Etage n°1. Dernier étage non-vérifié. Si Kyoya n'était pas là, je ne savais absolument plus quoi faire. Je m'accrochai de toutes mes forces à l'idée qu'il y était. J'enfonçais la première porte. Rien. La deuxième. Toujours rien. La troisième. Nouvelle déception.
Mais lorsque j'enfonçai la quatrième porte, je me retrouvai dans une vaste pièce rempli d'instruments et de machines dont j'ignorai totalement l'utilité et possédant une autre porte. J'ouvris donc cette dernière. Elle donnait sur une pièce très sombre. Mes yeux mirent un moment à s'habituer à la luminosité.

Quand ce fut le cas, la pièce m'apparut totalement vide. J'allais faire demi-tour quand j'entendis une voix faible mais reconnaissable entre mille :
-Je t'ai déjà dit que tu n'obtiendras rien de moi Ziggourat.
-Kyoya ! , lançais-je joyeusement en me dirigeant vers le son que j'avais entendu.
-Gin-Gingka ?
-On t'a enfin retrouvé ! J'avoue que je commençais à désespérer..., dis-je en souriant. Je m'étais suffisamment approché pour le voir. Ou du moins pour voir la lueur de ses yeux bleus luisant dans le noir qui nous entourait.
-Mais qu'est-ce que tu fais-là ? , me chuchota-t-il.
-Je suis venu te chercher bien sûr !, répondis-je en élargissant mon sourire.
En le regardant de plus près, je me rendis compte que Kyoya était debout et maintenu par des attaches d'acier. Il en avait 3 à chaque jambe (une au niveau de la cuisse, une sur le mollet et une à la cheville), 3 aux bras (une proche de l'épaule, une au niveau de l'avant-bras et une au poignet) et même une au niveau du ventre. De ce que je pouvais voir, ces attaches semblaient assez serrées. Elles devaient lui faire très mal. Sans parler de la douleur de devoir garder cette position sans doute depuis plusieurs jours.
-ça va ?, demandais-je inquiet après cette analyse.
-Je pète la forme !, me répondit-il ironiquement a mi-voix.
Cependant, je n'étais pas dupe. Kyoya étant Kyoya, l'ironie était habituelle. Ce qui ne l'était pas, c'était cette voix faible qu'il avait employé pour me le dire.
-Tu es là depuis combien de temps ?
-Je ne sais pas. , chuchota-t-il. J'ai perdu la notion du temps. D'ici, je ne vois pas le soleil se lever.
Il faisait semblant de plaisanter mais le fait qu'il ne parle pas à voix haute m'inquiétait.
-je vais te sortir de là !, lui dis-je pour le rassurer.
Il leva les yeux vers moi et nos regards se croisèrent. Je ne savais pas trop ce que je devais comprendre. J'avais beau connaître Kyoya depuis près de 4 ans, il restait encore très mystérieux pour moi. La plupart du temps, je ne savais pas lire dans ses expressions. Comme maintenant. Il me semblait qu'il me remerciait mais à côté de ça, il y avait comme une sorte de nostalgie... Une tristesse voilée... Une espèce de résignation fataliste que je ne lui connaissais pas.
Pris dans ma réflexion contemplative sur les potentielles émotions de Kyoya, je sursautais quand il murmura :
-Tu ferais mieux de partir.
-Quoi ? Bien sûr que non ! Je te l'ai dit, je suis venu te chercher. C'est juste que je ne sais pas trop comment casser tout ça. , dis-je en désignant vaguement les attaches de Kyoya.
-On ne peut pas les enlever. Je n'arrête pas d'essayer. Et elles serrent encore plus à chaque fois.
Je ne savais pas quoi répondre. Je n'avais absolument aucune solution. Ces attaches étaient parfaitement lisses. Aucun moyen d'agrippement pour les tirer. Pas de trous pour y mettre une clé. Si seulement j'avais Pégasus ! J'aurais pu essayer de lancer une attaque contre ces attaches d'acier !
Semblant lire dans mes pensées, Kyoya me dit à voix basse en fermant les yeux:
-Ils m'ont eu parce que sans ma Léone, je ne peux pas faire grand-chose. Et sans ton Pégasus, tu es aussi une proie facile.
-Je m'en fiche ! , répliquais-je avec force.
Je ne pouvais pas m'apitoyer sur mon sort. Pas maintenant. Je devais trouver une solution. Analysant toutes les options, j'en vins à la conclusion que la seule chance que je possédais, c'était le génie technologique de Madoka. Peut-être réussirait-elle à retirer électroniquement ces attaches métalliques comme j'imaginais qu'elles avaient dues apparaître.
-Je reviens dans une minute !, lançais-je à Kyoya en rebroussant chemin.
Il m'envoya à nouveau un de ses regards énigmatiques qui signifient un peu tout et rien à la fois mais je n'avais pas le temps d'essayer de l'interpréter. Je courrai déjà vers l'ascenseur. Me penchant un peu dans le vide, j'appelai mon amie en hurlant tant que je pouvais:
-MADOKA ! MADOKA !
Pas de réponse. Le combat de Massamuné et Tsubassa contre les 2 Wolf devaient couvrir ma voix. Pourtant, il fallait qu'elle m'entende. Je retentai :
-MADOKA ! MADOKA !
-Gingka ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as retrouvé Kyoya ? , entendis-je en écho dans la cage d'ascenseur.
-OUI ! Mais j'ai besoin de toi pour le libérer ! Il est attaché ! Et j'ai l'impressions que ce sont des attaches électroniques !
-Attends deux minutes.
Je pouvais très bien l'imaginer pianoter sur son ordinateur. Une autre question me brulait les lèvres alors je la lui posais :
-Et Massamuné et Tsubassa ? Ils s'en sortent comment ?
-Une question à la fois tu veux ?, me répondit-elle visiblement agacée.
Au moins, ils étaient encore en état de se battre sinon elle n'aurait pas répondu comme ça.
-Ah voilà, j'ai localisé le pilotage de ces attaches. Ah mais... C'est pas vrai !
-Quoi ?
-C'est comme pour l'ascenseur de tout à l'heure ! Je ne peux pas hacker le système ! Il y a au moins 12 mots de passe ! Le seul moyen, c'est que Ziggourat désactive lui-même le système !
Je m'en arracherai les cheveux de rage ! Ziggourat avait vraiment renforcé le système de sécurité par rapport à la dernière fois. Comme, il me l'avait dit, trouver Kyoya ne suffirait pas à le ramener. Ça allait être vraiment compliqué. Et moi qui ne pouvais même-pas convaincre Ziggourat par la force comme j'aurais pu le faire autrefois avec Pégasus... Convaincre Ziggourat par la force ? Mais oui !
-Madoka ! , m'écriais-je. Il faut que Massamuné et Tsubassa obligent Ziggourat à libérer Kyoya !
-Heu, je ne sais pas si ça va être possible Gingka., me répondit-elle. Ils sont vraiment épuisés. Leurs toupies sont dans un sale état et ils n'ont pas l'air prêt de gagner.
Dodji était un adversaire redoutable, pour l'avoir combattu, je m'en souvenais très bien. Ziggourat devait être pareil. Et même encore plus fort parce qu'il a subi des perfectionnements. J'aurais voulu aller les aider mais j'étais totalement impuissant sans ma toupie. Rah ! C'était tellement frustrant ! Cette sensation d'être faible, désarmé, incapable de pouvoir faire quoi que ce soit !
Un bruit grinçant me coupa dans ma réflexion. D'où provenait-il ? En cherchant des yeux l'origine du grincement, je me rendis compte que l'ascenseur s'approchait dangereusement. Je m'écartais en vitesse. L'ascenseur continuait sa montée alors je m'écriais pour prévenir Madoka :
-Madoka ! Attention ! Il y a l'ascenseur qui monte !
Je ne sais pas si elle m'a entendue mais quelques minutes plus tard, j'entendais :
-King ! Kenta ! Yu ! Vous avez réussi !
-Les amis ! , m'écriais-je en entendant leur nom. C'est génial ! Vous êtes super forts ! Bravo !
-Gingka ?! Mais qu'est-ce que tu fais en bas ? , fit la voix de Kenta.
-C'est un peu long à expliquer...
-Hé mais attendez !, s'écria Madoka. Vu que vous êtes là, vous allez pouvoir aider Massamuné et Tsubassa ! Ils ont un peu de mal contre Ziggourat...
-On y va tout de suite ! , répondit la voix de King.
-Madoka ! , la rappelais-je, n'oublies pas d'obliger Ziggourat à libérer Kyoya !
-Je le ferais ! Tu n'as plus qu'à attendre !, me promit-elle avant de s'éloigner de l'ascenseur.