Katsuki-phobia

Disclaimer: Remercions Yamamoto et Kubo pour cette perle

Genre: Un peu d'angoisse de la part de JJ, de l'humour et de la mesquinerie

Raiting: K

Personnages/Couple: Jean Jacques Leroy et Yuuri Katsuki, Yuri Plisteski et Viktor en fond. Et du Viktuuri sous entendu, sinon c'est pas drôle.

Résumé: Le King JJ ne craint rien, ni personne... Du moins jusqu'à ce qu'il fasse la rencontre de Yuuri Katsuki à la coupe de Russie et fasse l'erreur de l'insulter. A partir de là, le Japonais devint son pire cauchemar.

Note: Ce petit drabble m'a été inspiré de l'image que JJ a de Yuuri dans l'épisode 11 au moment où il tombe d'un glacier. Sisi, vous savez, celui où il lui lance un regard en mode Eros, mais le mauvais Eros XD Je dois dire que malgré tout ce qu'on en dit, j'aime bien le personnage de JJ, il me fait rire, surtout pour le torturer X)

Bref, bonne lecture ~


Jean Jacques Leroy le revoyait très bien sans même avoir besoin de faire d'effort, tant il était resté gravé dans sa mémoire.

Ce jeune Asiatique qui avait, paraît-il, décidé de faire son retour dans la compétition de patinage artistique n'avait pas attiré son attention au départ. Il était au courant surtout parce que le légendaire Viktor Nikiforov avait décidé de le prendre sous son aile pour devenir son coach et le hisser au sommet. D'ailleurs, il ne l'avait jamais vu en vrai jusqu'à la compétition de Russie, et même à ce moment, il ne l'avait repéré qu'à cause de Viktor qui l'accompagnait et obnubilait toute l'intention du public. Lui et le petit Yuri Plisteski qu'il adorait taquiner bien sûr.

Yuuri Katsuki, qui s'était présenté devant lui dans sa tenue de programme court, moitié noire, moitié transparente, parée de cristaux et d'une demi-jupe qui laissait deviner un côté androgyne. Son visage dégagé de lunette et de ses habituels cheveux ébène qui tombaient en frange sur son visage. Là ils étaient tirés en arrière, à la manière d'un playboy. Et malgré cette apparence assez charmante, il gardait cet air un peu niais, voire candide. Son programme avait été sensuel, évidemment, mais dès lors qu'il sortait de la glace, il reprenait des airs plus innocents.

Honnêtement, il avait à peine vu son programme, concentré sur sa propre performance.

Sa performance qu'il avait réalisée avec brillo par ailleurs, lui assurant la première place facilement, bien devant les autres. Après cela, il avait décidé de prendre un moment avant de rentrer, peut-être pour s'amuser un peu avec le chaton russe. Cependant, ce dernier fut introuvable jusqu'à ce qu'il le vît en compagnie de son coach, sa chorégraphe et, chose étonnante, Yuuri et Viktor. Ils semblaient parler de chose sérieuse, aussi décida-t-il d'abandonner l'idée. Plutôt, il se changea et sortit après un petit moment.

C'est là qu'il trouva Katsuki seul dans le couloir, visiblement l'air préoccupé, au point qu'il ne s'était pas changé. Ce garçon était connu pour être angoissé et avoir peu confiance en lui, mais ici, cela se voyait de manière flagrante. JJ n'était pas quelqu'un de méchant, au fond, et le manque de confiance en soi, il connaissait bien puisqu'il le cachait lui-même sous son égocentrisme assumé. Aussi, voir quelqu'un comme lui, cela lui donnait envie de creuser un peu plus, ne serait-ce que pour titiller un peu la surface.

"On attend son coach alors?"

L'intéressé daigna à peine tourner ses yeux vers lui. Évidemment, JJ qui était le roi, le seul qu'on devait regarder, prit cela pour un affront et décida de le lui faire sentir. On ne dédaignait pas l'incroyable JJ comme ça!

"Il te manque à ce point? Eh bien, on ne peut pas être aussi incroyable que JJ et tout faire soi-même! Un jour peut-être, tu atteindras ma cheville, comme Viktor d'ailleurs! C'est sûrement la frustration de ne pas avoir atteint mon niveau qui l'a poussé à se retirer!" "Pardon?"

Son rire se coupa néanmoins quand le regard noisette de Yuuri Katsuki se posa enfin dans le sien, de couleur ciel couvert. Ce qu'il lut dedans n'était pas l'expression habituelle du patineur qu'il pouvait connaître. Ses yeux si grands s'étaient plissés, et pas uniquement à cause de sa myopie. Ils étaient vitreux, comme s'il était malade ou dans un état second. Au lieu de s'énerver, comme il aurait dû s'y attendre, ou au moins montrer de l'agacement, un fin sourire étira le visage du japonais. Un sourire qui n'était ni chaleureux, ni amical, mais inquiétant.

Son corps se déplaça pour se trouver en face de Jean-Jacques qui, malgré la différence de taille en son avantage, se sentait actuellement acculé. Il recula instinctivement d'un pas alors que Katsuki en faisait deux vers lui. C'était une réaction qu'il n'avait pas prévue et pour le coup, il se sentit soudain démunit face à cette réponse silencieuse. Le corps du patineur japonais se déplaçait avec souplesse jusqu'à le forcer à se plaquer contre le premier mur que son dos buta.

"Viktor à ta cheville?" Susurra-t-il alors doucement. "Tu n'as même pas été une seule fois sur le podium avec lui. Tu es juste à des années-lumière de lui, alors je serais à ta place, je n'oserais même pas prétendre l'égaler."

Jean-Jacques déglutit malgré lui alors qu'un frisson glacé remonta le long de sa colonne vertébrale. Ce garçon était pourtant quelqu'un de poli et humble, alors que lui était-il arrivé entre-temps pour lui répondre avec une telle suffisance? Il n'en savait rien, mais il ressentait un énorme malaise sous cette expression qui semblait prêt à vouloir le dévorer d'une minute à l'autre. Et pas de la bonne manière. Loin de se laisser intimider pour si peu, le Canadien riposta avec néanmoins beaucoup moins d'assurance.

"Ce... Ce n'est pas parce que tu as été choisit par Viktor que ça fait de toi un roi!"

"Un roi? Mais qui a dit que je prétendais être un roi?" Répondit immédiatement Yuuri

Voyant son trouble, le sourire de Yuuri s'allongea. Il recula un instant pour soulever la main afin de se frotter la nuque et reprit d'une voix mielleuse;

"Moi, je suis une reine. Et laisse-moi te donner un conseil: ne t'avise pas de reparler de mon roi comme ça. Non, en fait, ne t'avise même pas de t'approcher encore une fois de Viktor comme tu l'as fait tout à l'heure."

"Que...quoi?"

"Tu m'as très bien compris, JJ." Son surnom resonnait comme un venin dans la bouche du jeune homme en face de lui. "Si je te vois encore une fois être aussi proche que lui... eh bien, je ne réponds pas de ce qui pourrait t'arriver."

Face à un gabarits pareil, Jean-Jacques Leroy n'aurait pas dû avoir peur. Il était plus grand, mieux bâti et puis, zut, il était le grand King JJ! Il n'avait peur de personne! Mais l'aura sinistre qui émanait de ce patineur qui n'avait plus rien du jeune homme un peu étourdit et bienveillant qu'il vit tantôt fit monter la terreur en lui. Il ne savait pas si c'était Yuuri Katsuki ou juste un démon ayant pris son apparence en face de lui, mais définitivement, il ne se sentait pas bien en sa présence. Il avait juste envie de fuir, loin, très loin d'ici.

Osait-il avouer; il avait peur.

Sans rien rajouter, le Japonais s'éloigna enfin de lui, le laissant respirer, sans perdre son sourire et partit dans une direction opposée de la sienne.

Cette fois, ce fut à Jean-Jacques d'être resté dans le couloir, l'air perdu et intimidé, ne sachant pas vraiment ce qui venait de se passer. À part qu'il avait simplement voulu parler avec le Japonais, et que ce dernier l'avait tout simplement ouvertement menacé. Et le pire, c'est qu'il avait semblé sérieux à ce moment-là. Un terrible frisson le traversa. Quand le japonais vint l'enlacer à la fin du Libre de la Coupe de Russie, il cru vraiment qu'il était venu mettre ses menaces à exécution.

Il allait y repenser souvent, il le sentait.

OoOoOoOoOoOoO

Et il y repensa, au plus mauvais moment.

Le stress de la finale, le regard hostile d'Otabek, les performances quasi parfaites des autres compétiteurs, le fait qu'il était un point de référence, le haut du sommet, et qu'il avait d'emblée une pression sur ses épaules. Tout ça lui avait fait perdre ses moyens dès le début, et alors qu'il se débâtait avec les démons de l'angoisse, le visage des autres patineurs le jaugea de haut et le vit chuter d'une montagne qu'il pensait déjà conquise. Parmi ces visages, celui de Yuri Plisetski et Otabek Altin, clairement meurtrier. Celui de Pichit Chulanont et Christophe Giacometti, moqueurs.

Et celui de Yuuri Katsuki, le pire de tous. Un mélange des deux, ajouté à une mesquinerie empoisonnante. Ce visage qui le poursuivait jusque dans ses pires cauchemars, semblant lui répéter en boucle qu'il allait le tuer si jamais il osait s'approcher de Viktor. Et pas uniquement Viktor la personne physique, mais Viktor, le symbole des cinq médailles d'or qu'il portait au cou. Cette compétition qu'il avait gagnée tant de fois, le Japonais lui interdisait implicitement de prétendre à la victoire que le russe représentait.

Mais il réussit néanmoins à se battre jusqu'au bout malgré ses peurs et arracher la médaille de bronze. Une médaille qui avait un goût amer, il fallait le reconnaître.

Il pouvait simplement dire merci à ses parents, à sa fiancée et à tous ses fans pour l'avoir hissé et permit de combattre ses peurs. Après le Grand Prix final, il participa comme tout le monde au banquet, ses proches étant là pour le soutenir et le réconforter, il avait déjà oublié cette mésaventure et visait déjà l'or pour la prochaine compétition. Ce n'était pas une bulle qui le déprimerait; Il allait prendre sa revanche et montrer qu'il était le grand king JJ!

Il vit au loin justement le médaillé d'or tout seul dans son coin et décida d'aller déclencher les hostilités dès maintenant en s'approchant de lui;

"Yuri-chan~ félicitation pour l'or! Profite en bien, parce que tant que je serais là, ce sera rare ~ "

"Tu réussiras pas à me pourrir mon plaisir, enfoiré!" Grogna Yuri Plisetski dans son smoking très mal fait. "Fous-moi le camp."

"Allons, allons, sois gentil avec moi, cette final n'était pas simple, j'aurais aimé que tu chantes aussi pour m'encourager ~ "

"Plutôt crever!"

"Yurio, il y a un problème? Oh, bonsoir JJ."

À l'entente de cette voix qui lui était terriblement familière, Jean Jaque se tendit pour se retourner et manqua de sursauter en voyant Yuuri Katsuki derrière lui tiré à quatre épingles. Il avait ses cheveux laqués en arrière mais portait ses lunettes. Le Canadien s'était bien dit qu'il allait avoir sa revanche, et que ça aurait été bien de commencer par exorciser ses démons. Mais honnêtement, en voyant la tête innocente du Japonais, en sachant quelle personnalité elle cachait, il ne s'en sentait pas capable.

Il partit alors dans un rire nerveux qui ne lui ressemblait pas.

"Ahaha... Rien, il n'y a aucun problème, n'est-ce pas Yuri-Chan! On discutait de... bah, pas grand-chose hein! Je... je vais vous laisser!"

Aussitôt dit, aussitôt fait: le voilà déguerpir, la queue entre les jambes sous le regard incompréhensif des deux Yuri. Clairement, il avait pris la fuite, et clairement, c'était dès que le Katsudon était venu le voir qu'il avait ressenti ce malaise. Le plus jeune des deux n'était pas dupe, et même s'il appréciait de voir le mec qui lui tapait le plus sur les nerfs se faire remballer, il n'était pas sûr que ce soit une bonne chose dans fond. Il se tourna alors vers le plus vieux, un air suspicieux;

"Oi, tu lui as fait quoi à JJ pour qu'il choppe les boules rien qu'en te voyant?"

"Moi? Mais rien du tout enfin! Je me souviens pas qu'on ait eu une seule conversation... Enfin, si, peut-être à la Coupe de Russie après le court. Mais je m'en souviens plus trop, j'étais encore sous l'euphorie de la danse."

"Après ton coup de fil à propos du chien je suppose... Mais je comprends pas ce que tu as pu lui dire pour qu'il réagisse comme ça!"

"Ah, Yuuri peut devenir très salé quand il est sous l'influence de l'éros ~ " intervint Viktor qui n'avait pas manqué une miette de la scène depuis le début.

Il avait sûrement regardé de loin en mangeant du pop-corn, le fourbe. En tout cas, Yurio les regarda tous les deux, l'un après l'autre avec une expression perplexe. Il ne trouvait pas particulièrement que le Katsudon était différent en éros. Pour lui, le japonais restait un porcinet qui passait son temps à s'excuser et s'aplatir, flirter comme un vieux couple avec Viktor et se prendre pour sa mère. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il était tout simplement parmi les gens bien-aimés de Yuri, à qui il ne montrait jamais cette facette de sa personnalité.

Yuuri Katsuki était amour et gentillesse bien sûr. Quelqu'un d'adorable qui avait un penchant pour le porc pané, qui prenait à coeur toute remarque qu'on lui disait et tentait toujours de ne pas déclencher la guerre. Quand il le pouvait, il essayait de faire plaisir à ceux qu'il aimait. Sa famille, ses amis, ses proches patineurs, Viktor... Tout ce cercle pour qui il serait prêt à déplacer des montagnes, et peu importe si certains étaient hargneux ou taquins avec lui, il les aimait quand même. Il en fallait beaucoup pour déclencher la colère de Yuuri Katsuki.

Et quand cette colère se déclenchait, il laissait sortir la partie la plus abjecte, la plus vile et la plus malsaine de sa personnalité. Viktor, lui, la connaissait très bien, pour l'avoir vu à l'oeuvre.

Avec un sourire, le jeta un regard en coin à Jean Jacques Leroy, s'imaginant quel genre d'affront il avait dû faire pour pousser Yuuri à le considérer comme un ennemi. Quelque chose d'idiot, très certainement. Quand il reporta son regard vers son fiancé, ce dernier avait profité que Yurio regarde ailleurs pour enlever ses lunettes et lancer un sourire d'avertissement assez mauvais au Canadien qui avait fait l'erreur de se retourner vers eux. Sa peau bronzée devint littéralement livide et il se retourna immédiatement sous l'inquiétude de son fiancé. D'ici, on pouvait sentir la température chuter.

Viktor ne put s'empêcher d'enlacer Yuri par la taille pour lui susurrer à l'oreille;

"J'aime quand tu défends notre trône comme ça."

"Je sais ~ "

Oui, Viktor connaissait bien cet aspect beaucoup plus sombre de Yuuri. Et il l'adorait énormément.