Bonjour bonsor !

Ouiiiiiiiiii ! J'ai enfin fini cet OS ! Alors que je vous explique : il s'agit d'une fic inspiré d'un dessin de TheLardon alias la licorne la plus pipou du twitter game. Du coup c'est un cadeau un peu particulier parce que cette personne adorable n'arrête pas de dessiner ma tronche de manière trop adorable. Il était donc largement temps que je lui rende la pareil.

Voilà j'espère donc qu ce texte vous plaira et surtout à toi adorable dessinatrice (et talentueuse pour ne rien gâcher).


Manninddha Bisous


Une morsure, qui libère une douce odeur et un jus sucrée. Les yeux fermés, Shin savoura la bouché qu'il venait d'arracher à sa pomme. Cela faisait un bon moment qu'il n'avait pas gouté son fruit favori, alors il en profitait. Tout en cet instant n'était que douceur. La saveur du fruit sur sa langue, le vent sur son visage dégagé de son masque et les rayons dorés d'un soleil d'automne. C'était un instant suspendu, apaisant. Une accalmie dans leurs péripéties continuelles. En somme un moment presque parfait. Presque. Mais le jeune archer avait appris à ne pas trop en demander à la vie et à profiter de chaque instant comme celui-ci. D'autant plus que, pour une raison qui lui échappait, son moral jouait aux montagnes russes, étant au top pour descendre dans les abysses l'heure suivante.

De là où il se trouvait, sur un muret, il voyait des enfants jouer à chat autour du puits – il en avait des frissons – de la bourgade où les aventuriers faisaient une brève halte. Ils avaient cédé à l'envie du mage de se reposer une journée après leur dernière quête particulièrement épuisante. Chacun vaquait alors à ses occupations. Théo faisais réparer son armure par le forgeron du coin et s'occupait de Lumière. Bob déchiffrait un grimoire trouvé lors de leur dernière aventure, quand il ne draguait pas les demoiselles de la ville. Grunlek donnait un coup de main à l'auberge en échange d'une ristourne sur leur note de séjour. Et lui s'ennuyait.

Il avait bien tenté de se rendre utile à l'auberge comme son compagnon ingénieur, mais, la tête ailleurs et maladroit, il avait cassé une pile entière d'assiettes. Il s'était fait virer de la cuisine par l'aubergiste furieux sous le regard moitié moqueur, moitié compatissant du nain. Pour ne pas être totalement inefficace, il se chargea de chercher et acheter les provisions et matériaux dont le groupe aurait besoin pour leurs prochaines pérégrinations. Mais cela ne lui pris guère plus que la matinée. Alors il s'était pris une pomme et avait décidé de s'installer à l'extérieur.

Mais pourquoi ne s'était-il pas allé s'isoler dans la forêt à coter ? Cela ne lui ressemblait pas de rester ainsi, dans la ville, près des gens. En plus les arbres étaient magnifique en cette période, paré de couleurs flamboyantes et n'ayant pas encore perdu toutes leurs feuilles. Il connaissait la réponse à cette question. Il était timide et pudique sur ses sentiments, mais pas aveugle. Il se sentait seul. Même avec ses compagnons, les plus proches amis qu'il ait jamais eus, même en plein milieu d'une foule. Il se sentait seul. Curieux pour quelqu'un de foncièrement solitaire n'est-ce pas ? Et il détestait cette sensation de manque, celle qui donnait l'impression qu'on lui avait volé une part de lui. Il le détestait de lui faire ressentir ce vide en lui.

« Le ». Oui « le ». Car il connaissait la personne responsable de cela. Il était apparu comme ça dans sa vie l'air de rien. Il ne devait que passer. Ce ne devait être que transitoire. Tous dans le groupe l'avait apprécié malgré son étrangeté et le double jeu qu'il avait joué. Mani. Mani le double. L'elfe botaniste. Un type un peu naïf et guère éclairé sur les relations, mais toujours enjoué et curieusement intelligent. Quelqu'un de touchant et d'attachant en somme. Même Shin qui s'attachait peu aux autres c'était vite lié à lui. Même ses actuels compagnons de voyage ne l'avaient pas apprivoisé aussi vite.

Puis ils s'étaient apprêtés à partir de Castelblanc et Shin avait classé cette période dans ses bons souvenirs. Parmi les meilleurs certes, mais souvenir quand même. Sauf qu'il était revenu. Il voulait prendre la route avec eux. Et personne n'était contre. Alors il était venu. Il les avait bel et bien accompagnés pendant un bon moment. Shin n'avait pu s'empêcher de se rapprocher de cet elfe si intriguant. Il était même allé le voir pendant son tour de garde un soir où ses vieux cauchemars lui barraient l'accès au sommeil. Il pensait simplement s'occuper en lui tenant compagnie, l'elfe ayant toujours respecté son désir de paix et de silence. Et ils étaient bel et bien restés silencieux côte à cote, durant quelques minutes. Jusqu'à ce que l'elfe prenne la parole.

« -Pourquoi tu ne dors pas ?

-Je fais des mauvais rêves.

-Tu en fais souvent ?

-De moins en moins.

-Je peux te demander quels sont tes cauchemars ?

-Seuls les bons amis peuvent demander ça.

-Je ne suis pas ton ami ?

-Bien sûr que si Mani.

-Mais tu ne veux pas en parler.

-Seulement si tu me dis quelque chose d'important sur toi en échange.

-Tope là ! »

Et ils avaient parlé. Longtemps, débordant sur la tranche de garde de Théo. Shin s'était confié sur les rêves de sa famille et son clan périssant de diverses manières – n'étant pas présent lors du massacre, son imagination lui montait le pire. Mani de son coté lui avait parlé de sa difficulté à comprendre les interactions sociales. Il avait les notions basiques de familles, d'amis et de couples, mais toutes les nuances qu'il pouvait y avoir entre elles le dépassaient. Et ils s'étaient comprit. Aussi différents qu'ils étaient, ils se comprenaient.

Ce sentiment d'être pleinement accepté, les avait tant rapprochés que l'elfe n'avait pas été le seul à ne pas saisir la nature de leur lien. Ils étaient bien ensemble, indéniablement. Les moments passé dans un silence paisible leur donnait une sensation de bien-être total. Mais ils ressentaient aussi une grande fébrilité en présence l'un de l'autre, une espèce d'attirance retenue. Et un grand vide depuis que l'elfe avait dû quitter le groupe temporairement.

Le ventre noué, Shin regarda sa pomme à moitié mangée. Il n'avait plus aucune envie de la finir. Il avait ces étranges sensations au niveau de l'estomac, celles que l'on décrivait comme des papillons. Il posa la pomme entamée sur le muet à coter de lui et remit son masque. Il était perturbé de ressentir à nouveau ces sensations. Il ne les avait plus ressentis depuis … très longtemps. Depuis qu'il n'avait retrouvé que des ruines et cadavres en lieu et place de son village et son clan. Et voilà que débarquait cet elfe étrange.

-Shin !

Le demi-élémentaire releva la tête à l'entente de son nom, croyant avoir imaginé la voix qui l'avait prononcé. Mais non il était bien là à quelque pas de lui. La stupeur figea l'archer suffisamment longtemps pour que le botaniste comble presque toute la distance les séparant. Le rôdeur mis pied à terre au moment où le télékinéstiste arrivait sur lui.

-Mani ? Tu es revenu ?

L'archer ne cacha même pas sa joie de le revoir. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, au point qu'il cru que ses cotes se romprait sous la force des coups. Toute trace de peine avait disparue. Il en avait oublié jusqu'à l'existence même. Alors qu'il allait se décoller du muret, il fut pressé contre celui-ci par le corps de l'elfe.

-Je t'avais bien dit que je vous retrouverais !

L'alchimiste approcha son visage de celui de l'archer, caressant du bout du nez les pommettes de ce dernier, apparaissant juste au dessus du masque. Ce contact léger et extrêmement tendre donnait un délicieux vertige au bleu qui se laissa emporter par le tourbillon de sentiments que ce geste éveillait en lui. Il s'accrocha aux briques derrière lui, essayant vainement de réduire la sensation de chute libre.

-Fais un bisou, murmura Mani tout en continuant ses caresses tendres sur la peau bleuté

Shin reprit vaguement ses esprits, assemblant difficilement des mots pour lui répondre.

-Mani … une seconde que j'enlève mon masque …

-Un bisous, le coupa l'elfe d'un ton joueur en se mettant a embrasser toute partie du visage de son amant qui n'était pas cachée.

L'archer senti l'univers entier se contracter et se réduire à cet homme devant lui. Mais de quoi d'autre avait il besoin ? Rien. Mani seul suffisait à son existence. Plus rien d'autre n'avait d'importance en cet instant. Alors il trouva la force de jeter au loin son masque, cette barrière insupportable qui les séparait. Et quand leur lèvres se rencontrèrent, il cru bien que le monde venait d'exposer.


Alors ? Ça vous a plus ?