Bonsoir à tous ! J'espère que vous avez passé un bon week-end, avec ce temps bizarre ! J'espère que vous êtes au sec où que vous soyez. J'en profite à souhaiter du courage à tous les collégiens qui passent le brevet, aux lycéens qui passent le bac et aux étudiants qui partiellisent ! Finger crossed !
Me voici donc avec le chapitre 17, qui apporte plus d'explications sur les âmes sœurs maudites, j'espère que ça vous plaira.
Merci aux personnes qui ont pris le temps de commenter, vous êtes des amours !
Leolili : Oui ils se rapprochent bien c'est vrai ! Et je pense que tu as eu le nez creux haha, je te laisse découvrir le chapitre pour voir leurs réactions.
Swangranger : Aaaah je suis ravie que ça t'ai plu, ce petit bon dans le passé. Oui il faut qu'Hermione parle, mais je crois qu'elle n'est pas pressée du tout haha. Merci pour tes commentaires toujours aussi gentils !
Alohomara : Oui en ce moment c'est Dramione powa ahah. Ahah normalement c'est un happy end, sauf si je change d'avis au dernier moment, on verra bien. Merci pour ton commentaire !
Lily Orya : ahah ce serait compliqué non ? Parce qu'ils ne sont pas « Hermione et Drago » dans leurs vies antérieures, et il faudrait que je fasse donc une suite avec des personnages inventés ! Merci pour ta review.
Math'L : Je suis ravie qu'il t'ai plu ! Voici la suite.
JudorangeHp : Oooh je me demandais où tu étais passée ! bon courage pour le bac, je sais ce que c'est, j'y suis passée (et je suis encore moi aussi dans les révisions), je croise les doigts pour toi. Je suis ravie que ça t'ai plus en tout cas surtout la partie à Versailles. Ne t'inquiète pas, l'histoire n'est pas encore terminée
Charliee3216 : Je suis ravie que tu aies trouvé ma fiction alors ! Et encore plus que tu la trouves « trop géniale » haha. en effet Hermione est dans de beaux draps, mais bon, pour l'instant c'est silence radio ! Voici la suite !
Bonne lecture !
Les trois sorciers quittèrent la petite chambre dans laquelle ils avaient passé presqu'une heure. Arwen fut la première à rejoindre les autres, toujours attablés dans la cuisine. Hermione la suivait de près, mais Drago, légèrement en retrait, ne cessait de se repasser en boucle ce qui venait de se passer dans la chambre. Il n'arrivait pas à comprendre tout ce qu'il ressentait, il se sentait en proie à une confusion telle qu'il mélangeait les émotions, et les sentiments, sans en assimiler le sens.
Il y avait cette rage constante qui l'animait depuis la mort de Livia. Cette colère de l'injustice, de l'incompréhension, continuellement alimentée par une douleur lancinante qui le prenait aux tripes. Livia, sa douce et belle Livia. Elle lui manquait terriblement. Ses sourires d'ange, ses yeux saphir. Sa peau de cygne et sa chevelure d'or. Son odeur. Vanillée et subtile, qui éveillait ses sens en quelques instant, à l'époque.
Pourtant, Drago se voilait la face. Il ne l'aurait reconnu pour rien au monde, à vrai dire, il n'en n'avait même pas conscience. Mais ses sentiments pour Livia déclinaient chaque jour un peu plus. Non pas qu'il ne l'aimait plus, mais il oubliait peu à peu l'effet qu'avait eu autrefois son rire sur lui, ou ses caresses le long de sa nuque. Toutes ces sensations qu'il mettait de côté, pour s'appesantir davantage sur ce qu'il pouvait ressentir pour Hermione.
Hermione qui lui avait offert ses premiers mots depuis longtemps, Hermione qui le comprenait en un regard. Hermione qui le faisait rire et l'émouvait en même temps. Hermione qui lui caressait la joue avec tant de douceur qu'il se laissait aller, l'espace d'un instant, à oublier sa vie d'antan. Hermione enfin, qui n'aspirait qu'à retrouver le bonheur. Bonheur qu'il pouvait peut-être lui offrir ?
Quand Drago entra à nouveau dans la cuisine, tous les regards convergèrent vers lui. Il y avait celui, doux et maternel de Ginny, ceux curieux de Ron et Georges, celui inquiet d'Harry. Et puis celui, fuyant d'Hermione.
Hazel et Desdemona le regardaient avec un petit air triomphant, tandis qu'Arwen s'activait à refaire chauffer un peu de thé. Elle sortit aussi d'un placard une quantité astronomique de cookies, pour le plus grand bonheur de Ron qui en enfourna directement un dans sa bouche, sous le regard rieur de son frère. Drago s'installa à nouveau à côté d'Hermione, où il restait la dernière place libre, et plongea ses yeux dans le fond de sa tasse vide.
—Alors ? demanda Hazel, n'y tenant plus. Tu comprends maintenant ?
Drago haussa les épaules et ne prit pas la peine de répondre. Ce fut Arwen qui prit finalement la parole.
—Il n'est pas encore convaincu, expliqua-t-elle de sa voix douce. Il pense que Livia est son âme-sœur.
—Etrange, murmura Mona, songeuse. C'est bien la première fois qu'on entend parler de ça. Des âmes sœurs qui se rejettent, c'est rare.
—C'est parce qu'elles sont maudites, répliqua Hazel. A chaque fois qu'elles sont près du but, elles s'éloignent l'une de l'autre. Et puis c'est la première fois que vous voyez vos vies antérieures, ça secoue, ajouta-t-elle en adressant un sourire rassurant aux deux intéressés.
Hermione parut songeuse quelques secondes. Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait l'une de ses vies antérieures. Elle avait déjà vu un extrait de cette vie-là, à Versailles, quand elle était encore prisonnière de son monde imaginaire.
—J'avais déjà vu Versailles, finit-elle par avouer.
Les trois sœurs la regardèrent d'un air surpris.
—Quand j'étais dans ce monde alternatif sans magie, expliqua Hermione. Je me suis vue à Versailles, je pensais que c'était un rêve, mais en revoyant cette vie antérieure, j'ai compris que c'était…
—Un souvenir, acheva Mona en acquiesçant. Voilà qui est très intéressant.
—Intéressant ? demanda Hermione.
—Oui. Très rares sont les gens qui ont accès ne serait-ce qu'une seule fois à leurs vies antérieures grâce à la magie des âmes qui est la nôtre. Et toi, tu l'as vu sans notre aide. Cela signifie quelque chose de très fort. Avec un peu de chance, c'est la vie dans laquelle vous vous retrouverez.
—Enfin, si Drago ouvre les yeux, ajouta Hazel avec une touche de mépris.
Drago releva la tête brusquement et plongea ses yeux de glace dans ceux d'Hazel. Cette dernière ne se démonta pas et soutint son regard comme elle avait l'habitude de le faire. Elle lui souriait d'un petit air supérieur, le défiant presque, tandis que lui ne bougeait pas d'un cil. Ce duel visuel s'éternisa plusieurs dizaines de secondes jusqu'à ce que Drago ne desserre les dents.
—J'ouvre les yeux, asséna-t-il d'une voix basse et rauque. Et sais très bien que Livia était faite pour moi.
—Les âmes sœurs ne se rejettent pas, finit par lâcher Mona, alarmée. Pourquoi tu t'entêtes Drago ? Livia n'était qu'une étape de ta vie pour te mener à Hermione. C'est grâce à cela que vous en êtes là aujourd'hui. C'est le destin.
Drago détourna le regard et vint poser ses yeux sur Hermione, qui le regardait aussi. Cette dernière ne savait pas vraiment quoi penser de toute cette histoire. Elle n'aimait pas l'idée de cette fatalité des âmes qui les forçaient encore et toujours à se chercher pour se trouver. Elle n'aimait pas savoir que Drago était contre cette idée, et elle n'aimait pas savoir qu'elle avait besoin de cette dite âme sœur pour trouver le bonheur et le répit.
—Les âmes sœurs sont-elles forcément amoureuses ? demanda Ginny d'un air pensif. Je veux dire, je sais qu'Harry est l'homme de ma vie, je sais que je l'aime et qu'il m'aime en retour, expliqua-t-elle en prenant la main de son mari. Mais j'ai toujours senti au plus profond de moi que je n'étais pas son âme sœur. Ron l'est.
Harry et Ron regardèrent Ginny avec surprise avant de se regarder l'un l'autre et de s'accorder un petit sourire en coin. La relation qui liait les deux hommes était si forte qu'elle en paraissait indestructible. Ginny semblait avoir accepté cette situation avec sérénité.
Arwen adressa un petit sourire chaleureux à Ginny.
—En effet. Harry et Ron semblent être des âmes sœurs. Et les âmes sœurs ne sont pas forcément liés par l'amour. Pour Georges, par exemple, son âme sœur n'était autre que Fred, c'était le lien fraternel qui les unissait. Mais pour Drago et Hermione c'est différent, il est impossible de définir leur lien, et ils ne pourront pas vivre l'un sans l'autre. Je ne pense pas être la seule à avoir ressentie cette attraction qu'il y entre eux.
—Ce ne peut donc pas être de l'amitié ?
—Ce sera tout à la fois, répondit Mona. Un lien si fort que, s'il est brisé un jour, ni l'un ni l'autre ne pourra survivre.
—Je n'aime pas cette idée très fataliste, grogna Hermione en mordant dans un cookie.
—C'est parce que contrairement aux autres, on t'a expliqué les rouages de cette mécanique des âmes. Mais les autres âmes sœurs ne pensent pas être prises au piège par le destin, au contraire, elles pensent que la vie est étonnamment bien faite pour les avoir placé sur le même chemin.
—Vous ne vous trompez jamais ? demanda Hermione.
—C'est notre rôle de ne pas se tromper, sourit Mona. Et pour ce qui concerne Livia, ajouta-t-elle en se tournant vers Drago, je ne dis pas qu'elle n'a pas compté. Au contraire, votre rencontre était utile et nécessaire, mais elle n'était pas ton âme sœur. Vos âmes n'étaient pas de la même couleur.
Hermione arqua un sourcil. Comment cela, pas de la même couleur ? Hermione s'imagina un grand tableau du monde où chaque âme aurait une couleur particulière et devrait chercher de par le monde la même teinte qu'elle.
—Quelque-ce que cette histoire de couleur ? demanda Georges, curieux.
—C'est simple, les âmes ont des couleurs. Les âmes de même ton, ou du même camaïeu s'attirent. Ginny est rouge et Harry est bordeaux, voilà pourquoi ils s'entendent si bien, leurs âmes ont presque les mêmes teintes. On est attiré par les âmes aux mêmes tons que la nôtre. Celles d'Hermione et Drago ont exactement la même couleur : un blanc pur et immaculé. Ce que je ne parviens pas à comprendre cependant, c'est comment Drago a pu être attiré par Livia dont l'âme est d'un bleu roi particulièrement coloré. Il ne devrait être attiré que par du beige, du blanc cassé, ou du jaune peut-être…
—Super, grogna l'intéressé, parlons couleur on a vraiment que ça à faire.
—Ce que je veux dire c'est qu'elle n'était pas du tout faite pour toi et qu'un jour ou l'autre, votre histoire se serait terminée.
—Elle s'est terminée, répliqua Drago. Dans un bain de sang, et dans la mort. Alors maintenant foutez nous la paix avec vos couleurs et vos âmes sœurs maudites. Ça ne regarde qu'Hermione et moi, et on est encore assez grands pour faire ce que bon nous semble.
Il quitta la pièce sur ces mots et ne se retourna pas. Quelques secondes plus tard, on l'entendit claquer la porte d'entrée, et Hermione le vit par la fenêtre, s'approcher de la jeter en donnant des coups de pieds dans un caillou qui avait eu le malheur de croiser son chemin.
—Et si… commença-t-elle en prenant soin de bien chercher ses mots. Si Livia n'était pas du tout de la même couleur, comment se fait-il qu'il ait été attiré par elle ?
—Il y a plusieurs possibilités. Soit leurs âmes se sont plus à moment précis de leur vie, à cause d'un évènement particulier, du monde qui les entoure par exemple. C'est souvent le cas en temps de guerre, les gens se jettent sur n'importe qui pour avoir de la compagnie. Soit Livia s'est fait passer pour quelqu'un qu'elle n'était pas, et a donc camouflé son âme d'une teinte qui aurait séduit Drago. C'est très complexe bien sûr.
Hermione acquiesça lentement, et adressa un petit sourire poli à Mona. Dans sa tête cependant, tout allait à grande vitesse. Il était évident que Livia avait camouflé son âme, car elle n'était certainement pas la femme que Drago avait épousé. Elle était une mangemort, une tortionnaire et une des fidèles servantes de Lord Voldemort.
Plus d'une heure passa, où les discussions et les négociations reprirent. Harry tentait désespérément de montrer à Arwen qu'il était dans l'intérêt de tous qu'elles les aident à mettre fin à cette guerre, mais celle-ci restait sur ses positions, répétant sans cesse qu'elle ne se battait que pour la neutralité et l'équilibre du monde et qu'elle ne pouvait pas prendre part à cette guerre.
—Je ne peux pas ressouder l'âme de Voldemort, répéta Arwen pour la dixième fois, au moins.
Même si elle désirait mettre un terme à cette guerre plus que tout, Hermione comprenait Arwen. Cette dernière, même si elle l'avait voulu, ne pouvait pas le faire pour la simple et bonne raison qu'elle était née pour cela, pour l'objectivité. Pourtant, une idée germa dans son esprit.
—Toi et tes sœurs ne pouvaient pas ressouder l'âme de Voldemort ? demanda Hermione.
—En effet, affirma Arwen.
—Parce que ce serait changer l'équilibre du monde.
—Exact.
—Et que vous ne pouvez pas prendre directement part à cette guerre.
—Oui.
Autour de la table, les autres retenaient leur souffle. Quiconque connaissait bien Hermione Granger savait qu'elle avait une technique très particulière d'agir. En effet, quand elle avait une idée derrière la tête, elle préférait d'abord s'assurer d'avoir compris tous les tenants et les aboutissants d'une affaire, elle posait des questions, réfléchissait, puis donnant son avis et parfois même, une solution.
—Mais est-ce que nous dire où se trouve les morceaux d'âme de Voldemort changeraient l'équilibre du monde ?
Arwen resta songeuse, tandis que Mona affichait un large sourire. Hermione avait tendance à oublier que cette dernière était celle des trois sœurs qui personnifiait le bien et le vivant.
—Non, répondit Mona à la place de sa sœur. Ça ne changerait rien.
—Mona… commença Arwen.
—Non, elle a raison ! Ça ne changerait rien, parce que de toute façon, même en trouvant les morceaux d'âme, ils seront incapables de les réunir. Ils devront s'en débarrasser, certes, mais c'est déjà ce qu'ils ont commencé à faire. Et ça n'a pas changé l'équilibre du monde, sans quoi nous l'aurions toutes les trois sentis.
Il n'en fallut pas plus à Harry pour s'engouffrer dans cette brèche.
—C'est tout ce que nous demandons, affirma-t-il. Dites-nous seulement où se trouvent les autres Horcruxes.
—Ce n'est pas aussi simple, répliqua Arwen. Nous ne pouvons pas nous connecter aussi facilement aux âmes. Il faut que nous voyions ceux que vous avez déjà détruits…
—Bien sûr. Que diriez-vous de venir vous installer quelques jours au Square Grimmaurd ? Nous aurons le temps d'en parler et de vous montrer ce que nous avons déjà fait, à toutes les trois.
Hazel et Mona eurent un petit sourire en coin en voyant leur sœur complètement terrifiée à l'idée de quitter sa maison.
—Il ne lâche rien, celui-là, murmura Mona à Arwen.
—Allez Winnie, ça ne te fera pas de mal de changer d'air.
—Je n'aime pas me mélanger au monde, je crains que mon objectivité n'en pâtisse.
—Tu n'auras qu'à rester dans ta chambre.
Les trois sœurs mirent un moment à se mettre d'accord, mais finalement, Arwen concéda de passer trois ou quatre jours à Londres pour pouvoir se rapprocher le plus possible des Horcruxes et sentir leur présence. Harry était ravi et il les remercia de nombreuses fois sous le regard moqueur de Ginny, Ron et Georges.
—Je vais chercher Drago, déclara Hermione.
Elle quitta à son tour la pièce et la maison, pour s'engouffrer dans la brise glaciale qui faisait se fracasser les vagues sur la falaise. Hermione jeta un coup d'œil autour d'elle et ne tarda pas à reconnaître la silhouette de Drago, au loin, perchée sur un rocher. Bravant le froid et le vent, elle s'avança vaillamment jusqu'à lui. Elle escalada les rochers avec moins d'habileté qu'elle ne l'aurait espéré et s'approcha de Drago.
Même si elle était persuadée qu'il avait senti sa présence, Drago ne prit pas la peine de tourner la tête pour la regarder. Ses yeux étaient perdus quelque part au bout de l'horizon. Ses yeux étaient rouges, et Hermione ne tarda pas à comprendre qu'il avait pleuré, mais par pudeur et aussi culpabilité elle ne le fit pas remarquer. Elle se contenta de poser une main sur son épaule.
—Nous rentrons. Arwen, Hazel et Desdemona viennent avec nous, elles ont accepté de nous aider à découvrir où se cachaient les autres Horcruxes.
Drago resta silencieux, et se contenta d'hocher la tête. Il regarda encore de longues secondes la mer agitée qui s'étendait plusieurs dizaines de mètres plus bas, puis se redressa et se mit à nouveau debout. Hermione lui adressa un sourire timide.
—Tu sais, on n'est pas obligé de croire à toutes ces âneries, lui-dit-elle alors qu'ils marchaient en direction de la maison. Si on ne veut pas être âme sœur, on ne le sera pas. C'est tout.
—C'est tout ? marmonna Drago d'une voix rauque.
—Oui, c'est tout. On fait ce qu'on veut. Si on veut se détester et se jeter des insultes à la figure, alors on se déteste et on se jette des insultes à la figure. Si on veut ne rien faire, on ne fait rien, si on veut rire, on rit, si on veut se battre, on se bat. On est maître de notre destin.
Drago eut un petit sourire devant l'air déterminé d'Hermione. Avant qu'ils n'entrent dans la demeure, il l'arrêta et lui murmura :
—Je ne veux pas te détester et te jeter des insultes à la figure.
—Je sais, et c'est tout à ton honneur Malefoy. Je n'aurai pas aimé devoir te détester.
Quand ils rentrèrent au Square Grimmaurd, Harry fit faire le tour du propriétaire à Arwen qui était la seule à n'être jamais venue. Les trois sœurs demandèrent à dormir dans la même chambre et Georges fit entrer deux autres lits dans la plus grande chambre libre qu'il restait.
Le soir venu, chacun alla se coucher sans s'attarder. Harry ne dormit presque pas de la nuit, réfléchissant plus que jamais aux Horcruxes et à la fin de la guerre qui arriverait peut-être plus tôt que prévu. Quant à Hermione, encore secouée par cette journée pleine de révélations, elle ne tarda pas à sombrer dans les bras de Morphée dès qu'elle eut mis les deux pieds dans son lit.
Elle se déhanchait sur une piste de danse. La musique, au son des trompettes, du saxophone et du piano. C'était une musique entraînante, et elle sentait ses pieds la porter dans un Charleston endiablé. Les franges de sa robe dorée s'emmêlaient aux plumes de son boa noir, et elle sentait le bas de la robe remonter toujours un peu plus sur ses cuisses fuselées.
Elle riait et dansait comme si sa vie en dépendait, et qu'importait les regards gourmands ou même envieux qu'on lui jetait. Le groupe de Jazz, dont le célèbre trompettiste était un certain Louis Amstrong, ne faisait pas de pause, ils enchainaient les musiques avant talent et les gens les acclamaient à chaque fois.
Hermione faisait claquer ses talons sur le parquet à chaque pas de danse. Elle dansait le Charleston depuis sa plus tendre enfance, et connaissait les pas sur le bout des doigts. Elle dansait en silence au milieu de la piste, fermant les yeux pour mieux s'imprégner de cette musique qui la faisait vivre, qui faisait battre son cœur au rythme des tambours.
Bientôt, des mains vinrent se poser sur sa taille et elle n'eut pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'il s'agissait de son amant, Anthony. Ses paumes larges et fermes accompagnaient ses mouvements, dansant au même rythme que le sien sur une musique qu'ils connaissaient déjà par cœur.
—Ton père nous regarde, lui murmura-t-il à l'oreille.
—C'est ce qu'il fait toujours, sourit Hermione.
Elle ouvrit enfin les yeux et jeta un bref coup d'œil en direction de la table qui faisait l'angle, où était installé son père. Elle lui adressa un petit sourire et un signe de la main. Et son père de lui sourire en retour, car il ne pouvait rien refuser à sa fille unique. Tout le monde assista à cet échange surprenant et pourtant si attendrissant entre le Parrain de la Mafia de Chicago et sa fille, insouciante et belle comme le jour. Les yeux convergèrent ensuite vers cet imprudent qui s'était épris de sa fille.
Voilà le monde dans lequel ils vivaient. La mafia sorcière s'était accaparée la ville de Chicago et la ville ne semblait dès lors répondre à aucune autre loi que celle de Franck Spilotto. L'amant d'Hermione n'était autre que l'un des bras droits de son père, un homme beau à s'en damner mais dont les activités faisaient bien souvent jaser. Car si mafieux, il l'était, on murmurait qu'il lui arrivait parfois de voler aux riches pour donner aux pauvres. Et cette figure de Robin des Bois n'était pas pour arranger les affaires de Spilotto dont le seul objectif était de faire régner la crainte et la terreur.
La musique changea, et se transforma en une ballade qui fut la bienvenue pour le couple d'amoureux transi qu'ils formaient. Hermione posa sa tête sur l'épaule d'Anthony et frissonna en le sentant encercler sa taille de ses bras forts.
—Il ne l'accepte toujours pas…
—Quoi ? demanda Hermione.
—Toi et moi.
Hermione leva la tête et plongea son regard dans celui, rude et inquiet d'Anthony. Elle n'avait pas besoin de lui demander pour savoir qu'il parlait de son père, qui ne les avait toujours pas quitté des yeux.
—Il s'y fera.
—Non, Giulia. Il ne s'y fera pas parce qu'il n'accepte pas que sa fille sorte avec un type comme moi.
—Un type comme toi ?
—Ouais, tu sais très bien ce que je veux dire…
Hermione se sentit frissonner. Elle savait que son père avait d'autres ambitions pour elle, un homme plus riche, plus influent, une autre mafia, peut-être l'Irlandaise, avec qui signer une quelconque union. Mais elle savait aussi que son père ne s'opposerait jamais à son bonheur, et qu'elle ferait ses propres choix quoi qu'il lui en coûte. C'était ce qu'il lui avait toujours promis, en tout cas.
—Epouse moi, Lia, murmura Anthony à son oreille.
Il en profita pour jouer avec son lobe, le suçotant et le mordillant avec avidité. Il glissa alors lentement le long de son cou, y déposant des monceaux de baisers langoureux.
—Arrête, soupira-t-elle de désir.
—Les demandes en mariage, ou les baisers ? sourit Tony contre son cou.
—Les deux.
Anthony se redressa soudainement et plongea ses yeux bruns dans ceux, clairs et rieurs d'Hermione.
—Pourquoi tu ne veux pas m'épouser ?
—Parce que je ne veux pas dépendre de toi. Laisse-moi un an, juste une année, le temps qu'on publie mon livre et que je devienne aussi célèbre que… Fitzgerald.
—Rien ne t'empêche de m'épouser et de devenir célèbre ensuite.
—Je ne veux pas voir ton nom sur la couverture de mon livre, sourit-elle. Et je veux une bague !
Cette conversation n'était pas la première de ce genre qu'ils avaient. Voilà plus que six mois qu'Anthony demandait régulièrement celle qu'il aimait en mariage. Six mois qu'elle refusait à chaque fois. Parce que Giulia était une femme indépendante et libre. C'était le genre de femme qu'on admirait et qu'on enviait. Belle, talentueuse, influente.
L'art avait toujours fait partie de sa vie, son père saxophoniste et sa mère danseuse de cabaret avaient élevé leur fille dans l'amour des arts, mais c'était pour l'écriture qu'elle avait vu son talent se développer. Elle avait écrit de nombreux poèmes et quelques nouvelles, avant de se lancer dans l'écriture d'un roman. Elle avait dévoré ceux de Fitzgerald et Hemingway et avait décidé qu'elle ferait aussi partie des grands auteurs de leur ère.
Et tant qu'elle n'y parviendrait pas, elle se refuserait d'épouser celui qu'elle aimait pourtant plus que tout le reste.
Les mois étaient passés si vite, et Giulia, submergée par l'écriture s'était laissée emportée par le temps. Elle ne voyait pas Anthony très souvent, son propre rôle dans la mafia ne lui permettait pas de prendre des jours de congé, mais chaque samedi soir, ils se retrouvaient dans une chambre d'hôtel et passaient le reste de la nuit ensemble.
Elle avait sorti sa plus belle robe, ses plus beaux bas de soie, ce soir-là. Elle avait mis sa lingerie la plus fine et la plus provocante qu'elle avait, et attendait, patiemment, allongée sur le lit, en feuilletant un magazine qu'elle avait trouvé sur la table basse. Les heures avaient passé, et il n'était jamais venu. Il ne reviendrait plus jamais d'ailleurs. Car cette nuit-là, il fut assassiné dans l'un des quartiers les plus malfamés de Chicago. Une rixe qui avait mal tourné, un coup de poignard bien placé. Il s'était écroulé avant de rendre l'âme dans une mare de sang.
Quand on l'avait retrouvé le lendemain, il tenait encore fermement dans sa main, une petite boite de velours qui contenait l'une des plus belles bagues de la ville. Bague qu'il n'aurait plus l'occasion d'offrir à sa belle Giulia.
Giulia s'était endormie, morte d'inquiétude, et quand elle se réveilla le lendemain matin, elle comprit que quelque chose n'allait pas. Elle était allée rejoindre son père qui lui annonça la triste nouvelle. La douleur, lancinante et brûlante avait formé un trou béant à l'intérieur de son myocarde. Une plaie qui ne semblait pas apte à se refermer un jour. Elle ne lui en laissa de toute façon pas le temps, car la talentueuse Giulia n'eut plus le goût de vivre, et se laissa peu à peu mourir, sous les yeux impuissants et coupable de son père.
Hermione se réveilla en sueur dans son lit, en plein milieu de la nuit. Ce rêve était si différent de ceux qu'elle faisait habituellement… Son cœur battait la chamade et son cerveau réfléchissait à toute allure. Elle mit du temps à le comprendre, mais il ne s'agissait pas d'un rêve. C'était un souvenir, celui d'une vie antérieure. Arwen les avait prévenus que cela pouvait se reproduire maintenant que la magie des âmes était activée.
Encore secouée, elle glissa hors de son lit et marcha jusqu'à la chambre de Drago, sans faire de bruit. Elle entrouvrit doucement la porte, et glissa sa tête à l'intérieur. Elle s'était attendue à le voir dormir profondément, mais au lieu de ça, il était assis dans son lit, les bras croisés derrière la tête, et regardait par la fenêtre d'un air complètement absent.
Quand il sentit la présence d'Hermione, il tourna instinctivement la tête vers elle.
—Tu l'as vu aussi ? lui demanda-t-elle timidement.
Il hocha imperceptiblement la tête. Alors Hermione, rassurée malgré tout de voir que Drago n'était pas mort, comme elle l'avait cru dans son rêve, s'approcha lentement de son lit et se glissa doucement à côté de lui. Elle lui laissa le temps de la repousser, de lui dire de partir, mais au lieu de cela, il se décala légèrement pour lui laisser de la place, et tous deux s'allongèrent en silence dans ce lit bien trop grand pour Drago.
Bon alors je ne suis pas tellement fière de ce chapitre, car je crains qu'il ne soit pas clair. Notamment la partie dans les années 1920, la vie antérieure. Comme j'ai le nez dedans, pour moi ça parait clair comme de l'eau de roche mais j'ai peur de ne pas avoir assez explicité, donc vraiment n'hésitez pas à me donner votre avis.
Vous aurez donc compris que dans cette vie antérieure, ils ne sont pas Drago et Hermione, mais Anthony (Tony) et Giulia (Lia), j'ai hésité à leur donner des prénoms mais j'ai trouvé ça plus facile à suivre, dites-moi ce que vous en pensez !
Je vous dis à mercredi/jeudi et en attendant, portez vous bien !
