Et voilà, c'est déjà la fin de ce long week end et je suis un peu triste ! On est déjà au mois de mai, et au neuvième chapitre de cette fiction. Le temps passe vraiment à toute allure, je n'en reviens pas. Ca rend un peu nostalgique tout ça. Surtout que j'ai la désagréable sensation que c'est de pire en pire en vieillissant (oui parce que je ne grandis plus depuis quelques années déjà).
Voici donc le neuvième chapitre. On s'était quitté sur des mots un peu durs de la part d'Hermione mais aussi et surtout de Drago et ce n'était pas tout rose. Mais bon, maintenant qu'Hermione a retrouvé la parole, elle va dire tout ce qu'elle a à dire, c'est notre Miss Parfaite préférée, on l'aime pour ça.
Vous n'avez pas été si nombreux que cela à lire ni à commenter la dernière fois, j'espère que je ne vous perds pas en route et que vous continuez d'aimer lire cette petite fiction sans prétention. N'oubliez pas de laisser une petite trace de votre passage, ça fait toujours du bien à lire !
Louille : Je suis super contente de te retrouver sur cette fiction ! Je me demandais si tu l'avais remarqué ou pas, bref je suis ravie de te voir et surtout, de lire cette super review que tu m'as laissé ! Je suis ravie que tu aimes ce Drago, il change un peu de mes différentes fictions et j'aime ça. C'est vrai que pour l'instant on est beaucoup dans la tête de Drago, mais je pense alterner peu à peu dans les prochains chapitres. Et oui j'aime Ange ! Mais c'est normal d'aimer ses personnages, non ? Merci pour tous tes commentaires dans cette review, tu m'as réglée !
JudorangeHp : Oui il est carrément méchant, mais aussi carrément blessé, il faut bien le dire. Oui Ron est mature et je l'aiiiiiime ! Surtout l'un de mes personnages préférés, pas de Ron-bashing chez moi. Je suis ravie que ce chapitre t'ai plu en tout cas et je te remercie de me donner à chaque fois tes impressions.
Swangranger : Je suis enchantée que ce chapitre t'ai plu ! Promis ça va arriver pour le marchand d'âme, mais la fic est en deux partie finalement, d'abord la relation et après l'intrigue. Merci pour tous tes petits mots gentils en tout cas, ça me touche tellement.
Leolili : Oui elle y va fort, mais elle est en mode « des mois que je parle pas, alors maintenant je dis tout ce que j'ai à dire et tant pis pour les filtres de politesse ». Je suis contente que vous aimez la relation Drago/Harry, parce qu'elle me plait aussi haha. Pour ce qui est de la légilimencie, je te laisse découvrir.
Lili Orya : Oui elle y va fort, mais bon, c'est aussi l'électrochoc dont Drago a besoin, dans le fond.
Bonne lecture !
Un mois avait passé depuis qu'Hermione avait enfin parlé. Un mois durant lequel, justement, Drago et Hermione ne s'étaient pratiquement pas adressé la parole. Les mots durs et terribles d'Hermione constituaient un souvenir douloureux pour Drago qui n'acceptait pas qu'on lui parle de ce qu'il avait pu vivre. Au fond de lui, bien sûr, il savait qu'Hermione avait raison, qu'il avait mis trop d'espoir dans cette quête et qu'il serait immanquablement déçu, car tout ce qu'il désirait, au fond, c'était de ramener Livia. Or, le marchant d'âme ne la ferait pas revenir, il doutait même qu'il en ait le pouvoir.
L'ambiance n'était pas de mise, au quartier général de l'Ordre du Phénix. Drago avait pris l'habitude de s'enfermer dans sa chambre et de prendre ses repas à des heures décalées pour être sûr de ne pas croiser Hermione. Celle-ci ne laissait rien paraître, mais avait peu à peu retrouvé l'usage de sa voix, pour le bonheur de tous.
Le matin de la Saint valentin, une réunion avait rassemblé tous les membres les plus importants de l'Ordre du Phénix. Les recherches sur le marchand d'âme avançaient petit à petit, et chacun espérait que la guerre prendrait fin avant la fin de l'année.
—Nous avons de bonnes nouvelles, annonça Harry une fois que tout le monde fut assis.
—Crache le morceau, s'exclama Georges.
—Comme vous le savez, nous avons contacté un généalogiste américain il y a quelques semaines de ça. Et avec les indications que nous lui avons fournies, il pense avoir retrouvé la piste de la descendance de la Dame du Lac, Viviane.
—On a trouvé le marchand d'âme ? demanda Arthur Weasley d'une fois surprise.
—Pas encore, temporisa Harry. Mais on est sur la bonne voie. Le don a disparu quelques années, parce que les descendants n'ont eu des fils, mais le don est ressorti au début des années vingt. Il semblerait que la descendante actuelle soit installée ici, en Grande Bretagne.
—C'est vaste, la Grande Bretagne, murmura Hermione, songeuse.
—Ca l'est toujours moins que le monde entier, répliqua Ron en haussant les épaules.
Chacun se perdit dans ses pensées. Hermione et Ron avaient tous les deux raisons. Se cantonner à la Grande Bretagne était un sacré avantage, mais s'ils devaient aller frapper à toutes les portes de l'Angleterre, de l'Ecosse, de l'Irlande et du Pays de Galle, autant commencer tout de suite pour finir à la fin du vingt-et-unième siècle.
—On sait déjà que c'est une femme, ajouta Harry. On va continuer nos recherches pour affiner nos critères. Restons optimiste.
Drago étouffa un petit rire. Optimiste ? En cette période de guerre c'était comme demander à un aveugle de reproduire une toile de William Turner.
—Il y a un an de ça, on n'était pas plus avancé, déclara Harry en direction de Drago. Au moins, là, on a une piste.
La réunion s'acheva rapidement. Drago fut l'un des premiers à sortir. Il salua quelques personnes qu'il n'avait pas vu depuis longtemps et quitta Square Grimmaurd avec une idée bien précise derrière la tête.
La tombe était toujours là. Egale à elle-même et au souvenir qu'il en avait. Il n'était pas revenu depuis deux mois. Pas parce qu'il manquait de temps, mais plutôt parce que le courage lui faisait défaut. L'idée de venir pleurer sur son sort et sur la tombe de sa défunte épouse lui révulsait l'estomac avec véhémence, et il craignait d'y laisser sa peau.
Pourtant, ce jour-là, c'était la Saint Valentin. C'était la fête préférée de Livia, parce qu'elle aimait célébrer l'amour plus que tout le reste. Elle avait toujours redoublé d'idées pour fêter ce quatorze février, et Drago avait appris avec le temps à se montrer lui aussi inventif.
C'était la deuxième année qu'il ne fêterait pas en sa compagnie. L'année précédente, il avait songé, très brièvement à se rendre sur place, mais sa colère et la plaie béante qui entravait son cœur l'en avait dissuadé. Cette année, cependant, il avait trouvé le courage d'enfiler sa plus belle chemise, et d'acheter un magnifique bouquet de cents fleurs multicolores.
—Bonne Saint Valentin, Liv'.
Il s'agenouilla dans la neige et déposa délicatement le bouquet au pied de la tombe de marbre. Il y avait déjà des dizaines de petits bouquets de fleurs tout autour, mais celui de Drago était le plus beau et le plus imposant. Ses nuances bigarrées se reflétaient dans la neige avec tant de grâce que cela donnait l'impression qu'une multitude de petits arcs-en-ciel illuminaient les alentours.
Le cœur serré, Drago s'assit en tailleur sur la neige si froide qu'elle en devenait brûlante. Il se passa une main nerveuse dans les cheveux et ferma les yeux un instant. Il ne savait jamais vraiment quoi dire, ni par où commencer. Il n'était pas certain qu'elle l'entende, mais dans le doute, il préférait s'exprimer à voix haute plutôt que dans sa tête.
—Je n'ai pas pu venir l'année dernière. Mais j'y ai pensé, tu sais ? Je sais combien c'était important pour toi.
La gorge de Drago se serra et il sentit ses yeux commencer à piquer, sa vue se brouiller. Ravalant ses sanglots, il reprit.
—J'aurai pu envoyer des fleurs. Mais je vois qu'on s'est bien occupé de toi.
Il fit un geste en direction des fleurs disposées tout autour de la pierre. Les bouquets avaient été renouvelés récemment car aucune des fleurs ne s'étaient encore flétries. La mystérieuse femme dont lui avait parlé le fossoyeur ne semblait pas être là aujourd'hui, mais elle était sans doute passé la veille, car ses traces de pas n'avaient encore étaient complètement recouverts par la neige.
—Je sais que je devrais venir plus souvent. Mais… je n'en ai pas la force.
Une larme perla au coin de ses yeux gris.
—Je n'en ai pas la force, répéta-t-il, comme pour lui-même. J'ai passé ma vie à me battre, contre mon père, contre Potter, puis contre le Seigneur des Ténèbres. Je me croyais plus fort que les autres… Tu parles…
Il passa d'un geste brusque le revers de sa manche sur ses yeux. Le froid glacial avait transformé ses larmes en de petites gouttes de feu qui lui sillonnaient les joues comme s'il s'était agi de braises.
—J'essaie de m'en sortir, je te jure, Liv'. Un pas devant l'autre, à chaque jour que Merlin fait. Mais je n'y arrive pas. Tout me rappelle à toi.
Drago laissa échapper un sanglot.
—La gamine des Potter est née, Noa. Elle est magnifique, tu l'aurais trouvé merveilleuse. Je sais que tu voulais tout un tas d'enfants. C'est moi qui ai voulu attendre, je voulais profiter de toi avant de te partager avec une ribambelle de petits Malefoy. J'ai eu tort. Peut-être que les choses seraient différentes aujourd'hui. Peut-être que je n'envierai pas continuellement Potter de connaître les joies de la paternité… Peut-être que je ne jalouserai pas les efforts de Granger pour s'en sortir. Elle parle à nouveau, Liv'. Enfin, pas à moi. Mais aux autres, oui. J'aimerai avoir sa force…
Une vague de sanglot eut finalement raison de Drago.
—Je fais de mon mieux, tu sais ? Mais ce n'est pas assez. Ca ne suffit jamais. J'ai tellement mal, Liv'. Ca me ronge de l'intérieur. Comment je vais faire ?
Il ne trouva rien à ajouter, et il se contenta de pleurer en silence, dans le froid glacial du mois de février. Son pantalon était trempé, et ses membres commençaient à s'engourdir… mais il s'en fichait.
Parce que le froid anesthésiait, le temps de quelques minutes, la douleur lancinante qui lui rappelait qu'il était seul et qu'il avait tout perdu. La neige le rongeait, et lui faisait si mal qu'il en oubliait ce qui le faisait souffrir au quotidien. La mutilation de son cœur prenait le dessus, quelques petites secondes, sur son âme meurtrie. Et c'était bon. Si bon qu'il serait resté là jusqu'à ce qu'il puisse rejoindre son épouse, si le vieux fossoyeur ne s'était pas approché de sa jambe traînante.
—Faut pas rester comme ça, m'sieur. Elle voudrait pas vous voir comme ça, votr' p'tite dame.
Drago leva ses yeux remplis de larmes vers ce vieil homme qu'il ne connaissait pas, mais dont les yeux offraient tant de bienfaisance et de gentillesse qu'il se sentait moins seul. Son sourire, légèrement édenté, lui réchauffa un peu le cœur, et malgré lui, Drago lui adressa une moue qui pouvait ressembler, de loin, à un sourire.
—Rentrez vous mettre au chaud, mon bon m'sieur. Demain est un autre jour comme on dit.
Drago se redressa lentement. Il mit du temps à se remettre debout, car ses articulations, douloureuses d'être restées trop longtemps dans la même position, refusaient de lui obéir. Quand ses genoux eurent retrouvé toute leur mobilité, Drago fit quelque pas en direction de la sortie du cimetière. Avant de quitter l'endroit, cependant, il se retourna pour adresser un signe de la main au concierge.
—Bonne journée, m'sieur, répondit-il de sa voix rauque. Bonne saint valentin !
—A vous aussi, répondit Drago, le cœur encore gros.
Sur le chemin du retour, Drago, qui avait décidé de rentrer à pied, pour retarder le moment de retrouver tous les autres, songea à ce que pouvait être son avenir. Il avait de grandes difficultés à se projeter, car jusqu'ici, son avenir ne portait que le prénom de Livia.
La vie était terriblement et tristement courte, et il en avait fait les frais, bien trop jeune. Peut-être qu'Hermione avait raison, dans le fond. Peut-être qu'il ne devait pas placer tout son espoir dans quelque chose de vain, ou du moins, quelque chose qui ne changerait rien au sort de Livia.
Il comprit que les mots d'Hermione l'avaient encore plus touché par leur sincérité. Elle n'avait pas fait cela pour le faire souffrir d'avantage, mais pour l'aider à se relever. Elle l'avait fait à sa manière, comme toujours. Il se promit d'aller la voir, une fois rentré.
Hermione dormait très mal depuis des semaines. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi : le lit était confortable, elle mangeait bien et depuis qu'elle s'était remise à parler, tout allait pour le mieux – aussi bien que cela pouvait aller dans un monde en guerre. Elle continuait ses séances de kinésithérapie et gagnait chaque jour une nouvelle victoire contre son corps, elle reprenait part à la vie de l'Ordre, elle redevenait elle-même.
Mais quelque chose n'allait pas, elle continuait à se sentir vide, comme une coquille échouée sur la plage et désertée par son âme.
Elle était montée se reposer, après le déjeuner. Loin du brouhaha, elle aimait s'allonger sur son lit et lire tout ce qui lui tombait sous la main. Elle avait d'ailleurs reçu une quantité impressionnante de bouquin pour noël.
Et puis, Ange était entré. Il avait pris son courage à deux mains et avait fait ce qu'Hermione espérait qu'il ne ferait jamais.
—Cela fait plus d'un an qu'on se connaît, à présent, Hermione. Et il faut que je te dise quelque chose…
S'en était suivi une déclaration d'amour aussi belle que les étoiles. Elle tombait à pic en ce jour de Saint Valentin. Et Hermione n'avait rien dit, parce qu'on ne sait jamais quoi répondre dans ces circonstances. Ange avait pris son silence pour de la timidité et il s'était approché d'elle.
Leurs lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres et Hermione sentit qu'il était trop tard pour reculer. Quand Ange posa délicatement sa bouche contre la sienne, douce et chaude, elle se sentit perdre légèrement pied. C'était une étrange sensation qu'elle n'avait pas ressentie depuis des mois, compter pour quelqu'un, autrement que par amitié.
Ange, ragaillardi par ce baiser, colla doucement son corps à celui d'Hermione et vint perdre l'une de ses mains dans ses boucles brunes, tandis que l'autre se pressait sur sa hanche. Hermione, quant à elle, se laissa faire, encore perdue et surprise par ce contact inattendu, les bras ballants le long de son corps. Ce baiser, aussi chaud et confortable fut-il lui laissa une drôle d'impression, et ce fut elle qui le rompit en repoussant légèrement son médecin.
Leurs lèvres ne s'étaient pas encore détachées que l'on frappa à la porte, et que cette dernière s'ouvrit rapidement. Surprise, Hermione sursauta et jeta un coup d'œil à celui qui n'avait pas pris la peine d'attendre une réponse avant d'entrer.
—Je…
Drago avait ouvert de grands yeux ronds. Ses yeux clairs se posèrent sur la main d'Ange sur la taille d'Hermione puis sur leurs lèvres gonflées de s'être embrassées. Il recula de quelques pas sans se détourner ce spectacle qu'il n'avait pas imaginé une seule seconde, puis tourna les talons et dévala les escaliers à toute allure.
Derrière lui, il entendit des bruits de pas et Hermione crier son nom.
—DRAGO ! Attends !
Il ne l'attendit pas. Il redoubla d'effort et sauta les quatre dernières marches de l'escalier, avant de se précipiter dehors. Elle ne le suivrait pas, il le savait.
Ce qu'il ignorait cependant, c'était pourquoi il avait réagi comme ça. Tout était trouble dans son esprit, il n'était pas sûr de se souvenir. Il était rentré du cimetière avec la ferme intention de parler avec Hermione. Lui dire qu'elle avait raison et qu'il n'aurait jamais dû lui dire ce qu'il avait osé lui dire. Qu'il était désolé. Il l'avait cherché partout et Ginny lui avait dit qu'elle était montée dans sa chambre se reposer.
Se reposer. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle se repose sur les lèvres de ce crétin d'Apollyon. Il avait eu tort, bien sûr, d'ouvrir la porte sans attendre de réponse. Elle aurait pu être nue, ou peut-être qu'elle n'aurait tout simplement pas voulu lui parler. Au lieu de ça, il avait tapé un coup et était entré, comme dans un moulin.
Et il les avait trouvés là. Entrelacés, en train de s'embrasser. Drago n'était pas stupide, il avait remarqué les regards que lançait Ange à Hermione, mais pas une seule seconde il s'était imaginé que ses sentiments aient pu être réciproques. Il était tellement aux antipodes de ce qu'Hermione méritait qu'il ne s'était même pas posé la question.
Il aurait visiblement du.
Quand Drago rentra, ce soir-là, il fut ravi de ne trouver ni Ange ni Hermione dans le salon. Ginny était là, avec la petite Noa sur ses genoux. Elle lui lisait une histoire d'une voix douce et enchanteresse. Drago s'arrêta quelques instants pour l'écouter, et la regarder avec tendresse, jusqu'à ce que son amie ne lève les yeux vers elle et lui lance un sourire rayonnant.
—Tu es de retour ?
—Ouais.
—Il fait froid aujourd'hui.
—C'est vrai.
Un silence s'abattit entre les deux amis jusqu'à ce que Drago se décide enfin à se jeter à l'eau.
—Je peux te parler ?
—Bien sûr, mais je dois aller changer Noa, tu n'as qu'à venir.
Drago acquiesça et la suivit à l'étage supérieur, dans la grande salle de bain des Potter. Le couple avait élu domicile dans l'ancienne chambre de Sirius Black que Ginny avait quand même pris soin de décorer à son goût. Une immense salle de bain y était attenante, et ils y avaient installé tout le nécessaire pour bébé.
—Alors ? demanda Ginny.
—Tu le savais ? demanda Drago d'une voix sourde. Tu savais qu'Hermione et Ange…
Il ne put même pas terminer sa phrase. Il ne savait même pas quoi ajouter. Hermione et Ange, quoi ? S'embrassaient ? Se fréquentaient ? Sortaient ensemble ? Couchaient ensemble ? Il n'en avait pas la moindre idée après tout. Il avait préféré fuir avant qu'Hermione n'ai le temps de lui expliquer.
Ginny le comprit cependant, car elle se contenta d'hausser les épaules.
—Non, répondit-elle tranquillement en déposant sa fille sur la table à langer.
—Elle ne t'a rien dit ?
—Non, et si c'était le cas, tu penses bien que je ne te dirais rien.
Drago ouvrit la bouche, puis le referma.
—Quoi ? finit-il par s'écrier.
—Tu ne me racontes pas les histoires de Blaise et Pansy toi, alors je ne vois pas pourquoi…
—C'est complètement différent, tu ne m'as jamais demandé !
—Parce que ça ne me regarde pas. Tout comme ce qu'il se passe entre Hermione et Ange ne te regarde pas.
Les mots de Ginny résonnèrent étrangement à l'oreille de Drago. Il ne s'était pas demandé pourquoi ça l'affectait autant, mais maintenant qu'elle disait, il semblait clair que toute cette histoire ne concernait en rien Drago. Alors pourquoi se sentait-il… hors de lui ?
—Ils sont assez grands pour savoir ce qu'ils font, continua Ginny en changeant la couche de Noa.
—Tu as confiance dans ce type ?
—Eh bien oui. Il s'est bien occupé d'Hermione et de tous nos blessés, il est loyal et très bon médecin. Je n'ai aucune raison de ne pas lui faire confiance.
—Il cache peut-être bien son jeu.
Ginny, qui était en train de chatouiller Noa en souriant, suspendit son geste et se tourna d'un air agacé vers son ami. Elle le toisa de ses yeux moqueurs avant de se pencher à nouveau sur sa fille et de murmurer, plus pour elle-même :
—Peut-être que tu devrais te demander pourquoi ça te dérange tant.
—Qu'est-ce que tu as dit ?
—Rien, sourit Ginny en relevant sa fille. Et voilà, Noa, tu es toute propre.
Drago boudait toujours, adossé à l'encadrement de la porte. Quand Ginny s'approcha de lui pour passer, il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne la vit pas.
—On dirait que Tonton Drago boude, murmura-t-elle à l'oreille de sa fille. Il n'est pas content que ta marraine puisse s'intéresser à quelqu'un d'autre que lui.
—N'importe quoi, s'exclama Drago en sortant de ses pensées. C'est juste que… Elle a déjà beaucoup souffert, je ne veux pas qu'elle… se fasse avoir.
—C'est à elle d'en juger. Pourquoi tu ne vas pas lui dire tout ça ? Peut-être qu'elle pourrait t'expliquer.
—Pas question… ça ne…
—Te regarde pas, termina Ginny en souriant de toutes ses dents.
Drago se rembrunit à nouveau. Cette fille le fatiguait. Depuis qu'ils se connaissaient – et peut-être encore plus depuis qu'elle était devenue maman- Ginny avait le don de percer Drago à jour.
—On sait tous que si elle reparle, on te le doit à toi et pas à Ange. On te doit aussi le fait qu'elle soit en vie. Mais tu ne peux pas l'enfermer dans une cage dorée, elle doit vivre sa vie, redevenir celle qu'elle était.
—Je sais, soupira Drago. Mais je ne veux pas que… Tu sais… Que Livia soit morte en vain.
—Je comprends. Tu penses que la mort de Livia ne sera pas vaine si Hermione vit une vie heureuse et sans souffrance. Mais ça fait partie de la vie, non ?
—Elle en a déjà assez bavé, murmura Drago.
Le visage de Ginny s'illumina et elle posa une main douce et parfumée sur la barbe de Drago.
—Tu n'es plus le même Drago. Tout ça… Ça t'a changé. Mais au lieu de le ruminer, parle-en avec Hermione. Ça vous fera du bien à tous les deux.
Drago acquiesça sans grande conviction. Il avait voulu aller lui parler et il était tombé sur Ange en train de lui faire les yeux doux – et même un peu plus – alors il n'était pas sûr de vouloir retenter l'expérience.
—Je peux ?
—J'imagine que oui.
Hermione eut un minuscule soupir de soulagement et s'avança doucement dans la chambre de Drago. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'elle soit aussi bien rangée et aussi propre. La chambre de Ron était tellement désorganisée que même Molly avait abandonné l'idée qu'elle soit rangée un jour. Celle de Drago était cependant aux antipodes de ce qu'elle avait imaginé. Tout était à sa place et pas un grain de poussière ne devait déranger la quiétude du mobilier.
Elle sentit le regard de Drago sur elle quand elle s'avança jusqu'à son lit et qu'elle vint s'asseoir dessus avec légèrement. Drago, quant à lui, était installé dans un vieux rocking-chair qui se trouvait déjà là quand il avait hérité de la chambre et qu'il avait fini par adoré. Il lui arrivait même de dormir dedans, quand il lisait, tard dans la nuit et que le livre finissait par lui glisser des mains.
—Tout à l'heure… Je…
—C'est bon, souffla Drago sans lever les yeux de son livre. Tu n'as pas besoin de te justifier, j'ai juste été… surpris.
—Moi aussi.
Drago leva les yeux, d'un air interrogatif.
—Je ne m'attendais pas à ce qu'il me déclare sa flamme, ni à ce qu'il m'embrasse. C'est arrivé, c'est tout.
—C'est tout, répéta Drago. Alors vous… vous sortez ensemble ?
Hermione eut un petit sourire en coin avant d'hausser les épaules.
—Je n'aime pas tellement ranger mes relations dans des cases.
Aucun des deux n'ajouta quoi que ce soit. C'était à la fois gênant et apaisant, comme si ce silence était une nécessité. Comme s'ils ne se comprenait finalement que par ce biais. C'était en effet la sensation qu'Hermione avait. Avant qu'elle ne retrouve sa voix et l'usage de la parole, elle avait eu l'impression que seul Drago parvenait à la comprendre totalement. Juste par le regard et par quelques gestes.
Mais à présent qu'elle reparlait, ils n'étaient pas parvenus à se comprendre et elle regrettait le temps où tout se passait pour le mieux. Elle espérait qu'avec le temps, ils parviendraient à trouver un moyen de communication qui leur conviendrait à tous les deux.
—Je ne t'ai jamais remercié. De m'avoir sauvé la vie.
—Laisse tomber.
—Non, j'insiste. Tu ne me devais rien, mais tu l'as fait.
—C'était mon rôle, en tant qu'agent double.
Hermione eut un petit sourire chaleureux. Cependant, Drago ne sut vraiment pourquoi, il ressentit une pointe d'amertume, ou plutôt de tristesse dans le fond de ses prunelles mordorées.
—Personne ne sait vraiment ce que j'ai vécu là-bas.
—On se doute que c'était pas une partie de plaisir.
—En effet. Mais je pense qu'il est temps que quelqu'un sache.
Sa voix était si douce et basse que Drago ne fut d'abord pas sûr d'avoir entendu ce qu'elle disait. Peut-être qu'il avait mal compris. Après tout, cela faisait plus d'un an qu'Hermione refusait de tomber à nouveau dans ces souvenirs douloureux, alors qu'est-ce qui avait changé ?
—Je veux que tu saches de quoi tu m'as sauvé Drago. Malgré tout ce que l'on me dit, je me sens coupable de la mort de Livia. Et je sais que toi aussi. Alors je veux que tu saches que tu m'as sauvé d'un enfer que tu ne peux même pas imaginer.
Elle avait dit cela d'une traite, comme si elle avait préparé son discours. Drago ne l'aurait pas juré, mais il était presque sûr d'entendre battre son cœur tant il tambourinait contre sa poitrine. Le sien aussi battait la chamade, il ne s'était pas attendu à ce qu'elle lui parle de Livia. C'était l'une des seules à le faire, et peut-être que c'était l'une des seules à en avoir le droit, finalement.
—Je veux te montrer. Je sais que tu maitrises assez la légilimencie. Alors si tu es d'accord, je t'invite à entrer dans ma tête.
C'était une drôle de demande, songea Drago, un peu malsain. Mais la horde de sentiments qui l'avaient assailli était plus forte que tout : la culpabilité, la curiosité aussi, et enfin, le besoin de savoir qu'il n'avait pas tout sacrifié pour rien. Une petite voix dans sa tête lui murmurait aussi que la fierté et l'orgueil qu'il ressentait n'était pas sans rapport avec le fait qu'Hermione l'ait choisi lui, plutôt qu'Ange, pour entrer dans son esprit tourmenté.
—Ici ? murmura Drago, surpris.
—Et maintenant, ajouta-t-elle d'une voix tremblante.
Elle avait les yeux brillants et le souffle court. C'était la première fois qu'elle était sur le point de s'ouvrir autant à quelqu'un. Elle appréhendait bien sûr, pourtant, au fond d'elle, elle savait que pour rien au monde elle n'aurait aimé que ce fusse quelqu'un d'autre. Il persistait entre une connexion que nul n'était capable d'expliquer et elle ressentait le besoin presqu'irrépressible de partager ces souvenirs, aussi atroces soient-ils, avec l'homme qui lui avait sauvé la vie.
Bon, voilà, je pense que le prochain chapitre ne sera pas une surprise : on va enfin découvrir ce qu'il s'est passé dans les cachots du manoir jedusor et ce qu'Hermione a vraiment vécu. Ce sera donc un chapitre principalement basé sur Hermione.
J'espère que ce chapitre vous a plu. Comme je sais que vous détestez Ange, j'imagine déjà votre réaction suite à ce baiser, haha, surtout qu'Hermione n'est pas totalement réfractaire à une petite aventure, a priori. Voilà, j'espère que vous aimez toujours l'histoire, et si c'est le cas, n'oubliez pas de laisser un petit mot ! Je vous dis à très vite pour le chapitre 10 (déjà ?) et en attendant portez vous bien !
