Abracadabra, me voilà pour le vingt-et-unième chapitre ! Bon je vous évite le paragraphe sur le temps qui passe vite mais quand même. J'espère que les (futurs) bacheliers sont en forme pour cette nouvelle semaine qui commence. Courage c'est bientôt la fin.
Je suis ravie de voir que le précédent chapitre vous a plu, même si vous avez été moins nombreux à le commenter. Il en ressort que vous aimez bien les lettres, et d'ailleurs, j'ai toujours voulu écrire une fiction uniquement épistolaire, peut-être que je me jetterai à l'eau un de ces quatre (je fais ma propre pub mais dans mon autre fiction « La vie est une Chienne » y a pleeeeeein de lettres tristes et tout et tout !).
Leolili: Je suis ravie de te surprendre encore et toujours ! Le trio reste un pilier essentiel dans la guerre mais aussi dans la vie d'Hermione, elle se construit avec. Merci pour ton compliment sur les lettres qui me touche vraiment beaucoup !
Charliee3216: Merci je suis contente que ça t'ai plu ! Les retrouvailles sont pour bientôt, promis !
LiliOrya : Et voici la suite mademoiselle ! Merci d'être une lectrice aussi régulière !
Swangranger: Oh merci, je suis vraiment touchée par ce que tu me dis. Je n'en dis pas plus mais j'espère ne pas te décevoir !
Family-business: Merci, je suis ravie que les lettres te plaisent ! Tu ne t'y attendais pas ? Tant mieux haha, j'aime vous surprendre ! Merci en tout cas.
Alohomara: Ahah oui ils sont choupinou quand même, même si tout est dans le non dit mais bon. comme tu le dis si bien, ils ne mettent clairement pas de mots sur leurs sentiments, mais c'est parce qu'ils ne sont eux-mêmes pas encore certains. Merci pour ton commentaire en tout cas !
Rine: Je suis contente que ça t'ai plu ! Et oui, on n'oublie pas Ginny qui a vu quand même son mari, son frère et sa meilleure amie s'en aller ! dur dur. Merci pour ton commentaire qui me touche énormément.
Bonne lecture !
L'été était passé lentement. Peut-être parce qu'il n'avait pas tenu ses promesses de chaleur, peut-être parce qu'une pluie fine s'était abattue sur l'Angleterre dès le début du mois de juillet, peut-être parce que Drago attendait le retour d'Hermione avec tant d'impatience que toutes les secondes se transformaient en heure, et les jours, en semaines. Et puis, les jours avaient commencé à raccourcir à nouveau. C'était une étrange sensation que de savoir que le temps avait passé mais que rien n'avait changé.
Bien sûr, Drago n'était pas resté à Square Grimmaurd pour tourner en rond. Il avait supplié Lupin de lui donner quelques missions, aussi anodines fussent-elles. Il avait escorté deux hauts dignitaires moldus, que Voldemort semblait menacer, il avait retrouvé des personnes disparus, donné un coup de main pendant les rondes au ministère, sous polynectar. Des distractions, rien de plus, mais de quoi occuper son esprit trop accaparé par Hermione.
—A quoi tu penses ? demanda Ginny qui venait de coucher Noa.
—A Hermione.
Il avait répondu de manière si naturelle et spontanée qu'il se sentit un peu honteux. A chaque fois que Ginny lui posait cette question, il préférait répondre à côté, pour ne pas lui donner l'impression qu'il passait son temps à penser à elle. Mais cette fois, alors que ses yeux regardaient sans la voir vraiment, la pluie fine qui battait le carreau de la fenêtre du grand salon, il n'avait pu faire autrement que de dire la vérité.
En s'en apercevant, il détourna le regard de la fenêtre pour jeter un coup d'œil à Ginny. Elle souriait. Pas de son sourire rayonnant et confiant, non, de son sourire triste et incertain, celui qu'elle affichait quand elle se souvenait qu'elle était mariée, et que sa fille avait un père, absent pour le moment. Drago se sentit coupable de la rappeler ainsi à la dure réalité, aussi se força-t-il à afficher un petit sourire en coin.
—Ca va aller, Gin. Ils seront bientôt de retour.
—Comment tu peux le savoir ? murmura-t-elle en baissant les yeux sur le livre qu'elle faisait semblant de lire depuis des jours.
Drago n'ajouta rien. Elle avait raison. Comment pouvait-il le savoir ? Voilà des semaines, des mois, qu'ils n'avaient pas eu de nouvelles du trio infernal. Après une attaque massive à Poudlard, Drago avait bien cru que l'Elu et ses deux acolytes avaient subi le courroux du Seigneur des Ténèbres, mais le patronus de Potter leur était parvenu à l'aube, et leur avait assuré qu'ils allaient bien tous les trois. C'était tout.
Tout ce qu'ils avaient comme information. Depuis, ils n'avaient eu aucune nouvelle. Hermione n'avait jamais répondu à la lettre de Drago, et même s'il savait que ce n'était pas raisonnable et qu'elle avait sûrement fait le meilleur choix, il continuait d'espérer un peu. Parfois, il en venait même à se demander si elle avait reçu la lettre, car c'était plus facile de penser à un égarement d'Hedwige plutôt qu'au choix délibéré d'Hermione de ne pas y répondre.
—Ca me manque… dit Ginny d'une petite voix, la gorge serrée par le sanglot.
—Quoi ?
—L'époque où on s'inquiétait moins. L'époque où on prenait le train le premier septembre, où il nous emmenait à Poudlard et où on n'avait rien d'autre à penser que les cours, les examens, les sorties à Pré-au-lard. Pas de Voldemort, pas de tuerie, pas d'Horcruxes.
Drago eut un sourire nostalgique. Il n'était pas certain que cette époque lui manquât réellement. A l'époque il était bien différent ce qu'il était aujourd'hui.
—On ne se connaissait pas, finit-il par dire.
—Bien sûr que si.
—Non je veux dire, on n'était pas les amis que nous sommes aujourd'hui.
Ginny eut un petit sourire entendu.
—C'est vrai. Au moins une bonne chose que cette guerre nous a apporté.
—Elle nous a apporté quoi ? Notre amitié ?
—Elle t'a surtout apporté un cerveau.
Le sourire triste de Ginny avait désormais disparu, laissant à renaître sur ses lèvres pâles le sourire taquin et enjoué qu'il lui avait toujours connu. Il avait réussi sa mission. Celle de sortir Potter de l'esprit de Ginny, celle de lui redonner le moral. Et même si lui-même souffrait de l'absence d'Hermione, il se sentait bien moins vide quand ce sourire redessinait la bouche de la jeune femme.
Ce soir-là, Drago et Ginny ne se parlèrent plus beaucoup. Elle monta se coucher rapidement après le dîner confectionné par Molly et Drago s'attarda longuement dans la bibliothèque à feuilleter des livres tous plus inintéressants les uns que les autres.
Affalé sur le grand canapé de cuir noir, il ne se sentit pas sombrer dans les bras de Morphée. Il ne sentit pas non plus son livre lui échapper des mains et tomber sur le sol, et il ne vit pas la pluie redoubler à l'extérieur. Il ne vit que son rêve, étrange et pénétrant.
x.x.x.
Il était sur une plage aussi longue que large. Le sable fin et doré s'étendait à perte de vue, se perdant dans la mer froide et bleue. Le paysage aurait pu paraître paradisiaque, si de nombreuses mares de sangs ne recouvraient pas par endroit le sable d'or, et si les soldats tout autour de Drago n'hurlaient pas comme des bêtes féroces. Drago mit d'ailleurs un certain temps à comprendre que lui-même criaient, hurlaient des ordres. Il tenait dans ses mains l'une de ces armes moldus longues et fines qu'Hermione appelait « fusil ».
—Commandant ! Il faut emmener le Soldat Brown à l'infirmerie, une balle a transpercé sa jambe.
Drago avisa l'homme qui venait de lui parler, puis celui qu'il tenait dans ses bras : une plaie béante s'était ouverte dans sa cuisse, et saigner abondamment. Il était pâle et semblait sur le point de s'évanouir. Drago se précipita et passa un bras autour de l'homme et l'entraîna rapidement jusqu'au fond de la plage. L'ennemi s'était replié, mais il fallait être vigilent. Ramasser leurs morts, soigner leurs blessés pour mieux repartir le lendemain. Ils marchèrent aussi vite qu'ils le purent. Un peu trop vite sûrement. Assez vite en tout cas pour ne pas faire attention où il mettait les pieds, si bien que quand Drago entendit le « clic » caractéristique d'une mine sous son pied, il se figea instantanément.
—Merde, grogna-t-il.
Les deux autres à côté de lui, comprirent immédiatement de quoi il s'agissait. Même celui dont la jambe était blessée sembla se réveiller et ouvrit de grands yeux surpris et inquiets.
—Allez-y, Brown, McPhallen, allez à l'infirmerie, s'écria Drago en les poussant.
—Commandant, nous ne…
—C'est un ordre !
Les deux autres s'écartèrent immédiatement, et le regardèrent une dernière fois avant d'avancer à toute allure vers l'infirmerie qui se trouvait encore loin. Quand Drago fut certain qu'ils étaient assez loin pour ne pas le voir, il sortit sa baguette magique. Il était sur le point de désamorcer la bombe sous son pied, ce qui nécessitait une grande concentration, quand quelqu'un lui rentra dedans et fit exploser la mine.
Tout se passa très vite. L'imbécile qui lui était rentré dedans ne regardait pas devant lui en courant, si bien qu'il fut le premier à être touché par la bombe, tandis que Drago, propulsé par la déflagration sentait une douleur lancinante s'emparer de sa jambe. La douleur était telle qu'il se sentit partir peu à peu, sombrant dans un néant jusqu'à alors inconnu.
Quand il se réveilla, Drago n'ouvrit pas immédiatement les yeux. Il se trouvait sur quelque chose de mou et de chaud, un matelas peut-être, sous des couvertures de laine. Une main s'affairait sur son propre bras, palpant et tâtonnant à la recherche d'une veine. Aussi vif de l'éclair, Drago s'empara de cette main avant qu'elle n'ait le temps de rentrer une quelconque aiguille sous sa chair.
—Mais qu'est-ce que…
Drago ouvrit les yeux et les posa sur l'infirmière qui s'occupait de lui. Elle était ravissante, belle comme le jour, avec son teint de pêche. Une fine cicatrice lui entravait la joue gauche, mais ses grands yeux de biche, bordés de cils noirs, effaçaient tous les reste. Jamais Drago n'avait vu femme aussi belle.
—Arrêtez de bouger Commandant, sans la morphine vous allez continuer à souffrir le martyr.
Maintenant qu'elle le disait, Drago sentait en effet la douleur s'insinuer dans sa jambe. Une douleur aigüe et poignante, comme si un étau de fer chauffé à blanc lui maintenait la jambe. Mais il ne voulait pas de morphine. Il voulait seulement sa baguette, seul outil utile pour faire de cette blessure un vieux souvenir à raconter à ses petits-enfants.
—Je … commença-t-il. Où sont mes effets personnels ?
En y repensant, il n'était pas certain que sa baguette ait pu résister à la bombe, et si c'était le cas, qui se serait soucié d'un malheureux morceau de bois à côté du Commandant dont la jambe semblait déchiquetée ? Inquiet, il jeta un bref coup d'œil autour de lui.
—Vous cherchez quelque chose ? demanda l'infirmière. Votre baguette peut-être ?
Drago arrêta immédiatement de jeter des regards autour de lui et tourna la tête vers la mystérieuse infirmière qui semblait en savoir plus qu'elle ne voulait bien le dire. Elle lui adressa un sourire en coin et sorti quelque chose de long et fin de sa poche intérieure : la baguette de Drago. Elle la lui tendit tandis qu'il laissait échapper un soupir de soulagement.
—Vous êtes aussi une sorcière ? murmura-t-il.
—A croire que oui. J'ignorai que d'autres sorciers que moi prenaient part à la guerre moldue.
—J'aime défendre les nobles causes.
—Et donner des ordres.
—Aussi, ricana-t-il.
Mais la secousse de ses rires retentit jusque dans ses jambes, et la douleur qu'il était parvenu à oublier quelques secondes, revint de plus belle, lui criant qu'elle était toujours là.
—Je peux réparer ça en un coup de baguette, affirma l'infirmière. Mais il faudra expliquer à vos hommes comment vous avez pu vous remettre aussi vite.
—Vous n'aurez qu'à leur dire que les anglais sont bien plus résistants que l'ennemi. Miss… ?
—Wellington. Elie Wellington.
Miss Wellington avait finalement réparé la jambe de Drago. Elle était douée de sa baguette, douce et rassurante. Toutes les qualités d'infirmière. Le médecin en chef n'était qu'une brute qui préférait amputer plutôt que de soigner, et Drago apprit qu'Elie avait sauvé peut-être plus de vie que les allemands n'en avaient prises dans l'unité britannique de Drago.
Sa jambe fut très vite rétablie à l'aide de la magie, et bientôt, Drago se mit à passer de nombreuses heures sous la tente de l'infirmerie. Elie et lui passèrent beaucoup de temps ensemble, oubliant, le temps d'une nuit, que la guerre faisait rage dehors et que des milliers de moldus se faisaient tuer chaque jour.
Sans être conscient qu'il rêvait – ou plutôt qu'il se souvenait – Drago vit sa vie antérieure défiler sous ses yeux. Quatre ans de guerre, ce fut à la fois long et rapide, exaltant et intriguant. Quatre ans à tomber de plus en plus amoureux de la belle Elie, quatre ans à l'aimer et à craindre pour sa vie. Leur idylle n'était plus un secret pour personne, on les trouvait attendrissants et un peu fou de s'aimer dans de telles circonstances.
—Après la guerre, je veux que tu me fasses des enfants, lui dit un jour Elie, au milieu de la nuit.
Enchevêtrés l'un et l'autre, ils se tenaient tous les deux, s'accrochant à l'autre comme si sa vie en dépendait. Le silence s'était abattu entre eux, et puis Elie avait parlé d'enfants. C'était la première fois. Peut-être parce qu'ils voyaient la fin de la guerre arriver ? Peut-être parce que les allemands reculaient un peu plus chaque jour, peut-être parce que la venue des américains était une touche d'espoir.
Pour la première fois depuis qu'ils se fréquentaient, Elie semblait entrevoir un avenir pour eux, et cette idée ravi Drago qui se sentit frissonner contre elle.
—Il faudrait qu'on se marie avant.
—Pour faire de moi une honnête fille ?
—Ou de moi un honnête homme, sourit Drago.
—J'en veux trois.
—Quoi ?
—Des enfants. Deux garçons et une fille.
—Des soldats et une infirmière alors.
—Non. Ils feront tout ce qu'ils veulent, sauf la guerre. Chercheurs, enseignant, avocat, journaliste, mais pas soldat.
Elle avait l'air sérieuse, un peu trop peut-être. Décidée à ce que ses enfants ne vivent pas ce qu'elle avait pourtant fait le choix de vivre. C'était une guerre de moldus, pourtant, elle y avait pris part, pour son amour de la paix, de la justice, de la tolérance. Elle était belle, quand elle se projetait dans cet avenir incertain. Drago voyait des étoiles briller dans ses yeux, et un sourire naître sur ses lèvres.
Il l'imagina un bref instant dans une jolie robe blanche, avec une longue traine et des fleurs dans ses cheveux châtains. Ses yeux soulignés de noirs et ses lèvres carmin ne seraient tournés que vers lui. Il n'aurait qu'une chose à faire : glisser un anneau d'or autour de son doigt, et l'embrasser devant une petite assemblée. Leurs parents, quelques amis, un peu de famille. Juste assez de témoins pour leur bonheur.
Et puis, la guerre assombrit ce beau paysage. Des obus, des fusils, des balles perdues. À tout moment, cette bulle de bonheur, cet avenir lointain, pouvait exploser et ne jamais se réaliser. La guerre avait fait des dégâts, mais ils avaient tous deux fait le choix d'y prendre part et Drago commençait à le regretter. Il ne regrettait certainement pas d'avoir rencontré Elie, mais plutôt de voir leur vie mise en danger. La vie d'Elie.
—Marions-nous, murmura-t-il.
—Maintenant ?
—Oui. Il y a un prête moldu, il donne le dernier sacrement à ceux qui le désirent. Il peut bien nous marier.
—Ce n'est pas raisonnable, attendons la fin de la guerre, ce n'est qu'une question de temps.
Une question de temps, oui, mais combien de temps ? Malgré l'arrivée des américains, la guerre s'éternisa sur plusieurs mois. Des mois qui firent peu à peu grossir le ventre d'Elie. Ils avaient pourtant pris leurs précautions, mais la nature avait repris ses droits sur eux, et avant qu'ils n'aient pu s'en rendre compte, Elie était tombée enceinte. Elle l'avait caché du mieux qu'elle pouvait, car elle savait qu'on la renverrait chez elle. Elle ne le désirait pas, elle ne voulait pas laisser Drago et tous les autres. Elle voulait se battre jusqu'à la toute fin.
Drago s'était disputé plus d'une fois avec elle, mais elle refusait catégoriquement de rentrer.
Alors qu'il se murmurait que la guerre touchait à sa fin, pourtant, on continuait à se méfier de l'ennemi. Ils devaient libérer un dernier village, dans le centre de la France. Un dernier pour la route, comme disait les soldats. Pour la forme, avant de rentrer chez eux. Tout ne se passa pas comme prévu, bien sûr. Pour la seconde fois de la guerre, Drago se vit propulser par une mine. Il n'avait pourtant pas marché dessus, mais le soldat à côté de lui, si.
Elle était plus puissante, plus grande, et cette fois l'explosion lui arracha les deux jambes. Il les sentit se détacher de son corps comme de vulgaires bouts de papier. Il n'eut pas le temps de souffrir, et sombra immédiatement dans l'inconscience. Il avait perdu beaucoup de sang, trop pour être soigné, même par magie. Quand il rouvrit les yeux cependant, Elie était agenouillée à ses côtés, elle pleurait à chaudes larmes.
—Accroche-toi, je vais trouver un sort, quelque chose, je t'en supplie…
Mais il savait au fond de lui que c'était trop tard, et elle le vit dans ses yeux.
—Appelle le prête, murmura Drago dont chacun des mots étaient une vraie torture.
La surprise s'était lue sur le visage d'Elie, mais elle acquiesça et cria quelque chose qu'il n'entendit pas. L'interpelé arriva rapidement, et s'agenouilla à son tour. Il commença à murmurer des prières pour un dieu dans le quel Drago n'avait jamais cru.
—Non, grogna-t-il. Mariez-nous.
Il ne voulait pas qu'Elie se retrouve seule, sans rien. Il voulait que leur enfant porte son nom, et qu'Elie aussi. Il voulait qu'ils ne manquent de rien, qu'elle reçoive ses propres économies pour élever leur bébé. Il voulait les mettre à l'abri. Le prêtre s'exécuta rapidement. Il parlait si vite que Drago peina à le comprendre, mais lorsqu'il eut prononcé le terrible « Je le veux » et qu'Elie eut fait de même, il se sentit terriblement plus léger.
Il pouvait partir en paix. Il savait qu'elle ne manquerait jamais de rien. Elie se pencha doucement sur lui et lui offrit pour ultime cadeau ses lèvres chaudes et humides de larmes. C'était doux comme un premier baiser, et pour la dernière fois, Drago sentit son cœur s'emballer, son corps frissonner.
—Je t'aime, murmura-t-il.
Et ce fut là son dernier souffle. Une déclaration, c'était par ces mots qu'il avait choisi de mourir. Elie du le comprendre car elle lui répondit la même chose, avant de s'allonger près de lui et de prendre sa main. Drago sentit son propre corps se détendre subitement, et son souffle s'amoindrir. Il ne souffrait pas.
x.x.x
Quand Drago se réveilla, il mit du temps à comprendre où il se trouvait. Il n'était pas dans le décor habituel de sa chambre à Square Grimmaurd. Il était entouré de livres et il mit quelques secondes à comprendre qu'il se trouvait toujours dans la bibliothèque, où il s'était endormi. Il avait le front en sueur, et était complètement désorienté.
Combien de temps avait-il dormi ? Quand il regarda sa montre, il s'avéra qu'il n'avait somnolé qu'une petite heure, il avait pourtant la sensation d'avoir dormi une vie entière. Petit à petit, les détails de son rêve, ou de son souvenir, lui revinrent en mémoire. Il venait d'assister au déroulement d'une de ses vies antérieures avec Hermione. Ce n'était pas arrivé depuis des mois et il pensait que c'était du passé, mais visiblement ce n'était pas le cas.
Encore bouleversé, Drago se leva péniblement et se rendit dans la cuisine pour se servir un verre d'eau fraîche. Et quelle fut sa surprise quand il vit qu'Hedwige se tenait là, majestueuse. A sa patte, un parchemin avait été attaché solidement. Drago sentit son cœur louper un battement. Il se précipita sur la chouette des neiges et s'empara avec hâte du parchemin. Il reconnut rapidement l'écriture d'Hermione.
« Nous rentrons bientôt, ce n'est qu'une question de jours. Une semaine pour être exacte, le jour de mon anniversaire. Nous avons réussi à faire ce pour quoi nous étions partis. Notre aventure à trois s'achève ici, et il est temps pour nous de vous rejoindre pour prendre part à la dernière bataille. La guerre touche à sa fin. »
C'était tout. Mais c'était suffisant pour donner le sourire à Drago. Il se précipita hors de la cuisine et se rua dans les escaliers pour monter jusqu'à la chambre de Ginny. Il ne pouvait pas attendre. Il ouvrit la porte à la volée et Ginny sursauta dans son lit. Elle s'était même emparée de sa baguette jusqu'à ce qu'elle réalise qu'il s'agissait de Drago.
—Mais qu'est-ce que tu fabriques…
—Ils sont sur le retour, Gin ! Regarde !
Drago lui tendit le parchemin et attendit qu'elle le lise. Il la vit sourire de toutes ses dents et des larmes briller dans ses yeux.
—Ils sont sur le retour, répéta-t-elle. Ils reviennent ! Et la guerre est bientôt finie !
Elle esquissa un petit mouvement des bras surexcitée. Drago eut un petit rire en la voyant faire.
—C'est merveilleux. On va faire une grande fête !
—Gin, ne t'emballe pas, la guerre n'est pas encore finie.
—Pas pour la guerre, crétin, pour l'anniversaire d'Hermione, et leur retour !
Bon voilà, j'espère que vous ne trouvez pas le retour du trio trop rapide, mais concrètement il s'est passé au moins quatre mois depuis leur départ. Et c'est une Dramione, je ne pouvais pas les séparer trop longtemps (en chapitre je veux dire) si on se serait ennuyé ! Le retour donc et avec eux, la fin de la guerre, du moins on l'espère !
On assiste aussi au troisième et dernier souvenir de vie antérieure ! alors verdict ?
Dans le chapitre prochain donc, je vous réserve plusieurs surprises, avec un anniversaire pour Hermione mais quelque chose de moins rigolo aussi. On n'est pas au pays des bisounours hein ! Faut arrêter de voir tout en rose.
J'attends vos avis avec impatience, à bientôt pour de nouvelles aventures !
