Me voilà pour la 18ème fois ! Je n'ai pas le temps de faire un long blabla, donc voici mes réponses à vos reviews qui m'ont fait extrêmement plaisir !

Leolili: Ravie de te l'entendre dire ! Je suis contente si c'était clair. Oui Hermione doit le faire, et on dirait que la vérité va éclater au grand jour !

Swangranger: Ahah je suis contente que ça t'ai plu en tout cas, ce petit passage dans les années 20 j'ai bien aimé l'écrire même si j'avais peur de ne pas être claire.

Charliee3216: Sacrée veinarde alors ! Bon je poste 2 fois par semaine donc tu n'aurais de toute façon pas attendu très longtemps, je suis ravie que tu aies rejoins l'aventure en tout cas. Voici la suite !

Math'L: Merci de me rassurer ! Hermione n'a pas l'air décidé en tout cas, ça c'est sur, voici la suite !

Lily Orya: Merci pour ton commentaire qui me rassure.

Ash: Je suis contente que ça t'ai plu, et de rien, c'est normal de répondre à vos questions !

Family-Business : Oui juste amis haha. Pour les vies antérieures, je n'en ai pas prévu tant que ça, il y en aura sûrement une troisième je pense, je ne suis pas encore décidée haha. Merci pour ton commentaire !

Bonne lecture !


Au petit matin, Drago mit longtemps à se souvenir de la présence d'Hermione dans son lit. Puis les détails de leur rêve simultané, ou plutôt, leurs souvenirs de leur vie antérieure, remontèrent doucement à la surface. L'odeur douce et sucrée d'Hermione lui chatouillait les narines, et le fit sombrer à nouveau dans ces drôles de vies, au temps de Louis XIV ou encore dans les années vingt. C'était une étrange expérience qu'il avait vécue là, et il n'était pas certain de vouloir y faire à nouveau face. Cela chamboulait tout ce en quoi il avait toujours cru : qu'il était maître de son destin. Et il détestait ça.

Il s'autorisa encore quelques minutes à côté d'Hermione, qui dormait encore profondément. Quelques minutes qu'il passa à l'observer, à scruter chacun des traits de son visage. Il ne l'avait jamais eu aussi sereine et douce qu'à cet instant présent. Peut-être que dans les bras de Morphée, elle en oubliait tous ses problèmes. Peut-être qu'elle rêvait de jolies choses, loin de la guerre et de ses morts, loin de ses états d'âmes, loin de ce pays. Peut-être qu'elle était quelque part, avec ses parents. C'était tout ce qu'il lui souhaitait en tout cas.

Quand le temps qu'il s'était accordé fut écoula, Drago se glissa doucement hors de son lit et quitta la pièce sur la pointe des pieds. Il avait pris soin d'enfiler un jean et un pull, car malgré le printemps qui reprenait peu à peu ses droits, le froid semblait avoir élu domicile sur l'Angleterre.

Drago se faufila jusqu'à l'extérieur, il était encore très tôt et le soleil peinait à pointer son nez. Quelques rayons frondeurs vinrent doucement caresser la peau pâle et terne de Drago. Il leva le nez en l'air et ferma les yeux quelques secondes, se ressourçant autant que possible, s'abreuvant de cette chaleur naissante et encore timide. Il passa une main fatiguée dans sa barbe. Malgré le cadeau qu'Hermione lui avait offert à Noël, Drago ne s'était pas encore résolue à la raser. Il avait l'impression qu'elle faisait désormais partie de lui, comme un barrage, une carapace sécurisante qui le gardait du reste du monde.

Peut-être qu'il la couperait un jour. Quand il aurait fait son deuil, quand la guerre serait finie. Quand il n'aurait plus que ça à faire, pour dévoiler une sourire heureux. Mais ce temps semblait loin et inaccessible, aussi secoua-t-il la tête pour chasser ces idées folles.

Il avança sur quelques mètres, puis, quand il fut sûr que personne ne regardait, il s'arrêta quelques secondes, tout juste le temps pour disparaître dans le néant.

Quelques secondes plus tard, il réapparut dans un cimetière aux allures familières, mais dont le sol jusqu'alors recouvert de neige, avait retrouvé sa couleur verte et lumineuse. Enfonçant les mains dans ses poches, Drago s'avança presque sans s'en rendre compte, jusqu'à la tombe de Livia. S'il ne venait pas souvent, il était quand même heureux d'avoir trouvé le courage de lui rendre visite de manière un peu plus régulière. Arpentant les allées, serpentant entre les différentes pierres tombales, Drago arriva bientôt à celle de son épouse.

Et quelle surprise d'y trouver déjà quelqu'un. Du coin de l'œil, Drago vit une longue chevelure blonde, et il ne tarda pas à comprendre qu'il s'agissait de la femme dont lui avait parlé le fossoyeur. Mais plus il s'approchait, plus le doute s'insinuait en lui. Et quand il fut assez près d'elle pour voir son profil, il sentit son sang se glacer dans ses veines.

—Livia ? murmura-t-il sans en croire ses yeux.

L'interpellée se retourna immédiatement. Ses grands yeux croisèrent le regard de Drago, et soudain, un petit sourire en coin naquit sur ses lèvres rouges. Drago avait l'impression de rêver. Son odeur, son sourire, ses yeux, sa chevelure, tout cela semblait irréel, pourtant, cela ne pouvait être quelqu'un d'autre. A moins que…

Il sortit sa baguette et la pointa sur la jeune femme sans crier gare.

—Qui êtes-vous ? cracha-t-il.

Ce ne pouvait pas être Livia. Livia était morte depuis plus d'un an et demi, et de toute évidence, quelqu'un avait su se procurer ses cheveux pour en faire du polynectar. Il n'y avait que ça. Elle ressemblait trait pour trait à sa défunte épouse, et mise à part la potion de transformation, Drago ne connaissait aucun moyen assez puissant pour donner à quelqu'un la parfaite apparence d'une autre personne.

Le sosie de Livia sourit davantage, dévoilant ses dents éclatantes dans un sourire presqu'inquiétant. Elle ne bougea pas cependant, car la baguette de Drago pointée droit sur son cœur semblait faire son petit effet. Elle se contenta donc de le regarder droit dans les yeux et de murmurer :

—Tu ne me reconnais pas, mon amour ?

Drago sentit ses poils se hérisser sur tout son corps. Sa voix, si douce, aussi belle que dans ses souvenirs avait toujours eu cet effet sur lui. 'Mon amour', c'était si doux, si agréable. Drago n'avait plus entendu ce surnom depuis de si nombreux mois qu'il avait oublié quel effet il avait eu sur lui, autrefois. Une fois le choc passé, il se ressaisit et enfonça légèrement sa baguette dans la cape noire de l'usurpatrice.

—Livia est morte, grogna-t-il. Je ne sais pas qui vous êtes, ni ce que vous faîtes ici, mais vous avez fait une erreur. Je ne laisserai personne entacher la mémoire de ma femme.

La jeune femme en face de Drago éclata d'un grand rire cristallin. Un rire qui sonnait terriblement faux, et qui faisait presque peur. Un rire cruel, un rire que Drago avait déjà entendu. Il n'arrivait pas à se remémorer l'endroit, ni le moment, mais il était sûr que ce rire lui avait déjà brûlé les tympans.

—Que c'est mignon, après tous ces mois, tu ne m'as pas oublié ?

—Tu n'es pas Livia, répéta Drago. Livia est morte, et je ne l'oublierai jamais.

—Que tu es naïf, Drago, naïf et tellement stupide.

S'il était clair que quelque chose était en train d'échapper à Drago, ce dernier n'était pas certain d'apprécier de se faire traiter d'idiot. Toujours sur ses gardes, il ne desserra pas les dents et se contenta de donner un autre petit coup de baguette dans la poitrine de sa captive pour l'encourager à parler et à se dévoiler davantage.

—Je suis Livia, déclara-t-elle avec un petit geste de la main, comme si cela ne signifiait rien. Et surprise ! Je ne suis pas morte.

—Tu mens, tu es sous polynectar ! Avoue-le maintenant, de toute façon, au bout de quelques heures, je saurais bien que tu es réellement.

—Et tu verras que je suis ta femme. Enfin, ton ex-femme. Est-ce qu'on peut dire que nous sommes des ex, même si on n'est pas officiellement divorcés ?

Le sourire en coin qu'elle conservait avait le don d'agacer Drago. Elle avait ce petit air supérieur de ceux qui savent, et il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas l'idée d'être passé à côté de quelque chose, ni d'être un ignorant face à son ennemi. Il n'aimait pas non plus qu'elle se moque de son couple, de son mariage avec Livia.

—Livia est morte, répéta-t-il.

—Blablabla, répliqua-t-elle. Tu n'entends pas ce que je te dis Drago ? Je suis Livia. Je pensais que tu aurais compris avec le temps. Mais tu étais trop aveuglé par ton amour pour moi. Une pauvre chimère.

—Qu'est-ce que tu veux dire ?

—Ce que je veux dire, mon amour, c'est que depuis le début, tu as été aveugle. Tu ne trouves pas étrange que nous nous sommes rencontrés quelques mois seulement après que tu aies tourné le dos au Seigneur des Ténèbres ? Bien sûr, tu étais agent double, mais le Maître n'a pas tardé à s'en rendre compte, et c'est pour cela qu'il m'a envoyée.

Le Maître ? Envoyée ? Mais qu'est-ce que cela signifiait ? Pourquoi Livia parlait avec cette démence et cette adoration qu'il avait tant de fois entendue dans la voix de sa tante, Bellatrix ? Pourquoi semblait-elle aussi cruelle ? Drago se ressaisit, ce ne pouvait pas être elle. Livia Malefoy était enterrée là, six pieds sous terre, dans un cercueil qu'il avait pris soin d'acheter quelques dix-huit mois plus tôt.

—Tu penses bien que lorsque nous avons appris qu'il y avait une taupe chez les Mangemorts, le Maître a immédiatement voulu son propre agent double, dans l'Ordre du Phénix. Et j'étais la candidate idéale. Amie de Fleur Delacour depuis Beauxbatons, personne ne me connaissait vraiment. Personne ne savait que mes parents avaient toujours été de fervents admirateurs du Seigneur des Ténèbres et m'avaient élevées dans ces croyances.

—Je ne te crois pas. Livia n'aurait jamais fait ça, la coupa Drago qui sentait sa main trembler sur sa baguette. Tu n'es pas Livia…

—Bien sûr que si.

—Prouve-le.

Le sourire de Livia s'agrandit plus encore sur ses lèvres carmin.

—Le soir de notre nuit de noces, tu m'as pris dans tes bras et tu m'as dit que tu n'avais jamais aimé autant que tu m'aimés. Tu m'as proposé de tout quitter, de partir vivre à l'autre bout du monde, pour fonder une famille, loin de la guerre. Mais…

—Tu as refusé.

Drago se souvenait parfaitement de cette nuit-là. Leur mariage avait été merveilleux. En petit comité, dans le jardin des Weasley, la musique avait retenti toute la nuit. Drago avait dansé avec son épouse jusqu'à en avoir mal aux pieds, et puis, au petit matin, il l'avait entraîné avec lui jusqu'à une magnifique suite d'un hôtel moldu en plein cœur de Londres. Drago s'était confié à sa femme plus qu'à n'importe qui d'autre, et il se souvenait lui avoir proposé de fuir.

Il avait peur pour elle, peur pour leur avenir. Il n'aspirait qu'à créer une famille, et il ne voulait pas voir ses enfants grandir dans la peur et la hantise de perdre leurs parents, comme c'était le cas pour le petit Teddy Lupin qui avait déjà perdu sa maman. Il se souvenait de ce moment de faiblesse, où il aurait tout quitté pour garder sa femme à l'abri. Mais elle avait refusé, certifiant que son rôle était ici, au cœur de la guerre et qu'il en ressortirait comme héro.

Mais comment se pouvait-il que cette femme au sourire si cruel, et au regard froid puisse-t-être celle qu'il avait épousé voilà plus de deux ans ? Il ne pouvait en être autrement cependant, car seule Livia pouvait être au courant de ce qui s'était dit, durant leur nuit de noce.

—Pourquoi ? finit-il par demander.

Il nageait en pleine incompréhension.

—Pourquoi ? Mais parce que le Seigneur des Ténèbres me l'a demandé. Tu as bien été le seul à ne pas voir qu'il avait compris ton petit manège. Il savait que tout ce que tu voyais chez lui, tu courrais le répéter à tes copains de l'Ordre. Et il se sentait terriblement trahi, désavantagé. Alors je suis arrivée et j'ai changé la donne. Je prenais mes ordres auprès du Maître une fois par semaine, quand tu n'étais pas là. C'est comme ça que j'ai pu kidnapper Granger, chez elle. Comme ça aussi j'ai imaginé ma propre mort. Il voulait que tu souffres, Drago, que tu paies pour ta trahison.

—Je t'ai enterré, répliqua Drago. Je t'ai enterrée dans ce cercueil sous cette pierre, je l'ai vu de mes propres yeux.

—Oui, tu as vu que l'on enterrait quelqu'un qui avait mon apparence, et dont le cœur ne battait plus. C'était si facile. Un clochard ramassé dans la rue à qui j'avais fait boire un peu de polynectar. Vous m'avez enterrée si rapidement que vous n'avez pas remarqué que dans le cercueil, le pauvre sans-abri avait déjà retrouvé sa forme initiale.

—Tu mens, éructa-Drago.

Hors de lui, il pointa sa baguette sur le sol, et la terre explosa comme si une mine s'était déclenchée sous la pierre tombale de Livia. Il tomba à genoux sur le sol et ouvrit le cercueil à l'aide de sa baguette. A l'intérieur, le corps embaumé par magie était resté intact, mais Livia avait dit juste. Car ce n'était pas l'épouse de Drago qui reposait paisiblement entre les planches de chêne, c'était un homme que Drago n'avait jamais vu auparavant.

Il leva des yeux hagards vers Livia qui souriait de plus belle.

—Tu as cru ce que tu as vu, déclara-t-elle. Mais comme Saint-Thomas tu t'es trompé.

Drago sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Il avait l'impression que son monde s'écroulait. Livia avait été son pilier, et même après sa mort, son souvenir l'avait aidé à avancer, à se battre pour la fin de cette guerre. Et voilà qu'elle était là, bien vivante, et qu'elle était une traîtresse. Comment avait-il pu se tromper à ce point ?

—Est-ce que tu m'as aimé ? murmura-t-il, totalement éteint.

Livia ne dit rien, elle se contenta de le regarder, agenouillé à ses pieds.

—Est-ce que tu m'as aimé ? répéta-t-il en criant.

—Non, finit-elle par dire.

Son sourire s'était légèrement ternie, et Drago crut voir une once de pitié dans sa voix. C'était pire que tout. Son mariage, son idylle avait été construite sur un mensonge. Elle ne l'avait jamais aimé, quand lui, lui avait offert son cœur sur un plateau. Après la mort de Livia, Drago avait pensé que jamais il ne pourrait souffrir davantage que ce jour-là, car il avait senti son cœur s'émietter dans sa poitrine. Mais à présent qu'il savait que tout était faux, que tout n'était qu'une mascarade, il comprit que cette douleur n'était rien comparée à celle qu'il ressentait à cet instant présent. Celle de la trahison.

—Je ne t'ai jamais aimé, reprit Livia, enfonçant plus encore sa lame chauffée à blanc dans l'âme de Drago. Il n'y jamais eu que le Seigneur des Ténèbres pour moi. Si j'ai fait tout ce que j'ai fait, c'était pour lui.

—Même venir fleurir ta propre tombe ?

—J'ai toujours aimé les fleurs, sourit-elle.

—T'es qu'une pauvre malade.

—C'est sûrement vrai. Néanmoins, je suis surprise par ta réaction.

Drago, qui s'était redressé, plongea son regard dans celui de Livia. Où voulait-elle encore en venir ? Sa réaction ? Comment aurait-il pu réagir autrement en apprenant que celle qu'il avait aimée et enterrée était en fait bien vivante, mais une véritable traîtresse ?

—Je pensais que Granger t'en aurai parlé.

—Granger ? Qu'est-ce qu'Hermione a à voir là-dedans ?

Un nouveau rire cruel s'échappa de la gorge blanche de Livia. Et à cet instant précis, Drago se souvint exactement où il l'avait déjà entendu. Etait-ce parce qu'elle avait mentionné Hermione ? Ou peut-être le fait de l'entendre une seconde fois ? Le fait était qu'il se souvenait parfaitement de l'endroit où il l'avait entendu : dans une des salles de bain du Square Grimmaurd, le soir où Hermione avait subi l'attaque de l'épouvantard, sous les traits du bourreau blond d'Hermione.

…le bourreau blond d'Hermione.

—C'était toi ?

—Et oui ! Surprise ! sourit Livia. J'ai toujours eu un certain don pour la torture physique et psychologique. Mais comme Hermione me connaissait, ça a été un challenge supplémentaire. Je l'ai torturé des mois entiers sans jamais lui parler, ma voix m'aurait trahi, tu comprends ?

Sa voix était si neutre et si calme que l'espace d'un instant, Drago crut l'entendre faire la conversation. Parler de la pluie et du beau temps, de la victoire de Canon de Chudley à la dernière coupe de Quidditch ou encore d'une recette particulièrement délicieuse. Mais non. Elle parlait des séances de torture sur Hermione, comme on parle de la nouvelle fontaine installée sur la Grand Place.

—C'était grisant, continua-t-elle. J'ai été très déçue que tu me retires mon cobaye seulement trois mois après, mais j'ai été ravie de la retrouver la dernière fois avec son guérisseur. Je n'ai pas été assez prudente, et elle m'a vue. Mais le Maître n'en était pas si mécontent… Encore un moyen de t'atteindre.

—Elle t'a vu ? répéta Drago, incertain.

Livia regarda Drago avec curiosité, comme une bête de foire enfermée dans une cage et à qui on lance de la nourriture. Il n'aimait pas ça du tout.

—Noooon ! s'écria-t-elle en souriant. Elle ne t'a rien dit ? Vraiment ? Granger ne t'a pas dit que j'étais encore vivante ? Elle m'a pourtant vu de près, cette garce, en tirant sur mon capuchon.

Pendant quelques secondes, Drago pensa qu'il devait être en train de rêver. Ou de cauchemarder. Tout cela ne pouvait pas être réel. Livia ne pouvait pas être vivante, et elle ne pouvait pas être du côté de Voldemort. Elle ne pouvait pas être celle qui avait torturé Hermione. Et de toute façon, si Hermione avait été au courant, elle le lui aurait dit, n'est-ce pas ? Elle n'aurait pas osé lui cacher quelque chose d'aussi important ? Ils s'étaient beaucoup rapprochés, ils s'étaient confiés l'un à l'autre, alors s'il y avait bien une personne capable de lui dire la vérité c'était bien elle.

Et pourtant…

—Je ne te crois pas.

—Et bien tu n'as qu'à lui demander. Mais je crois que je ne suis pas la seule menteuse de ton entourage. Bien, maintenant, je vais y aller, le Maître m'attend, je pense qu'il va être ravi quand je lui raconterai notre petite entrevue.

Drago dégaina à nouveau sa baguette avec rapidité. Ce ne fut cependant pas suffisant car Livia lui lança immédiatement un sort d'entrave. Il perdit l'équilibre et tomba durement sur le sol, sous les yeux moqueurs de Livia.

—Tu ne pensais pas que j'allais sagement te suivre, Drago ? Naïf et stupide, répéta-t-elle.

Et elle disparut dans un 'plop' sonnore, ne laissant derrière qu'elle que la douleur et une plaie béante dans le cœur de Drago. Celui-ci retrouva l'usage de ses jambes à l'instant même où elle avait quitté son champ de vision. Il bougea doucement pour reprendre contrôle de ses membres inférieurs et se redressa à nouveau. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Il devait en avoir le cœur net, il devait savoir si Hermione était au courant, et si elle avait fait le choix de ne rien lui dire. Il transplanna.

Quand il entra à nouveau dans la demeure des Black, il y avait plus d'agitation que lors qu'il l'avait quitté. Il tendit l'oreille, et se précipita dans la cuisine pour les retrouver. Ils étaient tous là, assis. Ils mangeaient, ils riaient, ils buvaient leur café comme si de rien n'était. Comme la terre n'était pas sur le point de s'écrouler sous ses pieds.

Les yeux de Drago glissèrent jusqu'à Hermione. Elle était en train de mordiller un toast en lisant le journal. Elle était si sereine, si calme, elle ne savait pas, la pauvre, que la tempête allait s'abattre sur elle. Quand Drago entra dans la cuisine de son pas lourd, le regard dur, tous les regards se tournèrent vers lui. Il devait faire peur à voir, car la petite Noa se mit à crier, tandis que Teddy Lupin se cachait derrière son père.

—Ça ne va pas, Drago ? demanda Harry

Drago ne le regarda pas, il s'avança vers Hermione et la toisa de toute sa hauteur.

—Tu n'as rien à me dire ?

Hermione le regarda droit dans les yeux. Il vit l'hésitation dans ses yeux. Il vit immédiatement qu'elle savait. Mais il voulait l'entendre dire. Il voulait que sa sorte de sa bouche. Elle resta muette cependant, comme prise au piège par son propre mensonge.

—Granger, s'écria Drago. Tu n'as rien à me dire ?

—Arrête de lui crier dessus, grogna Ron qui s'était levé, prêt à intervenir. Calme-toi.

—Que je me calme ? s'étrangla Drago. QUE JE ME CALME ?

Drago se tourna à nouveau vers Hermione qui avait baissé les yeux.

—Hermione, reprit-il. Est-ce que tu as quelque chose à me dire ?

Hermione, sans jamais levé les yeux, se contenta de murmurer :

—Est-ce vraiment la peine ?

—Je veux te l'entendre dire, Hermione. Je veux que tu me dises, en me regardant droit dans les yeux que tu m'as menti délibérément, que tu m'as caché ça. Je veux que tu assumes.

Mais au fond, tout ce que voulait Drago, c'était de l'entendre dire qu'elle était désolée, et lui pardonner. Il voulait la serrer dans ses bras, parce qu'il n'y avait que là qu'il se sentait bien. Pourtant, son estomac révulsé et son cœur brisé lui criaient que ce n'était qu'une traitresse. Comme Livia. Toutes les deux lui avaient brisé le cœur en moins d'une heure. Elles avaient fait fort.


Et voilà pour ce nouveau chapitre pas très rigolo, il faut bien le dire. Vous l'aurez compris, ce n'est pas Hermione qui l'aura avoué à Drago, c'est ce dernier qui l'aurait découvert de lui-même et c'est encore pire.

C'était d'ailleurs ce qu'Hermione appréhendait le plus, mais bon, elle n'avait qu'à le dire avant que ça arrive ! J'espère que ça vous aura plu, n'hésitez pas à m'en dire des nouvelles. Je vous dis donc à ce week end pour de nouvelles aventures !