Bon, je crois qu'il faut que je m'excuse un peu. Je sais que je n'ai pas posté de chapitre jeudi dernier, ni hier. En fait, mon ordinateur a planté et j'ai perdu de nombreux documents, dont quelques chapitres de cette histoire et il m'a donc fallu réécrire intégralement celui-ci.
Malheureusement, comme je suis en pleine période de concours et de révision, je n'ai pas trouvé le temps pour finir ce chapitre avant aujourd'hui et j'espère que vous me pardonnerez ! Cette fin de mois est assez compliquée pour moi, donc je ne pourrai pas poster jeudi le prochain chapitre (voir note en bas de page).
Je remercie toutes les personnes qui ont pris la peine de commenter, vous êtes des amours, mais aussi les autres lecteurs qui passent malheureusement sans laisser de trace.
Charliee3216: Mais ces vies antérieures sont nécessaires à expliquer leur vie actuelle ! Allez promis, ça va aller maintenant !
Swangranger: Je suis ravie que ça te plaise toujours autant. Merci pour ton commentaire.
LiliOrya : Ahah c'est beau le rose de temps en temps. Merci ça me touche vraiment, je ne sais pas si j'ai un don, mais j'aime tellement ça que je ne peux pas m'en passer !
Leolili: Ah oui ? Ma préférée est la deuxième personnellement. Merci en tout cas et voici les retrouvailles !
Guest: Merci, je suis contente et ce que tu me dis me rassure. Voici les retrouvailles, n'hésite pas à me dire ce que tu en penses.
Maxine3482: Merci pour ton commentaire ! J'ai été un peu longue mais voici la suite, j'espère que les retrouvailles seront à la hauteur de tes espérances.
Rine: Je suis contente que ça t'ai plu, mais ne pleure pas je vais m'en vouloir après ! Voici la suite, j'espère que ça te plaira toujours autant.
Math'L: Je suis ravie que la vie antérieure t'ai plu, j'appréhendais un peu. Je ne te demanderai pas si tu as pleuré alors haha. Voici la suite !
Thilou Lovegood: Mais je ne voulais pas tous vous faire pleurer haha je suis désolée. Voici le retour du trio, j'espère que ça te plaira.
Family-business: Oui ils sont de retour (pour vous jouer de mauvais tours. Je suis désolée, je ne pouvais pas faire trop de chapitres sur la chasse, mais finalement, on n'est pas très loin de ce que JKR a déjà écrit ! Voici la suite !
Bonne lecture.
Le soir où Hermione avait envoyé Hedwige à Londres pour annoncer à l'Ordre leur retour imminent avait été un soir de fête. Dans la petite tente qui avait été leur seul refuge pendant des semaines, Harry s'était procuré de l'hydromel et Ron de quoi faire un fabuleux festin. Ils n'avaient pas aussi bien mangé depuis des semaines. Par peur de se faire prendre ou d'éveiller les soupçons, ils avaient préféré ne pas trop utiliser leur magie, autrement que pour accéder aux Horcruxes. Pour ce qui concernait la nourriture, ils se contentaient de baies sauvages, de saumons pêchés, et de quelques champignons.
Hermione n'avait jamais été aussi maigre depuis qu'elle avait quitté les cachots du Manoir Jedusor. Mais elle avait supporté la faim, parce qu'elle dormait dans un lit chaud et qu'elle était entourée de ses deux meilleurs amis. Parce qu'elle se battait pour une noble cause, pour une cause qui en valait la peine. Ils avaient chassé les Horcruxes avec difficulté, avec espoir, avec force et courage mais aussi avec désarroi. Ils y avaient cru, ils avaient été déçus, y étaient finalement parvenus. Ensemble.
Il ne restait dès lors plus que le serpent, Voldemort et un dernier Horcruxe, qu'Hermione savait au plus profond d'elle, n'être personne d'autre qu'Harry lui-même. Elle ne s'était pas trop questionnée à ce sujet, elle était presque convaincue qu'Harry le savait déjà, mais tous deux avaient évité le sujet, peut-être en attendant d'y être confrontés.
Les autres avaient été détruits, définitivement, ce qui les rapprochait toujours un peu plus de la victoire et de la chute du mage noir. Pour la première fois depuis longtemps, Hermione semblait apercevoir une lumière au bout de ce long tunnel froid et sinueux qu'était la guerre contre les forces du mal.
Après leur copieux festin, le trio avait décidé d'envoyer une lettre à l'Ordre pour leur annoncer leur retour prochain. Une semaine. C'était le temps nécessaire pour retourner à Londres, en brouillant les pistes. Car leur quête n'avait pas été sans embuche, ni sans visite régulière. Sans qu'ils ne sachent vraiment comment, les mangemorts avaient été mis au courant de leur départ, et plus d'une fois ils avaient échappé à leur emprise. Aussi, par mesure de précaution, ils changeaient de place tous les soirs, allant parfois bien plus au nord ou au sud qu'ils ne l'avaient prévu.
Harry avait décidé qu'une semaine serait parfait pour les faire tourner en rond, et rentrer de manière plus sereine à Londres.
C'était cette même nuit, peu après le départ d'Hedwige, qu'Hermione était allée se couchée, le ventre plein et qu'elle avait fait cet étrange rêve. Ou plutôt, qu'elle avait eu ce souvenir, car elle semblait désormais rodée à cet exercice : plonger dans ses vies antérieures, et se voir, elle et Drago, tenter de couler des jours heureux. Elle s'était vue revêtir la tenue blanche de l'infirmière. Elie Wellington n'était pas si différente d'Hermione, et si cette dernière n'était pas une spécialiste des sorts médicaux, il n'en restait pas moins que les jeunes femmes étaient toutes deux des actrices importantes de la guerre qui faisait rage.
Elle s'était réveillée en pleurs au milieu de la nuit.
—Hermione, murmura Ron en la secouant légèrement, Hermione réveille-toi, tu es en train de rêver !
Non, elle ne rêvait pas, elle revivait une vie qui avait été la sienne, il y avait de cela plus de soixante ans. Une vie rude et mouvement, mais dont elle était sûre que l'amour avait fait partie. Les larmes sillonnaient ses joues comme elles ne l'avaient pas fait depuis longtemps. Quand elle vit le regard inquiet de Ron, puis celui d'Harry, se poser sur elle, Hermione eut un petit sourire triste.
—Ce n'est rien, murmura-t-elle la gorge encore serrée.
—Tu es sûre ? Tu ne veux pas en parler ? demanda Harry d'une voix douce.
—Encore une vie antérieure, laissa-t-elle échapper.
—Avec Malefoy ? grogna Ron.
Pour une raison encore obscure, Ron n'affichait pas ce petit air dégouté qu'il affichait parfois quand cette histoire d'âmes maudites était mentionnée. Il avait un petit sourire en coin, qui semblait d'ailleurs contagieux puisque les lèvres d'Harry aussi commençaient à esquisser un rictus.
—Quoi ? demanda finalement Hermione.
—Rien, répondirent les garçons en chœur.
Les deux amis se jetèrent un coup d'œil et, n'y tenant plus, se mirent à éclater de rire. C'était à la fois frustrant et attendrissant de les voir partager ce petit secret connu d'eux seuls. Hermione n'avait de toute évidence pas était mise dans la confidence, et sous leur petit rire moqueur, elle croisa les bras et leur jeta un regard mauvais. Si mauvais qu'il dût leur brûler les lèvres, puisque déjà, leur sourire s'effaçait pour laisser place à une moue un peu coupable.
—Tu rêves de Malefoy.
—Je ne rêve pas, ce sont des souvenirs.
—Avec Malefoy, répéta Ron.
—Et alors ? s'agaça Hermione.
Les garçons se jetèrent un dernier coup d'œil. C'était comme si d'un commun accord, ils décidaient de lui dire ce qu'ils pensaient tous les deux depuis des semaines, des mois peut-être. Hermione eut la désagréable sensation qu'ils avaient eu de nombreuses discussions dans son dos, pendant qu'elle prenait son quart de garde ou qu'elle était sous la douche.
—Tu ne crois pas que cette histoire d'âmes maudites à un sens ? demanda Harry.
—Je… commença Hermione.
—Non, la vraie question est : est-ce que tu crois que vous êtes des âmes sœurs ? renchérit Ron.
—C'est-à-dire que…
—Ou plutôt, est-ce que tu te rends compte que vous êtes amoureux l'un de l'autre ?
—N'importe quoi, s'insurgea Hermione.
Elle les regarda alternativement. Ils avaient retrouvé leur petit sourire en coin, et lui lançaient des regards pleins de sous-entendus. Elle n'aimait pas tellement cela. Pas plus qu'elle n'aimait avoir la sensation de passer à côté de quelque chose. Pourquoi pensaient-ils qu'il y avait quelque chose entre Drago et Hermione ? Autre qu'une amitié. Qu'une grande complicité. Qu'une harmonie improbable.
Songeuse, Hermione s'autorisa à replonger dans ses souvenirs. Elle se l'était interdit jusqu'à maintenant, parce qu'elle craignait de souffrir, de se faire du mal. Elle craignait de ne pas revenir vivante, et voulait se concentrer sur la chasse aux Horcruxes. Mais à présent qu'elle y repensait… Elle se sentit à nouveau frissonner, comme elle avait frissonné à chaque fois que Drago l'avait prise dans ses bras. Elle se souvint des quelques fois où elle avait inexorablement été attirée par ses lèvres. Elle se souvint la peine qu'elle avait ressenti en le voyant souffrir du décès de Livia, et de son retour inattendu et violent.
Etait-ce cela, l'amour ?
x.x.x
Drago et Ginny s'étaient surpassés. Bien sûr, ils avaient mis tout le monde à contribution, mais c'était eux qui avaient tout orchestré. L'anniversaire d'Hermione serait un véritable évènement, et ils avaient mis une semaine entière pour tout organiser. Molly avait donc été chargée du repas, avec Ginny, Georges, quant à lui, avait fait toute la décoration. Lupin était allé acheter les cadeaux, quant à Drago, il avait fait le ménage comme il n'avait jamais été fait dans cette maison depuis la mort de Mrs. Black.
—Vous êtes des tortionnaires tous les deux, s'exclama d'un air théâtral Georges en s'affalant sur le canapé à côté d'eux.
—Hermione va être ravie, répliqua Ginny. Elle ne se doute de rien.
La dernière journée passa plus rapidement que ne l'avait espéré Drago. Molly et Ginny derrière les fourneaux, elles passèrent une bonne partie de leur après-midi à confectionner un énorme gâteau au chocolat et aux fruits rouges, de quoi ravir les papilles de toute la population magique de Londres. Noa était assise dans sa chaise haute et regardait avec délice sa mère et sa grand-mère s'activier, se chamailler. Elle ouvrait de temps en temps la bouche et sa mère glissait un peu de crème à l'intérieur. Elle s'en délectait avec tant d'entrain, que plus d'une fois, Drago entendit Ginny rire aux éclats.
Hermione n'avait pas précisé dans sa lettre à quelle heure ils rentreraient, mais quand le soleil commença à décliner dans le ciel, il sembla évident qu'ils ne tarderaient pas à arriver. Tout le monde était retourné dans sa chambre pour se préparer, et enfiler une jolie tenue. Drago avait la drôle de sensation de se préparer à un grand évènement, un bal de charité ou une veille de noël.
Lorsqu'il fut seul dans sa chambre, Drago passa à la salle de bain. Après tout ce ménage, une douche était méritée. Il venait de poser un pied dans la douche quand son regard fut attiré par un petit objet, posé sur le rebord du lavabo. Un objet long avec des lames à son extrémité. Comment Potter avait-il appelé ça ? Un rasoir. Il passa une main sur sa barbe qui ne cessait de pousser. Il n'y avait pas touché depuis des mois, plus d'une année en réalité. Peut-être qu'il était temps d'en changer. En se regardant dans le miroir, complètement nu, Drago posa ses yeux sur la chaîne que Blaise lui avait offert à son anniversaire. Au bout était suspendu son alliance.
C'était le temps de changement, songea-t-il. Délicatement, il retira sa chaîne et en fit glisser l'anneau. Il le déposa sans ménagement sur le bord du lavabo, et remit la chaîne autour de son cou. Il ne voulait plus de cette bague, il ne voulait plus de cet anneau, signe d'amour et d'infini. Cet anneau qui n'avait jamais eu de signification aux yeux de Livia.
Et puis, sur un coup de tête, sans plus se poser de question, Drago s'empara du rasoir et commença doucement mais sûrement à entailler sa barbe. Il lui fallut de longues minutes pour en venir à bout. Les poils tombaient toujours plus nombreux dans le lavabo, tandis qu'ils disparaissaient peu à peu de son visage. Drago redécouvrit les traits de son menton, les contours de sa bouche, ses joues encore creuses.
Sous la douche, en passant le savon sur son visage, il semblait se découvrir à nouveau. Ses doigts glissaient sur sa peau lisse et désormais imberbe, et c'était une sensation agréable. Il avait l'impression de changer de peau.
Quand il sortit de la salle de bain, et qu'il se fut habillé, il quitta sa chambre d'un pas vif. Il voulait être là quand ils rentreraient. Il se précipita à l'étage inférieur et tomba nez à nez avec Ginny en grande conversation avec… Ange. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus. Depuis le départ d'Hermione, Ange s'était réfugié à l'infirmerie et ne partageait plus leur repas, il rentrait chez sa mère, ou chez des amis. Pas une seule seconde Drago ne s'était attendu à le voir à l'anniversaire d'Hermione. Ginny l'avait sûrement invité.
—Wow, Drago, on dirait que tu as perdu dix ans !
Ginny passa une main douce sur la joue glabre de Drago et lui offrit un sourire rayonnant.
—Je te préfère comme ça. Et je ne suis pas la seule, répondit-elle d'un air mystérieux.
A côté d'elle, Ange se tenait droit comme un i. Il avait revêtu une magnifique chemise noire pour l'occasion, à l'opposé de celle de Drago, d'un blanc immaculé. Il était brun, Drago, blond comme les blés. Ils étaient aux antipodes l'un de l'autre. Ni l'un ni l'autre ne s'adressa la parole, et tous deux suivirent Ginny dans les escaliers. Dans le petit salon où aurait lieu le début de la fête, tout le monde était déjà rassemblé.
Même Pansy et Blaise étaient venus. Ils se tenaient la main et rayonnaient de bonheur. Quand ils virent Drago arriver, leur réaction fut sensiblement la même que celle de Ginny.
—Mais qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de ce clochard de Drago Malefoy ? demanda Blaise en riant.
—Retour à la civilisation, on dirait, murmura Pansy avec un sourire moqueur.
—Très drôle, grogna Drago en les saluant.
Il donna une claque dans le dos de Blaise et embrassa Pansy sur la joue. Il s'était tout juste éloigné de son amie qu'un grand bruit se fit entendre un peu plus bas. Ginny, surexcitée, demanda le silence.
—Chut ! Je vais les accueillir et les faire monter, Drago éteint la lumière.
Il avait été convenu que tout le monde crierait « surprise » lorsque le trio entrerait dans le salon. Ginny se faufila jusqu'aux escaliers et descendit d'un pas précipité. Tous l'entendirent se jeter dans les bras de Harry en sanglotant, et un petit sourire attendri se dessina sur les lèvres de chacun. Drago éteignit rapidement la lumière quand ils commencèrent à les entendre grimper les escaliers.
Quand ils arrivèrent enfin sur le seuil, Harry dégaina sa baguette et alluma la lumière.
—SURPRIIIIIISE !
Harry, Ron et Hermione se tenaient là, complètement ébahis, surpris, les yeux brillants. A côté d'eux, Ginny sautillait sur place comme si c'était à elle que l'on venait de faire une surprise. Elle trépignait d'impatience. Collée contre Harry, elle regardait ce qu'elle avait organisé depuis des jours d'un air satisfait et fier.
—Bon anniversaire Hermione ! s'écria en chœur l'assemblée.
Tout le monde s'approcha d'eux, et leur souhaita un bon retour. Hermione pleurait de joie et serra tous ceux qui passaient près d'elle dans ses bras. Molly les embrassa tous les trois de trop nombreuses fois, au point de mettre Ron mal à l'aise, sous le sourire moqueur de Georges. Drago resta d'abord un peu en retrait, mais quand il vit Ange s'approcher d'Hermione et la serrer dans ses bras un peu trop longtemps, il ne put s'empêcher d'avancer et de se mettre tout près d'Hermione.
Quand sa main effleura le bas de son dos pour lui signifier sa présence, il la sentit frissonner contre ses doigts. Ses yeux mordorés se tournèrent vers lui, et se remplirent à nouveau de larmes. A la plus grande joie de Drago, elle délaissa Ange pour mieux se tourner vers lui.
—Salut, murmura Drago d'une voix rendue rauque par l'émotion.
—Salut.
Il ouvrit timidement les bras et Hermione vint s'y blottir. Comme s'il s'était agi de la chose la plus naturelle du monde, la plus naturelle à faire. Doucement, Hermione vint placer ses bras autour du cou de Drago, tandis que ce dernier enserrait sa taille aussi fort qu'il en était capable. Cette étreinte, pour chaste, signifiait tant de choses que Drago se sentit submerger par l'émotion.
Ils s'étaient quittés en de mauvais termes, le retour de Livia avait chamboulé Drago, et il savait qu'il ne s'était pas conduit comme il l'aurait fallu avec Hermione. Mais tout était oublié à présent, pour l'un comme pour l'autre, c'était de l'histoire ancienne. L'étreinte ne dura pas très longtemps, juste assez pour que chacun sache qu'il avait manqué à l'autre. Drago enfouit son visage dans le cou d'Hermione. C'était un geste si intime, qu'Hermione se sentit frissonner davantage. Et la sentant réceptive, Drago s'autorisa à déposer un unique baiser dans le creux de son cou à la peau de pêche.
Ils se séparèrent finalement, un peu à contre cœur mais sous la pression de Teddy Lupin qui exigeait aussi un câlin de la part d'Hermione.
L'ambiance était à la fête ce soir, et cela faisait un bien fou à tout le monde. Harry passa une majeure partie de la soirée avec sa fille dans les bras. Il refusait à quiconque de la lui voler et l'embrassait sur le front à chaque occasion. Il s'émerveilla de la voir si éveillée, et faisait remarquer à tout le monde combien sa fille était souriante et maligne pour son âge. Même si Molly disait qu'à neuf mois, il était tout à fait normal qu'elle agisse comme ça, Harry ne put s'empêcher de répliquer que sa fille était tout de même bien plus intelligente que la moyenne. Et bien plus jolie aussi.
Au fur et à mesure que la soirée avançait, tous écoutèrent le récit du trio sur leurs aventures. On commença à parler de la fin de la guerre, mais aussi de Voldemort.
—Ne parlons pas de ça ce soir, coupa Molly en apportant l'entrée – de délicieux feuilletés au fromage. Asseyez-vous, nous passons à table.
Et l'ambiance repartit de plus belle. Il y eut beaucoup de rire, et quelques larmes de joie, la recette du bonheur, affirma Arthur Weasley. Le repas fut un délice. Drago, assis entre Hermione et Ginny, se délecta de chaque plat comme s'il s'était agi du dernier. Mais c'était assez léger comparé à Ron qui s'était resservi de chaque plat au moins trois fois.
Plusieurs fois pendant le dîner, Drago avait senti la jambe d'Hermione frôler la sienne. Il avait lui-même, inconsciemment, effleuré sa main de nombreuses fois. Il ne se l'expliquait pas, c'était comme s'il avait ce besoin irrépressible d'être en contact avec elle.
—Je vois que tu t'es enfin décidé à utiliser mon cadeau de noël, lui dit Hermione tandis que Molly apportait un plateau de fromages sur la table. Ça te rajeunit.
—Je me suis dit que c'était le moment de changer de tête.
—J'adore, murmura-t-elle avec un sourire en coin.
Et Drago de la trouver ravissante. Si naturelle, sans artifice, sans coiffure compliquée. Elle était si belle, si douce. Il ne put s'empêcher de se pencher vers elle et de déposer un baiser aussi léger qu'une plume à la commissure de ses lèvres. Personne ne l'avait remarqué, à part peut-être Ron et Harry qui se jetèrent un énième regard entendu.
Vint bientôt l'heure du gâteau. Molly et Ginny s'étaient surpassées. Elles avaient pris soin d'allumer vingt-sept bougies, et une fois les lumières éteintes, le gâteau semblait briller de mille feux. Tous entonnèrent la célèbre chanson, sous le regard brillant et les joues rosies de Hermione qui ne tarda pas à souffler ses bougies sous les applaudissements.
Vingt-sept ans. Vingt-sept ans et sa vie n'avait pas encore commencé. Elle s'était toujours imaginée mariée, avec peut-être un enfant ou deux avant ses trente ans. Une carrière bien avancée, dans laquelle elle s'épanouirait. Rien de tout cela. Elle était célibataire, n'avait pas d'enfant et encore moins de poste fixe. A part celui de servir l'Ordre du Phénix, et si c'était une noble cause, il n'en restait pas moins que sa carrière n'avait pas encore commencé. Quelle carrière, d'ailleurs, elle ne savait même pas ce qu'elle voulait faire. Elle ne s'était jamais posée la question, trop occupée à penser à la guerre et à Voldemort, à la façon de l'anéantir.
Molly servit une part très généreuse de gâteau à tout le monde. Ron engloutit la sienne avant même que le dernier d'entre eux soit servi et en réclama une seconde que sa mère se fit une joie de lui donner. Elle était si émue de retrouver son fils, ainsi que Harry et Hermione qu'elle avait toujours considéré comme ses propres enfants, qu'elle en oublia de traiter Ron de goinfre et d'impoli.
—Les cadeaux ! s'exclama Ginny en frappant dans ses mains.
Elle donna un coup de baguette en direction du canapé, et de derrière celui-ci, sortit un énorme sac rempli de cadeaux d'anniversaire. Hermione, encore très émue, lança un petit regard amusé à Ginny.
—Il ne fallait pas vous donner cette peine…
—Mais bien sûr que si, répliqua Ginny. Allez, ouvre ! Celui-ci est de Noa et moi. Et d'Harry bien sûr, mais il n'était pas là pour le choisir.
Elle lui tendit un paquet aux couleurs rouge et or qu'Hermione entreprit d'ouvrir. A l'intérieur, une jolie robe de laine prune. Ou plutôt indigo. Non, bleue. Bleue ciel. Vert pomme. La robe changeait de couleur régulièrement et Hermione s'en ébahit.
—Elle change selon tes envies, tes humeurs.
—Elle est magnifique.
S'en suivit une dizaine de cadeaux. Des livres, bien sûrs, mais aussi une couverture épaisse tricotée par Mrs. Weasley, de jolis dessins de la part de Teddy, Victoire et Dominique, une lettre secrète de la part d'Ange. Drago le vit remettre discrètement l'enveloppe à Hermione en lui demandant de la lire plus tard. Curieux, il se promit de demander à Hermione ce qu'avait bien pu lui raconter le médecin.
—Ah et voici celui de Drago, dit Ginny en tendant une petite boîte à Hermione.
C'était un petit écrin de velours et Hermione l'ouvrit avec précaution. Drago sentit son cœur s'emballer. Et si ce cadeau n'avait pas l'effet escompté ? S'il ne lui plaisait pas, ou bien si elle trouvait ça déplaçait ? Retenant son souffle, il la regarda découvrir le bijou qui se trouvait entre ses mains.
C'était un petit pendentif qui s'ouvrait en deux. A l'intérieur, une petite photo représentait Hermione et ses parents. C'était Ginny qui avait montré cette photo à Drago, quand il s'était demandé à quoi pouvaient bien ressembler les parents moldus de la sorcière la plus intelligente de sa génération. Il avait trouvé la photo joli et importante, il l'avait donc montée sur un bijou. Elle l'aurait toujours avec elle.
Maintenant qu'elle l'avait dans les mains, Drago se demanda si ce n'était pas ridicule, un peu mièvre que d'offrir ce genre de chose à une femme, mais quand il vit les larmes déborder de ses beaux yeux bruns, il eut un autre doute : et si le manque de ses parents était tel qu'elle ne supporterait pas de voir leur photo tous les jours ? tant de questions qui restaient sans réponse. Et puis, sans crier gare, Hermione se jeta dans les bras de Drago et serra ses petits bras frêles autour de son cou.
Il l'entendit sangloter dans son cou.
—Merci, merci, merci, murmura-t-elle.
Sous le regard attendri des autres, et celui, jaloux d'Ange, Drago la serra un peu plus contre lui, et finit par faire glisser le collier autour de sa gorge. Lorsqu'il fut bien en place, Hermione l'effleura de ses doigts, un petit sourire aux lèvres.
La soirée suivit son cours, et s'acheva très tard dans la nuit. Drago n'avait pas sommeil, il ne cessait de regarder Hermione. Hermione qui souriait, Hermione qui pleurait, Hermione qui riait. Les gens commencèrent peu à peu à rentrer chez eux, ou à aller se coucher. Et bientôt, il ne resta plus que dans la cuisine le trio, Ginny et Drago. Ils burent une dernière tasse de thé, tous les cinq.
—Bon, mon mari et moi allons nous coucher, murmura finalement Ginny avec un petit sourire en coin. Nous avons beaucoup de choses à nous dire… ou à faire.
Sous le regard outré de Ron, les quatre autres éclatèrent de rire. Ginny prit Harry part la main, et ils montèrent les marches quatre à quatre en gloussant comme des adolescents. Ron se leva à son tour.
—Je vais me dépêcher d'aller m'endormir avant d'entendre des choses que je ne veux surtout pas entendre. Bonne nuit.
Il donna une petite claque dans le dos de Drago et embrassa Hermione sur la tempe, avant de monter à son tour les escaliers. Il ne resta bientôt plus que Drago et Hermione, et le silence s'étendit de longues secondes.
—Bien, je crois que je vais y aller aussi, murmura finalement Drago.
Il avait conscience que les derniers mois n'avaient sans doute pas été une sinécure pour Hermione et peut-être n'attendait-elle qu'une seule chose : se retrouver dans un lit confortable et tiède. Hermione acquiesça doucement et tous deux se levèrent. Galant homme, Drago laissa Hermione passer la première dans les escaliers, et la suivit lentement.
La cage d'escalier était plongée dans l'obscurité, et Drago ne distinguait que très légèrement la silhouette d'Hermione, pourtant juste devant lui. Il la vit monter les escaliers d'un pas lent et atteindre enfin le palier. C'était là que s'arrêtait Hermione. Drago quant à lui devrait monter encore d'un étage. Quand Hermione posa son pied sur le palier, cependant, Drago ne put s'empêcher de venir effleurer sa taille. Une décharge électrique sembla se répandre dans leurs deux corps. Ce fut l'élément déclencheur.
A l'instant même où Drago avait frôlé la hanche d'Hermione, celle-ci s'était retournée et avait enroulait ses bras autour du cou de Drago. Elle se pencha sans crier gare et posa ses lèvres chaudes et douces sur celles quémandeuses de Drago. C'était comme si leurs corps n'avaient attendu que cela toute la soirée. A force de se toucher, de se frôler, de se chercher, ils avaient fini par se trouver.
Ce premier baiser n'avait rien de naïf ni de timide. C'était un baiser passionné et sensuel, qui promettait bien plus que la danse lubrique de leurs langues. Les mains de Drago glissèrent dans son dos, passant outrageusement le tissu du chemisier d'Hermione. Sous ses doigts avides, la peau soyeuse d'Hermione frissonnait, tandis qu'elle enfonçait ses mains dans la chevelure d'or de Drago. C'était bon, c'était chaud, c'était vivifiant. Comme s'ils n'avaient eu besoin que de cela pour continuer à vivre. Sans un mot, Hermione l'entraîna jusque dans sa chambre et le poussa doucement vers le lit.
S'en suivit une nuit telle que Drago n'en avait jamais connue. Il avait pourtant été terriblement amoureux de Livia, mais la passion qui l'animait à cet instant précis, l'envie inexorable de ne vouloir faire qu'un avec Hermione n'était en rien comparable avec son ex-épouse. Drago ne s'était jamais senti aussi vivant, aussi entier. Comme si un lourd fardeau avait subitement quitté ses épaules. Comme si son âme… se retrouvait entière pour la première fois de sa vie. Etait-ce cela, trouver son âme sœur ?
Quand ils s'endormirent, le soleil avait déjà commencé son ascension dans le ciel. Hermione, complètement nue, s'était endormie sur le torse de Drago qui n'avait eu de cesse de la regarder, jusqu'à sombrer à son tour dans les bras de Morphée. Ça avait été la plus belle nuit de la vie de Drago. Malheureusement, il aurait préféré qu'elle ne s'achève pas aussi brusquement…
De grands bruits derrière la porte de la chambre d'Hermione les réveillèrent en sursaut, et Harry, suivit de Ron et de Ange entèrent dans la chambre en criant. Il y eut un moment d'hébétement, le temps que tous réalisent que Drago se trouvait, totalement nu dans le lit d'Hermione, elle aussi dans son plus simple appareil.
—Oh euh, commença Harry, gêné. On a un gros problème… Enfin, ça peut attendre que vous vous habilliez mais…
—Qu'est-ce qui se passe Harry ? demanda Hermione d'une voix rauque.
—Voldemort a pris Poudlard, Minerva vient de m'envoyer un hibou.
Et voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu car il s'y passe de nombreuses choses. Déjà le retour du Trio, qui a trouvé la majorité des horcruxes, ce qui signifie qu'on arrive à la fin de la guerre – et accessoirement de la fiction. Ensuite, l'anniversaire d'Hermione avec le retour de Ange ! Et un Drago qui s'est enfin rasé.
Et enfin, le moment dramione ! J'espère que vous le trouverez cohérent vis-à-vis du reste de l'histoire, de leur relation, ils prennent peu à peu conscience de ce qu'ils sont l'un pour l'autre. J'ai hâte que vous me disiez ce que vous en pensez et j'appréhende un peu.
J'espère que ça vous aura plus. Cette semaine, je passe mon concours, donc je vous annonce d'ores et déjà que le prochain chapitre sera posté dimanche prochain et pas avant ! Merci à vous de faire vivre cette histoire, je vous souhaite une belle semaine !
