quitté sa chambre, ne fermant même pas la porte à clef. Il s'était pressé dans les rues emplies des travailleurs matinaux, sa cape volant derrière lui et les pointes de flèches au bout de ses tresses le précédant, suspendues par sa télékinésie. Il avait retrouvé l'auberge dans laquelle il avait abandonné les aventuriers. Il avait poussé la porte et balaya la salle principale des yeux, ne parvenant pas à comprendre l'étonnement de ceux qui se tournaient vers lui.

Il avait repéré, tout au fond de la salle ceux qu'il cherchait, surpris de voir quatre personnes, lui qui pensait n'en trouver que trois, et surtout déconcerté de les voir tous de bonne humeur. Alors qu'il s'était avancé vers eux, le rire tonitruant du mage avait éclaté, ses compagnons le suivant dans son hilarité. Manni ne comprenait pas. Il avait pensé les trouver sans l'inquisiteur ou, au mieux, en train de se disputer avec celui-ci. Décidément, les relations humaines étaient difficiles à saisir. Et cela l'émerveillait de voir tout ce qu'il avait à apprendre.

Il s'approcha d'eux alors que leur allégresse devenait moins bruyante.

-Salut ! Avait-il lancé d'un air guilleret.

Tous s'étaient tournés vers lui, Théo avec son air impassible, Grunlek avec un sourire poli qui s'élargit en le reconnaissant, Bob avec un air ravi. Quand à Shin, son visage rayonnant l'avait frappé, dépourvu de son masque et révélant une joie simple et sincère. La vue de cette peau légèrement bleuté dénudé lui fit étrangement monter le rouge aux joues et il avait senti des fourmillements parcourir ses extrémités. Que lui arrivait-il ? Ce n'était pas vraiment le moment de tomber malade.

-Manni ! C'était exclamé Bob. Assieds-toi avec nous ! C'est sympa d'être passé nous voir avant notre départ.

-En fait, avait répondu l'elfe avec hésitation, je voudrais partir avec vous.

Les quatre aventuriers s'était entre-regardés d'un air que le botaniste avait réussi à décrypter comme de l'étonnement. Il commençait à bien comprendre les émotions simples. Ce fut Théo qui avait reprit la parole.

-Pourquoi ? Tu as des contactes intéressant et du travail ici. Tu risque de tout perdre en venant avec nous.

-Je ne sais pas, leur avait-il répondu, j'ai juste envie de m'en aller. J'ai envie de reprendre la route et je vous aime bien.

-Oh moi ça ne me dérange pas, avait dit le nain en souriant aimablement.

-Ça ne nous ferait pas de mal d'avoir une nouvelle compagnie, avait reprit le mage, un rictus indéchiffrable aux coins des lèvres.

-C'était chouette de bosser avec toi, ça me plais que tu voyage un moment avec nous.

L'intervention enjoué du demi-élémentaire, accompagné de son sourire éblouissant, avait provoqué comme un retournement de son estomac. Comment faisait-il pour le faire réagir comme ça ? L'intervention du paladin l'avait sorti de ses brèves réflexions.

-Bon ok, tout le monde est d'accord de toute façon. Tu as un cheval ?

Manni avait acquiescé.

-Très bien, je ne sais pas où il est mais grouille-toi, on part dans une demi-heure.


L'elfe n'avait pas senti le temps passer, et une semaine plus tard, il était toujours en leur compagnie. Il les observait sans cesse. Grunlek, en plus d'être le cuisinier et l'ingénieur de la bande, était un médiateur qui savait miraculeusement bien apaiser les tensions. Sauf lorsqu'on s'en prenait à sa louve, là c'était les autre qui, perturbés par sa rage, le calmaient. Il avait aussi réussi à comprendre que si Théo jouait au chef du groupe, il formait un tandem de dirigeant étonnement efficace avec le mage. Mais concernant la relation de ses deux là, jamais il n'avait aussi peu comprit quoi que ce soit. Ils semblaient tantôt ils se comportaient comme s'ils se détestaient, s'insultant copieusement, et la seconde suivante, riaient ensemble d'une blague ou se sauvaient mutuellement d'une attaque. Ils se repoussaient autant qu'ils s'attiraient. Il y avait entre eux un équilibre fascinant.

Et enfin il y avait Shinnddha. Le demi-élémentaire passait son temps à aller et venir lorsqu'ils se déplaçaient, jouant parfois l'éclaireur et le reste du temps soit sur Brasier avec Bob, soit, plus récemment, avec lui. Il était loin d'être mécontent de ce dernier point, ayant lui-même invité l'archer à monter avec lui, lorsqu'il en avait assez de supporter les disputes de Théo et du mage. Oh non il n'était pas ennuyé, mais plutôt désorienté par ce que sa simple présence provoquait en lui. Et si éveillé, il se forçait à concentrer son attention sur les autres membres du groupe, la nuit, quand on voulait bien lui confier un tour de garde, il ne pouvait s'empêcher de détailler le rôdeur.

Shin avait pour habitude de s'éloigner du feu pour dormir, au contraire de ses compagnons qui se plaçaient aussi près que possible des flammes pour en tirer le plus de chaleur possible. A croire que le froid ne l'affectait pas, ce qui serait logique de la part d'un demi-élémentaire d'eau maîtrisant la glace. Son masque qu'il retirait volontiers dans la soirée retrouvait sa place au moment de se reposer. On ne voyait donc que ses paupières closes pendant son sommeil parfois interrompu par de légers spasmes. De quoi étaient faits ses rêves ? Parfois, Manni pensait qu'ils étaient agréables, les corps tout entier du rôdeur étant détendu. A d'autres moments, l'elfe se disait qu'il devait s'agir de cauchemars. Le front plissé, les sourcils froncés et les poings fermés, il s'agitait en dormant.

Décidément, pensait-il alors qu'ils se retrouvaient au bord d'une rivière, cet homme l'intriguait, bien plus encore que l'énigme des deux chefs du groupe. Il les observait depuis son rocher, effleurant l'eau de ses pieds, ne participant pas à la bataille aquatique qui se déroulait dans le lit du cours d'eau. Le demi-élémentaire avait bien évidement le dessus grâce à son affinité avec le liquide cristallin, même face à la force phénoménale du paladin. Entre les nombreux cris fusaient des rires, non moins nombreux. Il ne savait pas encore s'il voulait les rejoindre, ignorant si les liens d'amitié qu'il avait tissés avec eux, malgré son manque de connaissance des relations, étaient suffisants pour participer à des démonstrations comme celle-ci.

Alors qu'il était perdu dans ses pensées, une voix légère le ramena dans le monde physique.

-Tout va bien Manni ?

Le demi-élémentaire, à qui appartenait cette voix, se tenait devant lui, plongé dans l'eau jusqu'à la taille. Il devait apprécier le contacte avec son élément, car l'elfe savait, pour l'avoir déjà vu de ses yeux, qu'il pouvait marcher sur l'eau, presque comme s'il s'agissait d'une surface plane. Il était torse nu, ses muscles fins saillant à peine sous sa peau blême, légèrement bleutée. Son masque reposait sur les vêtements abandonnés sur la berge, ne restant sur lui qu'un caleçon. L'alchimiste pu donc détailler le visage de son vis-à-vis. Ses cheveux noirs étaient retenus en queue de cheval basse par un lien, duquel s'étaient échappées quelques mèches. Celles-ci tombaient sur des yeux aussi vert que l'océan qu'il se souvenait avoir vu une fois dans sa vie.

Mais le plus hypnotisant dans ce visage fin, c'était sa bouche. Ses lèvre étaient bleue foncée. Mais malgré leur couleur étrange, elles semblaient douces, appelant aux caresses. Le botaniste avait envie de les effleurer de ses doigts, de poser ses propres lèvres sur elle et d'avaler le souffle qui s'en échapperait. Serait-il froid comme un vent d'hiver ? Mordant comme la bise ? Cet homme lui provoquait vraiment d'étranges pensées. Et depuis quand avait-il envie d'embrasser quelqu'un ? Jamais il n'avait songé à le faire, et pourtant il avait eu maintes occasions de le faire. Peut-être était-ce qu'il ne voyait presque jamais cette partie du visage chez l'archer ? Il fini par se souvenir que celui-ci attendant toujours une réponse de sa part.

-Oui oui. Je vous observe, c'est très intéressant.

Shin était au courant de sa difficulté à comprendre les relations entres les être humains – ou humanoïde – puisqu'ils avaient eu l'occasion d'en discuter un soir où l'elfe devait monter la garde et où le rôdeur l'avait rejoint, n'arrivant pas à dormir. Ce dernier lui avait parlé des cauchemars sur son clan exterminé qui accompagnait beaucoup de ses nuits et avait réclamé en échange que l'elfe lui parle de lui. Il s'était alors confié, et étonnement, le demi-élémentaire avait fait preuve d'une grande compréhension. Il lui avait alors raconté succinctement l'histoire de chacun, et les liens qui les unissait, mais avouant ne pas tout comprendre lui-même, et particulièrement pour ce qui était de la relation entre le paladin et le mage qu'il soupçonnait d'être plus intime qu'il n'y paraissait. L'elfe avait demandé qu'il explicite un peu plus ce dernier point, mais l'archer avait refusé, étrangement, la peau visible au dessus du masque devenant inhabituellement rouge.

-Tu sais, reprit alors le rôdeur, la meilleur façon d'apprendre, c'est la pratique. Aller, viens avec nous !

-Je ne viendrais que si tu fait quelque chose pour moi, répliqua-t-il.

-Dis toujours !

-Embrasse-moi.

L'elfe vît le rôdeur écarquiller les yeux, très certainement de surprise. Mais il n'avait pas eu de mouvement de recul. C'était un bon signe, pensait-il. Ils restèrent à se regarder ainsi quelques seconde qui parurent durer toute une éternité à ses yeux. Enfin le demi-élémentaire sembla sortir de sa transe et s'approcha lentement. Manni senti son cœur faire un bond dans sa poitrine, ce qui l'intrigua grandement. Quel était cette sensation ? C'était étrange mais loin d'être désagréable, comme si une énergie phénoménale c'était mise à couler dans ses veines. Lorsqu'il fut assez proche, le botaniste se pencha en avant pour aller à sa rencontre se trouvant en hauteur.

Ils eurent tout deux un temps d'hésitation à quelques millimètres l'un de l'autre. Leurs souffles se mélangèrent. Et si l'alchimiste ne s'était pas trompé sur le fait que l'archer expire de l'air froid, son souffle n'était pas glacial. Il était plutôt agréablement rafraîchissant, dansant sur sa peau en volutes caressantes, ses yeux fermés les lui faisant ressentir avec une acuité accrue. Tout son corps tendait à supprimer ce dernier espace les séparant, mais le rôdeur le voulait-il aussi ? Il ne pouvait pas non plus se reculer, envouté par la douceur qu'il sentait si proche. Puis deux main calleuses glissèrent sur sa nuque, sous ses tresses et le tirèrent en avant, comblant la distance les séparant.

Au contact des lèvres fraîche du demi-élémentaire, l'elfe se senti se solidifier et fondre en même temps. Il se sentait ancré sur son rocher et fantomatique comme de la brume. Il volait et tombait. Il était dans son corps mais ne l'habitait plus. Il était dans deux états contraires et avaient deux sensations opposés. En bref, ce qu'il ressentait était tout bonnement indescriptible. Passé la surprise de cet effleurement nouveau et inconnu, il senti la bouche contre la sienne commencer à se mouvoir et, par reflex, il suivit ce mouvement. S'il était du genre à vénérer un quelconque dieu, il aurait dit que ce moment était divin. A en tomber à la renverse.

A vrai dire il tombait réellement, mais en avant. Shin avait continué à le tirer tout en se laissant aller en arrière, l'entraînant dans sa chute. Il ouvrit les yeux de surprise les yeux toujours collé à celles de l'archer, avant de les refermer en vitesse alors qu'il tombait dans une grande gerbe d'eau. Il se débâti un instant dans l'ondée avant de refaire surface en crachotant un peu. Le rôdeur à ses coter se mis alors à rire.

-Voilà ! Maintenant t'as plus aucune excuse qui t'empêche de venir t'amuser avec nous.

Manni cligna des yeux, quelque peu pantois et la tête lui tournant légèrement. Puis il souris largement.

-Alors autant commencer tout de suite !

Sur ces mots, il se jeta sur le pauvre demi-élémentaire, le faisant tomber à nouveau dans l'eau. Ayant gardé la tête à l'air libre, il tira l'archer qu'il n'avait pas lâché pour le sortir de l'eau de la rivière. Il lui laissa juste le temps de reprendre sa respiration, puis il colla à nouveau sa bouche contre la sienne encore humide de sa chute. C'était si doux, si agréable, qu'il décida qu'il voulait embrasser cet homme tout les jours. Cela lui semblait trop précieux et important pour l'abandonner volontairement.


Du coter des trois autres aventuriers, ils avaient suivit les échanges de leurs deux compagnons du coin de l'œil, mine de rien et avec approbation.

-C'est pas trop tôt ! S'exclama Théo qui faisais semblant d'étrangler Bob.

-En même temps, dit ce dernier entre deux hoquet de rire, avec deux inadaptés sociaux, ce n'était pas gagné.

-Là, intervint Grunlek, c'est l'hôpital qui se fout de la charité.

-Hé je ne suis pas un inadapté social ! Répliqua le mage.

-Ce n'est pas de ça que je parlais.

Comprenant le sous entendu, les deux meneurs rougirent en faisant mine de ne toujours rien comprendre, exaspérant autant qu'ils attendrirent le nain. Et ce dernier, s'il était heureux pour ses amis, commençait à sérieusement se sentir seul au milieu d'eux. Mais il ne désespérait pas de trouver une belle naine guerrière lors de leurs voyages.


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