Et voici le dernier chapitre de cette fiction – même s'il y aura un petit épilogue très bientôt mais ne constituera pas un 'vrai' chapitre en soi. Encore et toujours, je m'excuse pour avoir été aussi longues, et je tenais à ne plus laisser traîner cette histoire.

Nous avons dépassé les 200 reviews, ce qui me touche énormément. C'est dingue comme la science des commentaires n'est pas une science exacte. La trame de cette fiction est complexe et a été longue a élaboré (et me voici avec 200 reviews) alors que mes fic de noël partent dans tous les sens et n'ont rien de complexe ni d'élaboré mais rapportent presque le double haha. Comme quoi !

Je remercie les lecteurs qui sont revenus et qui ont encore pris la peine de laisser un peu mot, une trace de leur passage. Je ne l'ai pas dit sur cette fiction, mais pour ceux qui le souhaite vous pouvez me retrouver sur ma page facebook Brunhild Ana Writings (le lien est dans mon profil).

Je suis actuellement en train de travailler une autre fiction, et je vous en dirai plus très bientôt (d'où l'intérêt de la page facebook).

MBinipuce : Je tenais à te remercier de tout cœur d'avoir pris la peine de poster à chaque chapitre, je ne pourrais pas répondre à tout, mais je suis ravie que tu aies aimé cette histoire en tout cas. Je crois que tu as posté la 200ème review alors un merci tout particulier. Voici la suite, qui ne s'est pas autant faite attendre que le chapitre précédent.

Lili Orya : Je suis contente de te retrouver ! En effet elle n'était pas terminée, mais voici l'ultime chapitre (avec un épilogue qui suivra bientôt).

Leolili : Merci à toi d'être encore ici ! J'aime aussi ce lien Ginny/Drago, quelque chose de tendre sans aucune ambiguïté. Pour ce qui est de la suite, je te laisse la découvrir !

Swangranger : Je suis ravie de te revoir ici, on voit mes fidèles lectrices haha. Merci pour ton commentaire, je n'en dis pas plus cependant, et te laisse découvrir la suite.

Saboumg : Je suis contente d'avoir un nouveau lecteur alors ! Et merci pour ta review qui me touche énormément. Voici la suite j'espère qu'elle te plaira !

Jasmineetaladin : Je comprends et je suis navrée que tu aies dû la reprendre depuis le debut, j'ai été très longue à poster la suite et je m'en excuse. Je n'ai pas attendu un an pour poster ce chapitre en tout cas haha, j'espère qu'il te plaira.

LeeJSul : Nooon ne me tue pas sinon tu n'auras pas la suite haha. Merci pour ton commentaire en tout cas, ça me fait toujours plaisir qu'un lecteur prenne le temps de poster ne serait-ce qu'un commentaire. Voici la suite (tu as vu, je n'ai pas re-disparu !)

FroggyL : Si si je peux haha, mais voici la suite, la torture n'aura pas été si longue que cela. Au moins tu n'as pas eu à attendre trop longtemps si tu as découvert cette fiction cette semaine. Voici la suite !

Bonne lecture.


C'était une étrange sensation de vide qui s'infiltrait doucement en Drago. D'abord ses jambes, qui cessèrent de trembler, puis ses mains qui se détachaient peu à peu du corps inerte d'Hermione. Enfin, ses larmes se tarirent, ses yeux s'asséchèrent et ce fut comme si plus rien n'existait. Comme si Drago n'était plus Drago. Il avait l'étrange impression de n'être plus rien, ni homme, ni sorcier, ni corps. Juste un esprit qui flotte au-dessus d'un monde qui n'est déjà plus le sien.

Comment pouvait-il être le sien, sans Hermione. Cette seule pensée lui serra le cœur. Hermione avait pris une place si importante dans sa vie et pourtant… il ne s'était rendu compte de rien. La plaie béante qu'avait laissée Livia en simulant sa mort n'était qu'une minuscule égratignure à côté de la souffrance, de la douleur lancinante qu'il éprouvait à cet instant précis. Au-delà de la douleur physique, la douleur de l'âme était bien plus éprouvante, plus insurmontable.

Plusieurs fois, Drago avait songé à se donner la mort, après la disparition de son épouse, mais il n'avait jamais sauté le pas. Comme si, au fond de lui, il avait su qu'une autre histoire l'attendait quelque part, comme s'il savait que sa vie n'avait pas encore atteint son but. C'était si différent à présent… comme si avoir connu Hermione, et l'avoir perdue ensuite, avait été l'unique objectif de sa vie. Et une fois celui-ci atteint, voilà qu'il ne lui restait plus qu'à la rejoindre… ce n'était pourtant pas dans son caractère.

—Drago, répéta une voix lointaine à son oreille, Drago, il faut que tu l'écoutes. Tu m'entends ? Ecoute ce qu'elle a à te dire.

C'était comme se réveiller d'un joli rêve. On ne sait plus où l'on est, ni ce qu'il se passe autour. On sait juste qu'on regrette d'avoir quitté les bras de Morphée. C'était bien moins douloureux que la réalité qui frappe en plein cœur.

La chevelure flamboyante de Ginny flottait au-dessus de Drago. Celui-ci leva les yeux vers elle et plongea dans le myosotis de ses iris. Avait-elle été toujours eu d'aussi beaux yeux, la belle Ginny ? Bordés de ses longs cils sombres, ils étaient rouges et brillants d'avoir trop pleuré, mais aussi autoritaires et remplis d'une touche… d'espoir.

—Lève-toi Drago, ça va aller.

Soutenu par son amie, Drago se leva péniblement. Il ne parlait pas, ne pleurait plus, mais peinait à se tenir debout. Encore anesthésié par la douleur, il mit du temps à comprendre que quelqu'un d'autre venait de prendre la parole. C'était la voix lente et pénétrante de Desdemona, qui s'était emparée de la main de Drago et lui parlait à toute allure.

—On n'a que très peu de temps, Drago. Il faut que tu m'écoutes attentivement. Je sais que tu es sous le choc, mais sers ma main si tu comprends ce que je te dis.

Au début, les lèvres de Mona semblaient bouger dans une danse lente et sensuelle, mais peu à peu, Drago mit du sens sur ses paroles, et sortie enfin de sa léthargie. Sa gorge serrée et douloureuse l'empêchait de parler, aussi se contenta-t-il de serrer la main de la jeune femme, fraîche et douce dans la sienne tremblotante.

—Il y a un moyen, Drago, un moyen de faire revenir Hermione.

Les mots de la jeune femme mirent un certain temps à infiltrer son esprit brumeux. Mais peu à peu, il parvint à mettre du sens sur ce que Mona disait, et ce sens amena avec lui une lueur d'espoir.

—Mais c'est compliqué et dangereux, continua-t-elle.

Peu importe, songea Drago, toujours silencieux. Peu importait s'il devait braver mille et un obstacles, s'il devait donner sa vie, s'il devait se jeter dans la gueule du loup. Car à cet instant précis, Drago avait trouvé la définition de l'âme sœur. C'était une âme sans laquelle il ne pouvait vivre. Et peu importait qu'ils soient ensemble, amoureux, amis, ou juste de simples connaissances, Drago savait désormais qu'il lui était impossible de frôler le sol de cette Terre, de respirer cet air, si Hermione ne pouvait en faire de même.

Il acquiesça doucement et desserra doucement les dents.

—Ca ira, montre-moi, grogna-t-il.

Desdemona le regarda d'un air compatissant. Il devait faire peur à voir, pour qu'elle le regarde de la sorte. Les yeux vitreux, le teint blafard, les lèvres pâles et sa difficulté à parler, ne lui ne donnaient pas l'allure de grand guerrier qu'il aurait aimé avoir. Elle resserra un peu plus sa main autour de celle de Drago et se mit à expliquer à toute allure.

—Tu peux diviser ton âme en deux. Celle d'Hermione n'est pas encore partie, elle persistera en elle quelques minutes encore, mais elle est terriblement affaiblie et blessée. En lui donnant une partie de ton âme, tu la ramèneras à la vie. Mais il faut que tu saches que ce principe est le même que celui de créer un Horcruxe.

—Tu vas faire d'Hermione un horcruxe de Drago ? demanda Ginny horrifiée, qui se tenait toujours à côté d'eux.

—J'ai dit que le principe était le même, pas que je vais faire d'Hermione un horcruxe. Puisqu'elle conservera sa propre âme, sa propre identité, seulement, grâce à l'âme réparatrice – puisqu'entière et en bonne santé – de Drago, l'un sera éternellement relié à l'autre.

—C'est-à-dire ? demanda Drago qui recouvrait peu à peu ses couleurs.

—C'est-à-dire que dès lors que tu auras inséminé un bout de ton âme en Hermione, tu ressentiras ses sentiments les plus violents, et elle, les tiens. Que vous soyez dans la même pièce ou sur deux continents différents, vous ne pourrez échapper à cela. Votre vie ne vous appartiendra plus entièrement, elle sera aussi la propriété de l'autre.

—Très bien, acquiesça Drago, c'est bon.

—Attends, il faut que tu saches…

—J'ai dit que c'était bon, explique-moi comment on fait.

—Non, d'abord tu dois savoir. S'il arrive quelque chose à l'un, s'il meurt, alors l'autre subira le même sort. Il n'y a pas de retour en arrière possible.

—Comment ça marche ? grogna Drago sans prêter attention à ce qu'elle venait de lui dire.

Desdemona le regarda de longues secondes en silence. Comme si elle lisait en lui, comme pour jauger de la possibilité de sauver Hermione. Drago était-il conscient des risques qu'il encourait ? Sans doute sembla-t-elle convaincue cependant, car elle s'agenouilla près d'Hermione et posa deux doigts de chaque côté de ses tempes.

—Sers lui la main, et laisse-toi guider.

Drago s'exécuta immédiatement. S'installant près d'Hermione, il prit sa main encore chaude dans la sienne et la serra, aussi fort que possible. Comme on s'accroche à une bouée après un naufrage, comme on s'accroche à un arbre au milieu d'une tempête, comme on s'accroche à la vie quand celle-ci en dépend.

Et il se laissa guider. Bientôt, il se sentit sombrer dans l'inconscience, tandis que Desdemona murmurait des incantations dans une langue qui lui était totalement inconnue. En fermant les yeux, il ne vit pas qu'Arwen et Hazel avaient rejoint leur sœur, et que les trois sœurs se mirent à chanter leur psaume étrange d'une même voix. Sombrant toujours plus profondément, Drago crut un instant qu'il mourait à son tour.

Pourtant, lorsqu'il ouvrit les yeux, il semblait bien vivant… Il se trouvait près du lac de Poudlard, par une belle journée d'été. Il pensait avoir transplanné sans y avoir prêté attention, pourtant… On ne peut transplanner dans l'enceinte du château. Et puis, il ne faisait pas aussi beau ni aussi chaud quelques heures plus tôt, et les corps ne jonchaient plus le sol.

Ce fut quand il la vit, assise au bord de l'eau, les pieds immergés dans le lac frais, qu'il comprit. Il se trouvait dans la tête d'Hermione, ou en tout cas, dans un monde qui lui appartenait. Il s'approcha d'un pas rapide, juste assez près pour qu'elle sente sa présence. Quand elle se retourna, elle affichait un sourire serein et paisible, elle était magnifique, pensa Drago le cœur serré.

—Salut, souffla-t-il.

—Salut, répondit-elle. Je ne pensais pas que tu me rejoindrais ici.

—Ici ? Où on est, ici ?

Drago s'assit à côté d'elle et posa une main sur la sienne. Il fut presque surpris de pouvoir s'en emparer, il s'était attendue à ce qu'elle ne soit qu'un spectre, un fantôme qui appartenait déjà au passé. Il avait eu tort.

—A Poudlard bien sûr, répondit Hermione.

—Ce n'est pas le Poudlard que j'ai vu aujourd'hui.

—Ça ne fait pas de mon Poudlard, un Poudlard moins réel.

—Pourquoi ici, pourquoi le lac ? Pourquoi pas… la bibliothèque ?

La petite phrase piquante de Drago eut le mérite de faire rire Hermione. Après tout, ça lui aurait paru logique. La bibliothèque de l'école était sans doute l'endroit où Hermione avait passé le plus de temps. Adoratrice des livres, elle se serait trouvée dans son élément, même après sa mort. Drago songea qu'il n'aurait pas été étonné de voir son fantôme hanter les lieux, réprimandant les élèves qui ne rangeaient pas les livres à leur place et conseillant les plus studieux d'entre eux sur les livres qu'elle aurait sans doute déjà parcourus.

—Ah Drago… Parce que les livres sont une passion, mais qu'ils ne font pas partis de moi comme tous les merveilleux moments que j'ai pu passer ici. Dans mes souvenirs, c'est ce paysage qui évoque le plus de moments plaisants. C'est un lieu qui transpire l'amitié, les rires, la paix, la sérénité, la quiétude. Ferme les yeux.

Pour la seconde fois en quelques minutes, Drago s'exécuta et ferma les yeux. Il sentit Hermione entrecroiser ses doigts aux siens, et se laissa bercer par la voix douce et chantante de la jeune femme.

—Le clapotis de l'eau, le chant des oiseaux. Tu les entends ?

Drago acquiesça.

—J'aime ces petits bruits qui me font sentir en paix avoir moi-même, et avec le monde qui m'entoure. Je suis heureuse de les entendre une dernière fois, avant de partir.

Drago rouvrit les yeux instantanément.

—Tu sais alors.

—Bien sûr, que je sais, répliqua Hermione. Pour qui me prends-tu ? Le sors m'a frappée de plein fouet. Dis-moi, Drago, est-ce qu'elle en a tué d'autres ?

—Elle n'en a pas eu le temps, répondit Drago dans un murmure.

—Oh…

Sans qu'il ne lui explique quoi que ce fût, elle avait compris. A quoi bon lui donner une partie de mon âme, songea Drago, elle lit déjà en moi comme dans un livre ouvert.

—Il y a un moyen de te sauver.

Drago lui raconta tout ce que lui avait expliqué Desdemona. Le regard vif et intelligent d'Hermione le rassurèrent, elle avait compris ce qu'il essayait de lui expliquer à demi-mots.

—Je refuse, Drago, la séparation de l'âme est très dangereuse, et…

Elle avait l'air paniqué.

—Hermione…

Drago s'était rapproché d'elle et avait posé une main sur sa joue à la peau de pêche. Il plongea ses yeux pâles dans ceux, mordorés et si vivants d'Hermione. Il la sentit frissonner sous l'assaut de ses caresses, et attendit qu'elle se fût calmée pour reprendre.

—Nous avons la chance de connaître notre âme sœur…

—Tu crois à ces bêtises maintenant ?

—J'y crois. Dur comme fer. Nous avons cette chance, alors je ne passerai pas à côté. Je peux te sauver, et je le ferais.

Hermione avait les yeux qui brillaient d'une émotion encore incertaine. Drago, quant à lui, ne la lâchait pas, son pouce effleurant doucement l'épiderme soyeux de sa joue. Egoïstement, il ne lui laissait pas le choix. Parce qu'il savait qu'il ne pourrait vivre sans elle, parce qu'il savait que la nuit qu'ils avaient passé signifié bien plus que l'abandon de deux corps à la luxure.

Dans sa main, Hermione appuya légèrement sa tête contre ses doigts et ferma les yeux un instant.

—Je t'aime.

Les mots avaient franchi la barrière de ses lèvres sans même qu'il ne s'en rende compte. Ils étaient sortis, naturellement, comme s'ils avaient été prononcés de nombreuses fois. Peut-être avaient-ils été juste pensés, de nombreuses fois. Et parce qu'elle lui avait semblé magnifique, douce, tendre et tellement innocente à cet instant précis, il n'avait pu se retenir de dévoiler ce que son cœur ressentait depuis plus longtemps qu'il ne voulait l'admettre.

Hermione rouvrit des yeux surpris, et croisa le regard un peu fuyant de Drago. Un sourire vint illuminer son visage. C'était un petit sourire en coin, un peu moqueur et Drago se sentit bête subitement. Peut-être qu'Hermione ne ressentait pas la même chose pour lui, après tout.

—Alors quoi, une nuit avec moi et te voilà amoureux Malefoy ?

Drago grogna et leva les yeux au ciel.

—Ou peut-être que tu l'étais avant, et que maintenant que je suis morte, tu tenais à me le dire au moins une fois…

Il ne répondit pas, un peu vexé par l'air hilare d'Hermione. Pourtant, celle-ci posa ses deux mains de part et d'autre du visage glabre de Drago et vint déposer un léger baiser au bout de ses lèvres.

—Je crois que je t'aimais avant même de savoir que nous étions des âmes-sœur.

—Menteuse, répliqua Drago en s'emparant encore une fois de ses lèvres.

Même si le temps comptait, même s'il fallait se dépêcher, Drago ne put s'empêcher de l'embrasser avec plus de passion encore. Il fallait qu'elle comprenne qu'il ne reviendrait pas sans elle, qu'il lui donnerait un morceau de son âme et qu'elle vivrait.

Il ignorait comment, mais il sentait au plus profond de lui comment faire. C'était comme si la voix de Desdemona résonnait en lui et lui montrait la marche à suivre. Alors que leurs lèvres ne se lâchaient plus, et qu'Hermione s'était totalement abandonnée à lui, Drago força ses barrières mentales à l'aide de la légilimencie. Il pénétra dans l'esprit d'Hermione et se sentit totalement happé par son âme.

Comme il l'avait fait quelques mois plus tôt pour lui rappeler que la magie existait, Drago fouilla et chercha la brèche que le sort de mort avait provoqué dans l'âme d'Hermione. Ce fut long et laborieux, mais quand il la trouva enfin, il se sentit précipité par la béance de cette plaie de l'âme.

C'était comme si cette brèche n'aspirait qu'à être comblée, comme si Drago n'avait jamais été là que pour cela, pour soigner ce trou, pour le remplir à l'aide du ciment de son propre esprit. Et tandis que son corps, ou du moins la projection du cœur de Drago, continuait d'embrasser Hermione, son esprit, lui, se déchirait peu à peu, comme appelé à ne faire qu'un avec celui de la sorcière.

C'était terriblement douloureux, et soudain, Drago s'entendit crier, hurler comme si on lui arrachait un membre. Se tenant la tête, sous le regard inquiet de Ginny, il basculait d'avant en arrière, tel un dément, ses yeux révulsés et sa bouche grande ouverte. Hermione était toujours inerte à côté de lui, mais le Marchand d'Âme, sous les traits des trois sœurs, continuaient de psalmodier en chœur, et d'achever ce qu'il avait commencé.

La tête de Drago était en feu, du moins, c'était l'impression qu'il avait. Jamais il n'avait ressenti une telle douleur, pourtant, au fur et à mesure que son âme comblait la brèche dans l'âme d'Hermione, il se sentait de plus en plus vivant, de plus en plus entier. Quel paradoxe pour quelqu'un dont l'âme est en train de se scinder.

Le monde merveilleux d'Hermione avait désormais disparu, ainsi que son sourire paisible. Il n'y avait plus que le chaos, le néant pour répondre aux hurlements intarissables de Drago.

—Arrêtez, criait Ginny. Vous allez les tuer tous les deux, arrêtez ça immédiatement, ordonna-t-elle d'une voix suraiguë qui trahissait son impuissance.

Les incantations du trio diminuèrent légèrement, l'hésitation dans leur voix prenait de l'ampleur.

—Non, rétorqua Drago à bout de souffle d'avoir trop crié. Continuez, j'y suis presque.

Il le sentait, il savait qu'il avait presque terminé. Il était d'ailleurs certains d'avoir senti la main d'Hermione bouger quelques secondes plus tôt. Serrant les dents, il continuait d'errer dans l'âme en perdition d'Hermione, de ressouder la brèche, au péril de sa propre âme qu'il sentait s'amoindrir chaque seconde un peu plus.

Et puis ce fut le néant, une fois de plus. Le noir, la sérénité, la paix intérieure. Un dernier soupir, et l'inconscience. Plus de cri autour de lui, plus de sort qui fuse, plus de regard compatissant. Plus de Poudlard, plus d'Hermione, plus de sensation. Il n'y avait plus rien.

xxx

Quelque chose de mou et de chaud enveloppait le corps de Drago. Ça sentait le propre et pourtant, l'odeur de lessive se mélangeait à celle de la poussière et… du sang. Quand il remua un peu, Drago sentit des courbatures s'infiltrer dans tous ses membres, mais ce n'était rien à côté des trois cent tambours qui battaient la mesure à l'intérieur de sa boîte crânienne.

Autour de lui, des bruits de pas, des gens qui murmuraient, il fut même certain d'entendre des pleurs. Rassemblant tous ses esprits, malgré la migraine, Drago sentit son corps louper un battement. Et s'ils pleuraient sur le corps inerte d'Hermione ? S'il n'était pas parvenu à la sauver ? S'il avait fait tout ça pour… rien.

Malgré le peu de force qu'il lui restait, Drago s'efforça d'ouvrir les yeux. Au-dessus de lui, le plafond magique de Poudlard annonçait la tempête. Il était sombre et inquiétant, et des éclairs le zébraient de temps à autres. Drago tourna légèrement la tête et compris qu'il était allongé sur un brancard de fortune, emmitouflé dans une épaisse couverture de laine. A côté de lui, Hermione était elle aussi allongée, mais n'avait pas ouvert les yeux. Etait-elle morte ?

—Elle est en vie, murmura la voix rauque de Ginny.

Drago ne l'avait pas vue, mais elle était assise à côté de lui, l'air épuisée. Sa voix rocailleuse trahissait les pleurs et les cris qu'elle avait dû pousser, ainsi que ses beaux yeux bleus désormais bordés de rouge et de violet. Des cernes. Depuis combien de temps Drago se trouvait-il là ?

—Vous vivrez tous les deux, murmura-t-elle en s'approchant et en posant une main fraîche sur son front fiévreux.

Drago se sentit soulagé. Pourtant, quelque chose dans les yeux de Ginny donnait l'impression que tout n'allait pas pour le mieux. Il se redressa doucement, ignorant délibérément son mal de tête et fixa longuement la jeune femme d'habitude si pétillante.

—Qu'est-ce qui se passe ?

Cette seule question effrita la carapace que Ginny avait peiné à rassembler autour d'elle. Elle se mit alors à battre des paupières, pour éviter de pleurer, ce à quoi elle échoua lamentablement. Bientôt, ses joues ne furent que deux ruisseaux prenant leur source dans l'océan de ses yeux.

—C'est Harry, sanglota-t-elle. Il n'est toujours pas revenu… personne ne sait ce qu'il se passe dans la forêt interdite.

—Et le serpent, est-ce que Londubat a…

—Oui, il a réussi. On croyait d'ailleurs qu'Harry arriverait juste après ça. Mais ça fait plus d'une heure, et nous n'avons de nouvelle ni d'Harry, ni de Voldemort.

—Je suis là depuis combien de temps ?

—Quatre heure. On a bien cru que vous étiez morts tous les deux. Les triplets n'avaient pas fière allure. Elles n'étaient pas certaines que vous vous en sortirez.

Drago se redressa difficilement et chercha à tâtons sa baguette dans ses poches.

—J'y vais, maronna-t-il. Je vais rejoindre Potter dans la forêt, où est cette satanée baguette.

—C'est hors de question, s'interposa Ginny. Tu n'iras pas. Tu n'es plus seul maintenant. Desdemona te l'a expliqué, s'il t'arrive quoi que ce soit, Hermione en subira les conséquences, elle aussi.

—Alors quoi ? On attend de voir si Potter était bien l'Elu, et advienne que pourra ?

—Si quelqu'un peut bien mettre un terme à cette guerre c'est lui, répliqua Remus Lupin en s'approchant doucement de Ginny qui tentait de ne pas pleurer. Notre destin est entre ses mains, ayez foi en lui, comme il a foi en nous.

Ce fut à ce moment-là que la voix de Voldemort retentit dans le château.

—Harry Potter est mort, rendez-vous et il ne vous sera fait aucun mal.


Ici s'achève le dernier chapitre. Je suis consciente qu'il se termine étrangement, mais la suite vous la connaissez déjà. Harry n'est pas vraiment mort, mais il a réussi à tuer l'Horcruxe à l'intérieur de lui. Dans les bras de Hagrid, il se réveille et la bataille de reprend jusqu'à ce qu'il l'emporte sur Voldemort, comme c'est le cas dans le 7ème tome.

Je n'ai pas voulu réécrire ce que JKRowling a su écrire à la perfection, et de toute façon cela n'a pas grand intérêt pour l'histoire du Marchand d'Âme. Je posterai ce week end (enfin lundi très probablement), l'épilogue de cette histoire.

J'espère que vous n'êtes pas déçu par cette fin, que j'ai pris grand plaisir à écrire, personnellement. N'hésitez pas à me laisser un petit mot, et je vous dis à Lundi pour la suite et l'ultime partie de cette histoire, qui aura tardé à s'achever.

En attendant, portez-vous bien.