Hello, je vous apporte enfin mon deuxième chapitre. Il a mis du temps à venir, je sais bien, mais je vous l'ai fait long pour compenser ;) Encore une fois, si tout ça est un peu vague pour vous, c'est normal. Des explications viendront s'ajouter au fil des chapitres. Je vous laisse à votre lecture, en espérant que vous apprécierez !


-Ace ?

-Hmm ?

L'aîné du trio était plongé dans une étude détaillée de l'inventaire des machines de la ville qui dépendaient du réseau informatique de l'État. Aussi, il n'accorda qu'une attention distraite à son plus jeune frère.

-Je me demandais juste...c'était quoi à ton avis , cette vitre qui a explosé au quatrième ?

-Qu'est-ce que j'en sais Luffy, franchement ? Peut-être qu'un des DST a eu la brillante idée de se jeter par la fenêtre.

Luffy peu satisfait de cette réponse, se replongea dans la lecture de son propre inventaire. Sur l'écran défilaient les noms des institutions, écoles, et diverses autres édifices publiques reliés au réseau du centre des infrastructures numériques. Ce fut Sabo le premier, qui s'exclama :

-Ça y est, je les ai !

Aussitôt, Ace et Luffy se précipitèrent au secours de leur frère qui leur désigna la liste des périphériques disponibles à l'écran. Le reste ne fut que l'affaire de quelques secondes, juste assez pour que Sabo repère les différents autres réseaux disséminés dans la ville. Ils en comptèrent plus d'une centaine, parmi lesquels se trouvait la surveillance des frontières. Ce dernier système ne comprenait pas seulement les écrans de surveillance, mais aussi les caméras auxquels ils étaient reliés, ainsi que les miradors dont Akainu avait récemment fait acquisition. Par la suite, Ace identifia plusieurs banques dont les systèmes informatiques étaient encore dépendants du réseau du CIN. Son regard croisa alors celui de Sabo et il sut immédiatement que son frère partageait ses pensées. Impliquer les banques, c'était porter atteinte à la propriété même des citoyens et rien ne pouvait mieux servir leur but que la panique provoquée par la perte présumée de ses biens.

-Alors, lesquels on connecte ? S'enquit Sabo, d'une voix que l'anticipation fébrile faisait vaciller.

-Tous.

-Ça marche, mais je préfère vous prévenir qu'ils ont sûrement mis l'accès au routeur sous alarme. Je n'ai ni le code, ni aucun autre moyen de la désactiver, alors vous allez devoir faire un peu d'exercice.

Ses frères acquiescèrent et le garçon se mit au travail sans plus tarder. Ses mains survolaient le clavier et ses doigts agiles coururent à toute vitesse sur les touches . De nouveaux caractères envahirent l'écran sous les yeux ébahis de Ace et de Luffy. Sabo s'interrompit finalement et une barre de chargement apparut à la place des lignes de code, au-dessus de laquelle les mots « Connexion en cours » clignotaient. Mais soudain, un timbre strident s'éleva dans la pièce. D'abord interdits, Ace et Luffy réalisèrent au bout d'un certain temps que l'alarme qui retentissait à présent dans tout le bâtiment était en train d'avertir les DST de l'intrusion de Sabo dans leur réseau. Bientôt, ils réaliseraient que personne n'était jamais entré par cette fenêtre et mettraient fin à leur petite virée au quatrième étage. Les deux frères échangèrent alors un regard avant de se précipiter vers les escaliers, laissant leur frère seul dans la pièce.

L'accès par lequel ils s'étaient introduits plus tôt était le seul à mener à la salle des machines, aussi c'était à eux qu'incombait la tâche de retenir leurs assaillants le plus longtemps possible afin de permettre à leur frère de connecter les systèmes entre eux. Ils effectuèrent le trajet inverse sans trouver personne en travers de leur chemin. Néanmoins, ils n'étaient pas encore arrivés au sommet des marches que déjà, les appels pressants des DST se faisaient entendre et lorsqu'enfin ils atteignirent le rez-de-chaussée, une bonne demi-douzaine d'hommes les y attendaient de pied ferme. À leur tête se tenait un officier aux traits rudes et aux tempes grisonnantes. Du reste, deux imposants cigares surgissaient d'entre ses lèvres, qu'une grimace de colère tordait de sinistre manière.

-Colonel Smoker, je présume, minauda Ace avec un sourire suffisant, tout en s'efforçant de dissimuler son souffle irrégulier au militaire.

-Vous trois bande de sales mômes, vous allez me payer votre petit manège, rétorqua ce dernier de sa voix de baryton.

Ace entendait la respiration haletante de Luffy dans son dos et cette présence rassurante à ses côtés parvint à lui faire reprendre ses esprits. Mais soudain, et sans laisser une chance aux deux frères de prendre l'initiative de l'attaque, Smoker adressa un signe de la main, comme un ordre muet, aux DST. Ces derniers se jetèrent aussitôt sur Ace et Luffy. Deux d'entre eux, armés de lourdes matraques, se précipitèrent sur le plus jeune et Ace se jeta au même moment dans la mêlée. Dans mouvement souple, presque imperceptible, sa chaussure gauche entra en collision avec le nez d'un des deux incongrus. Ce dernier poussa un grognement retentissant lorsque les crampons de son adversaire lui délogèrent deux molaires.


Dans la salle des machines Sabo, toujours penché sur son écran, avait guetté avec appréhension les échos de l'affrontement. Finalement, les premiers cris d'assaut étaient parvenus jusqu'à ses oreilles Il ne lui restait plus alors, qu'à attendre que l'intégralité des systèmes se connectent au routeur du CIN. Aussi, il considéra avec une pointe d'agacement la barre de chargement, tandis que cette dernière semblait ne jamais vouloir achever de se remplir. À nouveau, un cri de douleur résonna dans la cage d'escalier, quelque part à sa droite. Sabo sentit une tension se défaire dans ses épaules cependant, lorsqu'il s'avéra que la voix n'appartenait à aucun de ses deux frères. Il ferma les yeux un instant et prit une profonde inspiration, dans une vaine tentative d'apaiser ses nerfs à vif. Ces derniers lui hurlaient de remonter aux côtés de ses frères pour leur porter secours, tandis que sa raison lui chuchotait depuis le recoin le plus sombre de sa conscience, de rester pour veiller au bon déroulement de l'opération. Il fronça les sourcils, expira lentement et s'efforça de demeurer indifférent aux bruits venant de l'extérieur, ainsi qu'à l'angoisse grandissante qu'il sentait monter en lui. Ainsi absorbé, il n'aperçut pas l'ombre silencieuse et discrète du DST qui était parvenu à se faufiler entre les étagères encombrées. Il ne le vit pas non plus progresser lentement vers lui, si bien que lorsqu'enfin il rouvrit les yeux, il eut juste le temps de se jeter sur le côté pour éviter son assaillant. Il fit alors face au DST dont l'uniforme lui confirma qu'il s'agissait bien d'un officier expérimenté. La visière de son casque était rabattue sur ses yeux, cependant l'angle de son visage disait clairement qu'il s'intéressait à présent à l'ordinateur dont Sabo s'était imprudemment éloigné. Dans un geste désespéré, celui-ci se précipita en avant et chargea le DST d'un grand coup d'épaule. Mais soudain, une douleur foudroyante le paralysa de la tête aux pieds et il se retrouva allongé au sol, agité de spasmes. Un sueur froide lui coula dans le dos tandis qu'il sentait ses cheveux se dresser dans sa nuque. Au-dessus de lui, son adversaire brandissait une matraque d'apparence ordinaire, à cela près que celle-ci était scindée en deux en son extrémité. L'évidence s'imposa aussitôt dans l'esprit de Sabo lorsqu'il réalisa qu'il venait de recevoir une puissante décharge électrique. Un nouveau coup d'œil à sa gauche permit au jeune pirate de constater que le DST tenait ses mains à quelques centimètres seulement du clavier. Sabo sentit alors son cœur rater un battement. Aussitôt, les derniers spasmes provoqués par la décharge s'estompèrent et ses sens jusqu'ici engourdis s'ébrouèrent sous l'effet d'un nouvel afflux d'adrénaline. En une fraction de seconde, il avait sauté sur ses pieds et assené un magistral crochet du droit à son malheureux adversaire, lequel tituba un instant avant de s'effondrer au sol. Sabo n'eut que le temps d'égrener un chapelet de prières confuses avant que trois brefs signaux sonores ne retentissent. En effet, il constata avec un immense soulagement que la connexion des systèmes au réseau du CIN s'était bien effectuée. Plus rien ne pouvait interrompre le processus à présent. Sans un regard en arrière, Sabo se précipita à son tour dans les escaliers.


Les échos des affrontements avec les DST s'étaient évanouis. Les militaires avaient cessé d'affluer du quatrième étage et un silence pesant, presque monacal régnait sur le rez-de-chaussée. Au beau milieu de la pièce se tenaient Ace et Smoker, immobiles, face à face. Un peu plus loin, Luffy achevait de se débarrasser du dernier DST, lequel s'effondra bientôt à ses pieds. Enfin, les corps des militaires s'amoncelaient de tous côtés, comme les témoins inanimés d'une violente épidémie.

-Qu'est-ce que vous pouvez bien être en train de manigancer ? siffla finalement Smoker sans quitter Ace des yeux. Il faudrait être stupide pour tenter de renverser le gouvernement à vous trois et je ne crois pas que ce soit votre cas, n'est-ce pas? Alors quoi, vous travaillez pour quelqu'un?

-Smokey, je ne te trouve pas bien perspicace pour un colonel de la garde, rétorqua Ace d'un air faussement navré.

Contrairement à son adversaire essoufflé, il ne manifestait aucun signe d'épuisement et sa voix ne vacillait pas lorsqu'il poursuivit:

-Évidemment, qu'il n'y a pas que nous trois. Nous sommes des millions!

L'argument fit mouche et l'autre écarquilla les yeux.

-Qu'est-ce que tu racontes, c'est impossible!

-Vraiment? S'enquit simplement Ace avant de poser son regard sur point fixé quelque part derrière Smoker.

Une ombre passa au-dessus de la tête du militaire. Ce dernier manqua alors d'être projeté en arrière. Les réflexes du soldat avaient pris le dessus et il avait à peine eu le temps de se protéger le visage qu'un long tuyau en fonte était venu frapper son bras. Lorsqu'il retrouva ses esprits, un garçon d'une vingtaine d'année qu'il identifia comme le frère manquant, se tenait devant lui. Il n'arborait ni le rictus moqueur de son aîné, ni le regard pénétrant du plus jeune. En revanche, il avait planté deux yeux clairs, presque transparents dans ceux de Smoker et le fixait d'un air paisible qui contrastait furieusement avec l'attitude farouche et nerveuse d'Ace. Il serrait dans ses mains pâles et fluettes l'arme improvisée dont il avait frappé le colonel et dont il semblait savoir se servir. Bientôt, Luffy eut rejoint ses aînés et se tint à son tour face à Smoker, qui renifla d'un air méprisant.

-Trois morveux, c'est tout ce que l'armée révolutionnaire peut nous envoyer?

-Qu'est-ce qu'il raconte? fit Luffy en fronçant les sourcils.

-Ne joue pas à ça avec moi, gamin. Je sais très bien qui vous êtes. Dans ton cas, on peut même dire que c'est de fam-

-On est pas de l'armée révolutionnaire, trancha Ace tout à coup.

-Vraiment? S'enquit Smoker. Sa voix était empreinte d'une ironie moqueuse et un sourire triomphant vint bientôt illuminer les traits de son visage.

-Vous expliquerez ça à ces messieurs qui attendent dehors.

Et d'un hochement de la tête, il désigna aux trois frères la double porte par laquelle ils s'étaient introduits dans le bâtiment. Par l'ouverture béante, ces derniers parvinrent sans mal à distinguer les silhouettes innombrables de DST alignés, disposés en rangs serrés devant l'entrée principale. Il ne faisait aucun doute qu'ils n'attendaient plus que l'ordre de leur supérieur pour donner l'assaut, certains de l'avantage que représentait leur effectif. Sabo ne doutait pas non plus du fait qu'ils aient tous été préalablement équipés d'instruments identiques à celui qu'il avait aperçu lors de son altercation au sous-sol. Il allait en avertir ses frères lorsqu'il vit l'émetteur, pas plus gros que le pouce, blottit dans le creux de la main de Smoker. Ce dernier porta l'appareil à sa bouche pour lancer l'assaut et durant l 'espace d'un instant qui leur parut une éternité, les trois garçons ne purent que le regarder faire, tétanisés. Toute issue de secours leur avait été rendue inaccessible par la présence d'agents sur les toits.

Mais Smoker n'avait pas encore ouvert la bouche qu' une plainte affligée leur parvint du deuxième étage. Le colonel tourna le dos aux trois garçons interdits pour faire face au nouvel arrivant, qui avait dévalé les escaliers pour se précipiter vers lui. Il s'agissait d'un DST, quoi qu'il fut moins pesamment équipé que ses pairs. L'homme semblait en proie à une grande agitation et Smoker ne tarda pas à l'interroger:

-Et bien, qu'est-ce qu'il vous arrive de si grave pour que vous veniez interrompre cette arrestation?

-Monsieur, les réseaux informatiques de la ville… Ils sont tous déficients! Tout les systèmes de Goa sans exception!

À ces mots, le colonel se sentit blêmir tandis qu'un terrible pressentiment l'assaillait. Il fit volte-face pour dévisager les trois frères. Ces derniers lui offrirent le même sourire condescendant. Alors seulement, le militaire réalisa son erreur.

-Qu'est-ce que vous avez encore foutu?! S'entendit-il rugir à l'adresse des trois hors-la-loi.

-Relax Smoker, on a juste pimpé un peu votre réseau.

La suite parvint au militaire par l'intermédiaire de DST qui n'en finissait plus de s'agiter dans son dos:

-L'intégralité des réseaux informatiques de la cité ont été connectés simultanément à celui du centre, mon colonel! Il n'a absolument pas été conçu pour supporter une telle charge!

- Quoi?! Vous voulez dire qu'il a…

-...saturé mon colonel, notre système a saturé. Il est totalement hors d'usage, je… je suis désolé.

-Mais bougre d'andouille, ça veut dire que tout les systèmes actuellement reliés au réseau du CIN sont hors-service, eux aussi!

-Comme je vous le disais à l'instant, mon colonel, répondit le DST qui avait considérablement pâli.

Cette fois, la nouvelle frappa Smoker comme un coup en pleine poitrine et durant l'espace d'un instant, il ne respira plus. Les systèmes informatiques de Goa comprenaient les alarmes, les accès sécurisés, les miradors et les caméras de surveillance postés près des frontières. Et toutes ces installations se trouvaient hors d'état de marche?

Smoker se tourna à nouveau vers les trois frères qui semblaient guetter sa réaction avec une vigilance prudente.

-Vous, espèces d'infâmes gamins, vous allez me payer ça! Sergent, allez me chercher les cinquante crétins qui végètent devant la porte depuis tout-à-l'heure .

Mais alors que le DST s'apprêtait à exécuter ses ordres, la voix de Ace l'intercepta.

-Pour quoi faire, Smoker? Toi et moi on sait très bien quels sont tes ordres. Si tu ne mobilise pas immédiatement toutes tes unités, ta tête tombera avec les autres.

-Toi, ne me dit pas ce que je dois faire. Jusqu'ici, c'est encore moi qui commande, pas une bande de terroristes juvéniles.

Ace grimaça sous l'insulte, mais n'en rétorqua pas moins:

-Bien sûr, Smoker. C'est toi qui décide et c'est à toi maintenant de décider si tu mobilise tes troupes de plantes vertes- il hocha la tête en direction des portes- pour arrêter trois terroristes juvéniles, où si tu les envoies en ville pour veiller sur l'ordre et la discipline. Cela-dit, je doute qu'Akainu soit très content si par ta faute, son cher système hyper-numérisé était remis en question par ses propres citoyens. Or, il se trouve que tout vos systèmes de sécurité et vos réseaux privés sont actuellement HS. Alors si j'étais toi, je réfléchirais, mais je réfléchirais vite.

Il fit mine de tendre l'oreille et acheva avec un rictus d'auto-satisfaction :

-C'est la panique en ville.

On vit alors passer sur les traits du colonel une grande variété d'expressions. D'abord la surprise, nuancée par une pointe d'incrédulité en passant par l'indignation et enfin la colère, sourde et noire. Sans un mot, il fit signe au DST qui se tenait toujours derrière lui de rejoindre ses congénères dehors. L'ordre était clair et fut exécuté avec empressement.

-Que je me fasse bien comprendre, gronda-t-il à l'adresse des trois frères. La prochaine fois que je vous croise, peut importe les circonstances, sera la bonne. Goa pourra bien tomber en ruine, j'en fais une affaire personnelle.

Et sans attendre aucune réponse, il fit résolument volte-face et se précipita au dehors. Les trois garçons l'entendirent aboyer des ordres à ses subordonnés et tour à tour, ces derniers disparurent avec lui pour exécuter leurs tâches respectives. Seuls, Ace, Sabo et Luffy se tenaient encore au beau milieu du hall déserté, le cœur battant.


Le chaos dans lequel Goa avait été plongée suite au crash des réseaux informatiques, dura toute la journée. L'intervention rapide des services de sécurité et la présence rassurante de la police en ville cependant, eurent pour effet d'apaiser les esprits. En effet, dés que les citoyens de Goa avaient eu connaissance de la faille majeure dans le système de leur ville, tous s'étaient précipités hors de chez eux pour réclamer leurs biens. En peu de temps, Goa toute entière s'était soulevée et dans un rugissement puissant, avait demandé des comptes à Akainu. Durant quelques heures, la ville s'était éveillé de son sommeil aveugle. Puis, les autorités étaient intervenues. D'un ton autoritaire mais tranquille, ils avaient sommé les citoyens de rentrer chez eux, les assurant que le gouvernement avait la situation bien en main et les esprits échauffés s'étaient instantanément apaisés. Enfin, des agents furent postés aux quatre coins de la ville et aussi vite qu'elle s'était soulevée, Goa s'était rendormie.


Quelque part dans le nord de la ville, trois frères s'étaient réfugiés dans leur planque de bric et de broc pour y ruminer leur déception. Sabo était penché sur un épais volume, un des rares qu'il n'avait pas encore lu. Ses deux frères eux, contemplaient, depuis les hauteurs de la vieille bibliothèque qui leur servait de refuge, les lueurs de la ville. Pieds nus, perchés sur leur balcon branlant, ils fixaient au loin l'ombre menaçante du CIN qui se fondait peu à peu dans l'obscurité du crépuscule. Aucun des trois garçons n'était parvenu à dissimuler réellement son amertume aux deux autres. Alors en silence, ils attendaient. Soudain, Ace fronça les sourcils et scruta les profondeurs de la nuit plus intensément encore. Au loin, une lueur blanchâtre, presque bleue venait d'illuminer les fenêtres du CIN.

-Ils ont rétabli les connexion, souffla alors un Luffy perplexe par-dessus l'épaule de son aîné, exprimant à voix haute ce qu'aucun des deux autres n'avait encore voulu réaliser.

Les réseaux étaient à nouveau fonctionnels. Encore une fois, ils avaient échoué. Ils avaient pourtant déjà tout essayé: d'abord, ils avaient tenté d'intervenir au niveau des frontières, de neutraliser les miradors, de couper les barbelés. Puis, ils avaient voulu intercepter les convois d'armes... Mais à chaque fois leurs tentatives s'étaient soldées par de nouveaux échecs. Les barbelés repoussaient, les miradors étaient réparés et de nouvelles armes étaient rapatriées à Goa.

Luffy poussa un long soupir et se détourna finalement du balcon pour retourner à l'intérieur et se diriger vers une petite porte, à l'autre bout de la salle.

-Où est-ce que tu vas ? Lui demanda Sabo qui avait délaissé Ray Bradbury pour fixer son cadet.

-Prendre un peu d'air, répondit Luffy en contournant une pile particulièrement imposante de volumes poussiéreux.

Sabo se tut et son jeune frère disparut par la porte. Luffy était bien trop habitué au grand air pour supporter de rester reclus des heures durant dans une bibliothèque étriquée. Aussi, il n'était pas rare qu'il disparaisse sans prévenir pour revenir au bout d'une heure, les joues rosies par le vent, ou ruisselant de sueur d'être aller batifoler dans quelques ruelles désertes. Ses frères se demandaient souvent d'où il tenait une telle énergie.


Smoker était de nouveau assis devant son bureau et contemplait pensivement le dossier étalé sur la haut à droite, était inscrit le nom de « Monkey D. Dragon » Un peu plus bas, des activités étaient répertoriées, parmi lesquelles celles de « terroriste », d'« assassin », et de « saboteur ». Tout en bas de la liste enfin, quelques mots avaient été consignés à la main :« Directeur du service des relations internationales et de la collaboration cosmopolite ».

Smoker était toujours plongé dans de profondes réflexions lorsqu'un DST fit irruption dans la pièce, pantelant.

-Mon colonel, j'ai été chargé de vous transmettre une nouvelle de la plus haute importance, s'exclama le soldat qui éprouvait manifestement de grandes difficultés à reprendre son souffle.

-Vous avez intérêt à m'annoncer qu'une nouvelle loi à été votée, qui vous permet de ne pas toquer avant d'entrer dans mon bureau, soldat. Autrement, je me verrai dans l'obligation de vous étriller le cuir pour m'avoir interrompu dans mon travail.

-Je suis désolé, mon colonel. Je viens vous rapporter les résultats de l'enquête que vous avez exigé cet après-midi même sur la fenêtre brisée du quatrième étage.

À ces mots, Smoker sentit son intérêt s'éveiller.

-Et bien ? Qu'avez-vous trouvé ?

-Nous avons fait une découverte inattendue, mon colonel : il se trouve que la fenêtre a été fracassée de l'intérieur. Très peu de débris de verre ont été retrouvés dans la pièce elle-même. Beaucoup plus son tombés au pied du bâtiment.

Smoker écarquilla les yeux.

- Mais… le vent peut très bien les avoir emportés, non ? À cet étage, ça ne serait pas surprenant.

-En effet, mon colonel. Seulement, nous avons aussi retrouvé une de nos propres chaises, fracassée par terre.

Cette fois, l'officier refusait d'en croire ses oreilles et demeura un instant silencieux.

-Attendez un instant, articula-t-il finalement, vous êtes en train de me dire que quelqu'un a balancé cette chaise par la fenêtre au moment de l'attaque, ce matin ?

-Tout à fait mon colonel.

- Il l'aurait fait intentionnellement ?

-C'est plus que probable mon colonel.

-Alors, ça signifie que les terroristes ont un complice infiltré dans nos rangs,qui leur a permis de s'introduire ici ce matin, souffla Smoker, effaré.

Combien en savait déjà l'intrus ? Qui était-il et comment le débusquer ?

-Avez-vous déjà interrogé nos hommes ?

-Affirmatif, mon colonel. Ils ne savent absolument rien. Néanmoins, certains d'entre eux dont le commandant Gheare, ont affirmé avoir vu quelqu'un monter au quatrième étage quelques instants avant l'attaque.

-Bien. Continuez les recherches, quoi qu'il arrive.

-Entendu, mon colonel.

-Soldat, une dernière chose avant que vous me quittiez : êtes-vous déjà allé faire un tour dans le quartier universitaire, au nord de la ville?

Cette question prit le DST au dépourvu et il se mit à se dandiner sur place, comme s'il se trouvait dans une situation inconfortable.

- Dans le quartier universitaire, mon colonel ? Pour quoi faire ?

-Je ne sais pas vraiment. Certains sont inexplicablement attirés par ces vieilles bibliothèques, comme d'autres le sont par les maisons hantées, dans les parcs d'attraction. Vous ne vous êtes jamais interrogé sur les fantômes de notre passé, soldat ?

-N-non, jamais mon colonel.

-Très bien, vous pouvez disposer.

Le malheureux soldat ne se le fit pas répéter deux fois et il s'éloigna de Smoker avec un tel empressement que ce dernier douta fortement qu'il le revit un jour. Néanmoins, un dernier regard au dossier sur la table raviva son désir d'en savoir plus, ainsi que sa conviction que d'une manière ou d'une autre, tout ces éléments étaient liés les uns aux autres. Aussi, il quitta le CIN en un coup de vent et se dirigea vers le quartier universitaire, résolu à en découvrir un peu plus sur la révolution et sur ces trois étranges gamins qu'il poursuivait.


Vous connaissez la chanson, « read and review »;) J'espère que ça vous a plus. ! Beaucoup d'explications viendront dans mon prochain chapitre, qui sera très important dans cette histoire.