Et nous voilà partis pour le chapitre 19. Nous avons fait déjà deux tiers de la fiction, le temps passe si vite. En ce moment, je cours vraiment après le temps d'ailleurs, je n'ai qu'une hâte : être en vacances ! Pour tous ceux qui passent le bac cette semaine : courage, ce n'est qu'un mauvais moment à passer et puis pensez aux deux mois de vacances qui vous tendent les bras !
Merci à tous ceux qui ont pris la peine de commenter, vous êtes au top et j'adore vous dire, vous êtes mon petit rayon de soleil chaque semaine, donc merci !
Charliie3216: Ah je suis contente de t'avoir surprise alors ! Oui il est cruel, mais il est blessé surtout et en colère. Mais il va vite comprendre qu'il a tort. Voici la suite.
Iknox3: Exactement, le pire est arrivé. En effet la facilité n'est pas dans les gènes du dramione haha. Oui il l'idéalisait mais pour l'instant il est sous le choc, le contre coup sera pire que tout.
Leolili: Oui Hermione est un peu choquée qu'il l'ait appris mais bon c'est de sa faute aussi. Drago comprendra avec le temps mais bon c'est quand meme difficile à digérer !
Rine: Merci pour tes deux reviews ! Et oui un dravia ( ?) haha au moins il le sait maintenant ! Merci pour ton commentaire.
Swangranger: Ahah je n'en dis pas plus pour Livia mais c'est vrai que c'est une folle ! En effet Drago va bien pardonner à Hermione un jour ou l'autre, mais quand ? haha.
Lili Orya: Je suis ravie que ça t'aie plu ! Oui un dur moment à passer, mais bon c'est ce qu'on aime dans les dramiones ! Merci.
Alohomara: Ton message m'a fait trop rire ! Livia en prend pour son grade, je suis ravie que ça t'ai plu malgré tout ! Merci pour ton commentaire
JurdorangeHp: Je suis contente que tu aies trouvé la réaction de Drago cohérente ! Voici la suite, j'espère que ça te plaira !
Bonne lecture
Le temps s'était figé dans la petite cuisine du Square Grimmaurd. Tous les yeux s'étaient rivés sur Hermione et Drago qui, eux, ne se lâchaient pas du regard. Drago avait le regard dur, froid, et l'espace d'un instant, Hermione crut revoir celui qu'elle avait rencontré à Poudlard. Un homme de glace, dépourvu d'humanité et de sentiments. Bien sûr, il avait, depuis, prouvé plus d'une fois qu'il avait bel et bien un cœur. Un cœur bon et généreux, qui l'avait amené à se sacrifier plus d'une fois pour sauver Hermione. Un cœur qui avait souffert aussi, du deuil, du veuvage, et maintenant, de la trahison.
Le cœur d'Hermione battait à vive allure dans sa poitrine, et elle peinait à reprendre son souffle. C'était comme si Drago avait enfoncé sa tête dans un seau d'eau et l'empêchait de refaire surface. Pourtant, il ne la touchait pas. Il se contentait de la fixer, avec dégoût, avec colère, et osait-elle l'admettre ? Avec tristesse. Et combien elle se sentait coupable d'être à l'origine de cette tristesse. Elle aurait vendu son âme au diable pour panser la plaie béante qui s'était rouverte dans son cœur déjà abîmé.
Elle restait là, muette, pantoise. Trop honteuse pour oser dire un mot, trop peinée par le spectacle qui s'offrait à elle : Drago avait déjà tant souffert et voilà qu'au lieu de l'aider, comme elle l'avait prévu, elle était l'instigatrice de cette tourmente.
Il savait, songea Hermione. Il savait que Livia était vivante. Comment l'avait-il su ? elle n'en avait pas la moindre idée, mais en triant les quelques hypothèses qu'elle avait, elle comprit bien vite ce qu'il en était. Puisqu'elle n'en avait elle-même parlé à personne, cela signifiait que l'autre camp, celui des mangemorts était à l'origine de cette révélation. L'idée que ce soit Livia en personne qui eut dévoilé la vérité à Drago lui arracha un frisson glacé.
—Quelqu'un peut nous dire ce qui se passe ? demanda finalement Harry qui s'était levé, prêt à s'interposer.
En effet, vu de l'extérieur, la scène paraissait complètement irréaliste. Quelques heures plus tôt, on apprenait qu'Hermione et Drago étaient des âmes sœurs, on les voyait de lancer des regards qui en disaient longs, et Ginny les avait même vu dormir ensemble, et voilà que Drago débarquait à présent comme une furie et traitait Hermione de traitresse ? Clairement, ils avaient dû louper un épisode.
Drago ne broncha pas et ne prit pas la peine de regarder Harry. Il fixait toujours Hermione du regard et donna un petit coup de menton en sa direction.
—Vas-y, Granger, explique-leur.
Tous les yeux se tournèrent cette fois vers Hermione qui avait baissé le regard sur ses mains tremblantes.
—J'aurai voulu que ça se passe autrement, finit-elle par murmurer.
Elle avait parlé si bas que tous durent tendre l'oreille pour pouvoir en capter ses mots. Si ses lèvres n'avaient pas bougé, Drago aurait même douté de l'avoir entendu parlé. Dans la tête de Drago, tout semblait avancer au ralenti. Il ne parvenait pas à assimiler toutes ces choses. Bien sûr, il en voulait terriblement à Hermione, avoir gardé le silence aussi longtemps sur Livia était un véritable crève-cœur, mais plus encore, c'était à lui-même, qu'il en voulait. Comment n'avait-il pas vu que Livia se fichait de lui ? Comment avait-il pu être aussi naïf et aussi stupide ? Aveuglé par l'amour, pas une seule seconde il ne s'était douté qu'elle pouvait être une mangemort. Pis encore, une tortionnaire. Elle qui était si douce, si prévenante avec lui. Il n'avait pu qu'en tomber amoureux.
Il était en colère, la haine animait chaque passerelle de son corps. Il avait l'impression d'être en feu, l'impression de se consumer de l'intérieur. La rage n'avait alors aucun égal, dévastant tout sur son passage, jusqu'à la bonne raison, jusqu'à la logique de Drago. Jusqu'à sa sensibilité et son humanité.
—Moi aussi, cracha-t-il. J'aurai aimé que celle qui est censée être mon âme-sœur me dise la vérité.
—Bon sang, vous allez cracher le morceau ? s'impatienta Ron qui ne comprenait pas le moindre mot.
—Livia est vivante, Ron, murmura finalement Hermione. Elle est vivante, c'est une mangemort et c'est elle qui m'a torturé pendant des mois. Et quand j'ai découvert qu'elle était vivante, la dernière fois que j'ai été kidnappée, je n'ai pas trouvé le courage d'en parler à Drago.
Drago renifla avec dédain tandis que tous les autres affichaient une mine surprise. Harry et Ron, qui s'étaient légèrement mis en colère après Drago regagnèrent immédiatement leur calme, conscients qu'Hermione n'était peut-être pas la victime de cette histoire, quant à Ginny et Molly, elles avaient porté leur main à leur bouche dans un geste identique.
—Pas le courage ? ricana Drago. C'est dommage pour une Gryffondor de ta trempe.
—Impossible, répliqua Harry. On l'a enterrée, et…
—Je l'ai vu, Potter, de mes propres yeux.
Drago leur raconta en détail la rencontre avec feu son épouse. Tous étaient suspendus à ses lèvres, ne posant aucune question pour ne pas l'interrompre dans son récit. Et plus les mots déferlaient de la bouche de Drago, plus il se sentait en colère contre le monde entier.
La colère était un sentiment que Drago avait toujours eu beaucoup de mal à gérer. C'était un sentiment puissant, et depuis son plus jeune âge, on lui avait appris à cacher ses sentiments. Seulement la colère, si elle n'est pas extériorisée, devient un mal qui nous ronge de l'intérieur, jusqu'à faire de nous ce que l'on n'aurait jamais cru être : un monstre.
Drago était devenu ce monstre à Poudlard, mais en grandissant, et puis, en vieillissant, il avait compris qu'il n'était pas dans son intérêt de tout garder pour lui. Il était donc passé à l'extrême en exultant et en recrachant sa colère à chaque fois qu'elle l'animait, faisant de lui un connard susceptible à qui l'on ne pouvait rien dire.
Malheureusement pour les membres de l'Ordre présents ce jour-là, la rage de Drago était telle qu'elle en était incontrôlable. Elle surpassait tout, même la tristesse et la peine qui s'étaient à nouveau emparées de son cœur.
—Maintenant, j'aimerai que tu m'expliques, Granger, pourquoi tu ne m'as rien dit ? grinça-t-il entre ses dents.
—Je voulais t'en parler, mais je n'ai jamais trouvé… le bon moment.
—Alors tu t'es dit que le mieux c'était encore que je l'apprenne par moi-même et qu'avec un peu de chance, je continuerai d'ignorer que tu étais au courant ? Ce n'était pas ton jour de chance, ironisa-t-il.
—Non, ce n'est pas ce que je me suis dit. J'ai plutôt pensé à la peine que tu ressentirais quand tu l'apprendrais, et à tout ce que tu avais déjà enduré… Je ne voulais pas t'infliger ça en plus.
—Comme c'est attendrissant. Tu ne t'es pas dit une seule seconde que j'étais en droit de savoir ? Et que c'était à moi de gérer ma peine, pas à toi ?
—Elle a cru bien faire, Drago, temporisa Ginny d'une voix calme.
—Non Ginny, je ne te laisserai pas dire ça. Parce que j'avais le droit de savoir que Livia était vivante, j'avais le droit de savoir que c'était une mangemort. Tout ce que j'ai fait jusqu'à ce jour, c'était pour elle, alors j'avais le droit de savoir. Si elle n'a rien dit c'est tout simplement parce que ça l'arrangeait !
Drago tourna les yeux de Ginny pour les poser à nouveau sur Hermione qui le regardait, les yeux pleins de larmes.
—C'était plus facile de ne rien dire, hein ? Depuis cette histoire d'âme sœur, tu t'es dit qu'avec un peu de chance j'oublierai Livia.
—N'importe quoi, s'offusqua Hermione haussant le ton. Je me fiche de cette histoire d'âme sœur, tout ce que je voulais c'était que tu sois heureux.
—Elle a raison, ajouta une voix derrière eux.
Desdemona et Hazel venaient d'entrer dans la cuisine sur la pointe des pieds et avaient assisté à une grande partie de cette scène en silence. Elles n'avaient cependant pas hésité à venir prendre la parole, malgré le regard outré de Molly et celui, dangereux de Drago.
—Les âmes sœurs ne peuvent pas se faire du mal consciemment. Hermione ne veut réellement que ton bonheur.
—Et bien ce n'est pas une réussite.
Et sur ces mots, Drago tourna les talons et quitta la cuisine. Derrière lui, il entendit Hermione exploser en sanglots, dans les bras maternels de Molly et sous le regard compatissant de ses deux meilleurs amis. Drago quitta pour la seconde fois le Square Grimmaurd. Il savait pertinemment qu'entre Hermione et lui, les autres membres de l'Ordre auraient vite fait leur choix. Il avait besoin de réconfort, et ce n'était pas dans ce repère de Lions qu'il en trouverait.
Une fois à l'extérieur, il transplana une fois de plus.
Pansy et Blaise dormaient encore à poings fermés quand de grands coups retentirent derrière la porte d'entrée. Visiblement, un crétin avait eu la bonne idée de tambouriner à leur pote un dimanche matin. Grognon, Blaise enfila un caleçon et se faufila hors de la chambre pour aller ouvrir à l'opportun.
—J'arrive, j'arrive, bougonna-t-il en entendant les coups s'accentuer davantage.
Il sortit sa baguette et déverrouilla la porte d'entrée de l'appartement de Pansy. On ne sut lequel des deux fut le plus surpris de tomber sur l'autre. Drago, qui était pourtant certain d'être devant l'appartement de Pansy ou Blaise, de tomber sur son meilleur ami, alors qu'il n'était clairement pas censé dormir dans le lit de leur meilleure amie à tous les deux.
—Euh, dirent-ils en chœur. Salut.
Drago se dérida légèrement tandis que Blaise, plus à l'aise, s'effaçait pour le laisser entrer.
—Si je choppe le crétin qui vient frapper chez moi un dimanche matin, hurla Pansy en sortant de la chambre, je lui fais manger sa baguette et… Drago ?
Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle était encore en sous-vêtements de dentelle noire. Alors qu'elle était en train de s'attacher les cheveux, ses bras tombèrent le long de son corps et elle regarda alternativement Blaise et Drago, ne comprenant pas très bien ce que ce dernier faisait là.
—Qu'est-ce que tu fiches ici ?
En voyant sa meilleure amie aussi peu vêtue, Drago détourna les yeux d'un air gêné.
—Pans' tu peux pas t'habiller avant ?
Blaise ricana à côté de lui, tandis que Pansy soufflait et retournait dans sa chambre d'habiller.
—Toi aussi, Blaise, grogna Drago en avisant son caleçon.
Quand ses deux amis se furent enfin vêtus correctement, Drago s'installa sur le canapé tandis que Pansy faisait chauffer de l'eau dans une théière. Blaise s'assit à côté de Drago en silence. Il ne riait plus. Il ne savait pas très bien comment Drago allait réagir en apprenant qu'il dormait régulièrement chez Pansy, et d'un autre côté, il était curieux de savoir ce qui l'amenait ici de si bonne heure. Quand Pansy arriva avec son service à thé, et le déposa sur la table basse, Blaise osa enfin prendre la parole.
—Alors ? qu'est-ce qui t'amène ?
Drago ne répondit pas immédiatement. Pansy disposa une tasse de thé fumante devant chacun d'entre eux et s'installé sur le tapis aux pieds des garçons. Elle regardait Drago d'un air inquiet, car son teint blafard et ses yeux vitreux ne présageaient rien de bon.
—Je dois avoir une vieille bouteille de whisky pur feu qui traîne dans un placard. Je la garde pour les coups durs, murmura-t-elle. Et ça m'a l'air d'en être un.
Elle se leva et disparut dans la cuisine. Toujours silencieux, les garçons l'entendirent pousser les verres et insulter deux saladiers encombrants avant de revenir dans le salon, le Sainte bouteille à la main. Elle en versa une lichette dans sa propre tasse, puis dans celle de Blaise, mais eut la main un peu plus lourde dans celle de Drago. Ce dernier la porta à ses lèvres et en avala l'intégralité du contenu, se brûlant la gorge au passage. Peu importait, c'était aussi un moyen de se sentir vivant.
—Tu vas parler ? finit par demande Pansy en sirotant son thé alcoolisé.
—C'est Livia, répondit Drago.
Et avant même d'avoir le temps de rajouter quoi que ce soit, avant même de leur dire qu'elle était encore vivante, il explosa. Pour la première fois depuis longtemps, de grosses larmes glissèrent le long de ses joues pour se perdre dans sa barbe. Il se mit à sangloter de manière si forte, qu'il eut beaucoup de mal à reprendre son souffle.
A côté de lui, ses amis se regardèrent d'un air inquiet. Ils avaient déjà vu Drago pleurer, à l'enterrement de Livia par exemple, mais ils connaissaient leur ami et ils savaient que jamais il ne se serait mis à pleurer devant eux si ce n'était pas pour quelque chose de grave. Blaise entoura les épaules de Drago d'un bras, tandis que Pansy prenait les mains de son ami entre les siennes. Ils restèrent là en silence, attendant que l'orage passe.
Parfois, cela faisait du bien de pleurer. Et quand Drago eut versé toutes les larmes que ses yeux étaient capables de pleurer, il se sentit plus serein. Exténué, et toujours en colère, mais plus apaisé. Sans doute les pleurs n'y étaient pas pour rien, mais il savait aussi que l'aura réconfortante de ses deux amis avait joué son rôle.
Quand il eut retrouvé son calme, Drago se mit à parler. Comme il l'avait fait pour l'Ordre, il leur raconta ce qu'il avait vu, sa discussion avec Livia, ce qu'elle était vraiment. Leur surprise fut la même que celle des membres de l'Ordre, mais leur réaction, fut bien loin des murmures apaisants de Ginny et de la logique de Potter.
—La garce, s'écria Pansy. Quelle petite salope ! Si je la chope, je la tue ! A mains nues !
—Je viendrai avec toi, Pans', renchérit Blaise. Je la tiendrai pendant que tu lui arracheras les yeux.
Drago regarda ses meilleurs amis d'un l'air interloqué avant de faire une chose en total décalage avec sa rage : il se mit à rire. Non pas que la situation était drôle, mais la réaction de Blaise et Pansy l'était tellement qu'il ne put s'empêcher de rire. Voilà pourquoi il les aimait tant. Chez les Serpentard, il n'y avait pas de politiquement correct. Seulement les coups bas et les insultes à tout va.
En entendant le rire de Drago, les deux autres tournèrent les yeux vers lui, et eurent à leur tour un petit sourire en coin. Ils savaient s'y prendre pour le faire rire. Bien mieux que quiconque.
—On ne plaisante pas, ajouta Pansy avec un sourire. On va vraiment la tuer, si tu nous le demandes.
—Je sais, Pans', sourit Drago. C'est pour ça que je ne vous ai rien demandé. Hors de question que je vienne vous voir à Azkaban. Et puis je ne suis pas sûr qu'il y ait des cellules pour les couples.
Blaise et Pansy se jetèrent un regard un peu honteux.
—On voulait t'en parler, mais…
—Après la mort de Livia, on ne voulait pas t'embêter avec ça, acheva Blaise.
—Mais maintenant qu'on sait que cette garce est toujours vivante, on te le dit. Blaise et moi sommes ensemble. Je voulais que tu le saches avant qu'on aille à Azkaban, sourit Pansy, pour meurtre sanglant avec préméditation.
Tous les trois éclatèrent de rire. Pour Drago ce n'était pas une surprise. Il s'en doutait depuis longtemps, mais il n'avait pas voulu leur forcer la main, et avait attendu patiemment qu'ils lui en parlent. Et puis Drago devait admettre qu'il n'était pas souvent venu les voir depuis la mort de Livia et son retour à Londres. Il culpabilisait un peu. Il ne pouvait pas leur en vouloir d'avoir gardé leur jardin secret, après tout, lui-même ne leur avait pas touché mot de cette histoire d'âme sœur avec Hermione.
—Tu vas faire quoi ? demanda finalement Blaise après qu'ils eurent tous retrouvé leur calme.
—Je ne sais pas, répondit Drago en haussant les épaules. J'ai l'impression de ressentir trop de choses à la fois. Je suis en colère contre Livia de m'avoir utilisé, mais aussi contre moi de n'avoir rien vu venir. Sa pseudo-mort m'a dévasté et voilà qu'elle est finalement bien vivante, mais dans l'autre camp. Je ne sais pas si je n'aurai pas plutôt préféré la savoir morte…
Cet aveu lui fit beaucoup de mal, mais il dut admettre que c'était la vérité. Il aurait préféré savoir Livia morte, mais réellement amoureuse de lui. Savoir que leur histoire avait compté, qu'elle était vraie. Au lieu de cela, il avait basé cette idylle sur un mensonge, il avait pleuré une morte qui ne l'était pas, et avait découvert qu'on l'avait pris pour un idiot.
—Et Granger ? demanda Pansy.
—Quoi Granger ?
—Tu avais l'air sacrément remonté contre elle, quand tu nous as dit qu'elle était au courant.
—Ouais, soupira Drago. Je ne sais pas quoi faire…
—Tu ne crois pas que tu as autre chose à faire que de lui en vouloir ?
—Blaise ! s'exclama Pansy, désapprobatrice.
—Quoi ? C'est vrai non ? Je veux dire, vous vous êtes bien rapprochés tous les deux, et elle t'a fait du bien. On l'a vu, Pansy et moi. Et puis, je n'aurai pas aimé être à sa place. Tu l'imagines se lever un matin et te dire « Livia est vivante et c'est une mangemort. Tiens passe-moi la confiture ». Tu ne l'aurais sûrement pas cru.
Drago resta bouche bée. En effet, de ce point de vue-là, l'histoire semblait compliquée. Il savait au fond de lui que la situation d'Hermione n'était pas la plus évidente, mais elle avait eu tellement d'occasion de lui en parler, qu'il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir un peu.
—Elle avait l'air de le regretter ? demanda Pansy, songeuse.
—Oui, répondit Drago.
—Sincèrement ?
—J'imagine oui.
—Alors, on lui pardonne.
—On ? répéta Drago, surpris.
—Oui. Qui vote pour qu'on pardonne Granger ?
Pansy leva la main immédiatement, Blaise la suivit rapidement. C'était une règle qu'ils avaient mise en place depuis leur première année à Poudlard. Si deux d'entre eux décidaient qu'il fallait faire ou au contraire ne pas faire quelque chose, le troisième devait s'y plier. Et visiblement, Pansy et Blaise avaient voté : il fallait pardonner Hermione.
—Ca ne compte pas, elle ne vous a rien fait à vous, grogna Drago.
—Justement, on est plus objectifs que toi.
Drago leva les yeux au ciel.
—J'irai la voir, finit-il par dire. Mais ce soir, aujourd'hui je reste ici.
Blaise et Pansy eurent un petit sourire en coin. Ils avaient toujours eu plus d'influence que n'importe qui sur Drago. Même à l'époque de Livia, leur avis avait toujours beaucoup compté pour lui. Pansy décréta qu'ils allaient passer une journée géniale, juste tous les trois, comme au bon vieux temps. Elle décida de commander chinois pour le déjeuner, et ressorti des dizaines de jeux de sociétés de ses placards, ainsi que de trop nombreuses sucreries. C'était à se demander où elle cachait tout ce sucre. Pas sur ses hanches en tout cas.
Quand la nuit commença à tomber, Drago s'attarda encore un peu. Blaise et Pansy n'étaient pas dupes cependant, ils savaient pertinemment que leur ami cherchait désespérément à reculer le moment où il devrait se confronter à Hermione.
—Bon, je pense que tu devrais y aller, Drago. Sinon, elle risque de dormir si tu arrives trop tard.
Drago ronchonna encore une petite heure, avant de se lever et de quitter l'appartement de Pansy, non sans leur promettre à tous les deux de venir les voir plus souvent.
Quand il arriva à nouveau au Square Grimmaurd, pas un bruit ne venait secouer l'ancienne demeure des Blacks. Trop heureux de ne pas se faire remarquer, Drago grimpa à l'étage et alla frapper quelques coups à la porte de la chambre d'Hermione. Personne ne lui répondit et quand il ouvrit la porte, il ne trouva personne dans le lit parfaitement fait. Surpris, il se dirigea vers sa propre chance, avec le vague espoir de la voir allongée dans son lit, peut-être endormie…
Mais encore une fois, il n'y avait personne. Drago s'avança dans sa chambre et en fit brièvement le tour, comme pour s'assurer qu'elle n'était vraiment pas là. Le cœur serré, il se dit qu'elle était peut-être dans le lit d'Apollyon, et il dut prendre son courage à deux mais pour se décider à s'y rendre. En quittant sa chambre cependant, son regard fut attiré par le petit bureau, sur lequel reposait une lettre. L'écriture ronde et élégante qui avait tracé son prénom au dos de l'enveloppe ne laissa pas de doute à Drago : cette lettre provenait d'Hermione.
Et voilà ! Bon, on assiste donc à l'altercation d'Hermione et de Drago, sous le regard surpris des autres membres. J'espère que ça vous a plu et que vous avez trouvé ça cohérent.
Malgré son affection pour les membres de l'Ordre, Drago avait vraiment besoin de retrouver ses amis, ses vrais amis, Blaise et Pansy qui feraient tout pour lui, même enterrer un cadavre sans poser de question ! J'espère que ce petit passage vous aura plus, je me suis régalée à l'écrire !
Pour le chapitre suivant donc, ce sera la lettre d'Hermione. Une idée de ce qu'elle y dit ? Et puis, où se trouve-t-elle ? Pas dans sa chambre en tout cas.
Bref, dites moi ce que vous en avez pensé ! Je vous dis donc à mercredi/jeudi !
