Et me voilà pour le douzième chapitre, si je ne me trompe pas. Je n'arrive pas à croire comme le temps passe vite, c'est fou. Bon j'espère que vous avez passé un bon week end de trois jours, et que vous profitez du soleil pour ceux qui en ont ! Personnellement, j'ai soutenu mon mémoire et je suis donc officiellement en vacances universitaires. Mais bon, j'attends les résultats du CAPES avant je ne me repose pas sur mes lauriers haha. Bref, assez parlé de moi.

Je suis heureuse de vous annoncer que a réglé cette sordide histoire de reviews qui disparaissaient et je vais donc pouvoir répondre à toutes vos reviews qui m'ont vraiment fait plaisir, je suis vraiment heureuse de vous retrouver deux fois par semaines ! Merci.

Je vous laisse découvrir ce chapitre qui s'annonce… fort en rebondissements ! Bref, on se retrouve en bas pour en parler, mais avant, mes réponses aux reviews :

Leolili : Et oui, je suis une fille comme ça moi, je ne laisse pas Hermione tranquille ! Drago ne voit pas qu'il est amoureux parce qu'il a encore livia en tête ! Ahah, oui Mona a légèrement un nom du diable et Hazel est le nom d'un ange, coincidence ? Merci pour ton message, voici la suite (j'espère que tu vas l'aimer !)

JudorangeHp : Ah ce sort peut être utile pour tout un tas de choses hein, nous verrons bien comment il sera utilisé. Et oui j'ai fait fort, mais bon, c'était calme ces derniers temps, fallait bien que je vous réveille un peu ! Merci pour ton commentaire.

Alohomora : Ahah les reviews font des leurs on dirait. Merci pour tes petits commentaires en tout cas, je suis ravie que la fic te plaise. Tu n'es pas la seule à ne pas aimer Ange je crois, mdr, mais bon, il risque de rester encore un petit moment !

Lili Orya : Ahah c'est vrai que ton message paraît bizarre dans le contexte ! Et oui un nouveau kidnapping, trop fort ce Voldemort. Je n'avais pas du tout mal pris ta précédente critique, au contraire, merci à toi de commenter aussi régulièrement !

Swangranger : Et si encoooooore ! Personne ne sent Desdemona, c'est bizarre mdr. Oui Drago est attaché à Hermione, il s'en sent responsable depuis qu'il l'a sauvée !

Family-business : Oh merci, je suis contente qu'elle te plaise ! Oui Drago ne pense clairement qu'à Hermione, haha, faut dire qu'il ne porte pas Ange dans son cœur. Quant à savoir si ce dernier était un agent double… mystère et boule de gomme ! il faudra lire la suite ! Merci pour ton commentaire en tout cas !

Bonne lecture.


Drago connaissait le Manoir Jedusor comme sa poche. Il y avait passé de très nombreuses années à servir une cause qu'il ne partageait, alternant sa vie au manoir et sa vie de famille aux côtés de Livia. Il connaissait donc toutes les issues, les entrées mais aussi les zones les plus proches où il était possible de transplanner.

Quand Voldemort ignorait encore qu'il était un traitre, la marque des ténèbres sur son avant-bras suffisait à Drago pour aller et venir dans le Manoir comme il l'entendait. Mais depuis plus d'un an, il savait pertinemment qu'il serait persona non grata dans l'antre du seigneur des ténèbres.

Ce fut donc à l'entrée du village de Little Hangleton que Drago réapparut. La nuit était déjà tombée sur le petit village moldu, et c'était une excellente nouvelle pour lui, car il pourrait se faufiler jusqu'au manoir sans éveiller les soupçons.

Il n'avait pas fait cent mètres cependant, que retentirent derrière lui les bruits si caractéristiques du transplannage. Pensant d'abord avoir à faire à une horde de mangemorts, Drago fit volte-face en levant sa baguette pour finalement tomber nez à nez avec une grande partie de l'Ordre du Phénix.

—Potter, grogna Drago en voyant s'approcher le Survivant d'un air décidé.

—Malefoy, répondit-il sur le même ton. Si tu penses que la vie d'Hermione ne m'importe pas, tu te trompes mon vieux. Seulement ces années de guerre m'ont permis de comprendre deux choses : on ne se jette pas dans la gueule du sphinx sans un plan et on n'agit pas seul.

Drago eut un petit rire méprisant qui ne sembla pas plaire à Potter.

—On n'agit pas seul ? Ca ne t'a pas dérangé de me laisser agir seul pour sauver Granger la dernière fois.

—C'était différent ! Nous avions essayé toutes sortes de plans pendant des mois, et à l'époque Voldemort te croyait encore de son côté. Et puis on ne peut pas dire que tu sois sorti indemne de cette histoire…

Derrière Harry, les autres membres de l'Ordre retenaient leur souffle. Voilà qu'il parlait de la seule blessure dont Drago ne s'était jamais remis : le décès de sa femme. Si les vieux ennemis de Poudlard avaient su passer outre et entretenir jusqu'ici des relations chaleureuses, voire amicale, il semblait que ce soir, ni l'un, ni l'autre n'était près à abdiquer.

—Je sais ce que je fais Potter, ici on n'est pas chez les Blacks, on est sur mon terrain de jeu.

—Et c'est pour ça que tu seras aux commandes, répondit Remus qui s'était approché à son tour, craignant sans doute un dérapage incontrôlable de la part des deux hommes. On te suit, Drago.

Drago regarda son ancien professeur avec un mélange de méfiance et de reconnaissance. Est-ce que Potter allait vraiment le laisser être à la tête de ce petit commando ? Il le jeta un coup d'œil pour être sûr de ce que Lupin avançait.

A contre cœur, Harry hocha légèrement la tête.

—Très bien, alors écoutez-moi…

x.x.x

Quand Hermione se réveilla, elle eut la désagréable surprise de retrouver un environnement plus que familier. L'odeur d'humidité, le sol froid, les murs de pierre et ses éternelles chaînes aux chevilles n'avaient désormais plus de secret pour elle : elle se trouvait dans les cachots du Manoir de Voldemort.

Pour couronner le tout, elle avait l'impression qu'un troupeau d'hippogriffes lui était passé sur la tête tant celle-ci était douloureuse. Elle mit de longues secondes avant de rassembler ses esprits et de se souvenir ce qui lui était arrivé. En fait, ce fut lorsque ses yeux se posèrent sur Ange, lui aussi enchaîné, qu'elle se remémora les évènements.

Ange et elle étaient de garde, et ils s'étaient installés dans l'entrepôt comme ils le faisaient tous depuis des jours. Ils avaient repéré quelques choses de suspect, alors Ange était sorti voir, et quand il était revenu, deux hommes encapuchonnés se tenaient derrière lui.

Le médecin n'avait pas bougé quand Hermione avait tenté de s'échapper, d'attaquer et de se défendre. Il n'avait rien fait non plus quand l'un des deux mangemorts avait finalement stupefixé Hermione après lui avait fait subir une série d'Endoloris.

Quand leurs yeux se croisèrent, dans la pénombre du cachot, Ange – qui attendait visiblement qu'Hermione se réveille – s'agita et s'approcha doucement.

Hermione fit son possible pour reculer.

—Ne m'approche pas, s'écria-t-elle.

—Hermione… laisse-moi t'expliquer !

—M'expliquer quoi ? cracha Hermione, animée par la rage.

Elle se sentait trahie, déçue, et humiliée. Elle avait confiance dans Ange, elle l'avait laissé entrer dans sa vie, et même dans son intimité, quand il l'avait embrassée. Elle qui s'était jurée de ne plus se faire avoir, de plus donner sa confiance à qui que ce soit, voilà qu'elle venait de se faire avoir, une fois de plus.

—Je ne t'ai pas dénoncé, Hermione, je te le jure ! Quand je suis sorti voir ce qui se passait, ils me sont tombés dessus et m'ont mis sous impérium. Ils m'ont forcé à les mener à toi, je ne voulais pas, j'ai essayé de luter mais…

—Nous sommes entraînés pour ne pas subir les effets de l'imperium, répliqua Hermione.

—Vous oui, Harry vous a montré, mais pas moi. Je ne suis qu'un guérisseur, Hermione.

—Alors tu n'aurais pas dû te proposer, si tu n'es pas capable de protéger ton équipier et toi-même, tu n'as pas ta place dans ce genre de mission.

Ange baissa la tête, honteux. A une autre époque que celle-ci, dans un monde où la guerre n'aurait pas emporté des centaines d'innocents et où Hermione n'aurait pas subi des heures de tortures, elle se serait peut-être montrée plus douce, plus compréhensible. Mais dans un monde de guerre, il n'y avait pas de place pour les secondes chances, ni pour les lâches ou les faibles.

C'était un discours qu'elle n'aurait jamais tenu des années auparavant, mais Hermione avait mûri dans l'ombre de la bataille, et elle savait désormais que tout n'était pas rose. Elle s'était battue pour l'Ordre, elle s'était battue pour survivre, et ce n'était certainement pas pour se faire avoir aussi bêtement que par un imperium.

Pourtant, l'ancienne Hermione était toujours là, quelque part au fond d'elle. Et quand elle vit l'air abattu et honteux d'Ange, elle ne put s'empêcher de soupirer.

—Excuse-moi, murmura-t-elle finalement. C'est… ce cachot, il me rend folle.

Elle jeta un coup d'œil alentour pour réaliser avec horreur qu'en plus d'un an, rien n'avait changé. Tout était à sa juste place, à croire que ses chaînes n'attendaient que son retour. Hermione se demanda si quelqu'un était venu la remplacer, pendant cette année-là. Elle espérait que non, que personne n'avait eu à vivre ce qu'elle-même avait enduré trois mois durant.

—Comment on va s'en sortir ? demanda Ange d'une voix tremblante.

—J'avais déjà tout essayé à l'époque. C'est sans issue.

La voix d'Hermione ne laissait transparaître aucun sentiment de peur. Et c'était ça le pire. Car à la place, il n'y avait que la résignation, le renoncement, la capitulation… Elle savait ce qui allait suivre et elle ne se battrait pas. Parce qu'elle s'était déjà assez battue pour savoir reconnaître sa défaite. La vie avait déjà été bien assez bonne avec elle, elle ne le serait pas une seconde fois.

Le silence s'abattit entre les deux prisonniers. Un silence de mort. Ange faisait son possible pour rester calme, mais bientôt, il ne supporta plus le mutisme d'Hermione et reprit la parole.

—Le silence c'est pire que tout, murmura-t-il sur le ton de la conversation.

—Tu te trompes.

Ange lui lança un regard inquisiteur.

—Le pire c'est les cris. Le silence c'est le repos, le calme, la quiétude. C'est ce qu'on attend.

Et Hermione de s'autoanalyser. Elle avait tellement crié, hurlé à s'en briser la voix, que lorsque le silence retentissait à nouveau dans la pièce, ce n'était que bon signe. Cela signifiait que le bourreau s'en était allé et qu'elle avait quelques heures de répit devant elle. Voilà pourquoi elle s'était enfoncée dans ce silence, parce qu'il était réparateur.

Le silence ne dura pas, malheureusement.

Trop tôt au goût d'Hermione, la porte du cachot s'ouvrit. Une longue vague de frissons parcourut son corps quand elle vit la mangemort blonde avancer. A croire qu'elle était devenue son bourreau attitré. Cachée derrière son long capuchon, elle s'avança sans un mot et pointa directement sa baguette sur Ange.

Le sort informulé, qu'Hermione reconnut être un doloris, percuta le médecin de plein fouet. C'était peut-être le tout premier Doloris qu'il subissait, et il ne résista pas très longtemps avant d'hurler. Hermione le regarda se tordre de douleur, impuissante, tandis que la mangemort posait devant elle son éternelle mallette de fer.

—Laissez-le, implora Hermione.

Si elle était capable d'endurer mille morts, voir quelqu'un qu'elle affectionnait se faire torturer sous ses yeux étaient pire que tout. A ces mots, la mangemort redoubla d'effort jusqu'à ce qu'Ange tombe, inconscient sur le sol humide, un filet de sang sortant de son nez et de ses oreilles.

La mangemort d'approcha alors d'Hermione et sans la ménager, la tira par les cheveux, de manière à lui renverser la tête en arrière. Non… songea Hermione, pas encore… Elle savait très bien que la mangemort était sur le point de lui faire avaler une potion.

Récupérant une petite fiole dans sa mallette, la mangemort en extirpa le bouchon et l'approcha de la bouche d'Hermione.

—Non, murmura-t-elle, les yeux brillants. Non…

Elle ne supplierait pas, elle resterait digne, quoi que cette potion puisse lui faire. Pourtant, alors que la mangemort commençait à verser le contenu de la fiole dans sa bouche, dans un ultime effort, Hermione tira sur le masque de l'inconnue.

Enfin, Hermione mettait un visage sur celle qui l'avait torturé pendant des semaines. Un visage qu'elle ne connaissait que trop bien, qu'elle avait vu à de nombreuses reprises. Un visage qu'elle croyait ami, bienveillant. Un visage qu'elle aurait cru ne plus jamais voir. Non, impossible…

Mais avant de pouvoir parler, avant même de pouvoir se questionner, Hermione sentit la potion glisser le long de sa gorge, et ses yeux se fermèrent, lentement mais doucement, jusqu'à la faire sombrer dans un monde très loin du sien…

x.x.x

Drago avançait dans les couloirs sinueux du manoir. Un dédalle qu'il connaissait par cœur pour l'avoir parcouru des centaines de fois. Il s'était infiltré dans le manoir en passant par les cuisines, et en malmenant plusieurs elfes de maison, il devait l'admettre. Dehors, Georges Weasley avait fait exploser l'une de ces choses dont il avait le secret, et tous les mangemorts présents – et peut-être même Voldemort lui-même – s'étaient précipités à l'extérieur pour tomber nez à nez avec une dizaine des membres de l'Ordre du Phénix.

Le plan était simple : détourner l'attention jusqu'à ce qu'Hermione soit hors de danger. Il fallait éviter les risques inutiles et battre en retraite dès que Drago leur donnerait le feu vert.

Ses pas résonnaient sur la dalle humide, tandis que Drago hâtait le pas. Il ne voulait pas prendre le risque de se faire repérer trop vite.

Tout ne se passa pas comme prévu cependant. Quand Drago ne fut plus qu'à quelques dizaines de mètres des cachots, il entendit des bruits de pas venir dans sa direction. Il se figea sur place, dégaina sa baguette et attendit. Les pas se rapprochèrent peu à peu et bientôt, s'arrêtèrent.

Qui cela put être, il avait senti la présence de Drago.

Ses secondes s'éternisèrent, et sachant que chaque minute pouvait compter pour Hermione, Drago esquissa un pas de côté, juste assez pour voir que le couloir qui faisait l'angle était étonnamment vide. Surpris, Drago tourna la tête des deux côtés, puis recula de quelques pas avant de percuter quelque chose – ou plutôt quelqu'un – de plein fouet.

Drago fit volteface. Devant lui se tenait une silhouette qu'il n'avait déjà que trop vu. La première fois, c'était sous la forme d'un épouvantard, et la dernière, dans les souvenirs d'Hermione. La mangemort blonde se tenait sous ses yeux, cachée derrière son masque.

Drago eut tout juste le temps de lever sa baguette que, déjà, la mangemort lui avait lancé un sort assez puissant pour le propulser contre le mur. La seconde d'après, elle s'était volatilisée dans un écran de fumée noire.

Encore sonné, Drago eut du mal à se relever. Il sentit un liquide chaud couler le long de sa tempe, mais ne prit pas le temps de s'en inquiéter. La situation était trop étrange pour se soucier d'un peu de sang perdu. La mangemort avait réagi à la vitesse de l'éclair, elle lui avait jeté un sort, non pas pour le tuer, ni même pour le ralentir, juste assez pour l'éloigner et avoir le temps de disparaitre.

Tout le monde dans l'entourage de Voldemort savait désormais que Drago était un traitre, et il était très peu probable que ce mangemort l'aide à accéder aux cachots d'Hermione. Pourtant, elle avait fui, lui laissant littéralement, le champ libre.

x.x.x

La potion avait fait sombrer Hermione dans une sorte de coma artificiel. Elle ne s'en rendit pas compte cependant. Sous ses yeux, les cachots de Voldemort disparurent, et bientôt, elle se retrouva allongée dans un lit d'hôpital. Ce n'était pas l'une des chambres de Sainte Mangouste, car tous les équipements médicaux n'avaient pas l'air issus de la technologie magique.

Hermione s'agita doucement, ne comprenant pas comment elle avait pu atterrir dans cet hôpital moldu alors que quelques secondes plus tôt, elle était encore au Manoir Jedusor. Elle tenta de se relever, avant de réaliser avec horreur que ses bras étaient entravés par une camisole, et ses jambes sanglées contre le lit.

—Qu'est-ce que… murmura-t-elle, déboussolée.

A cet instant précis, Ange entra dans la chambre. Il portait une blouse blanche et un stéthoscope autour du cou. Sur ses talons, Mr et Mrs Granger regardaient leur fille d'un œil empli de tristesse.

—Hermione, murmura Ange en s'approchant d'elle. Comment allez-vous aujourd'hui ?

—Je… Ange ? Où sommes-nous ?

—Docteur Apollyon, rectifia Ange en regardant les machines médicales d'un œil expert. Nous sommes au Bethlem Royal Hospital, Hermione, nous en avons déjà parlé. Vos parents sont venus vous voir.

Hermione regarda ses parents s'approcher d'elle. Elle ne les avait pas vu depuis des années. Tant que la guerre n'était pas terminée, elle s'était refusée à aller les chercher en Australie. Elle s'était promis d'y retourner, une fois l'Angleterre débarrassée de sa vermine.

Mrs. Granger vint s'asseoir à côté d'Hermione, sur une petite chaise prévue à cet effet. Le Dor. Apollyon vint défaire la camisole d'Hermione et libéra ses bras tandis que sa mère, qui avait les yeux remplis de larmes, s'emparait délicatement de la main de sa fille unique. Ce contact acheva de nouer la gorge d'Hermione qui sentit à son tour des grosses larmes couler le long de sa joue.

—Maman, murmura-t-elle, papa…

Son père était présent aussi, il tenait sa mère par les épaules comme il l'avait toujours fait quand sa femme pleurait. Hermione tendit une main dans sa direction, et quand elle sentit la main chaude de son père dans la sienne, ses sanglots redoublèrent.

—Vous m'avez tellement manqué… pleura-t-elle.

—Oh, chérie, murmura Mrs. Granger, nous sommes là. Et toi aussi tu es là, avec nous… Reste avec nous chérie.

Cette phrase sonnait étrangement, mais Hermione, trop heureuse de retrouver ses parents, en oublia de se poser des questions.

—Vous vous souvenez de la raison de votre présence ici, Hermione ? demanda Ange en prenant son dossier, au pied du lit.

—Je…

Tous les regards se tournèrent vers elle, mais Hermione était incapable de se souvenir. Pourquoi se trouvait-elle ici ? Sa mémoire, jusqu'alors toujours fidèle, semblait lui faire défaut. Les cachots du Manoir Jedusor n'étaient d'ailleurs plus qu'un lointain souvenir.

—Vous êtes ici parce que vous présentez des traumatismes mentaux, Hermione. Depuis cette chute à cheval, pour vos onze ans, votre cerveau a quelques défaillances.

Hermione regarda ses parents. Ceux-ci acquiescèrent lentement.

—Où sont Harry et Ron ? demanda subitement Hermione.

—Chérie, commença Mr. Granger. Harry et Ron ne sont que le fruit de ton imagination.

—Quoi ?

—Hermione, ce sont les effets de votre traumatisme. Rappelez-vous : Harry Potter et Ronald Weasley n'existent que dans votre esprit. Tout comme votre école de magie et le monde magique dans sa globalité. Vous vous souvenez ?

Hermione cligna plusieurs fois des yeux avant d'assimiler tout ce que venait de lui dire le médecin. Mais enfin, de quoi parlait-il ? Poudlard n'existait pas ? Pas plus qu'Harry et Ron ? C'était complètement impossible. Elle était désorientée, et les pleurs de sa mère à côté ne l'aidaient pas à se concentrer. Elle s'en voulait tellement d'être à l'origine de ces pleurs qu'elle serra un peu plus sa main.

—Pourquoi tu pleures, maman ?

—Ca fait si longtemps, chérie, que tu n'as pas eu de moment de lucidité. Tu nous manques, reste avec nous, Hermione.

—De lucidité ?

—Depuis votre traumatisme vous alternez les phases de lucidité et de folie. La dernière fois c'était l'année de vos douze ans, ça n'a duré que quelques semaines, et puis vous avez replongé… une histoire de chambre et de basilic…

—Mais la magie, elle…

—N'existe pas, acheva Ange d'une voix un peu rude. Ce n'est que le fruit de votre imagination, Hermione. Vous vivez depuis près de quinze ans dans un monde imaginaire. Il faut vous accrocher Hermione, rester lucide.

Hermione regarda tour à tour le médecin et ses parents. Ils avaient l'air si tristes, par sa faute. Comment son cerveau avait-il pu inventer toutes ces choses ? Elles paraissaient pourtant si réelles : Poudlard, l'Ordre du Phénix, Voldemort… elle se souvint alors des cachots.

—Voldemort ! Il faut que je l'arrête il…

—Non, mon cœur, l'interrompit Mr. Granger. Il n'existe pas.

—C'est le nom que vous donnez à votre folie, Hermione, le mal qui vous ronge. Il faut que vous restiez lucide, souvenez-vous.

—Mais comment ? murmura Hermione dont les pleurs recommençaient. Comment je dois faire ?

—Il faut ignorer l'autre monde, il faut lutter, faire disparaître la magie pour regagner peu à peu le monde réel.

x.x.x

Drago ne s'autorisa pas à chercher davantage de réponses à ses questions. Au lieu de ça, il se précipita dans le couloir en espérant ne tomber sur personne. Son cœur tambourinait dans sa poitrine au fur et à mesure qu'il s'approchait de la porte du cachot. Il appréhendait, jusqu'ici, il ne s'était pas vraiment demander ce qu'il était sur le point de trouver.

Est-ce qu'Hermione serait encore vivante ? Ou bien ne ramènerait-il que son cadavre au Square Grimmaurd ? Et si elle vivait encore, dans quel état se trouverait-elle ? La dernière fois qu'il l'avait sortie de ces cachots morbides, elle ne marchait et ne parlait plus. Si Hermione faisait une rechute et sombrait à nouveau dans le mutisme, Drago n'était pas certain qu'elle puisse s'en sortir une seconde fois.

Quand il poussa la porte du cachot d'une main tremblante, les yeux de Drago scrutèrent l'obscurité de longues secondes avant de voir deux corps inertes sur le sol.

Il se précipita sur le premier qu'il reconnut être Ange. Le médecin semblait assommé mais son cœur battait encore. Drago ne s'attarda pas, il avait presque oublié sa présence, et se rua sur le corps d'Hermione, adossée contre le mur.

—Hermione ! Hermione, réveille-toi !

Il la secoua légèrement, mais n'obtint aucune réaction. Hermione n'avait pas l'air aussi mal en point que Ange, qui avait le teint pâle et du sang sur le visage, mais cette pensée ne rassura pas Drago pour autant. Combien de sorts pouvaient faire des dégâts internes qui n'apparaissent pas à l'œil nu ?

Drago tenta de la réveiller à l'aide de quelques sortilèges, mais elle ne semblait pas capable de s'extirper de son sommeil magique. Il n'avait pas le temps d'attendre cependant. Il s'approcha à nouveau d'Ange et lui lança quelques sorts à son tour, qui eurent plus d'effets sur le médecin que sur sa patiente.

—Debout Apollyon, on n'a pas beaucoup de temps. Tu peux marcher ?

Ravalant sa rancœur contre le médecin, Drago lui tendit une main pour l'aider à le relever. Pendant qu'Ange tentait vaguement de reprendre pied, Drago récupéra Hermione qu'il cala contre son torse, prenant soin à ce que sa tête ne ballotte pas dans tous les sens.

—Je… je ne vais pas y arriver, murmura Ange en réprimant un haut-le-cœur.

—On n'a pas le choix, c'est ça ou je te laisse croupir ici. J'étais venu pour Hermione, à la base, grogna Drago.

Ses mots eurent l'effet escompter. Voyant Hermione dans les bras de Drago, Ange sembla récupérer ses esprits, et s'efforça de mettre un pied devant l'autre. Il devança Drago et sorti le premier du couloir.

Les deux hommes parcoururent les couloirs aussi rapidement qu'il était possible. Ange peinait encore à courir, quant à Drago, il portait le poids d'Hermione, en plus du sien.

—Accroche-toi Granger, murmura-t-il à son oreille. On rentre chez nous.

Le retour au Square Grimmaurd se passa finalement bien plus facilement que prévu. Quand les membres de l'Ordre avaient vu Ange, Drago et Hermione sortirent du Manoir, ils redoublèrent d'efforts pour faire reculer les mangemorts et permettre à chacun de quitter le champ anti-transplannage pour retourner au Quartier Général.

Drago n'avait pas dit un mot jusqu'à se retrouver sur le perron de la maison des Blacks. Il n'était pas du genre à crier victoire avant d'être sûr d'être en sécurité. Quand tout le monde fut cependant mis à l'abri et que tous les membres se retrouvèrent dans la cuisine du Square Grimmaurd, il sentit une vague de désespoir l'envahir. Et si Hermione ne se réveillait pas ?

La serrant toujours dans ses bras, elle avait l'air si fragile, si petite, qu'il douta de longues secondes. Pourtant quand Harry et Ron s'approchèrent d'elle et empoignèrent ses deux mains, en l'appelant doucement, Drago sentit son cœur se figer quand Hermione frissonna légèrement contre lui. Ses paupières se crispèrent, et bientôt, ses longs cils se mirent à battre frénétiquement.

Ses yeux étaient encore vitreux et ne parvenaient pas à s'accrocher à quoi que ce soit. C'était comme si elle revenait de très loin, d'un long rêve dont on avait oublié le commencement.

—Hermione, murmura Potter en serrant un peu plus sa main. Tout va bien, on est rentré à la maison.

—Harry…

Le soulagement était palpable dans la cuisine. Chacun, en voyant l'état d'Hermione, s'était demandé si elle se sortirait une seconde fois de son passage dans les cachots du Manoir Jedusor, mais à présent qu'elle avait rouvert les yeux, et mieux encore, qu'elle avait parlé, le monde entier s'était remis à tourner.

Drago sentit ses propres muscles se décrisper légèrement.

—Harry, répéta Hermione. Tu… Tout ça n'est pas réel. La magie, ça n'existe pas.

Ces quelques paroles semblèrent lui demander bien trop d'efforts, car après avoir prononcé le dernier mot, elle sombra à nouveau, laissant derrière elle l'incompréhension et la crainte de la voir tomber dans la démence. Et pour Hermione, qu'importait de faire souffrir ces gens issus de son imagination, tant que ses parents étaient heureux. Peu importait de ne pas être comprise, l'important, c'était de sortir de cette folie, de retrouver ses parents et sa vie sans magie.

Elle était décidée à redevenir la jeune fille qui était avant son traumatisme, à reprendre sa vie là où elle l'avait laissé. Et tant pis si elle devait oublier les moments merveilleux – mais inventés – qu'elle avait passé avec chacun d'entre eux, tant pis pour Poudlard, et tant pour la magie. Tant pour Livia aussi… Livia, qu'elle avait reconnu bien sûr, derrière le masque de la mangemort blonde, avant que celle-ci ne lui fasse ingurgiter la potion.


Bon… Je crois qu'il faut qu'on parle ! Ce chapitre est l'un des plus importants de la fiction car il contient beaucoup de choses. D'abord, Ange ne semble pas être un traitre, il est juste faible et a subi un imperium, Hermione se rend compte qu'il est surtout médecin, mais forcément un guerrier !

Ensuite, le retour de la mangemort blonde… Dont on connait désormais l'identité ! LIVIA MALEFOY ! Oui oui ! Ahah, vous ne vous y attendiez pas à celle-là hein ? Alors, réactions ? Et donc, Livia qui a torturé Hermione pendant des mois, et qui vient de lui faire perdre la tête avec sa potion, et par là même, lui faire oublier qu'elle venait de comprendre que Livia n'était pas morte !

D'ailleurs, pour cette 'perte d'identité' d'Hermione, je me suis inspirée d'une série, je me demande si vous devinerez la quelle ! La magie ça n'existe pas ! Vous en pensez quoi vous ? Bon, vous aurez compris que sa dernière crise de lucidité c'était en fait pendant sa 2nde année, quand elle a été pétrifiée !

Bref j'ai hâte de voir toutes vos réactions, j'espère vraiment que vous me donnerez votre avis, positif ou négatif, n'hésitez pas ! en attendant je vous souhaite une bonne fin de semaine et vous dis à ce week end !