Et voilà, je poste le chapitre 13 un peu tard, mais j'ai une bonne raison : j'ai énormément stressé ces derniers temps à cause de mon mémoire, de ma soutenance et de mes résultats au CAPES, et maintenant que je sais que je suis admissible, j'ai repris mes révisions ! Donc, je n'ai pas eu le temps de poster ce chapitre plus tôt, toutes mes excuses.
Vous avez été trèèèèèèès nombreux à lire mais aussi à commenter le chapitre précédent et j'en suis ravie. Pour la plupart, vous avez été surpris de l'identité de la mangemort blonde, haha, même si visiblement, certains avaient déjà deviné, les petits futés ! Je vous réserve cependant encore tout un tas de surprises, alors surtout, ne vous reposez pas sur vos lauriers ! Vous avez d'ailleurs été quelques un(e)s à voir que je m'étais inspirée de la série Buffy Contre les Vampires !
Leolili : ah tiens, c'est marrant, vous êtes plusieurs à m'avoir parlé d'inception alors que je n'y avais pas du tout pensé ! Je suis contente de t'avoir surprise en tout cas, car je sais que vous étiez nombreux à penser à Hazel haha. Surprise ! Désolée, la suite n'arrive qu'aujourd'hui, j'espère que tu me pardonneras !
Miss Lolote : Je suis contente que mon petit effet de surpris ait fonctionné ! En effet, quand Drago va l'apprendre, ce sera pas du joli mais bon, faut ce qu'il faut ! Merci de prendre le temps de commenter de temps en temps, ça me fait vraiment plaisir.
Elisendre : ahah, tu fais partie des rares à avoir pensé à Livia ! Féliciations ! Ouiiii C'est Buffy ! Merci pour ton commentaire en tout cas !
JudorangeHp : Et oui c'est pas de la gnognote ! Je suis ravie que ce chapitre t'ai plu en tout cas et que l'effet de surprise soit réussi. Beaucoup pensaient à Hazel, mais non haha. Merci pour ta review.
Swangranger : ahah, surprise ! Ton commentaire me touche vraiment, tu es adorable. Je suis contente que ça t'ai plu et j'aime surprendre mes lecteurs ! La série c'est Buffy ! Voilà voilà haha. Merci en tout cas.
Lily Orya : Tu as l'air bien sûre de toi ! Je te laisse spéculer, et on en rediscute à la fin de la fiction mr Merci pour ton petit commentaire en tout cas.
Xristina : Pas franchement une surprise ? Peut-être pas pour toi, mais certains lecteurs ont été très surpris en tout cas. Mais je suis ravie que tu l'ai deviné, j'avais laissé quelques indices, dont le fait qu'elle ne parlait pas bien sûr, et aussi le fait que Livia peut être un nom de traitresse.
Math'L : Oui ça va faire mal au petit cœur de Drago, je pense, mais bon que veux-tu, faut ce qu'il faut pour le faire tomber dans les bras d'Hermione ! Merci pour ton commentaire.
InitialsBB : Ahah merci pour cette palme d'Or ! Je suis touchée de voir que ma modeste fiction t'a conquise, vraiment. Aaaah une connaisseuse de Buffy ! C'est ma série préférée de tous les temps (je l'ai d'ailleurs re-re-re-re-re regardé quand elle passait sur 6ter y a quelques mois !). Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira et je suis ravie de te voir entrer dans le club très select des déposeurs de reviews !
Alohomara : Je suis contente que tu aies aimé ce chapitre ! En effet, tu te poses les bonnes questions, mais je n'en dis pas plus sinon, ça gâcherait la surprise ! Hermione a dit des choses pas jolies à Ange, mais comme tu dis, elle avait raison. Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira tout autant !
Bonne lecture !
On avait retiré sa camisole à Hermione, et on l'avait même autorisée à sortir se promener. Emmitouflée dans sa parka noire, qui recouvrait sa chemise de nuit d'hôpital, Hermione prenait l'air aux côtés de ses parents. Ceux-ci rayonnaient de plaisir : sa mère ne cessait de toucher Hermione qui si elle n'en croyait pas ses yeux, quant à son père, il prenait bien soin de lui parler, de leur raconter leur vie d'avant pour empêcher sa fille unique de retomber dans sa folie.
–Tu te souviens de notre chat ? Béarnaise ! Tu l'avais appelé comme ça parce qu'on l'avait trouvé en France, la première fois que tu avais goûté à la sauce béarnaise.
–Béarnaise ? répéta Hermione.
Elle ne se souvenait pas de son chat, mais elle trouvait que Béarnais était un drôle de nom. Quand elle tenta de se le remémorer, la seule image qui revint en tête à Hermione, ce fut un énorme chat roux aux pates arquées et au nez aplati…
–Pattenrond, murmura-t-elle, songeuse.
–Non, Béarnaise, reprit son père. Pattenrond est le chat que tu t'es inventé dans ta tête, Béarnaise, lui est bien réel. Il est aussi blanc que la neige, et il n'attend que ton retour…
Hermione ne parvenait pas à se souvenir, mais en voyant le regard triste de sa mère, elle se contenta de sourire et d'acquiescer.
–Oui, bien sûr, Béarnaise…
La famille Granger était enfin réunie, et elle passa le reste de la journée à se promener dans le grand parc qui entourait l'hôpital psychiatrique. C'était une belle journée printanière, ensoleillée, mais dont le fond de l'air restait malgré tout frais, et typiquement anglais. Hermione écouta ses parents pendant des heures, lui racontant tout ce qu'il s'était passé depuis son accident. Le mariage de sa cousine Violette et la naissance du premier arrière-petit fils, Thomas.
Hermione connaissait toutes ces personnes, mais elle ne les avait pas vu depuis une éternité et elle peinant à mettre un visage sur ces prénoms.
Le temps défila à toute allure, si bien que, pas une seule fois, Hermione pensa à Harry ou Ron, ni à la famille Weasley ou encore à Ange ou Drago. Elle se concentrait sur ses parents qu'elle n'avait jamais vu aussi heureux depuis des années. Ses parents qui lui manquaient terriblement, ses parents qu'elle avait expédié en Australie, ses parents qui l'aimaient et qu'elle aimait en retour.
Quand vint l'heure du dîner, le docteur Apollyon apporta ses médicaments à Hermione. Il s'agissait de trois pilules colorées à prendre en même temps que le repas.
–Tenez Hermione, avalez-ceci, et tout ira mieux !
Hermione observa de longues secondes les pilules. Son instinct lui disait de ne pas les prendre, que quelque chose clochait derrière le sourire chaleureux du médecin. Pourtant, le regard inquiet et protecteur de ses parents acheva de la convaincre, et elle ingurgité les cachets qui la feraient sombrer davantage dans la démence qu'elle pensait, au contraire, fuir.
x.x.x
Depuis qu'Hermione avait eu ces paroles terribles et qu'elle avait sombré dans une sorte de sommeil magique, personne ne savait vraiment comment réagir. Drago avait dû la monter jusqu'à sa chambre, et son entourage le plus proche s'était réuni sur le palier, une fois la porte refermée.
–On a un gros problème, murmura Ron. Si personne ne parvient à la réveiller…
–Le problème ce n'est pas de la réveiller, on n'a encore rien essayé, répliqua Harry. Le problème c'est si elle se réveille et qu'elle pense encore que la magie n'existe pas.
Un silence pesant s'éternisa entre les membres de l'Ordre. L'inquiétude se lisait sur leur visage, et s'ajoutait à cela, la lassitude et la fatigue de voir que rien n'y faisait : quoi qu'ils puissent faire, rien ne se passait jamais comme prévu, et Hermione semblait l'unique personne à en faire véritablement les frais.
–Il faut d'abord la réveiller, éluda Ange. Une potion, ou un sort. Il faut la faire sortir de ce coma et faire des analyses sanguines pour comprendre ce que lui fait cette potion et savoir si les effets sont… irréversibles.
–Bonne idée, admit Harry. Faites des analyses, on saura peut-être mieux comment réagir quand on comprendra de quoi il s'agit.
–Je pense qu'on a plus ou moins compris que la potion lui faire croire que la magie n'existe pas, grogna Drago. C'est une potion qui s'attaque directement à ses souvenirs…
Ses souvenirs… C'était exactement ce qu'il fallait. Drago entra précipitamment dans la chambre d'Hermione. Celle-ci ne bougea pas d'un cil, malgré l'entrée bruyante et fracassante de Drago. Ce dernier s'approcha du lit et pointa sa baguette directement sur la tempe d'Hermione sous le regard surpris des autres.
–Amenez-moi des fioles, murmura Drago. Autant que possible.
–Je dois en avoir à l'infirmerie, dit Ange en se précipita dehors.
–Et moi dans la cuisine, ajouta Molly en quittant la pièce.
–Malefoy, qu'est-ce que tu fabriques ?
–Je sauve les souvenirs d'Hermione avant que la potion ne les écrase tous. Une fois réveillée, on n'a pas beaucoup de temps pour lui faire comprendre que la magie existe bel et bien. Et quoi de plus vrai que ses propres souvenirs ?
Tout le monde le regarda avec de grands yeux. Lupin fut le premier à réagir.
–Je ne me souviens pas que tu étais aussi brillant, à l'époque où tu étais mon élève.
–Ca, c'est parce que je n'en avais rien à faire de vos cours Lupin, répliqua Drago avec un sourire en coin.
–Tout ça pour finir dans la résistance…
Lupin avait un petit sourire en coin. Leur petite joute verbale s'acheva avec l'arrivée en trombe d'Ange, qui avait une trentaine de fioles dans les mains. Il les déposa une à une sur la table de chevet et Drago commença à les remplir de longs petits filaments argentés.
–Tout droit sortis de la tête de Miss Parfaite, murmura-t-il en rebouchant la vingtième fiole.
–Ce n'est pas un peu… commença Ron.
–Un peu… ? demanda Drago.
–J'ai l'impression qu'on rentre dans son intimité.
–C'est ça, ou on la perd Weasley.
Ron rougit légèrement, mais se contenta d'acquiescer. Drago ne l'aurait admis pour rien au monde, mais au fond, il pensait un peu comme Ron. C'était lui violer l'esprit que de prendre des souvenirs à son insu, mais Hermione sombrait inexorablement dans la folie, et si la seule solution était de lui voler quelques-uns de ses souvenirs, et bien il était prêt à en accepter le prix.
Bientôt, plus d'une cinquantaine de fioles furent remplies des souvenirs d'Hermione. En les prélevant, Drago avait pris soin d'en prendre un échantillon aussi large que varié. Des souvenirs avec ses parents et sa famille moldue, mais aussi avec Ron et Harry, à Poudlard, au Terrieur, au mariage de Bill et Fleur, à la bataille de Poudlard, de sa fuite avec ses deux amis pour la recherche d'Horcruxes, et puis pendant son enlèvement et sa captivité, et enfin, des souvenirs plus récents. Sa période de mutisme, le moment où elle avait recommencé à marcher, puis à parler. Les moments avec Drago…
Tout y était passé. A côté de tous ces souvenirs importants, il avait aussi fait en sorte de prendre des moments magiques : Halloween à Poudlard, Noël au Terrier et au Square Grimmaurd. Des instants et des lieux où il était impossible de ne pas croire dans la magie. Drago trouva même de vieux souvenirs sur le Chemin de Travers, dans la banque Gringotts et chez Madame Rosemerta, aux Trois Balais.
–Tu as tout ? demanda Harry.
–Autant que possible. Il faut la réveiller et la replonger dans ses vrais souvenirs maintenant…
–Ca, c'est mon domaine, affirma Ange en s'avançant à son tour.
x.x.x
Dans son lit d'hôpital, Hermione dormit très mal cette nuit-là. Elle avait une importante migraine, et des centaines de flash avaient rendu son sommeil agité. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, sa vie avec ses parents et sa vie imaginée se mélangée, ses souvenirs revenaient à la surface, des choses qu'elle essayait pourtant d'oublier.
Quand elle se réveilla le lendemain matin, ses parents étaient déjà là, avec le petit déjeuner.
–Un petit déjeuner de champion, pour ma championne, sourit Mr. Granger en déposant une multitude de pains au chocolat et de croissant sur la table de lit.
Hermione les regarda à peine, tant elle était encore perdue dans ses pensées.
–Ca ne va pas ma chérie ? demanda Mrs. Granger, inquiète.
Hermione cligna plusieurs fois des yeux et regarda sa mère comme s'il s'agissait d'une inconnue.
–Comment je peux savoir ? demanda-t-elle de but en blanc.
–Savoir quoi ?
–Si ce monde ci est réel. Comment je peux savoir que je suis dans la réalité ? Ca pourrait être vous, le monde inventé.
Ces mots semblèrent toucher ses parents en plein cœur. Ils ne dirent rien, mais Hermione vit des larmes perler au coin des yeux de chat de Mrs. Granger. Cette dernière se reprit très vite et s'empara doucement de la main de sa fille.
–C'est normal que tu sois désorientée, ma chérie. Mais au fond de toi, tu connais la réponse, tu sais bien que la magie n'existe pas. Pas plus que tous ces gens que tu as inventé.
–Je vous ai envoyé en Australie.
–Non, nous y sommes allés pour rendre visite à des amis, et nous sommes revenus.
Hermione resta silencieuse. Elle avait terriblement mal à la tête, et cela l'empêchait de réfléchir correctement. Tout ce que ses parents lui disaient semblait tellement cohérent, tellement simple à croire, qu'elle n'aurait pas dû hésiter. Pourtant, au fond d'elle, quelque chose bloquait, elle n'aurait su dire quoi, mais elle avait la nette impression de passer à côté de quelque chose d'important.
–Prends tes cachets, chérie, ça ira mieux, lui dit son père en lui tendant un gobelet dans lequel se trouvaient trois pilules, les mêmes que la veille.
Une fois les cachets avalés, la journée fut aussi claire et merveilleuse que la veille.
La nuit suivante cependant, fut toute aussi agitée que la précédente.
x.x.x
Ange avait fait des analyses sanguines et en attendant les résultats, avait planché toute la nuit sur une solution pour réveiller Hermione. Il était persuadé que la potion était encore le plus pratique, car elle aurait l'avantage de pénétrer son organisme rapidement et peut-être, avec un peu de chance, de contrer la potion précédente.
N'ayant pas ce qu'il fallait au Square Grimmaurd pour analyser les prélèvements sanguin, Ange avait envoyé les fioles de sang à un collègue en qui il avait confiance, et ce ne fut qu'au lever du jour que les résultats arrivèrent, bien cachés sous l'aile d'un hibou grand-duc.
–J'ai les résultats, annonça-t-il en débarquant dans la cuisine.
Personne n'avait vraiment dormi, et aux premières lueurs du jour, tous s'étaient rassemblés dans la cuisine autour d'un bon petit déjeuner préparé par les soins de Molly. Il n'y avait que Noa qui dormait encore dans la chambre des Potter, pour la plus grande joie de ses parents qui avaient les traits déjà tirés.
–Alors ? demanda Harry.
–C'est une potion narcotique. Son rôle est de fatiguer Hermione pour la faire sombrer le plus possible dans le sommeil, et une fois endormie, elle agit sur celui qui la prend comme un puissant hypnotique au point de changer complètement ses souvenirs et même d'en supprimer.
–On a bien fait de les prélever alors, souffla Ron.
–On ?! répliqua Drago avec humeur.
Ginny leva les yeux au ciel en voyant son frère et Drago se regarder en chien de faïence. C'était à celui qui avait la meilleure idée. Elle se tourna à nouveau vers Ange et demanda d'une voix rendue rauque par le manque de sommeil :
–On peut la réveiller ?
–Oui, j'ai élaboré une potion, mais ça ne tiendra pas longtemps, il faudra être rapide et lui faire comprendre le plus vite possible que la magie existe et que le monde réel est bien celui-ci.
–Et si on attend que la potion disparaisse entièrement de son organisme ? ce ne serait pas le mieux ? demanda Georges, songeur.
–Malheureusement non. Quand il n'y aura plus de potion dans son organisme, expliqua Ange, cela signifiera que le travail est terminé et qu'elle restera sa vie entière dans le monde qu'elle s'est inventée, un monde sans magie.
–On commence quand ?
–Je vais lui injecter la potion de réveil. Elle agira dans une heure ou deux, il faudra se tenir prêt.
La tension était palpable dans la cuisine du Quartier Général. On retenait son souffle. Que se passerait-il s'ils échouaient et qu'Hermione restaient coincée à jamais dans ce monde imaginaire ? Personne n'osa le dire, mais toutes les pensées convergèrent vers les parents de Neville, qui eut, étaient restés coincés dans un monde bien lointain.
–Je pense qu'un seul d'entre nous devrait le faire, pour éviter de la déstabiliser, dit Lupin dans un murmure.
Drago ne sut pourquoi, mais c'était lui, que son ancien professeur regardait de ses yeux fatigués.
–C'est vrai, admit Ange, d'ailleurs, je…
–Je le ferai, le coupa Drago. Je vais le faire. J'ai prélevé ses souvenirs, c'est moi qui dois les lui rendre.
–Je pense aussi, ajouta Potter.
Tous les regards se tournèrent vers lui. Drago fut passablement surpris d'entendre que Potter était de son avis – c'était bien la première fois qu'il le disait en tout cas – mais lui adressa un signe de tête reconnaissant. A côté, Ange avait la mine renfrognée, et Drago crut même l'entendre marmonner qu'il avait passé la nuit à chercher une solution pour finalement qu'on lui vole la vedette. Encore une preuve qui faisait d'Ange quelqu'un de détestable aux yeux de Drago. Ça, et le fait qu'on ne lui avait pas encore demandé de compte quant à leur enlèvement. Une fois l'histoire d'Hermione réglée, Drago ne tarderait pas à aller lui réclamer des comptes car il avait le pressentiment que le guérisseur n'était pas étranger à ce nouveau kidnapping.
x.x.x
Le monde autour d'Hermione était loin de celui dans lequel elle pensait vivre. Elle se trouvait dans un immense château qui lui disait quelque chose, un endroit somptueux, et raffiné qui ne ressemblait cependant en rien à Poudlard. Les gens qui y frôlaient le parquet parfaitement ciré, portaient des robes crinolines et des loups pour cacher leur visage poudré, ou encore des culottes longues et des capes de velours rouge.
–Bienvenue à Versailles ! s'écria une femme dont la chevelure relevée en chignon était décorée de petites fleurs violettes.
Hermione n'eut pas le temps de comprendre, car déjà, ce monde d'une autre époque disparaissait sous ses yeux. C'était une drôle de sensation de déjà-vu qu'avait eu Hermione dans cet immense château, pourtant, elle était certaine de ne jamais y avoir mis les pieds, même durant ses différents voyages en France. Mais alors, d'où pouvait bien sortir ce décor si détaillé ?
Sûrement avait-elle rêvé. Car, si cette nuit fut terriblement agitée, elle fut très différente de la précédente. Cette fois, ce n'était pas le monde réel et le monde imaginaire qui s'alternaient, mais des bribes d'histoire sortie de nulle part.
Il y avait déjà eu ce moment à Versailles, et puis un autre dans un cabaret, où les gens ne portaient que des vêtements des années vingt en écoutant des airs de jazz. C'était à croire que tous les siècles défilaient sous ses yeux, mais quand elle tentait de s'y arrêter, elle repartait vers de nouveaux endroits, jusqu'à finir au milieu des bombardements pendant ce qui semblait être la seconde guerre mondiale.
Son cerveau semblait complètement à l'envers, créant une multitude de monde, tous plus vrais les uns que les autres, rendant son discernement de plus en plus difficile.
x.x.x
Drago s'était donc enfermé dans la chambre d'Hermione. Il s'était installé sur le rebord du lit, prenant soin d'avoir chacun des souvenirs d'Hermione à portée de main, ainsi que la pensine de Dumbledore, très gentiment prêtée par le professeur McGonagall.
Hermione allait se réveiller d'un moment à l'autre, et il était donc nécessaire que Drago soit là dès le moment où elle ouvrirait les yeux. Ce moment tarda d'ailleurs à arriver. Drago avait d'ailleurs commencé à perdre espoir et à pester contre Ange quand enfin, Hermione commença à s'agiter dans son sommeil. Drago s'avança vers elle et lui prit la main fermement, en appelant doucement son prénom.
–Hermione ? Hermione, tu m'entends ? Réveille-toi.
C'était comme si un combat intérieur prenait place dans la tête d'Hermione. La potion de la mangemort blonde faisait tout pour garder Hermione endormie, tandis que celle d'Ange, faisait en sorte de la sortir de sa léthargie. Et petit à petit, il semblait que le breuvage du guérisseur prenait le pas, car bientôt, Hermione ouvrit ses grands yeux bruns et croisa le regard, perçant et inquiet de Drago.
–Salut, murmura-t-il sans lâcher sa main. Tu as bien dormi ?
Hermione le regarda de longues secondes, comme si elle peinait à se souvenir de qui il s'agissait. Mais quand sa mémoire refit surface, un magnifique sourire barra son visage. Drago sentit son cœur se pincer. Ce sourire, si doux et si chaleureux, n'était rien que pour lui, et l'espace d'un bref instant, il se surprit à penser qu'il aimerait voir ce sourire tous les matins.
–Drago, murmura Hermione.
–C'est bien moi, répliqua-t-il avec un sourire en coin.
–Tu n'es pas réel, n'est-ce pas ? Je suis en train de rêver ?
Le sentiment paradoxal qu'éprouva Drago à cet instant lui noua l'estomac. Car, s'il était triste de voir combien Hermione sombrait dans la démence et l'oubli, il fut presque satisfait de voir qu'elle ne trouvait pas illogique de rêver de lui. Avait-elle déjà rêvé de lui, avant d'ingurgiter la potion ? C'était une question qu'il ne manquerait pas de lui poser, si elle retrouvait son esprit. Quand, elle retrouverait son esprit, se corrigea-t-il.
–Pourquoi je ne suis pas réel ? demanda-t-il doucement.
D'une main tendre et habile, il vint doucement effleurer l'une de ses tempes, repoussant délicatement l'une de ses boucles brunes derrière son oreille. Il voulait lui prouver qu'il était réel, qu'il pouvait la toucher et qu'elle pouvait le sentir. Mais cela ne sembla pas suffire.
–Je suis en train de rêver, dans mon lit d'hôpital. Ils disent que tu n'existes pas.
–Ils se trompent, je suis bien réel et je suis là, avec toi. Dans le monde magique.
–La magie ça n'existe pas.
–Mais si, Hermione, bien sûr que ça existe. Et tu le savais, avant…
Hermione plongea son regard dans celui de Drago. Elle était désorientée, pourtant, se noyer dans l'océan argenté de ses yeux eut le mérite de la rassurer. Elle n'aurait su dire comment, ni pourquoi, mais Drago ressemblait pour elle à une véritable bouée de sauvetage.
–Je vais te montrer, murmura-t-il doucement en maintenant le contact visuel. Je vais te montrer que la magie existe et que tu la maîtrises terriblement bien.
Il s'éloigna quelques secondes, juste le temps de prendre la pensine et de la poser sur ses genoux. Quand il revint s'assoir sur le bord du lit, Hermione s'empara de sa main, se raccrochant à elle comme s'il s'agissait de son unique moyen de survie.
–Suis-moi, lui dit Drago d'un air confiant.
Et tous deux plongèrent tête la première dans les souvenirs d'Hermione.
Le premier souvenir que Drago avait sélectionné, c'était quand les pouvoirs d'Hermione s'étaient dévoilés pour la première fois. Sa mère et elle faisaient des muffins dans la cuisine, et venaient d'en enfourner une première plaque dans le four. Hermione s'amusait à lécher la spatule pleine de pâte, tandis que sa mère mettait quelques pépites de chocolat supplémentaire, quand soudain, une odeur de brûlé se répandit dans la petite cuisine.
Derrière elles, le four, qui n'avait pas l'air récent, avait littéralement pris feu. De grandes flammes léchaient la vitre et carbonisait les muffins, pendant qu'une grosse fumée noire s'échappait de la porte du four. Mrs. Granger paniqua et ouvrit la porte du four, en se brûlant la main au passage. Impossible pour elle d'éteindre le feu, et la fumée se répandait de plus en plus dans la cuisine.
Hermione ne sembla pas avoir peur. Au contraire, elle s'approcha du vieux four, et en un regard, sans qu'elle n'eût à parler ou même à faire le moindre geste, le feu s'éteignit instantanément.
–Tu vois, murmura Drago à l'adresse d'Hermione. Tu as arrêté le feu, par magie.
Hermione ne dit rien, elle semblait obnubilée par la petite fille qui venait d'éteindre le feu, comme si ce n'était pas elle. Elle devait admettre cependant qu'elles se ressemblaient terriblement, et qu'elles avaient aussi visiblement la même mère.
Drago n'ajouta rien. Il ne voulait pas planter cette idée dans sa tête, il voulait qu'elle naisse directement en elle et qu'elle comprenne d'elle-même que la magie existait bel et bien.
Pendant près d'une heure, Drago l'entraîna au détour de ses souvenirs. Des plus heureux, aux plus terribles. Sans en parler à qui que ce soit, il avait fait le choix de montrer à Hermione les souvenirs qu'elle lui avait elle-même montré quelques temps plus tôt : ceux de sa captivité.
Ainsi, Hermione se vit elle-même se faire torturer à coup de sortilège.
–Vois la douleur sur ton visage, murmura Drago. C'est la magie qui te fait ressentir ça, sinon, comment un vulgaire morceau de bois pourrait te faire tant de mal sans te toucher ?
A côté de lui, Hermione pleurait. Elle pleurait parce qu'elle comprenait. Elle se remémorait, se réappropriait les souvenirs que Drago lui montrait. Elle pleurait parce qu'elle quittait un monde sans magie, mais rempli d'amour, auprès de ces parents, pour un monde magique, en guerre et loin de ceux qui lui étaient le plus chers.
Elle pleurait parce que l'espace d'un instant, elle avait été assez faible pour se laisser entraîner dans cette vie-là, qu'elle avait rêvée et peut-être un peu enviée. Une vie où tout allait bien, et où elle ne se levait pas le matin avec la peur de perdre l'un des siens. Elle se sentait si coupable d'avoir aimé cette vie, coupable d'avoir délaissé la vraie vie pour une morceau de son imagination.
–Rentrons, murmura-t-elle entre deux sanglots. Je ne veux plus voir ça.
Drago ne dit rien et se contenta d'hocher la tête. La seconde suivante, ils se retrouvaient tous les deux à nouveau dans la chambre d'Hermione, au Square Grimmaurd.
–Hermione… commença Drago.
–Non, murmura-t-elle doucement.
Les larmes continuaient de sillonner ses joues.
–Non, répéta-t-elle. Ne dis rien. Laisse-moi.
–Quoi ?
Drago était surpris, incrédule. Il ne s'était pas attendu une seule seconde à ce qu'Hermione lui demande de la laisser tranquille. Au contraire, il la voyait déjà se jeter dans ses bras en pleurant, pour qu'il la réconforte en lui murmurant que ce n'était pas de sa faute. Au lieu de ça, son regard dur lui transperça les entrailles.
–Très bien, dit-il d'une voix rauque.
Et sans ajouter quoi que ce soit, il quitta la pièce. Ange, Potter, et les Weasley étaient sur le palier et attendaient patiemment qu'il leur fasse un compte rendu.
–Alors ? demanda Potter.
–Je crois que c'est bon.
–Tu crois ? demanda Ange, sceptique. Si ce n'est pas sûr, il fallait rester.
–Elle m'a demandé de partir.
Un silence s'abattit une nouvelle fois sur ce palier. Tous regardèrent Drago d'un air inquiet, et tendirent l'oreille en direction de la chambre d'Hermione. Derrière la porte, on entendait ses sanglots résonner, ponctués parfois de hoquets.
Dans sa chambre, Hermione pleurait. Et c'était si fatiguant, d'extraire ces grosses perles d'eau salée de son corps, qu'elle s'endormit rapidement.
x.x.x
C'était la dernière fois qu'Hermione se réveillerait dans cette chambre d'hôpital. Elle le savait. Quand elle vit que ses parents étaient à nouveau là, tous sourires, avec le petit déjeuner, elle les laissa profiter de l'instant. Ils partagèrent tout un tas de pâtisseries et trois énormes tasses de chocolat chaud, que Mrs. Granger avait fait elle-même.
–Il faut avoir le ventre plein, pour la journée qui nous attend, s'exclama Mr. Granger avec un large sourire.
–La journée qui nous attend ? répéta Hermione.
–Oui, aujourd'hui, tu rentres à la maison, pour le week end, nous avons l'autorisation du Docteur Apollyon.
Hermione regarda ses deux parents avec un petit sourire triste.
Sa mère, si douce, si belle. Ses boucles blondes qui tombaient de part et d'autre de son visage, et ses grands yeux de chat dont les cils étaient si longs qu'Hermione s'étaient souvent demandée comment ils faisaient pour ne jamais s'emmêler. Ses lèvres pleines et roses, qui n'étaient faites que pour faire des baisers, ses joues roses et son teint de pêche… Hermione sentit son cœur de pincer : elle avait oublié à quel point sa mère était une femme magnifique.
Puis ses yeux glissèrent sur son père. Grand et fort, protecteur envers sa femme et sa fille. Ses cheveux autrefois de la même couleur que ceux d'Hermione étaient désormais grisonnants, mais ses yeux mordorés, n'avaient pas perdu les paillettes de joie qui les animaient chaque jour. C'était un homme parfois imposant et un peu intimidant, mais qui aurait donné sa vie pour sa famille.
Des larmes glissèrent le long des joues d'Hermione. Ses parents se précipitèrent sur elle, inquiets.
–Pourquoi tu pleures, chérie ?
–Parce que ça faisait si longtemps que je ne vous avais pas vu, que j'avais oublié vos visages.
–Oh, Hermione, souffla Mrs. Granger, nous sommes-là, maintenant.
–Mais non, maman. Je sais bien que tu n'es pas là. Tu es en Australie, là où je t'ai envoyée. Mais je reviendrai vous chercher, maman. Papa, je reviendrai, je te le jure. Quand tout sera finie, quand l'Angleterre sera à nouveau un endroit sûr pour vous, je viendrai, et nous passerons de merveilleux moments ensemble
–Mais non chérie, c'est bien nous, on est là… Ne fais pas l'erreur de sombrer à nouveau…
–Je suis désolée. Je vous aime, du plus profond de mon être. Mais je sais que ma place n'est pas ici. Elle est auprès de l'Ordre, de Harry, de Ron. De Drago… Mais quand nous gagnerons, je vous jure que je reviendrais. Et tout redeviendra comme avant. Je vous aime tellement.
Quand Hermione se réveilla, elle était dans sa chambre du Square Grimmaurd. La pensine était toujours posée à côté d'elle, ainsi que tous ses souvenirs, dans des petites fioles de verre. Elle se redressa légèrement sur ses coussins, et passa une main sur ses joues, baignées de larmes.
Elle avait eu besoin de ce dernier moment, de ce dernier rêve, comme une trêve dans sa réalité. C'était ce qu'il lui fallait, juste assez de force pour redevenir ce qu'elle était. Une Hermione vaillante et combattante, une guerrière qui ne laisserait personne violer à nouveau son esprit. Elle s'en faisait la promesse.
Et voilà, je crois que c'est le plus long chapitre de la fiction pour l'instant. Bon, je sais on ne parle pas vraiment du marchand d'âme pour l'instant, mais il y a quelques indices dans ce chapitre qui vont être d'une importance primordiale, plus tard, je vous le promets !
Hermione est donc sortie de sa réalité alternative, mais elle revient plus forte que jamais parce qu'elle a compris des choses et que voilà. Je n'ai pas parlé de Livia dans ce chapitre, mais maintenant qu'Hermione a de nouveau toute sa tête, vous pensez bien que ça va ressortir à un moment ou un autre !
Voilà, j'espère que malgré tout ce chapitre vous a plu, parce que la relation de Drago et d'Hermione évolue quand même un peu. Dites-moi ce que vous en avez pensé ! Je vous dis à mercredi/jeudi pour le prochain chapitre qui va être un nouveau coup de théâtre : on va en apprendre plus sur l'identité du marchand d'âme. Des idées ?
