Bon aujourd'hui je suis assez fière de moi parce que je ne suis pas en retard et je ne poste pas à une heure tardive ! Et je suis trop contente de voir le nombre de reviews que j'ai eu pour ce chapitre, vous êtes au top ! J'espère que ce chapitre 16 vous plaira, je pense qu'on est à peu près à la moitié de la fiction, même si je n'ai pas de nombre de chapitres précis, on verra bien. Donc la dernière fois, on comprenait qui était véritablement le marchand d'âme et on découvrait que Drago et Hermione sont des âmes sœurs maudites…

J'espère que ce chapitre vous plaira, en tout cas j'ai adoré l'écrire, ça change un peu de ce que je fais d'habitude et ça m'a permis de m'évader, ça m'a carrément inspiré. En parlant d'inspiration, vous êtes nombreux à me demander où en sont les Soldats de Marbre, j'ai relu ma fiction hier et je pense m'y remettre après celle-ci et la finir cet été donc ! Voilà voilà !

Leolili : Mais oui elles sont sympas, c'est juste qu'elles ne répondent pas aux mêmes règles ! Et oui, on a laissé Ange en retrait, faut dire qu'il n'a pas vraiment fait ses preuves en ce qui concerne le courage et la force mentale…

Swangranger : Oui pleins de nouvelles choses dans ce chapitre ! Je suis ravie que l'histoire de la neutralité bien et mal t'ai plu, parce que moi aussi ça me plait haha. Ton commentaire me touche vraiment, tu vas me faire rougir !

WitchSpirit : Ton commentaire me va droit au cœur, je suis toujours ravie d'avoir de nouveaux lecteurs ! J'espère que la suite te plaira tout autant.

PamDHMG : Et oui ça y est la vérité éclate ! ahah pour Livia, on en saura plus, mais plus tard, pour l'instant on se concentre les âmes maudites. Voici la suite.

Maxine3482 : Je suis ravie que ce chapitre t'ai plu ! Et pour Hermione, pour l'instant, elle pèse le pour et le contre haha. Mais il faudra bien que ça éclate au grand jour…

WtichSpirit : Je suis désolée si mon histoire t'a empêché de dormir haha mais c'est bon signe pour moi, ça veut dire que ça plait ! Je suis ravie que tu aimes le style, ton commentaire me touche. Oui en effet je te comprends, je n'aime pas tellement les fic inachevées, mais je poste deux fois par semaines, donc l'intrigue avance quand même assez rapidement ! Merci !

Lili Orya : Je suis ravie de t'avoir surprise ! Voici la suite.

Alohomara : Ouiii ils sont mignons quand même tous les deux.

Miss Lolote : ahah surprise surprise alors ! Mais oui il ne faut pas les détester. Je te laisse découvrir le chapitre, mais Livia n'est pas encore à l'ordre du jour !

Ash : J'adore quand les lecteurs me disent qu'ils ne commentent pas d'habitude mais qu'ils le font sur ma fiction, parce que ça signifie que j'ai attiré leur attention. Je suis contente que la Couleur de l'Equinoxe t'ai plu et j'espère que celle-ci te plaira tout autant. Les soldats de Marbre auront une suite cet été !

Family-business : Je suis contente que l'idée des âmes maudites te plaisent ! Je n'en dis pas plus sur le rôle d'Arwen, et te laisse découvrir la suite.

Maraille : Les lecteurs se divisent haha, certains n'ont rien vu venir et d'autres savaient que c'était Livia ! Je suis contente que cette histoire de plaise, (tout comme la couleur de l'équinoxe). Pour le Soldats de Marbre, ce sera pour cet été je pense. Voici la suite donc !

Bonne lecture.


Les choses s'étaient entraînées si vite, qu'Hermione s'était laissée emportée par le tourbillon des évènements. Il y avait d'abord eu son enfermement mental, dans cet hôpital psychiatrique, puis le départ des garçons pour le Ministère, la découverte de l'identité du Marchand d'Âme… Tout ça avait fait qu'Hermione n'avait pas eu le temps de parler à Drago de Livia. Ou peut-être qu'elle n'en avait tout simplement pas eu envie ?

Peut-être qu'elle ne voulait pas être celle qui détruirait à nouveau la vie de Drago ? Elle se sentait déjà assez coupable de la pseudo-mort de Livia et du deuil qu'avait dû endurer Drago, alors pourquoi devrait-elle lui infliger cela une seconde fois ? Peut-être parce que, s'il l'apprend, et qu'il apprend aussi que tu étais au courant, il t'en voudrait toute ta vie, souffla une petite voix dans la tête d'Hermione.

Elle ne voulait pas le replonger dans la tourmente, et très égoïstement, elle voulait le garder près d'elle. Elle craignait qu'en apprenant la vérité, Drago ne veuille à nouveau quitter l'Angleterre, l'Ordre, et Hermione, pas la même occasion. Ce n'était pourtant pas dans son tempérament que d'être égoïste, mais son instinct de survie lui murmurait qu'elle avait besoin de Drago. Qu'elle avait besoin de sa présence rassurante, de son regard chaleureux, malgré sa pâleur de glace. Elle avait besoin de savoir qu'à tout moment, elle pouvait le retrouver.

Il était devenu au fil des semaines, puis des mois, son pilier, comme l'avait été Ange, avant son retour. Celui à qui elle pouvait se confier, et même ne rien dire, sans subir de reproche ou le regard inquiet que lui réservaient ses proches. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais Drago était celui qui la comprenait le mieux, en un regard, en un sourire, tout cela suffisait à éclairer son monde parfois si sombre.

Est-ce que cette histoire d'âmes sœurs pouvait être vraie ? Est-ce que Drago était vraiment son âme sœur ? Et si, elle-même n'était pas la sienne ? Etait-il possible que sa propre âme sœur ne soit pas sensible à son aura presque mystérieuse ? En voyant Drago si réfractaire, ses yeux remplis de tristesse et de nostalgie en repensant à Livia, Hermione sentit son cœur se serrer. Elle ne voulait pas détruire toutes ses convictions, mais elle ne voulait pas non plus le voir baser sa vie sur des mensonges. Livia était un mensonge.

—Non, Livia n'était pas ton âme sœur. Si c'était le cas, tu ne serais plus ici pour en discuter avec nous, répliqua Hazel d'un ton sec.

C'était la première fois que son sourire disparaissait et que sa langue devenait aussi claquante. Tous les regards se tournèrent vers elle, tout comme celui de Drago qui la scrutant avec rage et incompréhension.

—Qu'est-ce que ça veut dire ? grogna-t-il.

—Que si Livia était vraiment ton âme sœur, tu l'aurais suivi dans la tombe. Mona te l'a dit depuis le début, tu vis dans le faux Drago.

—Je sais encore ce que je ressentais pour ma femme, ce n'est pas trois gamines qui vont me le dire.

—Ressentais… souligna Hazel d'un air triomphant. Tu utilises le passé, parce que tu sais que j'ai raison. Tu n'as pas la sensation que depuis que tu es revenu et que tu passes du temps avec Hermione, tes sentiments pour Livia se sont atténués ? Pire, tu ne penses plus autant à elle qu'avant. Tu culpabilises de ressentir pour Hermione des sentiments que tu pensais ne plus jamais ressentir.

Drago se leva brusquement et s'approcha dangereusement d'Hazel. Il planta ses yeux gris dans les siens, et tous deux se scrutèrent de longues secondes sans ciller. Le cœur d'Hermione battait à tout rompre. Elle ignorait si c'était à cause de la peur de voir un duel ou pire une bagarre exploser, ou si parce que tout ce qu'Hazel avait dit, Hermione le ressentait aussi.

Si Hermione n'avait pas perdu son mari, elle avait cependant remarqué qu'elle n'était plus la même depuis le retour de Drago. Après tout, c'était depuis son retour, et uniquement depuis ce jour, qu'elle s'était remise à marcher, puis à parler. Elle avait senti son effet bénéfique sur elle, et elle avait espéré l'apaiser à son tour.

—Livia était mon âme sœur, et ce que je ressens pour Hermione ne peut pas être comparé avec ce que je ressentais pour ma femme.

—En effet, c'est incomparable, car les âmes sœurs, et surtout les maudites, ressentent des sentiments plus forts et plus confus, expliqua Arwen d'une voix plus calme et sereine.

—Si ces âmes sont maudites, c'est peut-être qu'elles ne sont justement pas faites pour se retrouver, répliqua Drago avec mauvaise foi.

—Elles se cherchent depuis des siècles. Crois-moi, quand elles se trouveront, elles seront en paix.

—Montrons-lui, décréta Mona qui n'avait pas dit un mot jusqu'ici.

—Lui montrer ? demanda Ginny surprise.

—Oui, mes sœurs et moi avons le pouvoir de montrer aux gens leurs âmes antérieures. La plupart du temps ce n'est pas nécessaire, mais visiblement, Drago fait un rejet, alors montrons-lui qu'il a tort.

—Vous avez le droit de faire ça ? Vous ne pouvez pas nous aider, mais prouver à Drago qu'il a une âme sœur autre que Livia ne changera pas l'équilibre ? demanda Harry, suspicieux.

—Notre rôle est d'unir les âmes qui se cherchent, de les faire passer dans la lumière. Cela ne changera pas l'équilibre du monde, mais leur équilibre personnel. Ce que tu me demandes, Harry Potter, c'est de rassembler l'âme divisée en sept de Voldemort pour te permettre de le tuer. Voilà ce qui changera l'équilibre du monde.

—Vous ne voulez pas la mort de Voldemort ?

—Non, pas plus que la vôtre. Pourtant, je sais qu'un jour, cela arrivera. Ainsi va le monde.

Un silence s'abattit dans la petite cuisine. Harry lançait des regards outrés en direction d'Arwen, ne comprenant visiblement pas ce point de vue. Lui qui s'était battu toute sa vie pour vaincre Voldemort et offrir la paix au monde magique, ne comprenait pas que l'on ne puisse pas prendre part à un tel dessein. Et Hermione était d'accord avec lui, malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de comprendre où voulait en venir Arwen. Après tout, ils n'étaient pas marchands d'âme et ne comprenaient pas toutes les mécaniques et les conséquences que ce rôle pouvait impliquer.

—Je peux voir ? demanda finalement timidement Hermione à l'adresse d'Arwen.

—Quoi ? demanda Ron.

—Mes vies antérieures. Je veux voir ce que signifie cette histoire d'âmes maudites.

—Il faut que Drago soit d'accord, répondit Mona. C'est l'histoire de vos deux âmes.

Hermione tourna la tête en direction de Drago. Leurs regards s'accrochèrent comme deux moitiés d'un tout. Le mordoré chaleureux et doux d'Hermione concurrençait la gris hivernal et dur de Drago. C'était comme s'ils communiquaient en silence. Vus de l'extérieur, ils donnaient l'impression de se comprendre en un coup d'œil. Et c'était sans doute le cas. Hermione ne cilla pas, et ne prit pas la peine de demander. Après quelques secondes, Drago finit par acquiescer.

—C'est d'accord, grogna-t-il à Hermione. Mais c'est peine perdue.

—Nous serons vite fixés, répondit Hermione en souriant.

—Suivez-moi, murmura Arwen.

Hermione se leva à son tour, et suivit Arwen à l'extérieur de la cuisine. Drago resta un peu à l'écart, et finit par se lancer à leur suite d'un pas traînant. Il ignorait pour Arwen les emmenait, mais il n'était pas certain de vouloir véritablement voir ce qu'elle allait lui montrer. Ils grimpèrent un escalier de bois blanc et parcoururent un petit couloir joliment décoré de coquillages. Alors qu'Arwen entrait dans une pièce sur leur droite, Drago attrapa le poignet d'Hermione pour la faire se retourner.

—Attends, murmura-t-il.

Hermione se retourna et fit face à un visage inquiet, même terrorisé. Immédiatement, elle se sentit coupable d'imposer cela à Drago. Peut-être que ce qu'il apprendrait le bouleverserait ? Mais au fond d'elle, Hermione espérait que cette histoire d'âmes sœurs maudites soit vrai, pour s'assurer que Drago ne souffrirait pas autant qu'elle ne le craignait d'apprendre la vérité sur Livia.

—Tu es sûre de toi ? Peut-être que…

—Que ? l'encouragea Hermione.

—Si ça nous faisait plus de mal qu'autre chose ?

Hermione eut un petit sourire triste. Doucement, elle passa sa main sur la joue et la barbe de Drago. Ses doigts s'attardèrent sur sa mâchoire et Drago ferma les yeux une demie seconde, juste assez pour profiter de ce contact si doux et si inattendu.

—Je crois qu'on a dépassé le stade où on se faisait du mal.

Et les paroles d'Hermione, si chaudes, si rassurantes, de réchauffer le cœur de Drago. Il ne savait pourquoi, mais ces quelques mots suffirent à le rassurer et il osa un petit sourire timide. C'était la première fois que Drago avait véritablement peur de ce que sa propre âme pouvait bien lui réserver. Quand Hermione retira sa main, il ne put s'empêcher de l'attraper au passage, et d'entrelacer ses doigts aux siens.

—Allons fouiller dans nos âmes antérieures, alors.

—C'est parti, sourit Hermione.

Ils entrèrent tous les deux dans ce qui se trouva être une petite chambre. L'endroit rappela étrangement le cottage dans lequel vivaient Bill et Fleur, la Chaumière aux Coquillages. C'était une petite pièce spacieuse et lumineuse, avec un lit double fait en bois flotté et une grande armoire de pin blanc. Dans un coin, un rocking-chair baignait dans la lumière du soleil couchant.

—Allongez-vous sur le lit, leur intima Arwen de sa sempiternelle voix calme.

Hermione et Drago se jetèrent un coup d'œil puis s'exécutèrent. Hermione s'allongea la première, posant confortablement sa tête sur l'oreiller. Drago la rejoignit rapidement, un bras derrière sa tête, sa seconde main tenant fermement celle d'Hermione.

—Les âmes sont des entités très capricieuses. Je vais vous montrer l'un des souvenirs de vos âmes antérieures, mais cela risque de réveiller certaines choses en vous, et vous risquez d'avoir des visions dans les prochaines semaines. Toutes ces visions sont des souvenirs.

Arwen alla s'installer dans le rocking-chair et commença à le faire basculer doucement. Hermione se demanda comment elle allait les faire entrer dans leur vie antérieure. Elle s'attendait à une incantation, un sort ou peut-être une potion. Il n'en fut rien, cependant. Et au lieu de sentir la magie d'Arwen l'envouter, Hermione se sentit sombrer dans les bras de Morphée, de manière totalement inattendue.

Quand elle ouvrit les yeux, consciente de s'être laissée bercer par la lumière tamisée, Hermione ne reconnut l'endroit où elle se trouvait. En baissant les yeux, elle se vit vêtue d'une magnifique robe crinoline, et sentit dans ses cheveux une perruque aux teintes violines. Les gens autour d'elle flottaient et dansaient, glissant sur le parquet parfaitement ciré comme s'ils ne le touchaient pas et riaient derrière des loups aux couleurs extravagantes.

—Bienvenue à Versailles ! s'écria une femme dont la chevelure relevée en chignon était décorée de petites fleurs prunes.

Hermione comprit immédiatement. Cette impression de déjà-vu qui l'assaillit ne tarda pas à trouver un sens dans son esprit brumeux. C'était la vision étrange et presque oubliée qu'elle avait eue quand elle se trouvait encore dans son monde imaginaire, à l'hôpital psychiatrique. Derrière son loup, Hermione sourit. Elle ne savait pas qui elle était, ni comment elle était arrivée là, mais il lui sembla que son âme antérieure avait pris le dessus sur elle, et elle se laissa aller à cette vie dont elle avait oublié tous les détails.

C'était un soir de fête à Versailles. La cour était en ébullition, on célébrait le vingt-cinquième anniversaire du roi. Tous les grands de ce monde avaient été conviés, des barons aux duchesses, des princesses aux empereurs, personne n'avait été oublié. Quand elle arriva au milieu de la piste de danse, Hermione baissa son loup pour s'imprégner de ce monde qui lui semblait être à des années-lumière du sien.

—Duchesse ! Vous ici ? On vous pensait souffrante !

Une jeune femme s'approcha d'Hermione et esquissa une révérence.

—J'ai eu un bon médecin, chère Marquise. Comment va le roi ?

—Il n'est que trop heureux. Sa femme, la Reine s'est fait porter pâle quand elle a su que la Duchesse de Vallière serait des nôtres. La pauvre ne supporte pas de voir son époux batifoler ailleurs. Il faut dire que voilà plus d'une année que la Reine n'est pas tombée enceinte…

Hermione acquiesça d'un air poli mais totalement désintéressé. Elle n'aimait pas ces commérages qui s'étendaient sur le malheur des autres. Elle était de plus, persuadée que la Marquise de Maintenon jalousait la situation de la maîtresse du roi, mais cachait des désirs envieux sous l'ironie et le sarcasme.

La soirée se déroula de la plus merveilleuse des façons. La duchesse qu'elle était aimait danser et festoyer, elle aimait partager les danses avec quiconque l'invitait et ne se refusait aucun cavalier. Quand la huitième danse s'arrêta enfin, elle fut surprise de sentir un regard dans son dos. Quand elle se retourna, elle tomba nez-à-nez avec un homme dont le visage était caché par un loup noir, mais dont les yeux d'un bleu limpide ne lui étaient que familier.

—Vous êtes venu ? demanda-t-elle finalement.

—Je tiens mes promesses.

Sa voix basse et rauque réveilla une vague de frissons sur le corps légèrement moite d'Hermione. Cette dernière subissait la vie de son âme antérieure sans pouvoir interférer, mais en ressentant tout ce qu'elle avait ressenti à l'époque. Et elle savait, à cet instant précis, que ce beau chevalier, caché sous son loup de velours, n'était autre que la vie antérieure de Drago.

—Vous dansez, Duchesse ?

—Seulement si l'on m'invite, Monsieur.

Un sourire s'esquissa sous le loup qui finit par s'abaisser. Sans plus de préambule, le chevalier proposa son bras à la Duchesse qui le suivit au milieu de la salle de bal.

Leur danse était si sensuelle et naturelle, que les gens s'arrêtaient à côté d'eux pour les regarder. Ils s'assemblaient à merveille, leurs mains s'effleuraient à peine, et pourtant ils donnaient l'impression d'offrir un spectacle de concupiscence. Leurs regards ne se lâchaient pas, comme si le monde n'appartenait qu'à eux, comme s'ils vivaient dans une bulle que personne ne pouvait faire éclater. On les enviait, on les désirait, et on les jalousait.

A chaque fois qu'il l'effleurait, Hermione sentait son corps frissonner. Son regard incandescent la faisait fondre, et elle se sentit sourire sous le regard admirateur de la foule.

Quand la danse s'acheva enfin, le Chevalier ne lâcha pas sa main, et l'entraîna un peu à l'écart. Dans une alcôve cachée par un rideau, il porta la main d'Hermione à ses lèvres et y déposa un baiser brûlant de désir.

—Vous dansez comme une reine, Duchesse.

—Ne le dites pas trop fort, Sa Majesté pourrait vous entendre, sourit Hermione.

—En effet, il me déplairait fortement qu'il vous dérobe à moi.

Tout se troubla autour d'Hermione, et bientôt, elle n'était plus dans l'alcôve à l'abri des regards, mais au milieu de magnifiques jardins, parfaitement taillés : les jardins de Versailles. Il faisait une douce chaleur printanière, et Hermione ne portait plus sa perruque. Ses cheveux tombaient sur ses épaules, tandis que sa robe, aussi légère que la soie, flottait au-dessus du sol poussiéreux. Elle caressait du bout des doigts une rose particulièrement rouge.

—Aussi belle que vous l'êtes, chuchota une voix derrière elle.

Quand elle se retourna, elle tomba sur le chevalier aux yeux océan. Du temps avait passé, car désormais, une barbe était née sur ses joues autrefois glabre. Quand la Duchesse lui sourit, il s'aventura à déposer un baiser à la commissure de ses lèvres.

—Je ne suis pas une rose, répliqua-t-elle.

—A mes yeux, vous l'êtes. Aussi fraîche et parfumée que ses pétales, aussi dangereuse et intrigante que ses épines.

—Intrigante ?

—Vous intriguez mon cœur qui cherche à chaque instant comment vous séduire.

Hermione n'avait pas ressenti ce sentiment d'apaisement depuis bien longtemps. L'adrénaline et l'exaltation du jeu de séduction achevèrent de la faire sourire. Tout semblait si simple et si naturel entre eux, qu'elle ne put s'empêcher de s'imaginer au bras de cet homme, affublée d'une magnifique robe blanche.

Cette sensation ne dura pas longtemps cependant, car à nouveau, la vue d'Hermione se troubla, et elle se retrouva très vite au milieu d'une ruelle sombre et inquiétante. Elle courait. Ses mains, agrippées à sa robe, soulevaient sa traîne frénétiquement pour lui permettre d'aller plus vite. Elle avait mal aux pieds, mais au fond d'elle, elle savait qu'elle ne devait s'arrêter pour rien au monde.

La peur avait remplacé l'adrénaline.

Elle ne connaissait pas ces rues, mais sans doute se trouvait-elle non loin du château, car il lui sembla entendre des gens parler du Roi Soleil et de la fête donnée pour l'occasion de la naissance du Dauphin. Elle courait, la Duchesse, tournait à droite puis à gauche, comme une petite souris prise au piège d'une expérience grotesque.

Hermione était fatiguée, elle peinait à reprendre son souffle, et elle dut se rendre à l'évidence : il fallait qu'elle s'arrête, quelques secondes seulement, juste assez pour respirer à pleins poumons. Mais quelques secondes, c'était déjà trop, et assez pour laisser aux gardes royaux le temps de la rattraper et de lui passer les fers.

—Duchesse, vous êtes en état d'arrestation pour usage de sorcellerie dans l'affaire des Poisons. La sentence à cette trahison sera la peine de mort par le feu.

Hermione sentit son estomac se retourner. Elle était sorcière, dans une vie antérieure. Peut-être que cela avait une signification, peut-être que c'était pour cela qu'elle était aussi une sorcière dans cette vie-là. Le dix-septième siècle n'était cependant pas un bon siècle pour y faire de la magie.

Quand ils arrivèrent sur la place publique, le bûcher était déjà prêt. Elle ne s'était pas attendue à cela, elle avait espéré un procès, gagner du temps pour trouver un moyen d'y échapper. Mais un arrêté royal avait décrété que la sorcellerie ne tolérait aucun procès équitable et que les sorcières avérées seraient brûlées vives sans autre préambule.

—Vous n'avez aucune preuve ! vociféra Hermione en traînant des pieds pour reculer l'échéance.

—Le Chevalier de Rohan vous a vu.

Le chevalier de Rohan ? Le cœur d'Hermione se figea dans sa poitrine. Non, c'était impossible. Il n'aurait pas fait cela. Elle lui avait fait confiance, elle lui avait montré sa vraie nature avant qu'il ne se décide à le demander en mariage. Il lui avait promis de ne rien dire, il avait juré que cela ne le dérangé pas. Alors pourquoi l'aurait-il trahie ?

—Voici votre délateur, Duchesse. Un dernier mot ?

Les gardes poussèrent Hermione aux pieds d'un homme qui était certes, Chevalier de Rohan, mais Senior. Le père de celui qu'elle espérait épouser.

—Je vous ai vu, montrer à mon fils l'étendu de vos pouvoirs, sorcière ! Vous l'avez ensorcelé pour qu'il tombe à vos pieds et faire un mariage intéressé, cracha-t-il.

—Je suis Duchesse, répliqua Hermione, mon rang est plus élevé que le vôtre. Et je n'ai pas eu besoin d'ensorceler votre fils.

—Sorcière et menteuse en plus de ça.

Les gardes tirèrent sur les fers d'Hermione, et l'entraînèrent jusqu'au bûcher. Ils firent passer des cordes autour de ses mains ainsi que tout autour de son corps, pour l'attacher fermement au pilier central. La foule s'était rassemblée autour d'elle et la pointait du doigt en murmurant. Comment cela avait-il pu arriver ? Elle avait toujours été prudente, et voilà que le père de l'homme qu'elle aimait la dénonçait ?

Hermione regarda autour d'elle, la tête haute. Sans sa baguette magique, elle ne pourrait pas échapper aux flammes. Elle avait laissé l'instrument bien à l'abri, chez elle, pour s'assurer de ne pas se faire arrêter avec l'objet du délit. Elle regrettait désormais.

L'un des gardes s'approcha avec une torche enflammée, et la jeta aux pieds d'Hermione. Elle savait que de longues minutes s'écouleraient avant que la fumée ne vienne s'infiltrer dans ses poumons et que les flammes ne commencent à lui lécher les pieds. Elle se voyait déjà mourir. Elle ne crierait pas, elle se l'était promis.

Petit à petit, la fumée s'intensifia. Les oreilles d'Hermione bourdonnaient et elle commençait à avoir terriblement chaud. Elle s'était résolue à mourir sans avoir revu le Chevalier, quand soudain, une agitation dans la foule rassemblée attira son attention. Au milieu des badauds, il était là. Impuissant, il regardait les flammes s'intensifier.

—Arrêtez ! hurla-t-il en se précipitant.

Mais les gardes s'interposèrent et lui barrèrent le passage. Ils l'encerclèrent de leurs armes.

—C'est la loi, Chevalier. Vous êtes sous les ordres de Sa Majesté le roi Louis XIV et il est de votre devoir de faire respecter la loi.

—Ôte toi de là, mon fils, cette sorcière pourrait user de sa magie sur toi.

—Non père ! cria le Chevalier en fixant Hermione du regard. Vous ne pouvez pas faire ça !

Mais il était déjà bien trop tard. La fumée avait eu raison d'Hermione qui avait peu à peu perdu connaissance. Sa tête avait dodeliné sur le côté, et dans un ultime effort elle jeta un dernier regard à son Chevalier, celui qu'elle avait aimé, celui à qui elle s'accordait, celui qui la regardait partir en fumée.

Les flammes virent bientôt s'emparer d'elle, léchant son corps, se délectant de ses membres. Hermione se sentit brûler, souffrir et hurler, mais quand elle ouvrit les yeux, elle était à nouveau dans ce lit, à côté de Drago.

En sueur, elle se redressa brusquement. A côté d'elle, Drago était encore endormi, ou du moins, encore dans cette transe étrange. Il avait les sourcils froncés et semblait agité. Ses bras s'agitaient de tics nerveux, et bientôt, il se réveilla à son tour en sursaut, criant de toutes ses forces :

—NOOOOON !

Quand il comprit où il se trouvait et que ses yeux croisèrent le regard d'Hermione, et se rua sur elle et la serra étroitement dans ses bras. Leurs deux cœurs battaient la chamade à l'unisson, et Hermione sentit le visage moite de Drago s'enfoncer dans son cou, comme s'il cherchait à se rassurer, comme si ce n'était qu'un rêve, un mauvais rêve qu'il voulait déjà oublier.

Arwen toussota légèrement, pour faire remarquer sa présence que les deux autres semblaient avoir oublié.

—C'était… commença Drago.

—Horrible, acheva Hermione.

—En effet, murmura Arwen. Vous avez tous les deux vécus à l'intérieure de vos vies antérieures, ressentant les mêmes émotions, les mêmes douleurs. Le même bien-être, aussi. N'est-ce pas ?

Hermione se sentit légèrement rougir et jeta un bref coup d'œil à Drago. Elle devait admettre qu'elle s'était sentie terriblement bien quand elle se trouvait avec lui, ou du moins avec sa vie antérieure. Tout semblait si naturel entre eux, comme s'ils étaient faits pour se retrouver. A côté d'elle, Drago semblait tourmenté. Il ne comprenait pas ce qu'il avait vécu. Il ne comprenait pas comment il avait pu se sentir aussi bien, il n'avait pas pensé une seule seconde à Livia. Pourtant, à cet instant précis, il souffrait encore énormément de la mort de son épouse. Il se sentait pourtant coupable de s'être laissé emporter par ces souvenirs qui n'était pas vraiment les siens.

—Même dans tes vies antérieures, ton père me déteste, murmura Hermione pour détendre l'atmosphère.

Drago eut un petit rire rauque.

—Tu prends assez bien le fait d'avoir été brûlée vive sur un bûcher, répliqua-t-il.

—Ce n'était pas elle, répondit Arwen. C'était la Duchesse, l'une de ses nombreuses vies antérieures. Tu te souviens de la tristesse et de la peine que tu as ressentie, Drago ? C'était comme si…

—Comme si je ne pouvais plus continuer à vivre, acheva-t-il songeur.

Drago sentit son estomac se retourner. Il l'avait dit instinctivement, et il savait que c'était vrai. Dans cette autre vie, il savait que son amour pour la Duchesse était tel qu'il n'aurait supporté de vivre sans elle. C'était d'ailleurs pour cela qu'il s'était réveillé légèrement après Hermione. Parce qu'une fois que la Duchesse avait dépéri dans les flammes, il s'était emparé de son épée et se l'était planté en plein cœur. Il ne se connaissait pas aussi mélodramatique.

—Voilà, tu sais maintenant.

—Non, je sais que ma vie antérieure était amoureuse d'Hermione. Ça ne signifie pas que Livia n'est pas mon âme sœur, dans cette vie-là.

Arwen eut un petit sourire mystérieux.

—Nous verrons bien.

Car maintenant que la magie des âmes était activée, les souvenirs allaient remonter à la surface. Et si Arwen savait que ce premier souvenir n'avait pas convaincu, elle était prête à parier que tous les autres parviendraient à lui faire comprendre, enfin, ce qu'il en était. Elle savait que la magie des âmes était toute puissante et qu'un jour ou l'autre, Drago ouvrirait les yeux. Elle espérait seulement que cela arriverait avant que leurs âmes ne se séparent. Car une chose restait incertaine : nul ne pouvait savoir si cette vie-là serait celle dans laquelle ils se retrouveraient enfin.


Et voilà pour ce chapitre ! Il était donc un peu différent des autres, puis qu'une bonne partie de passait … sous Louis XIV ! J'espère que cette partie vous aura plus, moi je me suis éclatée à l'écrire. En tout cas Drago commence peu à peu à comprendre que ce qu'il ressent pour Livia est vraiment différent de ce qu'il ressent pour Hermione. Petit à petit, ça va le faire !

Bon, il ne sait toujours pas pour Livia, mais il faut être patient ! C'est dur pour Hermione aussi ! Je n'aimerai pas être à sa place… voilà, on se retrouve ce week end pour la suite !