Attendre... Je déteste ça. Laisser faire aux autres le travail à ma place, je déteste ça... Et pourtant, je ne suis bon qu'à ça depuis que j'ai perdu Pegasus. Et encore, pour moi ce n'est rien à côté de ce que ça doit être pour Kyoya qui est attaché comme ça... Kyoya ! Mince ! Il va croire que je suis repartit !
Je suis donc rapidement retourné auprès de mon rival. Encore une fois, le noir qui régnait dans la pièce où on le maintenait prisonnier me surprit. Et je dû à nouveau attendre un peu avant de continuer à m'y aventurer pour que mes yeux s'y habituent. Lorsque ce fut le cas, je retournais auprès de mon rival et m'assis à côté de lui en disant :
-Et maintenant, il n'y a plus qu'à attendre. Massamuné et Tsubassa sont en plein combat contre Ziggourat et Kenta, Yu et King les ont rejoints. Ce n'est plus qu'une question de minutes maintenant. Tout ce que j'espère, c'est qu'ils réussiront à convaincre Ziggourat rapidement.
Je tournai la tête vers Kyoya qui hocha légèrement la tête. Dans ce noir, je distinguais à peine les contours de son corps alors décrypter son expression... Il ne fallait pas y songer. Déjà que je n'y arrivais pas en plein jour...
Un silence pesant se fit. Je me torturai l'esprit pour trouver un truc à dire pour le briser. Finalement, je demandai :
-Comment ils t'ont eu ?
Il haussa légèrement un sourcil sans répondre. Alors j'insistai :
-C'est vrai quoi ! Même sans ta toupie, je sais que t'es capable de te défendre ! T'es bien meilleur que moi en bagarre ! Et en plus tu cours vite ! Alors comment ils t'ont attrapé ?
- Parce que je me suis jeté dans la gueule du loup.
-Hein ?
-Je voulais me venger de Ziggourat de m'avoir privé de toupie alors je suis venu ici. Sauf que, comme tu as dû le remarquer, il y avait quelques agents de sécurité à l'entrée. Avec Léone, je les aurais battus facilement mais sans...
Il n'avait pas besoin de finir sa phrase. J'avais compris. Moi aussi, j'avais été pris de panique à l'entrée. Et sans mes amis, je ne m'en serais pas sorti.
Après ça, j'ai cessé de parler. J'en avais surement assez fait.

Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé comme ça dans le silence. Mais au bout d'un certain temps, les attaches de Kyoya se sont subitement retirées. Pris par surprise et courbatu de n'avoir pas bougé pendant plusieurs jours, Kyoya perdit l'équilibre et tomba. Je le rattrapai de justesse avant que sa tête ne heurte le sol.
-Merci, grogna-t-il dans un souffle.
Je me levai et voulu l'aider à faire de même. Evidemment, il me repoussa et se releva de lui-même. Sauf qu'il n'était pas en état de marcher. Il vacillait sur ses jambes trop faibles pour le porter. Il continuait cependant de marcher vers l'ascenseur. J'attendais que Madoka et les autres le fasse descendre avec impatience. Un regard en biais vers Kyoya m'indiquait qu'il avait bien du mal à tenir sur ses jambes. Je tendais une main secourable vers lui mais il me repoussa une deuxième fois.
-Kyoya... Laisse-moi t'aider ! Tu ne tiens même pas debout !, protestais-je.
Il ne répondit pas et s'obstina à refuser mon aide.

L'ascenseur arriva enfin. A l'intérieur, j'y retrouvais avec soulagement tous mes amis avec un sourire. Leur sourire était d'autant plus large que Kyoya était avec moi. Ce dernier ne fit aucune remarque et se contenta de monter dans l'ascenseur. Mais un étage plus bas, nous dûmes prendre les escaliers. 40 étages à descendre. Massamuné était déjà en train de protester :
-Oh non ! C'est pas vrai ! Encore ces maudits escaliers ! Je commence en à en avoir marre marre marre !
Je me moquais pas mal des plaintes de Massamuné. C'était plutôt l'état de Kyoya qui m'inquiétait. Il avait déjà du mal à marcher alors descendre 40 étages... Je lui jetais un regard en biais. Il était imperturbable. Son visage ne laissait transparaître aucune émotion. Il commençait même courageusement à descendre.
Je descendais à côté de lui. Nos amis allaient beaucoup plus vite que lui. Kyoya continuait de descendre mais il ne pouvait pas suivre leur rythme. Comme je savais qu'il refuserait encore mon aide, j'avais décidé de descendre les marches à côté de lui, à son rythme, l'air de rien.
-T'es pas obligé de descendre avec moi, j'ai plus deux ans !, me souffla-t-il rageusement.
-Hein ? , fis-je innocemment. Qu'est-ce que tu racontes ? Je descends les escaliers c'est tout.
-Te fous pas de moi !, me lança-t-il énervé mais toujours à mi-voix.
Je n'y fis pas attention et je continuai de descendre à côté de lui.

Nous avions descendu 10 étages et Kyoya tenait encore debout. En le voyant ainsi, j'hésitais entre exaspération de le voir à tout prix refuser mon aide et admiration de continuer à descendre dans son état.

Cependant, je faisais bien de m'inquiéter. Parce que nous étions en train de descendre le vingtième étage quand Kyoya trébucha. Il aurait dévalé les escaliers si je ne l'avais pas rattrapé par l'avant-bras à la dernière seconde.
-Merci, souffla-t-il rageusement pour la deuxième fois de la journée.

Pour la fin de la descente, je passais son bras autour de mes épaules pour le soutenir. Cette fois, il ne refusa pas. Il devait vraiment être à bout...