Quand, enfin, l'effondrement fut terminé, je me relevais rapidement. Kyoya devait être là, quelque part, coincé entre les décombres.
-Kyoya ! KYOYA ! KYOYA !, appelais-je tant que je pu.
Mais personne ne répondis. J'essayais de me dire que ça ne voulait rien dire. Après tout, Kyoya était solide. Il était surement trop loin pour entendre ma voix ou il était peut-être assommé.
-KYOYA ! KYOYA !, continuais-je d'hurler.
Je marchais comme je pouvais sur les décombres essayant en vain d'apercevoir un quelconque signe de sa présence.
-Gingka !
Je me retournais vivement avec espoir, mais c'était Massamuné qui m'avait rejoint.
-Gingka, qu'est-ce qui s'est passé ?, me demanda-t-il. Et où est Kyoya ?
-Quelque part là-dedans ! , répondis-je avec désespoir. Il faut le retrouver !
Tous mes amis qui étaient sortis avant nous étaient sain et sauf apparemment. Tant mieux bien que cela n'atténuait pas mon inquiétude envers Kyoya. Ils commencèrent immédiatement à le chercher en l'appelant. Cette fois, Kyoya finirait bien par nous entendre. Je déblayais le plus de pierres que je pouvais espérant le trouver sous chacune d'elle. Mais, malgré tous nos efforts, 2 heures étaient passées sans que l'on ne retrouve le moindre signe de lui.
Je commençais à désespérer quand une voix douloureuse m'appela :
-Gin-Gingka !
Je me retournais immédiatement vers l'origine de cette voix et c'est fou de joie que je localisai Benkei sous une petite colline de pierre. Je me précipitai vers lui.
-Benkei ! Ouf ! Tu m'as fait peur ! ça va mon vieux ? Attends, je vais te sortir de là.
Je m'empressai de déblayer les pierres qui empêchaient Benkei de se redresser. Quand ce fut fait, je lui demandais immédiatement :
-Et Kyoya ? Il n'est pas avec toi ?
Son visage s'assombrit avant de se fermer :
-Il est encore en bas. Il m'a dit de partir devant et qu'il me rejoindrait...
-En bas ?
C'est alors que je remarquai que Benkei était debout sur des escaliers. Sans doute ceux qui menaient aux sous-sols. Il suffisait de les suivre pour retrouver Kyoya.
-Et les gars !, appelais-je.
Aussitôt Tsubassa, Yu, Kenta, Madoka, King et Massamuné se précipitèrent vers moi. Quand ils virent Benkei, ils eurent des regards perplexes. Alors j'expliquais :
-Benkei était aussi prisonnier de Ziggourat.
Ils eurent alors des sourires radieux et félicitèrent Benkei pour s'en être sorti.
-Et ce n'est pas tout ! , continuais-je. Si on suit ces escaliers, on retrouvera Kyoya !
Mes amis se mirent immédiatement au travail pour m'aider à retirer toutes les pierres.

Mais le travail était pharaonique. La nuit commençait à tomber et nous n'avions encore aucune trace de Kyoya. En plus nous étions tous épuisé et, quant à moi, l'angoisse commençait à m'enserrer les entrailles avec douleur. Cela faisait des heures que nous déblayions et appelions Kyoya sans succès. Des heures qu'il était coincé là-dessous dans on ne sait quel état. Il était déjà tellement mal en point quand il a descendu ces fichues marches !

La nuit était complètement tombée à présent. Et on ne voyait plus rien. Mais on ne devait surtout pas arrêter les recherches. La vie de Kyoya en dépendait.

Je ne sais même pas combien de temps s'était passé. Mais la nuit était maintenant bien avancée et la pleine lune haute dans le ciel. J'attrapai les pierres le plus vite que mes bras courbatus et endoloris me le permettaient. Mes amis aussi étaient exténués. Je les voyais en sueurs et recouverts de poussière. Je ne devais pas être en meilleur état. Mais ça n'avait pas d'importance pour l'instant. Pour l'instant, il fallait que l'on retrouve Kyoya.

Soudain, après avoir soulevé et déposé un peu plus loin une énorme pierre, je vis que je venais de libérer une main. Avec une ferveur renouvelée, je retirais alors les pierres d'à côté. Sous nos yeux, une jambe, un ventre et un deuxième bras étaient en train d'apparaître. Et puis Massamuné retira la pierre qui emprisonnait son visage. C'était lui. Il était blanc de poussière et de plâtre mais c'était lui. Sans aucun doute possible. J'en avais le souffle coupé et je m'étais figé. Je ne sais pas trop comment je m'attendais à le retrouver mais le voir allongé de cette façon m'effrayait. Il n'était pas... ? Il ne l'était pas hein ? Je n'osais même pas penser le mot tellement cette seule idée me terrorisait.

C'est Tsubassa qui prit les choses en main. Il s'approcha du cou de Kyoya et lui prit le pouls. Après quelques secondes, il nous annonça :
-Il est vivant.
Un soupir de soulagement s'échappa de ma poitrine. Tu as réussis Kyoya !, pensais-je. Tu as survécu !

Tsubassa a, ensuite, immédiatement appelé les urgences pour qu'ils prennent le relais.