Merci beaucoup pour vos encouragements ! Je suis très heureuse que cette fic vous plaise autant qu'à moi. J'espère que ce chapitre comblera vos attentes !
Warning : lemon !
Merci à Aucta Sinistra, l'auteur de cette fic, pour m'avoir autorisée à traduire et merci à ma correctrice Zazaone qui fait un travail remarquable !
Chapitre 5
« Si j'ai été contraint de faire la lumière sur sa carrière, la responsabilité en incombe aux hommes injustes qui ont voulu défendre sa mémoire en attaquant celui que je considérerai toujours comme le meilleur et le plus sage de tous les hommes que j'aie connus. » (1)
(1) Conan Doyle, Souvenirs de Sherlock Holmes : le dernier problème.
Snape referma le livre. Ken se leva et se dirigea lentement vers lui. Il posa la main sur son épaule. Snape se raidit mais ne se déroba pas.
- Merci, Severus.
- Tout le plaisir fut pour moi, Kenneth. Le retour de Sherlock Holmes, demain soir, d'accord ?
- Volontiers, sourit Ken en laissant retomber sa main. On ne peut pas ignorer un héros de cette valeur même si c'est un moldu. Bonne nuit.
Il marcha prudemment jusqu'à la porte, guidé par le sort. Snape le regarda partir, prit son verre de vin et le sirota. Quand l'écho de la porte fermée se fut éteint, il lança :
- Je sais que vous êtes là-haut, monsieur Potter. Pourquoi diable jouez-vous à vous dissimuler dans votre propre maison ?
Il entendit Harry descendre l'escalier à spirale, éviter la septième marche et se diriger vers lui. Il était vêtu d'un pyjama bleu nuit et d'une robe noire. Snape se surprit à revoir en lui l'enfant mal vêtu de Poudlard. C'était perturbant de se remémorer le gamin maladroit et timide devant le calme et beau jeune homme qu'il était devenu. C'était encore plus déstabilisant de constater que le mot « beau » lui était naturellement venu à l'esprit.
- Je vous écoutais et je réfléchissais, dit Harry, les mains dans les poches et un petit sourire triste sur le visage.
- Quelqu'un a une bonne influence sur vous, plaisanta Snape. A quel sujet réfléchissiez-vous ?
- Je me disais que vous êtes d'agréable compagnie, répondit Harry en perdant son sourire. Tant que vous n'êtes pas en ma compagnie.
Plusieurs émotions contradictoires figèrent Snape.Il ne voulait se laisser dominer par aucune d'elles.
- Et je me demandais, continua Harry, la voix rauque, s'il y avait quelque chose que je puisse faire pour changer votre opinion sur moi. Mais après tout ce temps… je suppose que non. Bonne nuit, monsieur.
Dès que la porte se fut refermée derrière lui, Snape laissa échapper un juron et lança son verre de toutes ses forces dans la cheminée. L'alcool fit crépiter les flammes. Snape prit sa tête entre ses mains. Après un long moment, il dit doucement :
- Je ne vous déteste pas.
Des doigts menus l'effleurèrent, le faisant sursauter. Il releva vivement la tête. Dobby se tenait devant lui, un balai et une balayette à la main.
Snape retint l'insulte qui menaçait de franchir ses lèvres et demanda :
- Que fais-tu là ? Un balai et une balayette ? Depuis quand un elfe de maison en a-t-il besoin ?
- Pardon, monsieur. Dobby a entendu le bruit de verre brisé. Dobby est venu pour nettoyer, répondit l'elfe en montrant les éclats de verre sur le sol.
- Ah. Bien, fais ton travail, répliqua Snape en se laissant aller contre le dossier de sa chaise, les yeux fermés et les tempes douloureuses.
- Professeur Snape ne déteste pas Harry Potter ?
La question murmurée avec appréhension lui fit ouvrir les yeux.
- Tu es encore là ? grogna-t-il.
- Professeur Snape s'est toujours comporté comme s'il détestait Harry Potter.
- Je ne le déteste pas. Il ne serait pas en vie si c'était le cas.
- Dobby n'en doute pas, monsieur.
- Tu essaies de plaisanter ?
Snape se souvint que Dobby avait servi les Malefoy de nombreuses années avant que Harry ne le libère. Une raison supplémentaire pour Lucius de haïr Potter. Snape soupira.
- Vous veillez sur Harry Potter, continua l'elfe. Dobby fait la même chose.
- Merveilleux. Alors il vivra éternellement.
- Mais Professeur Snape rend Harry Potter malheureux, monsieur.
- C'est mon travail, elfe. Les professeurs sont censés rendre les élèves misérables.
Je n'arrive pas à croire que j'aborde ce sujet avec un elfe de maison. Je n'arrive pas à croire que j'aborde quelque sujet que ce soit avec un elfe de maison.
- Pas à Poudlard, monsieur. Ici. Harry Potter est triste parce qu'il croit que Professeur Snape le déteste. Harry Potter aime beaucoup Professeur Snape.
- Tu as abusé de la bièreaubeurre, elfe ?
Harry était un jeune homme poli, amical envers ses hôtes. Mais Snape soupçonnait depuis quelques temps que Harry passait en sa compagnie plus de temps que quiconque et beaucoup plus qu'il n'était nécessaire.
Au début, Snape en avait mis la cause sur le pis-aller : les autres étaient accaparés par leur formation d'aurors. Seuls lui et Harry demeuraient à la maison. Cependant il y avait aussi les soirs et les week-ends… Harry ne dérangeait pas, ne s'imposait pas, bien que parfois Snape s'amusait à le lui laisser croire. Il recherchait la compagnie de Snape. Celui-ci émettait à son encontre des remarques sarcastiques, Harry répondait sur le même ton et semblait s'amuser. Snape était contraint d'admettre qu'il s'amusait aussi.
Sauf qu'il n'a pas aimé votre dernière conversation, n'est-ce pas ? Ni la scène du moulin. La conscience de Snape le tarauda un peu. Harry méritait une bonne remontrance, là n'était pas la question. Mais Snape savait pertinemment que sa colère n'avait pas été provoquée par la stupidité du garçon ; uniquement par la peur que Harry ne soit blessé.
Snape n'aimait pas ça du tout.
Et tu n'as pas aimé non plus cette sensation qui ressemblait fichtrement à de la jalousie quand cette fille l' a embrassé. N'est-ce pas, pauvre vieux ?
- Harry Potter respecte Professeur Snape, poursuivit Dobby avec beaucoup de gravité. Harry Potter voudrait que Professeur Snape l'apprécie.
- Tu te reconvertis dans les conseils aux amoureux ? ironisa Snape avant de regretter instantanément ses paroles quand Dobby écarquilla les yeux.
- Oh ! Professeur Snape est amoureux de Harry Potter ! Oh !
- Arrête !
- Oh ! Harry Potter sera si content quand Dobby lui dira…
- Tu as perdu la tête ? jeta Snape sèchement. C'était une plaisanterie, nabot dégénéré !
- Professeur Snape n'aime pas Harry Potter ? demanda Dobby, la bouche tremblante.
- Au nom des Fondateurs ! … Je ne le déteste pas. Parfois il est curieusement supportable. Si tu veux voir à nouveau un lever de soleil, tu oublieras toute cette conversation, tu m'as bien compris ?
-Dobby comprend. Mais…
- Mais quoi ?
- Dobby pense que Professeur Snape devrait dire à Harry Potter qu'il ne le déteste pas. Dobby n'aime pas voir Harry Potter si triste. Dobby n'est qu'un elfe de maison, il pourrait dire quelque chose par accident, monsieur…
Il claqua des doigts : le balai et la balayette disparurent. Snape le fusillait du regard.
- C'est du chantage !
- Dobby veut seulement que Harry Potter soit heureux. Si Professeur Snape dit juste un peu qu'il ne déteste pas…
- Oui, oui, j'ai bien saisi le message. Parfait. Je le ferai, pour que la paix règne sur cette maison. Mais à ma manière et à mon moment. C'est clair ?
Dobby hocha la tête, claqua de nouveau des doigts et disparut.
Snape chercha son verre, se souvint qu'il l'avait brisé et grommela. Manipulé par un elfe de maison ! Poussé à dire ce qu'il s'était juré de ne jamais dire, pour des raisons qu'il préférait ne pas détailler.
Avec un bruit de bouchon de champagne, un verre de vin apparut à côté de lui.
Snape retint un rire. Comme consolation, il était manipulé par un elfe intelligent.
HPHPHPHP
Harry se tenait devant la fenêtre de sa chambre, rideaux ouverts sur le paysage nocturne. Loin sur la droite, il n'entrapercevait du moulin qu'une ombre sous la lune.
Pourquoi avait-il été perturbé en voyant Snape et Ken ? Il sentait l'anxiété croître en lui ces jours-ci, malgré les progrès accomplis par la maison. Tous ses hôtes s'entendaient étonnamment bien. Snape n'avait même pas proféré de menaces envers qui que ce soit. Alors d'où venait cette angoisse ?
Sa mémoire, insupportablement fidèle, lui montrait la main de Ken sur l'épaule de Snape, encore et encore.
Tu es jaloux.
C'était une pensée absurde mais son estomac contracté ne pouvait mentir.
Génial. Parfait. Je suis amoureux d'un type qui me méprise. Le Survivant a encore réussi un tour de force. Une nouvelle mission impossible, monsieur Potter ?
HPHPHPHP
Par la fenêtre, Harry regardait la nuit illuminée par la lune, se sentant engourdi et un peu frissonnant. Il était seul; il aimait bien dormir nu.
Une ombre bougea derrière lui. Deux mains se posèrent sur ses épaules et un visage s'appuya contre lui, déposant un baiser dans ses cheveux. Il voulut se retourner mais l'homme l'en empêcha. Son corps sortait de sa torpeur alors que l'odeur l'enveloppait et que la voix familière murmurait à son oreille :
- J'ai envie de toi.
A ces mots, Harry sentit un brasier s'allumer en lui, et bien plus encore au contact de la langue léchant le lobe de son oreille.
La respiration haletante, il toucha la peau de l'homme. Le corps nu de Snape se pressait durement contre le sien. Il sentait l'érection contre lui, ses mains glissant le long de son torse, torturant ses mamelons puis descendant pour saisir son sexe déjà tendu. Pourquoi Snape était-il ici ? Comment était-il entré ? Rapidement, sa stupéfaction se transforma en joie.
Harry gémit doucement et se laissa aller contre Snape qui le caressait comme il aimait. La bouche suçait et mordillait la peau sensible de son cou. Harry frissonna longuement. Il s'agrippait à Snape et sentait tous ses muscles onduler contre lui.
Snape lui enserra la taille et le maintint fermement contre lui tout en empoignant plus étroitement son sexe, effleurant le gland, serrant, relâchant, de longs et lents mouvements de va-et-vient sur toute sa longueur … Harry haletait, donnait des coups de reins incontrôlés, délirait sous le plaisir. C'était Snape, lui et personne d'autre, qui l'étreignait, l'embrassait, le léchait, Snape qui murmurait dans son oreille :
- Je veux te voir jouir.
Harry frémit de la tête aux pieds et atteignit l'orgasme dans un cri. Il sentit sa conscience le déserter un instant. Quand il revint à lui, les jambes tremblantes, deux bras puissants le soulevèrent jusqu'au fauteuil sous la fenêtre. Appuyé sur ses genoux, il sentit Snape le pénétrer, glisser en lui lentement… Très lentement…
Il gémit, la tête en arrière, tremblant. Snape le faisait sien, le possédait , créant des étincelles dans tout son corps pourtant déjà comblé. Harry entendit son cri incontrôlé en même temps que la respiration rauque de Snape à son oreille, et le mot :
- Repercutero.
La fenêtre devant lui se brouilla, devint un miroir où il se vit soumis à son conquérant : bouche entrouverte, yeux mi-clos, le corps moite et sans volonté sous l'assaut. Son membre s'érigeait de nouveau alors que l'homme allait et venait en lui avec une lenteur presque insupportable. Il découvrit le visage de Snape transformé par le plaisir. Il gémit encore, le corps bientôt tendu, proche de l'explosion.
- S'il te plaît, grogna-t-il, sentant qu'il mourrait s'il ne jouissait pas.
Alors Snape lui saisit le visage, le tourna vers lui et couvrit sa bouche d'un baiser profond précipitant Harry dans l'orgasme où les sensations électriques le submergèrent.
HPHPHPHP
Harry se réveilla étendu dans son lit, le corps tremblant et le visage inondé de larmes.
C'était un rêve. Un rêve incroyablement réel, comme ses draps et son ventre l'attestaient, mais seulement un rêve.
La déception l'envahit. Non parce qu'il n'avait pas réellement fait l'amour, mais parce qu'il n'était plus dans un monde où l'homme qu'il aimait répondait à ses sentiments.
Sexuellement rassasié, physiquement épuisé et profondément malheureux, Harry enfouit sa tête dans son oreiller et pleura.
HPHPHPHP
Snape se réveilla en sueur, le cœur battant à tout rompre, les preuves de son rêve visibles sur son corps. Grands dieux. Ce n'était pas la première fois qu'il rêvait du fléau de son existence, mais c'était de loin le plus réaliste.
Ce maudit elfe de maison en était la cause. Les insinuations de Dobby avaient fait surgir ses désirs refoulés.
Il avait fait un rêve érotique. Avoir quarante balais et des rêves érotiques sur le fils de James Potter ! Qui plus est, des rêves détaillés, précis, absolument fabuleux.
Mettant en scène le fils de James Potter…
Un léger bruit se fit entendre, annonçant le transplanage d'un elfe de maison.
- Vous voulez votre petit déjeuner, Professeur Snape ?
La voix insupportablement joyeuse de Dobby lui vrilla les tympans. L'odeur du thé, du bacon et des scones juste sortis du four flotta dans l'air.
- Une petite chose d'abord, soupira Snape
- Oui monsieur ?
- Si tu avais l'amabilité de mettre fin à mes jours…
HPHPHPHP
Harry entra dans le moulin sans un regard, sans une salutation pour Snape, qui ne lui prêta pas davantage attention. Ils travaillèrent comme d'ordinaire. Progressivement Harry recouvrit son calme.
- Il faut sécher cet ingrédient, lui indiqua Snape.
Harry eut une hésitation, due au ton inhabituellement patient de Snape. Celui-ci lui jeta un coup d'œil puis se pencha pour le considérer plus attentivement.
- Etes-vous… ?
Il toucha l'épaule du jeune homme et le fit pivoter avec douceur. Harry sentit sa gorge se contracter devant cette gentillesse inattendue. Il en rougit.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien, répondit Harry en secouant la tête, avant de réaliser que c'était une réponse stupide, même à ses yeux. Des cauchemars, précisa-t-il.
Il s'agissait toujours d'un mensonge mais au moins il éviterait les questions. Snape connaissait le sujet. Tous les deux avaient évoqué leurs cauchemars lors des mois qui avaient précédé la fin de Voldemort, en des termes hésitants et retenus. Il serait faux de dire qu'ils avaient raconté leurs cauchemars. Chacun avait cependant admis en faire régulièrement. Et ils avaient trouvé une sorte de réconfort en sachant que cette souffrance était partagée.
- Je vois, répliqua doucement Snape.
Le ton songeur étonna Harry mais ne poursuivit pas la conversation. Ils travaillèrent efficacement, malgré le silence un peu tendu. Finalement, Snape prit la parole.
- Je souhaiterais vous dire quelque chose, monsieur Potter. Harry, veux-je dire.
Surpris, Harry cessa de nettoyer la table de travail. Il se tourna vers Snape qui poursuivait sa tâche sans le regarder.
- Vous commettez une erreur.
- Ce n'est pas nouveau, répliqua Harry sans pouvoir s'empêcher de sourire.
- Je fais allusion à une erreur particulière, continua Snape en fermant brièvement les yeux. Je ne vous déteste pas.
Harry se figea.
- Ah non ?
- Non.
- Mais…, bafouilla Harry, s'imprégnant lentement de ces mots. Mais vous me méprisez.
Snape secoua négativement la tête. Harry sentit son cœur subitement allégé d'un grand poids. Il eut un large sourire.
- Que cela ne vous monte pas à la tête, rétorqua Snape, visiblement amusé. Contrairement à l'opinion générale, je déteste fort peu de monde.
- Vous détestiez mon père, observa gravement Harry, dégrisé.
- A raison.
- Je sais.
Snape sembla accuser le coup de cette admission et baissa les yeux qui fusillaient Harry.
- Vous êtes différent de votre père.
- Je n'aurais jamais cru dire ça, sourit tristement Harry, mais merci de cette bonne parole, monsieur.
- Pour l'amour de Merlin, Harry, vous pouvez utiliser mon prénom !
Harry éclata de rire, transporté de surprise et de joie.
- C'est l'incitation la moins incitative que je n'ai jamais entendue, monsieur ! Severus, je veux dire.
Il ne se sentait pas très à l'aise en prononçant ce prénom. Snape le regarda du coin de l'œil, le faisant rougir, encore.
- Je vais devoir m'entraîner un peu, ajouta-t-il, incapable de soutenir davantage le regard du professeur.
Severus. Severus. Severus.
- Pourquoi souriez-vous comme ça ?
- Pour rien, monsieur. Severus.
Les jours suivants furent consacrés au travail. La routine fut interrompue par le vol d'un hibou à l'intérieur du moulin par une après-midi pluvieuse. L'animal poussa un cri perçant tout en tournoyant au-dessus de Harry et de Snape. Il laissa tomber une lettre dans les mains du professeur et partit à tire d'ailes, sans attendre de paiement. Harry se mordilla nerveusement la lèvre, inquiet de cette bizarrerie, pendant que Snape ouvrait le parchemin et le lisait.
Le visage de l'homme s'assombrit. Ses yeux se rétrécirent et sa main s'abattit sur la table accompagnée d'un juron sonore. Harry vit le chaudron vaciller sur son socle. La potion déborda et les aspergea tous les deux au moment où Harry saisissait Snape pour le tirer en arrière.
Harry ne resta pas inactif. Il saisit la chemise de Snape d'où s'élevait déjà de la fumée, la déchira prestement, manquant de peu de le frapper dans la manœuvre. Il jeta la chemise au sol où elle continua de se consumer.
Snape jura et lança avec exaspération :
- Retexero. Accio numéro six !
Le pull de Harry s'évapora littéralement tandis qu'un flacon volait à travers la pièce pour atterrir dans la paume de Snape.
- Ne bougez pas.
Harry obtempéra, la respiration précipitée. Il ne quittait pas des yeux les traces de brûlure le long du bras et du torse de Snape. Il prit finalement conscience que son bras le brûlait aussi. La potion l'avait atteint. C'était douloureux. Très douloureux.
Snape plongea les doigts dans le flacon et badigeonna les brûlures qui marquaient la peau du jeune homme tout en grommelant :
- Vous devez toujours employer la méthode forte, n'est-ce pas ?
Harry exhala sa respiration quand la douleur disparut. Il arracha alors la potion à Snape, surpris, le fit pivoter et appliqua la crème réparatrice sur le brûlure de son bras droit.
Concentre-toi, s'adjura-t-il, toujours un peu tremblant sous la montée d'adrénaline et à moitié hypnotisé par la vision de ses doigts sur la peau blanche de Snape.
Ne pense pas à ce que tu ressens. Ne…
- Monsieur Potter…
- Levez un peu le bras, l'interrompit Harry en appliquant à présent la crème sur une brûlure le long du torse.
Il sourit intérieurement en entendant le petit bruit de gorge de Snape quand il le toucha. Il vérifia qu'il avait soigné toutes les brûlures et se força à reculer. Seulement à ce moment là, il s'autorisa à songer qu'il venait de toucher Snape alors que celui-ci était torse nu…
Il reposa le flacon, les mains démangées par l'envie de toucher encore, et regarda la chemise de Snape se désagrégeant sur le sol. Son pull gisait à côté et libérait des volutes de fumée. Snape le regardait fixement.
- Au nom des anciens alchimistes, qu'avez-vous fait ?!
- Je tâchais de vous éviter d'être rongé par une potion corrosive, monsieur !
Il indiqua l'endroit où se tenait Snape avant que le chaudron ne se renverse. Son tabouret de bois était déformé et fumant.
Snape le prit par le poignet et l'attira à lui, examinant son bras brûlant.
Ils étaient si proches… Harry s'appliqua à respirer calmement et de retenir son autre main mourant d'envie de se poser sur la peau, nue et pâle, à quelques centimètres… Il frissonna.
- Quel acte stupide, inconscient et mélodramatique, marmonna Snape en reposant le bras de Harry. Accio capes de sorciers.
Leurs capes flottèrent jusqu'à eux. Alors que la sienne se posait sur ses épaules, Harry se retint de dire qu'il n'avait pas frissonné à cause du froid.
- Je suis parfaitement capable de m'occuper de moi, asséna Snape.
Il referma sa cape, se soustrayant au regard de Harry. La barbe.
- Tout le plaisir est pour moi, répliqua Harry, se retenant noblement de faire remarquer que, cette fois, Snape était seul responsable de l'accident. J'espère que le contenu de cette lettre, quel qu'il soit, valait la peine de perdre quelques centimètres carré de peau !
Le visage de Snape se contracta si abruptement que Harry recula. L'homme se détourna et marcha jusqu'à la table de travail où il avait laissé tomber le parchemin.
- C'est un message de Dumbledore, annonça-t-il tandis que Harry se rapprochait. Apparemment, Drago a disparu.
- Comment ? Il a été kidnappé ? demanda Harry en se rapprochant davantage.
- D'après le directeur, il est parti de son plein gré.
Harry sentit son estomac se contracter. Snape frémissait légèrement. Il semblait subitement vieilli. Harry posa la main sur son bras, attentif à éviter les marques de brûlure.
- Je suis désolé.
Snape le regarda, son expression tendue et étonnée. Fragile. Le cœur de Harry se serra. Snape avait fait tellement pour Drago, il avait risqué sa vie pour le sauver. Et Drago lui jetait son acte avec mépris au visage. Quel sale petit con. Je le tuerais avec plaisir.
- Je suis vraiment désolé, répéta Harry, pressant un peu plus le bras, voulant faire davantage pour lui manifester sa sympathie.
Snape eut un demi-sourire. Sa main libre se posa gentiment sur le visage de Harry et ramena une boucle rebelle derrière son oreille.
- Harry…
Harry trembla. Il réalisait qua sa présence était un réconfort pour Snape. Il avait l'impression que sa peau le brûlait là où Snape le touchait, le regardait. Les yeux noirs posés sur lui reflétèrent soudain une autre émotion. Comme si l'homme prenait conscience de ce qui s'offrait à lui. Harry retint son souffle.
L'homme serra le poing et s'éloigna rapidement, passant près de Harry sans un regard. Il stoppa près de la fenêtre et indiqua le sol maculé de potion fumante.
- Il faut nettoyer ça avant que le plancher ne soit transpercé.
Sa voix était un peu éraillée. Harry poussa un soupir, malheureux de ne pouvoir faire plus, malheureux que Snape l'empêche de faire plus. Il se débattit avec sa cape qui l'entravait et demanda après une profonde inspiration :
- Que dois-je utiliser ?
Snape lui répondit et quitta les lieux.
(à suivre)
