Chaud devant ! Le 7ème chapitre est là ! Bon, je sais qu'en général je poste le samedi, mais pour le coup, je n'ai pas eu une minute à moi hier, alors me voilà aujourd'hui pour votre plus grand plaisir (si si !) C'est un chapitre qui, je pense va vous faire plaisir, et qui a toute son importance, même si l'intrigue du marchand d'âme, elle-même, n'évolue pas énormément.

Comme toujours, je remercie toutes les lectrices mais aussi les personnes (moins nombreuses !) qui ont pris la peine de commenter. Vous êtes vraiment adorables et vos mots me touchent énormément.

Leolili : Oh, les larmes aux yeux ? Je n'ose même pas imaginer quand tu as lu la Vie est une chienne alors ! Je suis contente que tu trouves le récit de Drago logique, car c'est le plus important, je trouve, la cohérence. Je te laisse découvrir le nouveau chapitre qui je pense va te plaire !

PamDHMG : Oh merci, ça me touche. Ahah, je crois que Drago est l'homme de la vie de beaucoup de femmes. Merci de me suivre en tout cas, voici la suite.

JudorangeHp : Ca fait toujours du bien, Noël ! En effet, c'est clairement une fic qui n'est pas basée sur une quelconque tension entre les personnages. Je suis contente que ça te plaise, je te laisse découvrir ce nouveau chapitre.

Swangranger : J'en suis ravie ! Ahah Ange est bizarre, c'est vrai, mais on l'est tous un peu non ? Ton commentaire me touche en tout cas, alors merci mille fois.

Lili Orya : Ahah, merci ! C'est vrai que ça fait du bien parfois, mais point trop n'en faut !

Bonne lecture !


—TROIS DEUX UN ! BONNE ANNEE !

Des cris retentirent dans la vieille demeure des Blacks. Qui aurait cru que cette maison, autrefois si sombre, entourée de secrets et de magie noire, deviendrait un jour le berceau de tant de joie, de rires et de cris d'enfants. Sirius aurait été ravi de voir que cette maison qu'il avait tant haïe était devenue un abri, un refuge, et malgré tout, un havre de paix au milieu de ce monde de guerre.

Dans le grand salon, encore paré des décorations de noël, tous les membres de l'Ordre du Phénix étaient réunis pour célébrer la nouvelle année. Deux-mille six, déjà.

La musique assourdissante se mêlait aux cris de joie, et chacun embrassa son voisin, se promettant une année meilleure, et peut être même une victoire.

Adossé contre l'encadrement de la porte, Drago porta sa flûte de champagne à ses lèvres. C'était la sixième année qu'il célébrait en tant que membre de l'Ordre, membre de la résistance. Et chaque année, c'était la même chose : on espérait que ce serait la dernière à célébrer dans le secret, que cette fois-ci, ils parviendraient à vaincre le seigneur des ténèbres.

La nuit de la Saint Sylvestre était peut-être la seule où tous les espoirs étaient permis. Même Drago, de nature pessimiste, s'octroyait le droit de croire qu'il s'agissait de la bonne. L'espoir renaissait en chacun d'entre eux depuis des mois déjà, et au fond de lui, il espérait que tous leurs efforts ne seraient pas mis à mal, comme c'était toujours le cas.

—Bonne année, Drago ! s'exclama Ginny.

Elle se suspendit à son cou et l'embrassa tendrement sur la joue. Comme le ferait une mère, ou une sœur protectrice. Sa main fraîche s'attarda sur sa joue, tandis que ses yeux brillants croisaient son regard plus morose.

—Je suis heureuse que tu sois là cette année.

—Moi aussi, Gin. Bonne année à toi aussi.

Drago déposa à son tour un baiser au sommet du crâne de Ginny, et pour la première fois depuis qu'il était rentré en Angleterre et qu'il l'avait retrouvée, il osa poser une main légère sur le ventre rebondi de son ami. Il se pencha légèrement en avant, et s'adressa à l'enfant à naître avec une voix douce que peu de monde lui connaissait.

—Bonne année à toi aussi, fillette.

Ginny rayonnait. Elle posa une main sur celle de Drago, et exerça une légère pression pour la décaler légèrement. A l'endroit où reposait sa main, Drago sentit un petit coup et une bosse se former sous ses doigts.

—Je crois qu'elle te souhaite une bonne année à toi aussi, rit Ginny.

Elle s'éloigna en lui adressant un petit signe de main, et rejoignit sa mère qui lui tendait les bras.

Drago resta un moment immobile, regardant sa main d'un air songeur. Par pudeur, il n'avait jamais osé toucher le ventre de Ginny. C'était ce que l'on faisait souvent aux femmes enceinte, mais il l'avait vu un jour s'exaspérer de tous ces gens qui osaient la toucher comme si elle n'était qu'un vulgaire morceau de viande. Au fond de lui, il savait qu'il ne faisait pas partie de ces indésirables, mais il n'avait jamais vraiment osé.

Maintenant qu'il l'avait fait, il se sentait étrange. Peut-être parce qu'il ne s'était pas attendu à ce que le bébé bouge contre sa main. Peut-être parce qu'il aurait aimé que ce soit le ventre de sa femme, et non pas celui de son amie. Que ce soit son enfant, à lui. Drago secoua légèrement la tête. C'était la nouvelle année, il était inutile de se plonger dans ces souvenirs douloureux ou la vie hypothétique qu'il aurait pu avoir.

Toujours légèrement à l'écart, Drago jeta un coup d'œil à la piste de danse qui avait été aménagée pour l'occasion. Les gens s'étaient remis à danser, à se dandiner et à rire. Blaise et Pansy s'étaient lancés dans une danse endiablée, une sorte de Rock acrobatique qui n'allait pas du tout avec la musique de slow qui retentissait dans la pièce.

Un peu plus loin, Hermione avait délaissé définitivement son fauteuil roulant et dansait lentement dans les bras d'Ange. Drago les regarda tanguer et évoluer doucement au milieu de la piste. La sorcière avait posé sa tête sur l'épaule de son médecin qui la tenait fermement contre lui. Ils avaient l'air d'être dans leur bulle.

—Le Doc a une touche, on dirait.

Drago se retourna et vit que Georges s'était approché de lui. Il lui adressa un petit sourire et lui asséna une tape dans le dos.

—Bonne année, vieux. On est content que tu sois là.

—Ouais, Ginny m'a dit pareil.

Il y eut un silence.

—Elle a été très affectée par ton départ, tu sais.

—Gin ?

—Hermione.

Drago arqua un sourcil. Hermione avait été affectée par son départ ? Bien sûr, il était conscient qu'il lui avait sauvé la vie, mais jamais avant son kidnapping, Drago et Hermione n'avaient eu de véritable relation amicale. Ils se supportaient, se montraient cordial l'un envers l'autres, mais aucun lien comme celui qu'il avait avec Ginny ou Pansy ne s'était tissé entre Drago et Hermione.

On pouvait dire que les choses avaient changé. Ils n'étaient pas vraiment amis, mais une connexion très forte s'était créé entre eux. Même s'il ne voulait pas l'admettre, le psychomage avait sûrement raison : le fait qu'ils aient tout deux perdu quelque chose en même temps les avait indéniablement rapprochés.

—Quand j'ai voulu danser avec Hermione, Apollyon m'a littéralement assassiné du regard, se moqua Georges en avalant une gorgée de champagne.

—J'ai du mal à cerner ce type, confia Drago, les yeux rivés sur le médecin.

—Ouais, c'est le cas de tout le monde. Je ne pense pas qu'il soit méchant, et puis on lui doit beaucoup, il a vraiment aidé Hermione.

—C'est ce qu'on m'a dit.

—Mais elle n'a jamais fait autant de progrès que depuis que tu es rentré.

Drago resta silencieux. Il ne savait pas vraiment où Georges voulait en venir, pourtant, sans qu'il ne sache pourquoi, ni comment, cette révélation lui réchauffa le cœur. C'était une drôle de sensation qu'il n'avait pas éprouvée depuis longtemps : celle de se sentir utile.

Georges n'ajouta rien, et finit par s'éloigner à son tour pour aller danser avec Hazel. Drago avait passé la soirée à l'éviter, mais il avait senti son regard sur lui à de nombreuses reprises.

Quand la dernière goutte de champagne fut avalée, Drago s'approcha de la piste de danse et vint se mêler à la foule.

—Mr Malefoy nous fait l'honneur de se joindre à nous ? s'exclama Pansy en souriant.

Elle avait le souffle court d'avoir trop dansé et les joues roses d'avoir trop bu. Pourtant, elle était ravissante, comme toujours. Il émanait d'elle une classe inégalable, son chignon impeccable et son port de tête altier faisaient d'elle une véritable reine. Blaise la dévorait du regard, d'ailleurs.

Les deux amis de Drago s'étaient toujours tournés autour. Il savait qu'il leur arrivait de passer des nuits ensemble et de sortir comme le ferait un véritable couple, mais ils ne l'avaient jamais vraiment avoué devant Drago. Ce dernier les soupçonnait d'ailleurs de se taire davantage depuis qu'il était devenu veuf, dans l'espoir, sans doute, de ne pas lui faire de peine. Pourtant, rien ne lui aurait fait plus plaisir que de marier ses deux meilleurs amis.

—Arrête, Pansy, tu vas le faire fuir. Et puis tout le monde sait qu'il ne sait pas danser, ajouta Blaise d'un ton moqueur.

—La ferme Zabini, c'est moi qui t'ai appris la valse quand tu voulais inviter Greengrass au bal de noël en quatrième année.

Blaise leva les yeux au ciel, et se détourna rapidement, mais Drago aurait juré l'avoir vu rougir. Pansy était hilare, et, derrière elle, Hermione, toujours dans les bras de Ange, souriait-elle aussi. Elle avait dû entendre leur conversation, car elle regardait Blaise d'un air attendri.

—Tu devrais aller sauver Granger, son guérisseur ne l'a pas lâchée depuis une demi-heure, elle doit avoir mal aux pieds, la pauvre, murmura Pansy à l'oreille de Drago.

Drago eut un petit rire moqueur et s'approcha lentement du couple que formait Hermione et Ange. Il tapota légèrement l'épaule du médicomage et lui adressa un sourire hypocrite.

—C'est très impoli de monopoliser l'une des plus belles femmes de la soirée.

Ange le regarda de haut en bas et répondit d'un ton légèrement condescendant qui fit hérisser les poils de Drago.

—Pas quand on est le plus bel homme de la soirée.

Drago ne sut si Ange plaisantait ou non, mais dans le doute, il préféra exploser de rire. Apollyon sembla vexé, et s'arrêta juste assez pour permettre à Drago de passer une main sur la taille d'Hermione.

—Puis-je ?

Elle ne lui répondit pas, mais après l'avoir jaugé du regard, elle délaça légèrement ses bras du cou d'Apollyon pour se tourna vers Drago. Elle adressa un regard d'excuse à son médecin, qui préféra s'éloigner en fulminant, tandis que Drago passait à son tour ses deux bras autour des hanches de la jeune femme.

—Si je t'ai sauvé d'un enfer innommable, cligne deux-fois des yeux, murmura Drago en se penchant à l'oreille d'Hermione.

Celle-ci fut secouée d'un hoquet, et soudain, son rire cristallin retentit. Un rire fin et doux, un rire qui laissait s'échapper sa voix, pour la première fois depuis longtemps. Légèrement enroué, un peu rauque, mais un rire sincère.

Autour d'eux, tous les invités avaient été témoins de ce spectacle si surprenant. Hermione venait de rire pour la première fois depuis plus d'un an. Bien sûr, elle avait déjà souri, plus d'une fois, mais jamais son rire n'avait retenti dans cette maison, depuis son retour au Square Grimmaurd.

Drago cessa légèrement de danser et la regarda d'un air ébahi. Même Hermione semblait surprise. Personne ne fit rien, mais du coin de l'œil, Drago vit Harry et Ron se jeter un regard et échanger une sourire. C'était un magnifique cadeau, peut-être même la preuve que l'espoir n'était pas vain.

Peu à peu, chacun reprit ses occupations et Drago se retrouva à nouveau seul avec Hermione. Elle avait retrouvé son sérieux, mais quand leur regard se croisa, elle cligna deux fois des yeux.

—J'en étais sûr, grogna-t-il avec satisfaction.

Hermione lui donna une légère tape sur le bras, avant de se laisser doucement aller contre lui et de poser sa tête sur son épaule. Il était bien plus grand qu'elle, et c'était reposant de pouvoir se laisser guider.

Ils dansèrent comme ça de longues minutes, jusqu'à ce que Drago sente les jambes de Hermione flancher légèrement. Il resserra son étreinte autour d'elle et la souleva légèrement par la taille pour lui éviter de porter tout son poids.

Il était sur le point de lui proposer d'aller s'assoir et de boire un verre quand la voix de Ginny retentit dans la pièce.

—Oh non, s'exclama-t-elle. Harry, je crois que…Le bébé arrive !

S'en suivit une agitation exceptionnelle. Molly courait dans tous les sens en donnant des ordres à Harry qui semblait complètement dépassé par les évènements, Ron et Georges portèrent leur sœur jusqu'à l'infirmerie, tandis qu'Ange et un de ses collègues se précipitaient à leur suite.

Les heures qui suivirent parurent bien longue à ceux qui restèrent, cette-nuit-là. Les invités étaient tous partis, comprenant que ce genre d'évènements se célébraient en famille, si bien qu'il ne resta bientôt que la famille Weasley, Hermione et Drago dans le grand salon.

Hermione s'endormit rapidement, la tête sur les genoux de Ron, tandis que Molly préparait du thé pour tout le monde. La mère de famille s'inquiétait pour sa petite dernière, son unique fille, mais s'impatientait aussi de rencontrer sa nouvelle petite fille. La troisième après Victoire et Dominique.

—Vous vous rendez-compte, dit-elle, émue. Mon premier et mon dernier enfant sont tous les deux parents. Et que des filles ! A croire que j'ai trop fait de garçons.

—Les filles c'est pire, soupira Ron d'un air tragique.

—Ne dis pas n'importe quoi. Et toi, quand vas-tu enfin te trouver une fiancée ?

—Maman… grogna Ron. C'est la guerre, c'est pas facile de trouver le temps de draguer.

—Ginny s'est bien mariée elle.

—Oui mais elle connaissait Harry avant la guerre.

Molly n'eut pas l'air convaincue, mais elle n'ajouta rien, se contentant de servir une tasse de thé à chacun. La nuit fut terriblement longue. Elle était déjà bien entamée quand Ginny avait perdu les eaux, si bien que lorsque le jour se leva, elle n'avait toujours pas accouché. Ange descendait régulièrement pour leur donner des nouvelles, et quand il revint à huit heures du matin, il confirma que c'était éminent.

A huit heure quarante-cinq, des cris retentirent enfin. Le cri strident et caractéristique d'un nouveau-né, un cri d'espoir. Harry descendit quelques minutes plus tard. Il avait l'air fatigué, mais la joie qu'on lisait sur son visage dépassait tout le reste. Il pleurait derrière ses lunettes embuées.

—Elle est magnifique ! s'exclama-t-il tandis que tout le monde l'entourait. Elle ressemble à Ginny, mais je crois qu'elle a mes yeux.

—Félicitations, Harry, dit Arthur Weasley en lui donnant une grande tape dans le dos.

Lui aussi avait les yeux brillants de larmes. Chacun félicita chaleureusement Harry, qui termina avec Hermione qui s'était suspendue à son cou avec bonheur.

On mit une tasse de café dans les mains du nouveau papa, et celui-ci la leva comme s'il s'était agi d'une coupe de champagne et s'écria, fier :

—A Noa Molly Lily Potter. Ma fille.

—A Noa ! répondirent en chœur, tous ceux qui se trouvaient dans la pièce.

Harry leur annonça qu'il y retournait, et qu'il fallait laisser Ginny dormir un peu, mais que dès qu'elle se réveillerait, chacun pourrait venir admirer la huitième merveille du monde. Comme c'était souvent le cas dans la tradition sorcière, une grand dîner serait organisé le soir-même avec la famille et les amis du couples, pour célébrer cette naissance.

La maison somnola toute la journée. Ses résidents n'avaient presque pas dormi depuis la veille, si bien que chacun vaqua à ses occupations : sieste, repos, lecture au calme dans la bibliothèque. Quand la nuit tomba ce soir-là, et que tous les invités furent à nouveau réunis, Ginny descendit de l'infirmerie, sa fille dans les bras.

Drago n'était monté la voir, il savait que toute la famille Weasley y était allée, et il n'avait pas voulu la déranger davantage. Quand il la vit descendre cependant, il s'approcha doucement et posa ses yeux clairs sur le visage de poupée de la jolie Noa. Potter avait raison, elle ressemblait énormément à sa mère, mais ses grands yeux verts appartenaient effectivement à Harry et à sa propre mère.

—Salut fillette, souffla Drago en caressa du revers du doigt le front soyeux du nourrisson. Elle est magnifique.

—Oui ! s'exclama Ginny, rayonnante de bonheur. C'est la plus belle de toutes les petites filles.

—Heureusement qu'elle tient de sa mère.

Drago sourit et s'écarta légèrement, pour laisser place à la tempête Molly qui ne se laissait pas de regarder sa nouvelle petite fille. Elle ne cessait de répéter qu'elle était le portrait craché de Ginny au même âge, même si évidemment, il y avait aussi de nombreux traits de Harry. Elle semblait plus dire cela pour ne pas vexer Harry, mais ce dernier ne semblait pas s'en formaliser. Il regardait sa femme et sa fille avec les yeux brillants, il souriait comme il ne l'avait jamais fait.

Drago sentit son cœur se serrer devant ce tableau. S'il partageait le bonheur des Potter, il devait admettre qu'une part infime de son âme jalousait cette joie, enviait cette famille que rien n'avait désuni.

Drago regagna la grande table que Molly avait dressé, et s'attabla à côté de Georges.

—Tu ne vas pas voir ta nièce ? demanda Drago.

—Oh tu sais, j'ai toujours du mal avec les bébés. Trop fragiles, tu vois ? Mais à partir du moment où elle saura marcher, j'en ferai une véritable machine de guerre, comme ses cousines. Les farces et attrapes n'auront plus aucun secret pour la petite Noa.

—Ginny est au courant ?

—Tu plaisantes ? Je tiens à la vie, tu sais ?

Drago eut un petit sourire en coin, mais n'eut pas le temps de répondre car des éclats de rire venaient de retentir près de la porte.

Deux jeunes femmes se tenaient là et se lançaient des regards complices. L'une d'entre elle n'était autre que la jolie Hazel, quant à la seconde, Drago ne tarda pas à la reconnaître. C'était Mona, la diseuse de bonne aventure que Drago et Ginny avait rencontré quelques semaines plus tôt. Qu'est-ce que cette fille faisait-là ? il était persuadé qu'il s'agissait d'une moldue, et voilà qu'elle était là et qu'elle semblait très bien connaître Hazel.

Les deux femmes s'approchèrent de la table et saluèrent l'assemblée. Quand elles s'approchèrent de Drago, celui-ci leur lança un regard méfiant.

—Salut Drago ! s'exclama Hazel en l'apercevant. Je te présente ma sœur, Desdemona.

Desdemona n'était plus enveloppée de châles et semblait beaucoup moins inquiétante, quand elle n'était pas éclairée par des lumières tamisées. C'était une grande brune aux cheveux légèrement ondulés, à la peau très pâle. Elle ne ressemblait pas du tout à Hazel, mais celle-ci leur avait affirmé que ses sœurs triplets n'étaient pas du tout comme elle.

—On s'est déjà vu, grogna Drago en fixant Desdemona.

Elle souriait d'un air entendu.

—Vraiment ? sourit Hazel, comme si elle se doutait de quelque chose.

—Ouais. Dans la roulotte dans laquelle elle se fait passer pour une médium.

Hazel jeta un coup d'œil à sa sœur et éclata de rire.

—Oui c'est un passe-temps comme un autre non ?

—Si effrayer les femmes enceintes est un passe-temps, je pense que ta sœur devrait en changer.

Hazel lui adressa un petit sourire, tandis que Desdemona se moquait presqu'ouvertement de lui.

—Et pourquoi tu ne nous as pas dit que tu étais une sorcière ? demanda Drago à la pseudo medium.

—Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.

La voix calme et basse de Desdemona était très différente de celle, haut perchée et chantante de sa sœur. L'une était solaire, l'autre plus sombre, plus lunaire. Si on ne lui avait pas dit, Drago n'aurait jamais pensé à ce que ces deux femmes soient réellement sœurs, des triplets, qui plus est.

L'ambiance s'était tendue entre les deux sorciers. Drago ne parvenait pas à comprendre comment une femme pouvait annoncer les pires horreurs à une future maman, mais Desdemona ne semblait pas s'en formaliser, ni considérer qu'elle était dans l'erreur. Elle se contente d'hausser les épaules et de lui tendre une main.

—Ce n'est pas un jour pour se disputer, finit-elle par dire.

Drago avisa sa main tendue quelques secondes avant de renoncer à la serrer. Il ne lui pardonnerait pas facilement d'avoir hanter les nuits de Ginny avec ses médisances. Il se contenta de lui lancer un regard noir, tandis que Hazel passait un bras sous celui de sa sœur.

—En effet, ajouta-t-elle. Viens, je vais te présenter aux autres, Mona. Tiens, voici Hermione Granger !

Hermione se tenait un peu plus loin, à côté de Ron et de Ted Lupin. Les deux sœurs s'éloignèrent de Drago pour se rapprocher d'elle, tout en chuchotant à voix basses. Il ne l'aurait pas parié, mais en tendant l'oreille, Drago crut entendre quelques bribes de leurs conversations. « Tu vas voir, c'est très intéressant. C'est la première fois que je vois ça. Oui, j'en suis sûre. Maudites. » Cela n'avait ni queue ni tête, mais Drago eut la désagréable sensation de passer à côté de quelque chose.

La soirée se déroula malgré tout dans la bonne humeur. Desdemona semblait s'être excusée auprès de Ginny, lui assurant qu'elle n'aurait jamais dit de telles choses si elle savait à quel point cela la perturberait, et, baignant de son bonheur, la jeune maman passa l'éponge.

—Bienvenue dans le club très fermé des papas poules, s'exclama Bill en donnant une grande claque dans le dos d'Harry.

—Très fermé ? répéta Harry.

—Oui, on n'y entre pas comme on veut.

—Tu m'étonnes, grogna Ron. Bonjour les couches, les biberons, les cris.

—Ron ! s'indigna Molly.

—Quoi ? J'aime mes nièces, expliqua Ron. Mais justement parce que ce ne sont que mes nièces. J'aime les gâter, m'amuser avec elles, les faire rire. Et quand j'en ai marre, je les refile à leurs parents.

Tout le monde éclata de rire à part Molly qui secouait la tête d'un air désolé : à croire que son fils ne changerait jamais.

—Ron a raison, ajouta Georges. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Désolé Harry.

Harry souriait, encore sur son petit nuage.

Comment en vouloir à Ron et Georges ? Les deux frères étaient si drôles et sincères qu'on ne pouvait les blâmer. Même Molly portait un regard tendre sur ses deux derniers fils. Depuis la mort de Fred, Georges s'était beaucoup rapproché de son frère cadet, et tous deux avaient développé une relation très forte. Ils s'étaient d'ailleurs mis d'accord sur le fait que Ron s'associerait à son frère pour reprendre la boutique de Farces et Attrapes, une fois la guerre terminée.

Le reste de la soirée se passa très bien, jusqu'à ce que les cris de la petite Noa retentirent pour la première fois. Ginny se leva avec un biberon dans les mains et se précipita pour lui donner à manger, mais le nourrisson, capricieux, ne semblait pas l'entendre de cette oreille.

—Ange, est-ce que tu peux jeter un œil à Noa, je ne comprends pas, elle ne veut pas manger, dit Ginny, inquiète.

—C'est-à-dire que j'allais monter avec Hermione, et je…

—Je m'en charge, s'exclama Drago qui avait écouté la conversation d'une oreille. Occupe-toi du bébé, je vais aider Hermione à monter.

Le visage d'Ange exprimait une colère particulièrement difficile à réprimer, mais le sourire rassuré de Ginny sembla le dissuader à s'opposer à Drago. Ce dernier lui lança un petit sourire de défi, tellement puérile qu'Hermione leva les yeux au ciel et le bouscula légèrement. Drago baissa les yeux vers Hermione et effaça son sourire d'adolescent régi par les hormones, avant de lui tendre un bras et de l'aider à se relever.

Le manque de sommeil et les deux journées très chargées qu'ils venaient de passer avaient beaucoup fatigué Hermione qui avait des difficultés à avancer aussi rapidement qu'elle l'aurait souhaité. Drago l'emmena jusqu'aux escaliers, et comme il l'avait fait une première fois, passa une main dans son dos et une autre sous ses jambes pour la porter jusqu'à sa chambre.

Il la déposa sur le lit, et détourna les yeux quand elle commença à se déshabiller. Il avait déjà vu Ange faire, il fallait attendre qu'Hermione soit prête et dans son lit pour éteindre la lumière. Comme elle avait beaucoup de mal à utiliser la magie sans parole, il était plus facile pour elle que quelqu'un appuie sur l'interrupteur.

Quand Drago ne l'entendit plus bouger, il se tourna et la vit allongée dans son lit, les yeux presque clos.

—Bonne nuit, Hermione, murmura-t-il.

Il venait d'éteindre la lumière et était sur le point de quitter la pièce lorsqu'il entendit :

—Bonne nuit, Drago.

Surpris, il se retourna, mais dans la pénombre il ne vit que la silhouette allongée d'Hermione. Il était persuadé de ne pas avoir rêvé, pourtant, un doute s'insinua en lui quand il entendit le souffle apaisé et profond d'Hermione. Elle s'était déjà endormie.

Est-ce qu'elle avait vraiment parlé ? S'il ne se souvenait jusqu'ici plus de sa voix, à présent qu'il l'avait entendu à nouveau, il était persuadé de ne pas se tromper. Elle venait de lui souhaiter une bonne nuit.

Et au fond de lui, Drago était heureux de savoir que ses premiers mots, les tout premiers depuis des mois, lui étaient destinés, à lui. Pas à Ange qui était son médecin, pas à Harry ou Ron, ses deux meilleurs amis. Non. A lui et à lui seul. C'était peut-être sa récompense de l'avoir sauvée, peut-être qu'elle ne l'avait pas prévu, mais le fait était que c'était à lui qu'elle avait adressé ces quelques mots et Drago se sentit soudainement apaisé.

Il n'était pas revenu pour rien. S'il avait pu aider Hermione, de quelque manière que ce fut, c'était qu'il n'était pas rentré pour rien. Il l'avait sauvée, voilà plus d'un an, et à présent, elle recommençait à parler. Mais pour l'instant, il ne dirait rien à personne. Il attendrait qu'elle se décide, elle-même à s'adresser aux autres. Il concevrait ce secret aussi longtemps qu'elle le désirerait, juste pour s'assurer qu'elle redeviendrait celle qu'elle était autre fois.

L'Ordre du Phénix portait bien son nom. Car il semblait que chacun que des membres, aussi blessés qu'ils furent, parvenait toujours à renaître de ses cendres.


Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui. Alors verdict ? Qu'en avez-vous pensé ? J'insiste pour dire que tout est important dans ce chapitre. Est-ce que vous trouvez les mots d'hermione prématurés ? cohérents ? Je veux tout savoir ! J'espère que ce chapitre pour a plu. Maintenant qu'elle a retrouvé sa voix, Hermione va être beaucoup moins effacée, plus présente. On découvre aussi l'une des triplets d'Hazel, haha. J'ai hâte d'avoir vos avis.

Je vous dis donc à mercredi pour le chapitre 8 ! Portez-vous bien, chers lecteurs.