C'est un peu tard que je poste de 14ème chapitre, je suis juste débordée par mes révisions, mais je ne vous oublie pas, vous êtes ma petite bulle d'oxygène entre mes fiches de révisions haha.
Je n'ai pas grand-chose à dire sur ce chapitre, sauf qu'on assiste à un nouveau tournant ! J'espère qu'il vous plaira. Vous avez été bien moins nombreux que d'habitude à commenter la semaine dernière, j'espère que je ne vous perds pas en route !
Leolili : Ouiii le but c'était pas que ce soit long, c'était juste de lui faire comprendre qu'il faut qu'elle se batte pour ses parents (entre autres !). Pour ce qui est de Livia, tu penses bien qu'il y a des réponses à ces questions, mais j'y répondrai petit à petit dans les futurs chapitres. La chasse aux Horcruxes a eu et a toujours lieu finalement, puisque c'est l'un des rares moyens de tuer Voldemort ! Et le but de Voldemort n'était pas forcément d'empêcher qui que ce soit de libérer Hermione, mais de montrer combien il est puissant et qu'il les a tous à sa merci, au final.
Swangranger : Merciii. Oui on l'aime Drago, il est parfait ! En effet, ça risque d'être douloureux, mais bon, il fallait bien qu'il l'apprenne un jour ou l'autre pour Livia. Merci pour ton message si gentil.
Lily Orya : ahah, j'espère que je te surprendrai ! Merci pour tes commentaires !
Alohomara : Et moi j'ai adoré les écrire ces passages de fausse réalité, donc je suis ravie qu'ils t'aient plu. Je suis contente que la scène dramione t'ai plu aussi, parce que c'est important quand même. Le but n'était pas qu'elle s'enferme dans cette réalité, mais plutôt qu'elle comprenne que ses parents l'attendent en Australie et qu'elle doit se battre ! Merci pour ton message !
Mayoune : Je suis contente qu'elle te plaise toujours autant ! Haha je suis contente de t'avoir surpris pour Livia alors. Luna ? Tiens c'est une drôle de spéculation ! Merci pour ton message.
Math'L : Ouiii elle revenue haha. Mais non, tu me connais, je suis toujours gentille dans mes coups de théâtre ! J'espère que ça va te plaire !
Bonne lecture !
Hermione avait passé le reste de la soirée dans sa chambre, et ce ne fut qu'au petit matin qu'elle se décida à sortir. Elle n'avait pas participé au dîner, et avait préféré s'éloigner de tous ceux qu'elle avait cru avoir imaginé. Mais en se réveillant, ce matin même, Hermione avait séché ses larmes, et retrouvé l'aplomb qu'elle avait perdu.
Le soleil ne s'était pas encore levé, mais, pleines de bonnes résolutions, Hermione descendit jusqu'à la cuisine déserte, et prépara un véritable petit déjeuner – de champion, comme disait son père. Des toast grillés et beurrés, un jus d'orange fraîchement pressé, un café bien serré et trois petits pots de confitures, le tout posé sur un plateau d'argent.
Malgré cette nuit agitée, Hermione savait qu'elle devait des excuses à Drago, et pis encore, elle devait lui parler… de Livia. Car depuis son retour du pays des rêves, Hermione se souvenait parfaitement des traits de son bourreau qui n'était autre que ceux de Livia Malefoy, que tout le monde croyait morte. Et si c'était une chose très délicate à aborder, elle ne voulait pas que Drago l'apprenne tout seul. Ç'aurait été trop horrible.
Arrivée devant la porte, elle donna trois petits coups secs et attendit patiemment la réponse.
—Hrmpf ?
Hermione eut un sourire et poussa doucement la porte. Drago était encore allongé sous ses couvertures, ne dévoilant que ses épaules nues, sur lesquelles se reflétaient les premiers rayons du soleil : il n'avait pas pris la peine de fermer les rideaux.
Quand il ouvrit un œil pour voir qui venait l'importuner de si bonheur, Hermione lui adressa un sourire timide et vint doucement déposer le plateau sur le côté du lit. Surpris, Drago se redressa et regarda alternativement le petit déjeuner et Hermione sans vraiment comprendre. Il passe une main sur sa barbe, d'un air songeur.
—En quel honneur ?
—Pour te remercier de m'avoir sorti de mon monde imaginaire.
—Tout le plaisir était pour moi, marmonna Drago en mordant dans un toast.
Les yeux de Drago plongèrent instantanément dans ceux d'Hermione. Il avait une drôle de façon de la regarder, de la scruter, comme s'il sondait son âme. Hermione se sentit rougir et détourna les yeux sous le sourire taquin de jeune homme. Ce dernier porta son verre de jus d'orange à ses lèvres sans la lâcher des yeux.
—Je crois que je te dois tout, finit par murmurer Hermione. Tu m'as sauvé deux fois des cachots de Voldemort, et de ma propre tête…
Drago déglutit longuement avant de répondre.
—C'est rien…
—Non, ce n'est pas rien, Drago. Tu es celui à qui je dois le plus de chose dans cette maison.
—Tu ne me dois absolument rien, d'accord ? C'est normal, quand on est… ami.
Ce mot résonnait étrangement dans la tête d'Hermione. Ami. Elle n'avait jamais vraiment considéré Drago comme ami. D'abord un ennemi, à Poudlard, ensuite un collaborateur, un partenaire dans la résistance. Et puis, depuis un an, un sauveur, quelqu'un à qui elle devrait toujours une fière chandelle, quelqu'un avec qui elle avait tissé un lien qui restait inexplicable.
—Sans doute, finit-elle par ajouter.
Un silence s'abattit dans la petite chambre, durant le quel Hermione vola un toast à Drago. Elle resta songeuse de longues secondes en mordillant dans le pain doré, jusqu'à ce que Drago ne vienne l'extirper de ses pensées.
—Qu'est-ce que tu as vu ? demanda-t-il de but en blanc.
Hermione le regarda, surprise. De quoi parlait-il ? De Livia ? Lui aussi l'avait-il aperçu dans les cachots de Voldemort ? Le cœur d'Hermione se mit à tambouriner dans sa poitrine, elle ne savait pas quoi dire.
—Dans ton monde imaginaire, ajouta-t-il.
—Oh, murmura Hermione soulagée. Mes parents. J'étais dans un hôpital psychiatrique moldu, et mes parents et le médecin essayaient de me faire croire que vous n'existiez pas, pas plus que la magie. J'étais si heureuse de les voir, que je me suis laissée tenter…
—Alors ce n'était pas un cauchemar, murmura Drago.
—Non. C'était plutôt un joli rêve, de voir mes parents si heureux et près de moi. Mais quand vous avez commencé à intervenir, je n'ai plus eu que des flashs.
—Des flashs ?
—Oui, j'alternais mes réalités. Une fois avec vous, une fois avec eux. C'était très déstabilisant. Il y a même eu ces drôles de rêves…
—Lesquels ? demanda Drago, curieux.
—J'étais… A Versailles, tenta de se remémorer Hermione. Et puis, dans les années 20. J'ai l'impression d'avoir parcouru les siècles.
Elle eut un sourire nostalgique qu'elle ne s'expliquait pas. Il ne s'agissait pas de souvenirs, seulement des rêves, pourtant, elle avait la sensation d'avoir perdu quelque chose. Drago la regarda, lui aussi songeur.
—Avec toutes ces potions, c'est déjà bien que je ne sois pas devenue folle, sourit Hermione.
Drago acquiesça. De toute évidence, il ne savait pas vraiment quoi dire, et il continuait de la regarder comme si elle était la huitième merveille du monde. D'une main légère, il vint replacer l'une des mèches d'Hermione derrière son oreille, et s'attarda légèrement contre sa joue. C'était une drôle de sensation, mais pour une fois, Hermione ne baissa pas les yeux. C'était comme si cette connexion, jusqu'ici uniquement psychique devenait de plus en plus physique. Comme si leurs corps se rapprochaient l'un de l'autre contre leur gré. Hermione sentit son souffle s'accélérer lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques centimètres de Drago. Elle ne pensait plus à rien, sauf à lui.
—Il faut que je te dise quelque chose.
Ils avaient parlé en même temps. Surpris, ils esquissèrent tous les deux un sourire. Hermione se demanda ce que Drago pouvait bien lui dire, mais elle était persuadée que ce ne pouvait pas être pire que ce qu'elle-même était sur le point de lui dévoiler : l'identité de son bourreau, sa femme décédée – ou censé l'être.
—Toi d'abord, murmura Drago.
—C'est délicat, Drago, et je ne sais pas par où…
Ils furent interrompus par une voix dans les escaliers qui appelait Hermione. Cette dernière reconnu immédiatement celle d'Ange. Elle regarda Drago qui levait déjà les yeux au ciel, et se précipita vers la porte.
—Je suis là, cria-t-elle.
Puis se tournant vers Drago.
—Ecoute je…
—On n'en parlera ce soir, grogna-t-il, mécontent de voir son petit déjeuner interrompu par le guérisseur.
Ce dernier entra dans la chambre et jeta un regard mauvais à Drago qui était de toute évidence dans le plus simple appareil sous ses draps. Il jeta un coup d'œil à Drago et sembla satisfait de ne pas la voir nue, elle aussi.
—On peut parler ? demanda-t-il d'une voix chevrotante.
—Oui, sortons.
Ils quittèrent la pièce sous les yeux perçants de Drago qui, s'il n'en paraissait rien, rageait intérieurement. Ce médecin avait un don inné pour interrompre les conversations de plus hautes importances…
Ange passa plus d'une heure à s'excuser auprès d'Hermione, à lui faire comprendre qu'il n'y était pour rien, qu'il avait été la victime d'un sort impardonnable et qu'il n'aurait rien pu faire pour aller à l'encontre de ça. Mais Hermione restait réticente.
—Je comprends, finit-elle par lâcher. Mais tu dois comprendre que tu nous as tous mis en danger. Tu es médicomage et personne ne te blâmera si tu ne te sens pas de participer aux missions, il suffit de le dire. Il ne faut pas ne rien dire à cause d'un égo mal placé qui pourrait tous nous tuer.
Ange acquiesça lentement. Il avait serré la mâchoire et encaissait sans un mot ce qu'Hermione était en train de lui dire. Cela semblait difficile à accepter, mais il comprenait. Mettre Hermione en danger était bien la dernière chose qu'il voulait au monde.
—Bien, je vais rejoindre les autres, dit Hermione avec un sourire aimable.
—Les autres ? Mais ils sont partis en mission.
—Pardon ?
—Drago, Harry et Ron partaient en mission au ministère ce matin, expliqua Ange. Pour récupérer le sort de traçabilité.
Ce fut comme si Hermione se prenait une claque en pleine figure. C'était donc cela que voulait lui dire Drago ? Qu'ils partaient en mission ? Elle sentit son cœur tambouriner contre sa poitrine et son estomac se nouer. Elle ne comprit pas immédiatement ce qui lui arrivait. Elle se sentit trembler, et ses jambes se dérober sous son corps. Sa gorge s'était serrée, elle avait la nette impression de suffoquer.
—Hermione ? Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Ange, alarmé.
—Je... Je n'arrive plus à respirer.
—Tu fais une crise d'angoisse, Hermione, ça va aller…
Ange la porta jusqu'à l'infirmerie sous le regard inquiet des autres médecins. Hermione sentait sa tête lui tourner, ses membres ne plus réagir, tant elle tremblait. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais elle savait ce qui l'avait provoqué. Depuis son premier enlèvement, Hermione vivait sans cesse dans l'angoisse de voir l'un de ces amis subir ce qu'elle-même avait vécu.
Elle ne supportait pas l'idée qu'Harry, Ron ou même Drago puissent se faire enlever ou souffrir. Et le fait de les savoir partis, sans elle, donnait encore plus de consistance à cette frayeur.
—Tiens, prends ça, ça va te calmer, dit Ange en lui tendant une fiole.
Mais Hermione ne la prit pas. Elle n'était pas sûre de vouloir une autre potion. Elle préféra se concentrer sur sa respiration pour tenter de l'apaiser de retrouver un souffle normal. Son rythme cardiaque était déjà bien plus normal que ce qu'il était quelques minutes plus tôt, elle était persuadée de pouvoir se calmer toute seule.
Impatient, Ange déboucha la fiole qu'il lui tendait et tenta de la porter aux lèvres d'Hermione. Furieuse, elle donna un coup dans la fiole qui alla s'écraser contre le sol.
—Mais enfin, Hermione, s'énerva Ange. C'est pour ton bien.
—Non, réussit à articuler Hermione.
—Elle va te faire dormir, tu seras tranquille et…
—J'ai dit non, s'écria finalement Hermione.
Elle récupérait peu à peu son souffle.
—Je ne veux plus de potion qu'en cas d'extrême urgence. Tu veux m'assommer de médicaments, Ange, tu ne crois pas que mon esprit a déjà été assez violé comme ça ?
—N'exagère pas, Hermione, ce n'est qu'un calmant, pas un viol.
Hermione ouvrit de grands yeux, surprise par l'incompréhension d'Ange. Celui-ci agissait de la façon froide et professionnel d'un médecin, mais sans aucune psychologie. Pas une seule seconde il s'était dit qu'Hermione avait vu son esprit souillé à de nombreuses reprises. Il y avait d'abord eu cette fois, pendant sa première captivité, où on lui avait fait croire qu'elle était à Poudlard avec Harry et Ron, et puis cette potion qui l'avait fait sombrer dans un monde inventé…
—Ce n'est qu'une crise d'angoisse, Ange ! Une crise d'angoisse, parce que je m'inquiète. Et c'est sain de s'inquiéter pour les gens qu'on aime, pour ses amis. On ne soigne pas quelque chose de sain.
—Ce n'est pas sain de se mettre à trembler.
—Non, mais tu vois j'ai réussi toute seule à me calmer, tes potions sont inutiles.
—Tout comme moi, rétorqua Ange. Je ne sers à rien, visiblement.
Il avait l'air vexé et renfrogné, c'était la première fois qu'Hermione le voyait comme ça, lui qui avait habituellement toujours le sourire aux lèvres.
—Je n'ai pas dit ça, murmura Hermione qui s'était adoucie, consciente d'être allée trop loin.
—Tu ne l'as pas dit, mais c'est ce que tu me fais ressentir. J'essaie de me montrer utile, mais tu n'as d'yeux que pour Drago.
—N'importe quoi…
—Tu ne le vois pas, Hermione, mais c'est le cas, pourtant. Drago qui te sauve la vie deux fois, Drago a qui tu montres tes souvenirs, Drago qui te sort de ton monde imaginaire, Drago à qui tu apportes le petit déjeuner, Drago à qui tu te confies… Il n'y en a que pour lui.
—Est-ce que tu serais… jaloux ? demanda Hermione, incertaine.
—Oui Hermione, je suis jaloux. Parce que nous nous sommes embrassés il y a plusieurs mois de ça, peu de temps après le retour de Drago, mais depuis, il n'y a plus rien.
Hermione ne répondit rien. Elle le regarda comme s'il s'agissait d'un extraterrestre et se contenta de glisser hors de son lit d'hôpital. Avant de quitter l'infirmerie, elle se retourna vers Ange une dernière fois.
—Tu te trompes. Tu es déçu parce que tout ne se passe pas comme tu l'avais prévu, mais tu as tort. Il n'y a rien entre Drago et moi. Et il n'y aura jamais rien, parce que quand il apprendra que…
Elle n'ajouta rien et tourna les talons. Quand Drago apprendrait que Livia était vivante, ça le détruirait. Et alors, il perdrait toute ce qu'il était, tout ce qu'il avait. Toutes ses certitudes s'écrouleraient autour de lui, il n'aurait plus aucune accroche. Hermione en était sûre, quand il apprendrait que sa femme, son seul et unique amour, était vivante et l'une des mangemorts de Voldemort, Drago perdrait toute son humanité, il voudrait se venger, et détruirait tout sur son passage.
C'était légitime bien sûr, mais Hermione ne voulait pas le voir s'abimer dans des profondeurs sans retour et sans issue. Elle voulait oublier que Livia était encore en vie, elle voulait ne jamais l'avoir vue dans ce cachot pour ne pas avoir à le cacher à Drago. Car très égoïstement, Hermione ne voulait pas être celle qui mettrait un terme à tout ça. Un terme à l'espoir de Drago de connaître à nouveau le bonheur.
Les heures qui suivirent furent interminables. A chaque fois qu'Hermione entendait des bruits de pas, elle se retournait, en espérant croiser le regard vert, bleu ou gris de l'un de ses trois aventuriers. Elle errait comme une âme en peine dans la maison, en prenant bien soin d'éviter Ange.
Quand elle arriva dans le salon, elle tomba sur Ginny qui jouait avec sa fille. Noa avait déjà plus de trois mois et était magnifique, comme sa mère. Très éveillée, elle tentait d'attraper le mobile magique que faisait flotter sa mère au-dessus d'elle.
—Salut, murmura Hermione en s'approchant de Ginny.
—Salut, répondit-celle-ci en souriant.
En s'approchant de Noa, Hermione réalisa avec horreur à quel point elle n'avait pas été présente auprès de Ginny qui était pourtant sa meilleure amie. Elle ne s'était pas vraiment occupée de Noa, et n'avait pas eu de conversation avec Ginny depuis des mois. Elle se sentit coupable. Coupable de ne s'occuper que de sa petite personne. Ce n'était pourtant pas dans son caractère.
—On dirait une poupée, murmura-t-elle en passant une main sur le front de Noa.
—C'est vrai, sourit Ginny. Tu veux la prendre ?
—Oui, souffla Hermione.
Ravie, Ginny prit sa fille dans ses mains et la déposa délicatement contre Hermione. Le corps chaud et si petit de Noa vint réchauffer le cœur d'Hermione, et apaiser ses craintes. Elle était si douce, si délicate, et pourtant, une force de la nature, un bébé miracle qui avait vu le jour au milieu de la guerre. Un bébé qui ne connaissait rien d'autre que ça, mais qui, un jour, comprenait ce que signifie le mot paix.
Hermione resta là de longues minutes. Noa, bercée par sa voix, avait fini par s'endormir sur son épaule, et tétait son pouce en fronçant légèrement les sourcils. Elle était à croquer, songea Hermione. Ginny et elle restèrent plus d'une heure à discuter, comme elles ne l'avaient pas fait depuis longtemps. Cela changea les idées à Hermione, qui réalisa que Ginny devait être dans le même état qu'elle : après tout, le père de sa fille – et accessoirement mari – ainsi que son frère étaient partis au Ministère. Elle avait encore plus de soucis à se faire.
Soudain, alors qu'Hermione n'y pensait plus, des bruits se firent entendre dans le hall d'entrée. Immédiatement, les filles reconnurent les voix des trois garçons. Hermione déposa délicatement Noa dans son berceau et se précipita dans l'escalier. Elle se jeta dans les premiers bras qu'elle vit, et qui furent ceux de Drago.
—Vous êtes là, murmura-t-elle en enfonçant son visage dans le cou de Drago.
Drago, surpris, referma ses bras autour du corps d'Hermione et la serra un peu plus contre lui. Il n'aurait su l'expliquer mais ce contact lui fit chaud au cœur, et il la serra davantage contre son cœur, comme si leur vie en dépendait.
—En effet, répliqua-t-il avec un petit sourire en coin. On vous a manqué les filles ?
Ginny était là aussi et s'était ruée dans les bras de son mari. Au milieu, Ron râlait de n'avoir personne dans les bras. Hilares, Ginny et Hermione se jetèrent toutes les deux sur Ron et l'enlacèrent de toutes leurs forces en lui rappelant combien il était beau, grand et fort.
—Alors ? demanda Hermione en s'écartant un peu de Ron. Vous avez trouvé ?
—Allons dans la cuisine.
Le petit groupe se dirigea vers la cuisine, quittant la pénombre du hall d'entrée pour la luminosité de la salle à manger. Ce ne fut d'ailleurs qu'à ce moment-là qu'Hermione vit que les trois garçons avaient tous des tas d'égratignures sur le visage. La lèvre d'Harry était fendue, ainsi que l'arcade de Drago. Ron, quant à lui, avait une multitude de petites griffures sur la joue gauche.
—Vous vous êtes fait attaquer par des chats ? demanda Ginny en regardant son frère.
—Le sort était bien protégé, expliqua Harry. Malgré nos précautions, une alarme s'est déclenchée, et des langues de plomb nous sont tombés dessus avec leurs énormes chiens.
—Mais comme vous pouvez le voir, on s'en est remarquablement bien tiré, ajouta Ron.
—Et on a le sort, ajouta Drago en sortant de sa poche un objet qui ressemblait, à s'y méprendre à une boule de cristal, sortie tout droit de la salle de classe du professeur Trelawney.
Drago posa la boule sur la table et chacun la regarda. Hermione n'avait pas imaginé ça comme ça, mais après tout, c'était la même forme qu'avaient les prophéties au département des mystères, alors pourquoi pas, songea-t-elle.
—C'est pour une seule utilisation ?
—Oui, confirma Harry. On ne sait pas trop comment ça marche, mais c'est censé nous montrer ce que l'on cherche, et donc, le marchand d'âme, en ce qui nous concerne.
—On le jette par terre, et hop ? demanda Ginny.
—Oui, sourit Harry.
—Alors ? On la jette ? demanda Hermione.
—Non, on pensait attendre que tout le monde soit là demain midi, Remus et Minerva, entre autres.
—Oui bien sûr.
Hermione était si impatiente de connaître l'identité du marchand d'âme qu'elle en avait complètement oublié les autres. Mais elle comprenait Harry et il était normal d'attendre des membres aussi importants de l'Ordre que l'étaient McGonagall et Lupin.
—En attendant, je la range dans le coffre-fort de Sirius.
—Entendu.
La réunion s'arrêta là et chacun retourna vaquer à ses occupations. Quand Drago quitta la cuisine, Hermione eut la nette impression que quelque chose n'allait pas. Elle se lança à sa suite et le suivit discrètement jusque dans sa chambre.
—Granger, tu vas finir par passer plus de temps dans ma chambre que dans la tienne… Pas que ça me dérange mais c'est une violation de propriété.
—La maison appartient à Harry, tu n'as donc pas de droit de propriété sur ta chambre, répliqua Hermione avec un sourire.
Drago soupira et se tourna vers elle.
—Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il en la laissant entrer dans sa chambre et en prenant lui-même place sur le rebord de la fenêtre qu'il avait ouverte.
—Tu n'as pas l'air… dans ton assiette. Je veux dire, tu devrais être heureux qu'on ait trouvé le sort de traçabilité, non ?
—Bien sûr, rétorqua-t-il. Je suis content. Mais j'avais d'autres ambitions pour ce sort. Plus personnelles, plus égoïstes. Je dois en faire le deuil.
—Quel genre d'ambitions ?
—Du genre, retrouver le connard qui a tué ma femme.
Hermione prit ces mots comme un coup de poing dans l'estomac. Heureusement que Drago ne pouvait pas utiliser le sort pour ça, car il n'y aurait aucune réponse pour soulager sa soif de vengeance. Livia n'était pas morte, et Drago n'en avait pas la moindre idée. Encore une fois, Hermione fut sur le point de le lui dire, mais elle se dégonfla quand elle vit le sourire d'excuse de Drago.
—Mais je sais que c'est mieux pour tout le monde, si on l'utilise pour trouver le marchand d'âme. J'essaie de contrôler cette soif de vengeance, et tu m'aides à ça.
Ces paroles, si sincères, si douces et si jolies réchauffèrent le cœur d'Hermione et achevèrent de la convaincre de ne pas parler. Pas maintenant, se dit-elle. Elle était sûre de pouvoir trouver un moment plus propice.
Le lendemain midi, Molly avait mis les petits plats dans les grands, pour le déjeuner.
—Ce n'est pas noël, maman, s'exclama Ginny en voyant sa mère s'activait dans la cuisine.
—Non, mais nous n'avons que trop peu de choses à fêter ces derniers temps, alors, j'en profite.
—Ce n'est pas une fête, de retrouver le marchand d'âme.
—Qui sait ? demanda Molly d'un air mystérieux. C'est peut-être le début de la fin !
Hermione sourit en entendant l'optimisme contagieux de Molly. Petit à petit, les membres de l'ordre arrivèrent dans la grande salle à manger. Lupin et McGonagall, bien sûr, mais aussi la famille Weasley au grand complet ainsi que Neville et Luna. Shacklebolt les rejoindrait en cours de route, quant à Hagrid, il était toujours dans les montagnes, avec les géants.
—Ca sent divinement bon, Molly, s'extasia Neville en souleva le couvercle d'une grosse marmite.
Avant de se mettre à table, Arthur proposa un apéritif à qui le désirait. Ce fut comme ça que l'une des meilleures bouteilles de la cave des Blacks partit en un rien de temps. L'ambiance était festive et joviale, parce que pour la première fois depuis longtemps, on espérait une avancée dans la guerre. On espérait que le marchand d'âme aiderait la résistance à l'emporter, une bonne fois pour toute.
Tous étaient en train de se délecter dans petits fours de Molly quand Harry décida de sortir la boule du sort de la Trace de sa poche et de la montrer à tout le monde. Il était d'ailleurs sur le point de faire un petit discours quand soudain, on entendit la mère de Sirius, sur sa peinture, crier à qui voulait l'entendre que des intrus avaient pénétré la maison.
Avant même de se demander de qui il pouvait bien s'agir, Drago eut la désagréable surprise de voir Hazel et Desdemona sur le pas de la porte. Elles souriaient de toutes leurs dents.
—Hazel ? Mais qu'est-ce que vous faites ici ? demanda Ron, surpris.
—Ginny m'a dit que vous faisiez un repas !
—Oui, répondit Ginny, mais je t'ai dit de venir pour le dessert.
Hazel regarda sa montre.
—Il est déjà quatorze heures, je pensais que vous en aviez fini !
Ginny regarda sa montre à son tour et du bien admettre qu'Hazel n'avait pas tort.
—On peut faire de la place pour deux personnes de plus, affirma Molly, de son éternelle bonne humeur.
—Oui bien sûr… Venez avec moi les filles, vous m'aiderez à porter les assiettes.
Hazel et Desdemona suivirent Molly dans la cuisine, tandis que cette dernière faisait un geste en direction d'Harry. Tout le monde avait compris le stratagème. Même si Hazel était une proche de Ginny, elle n'était pas conviée à ce genre de réunion très secrète de l'Ordre et il était donc hors de question qu'elle connaisse l'identité du marchand d'âme. Molly avait donc attiré les deux sœurs loin de la salle à manger pour laisser à Harry le temps de briser la boule.
—On n'a pas beaucoup de temps, dit Ron, même si maman est très bavarde, elles ne vont pas tarder à revenir. Jette la boule, Harry.
Harry s'exécuta et brisa la boule de cristal de toutes ses forces sur le parquet ciré de la maison.
—Marchand d'âme ! s'exclama-t-il.
Une volute de fumée argentée s'en échappa, avant de laisser place, en son centre, à une petite boule d'énergie de couleur dorée. La boule tourna longuement sur elle-même, comme indécise.
Hermione s'était à ce que le sort sorte un nom ou peut être une adresse, mais clairement pas une petite boule d'énergie. Au lieu de cela, la boule fit le tour de la pièce à vive allure, avant de s'arrêter nette au-dessus d'un vieux tapi Persan.
—C'est étrange… commença Lupin.
Et puis, à l'instant même où Molly, Hazel et Desdemona arrivèrent dans l'antre de la porte, la boule se divisa en trois. Deux d'entre elles se précipitèrent vers les deux sœurs tandis que la troisième disparut dans le néant. Hazel et Desdemona se regardèrent, surprises, avant de voir que tous les regards étaient aussi tournés vers elles. Harry s'avança et dégaina sa baguette qu'il pointa sur elles :
—Qu'est-ce que ça signifie ? cria-t-il.
—Tu veux un dessin, Potter ? demanda Drago, derrière.
—Il n'y a qu'un seul marchand d'âme.
—Tu en es sûr ? répliqua Desdemona avec un petit sourire en coin.
Drago n'aimait pas la façon qu'avaient les deux filles de sourire d'un air supérieur. Elles ne semblaient pas craindre la baguette ni l'interrogatoire. Elles se contentèrent de se regarder et d'hausser les épaules.
—Explications, gronda Harry. Et vite.
Et voilà ! On sait désormais qui est ou plutôt qui sont les marchands d'âme ! Alors vous vous y attendiez ? Trois boules, donc on imagine bien que la troisième est pour leur dernière sœur dont on ne connaît pas encore l'identité, haha.
J'espère que ce chapitre vous a plu. On assiste à un rapprochement très important entre Drago et Hermione mais aussi à un éloignement d'Ange et Hermione, qui ne sont clairement pas sur la même longueur d'ondes. On voit aussi le dilemme d'Hermione à propos de Livia : elle ne veut pas être celle qui fera souffrir Drago en lui disant, mais en même temps elle ne veut pas qu'il l'apprenne autrement…
Bref ! Au fait, au chapitre dernier, personne n'a mentionné ces drôles de flashs sur Versailles et d'autres périodes ! Vous avez des idées sur le pourquoi du comment ?
Allez je vous laisse et vous dis à ce week end ! En attendant, portez vous bien.
