Coucou tout le monde ! Je poste ce chapitre avec un jour de retard, parce que j'ai eu des petits soucis d'internet hier et qu'il était impossible pour moi de poster le chapitre par mon téléphone. Bref, mais me voilà à présent, pour le 10ème chapitre. Ça passe tellement vite dis-donc ! Donc la dernière fois, souvenez-vous, on s'était arrêtés à la demande d'Hermione à Drago d'entrer dans sa tête pour voir ses souvenirs. C'est ce que nous allons donc voir aujourd'hui !

Avant de vous laisser lire, je remercie toutes les personnes qui ont lu, mais surtout celles qui ont commenté, car comme toujours, vous êtes mes moteurs. Merci aussi aux quelques personnes qui ont préféré me donner leur avis par MP c'est tout aussi bien, moi tant que j'ai votre avis, je suis la plus heureuse !

Swangranger : J'aime beaucoup écrire les moments au cimetière aussi ! Oui, il n'est pas si bête que ça notre Drago, il est juste un peu têtu, comme Hermione en fait ! On va enfin savoir ce qu'il s'est passé, rien de très rigolo, on est d'accord !

Leolili :Ahah et oui, c'est pour vous obliger à revenir, je suis diabolique ! Je ne suis d'ailleurs pas une grande adpte des cliffhanger d'habitude, mais là ça s'y prêtait bien, je dois dire. Et oui Drago comprend peu à peu qu'il tient à Hermione, il ne sait pas encore à quel point.

Maxine3482 : Ange est quand même courageux mine de rien. Hermione et Drago ne se rendent pas compte de la relation spéciale qu'ils entretiennent mais ils comprennent peu à peu qu'ils tiennent l'un à l'autre !

Lili Orya : Je suis contente que tu aimes. C'est sûr que leur relation est forte mais ils n'imaginent même pas à quel point ! Ils vont le réaliser peu à peu. Merci en tout cas pour tes commentaires toujours aussi gentils.

Guest : Ah enfin quelqu'un qui l'aime ! Moi aussi je l'aime bien haha. Merci pour ton commentaire.

JudorangeHp : Oooh vraiment ? je ne voulais pas te faire pleurer ! Oui tu avais vu jute pour le saut de génération, tu es trop forte ! Merci en tout cas, ton commentaire me touche énormément, et je suis ravie de te compter parmi mes fidèles commentatrices !

Rine : Merci pour ton commentaire, je suis ravie que ça te plaise en tout cas !

Miss Lolote : Oui le passage au cimetière vous a toutes touché je crois ! Ton commentaire est adorable, même si je vois que comme les autres tu n'es pas fan de Ange haha. Voici le nouveau chapitre !

Bonne lecture !


—Tu es prête ?

Hermione s'était allongée sur le lit, la tête sur les jambes de Drago. C'était une étrange position, mais elle savait qu'elle avait besoin de s'allonger et de cette manière Drago pourrait plus facilement poser ses mains sur sa tête et entrer dans son esprit. Il y avait autant de façons de pratiquer la légilimencie que de légilimens, et si Drago la maîtrisait avec perfection, il avait compris avec le temps que la meilleure façon d'accéder aux souvenirs des autres était encore de les toucher.

Il avait positionné ses mains de part et d'autre de la tête d'Hermione, effleurant du bout de doigts ses temps brûlantes. Hermione le regarda une dernière fois avant d'acquiescer doucement et de fermer les yeux.

Drago prit une inspiration profonde, et pénétra peu à peu dans la tête d'Hermione. C'était une drôle de sensation que d'entrer ainsi dans l'esprit de quelqu'un. Il savait qu'Hermione avait abaissé toutes ses barrières mentales, aussi ne peina-t-il pas à trouver directement ce qu'il cherchait. Il évita de s'attarder sur des souvenirs trop intimes, comme sa relation avec ses parents ou encore avec Potter et Weasley, et se concentra sur ce qu'Hermione voulait bien lui montrer : ses mois de captivité.

La légilimencie pouvait parfois beaucoup ressembler à une pensine, à la différence près que le legilimens ressentait tout ce que l'autre ressentait. Ainsi, quand Drago se retrouva dans une cave sombre et humide, il se surprit à frissonner et à froncer le nez devant l'odeur de moisissure. Le cachot était vide pour l'instant, et Drago se retourna pour questionner Hermione du regard. La conscience d'Hermione l'avait guidé jusqu'à ce souvenir, et c'était elle qui lui expliquerait tout ce qui allait se dérouler.

—Attachez-la !

Cette voix, que Drago n'avait pourtant pas entendu depuis plus d'un an déjà, était si familière qu'il n'eut même pas besoin de lever la tête pour comprendre qu'il s'agissait de Lord Voldemort. Celui-ci était précédé par deux mangemorts que Drago reconnus être Yaxley et Rosier qui tenaient fermement par le bras la silhouette inanimée d'Hermione.

Les deux sbires suspendirent Hermione par les poignets à deux chaînes magiques qui pendaient du sol, et s'effacèrent dans l'obscurité pour laisser place à leur maître. Celui-ci arborait une mine réjouie. Sans crier gare, il leva sa main pâle et longue et assena une gifle à Hermione. Drago sentit sa propre joue lui brûler tant la gifle était cuisante. Hermione bougea légèrement et ouvrit les yeux : elle ne savait pas où elle se trouvait.

—Comme on se retrouve Sang-de-Bourbe, murmura Voldemort de sa voix sifflante. Et cette fois, il n'y aura personne pour t'entendre crier, ni pour te secourir.

Drago serra la mâchoire. Il se sentait terriblement coupable, car jamais il n'avait entendu Hermione crier alors qu'elle se retrouvait sous ses pieds, à l'époque où il travaillait encore comme agent double chez les mangemorts. Il n'était plus sûr de vouloir assister à ce qui allait suivre : trois mois de souffrance et de désolation. Trois mois à regarder l'espoir mourir peu à peu dans les yeux noisette d'Hermione.

—Tu vas nous dire tout ce que tu sais, comme la gentille fille que tu es, expliqua Voldemort. Et nous te tuerons sans souffrance. Mais si tu résistes… Ah, et bien, je te laisse la surprise.

Hermione, toujours suspendue à ses chaînes regardait Voldemort comme s'il s'agissait d'un fou. Dans ses yeux, il n'y avait pas une seule once de peur, ni même de détresse. Il n'y avait que le courage, le dégoût et la haine. Avant-même qu'elle n'ouvre la bouche, Drago savait que le Seigneur des Ténèbres n'était pas content de voir tous ces sentiments dans les yeux d'Hermione. Car il se nourrissait de la peur des autres.

—Allez-vous faire foutre, articula lentement Hermione avec un sourire moqueur.

Drago ne s'était pas attendu une seule seconde à ça. Bien sûr, il connaissait la courageuse lionne qu'elle était, mais il n'était pas certain que tant de témérité allait être tout à son honneur. Voldemort sembla immédiatement oublier l'idée de la faire mourir sans souffrance. Au lieu de ça, il leva sa baguette et la pointa Hermione avant de crier :

—Endoloris !

La douleur était telle que Drago sentit ses genoux flancher. Il sentait tout ce qu'Hermione ressentait : la brûlure de ses entrailles, le déchirement de ses artères, l'explosion de ses viscères. Ça faisait tellement mal qu'il se sentait même incapable de pleurer. Il serrait les dents, crispé, tandis qu'Hermione encaissait le coup en silence.

—Tu parleras, Sang-de-Bourbe. Tu parleras et tu mourras.

Voldemort quitta le cachot sans ajouter quoi que ce soit, laissant derrière lui une Hermione pantelante mais bien décider à ne pas dire un mot. Derrière Drago, la conscience d'Hermione, restée cachée dans la pénombre, pleurait en silence. Ce ne fut qu'en tendant l'oreille que Drago entendit ce qu'elle murmurait comme un psaume :

—Ce n'était que le début.

Deux minutes après, la porte du cachot s'ouvrit à nouveau pour laisser entrer une silhouette plus fine et plus petite que celle du Seigneur des ténèbres. Drago ne put voir le visage de la nouvelle venue, mais il savait déjà de qui il s'agissait : une chevelure blonde qui dépassait du capuchon de la mangemort et les tremblements d'Hermione derrière lui, lui permirent de comprendre rapidement qu'il s'agissait du bourreau d'Hermione, celle qu'elle avait vu dans l'épouvantard, le soir d'Halloween.

La jeune femme, cachée derrière son masque, s'approcha d'un pas lent. Elle portait à la main une petite mallette en métal qu'elle déposa doucement sur sol, comme si elle contenait quelque chose de particulièrement fragile. Drago s'était attendu à ce qu'elle parle, mais elle ne dit pas un mot.

—Elle n'a jamais parlé, murmura Hermione derrière lui, comme si elle avait lu dans ses pensées.

Etrange. Pourquoi ne parlait-elle pas ? Peut-être était-elle muette ? Peut-être avait-elle reçu l'ordre de torturer et non pas de parler ? Ou alors… Peut-être qu'elle ne voulait pas être reconnue. Cette idée glaça le sang de Drago. Il l'observa un long moment, mais derrière son masque et son capuchon, et sous sa robe très ample, il était difficile pour lui de noter des signes distinctifs.

—Elle n'a jamais enlevé son masque ? demanda-t-il.

—Jamais. Je n'ai jamais su qui elle était.

S'en suivit une véritable séance de torture. Dans la mallette qu'elle avait pris soin d'apporter, la mangemort récupéra de longs objets tranchants, des fouets magiques, des potions, et même – et c'était étrange – une vieille radio. Drago ne sut combien de temps il resta là, à observer Hermione se faire torturer. Il ressentait chacun des coups de lames qu'elle lui infligeait, chaque brûlure, chaque sort. Il se sentait suffoquer, alors que son corps ne subissait rien. Son esprit était le seul à être véritablement touché.

Les heures passèrent, et quand il sembla qu'il fut l'heure pour la mangemort de partir, elle prit soin d'allumer la radio et de mettre le son à fond. Il ne s'agissait pas d'une émission de radio, ni même une chanson de Celestina Moldubec, mais seulement les cris indescriptibles et insupportables des êtres de l'eau.

—C'était pour m'empêcher de dormir, murmura Hermione. Je n'ai pas dormi les trois premiers jours, et puis quand je suis tombée de fatigue, elle est revenue me torturer.

Drago se sentit frissonner. C'était pire que tout. Il aurait encore préféré subir une batterie d'Endoloris. Le manque de sommeil, autant que le manque d'eau, était sans doute l'une des pires tortures que l'on puisse imaginer. Mais Hermione avait tenu bon. Elle avait subi sans jamais parlé.

—Quand ils ont compris que je ne parlerai pas de mon plein gré, ils ont redoublé d'efforts.

—Veritaserum ?

—Non, avec une bonne barrière mentale il est possible de détourner le véritaserum. Non, ils voulaient que je le leur dise de mon plein gré.

—Comment ?

—Rergarde.

Sans qu'il ne s'en soit rendu compte, le souvenir d'Hermione avait changé. Plusieurs semaines avaient dû passer, car l'Hermione qu'il avait sous les yeux était bien loin de celle qu'il avait vu quelques minutes plus tôt. Elle n'était plus suspendue à ses chaînes, mais ses chevilles étaient encore enchaînées. Elle dormait, par terre, dans les vêtements transformés en guenilles qu'elle portait le jour de son enlèvement.

Elle avait perdu beaucoup de poids. Ses joues s'étaient creusées, et son teint avait perdu de sa fraîcheur. Elle n'était pas en bon état, mais elle était vivante.

La porte du cachot s'ouvrit une nouvelle fois et ce fut Voldemort et la mangemort blonde qui entrèrent d'un pas décidé. La femme avait toujours sa mallette et Voldemort avait un petit air satisfait sur le visage qui n'annonçait rien de bon.

En guise de réveil Hermione reçut un seau d'eau glacée sur le visage ainsi qu'un coup de pied dans les côtes. Drago aurait juré avoir entendu ses os craquer si lui-même n'était pas en train de se tordre de douleur et de frissonner sous l'eau glacée qu'il n'avait pourtant pas reçu.

—Ouvre-lui la bouche, dit Voldemort de son éternelle voix sifflante.

La mangemort s'exécuta. Elle souleva Hermione avec tant de facilité que Drago en eut mal au cœur. Elle lui maintint la bouche grande ouverte afin que Voldemort – qui avait récupéré une petite fiole dans la mallette – puisse y verser une potion. Afin d'être sûre qu'Hermione avale tout, la mangemort lui boucha le nez.

—C'est bien. La potion ne met que quelques minutes à agir.

Tout d'un coup, le décor changea. Drago ne se trouvait plus dans le cachot humide du Manoir des Jedusor mais dans un grand parc, près d'un lac. Poudlard. C'était une magnifique journée ensoleillée et de nombreux élèves s'étaient allongés dans l'herbe verdoyante. Certains d'entre eux avaient même osé tremper leurs pieds dans le lac à la surface scintillante.

Hermione était allongée sous un arbre, elle lisait un roman moldu que Drago ne connaissait pas. Elle avait l'air heureuse, paisible. Quand Ron et Harry apparurent à côté d'elle, elle lui adressa un sourire si rayonnant que Drago sentit une pointe de jalousie l'assaillir : jamais elle ne lui avait souri de la sorte.

—Tu lis encore, Hermione ? demanda Ron en s'allongeant dans l'herbe.

—Oui, ça me détend, sourit Hermione en levant le nez de son livre. Vous avez fini de vous entraîner ?

—Ouais, répondit Harry. Dubois était fier de nous.

Dubois ? Drago arqua un sourcil. Harry, Ron et Hermione avaient l'air plus jeunes, certes, mais ils devaient avoir au moins dix-sept ans. En septième année donc. Olivier Dubois était parti depuis bien longtemps. D'ailleurs, à cette époque, le capitaine de Quidditch n'était autre que Potter en personne.

Drago comprit. Ce n'était pas un souvenir qu'il voyait là. C'était ce que la potion voulait bien faire voir à Hermione.

—Tu as compris ? souffla la conscience d'Hermione à côté de lui.

—Oui. Ils veulent tu faire croire que tu n'es plus dans les cachots.

—C'était la pire des tortures.

Et Drago la comprenait tellement. Combien de fois s'était-il en dormi pour rêver de Livia ? Combien de fois avait-il passé de merveilleuse nuit à rêver d'elle, à l'embrasser à la cajoler ? Et puis le réveil, dur et brutal, le sortait de ce bonheur volé, et lui rappelait combien il était seul. C'était pire que tout, rêver du bonheur et comprendre au matin, qu'il n'y en a plus.

—Vivement les vacances, s'exclama Ron en s'étirant de tout son long. On fait quoi, cette année ?

—On pourrait rester ici, proposa Harry. On visiterait l'Angleterre, on irait manger des glaces chez Florian Fortarôme, et on flânerait à Pré-au-Lard.

—Oui, ce serait parfait, murmura Hermione en souriant.

—On pourrait rejoindre l'Ordre aussi, on ferait une grande fête pour célébrer la fin de la guerre.

Ron et Hermione acquiescèrent en souriant. La potion faisait croire à Hermione que la guerre était terminée. Qu'ils allaient tous fêter ça et que plus rien ne les arrêterait désormais. Et voir Hermione aussi souriante, rayonnante de bonheur, serra le cœur de Drago. Se pouvait-il qu'un jour elle retrouve cette joie de vivre ? Il ne lui souhaitait que cela.

—Oui, on irait au quartier général, dit Ron. Comment ça s'appelle déjà ?

—Ron, rit Harry, tu as une mémoire de veracrasse.

Tous trois explosèrent de rire.

—C'est à Londres, n'est-ce pas ? Comment ça s'appelle, déjà Hermione ?

Drago voyait très bien où Voldemort voulait en venir. Il voulait faire dire à Hermione l'adresse précise du Square Grimmaurd. Hermione, Ron et Harry étaient les trois gardiens du secret du quartier général de l'Ordre. Si Hermione vendait la mèche, le secret ne perdurerait plus. Mais Drago savait qu'elle n'avait rien dit, sans quoi il ne vivrait pas actuellement dans l'ancienne maison de Sirius.

L'esprit d'Hermione, que la potion n'était vraisemblablement par parvenue à berner entièrement, semblait reprendre peu à peu de sa lucidité, car l'Hermione, assise au pied de l'arbre, haussa un sourcil.

—Ron, tu ne te souviens vraiment pas ?

—Allez, c'est pas si grave, s'exclama Ron en riant.

—Si Ron, réponds-moi. Tu t'en souviens ?

Hermione avait posé son livre et regardait Ron droit dans les yeux.

—Ce n'est pas toi, murmura-t-elle.

—Mais qu'est-ce que tu racontes ?

—Tu as les yeux bleus-gris.

—Et alors ?

—Et alors, Ron, tu as toujours eu les yeux bleu-vert. Tu es le seul de ta famille à avoir les yeux bleu-vert. Tout ça n'est pas réel.

Et à l'instant même où Hermione affirmait que tout cela n'était pas réel, le rêve se dissipa et Drago se retrouva à nouveau dans les sous-sols du Manoir de Voldemort. Hermione, toujours enchaînée, cligna plusieurs fois des yeux. Face à elle, le Seigneur des Ténèbres fulminait.

—Pourquoi ça n'a pas marché ? s'exclama-t-il à l'adresse de la mangemort.

Celle-ci haussa les épaules en signe d'incompréhension.

—C'était minable, cracha Hermione, dont les yeux brillaient de larmes.

Drago comprit que l'espace d'un instant, elle avait cru s'être sortie de cet enfer, et à présent qu'elle comprenait qu'elle était toujours là, on pouvait lire la déception en plus de la rage dans ses grands yeux bruns.

—C'est à partir de ce jour-là que je n'ai plus parlé, se souvint la conscience d'Hermione. J'avais si peur de lâcher le morceau que je n'ai plus rien dit.

Le souvenir changea à nouveau. Cette fois, Hermione n'était plus attachée. Complètement nue, recroquevillée sur elle-même, elle semblait à bout de force : des chaînes auraient été bien inutiles car de toute évidence Hermione était incapable de marcher. Ses jambes et ses bras étaient marbrés de bleus et ses lèvres violettes étaient la preuve qu'elle était en hypothermie. Drago eut un haut-le-cœur en voyant à quel point elle avait maigri. Ses côtes étaient plus visibles que jamais, ses membres n'étaient plus que des os. Quant à ses yeux… ce n'était plus que deux grandes cavités vides, et éteintes, et dont la lueur d'espoir semblait s'être éteinte à jamais.

Drago retint son souffle. Il connaissait cette scène, il l'avait déjà vu. Et avant même qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, la porte du cachot s'ouvrit dans un bruit sourd. Une grande silhouette massive entra et se précipita sur Hermione. Drago ne mit pas longtemps à se reconnaître.

—Hermione, murmura le Drago du souvenir. Hermione, tu m'entends ?

Hermione entrouvrit ses yeux avec difficultés. Quand elle reconnut Drago cependant, il sembla qu'elle mit toutes ses forces dans ses bras frêles qu'elle lui tendit avec désespoir.

—Merde, accroche toi, Granger, grognait Drago. Je vais te ramener à la maison.

Avec toute la délicatesse dont il pouvait faire preuve, il passa ses bras sous les jambes et dans le dos d'Hermione. Il retira sa cape et la fit glisser lentement sur elle pour cacher sa nudité, et la serra contre lui d'une manière si protectrice qu'il s'en étonna lui-même.

—A cet instant précis, murmura la conscience d'Hermione, j'ai cru que c'était encore un rêve que Voldemort me faisait voir pour que je parle. Et puis je me suis dit : pourquoi utiliserait-il Drago Malefoy, qu'il croit à son service ?

Drago eut un petit sourire crispé.

—A ce moment-là, Drago, tu es devenu mon monde, mon univers. Mon sauveur. Ca n'a duré que quelques minutes, mais tu étais mon support, mon port d'attache. Et puis j'ai réalisé que je ne parlais toujours pas, et que mes jambes ne répondaient plus. Je suis tombée dans une léthargie inquiétante. Et quand je m'en suis réveillée, tu étais parti.

—Ce n'était pas à cause de toi.

—Je sais. Mais tu étais parti quand même, et je me suis sentie coupable de la mort de Livia et de ton départ. C'est toujours le cas.

—Ne dis pas n'importe quoi…

Hermione resta silencieuse quelques secondes avant d'adresser un sourire d'excuse à Drago.

—Bien, je pense qu'il est l'heure de sortir de ma tête.

Drago acquiesça et peu à peu, il refit le chemin inverse, jusqu'à s'extirper de la tête d'Hermione. Il se sentit étrange, comme un intrus dans une environnement pourtant si familier qu'était sa chambre. Drago mit quelques secondes à retrouver ses esprits.

Hermione ouvrit les yeux et se redressa à son tour. Des larmes avaient sillonné ses joues sans même qu'elle ne s'en rende compte. Elle ne pensait pas que, plus d'un an et demi après, replonger dans ses souvenirs lui serait aussi douloureux.

—C'était…commença Drago, peu certain de ce qu'il voulait dire.

—Bizarre ?

—Douloureux, rectifia-t-il.

Il ne savait pas pourquoi, mais Drago sentait son estomac noué et une rage monter en lui. Il regarda Hermione, si douce et si forte à la fois. Hermione qui n'avait pas parlé en trois mois de captivité. Hermione qui avait tout subi en silence. Hermione qui s'en était sortie malgré tout, qui recommençait à parler et qui recommençait à marcher.

—Quoi ? murmura Hermione, gênée par le regard intense que lui jetait Drago.

—Je… Si j'avais su je serais venu tout de suite. Te sortir de ce merdier.

—Il vous fallait vous préparer, attirer Voldemort ailleurs pendant que tu me sauvais. C'était nécessaire, Drago.

Mais Drago savait qu'il aurait pu agir autrement, qu'il aurait pu la sortir de là bien avant. Il aurait peut-être mis des vies en périls, mais à cet instant présent, il s'en fichait. Parce ce qu'avait vécu Hermione était pire que tout le reste. Mêmes les Londubats n'avaient pas supporté le quart de ce qu'elle avait vécu. Drago sentit sa gorge se serrer.

Hermione sentit son désarroi et doucement, assez lentement pour lui laisser le temps de réagir, elle s'approcha de lui et vint poser délicatement ses bras autour de son cou. Voyant qu'il ne réagissait pas, elle s'approcha d'avantage et vint le serrer contre elle, à la manière d'un enfant. Drago se laissa aller contre son cou, respirant son odeur, si sucrée et apaisante.

C'était si étrange et à la fois si naturel, que Drago ne dit rien quand il sentit les mains d'Hermione lui caresser doucement le cou, et jouer avec ses cheveux. Il ne dit rien non plus, quand elle posa sa tête sur son épaule. Au contraire, il vint lui-même enlacer ses bras autour de sa taille, s'enivrant de son odeur et de son cœur qui battait contre le sien.

Elle était vivante, c'était tout ce qui comptait. Elle était vivante et à présent, en bonne santé.

Ils restèrent entrelacés pendant de longues minutes, sans rien dire. Cela faisait une éternité que Drago n'avait pas été aussi proche physiquement d'une femme. Et même si le souvenir douloureux de Livia le revenait en mémoire, pour rien au monde il n'aurait quitté l'étau des bras d'Hermione. Parce qu'à cet instant précis, il n'y avait aucun autre endroit où il aurait voulu être. Il ne se l'expliquait pas cependant.

—Drago ? Hermione ?

Ginny entra dans la chambre sans se soucier de frapper. C'était une habitude que tout le monde avait pris dans le quartier général, c'était à se demander pourquoi on ne dégondait tout simplement pas les portes. La jeune mère ouvrit de grands yeux quand elle aperçut Hermione et Drago serrés l'un contre l'autre mais afficha un petit sourire discret et confus.

Hermione et Drago se séparèrent immédiatement, surpris eux aussi. Cependant, Hermione se leva précipitamment quand elle aperçut la silhouette d'Ange derrière Ginny. Celui-ci semblait blessé et quand il croisa les yeux d'Hermione, il tourna la tête et quitta le palier pour se réfugier dans ses propres appartements.

—Ange ! Attends ! Ce n'est pas ce que tu crois…

Hermione se précipita à sa suite comme elle l'avait fait après Drago. Ce dernier se sentit d'ailleurs trahi, se disant que visiblement, Hermione Granger était le genre de personne à courir après toute sorte d'hommes, même les plus douteux.

Bientôt, Drago et Ginny se retrouvèrent seuls dans la chambre.

—Qu'est-ce que voulais ? demanda-t-il avec humeur.

—Savoir si tu voulais des pancakes, répliqua Ginny. Mais je vois que tu avais bien mieux à faire que de manger mes pancakes.

—Je ne vois pas de quoi tu parles.

—Tu étais en train de câliner Hermione !

—Je ne la câlinais pas ! Elle m'a pris dans ses bras, c'est différent.

Ginny explosa de rire.

—Ouais moi aussi je prends Harry dans mes bras.

—Ca n'a aucun rapport. C'est juste que…

—Que quoi ?

—Hermione m'a montré ses…

—Hermione t'a montré ses seins ?

Drago eut un mouvement de recul et secoua énergiquement la tête.

—Mais enfin, non ! Elle m'a montré ses souvenirs pendant sa captivité. C'est tout ?

Ginny recouvra immédiatement son sérieux. Elle regarda Drago de ses grands yeux surpris et s'approcha lentement de lui.

—Tu veux dire qu'elle t'a laissé voir ses souvenirs ? Comment ?

—Par légilimencie.

—Elle a toujours refusé jusqu'à maintenant, murmura Ginny. C'est bien, ça veut dire qu'elle va de l'avant.

—J'imagine.

—C'est bien.

—Quoi ? demanda Drago.

—Que vous vous soyez trouvés. Hermione avait besoin de quelqu'un à qui parler et je pense que toi aussi. Même si vous ne l'admettrez jamais vous vous ressemblez beaucoup tous les deux. Et jusqu'à maintenant, Hermione n'avait jamais trouvé le courage de se confier à qui que ce soit. Ni à moi, ni à Harry ou Ron. Encore moins Ange. C'est toi qu'elle a choisi. Après tout c'est toi qui l'as sauvé.

Elle avait dit tout cela d'une traite, comme si elle s'adressait plus à elle-même qu'à Drago. Celui-ci la regarda d'un drôle d'air, avant de la voir exploser en sanglots. Drago ne s'y attendait pas du tout, il se précipita vers elle.

—Quoi ? pourquoi tu pleures, Gin ?

—C'est juste que… Je suis si contente. Je ne devrais pas, bien sûr, avec la guerre et tout ça, mais je suis tellement heureuse que tu sois à nouveau là, et qu'Hermione parle et marche comme avant. Je suis heureuse d'être maman, et je suis heureuse qu'on soit tous ensemble, en vie.

—La maternité t'a ramolli, Gin. Y a deux ans de ça, tu m'aurais dit qu'on n'était pas là pour être heureux mais pour se battre jusqu'à la fin.

Ginny éclata de rire, son sourire était plus une grimace cependant, caché derrière ses larmes salées.

—Les gens changent.


Et voilà c'est la fin du chapitre 10 ! J'espère qu'il vous a plu et qu'il a été à la hauteur de vos attentes. Qu'avez-vous pensé des souvenirs d'Hermione ? Et de leur câlin, pardon, de leur étreinte ? Bon en tout cas, maintenant, tout est clair, on sait ce qu'à vécu Hermione et on peut se concentrer sur le marchand d'âme. C'est ce qu'on va faire dès le prochain chapitre en tout cas.

Tout a été assez calme depuis le début, mais maintenant ça va bouger et ce dès le chapitre 11. Des idées ? Allez, un indice, ça va être être rigolo pour Ange et Hermione.

Je vous laisse cogiter, en attendant je vous dit à ce week end et surtout portez vous bien !