Bonjour à tous ! Voici le chapitre de milieu de semaine, le chapitre six, déjà. C'est un chapitre que j'ai pris plaisir à écrire, même si je n'étais pas sûre de pouvoir le poster, je suis en plein rush de fin d'année, comme vous toutes j'imagine, et je croule sous mon mémoire, mes partiels et la préparation de mes oraux haha. Mais le voilà, et j'espère qu'il vous divertira.

Je voulais remercie les nombreuses personnes qui ont lu et celles qui ont commenté ! une dizaine de review, c'est top à lire et ça fait tellement plaisir en cette période de dépression étudiante ! Donc merci vraiment, vous êtes des amours.

Lili Orya : Ca me touche, parce que j'essaie toujours de faire questionner mes lecteurs, et ton commentaire me prouve que j'y arrive un peu, alors merci. Je ne répondrai pas à toutes tes questions, parce que c'est pas du jeu haha, mais tu es sur la bonne voie. Merci pour tes commentaires toujours aussi chaleureux !

Maxine3482 : Hello ! Je suis ravie que le fil de l'histoire te plaise, en effet le chapitre précédent disait pas mal de choses, mais il reste plein de surprises à venir. Voici la suite.

Leolili : Exact, il y a beaucoup de blondes dans cette histoire haha, parce que les blondes c'est cool ! Non, plus sérieusement, tu penses bien qu'il y a des liens à tout ça, mais je ne veux pas te spoiler ! Merci de me faire partager tes interrogations en tout cas !

Mama : Ce n'est pas du jeu, si je réponds à ta question haha. Lis la suite et tu verras bien !

Swangranger : Je suis enchantée que l'idée de la Dame du Lac te plaise. Je suis contente que le chapitre précédent t'ai ému, parce que vraiment, moi aussi ! la relation évolue encore dans ce chapitre alors n'hésite pas à me dire ce que tu en penses !

Math'L : Ahah, nous verrons, nous verrons ! En effet, pour l'instant je réalise que j'ai presque tout écrit par les yeux de drago, c'était inconscient, mais finalement ce n'est pas plus mal. Je n'en dis pas plus, mais peut être que tout est une histoire d'âme !

Miss Lolote : Je suis contente que tu aies aimé ce chapitre. Je préfère ne pas trop m'étaler et te laisser le suspens pour ne pas te spoiler, mais merci de commenter ça me touche vraiment.

JudorangeHp : J'adore quand on me dit quel est le chapitre que vous préférez. En effet, tout est une histoire de descendance, tu l'as compris. Je ne m'étais pas posée la question, mais je pense en effet, qu'en cas d'absence de fille, le don saute une génération. Je suis ravie que ça t'ai plu en tout cas.

PamDHMG : tiens comme on se retrouve ! je suis ravie de te voir ici. Ton commentaire me touche énormément, j'aime faire passer mes lecteurs par différentes émotions haha. Merci pour ton commentaire, en tout cas, voici la suite.

Bonne lecture !


Ginny était perchée en haut d'un escabeau et tentait de replacer l'ange tout en haut du sapin. En bas, Drago tenait fermement l'échelle, conscient que Ginny pouvait à tout moment perdre l'équilibre, d'autant plus que son ventre rebondi l'empêchait de se mouvoir comme elle l'aurait voulu.

Il ne voulait pas qu'elle monte, mais elle avait insisté, et de Drago ne s'était pas senti le cœur à lui refuser quoi que ce soit. Ginny avait retrouvé le sourire, mais il savait qu'au fond d'elle, elle appréhendait l'échéance de sa grossesse, et repensait à tout ce que lui avait dit la voyante.

Egoïstement, Drago ne voulait pas être celui qui effacerait le sourire sur son visage poupin.

—Ginny ! s'exclama Harry en entrant dans le grand salon. Descends de là tout de suite !

Le cri de son mari déstabilisa la future maman qui se retourna et perdit immédiatement l'équilibre, entraînée par le poids de son ventre. Tout se passa très vite : Harry avança de quelques pas, mais il était trop loin pour faire quoi que ce soit. Heureusement, Drago fut vif, il tendit les bras et réceptionna la jeune femme avec douceur.

—Ca ne va pas la tête ! s'écria Ginny alors que Drago la reposait au sol.

Elle s'approcha d'un pas menaçant et pointa un doigt sur le torse de Potter qui avait pâli et semblait avoir vécu mille morts.

—Pour qui tu te prends, Harry Potter ? Qui t'as donné le droit de me donner des ordres ? Et en criant en plus ! Si je suis tombée, c'est de ta faute !

Sa voix stridente fit frissonner Drago qui remerciait le ciel de ne pas être à la place de Potter. Pour rien au monde il n'aurait aimé avoir Ginny Weasley à dos. Cette dernière continuait de lancer des regards noirs à son mari qui, hébété, se contenta de s'excuser mollement.

—Pardon, Gin, j'ai juste eu peur.

—Je m'en fiche ! Ne recommence plus.

—Très bien, soupira Harry en rentrant la tête dans les épaules.

Ginny fit volte-face et jeta un coup d'œil à Drago. Harry ne put le voir, parce qu'elle tournait le dos, mais Ginny adressa un petit clin d'œil amusé à Drago accompagné d'un sourire en coin. Elle s'était bien moquée de lui. Cette fille rendrait dingue le plus sage et le plus patient des hommes. Mais Drago devait reconnaître que Potter ne s'en sortait pas si mal.

Le reste de la journée, Harry se montra très attentionné envers Ginny et Drago eut presque pitié de lui. S'il avait su qu'en réalité, elle s'était moquée de lui, le Survivant aurait sans doute agi autrement. Au lieu de cela, il fut mené à la baguette de longues heures durant.

C'était une journée particulièrement remplie, car il s'agissait de la veille de noël. Ce jour-là, Molly avait décrété que tout devrait être parfait. Ils avaient donc tous reçu des instructions précises. Drago et Ron étaient de corvée de vaisselle. A force de vivre à quinze sous ce toit, elle avait tendance à s'accumuler, et même si la magie faisait des miracles, il fallait bien que quelqu'un s'y colle à un moment ou l'autre.

—Avant, il y avait un elfe de maison pour faire ça, grogna Ron en rangeant une pile d'assiette dans le vaisselier.

—Où est-il d'ailleurs ? demanda Drago.

En effet, il n'avait pas remarqué l'absence de Kreatur. Depuis son retour, deux mois plus tôt, il ne s'était pas posé la question, mais à présent que Ron posait la question, il réalisa qu'il ne l'avait plus revu depuis son départ, plus d'un an plus tôt.

—Mort, répondit Ron sans la moindre once de compassion. Il y a six mois. Harry a refusé de le remplacer, il dit qu'on s'en sort très bien tous seuls.

—Il doit le regretter maintenant, ta mère l'a chargé de récurer les toilettes.

Ron eut un petit rire moqueur, tandis que Drago affichait un rictus.

—Même le grand Potter n'échappe pas au ménage, ajouta Drago en rangeant les couverts.

Ils continuèrent à se moquer du chef de la résistance sans aucune vergogne, savourant le plaisir de voir qu'il était logé à la même enseigne. Quoi qu'on pût en dire, si Potter était la tête de l'Ordre du Phénix, Molly Weasley était très certainement à la tête de la maison des Blacks, alors même qu'elle n'y vivait pas.

—Les garçons ? les garçons ? RON ! DRAGO !

La voix impatiente de Molly retentit dans le couloir. Les interpellés sortirent de la cuisine et rejoignirent Molly dans le hall d'entrée.

—Les invités vont commencer à arriver, vous les accueillerez et leur montrerez leurs chambres.

Après plongeurs, Ron et Drago étaient devenus des majordomes. En repensant à Harry, Drago se dit qu'il aurait pu tomber sur pire, et il se contenta d'acquiescer. Molly remonta rapidement à l'étage, assurant qu'elle devait encore passer un coup de balais au dernier étage, et bientôt, les deux sorciers se retrouvèrent seuls dans le hall.

Cette année-là, Noël serait sans doute une merveilleuse fête. Toutes les personnes qui avaient été conviées à l'évènement avaient prévu de dormir une nuit au Square Grimmaurd, afin que tout le monde assiste au déballage des cadeaux le lendemain matin. S'en suivrait alors un véritable festin et sans doute une crise de foie.

La sonnette retentit toutes les cinq minutes pendant une heure. Ce fut d'abord Pansy et Blaise qui entrèrent, les bras chargés de cadeaux, puis Neville et Luna, McGonagall, Percy et son épouse, Audrey, Charlie l'éternel célibataire, puis Bill et Fleur, ainsi que leurs deux merveilleuses petites filles. La plus jeune, une petite tornade rousse qui ressemblait énormément à Ginny, s'appelait Dominique et était tombée éperdument amoureuse de Drago deux mois plus tôt. Du haut de ses trois ans, elle avait une force et une volonté telle que chacun se pliait à ses moindres désirs.

—Drago ! s'exclama-t-elle en sautant dans ses bras.

—Salut Mini !

—Et moi, s'exclama Ron, vexé. Tu ne viens pas embrasser ton oncle préféré ?

La petite fille déposa un baiser bruyant et légèrement humide sur le nez de Drago avant de se tourner vers Ron qu'elle embrassa rapidement. Elle ne s'attarda pas et suivit sa grande sœur, Victoire, qui s'était déjà lancée à la recherche de Ted Lupin dans les méandres de la vieille demeure de Sirius Black.

Tout le monde était là. A tous les gens que Drago et Ron avaient accueilli s'ajoutaient les résidents permanents de la demeure : Georges, Harry et Ginny, Remus et son fils, Hermione et le docteur Apollyon.

Ce soir-là, le repas fut très simple. Il n'était pas dans les habitudes de Molly de ne cuisiner qu'un énorme plat de pâtes, mais elle était tellement débordée par les préparatifs du repas de noël, qui aurait lieu le lendemain, que personne ne lui en tenu compte. D'autant plus que les pâtes de Mrs. Weasley valaient leur pesant d'or.

Peu à peu, la table se vida. Les parents allèrent coucher leurs enfants, et ne redescendirent pas, si bien que très vite, il ne resta à la table que Pansy, Blaise, Ginny, Harry, Hermione, Georges et Ron.

Ron déboucha une vieille bouteille d'hydromel, tandis que Ginny faisait chauffer du thé, et les amis se turent un long moment pour déguster ces quelques minutes de quiétude. Le ventre plein, heureux d'être réunis, chacun savourait cet instant. Personne ne l'avait vraiment dit, mais ce Noël serait bien différent du précédent.

Drago était revenu, vivant et en forme, malgré le drame qu'il avait vécu. Blaise et Pansy, ses deux meilleurs amis, n'avaient plus à s'inquiéter pour lui, ni à se demander si leur ami passait noël seul. Les autres quant à eux, étaient heureux de voir qu'Hermione aussi avait changé, depuis l'année précédente. Elle ne parlait toujours pas, mais elle communiquait avec ses yeux mordorés et ses sourires rassurants. Elle marchand de plus en plus et on avait espoir qu'elle redevienne celle qu'elle avait été autrefois.

—Ca va être un sacré Noël, marmonna Georges en avalant une gorge d'hydromel.

Ron acquiesça et soupira d'aise.

—Faut dire que l'année dernière, c'était pas génial, grogna-t-il.

—Parce que je n'étais pas là, Weasley ? J'ai toujours su que vous ne pouviez pas vous amuser sans moi.

Un petit rire secoua l'assemblée, tandis que Ron jetait des miettes de pain à la figure de Drago.

—Tu étais, où d'ailleurs, il y a un an ? demanda Blaise à Drago.

—Non, tu étais où pendant un an ? rectifia Pansy.

Tous les regards se tournèrent vers Drago. Depuis qu'il était revenu, il n'avait jamais vraiment parlé de ce qu'il avait fait pendant cette année d'absence. Par pudeur, et peut-être pour ne pas lui rappeler de mauvais souvenirs, personne, pas même Pansy dont la réputation de commère n'était plus à faire, n'avait osé le lui demander. Et lui-même n'avait pas abordé le sujet, alors chacun s'était contenté d'imaginer ce qu'il avait pu faire.

Sentant que le moment était venu d'en dire un peu plus sur son excursion, Drago soupira et prit du courage en avalant une dernière gorgée d'hydromel.

—Je n'ai rien fais de particulier, en fait, commença-t-il. Je suis parti, parce que je ne pouvais plus rester, c'est tout. La maison, le regard des autres, les souvenirs, tout me ramenait à Livia, alors j'ai compris que je ne pouvais pas rester. Pour dire vrai, je n'étais pas sûr de revenir, mais on ne choisit pas vraiment son destin. Je suis d'abord allé aux États-Unis.

—L'Amérique ? répéta Pansy, surprise. Pourquoi ?

—Sais pas, répondit Drago en haussant les épaules. J'étais attiré par ce pays, peut-être parce qu'il était aux antipodes de ma vie. Ils parlaient tous d'American Dream, alors je me suis dit que si j'avais des choses à vivres, des rêves à réaliser, ce serait sûrement là-bas. J'y suis resté quelques mois mais je n'ai pas vraiment trouvé ce que je cherchais. En fait, je ne savais même pas ce que je cherchais, mais ça n'était pas aux Etats-Unis que je le trouverai. J'ai fait plusieurs états, le Wisconsin, l'Illinois, le Nevada, la Louisiane. Il y a une forte population sorcière à la Nouvelle-Orléans, et j'ai rencontré une fille, une sorte de chamane. Elle s'appelait Tituba. Elle m'a dit que ce que je cherchais était plus à l'est, en Asie.

—Elle savait ce que tu cherchais, mais pas toi ?

Ron semblait dubitatif.

—Je ne sais pas comment elle a su, mais le lendemain, elle m'avait convaincu de prendre le premier portoloin pour le Tibet. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, je me suis perdu dans un désert de neige, et des moines moldus m'ont recueilli. Mais leur chef, un vieux sage qui se faisait passer pour fou, était sorcier. Il avait quitté la civilisation pour ne faire qu'un avec la nature et retrouver un lien fraternel avec les moines dépourvus de pouvoir magique. J'y suis resté six mois. J'ai toujours été élevé dans le luxe et là, j'ai vécu dans le plus grand dénuement. Et j'ai compris. J'ai compris que je cherchai la paix intérieure et que je ne l'atteindrai pas tant que Voldemort ne serait pas mort. J'ai compris que ce n'était pas d'une vengeance dont jamais réellement besoin, mais d'un monde en paix.

—Ce qui revient au même, puisque dans les deux cas, il faut se débarrasser de Voldemort, sourit Georges.

—Exact, mais j'ai compris au Tibet que tuer Voldemort ne serait pas que ma vengeance. Et j'en avais besoin. Parce que s'il n'avait agi que de vengeance, rien ne me retenait de me suicider après la chute du Seigneur des Ténèbres.

Un silence de mort s'installa. Les mots de Drago étaient à la fois durs et tristes. Terrible à entendre, peut-être autant qu'à prononcer. Ginny avait les yeux brillants de larmes, ses hormones de femme enceinte devaient sûrement y être pour quelque chose, quant à Hermione, elle regardait obstinément Drago. Ses yeux mordorés trahissaient la colère, et sans comprendre comment, Drago réalisa qu'elle lui en voulait d'avoir pensé une seule seconde à mettre fin à ses jours.

—Mais les choses ont changé, j'ai changé, expliqua Drago à Hermione en la regardant droit dans les yeux. Au bout de quelques moins, le vieux moine m'a parlé du marchand d'âme. Il m'a dit qu'il n'en savait pas plus, parce que lui-même faisait confiance dans la nature pour s'occuper de son âme, mais que je trouverai des réponses dans le Livre des Âmes. C'était un livre très ancien, qui avait disparu depuis des siècles, mais dont la trace avait été perdue en Israël.

—Tu es donc parti en Israël, murmura Pansy, songeuse. Et tu as trouvé le livre ?

—Oui. Après des semaines à chercher, à suivre des pistes toutes plus farfelues les unes que les autres, j'ai trouvé. A force de pot de vins, on m'a indiqué que la pègre locale avait le livre en sa possession. Je ne pensais pas que ça suffirait, mais j'ai dilapider une grande partie de mon héritage et ils m'ont donné le livre, à condition que je reste sur le territoire. Ce que je n'ai pas fait, puisqu'une fois le livre en main, j'ai pris le premier portoloin pour Londres.

—C'est malin, on va avoir la mafia israélite sur le dos, s'exclama Blaise.

—Tu me prends pour qui, Zabini ? sourit Drago. C'était des moldus, et j'ai laissé une copie identique dans la chambre d'hôtel dans laquelle je dormais avant de partir. S'ils ont appris que j'ai quitté le pays, ils ont dû rechercher ma trace et tomber sur le livre. Ils n'ont dû y voir que du feu.

—Tu as cherché ce livre, sans vraiment savoir ce qu'il contenait finalement, dit Harry en le regardant d'un regard perçant. Qu'est-ce que tu attendais vraiment ?

Drago baissa les yeux sur son verre vide. Il ne s'était pas attendu à cette question, et il aurait préféré l'éviter. Sous sa barbe broussailleuse, ses joues se mirent à rosirent.

—Quand j'ai quitté l'Angleterre, après la mort de Liv', j'ai senti mon âme se briser. Avant même de penser à Voldemort, je me suis dit que cette magie de l'âme pourrait ressouder la mienne. C'était le côté égoïste de mon chagrin, j'imagine. Et puis j'ai rapidement compris que si le marchand d'âme pouvait ressouder mon âme, il pourrait en faire de même avec celle de Voldemort et alors, il serait facile pour notre cher Potter de mettre un terme à la vie de Tom Jedusor.

Personne n'ajouta rien. Il était difficile de savoir combien Drago avait souffert et nul ne pouvait le blâmer d'avoir d'abord pensé à lui dans de telles circonstances. Les révélations de Drago laissèrent tout le monde pensif, et bientôt l'horloge magique sonna deux heures du matin.

—On devrait aller se coucher, déclara Ginny. Dominique m'a promis d'être levée à l'aube pour ouvrir ses cadeaux.

Cette touche d'humour mit du baume au cœur à toute la table, qui se vida peu à peu. Harry aida Ginny à se lever et ils allèrent se coucher les premiers, suivis par Blaise et Pansy. Ron et Georges se disputaient pour savoir qui prendre sa douche en premier – ils avaient leur propre chambre mais devaient partager une salle de bain.

Hermione se leva à son tour. Doucement, en s'aidant de la table pour trouver son équilibre. Elle ne se déplaçait presque plus en fauteuil roulant, mais il lui fallait toujours un peu de temps pour lancer ses jambes et les remettre en marche. Drago se leva rapidement et en quelques enjambées, il était à côté d'elle.

—Puis-je ? murmura-t-il avec un sourire.

Il lui tendit un bras de gentleman, et Hermione, après l'avoir jaugé de longues secondes, le prit avec délicatesse. Ils se dirigèrent tous les deux vers l'escalier qui menait à leur chambre respective. Monter les marches était encore quelque chose de fastidieux pour Hermione, et Drago se montra patient. Arrivé à la dixième marche cependant, Hermione manqua de perdre l'équilibre et il la rattrapa in extremis. C'était la seconde fois de la journée qu'il avait une fille dans ses bras, songea-t-il.

N'ayant pas le cœur à reposer Hermione par terre – et surtout désireux de rejoindre lui-même son lit, Drago la porta délicatement jusqu'à sa chambre.

Elle ne le remercia pas, mais la légère pression qu'elle exerça sur l'avant-bras de Drago avant qu'il ne quitte la pièce lui confirma qu'elle l'aurait fait, si sa voix l'avait bien voulu. Après avoir souhaité la bonne nuit à Hermione, Drago quitta la pièce et tomba nez-à-nez avec le Dr. Apollyon. Celui-ci était dans son pyjamas de soie mauve, et était si proche de la chambre que Drago aurait parié sa baguette qu'il était en train d'écouter aux portes.

—Je venais vérifier si Hermione était venue se coucher, expliqua-t-il.

—Parce qu'elle a un couvre-feu ?

—Non mais son corps a besoin de se reposer et il est de mon devoir de guérisseur de…

—Ouais, c'est ça, le coupa Drago. Bonne nuit Doc'.

Et sans lui laisser le temps de s'étendre davantage sur le corps d'Hermione – qu'il semblait chérir un peu trop – Drago laissa Ange en plan au milieu du palier et regagna sa propre chambre. Son lit tiède et douillet l'accueillit avec tant de douceur qu'il sombre dans un sommeil profond avant même d'avoir retiré ses chaussures.

Le lendemain matin, Drago fut réveillé par des cris et des rires. Les trois enfants de la maison avaient décidé, à près de sept heures du matin, qu'il était grand temps que les grandes personnes se lèvent. Leurs parents les avaient si remarquablement bien élevés, qu'ils avaient compris qu'ils ne pourraient ouvrir leurs cadeaux sans que chacun ne soit pleinement réveillé. Ils frappèrent à toutes les portes, en criant :

—RASSEMBLEMENT ! CADEAUX CADEAUX CADEAUX ! RASSEMBLEMENT.

La petite voix fluette de Dominique surpassait les autres. Sa sœur et elle croyaient encore dur comme fer au Père Noël, quant à Teddy, il avait compris le mensonge des adultes, mais sa maturité était telle qu'il avait compris qu'il se devait, à son tour, de garder le secret.

Drago se leva péniblement et se dirigea d'un pas traînant dans le salon, où un immense sapin avait été érigé. Ses cheveux en bataille et ses yeux encore fatigués firent sourire Hermione, déjà installée sur le canapé. Quand il croisa son regard, il se sentit légèrement vexé. Il vint quand même prendre place à côté d'elle avant de la détailler du regard.

—Pourquoi tu es aussi radieuse et moi aussi… minable ? grogna-t-il.

—Parce que c'est noël.

Bien sûr Hermione n'avait pas parlé, mais elle avait articulé ces quelques mots en silence, si bien que Drago en perçut le sens sans même entendre sa voix. C'était la première fois qu'elle prenait la peine de communiquer avec lui de la sorte. Il l'avait déjà vu faire une fois ou deux avec Ginny, mais elle ne le faisait que très rarement.

Drago ne se souvenait plus de la voix d'Hermione. C'était étrange, mais il ne parvenait pas à savoir si elle était douce, ou stridente, basse ou haute, mélodieuse ou posée. Il espérait qu'un jour, il l'entendrait à nouveau.

Le salon se remplit peu à peu, et Drago eut la satisfaction de voir que Potter et Weasley étaient aussi minables que lui au réveil. Ginny, quant à elle, était rayonnante. Un teint de pêche et des yeux pétillants, c'était comme si elle avait dormi douze heures, et non pas cinq comme c'était le cas.

Ange fut le dernier à entrer dans la pièce, et se yeux se posèrent immédiatement sur Hermione et Drago et son visage se renfrogna. Il vint tout même prendre place sur le fauteuil le plus proche de sa patiente, à qui il adressa un sourire enjôleur.

—Tout le monde est là ? s'exclama Victoire. On peut ouvrir les cadeaux, papa ?

—Oui chérie, sourit Bill en lançant un regard amusé à Dominique qui avait déjà un énorme paquet sur les genoux.

Les trois enfants avaient été gâtés par tout le monde. Pansy avait offert des déguisements hors de prix mais magnifiques à chacun d'entre eux : Ted devint un pirate, Victoire, une princesse et Dominique une petite fée.

—J'ai hésité avec la citrouille, murmura Pansy à Drago en riant.

On laissa les enfants à leurs dizaines de cadeaux, et Harry s'improvisa très rapidement père noël. Il distribua ses cadeaux à chacun. Drago se retrouva avec un tas de cadeaux conséquent, chose à laquelle il ne s'était clairement pas attendu.

Ginny et Harry lui avaient offert un magnifique manteau de laine, et Ron avait parfait l'ensemble avec des gants et une écharpe d'un vert bouteille magnifique. Comme chaque année, Pansy lui avait offert son flacon de parfum préféré. C'était une tradition qu'ils avaient, tous les deux. Chacun offrait à l'autre son parfum et les autres avaient interdiction de le faire à leur place. Blaise, lui, avait opté pour une chaîne en or blanc.

—Un bijou ? demanda Drago surpris.

Blaise lui adressa un sourire en coin.

—J'ai vu que tu portais ton alliance autour du cou, suspendu à un vieux cordon. Cet anneau mérite bien une chaîne en or, non ?

Drago sentit son cœur se pincer. Blaise était son meilleur ami. Ils ne parlaient jamais vraiment des choses intimes, par pudeur, mais il avait l'œil, et sans avoir à demander quoi que ce soit, il avait trouvé le cadeau idéal.

Les cadeaux s'enchaînèrent, ainsi que les remerciements. Quand il arriva à son dernier paquet, Drago découvrit une petite carte signée Hermione. Surpris, il défit délicatement le ruban qui entourait le paquet et découvrir à l'intérieur un petit objet qu'il n'avait jamais vu auparavant. Il devait mesurer une dizaine de centimètre, et à son extrémité, trois lames tranchantes étincelaient.

Drago le regarda un long moment avant de lever la tête et de croiser le regard d'Hermione qui souriait, visiblement très amusée.

—C'est un rasoir, expliqua Harry en s'approcha de lui.

—Un rasoir ?

Ça ne lui disait rien de plus.

—C'est un objet que les moldus utilise pour ses raser. Je crois qu'Hermione essaye de te faire passer un message.

Drago regarda encore une fois le petit objet. Il se passa une main sur la barbe et la gratta longuement avant de lever à nouveau les yeux. Hermione le regardait toujours avec une moue moqueuse. Il s'en approcha en silence et s'installa à nouveau à côté d'elle.

—Très drôle, Granger. Tiens, voilà pour toi.

Il déposa un petit paquet sur ses genoux. Lui aussi avait pensé à elle, et il avait mis du temps à trouver le cadeau idéal. Hermione le déballa doucement, et bientôt, elle se retrouva avec un dictaphone magique dans les mains. Le petit objet servait généralement à s'enregistrer, et lorsque vous aviez besoin de le réécouter, il ressortait exactement ce dont vous aviez besoin.

Hermione leva la tête surprise. C'était un cadeau tellement étrange. On n'offre pas quelque chose pour enregistrer sa voix à une muette. Mais elle sembla comprendre le message avant même que Drago n'ai à lui expliquer. Sans crier gare, elle se jeta à son cou et le serra de ses petits bras frêles.

—Parce que tu reparleras un jour, Hermione. Et que tu auras besoin de ça, tellement tu auras de choses à dire.

L'étreinte d'Hermione se resserra davantage autour de son cou, et Drago eut un petit sourire. De ses bras puissants il enveloppa Hermione à son tour, et leur accolade se prolongea de longues secondes. C'était comme si le monde avait arrêté de tourner. Comme s'il n'y avait qu'eux. Finalement, ils s'étaient fait un peu le même cadeau, un petit objet pour redevenir ce qu'ils étaient, avant tout ça. Est-ce que c'était cela, être connecté ? être sur la même longueur d'onde ? Sûrement. Quand ils se séparèrent, leurs regards se croisèrent une dernière fois, avant que chacun ne soit appelé ailleurs.


Et voilà ! Bon, certes, le chapitre de noël ne correspond pas à notre mois d'avril actuel, mais j'aime toujours autant écrire des chapitres de noël (je crois qu'il y en a dans toutes mes fictions d'ailleurs, sans parler de ma fiction Les Anges de Noël, qui est carrément une fiction noël mdr). J'espère donc que ça vous a plu. On sait maintenant ce qu'a fait Drago pendant cette année absence et on assiste clairement à un rapprochement entre lui et Hermione. Peu à peu, ils prennent conscience de cette connexion qui existe entre eux.

Alors, qu'en avez-vous pensé ? Je vous réserve une super surprise pour le chapitre suivant, je vous laisse deviner haha. Allez, je vous dis à ce week end et en attendant, portez-vous bien !