note : voilà la dernière partie de cette histoire "courte". Comme j'ai vu que vous étiez gourmands (merciiiiiii), j'ai écris un petit bonus, je le posterai (dans les prochains jours) à la suite de ce morceau, avec le contenu du défi.
PARTIE III
Soudain, j'étais enveloppé par deux bras forts qui me bloquaient totalement et qui me forçaient à rester assis, par terre, contre un torse dont le coeur tambourinait contre mon dos. C'état Snape. Et il me parlait. Il disait :
- Oh Harry ... Qu'as-tu fais ? ...
Il avait l'air perdu. Ce qui était très étrange, mais ça ne dura pas. Snape se reprit, parce que ce n'était pas comme s'il pouvait s'angoisser réellement pour quoique ce soit n'est ce pas ? Et il demanda à Draco si ça irait. Un regard terne nous répondit et ça semblait être suffisant. Il saignait pourtant.
- Va dans la salle de bain. Prend le kit de premier secours.
- Contusions ?, répondit la voix traînante de Malefoy.
Snape hocha de la tête dans mon dos et j'ai eut envie d'hurler. J'ai eut envie de me libérer et de retourner le massacrer mais je fus coupé dans mon élan colérique par un rire sincère. Un petit rire qui sortait du visage massacré de Malefoy. C'est là que je m'en rendit compte. Il n'avait pas chercher à se défendre, absolument pas, alors les coups ont porté. La pommette était à moitié éclatée et son arcade sourcilière était ouverte. Ca pissait le sang. Du Sang Pur. Putain, le même sang que dans mes veines. Du Sang-Pur. J'ai alors eut envie de les arracher. Ces veines, dans ce corps qui n'était pas le mien. Mais Malefoy riait toujours, la gueule en sang et le regard terne. Il se releva et s'approcha jusqu'à poser ses doigts contre mes genoux ... Il serra délicatement. J'étais toujours coincé dans les bras de Snape qui me bloquait totalement. Draco se pencha vers moi, il s'approcha de mon oreille et murmura quelques mots. A peine les avait-il dit qu'il m'embrassa la joue, évita le coup de dents que je cherchais à lui mettre et disparu, sans doute en direction de la salle de bain. Moi, je criais un instant, puis je retombais en lourds sanglots, incapable de me maîtriser. La prise se fit alors plus douce et Snape me berça tranquillement en murmurant des mots qui étaient censés me calmer. Rien ne pouvait le faire. Pas quand Malefoy avait dit :
- Je suis heureux de te retrouver, mon frère.
Mon frère ... Mon frère ... Je n'ai pas de frère ! Je n'ai pas de famille ! Ils sont tous morts ! Ils sont morts ... J'explose plus fort en sanglot contre le torse de Snape qui me berce comme si tout allait bien, comme si c'était normal. Et il me souffle toujours des mots apaisants, comme s'il ne me détestait pas, comme s'il n'avait pas eut toute sa vie envie de me mettre heures de colle sur heures de colle ! Comme si ... Comme si je n'étais pas Harry Potter. Le pire, le truc qui me fait le plus mal, c'est qu'il a raison. Je ne suis pas Harry Potter parce que Harry Potter n'existe pas. Tout ce que je pensais être, tout ce que je croyais être n'existe pas.
Je pleure toujours quand Malefoy revient. Il n'a plus la moindre trace de mes coups et il transporte un petit récipient avec un linge. Il dépose le tout dans la chambre et revient vers nous. Il demande à son père, quelle pensée étrange, s'il ne vaudrait pas mieux essayer de me mettre au lit ... comme si je n'étais pas là. Alors je me remet à hurler ! On m'a peut-être pris mon corps, mon visage, mon histoire, mon identité, mais je suis toujours là ! Je suis là ! Je suis là ! Je hurle que je le hais et que je vais le tuer jusqu'à ce qu'il m'attrape, comme pour me forcer à le regarder et ce que je vois est tellement semblable à ce qui apparaît dans les miroirs que j'en ai envie de vomir.
- Tu es mon frère. Mon frère jumeau. Tu peux essayer de m'éloigner autant que tu veux, mais je serais toujours là pour toi. Je t'ai cherché toute ma vie. Alors peu importe qui tu crois être, tu es mon frère.
Avec Snape, il me porte à moitié jusqu'au lit où Snape me garde contre lui. Il passe le linge sur mon visage et ça me fait énormément de bien, mais je ne le dis pas. Je ne dis rien. Je voudrais les tuer tous pour pouvoir redevenir Potter, Harry Potter, mais ça ne marche pas comme ça. Ils pourraient bien être tous morts, maintenant que le mensonge est brisé, c'est trop tard. Je suis censé l'assumer.
Je m'endors dans les bras de mon professeur de potion, épuisé, vaincu par mes propres émotions. Quand je me réveille, je suis seul mais en tendant l'oreille j'entends Malefoy, visiblement ça ne l'a pas refroidi et il a décidé de rester. Il est idiot. On est peut-être frère à cause de ce foutu corps, à cause de ce sang immonde qui coule dedans mais on ne sera jamais frère comme il l'entends. Il ne sera jamais quelqu'un d'important pour moi. Je le hais.
Je reste comme ça, dans le lit, sous la couette, à penser à tout et à rien. Ils finiront sans doute par monter me chercher et franchement, je préfèrerai qu'ils ne le fassent pas ... ou peut-être que j'espère qu'ils le fassent. Peut-être que j'espère qu'ils me forceront à être ce fils, ce frère qu'ils attendent parce que ça signifierai que j'aurais réellement une famille. Ca a toujours été mon rêve. Je me sentais vide, creux, sans ma famille. Le rêve tourne au cauchemar quand la famille en question s'avère être la famille Snape-Malefoy, mais ça n'en restait pas moins une famille non ? J'ai envie de vomir. J'ai envie d'avoir mal pour oser espérer un truc aussi déglingué que ça ! Je devrais les haïr sans condition. Je devrais me suicider comme ça, plus de problème et surtout plus de Harry Potter puisque ça semble une si mauvaise idée que Harry Potter existe. C'est dans le thème du moment que de faire disparaître Harry Potter.
Comme s'il entendait mes pensées, voilà que Malefoy toque à ma porte ... Il dit qu'il aimerait parler, me parler, mais qu'il comprend si je n'en ai pas envie et qu'il comprend si je préfère le faire à travers une porte ou pourquoi pas par hibous interposés.
C'est comme ça que j'ai reçu une première lettre de Draco Malefoy. Il avait une écriture fine et élancée. Un vrai aristocrate, dans toute sa splendeur. C'était vraiment ridicule et malaisant. Au début, j'ai essayé de ne voir que ça, puis, j'ai lu ses mots. Il disait qu'il s'inquiétait pour moi. Qu'il tenait à moi. Que j'étais important pour lui. Qu'il voulait apprendre à me connaître et que je pourrais apprendre à le connaître comme un frère et plus comme un rival de Poudlard. Il disait que ce serait différent maintenant, que tout serait différent.
En bref, il avait mit "Harry Potter" comme destinataire de sa lettre, il ne s'adressait pas à moi. Elle n'était pas écrite pour moi. Moi ... Vous savez moi ... Le type qui ... Merde. Voilà que je ne sais même plus qui je suis au fond. Je ne suis rien qu'un putain de mensonge. Un mensonge ! Je suis un mensonge !
Est-ce que je suis censé répondre ? Et répondre quoi ? Et signer comment ? Est-ce que je pourrais avoir la malhonnêteté de signer "Harry" alors que ce n'est sans doute pas mon prénom ? Et "Potter" alors que je n'ai strictement aucun lien avec cette famille ? La douce Lily n'est pas ma maman. Je n'ai pas de maman. Le fier James n'est pas mon père, peu importe à quel point j'ai pu lui ressembler ou m'inspirer de lui ... Son sang ne coule pas dans mes veines et s'il me rencontrait à présent, il me jetterait à la gueule tout le mépris que l'on peut offrir à un ... A un Malefoy.
Je me hais mais je l'écris. J'écris la question qui finira de me détruire. Je ne signe pas, ce serait idiot et malvenu et je laisse le hibou emportait ma missive par la fenêtre. Et si je sautais à sa poursuite ? Et si je me précipitais en bas, à qui manquerais-je ? Une part de moi n'existe pas, n'a jamais existé, n'a toujours été qu'un mensonge ... quand à l'autre part, elle a à peine eut le temps de pousser ses premiers cris dont je ne me souviendrais jamais puis elle a disparu. Ce bébé. Ce bébé Snape-Malefoy est mort il y a très longtemps. Tout le monde en a fait le deuil.
Le hibou revient, me rappelant un détail. Pas tout le monde. Presque tout le monde mais visiblement, Draco Malefoy n'a jamais fait le deuil de son frère absent ... et il voulait que je sois lui. Il voulait que je devienne ce gosse qui allait le compléter. Qu'est-ce qu'il croyait au juste ? Qu'on deviendrait comme Fred et George Weasley ? Inséparables, échangeables, capable de finir les phrases l'un de l'autre, ... Non, ça n'avait aucun sens.
Machinalement, j'ai récupéré le papier. A l'intérieur, il doit y avoir la réponse. Les mots qui finiront de me détruire. Je n'ai pas envie de les lire. J'ai envie de déchiqueter le papier, puis de m'en prendre au mobilier, à la maison, au domaine tout entier et finalement, de retourner toute la rage contre moi-même. Mais ces doigts, qui ne sont pas mes doigts à moi, ils ouvrent le papier et ces yeux, qui ont perdu l'éclat vert de Lily Potter, ces yeux qui ne sont pas à moi lisent ce qu'il a écrit. Et je me sens vide. Vide. Tellement vide. Toute la rage à disparu. Il a répondu à ma question en un seul mot comme s'il comprenait que c'était important que je sache. L'écriture avait tremblé vaguement. Peu importe.
Le mot c'était "Wivre".
Wivre comme dans Draco et Wivre, les fils de Severus Snape et de Lucius Malefoy. J'ai immédiatement détesté. J'ai eut envie d'hurler "Je suis HARRY !" mais c'était faux, c'était qu'un mensonge dont les voiles de l'illusion se déchiraient peu à peu ... Bientôt, j'en serai totalement dépouillé et il n'y aurait plus que moi. Ou peut-être lui. Je ne sais pas. Est-ce que je pourrais être lui ? Wivre Malefoy. Frère jumeau de Draco Malefoy ? Comment même retourner à Poudlard dans cet état ? Je ne pourrais jamais. Et retourner à Gryffondor ? Ron, Hermione, les autres, ils allaient me détester ... J'ai beau être toujours moi dans ma tête, ce n'est pas une petite différence. Ca change tout. Ca change tout que l'élu n'existe pas et que Wivre Malefoy soit toujours vivant. Ils allaient me haïr.
J'osais même pas froisser le papier entre mes doigts et je l'ai poussé un peu plus loin pour ne pas l'abîmer par mes larmes. Je crois que Draco était là, juste de l'autre côté de la porte. Un moment j'ai eut envie de l'ouvrir et de m'effondrer contre lui. Il disait qu'il était mon frère ? Qu'il me laisse donc pleurer contre son ventre, comme si c'était normal ... Mais je n'ai pas ouvert la porte et peut-être n'était-il pas là dans tout les cas. Je n'ai pas ouvert parce que .. et bien ... Tout ça c'est faux. J'ai grandi comme un fils unique sans parents. Je suis un fils unique sans parents. Je n'ai ni frère, ni soeur, ni papa, ni maman. Je viens officiellement de perdre également ma tante, mon oncle et mon cousin, puisque je ne suis pas un Potter. Mais je n'ai pas gagné une famille car je ne saurais jamais être celui qu'ils veulent.
Je ne sais pas trop combien de temps passe avant de Snape ne revienne toquer à la porte. Il énonce clairement, depuis l'autre côté du battant, que j'ai besoin de manger et me demande de descendre. C'est idiot. Mais, je crois que j'ai uniquement besoin de vomir. Il insiste et un instant, j'ai presque l'impression de retrouver mon professeur de potion. Juste assez longtemps pour ouvrir la porte et voir ce putain de regard doux qui pose sur moi. Je résiste à l'envie de claquer la porte devant son gros nez fourchu et à la place, je descend pour me mettre à table et manger. Draco est déjà là. Il regarde son assiette et uniquement son assiette. Il a l'air triste. Est-ce qu'il espérait une réponse ? Sérieusement qu'est-ce que j'aurais du lui répondre ?
"C'est une blague ?", "Sérieusement ?", "Te moque pas de moi.", "Aussi ridicule que ton prénom donc ... génial.", "Wivre ... quoi j'ai eu le droit à la fée de l'originalité sur mon berceau ?", "Tu te fous de ma gueule.", "Au moins, j'ai une bonne raison de les haïr je suppose.", ... Ouais, j'avais bien fait de ne pas répondre.
Le silence est d'or. Ils appliquèrent cette règle aussi bien que moi enfin, jusqu'à la fin du repas où Snape s'est mis à parler. Il voulait mon avis comme si mon avis comptait. Il voulait ... Il voulait que je sois Wivre, je pense. Pas de bol, il n'y a que moi à qui on a tout pris. Vraiment pas de chance, Snape. Ton fils ne reviendra pas. Je ne suis pas lui. Je ne suis pas Potter non plus, alors ... Alors je ne suis sans doute rien.
Il disait qu'on souffrait tous de cette situation et qu'il aimerait que j'arrive à en parler à quelqu'un ... Il voulait que j'arrive à l'écrire au moins, à retranscrire ce que je pensais, ce que je vivais ... Sur le coup, j'ai dit non, mais regardez, je suis en train de le faire. Une putain de plume à la main, j'essaye de raconter toute cette merde. Et qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Que je suis désolé d'avoir pété les plombs au début quand je m'accrochais à cet évier ? Que je suis désolé d'avoir pété les plombs après, quand j'ai tabassé Draco ? Que je suis désolé d'avoir pété les plombs quand j'ai lu ce putain de nom ? Que je suis désolé d'avoir pété les plombs à ce moment là, quand il m'a demandé de m'ouvrir à eux ? On m'avait déjà tout prit mais ça ne suffisait pas hein .. Lui, il voulait ce qui restait. Il voulait les derniers trucs à peu près privé que je pouvais avoir : mes pensées. MES pensées. Les miennes qui continuaient à évoluer dans ce pas-mon-corps, pas-ma-tête, pas-mon cerveau et pourtant elles étaient toujours là et toujours à moi. Alors j'ai pété les plombs. C'était sans doute bête parce qu'il ne voulait pas me les prendre. Il voulait juste m'aider. Enfin, non, pas tout à fait. Il voulait aider son fils, Wivre Malefoy, et tout ce qu'il avait c'était le corps de son gosse avec les pensées de Harry Potter à l'intérieur. Pas de chance.
J'ai fait pas mal de crises dans ce genre les jours d'après mais pour être honnête, je ne m'en souviens pas vraiment. Je crois que j'ai remis mon poing dans le nez de Draco, une ou deux fois. J'ai crié un paquet d'horreur aussi. Mais ... et bien ... un jour ... presque un mois plus tard je pense, je me suis rendu compte d'un truc. Un truc idiot. Un truc qui aurait dû me sauter dessus bien avant mais qui m'avait lamentablement échappé. Ils étaient toujours là.
Severus Snape continuait à laver mes vêtements même s'ils ne m'allaient plus vraiment. Il continuait à préparer à manger. Il continuait à s'assurer que je lave ce putain de corps. Il continuait à s'inquiéter. Il n'avait pas arrêter d'essayer de prendre soin de moi.
Draco Snape-Malefoy était toujours là, lui aussi, silencieux et déprimé, incapable de trouver une solution à son problème visiblement, mais il était toujours là. Il avait l'air d'avoir envie de construire une vrai relation avec moi. J'ai mis longtemps à accepter quoique ce soit, mais quand j'ai commencé, ça a été avec lui et c'était un truc tout bête. J'acceptais qu'il m'écrive une lettre ... chaque jour et j'y répondais. Parfois, je marquais juste "lu" ou "ok" en bas de sa feuille et je la lui renvoyais. Parfois je griffonais une question. Au début, ça n'a été que ça parce que je ne supportais pas davantage de me regarder dans un miroir que de l'avoir en face.
J'aimerai dire que j'ai repris pied, que j'ai accepté d'être lui, vous savez Wivre. Mais c'est faux, j'ai rien accepté du tout. Draco est devenu une espèce de confident, parce qu'il a tellement travaillé pour ... Il s'est livré tout entier, comme si ce n'était pas grave que j'ai les pensées de Harry Potter dans ma tête. Il m'a donné toutes les armes pour le détruire. Il m'a avoué ses angoisses, ses peurs, ses espoirs ... Tout.
C'est lui qui a réussi à me convaincre, il disait que c'était important pour eux, que ... Il disait que Lucius Malefoy souffrait, qu'il voulait juste me rencontrer pour s'assurer de lui-même que j'allais bien. Il disait que c'était dur pour eux de ne rien pouvoir faire. Qu'ils auraient voulu souffrir à ma place. Il disait ... Il disait pleins de choses et moi, je me suis mis à le croire. En ce moment, on est toujours pas vraiment des frères comme peuvent l'être la fratrie Weasley et on est tellement loin de ce que l'on pourrait attendre de jumeau mais on arrive à se parler et c'est déjà pas mal ...
Dans une heure, je vais rencontrer Lucius Malefoy. J'ai demandé un lieu neutre et que Draco reste avec moi. C'est bête hein, mais je me sens plus tranquille quand il est là. Il m'accepte tellement que j'ai l'impression que je pourrais presque devenir quelqu'un. Pas Harry Potter, l'illusion qui n'a jamais existé. Non, aucune chance que je redevienne lui. Pas non plus Wivre Snape-Malefoy, si tenté que ça n'ait jamais été moi. Mais quelqu'un ...
J'ai attrapé le papier et je me suis mis à écrire. Je ne sais même pas pourquoi au fond. C'était sans doute con parce que maintenant je pleure mais Draco va bientôt me rejoindre et ça ira sans doute mieux. Je ne sais pas si j'écrirais jamais autre chose ... Parce qu'au fond, qu'y a-t-il a dire ? Je suis sans doute quelqu'un, en ce moment, j'ignore juste qui. Fin de l'histoire.
Je met un trait parce que je m'étais arrêté là, la dernière fois. J'ai pas eut envie de relire. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose de relire tout ça. J'en ai pas envie. Je m'étais arrêté un peu avant de rencontrer mon père. Lucius. Et ... bah, ça ne s'est pas bien passé du tout. Mais est-ce que ça pouvait bien se passer ? Pas sûr. Enfin bon, j'ai finalement accepté qu'il m'écrive, lui aussi, et il l'a fait. Il m'a écrit chaque jour, le temps qu'il a fallu.
Enfin bon, c'est loin tout ça. Aujourd'hui, je retourne à Poudlard pour la première fois ... J'ai pris du retard, mais j'ai eut des professeurs particuliers ... Des professeurs particuliers ! Pouah ! A croire que je suis vraiment en train de devenir un Malefoy ... Je devrais pouvoir reprendre dans la même année que Draco, avec des gens de mon âge. Je suppose que c'est déjà ça de prit. Enfin, je suis déjà assez bizarre comme ça, vous ne trouvez pas ?
Je vais arriver sans être en première année et, vraiment, à Poudlard, c'est quelque chose de rare. Je vais arriver et tout le monde saura que j'ai été Harry Potter et pourtant, maintenant, je porte un autre nom. On m'appelle Wivre Malefoy. La nouvelle directrice de Poudlard -parce que Dumbledore a été officiellement arrêté et il n'a plus de droit d'exercer pour le moment le procès est en cours-, du coup, la nouvelle directrice c'est Minerva McGonagall. Donc la nouvelle directrice m'a reçu dans son bureau, elle a voulu discuter avec moi pour savoir où j'en étais. J'ai essayé d'être honnête, mais c'était pas facile parce que je ne sais pas vraiment où j'en suis.
Draco est mon frère. Severus et Lucius sont mes pères. J'ai toujours du mal à communiquer avec mes pères mais ça se passe mieux avec mon frère. Je n'ai pas encore l'impression d'être un Malefoy mais je comprend que c'est le nom que je dois porter. Ce que je compte faire plus tard ? Vivre ... ça me parait déjà être un bon plan mais bon, un pas après l'autre comme on dit.
Elle m'a proposé de retourner à Gryffondor ou de repasser par la répartition. Elle m'a dit qu'elle comprendrait que je préfère vérifier où j'en étais avec l'aide du chapeau sur ce coup là aussi. Ce qu'elle proposait en faites, c'était que je ne sois plus un Gryffondor ... et j'ai accepté. J'ai accepté parce que Ron, Hermione et les autres ... Je supporte toujours pas mon reflet dans le miroir alors leurs regards sur ce corps -mon corps-, c'est l'horreur. J'appréhende énormément tout ça. Voilà, je crois que j'ai écris le principal. Je dois y aller. Draco a promit qu'il resterait pas loin, même s'il se fera discret. Avec lui dans les parages ... je devrais bien pouvoir réussir.
Gryffondor ! Cet imbécile de Choixpeau à gueuler Gryffondor. A croire que l'univers tout entier me hait ! Je suis maudit ! C'est pas possible autrement.
Vous savez le pire, c'est que Draco n'a même pas eut l'air déçu. Il a hoché de la tête doucement et m'a fait un putain de sourire encourageant. Encore pire ? Père était à la table des professeurs, personne ne sait vraiment que c'est lui, mon père et lui aussi, il m'a fait un sourire tranquille comme si c'était ok que je sois si nul. Un Malefoy ne va pas à Gryffondor. Un Snape non plus. Ils n'y vont pas une fois mais ils y vont encore moins deux fois !
Dans la salle, c'était le silence. La table des Gryffondors n'a pas applaudis. Le premier à l'avoir fait, c'est Draco. Le second, c'est mon père. Quelques claps hésitants avaient retentis, ici et là, sans que leurs provenances ne soit claire. J'étais assis sur ce tabouret et il fallait que je me lève pour rejoindre la table des Gryffondor alors que j'étais davantage applaudis par celle des Serpentards. Une première franchement. Mais j'y suis allé quand même puisque visiblement je suis un putain d'imbécile trop courageux pour échapper à ça. Gryffondor. J'ai toujours aimé cette maison mais elle est plus simple à fréquenter quand on est Harry Potter que lorsqu'on s'appelle Wivre Malefoy et que l'on est une déception ambulante.
Je l'ai su avant même d'arriver au dortoir, cette répartition allait faire de mon année un cauchemar. J'espérais pouvoir me planquer derrière mon frère -ridicule n'est-ce pas ?-, à la place, j'étais balancé en première ligne dans un camp allié qui me voyait comme l'ennemi. Les regards assassins de Ron était clair, pour lui, je l'avais trahi. Hermione n'osait même pas croiser mon regard. D'ailleurs la majorité des Gryffondors faisait mine de m'ignorer ... enfin, par devant, parce qu'il avait bien fallu s'y mettre à plusieurs pour renverser toutes mes affaires ainsi que le lit, déchirer la majorité de mes habits, pisser -PISSER !- sur mon oreiller et placarder ces affiches. Wivre Malefoy n'est pas le bienvenu. Quoi, ils pensaient que la flaque d'urine n'était pas assez claire comme ça ? Il fallait vraiment le préciser ?
Tout ça parce que ce foutu choixpeau m'avait trouvé courageux. Génial.
Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai fait une démonstration. Une putain de démonstration de magie. Je leur ai montré mes meilleurs sorts de réparations et de lavages, puis j'ai tourné ma baguette vers eux et je l'ai invoqué en douceur. Un premier serpent. Puis un second. Puis un troisième. Un quatrième. Un cinquième. Un sixième. J'ai perdu le compte à cause de leurs cris et j'ai sifflé quelques instructions. Rien de grave. Rien de dangereux. Juste de quoi leurs foutre la frousse avant de leur dire avec toutes les tripes que j'avais oublié avoir que s'ils voulaient vraiment me considérer comme un Serpentard, ils allaient devoir se méfier de moi en permanence, car je pourrais être le serpentard qui leur faisait tellement peur. Sinon, ils pouvaient se souvenir que j'avais grandi dans ce château, dans ce dortoir et que j'étais aussi prêt à les affronter un par un pour gagner leur respect.
Ridicule n'est-ce pas ? Très Gryffondor en faites.
Je les ai terrorisé et pas un n'a eut le courage de se plaindre directement à la directrice. Enfin, pas à ma connaissance en tout cas. Quand Lucius m'a envoyé une lettre pour savoir comment ça se passait, je lui ai menti mais je suppose qu'il le sait. Je lui ai dit que tout allait bien pour moi, mais c'était faux. Je ne lui ai pas demandé pardon d'être encore une déception mais je crois qu'il savait que c'est ce que j'avais en tête parce qu'il m'a répondu que l'important, c'était que j'aille bien et que je devais prendre le temps pour m'intégrer et si nécessaire me faire respecter. Je suppose qu'il aurait apprécié de savoir que mes chers camarades avaient peur de moi. Ou peut-être que ça l'aurait inquiété parce que les gens qui ont peur sont d'autant plus idiots.
Enfin bon ... Gryffondor putain.
Neville est venu me voir plusieurs fois. Je crois qu'il aimerait bien qu'on soit toujours ami. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi mais après tout, c'est juste Neville et c'est un chic type. Il est capable de dépasser les apparences visiblement. Bon, il m'a avoué qu'il détestait Draco et j'ai dit que je pouvais comprendre. C'est vrai après tout, moi, je l'ai détesté pendant des années. Et si je n'étais pas Wivre, il ne m'aurait jamais donné de raison d'arrêter de le détester. Il m'a aussi dit qu'il ne comprenait pas pourquoi on avait l'air aussi proche. C'est là que je m'en suis rendu compte. Les regards échangés, les mimiques, les gestes, on se ressemblait vraiment mais ça allait plus loin que ça. Il me protégeait contre l'ensemble des Serpentards. Je ne suis même pas sûr qu'il ait eut besoin de demander. Personne, à Serpentard, n'osait plus m'embêter et je crois que si l'un d'entre eux s'y était risqué, les autres auraient agi en représailles. Peut-être parce que je suis un Malefoy maintenant ? Plus surement parce que je suis le frère de Draco.
C'est ce que j'avais répondu à Neville. Draco, c'est mon frère. Mon frère jumeau. Bien-sûr qu'on se ressemble et qu'on a l'air de communiquer sans même avoir à parler. Bien-sûr qu'on était proche. C'est juste parce que nous sommes jumeaux.
Je pense que c'est devenu encore plus bizarre lorsqu'on a commencé à se parler vraiment, à se chambrer dans les couloirs, à rire ensemble. Au début, Draco a respecté mon besoin de calme et de discrétion et puis, un jour, à travers la grande salle, il m'a lancé sans la moindre préparation :
- Eh Wivre, c'est vrai que ta maison a peur de gagner cette année ?
Je n'avais pas compris immédiatement, j'étais resté figé et un peu ahuri. J'avais envie de disparaître à vrai dire et puis il avait ajouté.
- Il parait qu'ils ont pris un autre attrapeur que toi. On va vous massacrer !
Alors je me suis mis à rire avec lui parce que oui, les Serpentards allaient massacrer les Gryffondors vu l'équipe de bras cassés qui avaient été réuni. J'avais essayé de proposer ma candidature à demi-mot, parce que j'aimais vraiment le Quidditch ... mais elle avait été refusé. Visiblement, j'étais plus du tout un type qui pouvait représenter sa maison. Draco gueulait tout ça pour leur montrer l'absurdité de la chose.
En riant, j'ai répondu :
- Il parait qu'on a peur de rien, même pas du ridicule ! C'est les Gryffondor ça !
La table des Serpentards avait ri avec nous. Celle des Gryffondor beaucoup moins, mais depuis, les petits échanges dans ce genre s'étaient multipliés. On se chambrait uniquement sur nos maisons, parce qu'on s'en foutait et que ça ne changeait rien entre nous. Parfois, père, depuis la table des professeurs avait l'air vraiment fatigué par nos échanges, mais dans ses lettres, Lucius, notre autre père, montrait qu'il recevait des échos croustillants et assurait qu'ils étaient tout les deux très fiers de nous.
Bref, Neville s'y fera maintenant que nous sommes de nouveau ami. Il se fera à l'idée que je ne suis plus Harry Potter, que je suis pas non plus juste un Malefoy. Trop gryffondor pour ça. Finalement, je suis juste moi et c'est bien comme ça. J'ai perdu beaucoup de chose, mais j'ai aussi gagné beaucoup. Une identité plus réelle. Un frère. Une famille. Une vie bien à moi.
J'ai mis longtemps à retrouver cette idée que je savais pourtant déjà, du temps où j'étais Harry Potter. La famille. La famille, c'est ça l'important. Juste la famille.
Cette année pour Noël. Pour la première fois depuis le début de ma scolarité, j'allais rentrer chez moi, dans ma famille et célébrer tranquillement les festivités en compagnie de mon frère et de mes pères.
Bizarre hein ? On dirait bien que je pourrais être heureux.
FIN
note de fin : bon c'est la fin officielle, mais il reste le bonus à venir. Alors, alors ... qu'est-ce que vous en avez pensé ?
