DaiSuga pour le thème "Souvenirs".
(Un GRAND merci pour les reviews que j'ai reçues récemment, je vous love très fort bordel.)
Bonne lecture !
C'était facile, quand on était plus jeunes.
Quand je t'ai vu pour la première fois, je me suis demandé si tu étais humain, à cause de la couleur de tes cheveux. Peut-être que j'étais naïf, peut-être que j'étais trop rêveur, mais j'étais persuadé que tu avais quelque chose de spécial. Tu étais beau, à l'époque. De quelle couleur était ta chevelure, en fait ?
Quand j'ai joué avec toi pour la première fois, c'était avec une poupée ridicule maquillée avec du stylo vert pomme. Tu incarnais une belle princesse enlaidie par des enfants de quatre ans, tandis que j'étais le beau prince qui venait te secourir et t'épouser. Je ne me demandais pas à l'époque, si toutes ces choses pouvaient exister et si tous ces comtes s'étaient déjà produits. On s'était amusés, ce jour là, et je t'avais trouvé rayonnant. Comment était ton rire, déjà ?
Quand je t'ai invité pour la première fois chez moi, tu ne m'as pas lâché d'une semelle toute la journée. Je me souviens encore de ton regard fuyant lorsque ma mère t'adressait gentiment la parole, de ta timidité ahurissante lorsque mon père t'observait longuement, de ta main qui s'était glissée dans la mienne et que tu avais serrée de toutes tes forces, comme si tu avais peur que je m'en aille. Non, je ne pouvais pas m'en aller de toute façon. Ta peau était douce, n'est-ce pas ?
Quand on est enfin entrés à l'école primaire, on a été séparés pour la première fois depuis qu'on se connaissait. Je me souviens encore de tes yeux bruns pétillants lorsqu'on se retrouvait durant nos pauses, ou encore de tes larmes refoulées qui apparaissaient lorsqu'on devait se quitter pour retourner étudier. Quand tu me prenais dans tes bras et que tu me serrais fortement de peur que je t'abandonne, je voulais pleurer, moi aussi. Tu étais fort à l'époque, non ?
Quand on s'est définitivement séparés au collège, j'ai eu l'impression qu'on m'avait enlevé quelque chose. C'était vide et triste sans ta présence à mes côtés ; je me sentais mal lorsque je ne te voyais pas me faire de grands signes à la sortie, lorsque je ne te sentais plus me sauter dessus en me prenant par surprise, lorsque je t'attendais à chaque fois mais que je savais que tu ne viendrais pas. C'était douloureux. Je t'aimais déjà à l'époque, je crois ?
Quand je t'ai vu au lycée pour la première fois depuis plusieurs années, j'ai eu la sensation d'être projeté dix ans en arrière, lorsque tu es arrivé dans ma vie et que tu l'as complètement bouleversée. Tu étais arrivé comme une fleur, tu t'étais imposé, puis tu avais disparu, mais tu étais revenu au final. Et tu m'avais encore chamboulé, une seconde fois, comme si la première n'avait pas été suffisante. C'était le destin, peut-être ?
Quand on a quitté Karasuno, ça a été un véritable ascenseur émotionnel pour tout le monde, mais surtout pour toi et moi. On avait vécu trois belles années riches en émotions, on avait rencontré de belles personnes dont je ne connais même plus le nom, on avait accompli plein de choses incroyables en tant que joueurs de volley-ball dans l'équipe du lycée, mais aussi en tant qu'adolescents adeptes de sensations fortes. J'étais heureux à ce moment là, tu sais ?
Puis, toutes les années qui ont suivi on été comme une grande ellipse dans ma vie, comme si le temps s'était soudainement accéléré et que je n'avais pris conscience de rien jusqu'ici. Je ne t'ai pas vu t'éloigner progressivement, pas vu grandir, pas vu mûrir, pas vu te construire. J'étais seul et je t'observais, aveugle, avancer indépendamment de moi, tandis que je ne faisais rien pour te rejoindre, rien pour te retenir.
Non, je ne savais pas grand chose.
Et je m'en allais, enfin.
Dis Suga, tu te souviens ?
Pas moi.
C'est la première fois que je fais une focalisation interne, j'aime bien le résultat. o:
Les thèmes m'inspirent trop là c'est horrible, mais j'aime beaucoup trop aaah. ;;
Merci d'avoir lu, peace.
