En fait, non, ce n'est pas la fin ! Aucta Sinistra a écrit un épilogue, nommé "Without ceremony" que je traduirai à la suite...

Mais "Beech Hall" en tant que telle s'arrête là. J'espère que cette fic vous a plu. Merci à tous pour vos encouragements ! Ca m'a beaucoup aidée !

Merci à Aucta Sinistra pour m'avoir autorisée à la traduire et merci à ma correctrice Zazaone pour son travail fabuleux !


Chapitre 7

Le dossier de la chaise camouflait tout sauf les jambes tendues devant la cheminée et une main blanche sur l'accoudoir. Un verre plein et une carafe presque vide se remarquaient sur la table. Harry avança silencieusement, fixant la main.

- Est-ce que ça va ?

L'homme n'eut pas un mouvement. Il l'avait donc entendu entrer.

- Non.

- Vous avez bu.

- Pas encore assez, monsieur Potter.

- Alors nous en sommes revenus là, soupira Harry.

- De toute évidence.

Harry fit le tour de la chaise. Snape continua de fixer le feu. Son visage émergeait à peine des ténèbres.

- Ai-je fait quelque chose de mal ? interrogea Harry.

Il attendit la réponse, s'obligeant à ne pas serrer les poings durant le long et lourd silence. Enfin, comme s'il venait juste de comprendre, Snape répondit :

- Non. Enfin si. Si on veut.

- Si je vous donnais une telle réponse, vous me forceriez à la reformuler, répliqua Harry en se contraignant à sourire.

- Mais vous n'êtes pas moi, répondit Snape prudemment, sous l'influence de l'alcool. Et c'est là sans doute la plus exacte vérité.

- Je ne comprends pas, soupira Harry en s'asseyant aux pieds de Snape. Etes-vous en colère contre moi ? Tout le monde est content, soulagé, et vous, vous vous saoulez tout seul dans le noir. Pourquoi ? Et ne me dites pas que ce ne sont pas mes affaires, je le sais parfaitement. Mais si ça a un rapport avec moi, si je vous ai offensé, laissez-moi une chance de me rattraper.

- Je n'aurais jamais dû venir dans cette maison.

- Pourquoi ? demanda Harry, la gorge serrée.

La main de Snape se contracta brièvement sur l'accoudoir.

- Comment pouvez-vous le demander, sachant qui m'a suivi jusqu'ici ?

- Vous ne pouviez pas le prévoir. Même Dumbledore pensait que vous seriez en sécurité ici.

- Même si vous aviez su, observa Snape en se penchant vers lui, vous m'auriez quand même offert l'hospitalité, n'est-ce pas ?

Le ton était véritablement inquisiteur, une mise en accusation. Harry cligna des yeux, surpris.

- Evidemment. Vous auriez fait de même pour moi.

- Pourtant je vous déteste…

- Vous avez dit que vous ne me détestiez pas, riposta Harry, blessé.

- J'ai dit ça ?

- Dans le moulin.

- J'avais oublié.

Snape porta le verre à ses lèvres, lentement, comme s'il attendait une critique. Il le reposa, sans avoir bu.

- Si j'avais su… Si j'avais imaginé que ma présence ici vous mettrait en danger, ainsi que vos amis…

- Vous ne saviez pas.

- Je n'ai jamais voulu ce qui s'est passé.

- Je sais, dit Harry, lui touchant timidement la main. Tout ce qui m'importe, c'est que vous n'ayez pas été blessé.

Snape le saisit, l'attirant contre lui. Surpris, Harry se retrouva à genoux et leurs visages se frôlèrent. La voix de Snape, basse, vibra de colère alors que ses yeux le dévoraient :

- Ne vous interposez jamais entre moi et un danger quel qu'il soit.

- Je ne promettrai jamais une chose pareille !

- Pourquoi ? Espèce de stupide, d'inconscient…

Aucun des scénarios de Harry n'avait envisagé qu'une conversation aussi amère conduise à leur premier baiser. Il aurait pu le deviner. Après tout, à part l'enguirlander, Snape ne faisait pas grand-chose d'autre…

Dans tous les cas, c'était un moyen efficace de le réduire au silence. Harry ne ressentait plus que la proximité de Snape, sa colère, son inquiétude… Poussés par cette tension entre eux, leurs lèvres se rejoignirent, provoquant comme une secousse électrique que Harry ressentit au plus profond de lui-même.

Harry immisça sa langue entre les lèvres de Snape, l'incitant à s'ouvrir, chatouillant, goûtant enfin sa saveur intime. Snape agrippa ses cheveux, le pressant contre lui. Il eut un gémissement rauque en s'abreuvant à lui et laissa retomber sa main pour serrer Harry tout contre lui. Le garçon se colla davantage contre sa poitrine, ondulant contre sa cuisse.

Brusquement Snape recula, les yeux emplis de feu. Ils se regardèrent. Les doigts de Harry s'accrochaient à sa robe, la main du professeur agrippait toujours les cheveux ébouriffés. Harry soupira de désappointement et glissa son visage contre le cou de Snape, léchant le creux délicieusement offert. Snape s'écarta encore. Un peu de raison revint sur son visage transfiguré par le désir.

- Harry… Tu sais ce que tu fais ?

Harry lui répondit par un baiser entreprenant. Il glissa ses mains sur la robe, caressant le torse à travers les étoffes et sourit en sentant Snape tressaillir.

- J'ai tellement envie de vous, murmura Harry, entre deux baisers humides à la nuque offerte.

Snape le serra dans ses bras et se leva. En un clin d'œil, ils se retrouvèrent dans sa chambre. Harry regarda autour de lui et sourit.

- Vous êtes doué.

- Attends un peu…, chuchota Snape avec un sourire en coin.

Les bougies s'allumèrent soudain, les entourant d'un cercle lumineux.

Snape le relâcha et murmura :

- Exuero.

Le sort glissa sur Harry et ses vêtements s'évaporèrent, le livrant nu au sombre regard magnétique.

- Tu as froid ? le taquina Snape en relevant son menton du bout de l'index.

Harry, frissonnant, secoua vivement la tête et l'embrassa fiévreusement. Celui-ci se laissa faire un instant durant lequel Harry se surprit à rêver aux lèvres si douces de cet homme si dur avant de s'écarter. Délicatement, il ôta les lunettes de Harry, plaça une main sur son torse et le poussa. Harry heurta le bord du lit et tomba sur le duvet soyeux.

- Du velours ? s'étonna-t-il en caressant le tissu.

Les yeux noirs de Snape parcoururent son corps et sa voix était dénuée de tout sarcasme pour déclarer :

- Tu es magnifique.

Harry ferma les yeux sous l'émotion. Quand il les rouvrit, le petit sourire de Snape était de retour.

En quelques mouvements précis, Snape ôta sa robe. Lui d'ordinaire si méticuleux, il la laissa simplement glisser au sol. Puis il défit le cran de sa ceinture sous les yeux attentifs du jeune homme. Le pantalon et les sous-vêtements descendirent. Harry cessa presque de respirer.

Tandis qu'il s'asseyait sans quitter des yeux le corps pâle et élancé, il voyait la flamme de la bougie se refléter dans ses yeux, son torse se soulever au rythme de sa respiration, son membre déjà tendu frémir…

Harry déglutit, se penchant vers lui. Snape baissa les yeux pour le regarder. Harry posa ses mains sur les cuisses de l'homme et le prit dans sa bouche, lui arrachant un soupir. Il l'entoura de sa langue, caressant son membre dur, souriant intérieurement de sentir ses hanches bouger incontrôlablement. Harry agrippa ses fesses et l'attira plus près encore.

- Non, grogna Snape.

Il lui saisit les poignets et le remit debout. Harry se nicha contre lui, soupirant au contact de leur peau, passant ses doigts dans les cheveux de son ancien professeur.

- J'avais envie de faire ça depuis tellement longtemps…

Snape le regardait, empourpré et les yeux ivres.

- J'aurais dû savoir que tu serais insatiable.

Il s'ouvrit à la langue exigeante de Harry, le savourant un long moment avant de le repousser encore une fois sur le lit. Harry protesta d'un geste vague mais le sourire de Snape lui arracha un frisson. Ce dernier secoua la tête.

- Je te veux et je t'aurai. A ma manière.

La gorge de Harry se contracta ainsi qu'une autre partie de son corps. Mon Dieu. Il exhala un faible :

- S'il te plaît…

Snape s'allongea sur lui et sa bouche découvrit chaque parcelle de son corps. Harry ferma les yeux. L'exploration n'était pas douce. Sans être brutal, Snape restait toujours à la limite de la morsure et de la douleur. Harry s'agita, gémit, s'accrocha aux épaules, aux bras, et faillit retomber hors du lit lorsque Snape atteignit l'aine et l'engloutit.

- Severus !

Harry se cambra dans la bouche brûlante. Snape le maintint fermement sur le lit. Après un temps de plaisir indéterminé, Harry se libéra dans sa bouche. Il s'écroula comme un pantin désarticulé, respirant bruyamment, attendant de redescendre du septième ciel…

Bien entendu, Snape n'eut pas la patience nécessaire.

Harry se sentit soulever et rencontra le regard de son amant. Celui-ci l'étreignit férocement et le dévora de baisers ardents qui l'étourdirent. Il se pressa étroitement contre lui, frottant son érection sur ou contre son ventre moite. Il descendit une main le long du dos, caressa les fesses, glissa au milieu, touchant, titillant…

Harry frémit et enfonça ses ongles dans les épaules de Snape, respirant leurs odeurs mêlées jusqu'au vertige. Snape murmura un sortilège et ses doigts lubrifiés glissèrent en lui.

- J'ai envie de toi, gémit Harry contre ses lèvres, maintenant !

Snape émit un son de gorge, entre le grognement et le sanglot, retourna Harry sur le ventre et le déposa au creux du lit. Il embrassa son cou, mordit son épaule, ranimant le brasier dans son corps. Il agrippa ses hanches pour l'attirer vers lui. Leurs cris se mêlèrent quand Snape glissa en lui d'un mouvement déterminé.

- Harry…

Snape commença à bouger en lui, à plonger durement, et chaque mouvement envoyait des étincelles dans le corps tremblant de Harry. Il glissa une main jusqu'au membre qui se dressait de nouveau. Harry gémit : jouissance et douleur se confondaient.

Snape s'étendit sur lui, chuchota son nom, le posséda profondément et violemment, encore et encore.

- Oh… Dieux…

Harry ondulait entre le duvet et son amant. Il ne pouvait plus se retenir. Il sentait le souffle de Snape sur sa nuque. Quand l'homme gémit et lui mordit l'épaule, Harry atteignit l'extase, tremblant de plaisir au contact de l'homme qui lui abandonnait son essence.

Snape resta un moment sur lui, immobile. Son poids était étrangement réconfortant. Puis il s'écarta alors que Harry restait incapable de penser, encore moins de bouger. Un sort de Nettoyage murmuré à bout de souffle vibra contre sa peau. Il demeurait sans forces sur le lit, encore tremblant. Une main brûlante se posa au creux de ses reins.

- Harry ?

Il ne pouvait ni ne voulait bouger. Pourquoi le devrait-il ? Il était parfaitement bien ainsi. En outre, ses muscles semblaient avoir pris la poudre d'escampette.

- Harry ? répéta Snape, plus pressant.

Entendant le ton inquiet, Harry fit l'effort de se tourner sur le côté. Dans un long soupir rauque, il vint se blottir contre le torse de Snape qui tressaillit.

- Tu vas bien ? demanda-t-il.

- Non. Je vais beaucoup mieux que ça.

Harry déposa un baiser, chercha à tâtons l'un des mamelons qu'il agaça. Snape bondit.

- Potter…

Harry l'embrassa de nouveau et se lova encore plus près avec un soupir de satisfaction.

- Tu…, commença-t-il mais les mots l'abandonnèrent.

- Quoi ? demanda Snape, la voix exquisement rauque.

- Tu es incroyable.

Harry sentit le rire silencieux qui secouait l'homme. Celui-ci attrapa le duvet qui avait glissé et les en recouvrit tous deux.

- Tu restes cette nuit, évidemment ? s'enquit Snape d'un ton léger.

Harry leva la tête avec effort. Snape le regardait dans la lueur des bougies, ni chaleureux ni sévère ; simplement serein.

- Seulement si ça ne t'ennuie pas, se hasarda-t-il.

Snape poussa un profond soupir, acte si théâtral que Harry en sourit, et fit mine de produire un immense effort pour s'installer confortablement malgré tout. Harry remarqua qu'il mettait grand soin à ne pas le déloger, alors il reprit possession de son torse. Un bras vint l'entourer avec une réticence feinte.

- J'imagine que tu vas t'approprier toutes les couvertures, marmonna le professeur.

- Si c'est le cas, tu peux te servir de mon corps pour te tenir chaud.

- Dors, Potter, conclut Snape d'une voix déjà ensommeillée.

Harry sourit. Moi aussi je t'aime.

HPHPHPHP

Snape se réveilla avec un abominable mal de tête. Il identifia des cris lointains, une tête reposant lourdement sur son ventre, une gueule de bois pas piquée des vers, et…

- Monsieur ! Monsieur ! Harry a disparu !

- Ron, non ! intervint frénétiquement la voix de Hermione

Snape grogna, levant un bras pour protéger ses yeux de la lumière agressive. Ron jura d'une voix aiguë après avoir ouvert brutalement la porte :

- Putain.

Harry leva la tête et cilla devant les deux silhouettes sur le pas de la porte.

- Bon sang, Ron, se plaignit-il d'une voix mal réveillée, tu n'as pas appris à frapper ?

- Dehors, Weasley, renchérit Snape. Ou je vous transforme en nain de jardin.

Hermione l'entraîna, ferma la porte et leurs exclamations baissèrent d'intensité.

Harry posa un baiser sur le ventre de Snape qui ôta son bras pour regarder son visage souriant.

- Un mal de crâne ? demanda Harry.

- Merci, le mien me suffit.

- Tu as sûrement…

- Accio flacon n°42 !

-… les trucs qu'il faut. Ah.

Une petite bouteille atterrit dans la main de Snape. Il en ôta le couvercle et but la moitié du contenu avant de jeter un coup d'œil à Harry.

- Tu en as besoin ?

Harry secoua la tête contre sa poitrine, faisant tressaillir l'homme.

- Arrête, ça chatouille.

- Non merci, articula Harry, souriant. J'avais l'esprit clair, moi.

Snape vida la bouteille et la posa sur la table de chevet.

- Je crois que notre secret est éventé, observa Harry, lui caressant le torse.

- En effet. Connaissant la discrétion de monsieur Weasley, je m'attends à un article dans la Gazette du Sorcier de demain.

- Pourquoi pas une édition spéciale ? Le garçon qui a survécu et l'ancien Mangemort pris en flagrant délit de…

Il s'arrêta, réalisant qu'il ne savait pas comment achever sa phrase.

- La nuit dernière…, s'aventura-t-il tandis que Snape attendait. Qu'est-ce qui t'a poussé à boire ?

- La peur.

- Ridicule ! Tu n'as peur de rien, j'en suis témoin. Ou alors je ne connais plus la définition de ce mot.

- Il y a plusieurs sortes de peur, objecta tranquillement Snape, se demandant intérieurement laquelle l'avait conduit à rechercher l'oubli dans l'alcool.

- D'accord. Mais tu avais peur de quoi ? Que je tienne à toi au point de vouloir te protéger ? Ou que tu tiennes à moi au point que ça te perturbe ?

Snape le considéra avec surprise, arrachant un soupir à Harry.

- Je ne suis pas complètement stupide, tu sais. J'ai réfléchi à tes paroles.

- Quand ?

Quand avait-il eu le temps de réfléchir, entre leur premier baiser désespéré et maintenant ?

- Tu oublies que j'étais sobre, riposta Harry devinant ses pensées. Je t'ai regardé dormir. J'ai réfléchi.

- Que Dieu nous garde.

- Vas-y, plaisante, marmonna Harry. Tu sais ce que je ressens pour toi. Mais moi j'ignore si c'est une erreur due à l'alcool, l'euphorie d'avoir échappé aux Mangemorts, ou encore autre chose. Je ne sais pas ce que ça signifiait. Ce que ça signifie. Pour toi.

Il rougit sur ces derniers mots.

- Tu te trompes, je ne sais pas ce que tu ressens, objecta Snape. Excepté au sens physique du terme, ce qui était étonnamment plaisant, je l'admets.

- Tu envoies de curieux compliments.

- Et je n'envoie jamais de roses, ajouta-t-il âprement.

- Je ne demande que la vérité. Je veux seulement savoir ce que tu ressens, si tu ressens quelque chose. Si tu veux plus que ce que nous avons déjà fait, précisa-t-il en indiquant le lit ravagé. Je suis prêt à entendre une réponse franche.

Snape rencontra son regard et demanda tranquillement :

- Même si je te dis que j'étais trop ivre pour savoir ce que je faisais et que je regrette ce qui est arrivé ?

Le sang se retira du visage de Harry mis il ne cilla pas. Il avala lentement sa salive.

- Très bien, murmura-t-il. Merci de ta franchise.

Il commença à se redresser. Snape lui saisit le poignet. Il détourna les yeux et l'homme le sentit trembler.

- Je te croyais prêt à tout entendre.

- Peut-être pas autant que je ne le pensais, admit Harry, les yeux trop brillants. Désolé.

Il se leva. Snape le rattrapa et l'étreignit ardemment.

- Stupide Gryffondor au cœur trop tendre, grogna-t-il, sentant Harry frémir dans ses bras avant de se détendre.

- Odieux Serpentard manipulateur ! répliqua Harry en déposant un baiser dans son cou. Alors tu ne pensais pas ce que tu as dit ?

- Je crois l'avoir formulé sous forme de question.

- Envisages-tu de me dire la vérité un de ces quatre ?

- Ce n'est pas le problème.

Harry leva les yeux au ciel, remua les hanches au-dessus de Snape et sourit en le sentant tressaillir.

- Dégénéré ! siffla le professeur en lui saisissant les cuisses.

- Ecoute, je ne demande ni fleurs ni poèmes ni déclaration d'amour éternel. Je veux juste une allusion, un panneau indicateur.

- Déviation ? Travaux en cours ? Voie sans issue ?

Harry le regarda sérieusement, si vulnérable que le cœur de Snape se serra.

- Je veux seulement être préparé, murmura le jeune homme.

Snape cilla, ému que Harry lui offre ainsi son cœur en s'attendant malgré tout à souffrir. Il lui caressa le dos.

- Harry. Tu ne peux pas être préparé à ce qui va suivre. Je ne sais pas ce que tu ressens. Je ne sais pas ce que je ressens. Je n'ai aucun don pour prédire l'avenir. Ce n'est pas dans mes habitudes de coucher avec mes anciens élèves. Ni avec personne, au demeurant.

Il repoussa une mèche hors des yeux de Harry. Celui-ci, résigné, demanda avec une pointe d'amusement :

- Est-ce que « je ne te déteste pas » est ta façon de dire que tu as des sentiments pour moi ?

- Je suis comme je suis. Si j'étais éperdument, irrésistiblement amoureux de toi… et je ne dis nullement que c'est le cas…, je serais la dernière personne à en avoir conscience. Et si j'en avais conscience, la dernière personne à l'avouer.

- C'est comme ça que je t'aime, répliqua Harry en souriant.

Un léger bruit annonça l'apparition d'un elfe de maison.

Harry et Snape se tournèrent vers Dobby. L'elfe salua simplement et les regarda comme s'il voyait quotidiennement un professeur et son ancien élève nus dans les bras l'un de l'autre.

- Professeur Dumbledore souhaite parler à Professeur Snape dans la cheminée en bas.

Snape jeta un coup d'œil à Harry, qui le lui retourna, interrogateur. Il se dressa sur ses coudes, une tâche malaisée avec un jeune homme suspendu à son cou.

- As-tu l'intention de me lâcher dans un futur proche ? Ou crois-tu que je vais te transporter comme un sac pour le restant de mes jours ?

Harry l'entoura de ses bras, ondulant ses hanches, sentant la température monter, sentant le cœur de Snape s'accélérer alors qu'il couvrait sa peau de baisers.

- Dehors Dobby ! eut le temps de jeter Snape avant d'avoir la bouche accaparée.

Dobby disparut pour prévenir Dumbledore que sa requête était irréalisable dans l'immédiat.

HPHPHPHP

Deux heures plus tard, un jeune homme fraîchement douché et un Maître des Potions austère descendirent l'escalier aussi tranquillement que s'ils avaient passé la nuit à étudier de vieux sorts de chasteté. Dans la bibliothèque, Harry s'assit dans un fauteuil près de Snape alors que celui-ci contactait le directeur par la cheminée.

- Severus ! lança celui-ci dès que son visage apparut. Je vois que vous vous êtes remis de l'excitation d'hier soir.

Snape entendit le bruit étouffé que fit Harry mais resta impavide en répondant :

- Absolument, monsieur le directeur. Lucius, Drago et les autres sont entre les mains des autorités, à présent.

- C'est ce que j'ai appris. Harry et ses amis vont-ils bien ?

- Ils se portent à merveille, répondit Snape prudemment.

- Excellent. Vous m'en voyez ravi. Je vous félicite, Severus, d'ailleurs.

- Merci.

- Un Ordre de Merlin pour Harry et pour vous, de deuxième classe… parce que Fudge ne peut accorder deux fois la première classe, d'après le règlement.

Dumbledore s'éclaircit la gorge avec emphase avant de poursuivre :

- A présent que les Mangemorts ne sont plus une menace, vous pouvez regagner vos foyers pour profiter de vos vacances. Je suis sûr que les cachots vous manquent. Et je sais à quel point ce fut pénible d'être en compagnie de Harry et de ses exubérants amis…

Harry, les yeux fixés sur Snape, le vit se détourner légèrement. Il s'efforça à garder le silence, ne voulant pas influencer sa réponse ; si seulement il en avait le pouvoir !. Mais il se surprit à supplier intérieurement : Ne pars pas, ne pars pas…

Snape le regarda, impassible, et Harry comprit qu'il lisait sa prière dans ses yeux. Il se retourna vers Dumbledore :

- Je pense demeurer ici quelques temps encore, monsieur le directeur. Apparemment j'y ai encore des travaux en cours…

Harry était trop occupé à bondir de joie pour s'étonner du large sourire que déploya Dumbledore.

- Comme vous voulez, mon garçon, comme vous voulez. Saluez Harry de ma part.

Snape émit un son de gorge. A l'instant où la cheminée s'éteignit, Harry se jeta à son cou et enfouit son visage dans son épaule.

- Harry…, dit Snape en tentant de se dégager doucement du garçon qui couvrait son visage de baisers. Arrête ça, Potter ! Tu ne vas pas prendre cette habitude déplorable, au moins ?

Harry s'écarta sous son regard furibond.

- Tu restes ! lança-t-il essoufflé.

- De toute évidence. Pour l'instant, ajouta Snape avec un léger sourire.

- Merci, ajouta Harry, subitement calmé.

- De quoi ?

- Je sais que ça aurait été plus simple pour toi de partir d'ici et d'oublier ce qui est arrivé.

- Peut-être pas si simple après tout, admit Snape.

- Oh. De ta part, c'est une véritable déclaration !

Snape leva les yeux au ciel tout en prenant Harry dans ses bras.

- Tu es un incorrigible romantique. Quand cette histoire grotesque connaîtra une fin tragique et douloureuse, comme j'en suis certain, tu regretteras de m'avoir rencontré. Si toutefois je te laisse vivre.

Harry lui adressa un large sourire.

- Moi aussi je t'aime.

FIN


A bientôt pour le sequel !