Je vous poste ce huitième chapitre en vitesse avant de partir pour le week end de l'ascension. J'espère que vous allez en profiter et que le soleil sera par chez vous (il a promis d'être chez moi en tout cas !). Ce chapitre est un peu plus court que les autres, mais comme toujours nécessaire. Enfin, je vous laisse le lire et on en rediscute en bas !

En attendant je remercie comme toujours toutes les personnes qui ont lu mais encore plus celles qui ont pris le temps de commenter. Vous êtes mes petits anges gardiens, je vous remercie de laisser une trace de votre passage, vous illuminez mes journées !

Swangranger : Et oui, ca y est ça évolue haha. Je suis ravie que ce chapitre t'ai plu en tout cas, et c'est vrai que Georges est perspicace haha. c'est comme ça que je le vois en tout cas. Merci pour ton commentaire.

MMalfoy34 : Merci beaucoup, je suis ravie que tu me suives dans cette aventure !

Leolili : Et oui ils se rapprochent même si on n'est clairement pas encore dans la romance. Ginny est une nouvelle maman pleine de joie et à mon sens, ce n'est pas une personne rancunière, mais ne t'inquiète pas, Drago veille au grain haha. Pour le flashback… you will see !

Lili Orya : Merci, je suis ravie qu'il t'ai plu. Et pour Noa… Je ne dis rien !

JudorangeHp : Merci pour tes commentaires toujours aussi construits et adorables. Je suis contente que ce prénom te plaise ! En effet Drago est un guérisseur né haha. Le calme avant la tempête ? Ahah, tu commences à me connaître on dirait !

Math'L : Vous êtes déjà toutes inquiètes pour Noa mdr tu es sur la bonne piste en ce qui concerne Hermione et Drago mais je ne donne pas détail, sinon ça sert à rien que tu continues de lire haha. Merci pour ton commentaire adorable en tout cas (et laisse Angel tranquille mdr)

Bonne lecture !


Les recherches sur marchand d'âmes n'avançaient plus depuis quelques semaines déjà. Le mois de janvier commençait tout juste, et ils n'avaient trouvé aucun autre indice sur l'identité de ce mystérieux sorcier. Si chacun se doutait qu'il s'agissait sûrement d'une femme, il n'en restait pas moins que personne ne connaissait son nom, ni même l'endroit ou le pays ou la trouver. C'en était déprimant.

Drago tournait en rond. Harry et Ron étaient partis pour Israël la veille, pour tenter d'en apprendre d'avantage, pensant que Drago était peut-être passer à côté de quelque chose, et affirmant qu'ils avaient des contacts là-bas qui pourraient peut-être leur accorder leur aide. Drago avait d'ailleurs tout fait pour venir avec eux…

—Non, avait dit Potter d'un ton catégorique.

—Je ne te demande pas ton avis, Potter. Je viens, c'est tout.

—Et moi je te dis que tu ne viens pas.

Les deux hommes, aux caractères et aux tempéraments somme toute assez similaire, s'étaient jaugé du regard. Si leurs yeux avaient pu tuer, ils l'auraient sans doute fait dans l'instant. Ron était intervenu. Ce dernier avait beaucoup mûri au fil des années. La mort de son frère l'avait beaucoup affecté, et il avait peu à peu gagné le rôle de conciliateur.

—Eh, les gars, on se calme. Harry pourquoi tu ne lui dis pas simplement ce que tu m'as dit ?

—De quoi tu parles Weasley ? demanda Drago, décontenancé.

Harry avait détourné le regard, fulminant. Drago ignorait si c'était contre lui ou contre Ron. Ce dernier décida d'expliquer ce que son meilleur ami se refusait visiblement à dire.

—Harry veut que tu restes là au cas où il y aurait un problème. Ginny est encore un peu affectée par cette histoire de médium, même si on sait que ce n'était pas vraiment une diseuse de bonne aventure et elle serait … soulagée que tu restes.

C'était étrange d'entendre cela de la part de Ron. Malgré tout ce qu'il aurait pu croire, Drago n'avait finalement eu aucun mal à s'entendre avec Weasley. S'il se disputait souvent avec Harry, Drago était en revanche beaucoup plus à l'aise avec Ron qui avait comme principale qualité de dire ce qu'il pensait sans jamais tourner autour du pot. La diplomatie de Potter, en revanche, l'empêchait d'être trop franc.

—Fallait le dire plus tôt, grogna finalement Drago.

—Tu crois que c'est facile ? répliqua Potter. De te demander de faire ce que je suis censé faire. Garder en sécurité ma femme et ma fille.

—C'est bon, Harry, tempéra Ron. On a compris. Ton rôle de chef de la résistance est aussi important que ton rôle de chef de famille. Mais on est là pour t'aider mon vieux.

Malgré tout, Drago ne pouvait s'empêcher de comprendre exactement Harry. Celui-ci était tiraillée entre son rôle de résistant et son rôle d'époux et de père, et ce jour-là il faisait passer l'Ordre du Phénix avant sa famille. C'était ce qu'avait fait Drago. Il avait fait passer son rôle d'agent double avant son épouse. Et voilà où ça l'avait mené. Peut-être que c'était de cela que Potter avait peur. Subir le même sort que lui.

Pourtant, si Harry confiait sa famille à Drago plutôt qu'à qui que ce soit d'autre, c'était pour une bonne raison. Il savait qu'il ne se ferait pas avoir deux fois. Il avait perdu Livia, et il mettrait tout en ordre pour ne pas perdre Ginny qui avait désormais une place importante dans sa vie et dans son cœur.

Alors Harry et Ron étaient partis. Leur départ avait été déchirant, mais Ginny avait gardé la tête haute et s'était contentée de serrer les deux hommes de sa vie dans ses bras. Harry avait embrassé sa femme et sa fille, et les deux compères s'en étaient allés sans se retourner. Leur retour était prévu trois jours plus tard et Drago espérait que d'ici-là, rien ne viendrait perturber la quiétude du 12 Square Grimmaurd.

Ils étaient partis au petit matin, le lendemain de la naissance de Noa. Ginny n'avait rien dit, mais elle avait passé la journée à trouver des moyens de s'occuper, baladant sa fille partout dans la maison. Elle était dans la cuisine quand Drago vint la rejoindre en début d'après-midi.

—Je vais faire un gâteau au chocolat, décréta-t-elle en le voyant arriver.

—Hm.

—Prends Noa.

Quelques secondes plus tard, Drago tenait la petite Noa dans ses bras tandis que Ginny préparait un merveilleux gâteau au chocolat dont elle seule avait le secret. Elle cuisinait rarement, parce qu'elle disait ne pas aimer ça et que sa mère était de toute façon bien meilleure cuisinière. Mais quand elle se mettait derrière les fourneaux Ginny faisait de véritables merveilles. Drago avait toujours pensé que son tempérament indépendant et légèrement féministe avait toujours fait de Ginny une guerrière et pas une femme au foyer. Pourtant, pendant qu'elle émiettait le chocolat de sa baguette, elle fredonnait une comptine d'un air paisible.

—Gin, commença Drago d'une voix malassurée.

—Hm ?

—Il faut que je te parle d'un truc.

Ginny releva les yeux de son moule et observa Drago d'un air inquiet. Il n'était pas dans les habitudes de Drago de se confier, et qu'il ressente le besoin de parler de quelque chose à Ginny pouvait éveiller certains soupçons.

—Accouche Malefoy.

—C'est Hermione… Hier soir, elle a parlé.

Ginny laissa tomber par inadvertance sa baguette dans la pâte à gâteau. Elle ne fit rien pour la récupérer, et regarda Drago avec des yeux ronds. Elle ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit, et finalement, ce furent ses yeux qui se mirent à briller de mille et unes étoiles de bonheur.

—C'est… commença-t-elle en sautillant sur place.

—Impossible, acheva une voix derrière Drago.

Il ne l'avait pas encore dans son champ de vision, mais il était déjà en colère contre le Dr. Apollyon. Drago avait horreur qu'on écoute aux portes, mais encore plus qu'on le traite de menteur. Il se retourna légèrement, juste à temps pour voir Ange s'approcher de Ginny et planter son regard dans celui de Drago, les poings sur les hanches.

—Tu me traites de menteur ?

—J'ai vu Hermione pour sa séance de kiné et elle n'a pas dit un mot.

Une petit sourire mauvais naquit sur les lèvres de Drago. Ainsi, Hermione n'avait pas pris la peine de parler à son médecin ? Drago avait toujours Noa dans les bras, mais celle-ci semblait s'endormir tranquillement, et bien malgré lui, elle l'apaisait.

—Et moi je te dis qu'elle a parlé, hier soir. Elle m'a souhaité une bonne nuit.

Ginny souriait de toutes ses dents. Elle avait récupéré sa baguette magique dans la pâte chocolatée et l'essayait à l'aide d'une serviette.

—C'est fantastique, s'écria-t-elle. Peut-être qu'elle ne se sentait pas encore prête avec toi Ange ? Je pense qu'il faut lui laisser le temps.

Apollyon se décomposa littéralement en entendant les mots de Ginny. Quant à Drago, il continuait à sourire un peu bêtement, trop heureux de voir la mine déconfite du guérisseur.

—Pas encore prête avec moi ? répéta-t-il incrédule. Mais enfin, je suis la personne avec qui elle passe le plus de temps depuis … depuis qu'il l'a ramenée ici.

Il n'avait pas prononcé le prénom de Drago et s'était contenté d'un signe de tête en sa direction. En temps normal, Drago aurait sans doute trouvé cela très impoli et l'aurait fait remarquer, mais pour l'heure, cette nouvelle l'enchantait. Il ignorait pourquoi, mais un sentiment de fierté s'insinuait en lui comme une dose d'adrénaline. Hermione lui avait offert ses premiers mots depuis bien longtemps et voilà qu'elle restait muette avec Ange.

—Pourquoi Drago mentirait de toute façon ? demanda Ginny, sceptique.

—Parce… C'est un ancien mangemort !

—N'importe quoi, dit Ginny en éclatant de rire. C'était un agent double.

—Tu crois que vous êtes les seuls à savoir qu'il était Mangemort avant de rejoindre l'Ordre ? Avant d'être agent double ?

—Il est là, grogna Drago en haussant le ton.

La tournure que prenait cette conversation ne plaisait pas du tout à Drago. Il n'aimait pas tellement qu'on lui jette à la figure sa condition d'ex mangemort. Bien sûr, quand il avait rejoint l'Ordre, et pour que tout le monde agisse avec lui normalement, très peu de membres de l'ordre furent mit au courant de sa condition de mangemort. Dans la version officielle, il avait toujours été de leur côté et était un agent double depuis ses seize ans. C'était complètement faux bien sûr, mais Potter semblait croire que c'était nécessaire.

Ange n'ajouta rien, et se contenta de fusiller Drago du regard. Ce dernier soutenait ses yeux d'un air paisible, berçant toujours la petite Noa dans ses bras.

—C'est merveilleux, finit par murmurer Ginny en léchant un peu de chocolat sur ses doigts. Harry et Ron vont être tellement heureux.

—On n'est encore sûr de rien, Ginny, s'exclama Ange.

Cette façon que le médicomage avait de contredire Drago et de le traiter à demi-mot de menteur eut le don de l'irriter considérablement. Conscient qu'il tenait un minuscule petit être dans ses bras cependant, Drago se contenta de se lever en silence et de passer devant Ange sans lui jeter le moindre regard. Il allait monter coucher Noa et passer à autre chose. Ce crétin ne méritait visiblement pas son attention.

En montant dans la chambre des Potter, Drago fit très attention à ne pas faire de bruit. Il savait que la huitième marche avait la très pénible habitude de grincer, aussi fit-il en sorte de l'esquiver avec habileté. Il déposa délicatement le nourrisson dans son berceau aux couleurs rouge et or – saleté de Gryffondor – et lança un sort d'alarme avant de quitter la chambre. C'était une habitude que tout le monde avait prise : avant de s'endormir on lançait un sort d'alarme sur le chambre, et au moindre problème, toute la maison était prévenue.

En sortant, il tomba nez à nez avec Hermione qui descendait elle aussi.

—Tiens Granger.

Hermione s'arrêta et le regarda d'un air surpris.

—On fait des cachoteries à son médecin ?

Même dans la pénombre, Drago n'eut aucune peine à la voir rougir. Hermione baissa les yeux et se contenta d'hausser les épaules, en silence. Elle était sur le point de continuer à descendre les escaliers quand Drago posa une main sur son épaule et la força à se tourner à nouveau.

—Pas de ça avec moi, Hermione. Je t'ai entendu me dire bonne nuit hier soir.

Hermione le regarda avec intensité. C'était comme si elle essayait de communiquer avec ses yeux mais Drago ne voulait pas faire l'effort de comprendre. Il voulait qu'elle lui dise qu'il n'avait pas imaginé ces quelques mots, il voulait qu'elle admette qu'elle lui avait parlé, à lui et à personne d'autre.

Mais elle restait enfermée dans son silence. La main de Drago la pressa d'avantage, et il la secoua légèrement. Ses yeux n'étaient plus que deux points brillants dans la pénombre, il fallait qu'elle le lui dise. Parce qu'il doutait, à présent, il ne savait plus si elle lui avait véritablement parlé ou bien si ce n'était qu'un fantasme de son imaginaire.

—Dis le.

Sa voix n'était plus qu'une supplique et Hermione dut le sentir, car elle s'approcha doucement et finit par murmurer :

—C'est vrai.

Une étrange sensation de légèreté envahi Drago. Cela ne dura que quelques secondes. Il retira sa main doucement et lui adressa un petit sourire goguenard.

—J'en étais sûr.

—Pourquoi tu as demandé alors ?

—Pour entendre à nouveau le son de ta voix.

La sincérité désarmante avec la quelle Drago venait de parler eut le don de faire frissonner Hermione. Elle lui adressa un petit sourire avant de tourner à nouveau les talons et de descendre l'escalier. Drago la suivit et ils se séparèrent sur le palier, chacun vacant à ses occupations.

La journée se déroulant sans qu'ils ne se croisent à nouveau, pourtant la bonne humeur de Drago ne diminua pas. Il ne savait si c'était la voix d'Hermione ou la mine déconfite d'Ange, mais il trouvait que cette journée était particulièrement agréable.

x.x.x

Hermione était assise sur la vieille balancelle en fer forgé que la neige avait fait rouiller des années auparavant. Elle se balançait doucement, la pointe de ses pieds effleurant la poudreuse qui recouvrait le sol depuis des semaines déjà. Emmitouflée dans une épaisse couverture de neige, elle tenait dans ses mains une tasse de thé fumant, qu'elle portait de temps à autres à ses lèvres.

Ses yeux mordorés s'étaient perdus dans l'horizon, son souffle serein donnait l'impression qu'elle dormait. Mais elle ne dormait pas. Elle pensait. C'était encore ce qu'elle savait faire de mieux. Réfléchir, à tout et à rien à la fois, à son passé, à son avenir.

Au loin, l'horloge de l'église d'un quartier voisin sonna douze coups. Minuit, déjà. Hermione se sentit frissonner dans la nuit. C'était une sensation étrange que d'entendre le temps passer, sans jamais vraiment le sentir. De longues années s'étaient écoulées depuis Poudlard, des longues semaines, depuis sa captivité, mais elle n'avait rien vu. Elle n'avait pas réalisé combien il filait, lentement mais sûrement, aussi discret qu'un ruisseau au fond du jardin, mais inexorable et imperturbable.

Un grincement de porte retenti derrière elle. Hermione ne prit pas la peine de se retourner : la brise avait emmené avec elle l'odeur de l'intrus, et elle l'aurait reconnu entre mille. Parce que c'était l'odeur de la liberté, un brin musquée, un peu mentholée, légèrement poivrée. L'odeur de celui qui lui avait sauvé la vie.

Drago s'approcha lentement, une main dans la poche, l'autre tenant une chope de bièraubeurre. Il ne dit rien de longues secondes, se tenant là, bien droit devant l'immensité qui s'offrait à eux.

—Salut.

—Salut, souffla Hermione.

Sa voix était encore rauque des mois passés sous silence. Trois jours qu'elle avait retrouvé sa voix, trois jours qu'elle s'étonnait de l'entendre raisonner dans le silence. Elle s'était ménagée, n'avait que très peu pris la parole. Mais le soulagement qu'elle avait lu dans le regard de ses amis avait suffi à lui prouver qu'un seul mot pouvait avoir autant d'importance que de longues tirades.

Drago n'ajouta rien et se contenta de venir s'asseoir à côté d'elle. Elle le sentit frissonner, et d'un geste doux, elle souleva légèrement sa couverture qu'elle déposa sur les genoux du jeune homme. Celui-ci sembla surpris, mais il se contenta d'aborder son petit sourire en coin, et de remonter légèrement la laine sur ses jambes.

Ils se balancèrent comme ça de longues minutes. Hermione n'avait plus aucune notion du temps qui passait, mais au fond, elle ne s'en inquiétait pas. Elle se laissa bercer par les mouvements de la balancelle, portant parfois son thé brûlant à ses lèvres gelées.

Elle ne sut pas ce qui la poussa à rompre ce silence pourtant si agréable. Mais elle le fit, peut-être parce qu'elle s'en sentait le devoir, peut-être parce qu'elle voulait lui dire ce qu'elle avait sur le cœur.

—Ca ne suffira pas, tu sais ?

—Quoi ? demanda Drago.

—Le marchand d'âme. Ca ne suffira pas, répéta Hermione.

Drago se tendit subrepticement à côté d'elle. Il resta silencieux, et Hermione sentit qu'elle s'aventurait sur une pente glissante. Toute Griffondor qu'elle était, elle ne se déroba pas. Elle tourna légèrement la tête en direction de Drago, qui refusait obstinément de la regarder et continua :

—A panser tes plaies, je veux dire.

Elle n'avait pas besoin de préciser, songea Drago, il savait exactement où elle voulait en venir. Peut-être qu'il aurait dû l'arrêter là, et prendre ses jambes à son cou. Au lieu de cela, il la laissa continuer, et il continua de se tendre.

—Tu mets trop d'espoir dedans, Drago. Mais ça ne la fera pas revenir.

—Je le sais très bien, répliqua sèchement Drago.

—Tu en es sûr ?

Drago fit claque sa langue contre son palais. Il sentait la colère s'insinuer en lui. Une colère qu'il avait trop de fois ressentie mais qu'il pensait avoir définitivement enfouie. Hermione réveillait en lui des choses qu'il avait souhaité oublier, et elle avait tort de s'aventurer là-dedans. Mais Miss Parfaite s'était tue trop longtemps, pensa Drago, et voilà qu'elle se remettait à parler, de sa voix posée et docte.

—Je ne peux pas dire que l'on se connaisse vraiment, toi et moi, reprit-elle.

—En effet.

—Mais je pense que tu devrais prendre du recul. Laisser faire Harry…

Drago serra la mâchoire. Laisse faire Potter ? Drago avait parcouru le monde pendant une année pour trouver une solution à cette guerre, et maintenant il fallait laisser faire Harry Potter ? Qui était resté sagement en Grande Bretagne, alors que Drago bravait mille dangers pour sauver Granger, alors que Drago perdait sa femme, alors que Drago partait à la recherche du livre des âmes ?

—Et continuer à vivre ta vie, être heureux, termina Hermione.

Cette ultime phrase acheva de le faire sortir de ses gongs. Drago se tourna en direction d'Hermione et la regarda droit dans les yeux. Elle eut le mérite de ne pas se démonter et de soutenir ses yeux de glace, prête à affronter la pire des tempêtes.

—Heureux ? cracha Drago. Ma femme est morte, Granger, torturée et assassinée par le Seigneur des Ténèbres et tu me demandes de reprendre le cours de ma petite vie pendant que Potter fait son job d'Elu ?

—Je n'ai pas dit ça, protesta Hermione. J'ai juste dit qu'il fallait que tu penses un peu à toi plutôt que…

—Plutôt que de risquer ma vie à essayer de te sortir des cachots de Voldemort et à courir le monde pour trouver une solution à cette putain de guerre ?

—Ce n'est pas ce que j'ai dit, répéta Hermione d'une voix rauque. Tu déformes mes propos.

—Et bien ne dis rien et je ne déformerai rien.

Drago se leva brusquement, faisant tomber la couverture de laine sur la neige. Il regarda Hermione d'un regard mauvais, c'était la première fois depuis bien longtemps qu'il perdait le contrôle.

—Peut être que tu devrais redevenir muette.

Et sur cette phrase, terrible, il rentra dans la maison, sans se retourner. Hermione resta assise-là, pantelante, surprise et blessée par les mots de Drago. Elle savait, au fond d'elle, qu'il ne le pensait pas. Qu'il avait tout fait pour la faire parler, mais ça faisait un mal de chien de voir que la personne avec qui vous êtes le plus en phase change subitement.

Une unique larme perla au coin de l'œil d'Hermione. Elle se ressaisit cependant. Il était hors de question pour elle de sombrer à nouveau dans cette léthargie qui avait été la sienne de trop nombreux mois. Elle porta une dernière fois sa tasse de thé à ses lèvres, et se promit que jamais Drago n'aurait à souffrir à nouveau de la sorte, par sa faute.


Bon, on dirait que Drago a merdé et que sa langue acerbe n'a pas totalement disparu ! Il est pas cool mais bon, ça lui fait mal à son petit cœur quand même. Vous comprenez hein hein hein ? En tout cas, malgré tout, ils se rapprochent et elle commence à parler la petite Granger ! Maintenant, on va pouvoir se pencher d'avantage sur l'intrigue du marchand d'âme et la romance, un de ces jours mdr.

J'espère que ce chapitre vous a plu. Le prochain sera donc ce week end, et je n'ai qu'un mot à dire : légilimencie. Voilà voilà, je vous laisse à vos spéculations ! n'oubliez pas de commenter, c'est un jour saint demain, alors soyez dans la charité ! haha. je vous souhaite à tous un bon jeudi férié et en attendant le prochain chapitre, portez vous bien !