Voici la traduction du deuxième chapitre de la fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!
Note de l'auteur: Davantage de angst pour Lee. Je torture vraiment ce pauvre gosse. On dirait que les personnages que j'aime sont ceux qui en voient tout le temps de toutes les couleurs dans mes histoires..
-Tu connais ce garçon?
-Ouais. Rock Lee. C'est lui qui ne peut pas utiliser de Ninjutsu ou de Genjutsu.
Lee tentait d'ignorer le murmure des voix sur sa route. Un groupe d'enfants le regardait, dans la rue.
-Je ne comprends pas pourquoi ils l'ont laissé avoir son diplôme, murmura une fille. Comment est-ce qu'il peut être un ninja sans Ninjutsu? C'est insensé.
-Ouais, les professeurs ont sûrement juste eu pitié de lui.
-Il a une drôle de tête, non?
-Il me fout les jetons. Avec ses yeux globuleux. Et ses cils bizarres.
-Sans parler de ses sourcils. Je veux dire, sérieux, vous avez déjà vu un truc comme ça? On dirait des aliens parasites poilus qui dirigent son visage.
Des ricanements étouffés accueillirent cette remarque. La gorge de Lee se serra, et son pouls s'accéléra. Peu importe ce qu'ils pensent, se dit-il.
Mais ça faisait quand même mal.
Lee s'assit sur une souche à côté de Gai, ses muscles brûlaient de l'effort physique qu'il avait fait, sa tunique collait à sa peau trempée de sueur. Le soleil disparaissait à l'Ouest, peignant les nuages d'un orange de feu.
Parfois, après que Neji et Tenten étaient rentrés chez eux, Lee et Gai continuaient à s'entraîner ensemble. Normalement, c'était l'un des moments préférés de Lee ; avec son sensei, il se sentait en paix d'une manière qu'il n'avait jamais ressentie en s'entraînant seul. Et – même s'il ne se l'était jamais admis jusqu'à maintenant – c'était excitant d'avoir l'attention de Gai complètement portée sur lui.
Aujourd'hui, néanmoins, des pensées troublantes traînaient dans un coin de son esprit
-Tout va bien, Lee? Tu es assez distant.
-Je suis désolé. Je pensais juste à des choses.
-Envie de partager tes pensées?
-Je ne sais pas si vous trouveriez ça très intéressant.
-Ridicule. Tu peux me parler. Que se passe-il dans ton esprit plein de jeunesse?
Lee hésita.
-Gai-sensei.. est-ce que je suis laid?
Le sourire de Gai s'évanouit et il écarquilla les yeux.
-Non. Qui t'a mis une telle idée en tête, Lee?
-J'ai entendu par hasard des enfants le dire, dit-il avant de regarder ailleurs. Je sais que je ne devrais pas prêter attention à ce que les gens disent. Mais quand on entend certaines choses encore et encore, ça devient difficile de ne pas les croire.
-Les gens disent ça de toi?
Lee hocha la tête, le regard au sol.
-Ça ne devrait pas m'importer. Je suis un ninja. Mon corps est un outil, pas une décoration. Pourtant, je me sens mal quand j'entends ces choses, dit-il avant de regarder ses mains. Je–j'imagine que j'ai toujours su que je n'étais pas particulièrement beau, mais..
-Lee, tu n'es pas laid. Loin de là.
Lee serra les poings.
-Alors pourquoi ils disent ce genre de choses?
Gai se gratta le menton, le regard dans le vide, plongé dans ses pensées.
-La manière dont les autres te voient est très étroitement liées à la manière dont tu te vois toi-même. Si tu penses que tu es laid, c'est ce que les gens verront. Mais si tu as confiance en toi, ils le verront également. Et la confiance en soi est attirante.
-Vous croyez?
Gai acquiesça.
-Dans ce cas, j'essaierai d'avoir davantage confiance en moi. Peut-être que ça fera une différence. Mais.. vous ne trouvez pas que mes sourcils sont trop broussailleux, ou quelque chose comme ça?
-J'ai des sourcils broussailleux. Tu penses que ça me rend laid?
-Non, pas du tout! Mais.. fit Lee en rougissant. Votre visage est bien plus beau que le mien. Mes yeux sont globuleux, et mes cils sont trop longs, et..
-Lee. Qu'est-ce que je t'ai dit? La manière dont tu te vois est tout ce qui compte. Il est vrai que tu as une apparence très caractéristique, mais ce n'est pas une mauvaise chose. Ce sont tes traits uniques qui te rendent spécial. Un jour, tu rencontreras quelqu'un qui aime toutes ces choses de toi.
-Vous.. vous pensez que quelqu'un pourrait trouver que je suis attirant?
-Bien sûr, sourit-il. Y a-il quelqu'un que tu aimes bien, Lee? C'est pour ça que tu poses ces questions maintenant?
Lee s'empourpra d'un rouge écarlate et baissa les yeux, son cœur tambourinait. Pendant un instant, il fut certain que Gai savait, et il voulait se recroqueviller sur lui-même et disparaître. Mais Gai se contenta de rire doucement.
-C'est bon. Tu n'as pas besoin de me dire de qui il s'agit, dit-il avant de poser une main sur l'épaule de Lee. Tu as de nombreuses qualités exceptionnelles, à l'intérieur comme à l'extérieur. Si tu crois en toi, les autres verront ces qualités et apprendront à les apprécier. Comme je les apprécie.
Lee eut le souffle coupé. Il leva les yeux et croisa le regard de son sensei.
Personne ne l'avait jamais regardé comme Gai le regardait – avec cette chaleur, cette douceur, comme s'il comprenait chaque parcelle de Lee, comme s'il le tenait dans son regard.
Oh, Sensei, c'est vous que j'aime.
-Il se fait tard, dit Gai. Rentre chez toi. Repose-toi. Et souviens-toi de ce que je t'ai dit.
-Oui, Sensei.
Lee se rendit chez lui.
Il prit une douche, se mit en pyjama et s'allongea sur son matelas. Ses yeux se promenèrent sur la photo encadrée à côté de lui. Puis il se roula de l'autre côté, glissa une main sous son pantalon et ferma les yeux.
Il imagina des mains tendres, fortes, caresser son corps, le toucher et le caresser partout – la sensation de ces paumes fermes, calleuses, sur sa peau. Il pensa à ces yeux sombres plein de chaleur qui le regardaient comme s'ils pouvaient voir tout ce qu'il y avait en lui, qui le regardaient avec tant d'attention, d'amour, et ce sourire.. il ferait n'importe quoi juste pour voir ce sourire.
-Gai-sensei, murmura-il.
Il cacha son visage dans son oreiller, haletant. Son corps se contracta, et un hoquet s'échappa de sa gorge quand il vint.
L'instant d'après, il retira sa main – à présent poisseuse et humide – de son pantalon. Il la regarda un moment, puis il alla dans la salle de bain et se lava les mains. Il retourna sur son matelas, s'allongea et fixa le plafond, la couverture remontée jusqu'au menton.
Il s'endormit et rêva.
Dans ce rêve, il était au centre du village, nu. Une foule de villageois l'entourait, le regardait. Quelques uns ricanaient, les autres murmuraient derrière leur main, le regard sombre de désapprobation.
Son cœur battait à tout rompre. Il se sentait nauséeux et avait tellement chaud que c'en était insupportable, comme si des spots de lumière brûlants étaient braqués sur lui. Il essaya de se cacher avec ses mains, mais il savait que c'était inutile, parce que tout le monde pouvait tout voir – pas seulement son corps, mais aussi ses pensées, ses désirs. Ils savaient. Ils savaient tout ce qu'il faisait la nuit, et à qui il pensait. La honte lui serrait la gorge, l'étouffait, et des larmes lui picotaient les yeux.
Puis il vit Gai en marge de la foule, et la peur le frappa à l'estomac comme un coup de poing.
-Sensei..
Gai le regardait avec une pointe de déception. Puis il secoua la tête et s'éloigna.
Lee se réveilla en larmes.
Alors que l'aube se dessinait, Lee s'habilla et commença ses étirements d'échauffement, suivis d'une heure d'abdominaux, de pompes et d'haltérophilie. Les souvenirs de son rêve s'évanouirent, et il arriva à se perdre dans les mouvements de son corps, dans la brûlure de ses muscles. Quand il s'entraînait, c'était plus facile d'oublier ces pensées troublantes: le monde semblait plus simple, plus clair, plus défini.
Après un rapide petit-déjeuner, il quitta son appartement et rejoint Neji et Tenten au terrain d'entraînement.
Ils passèrent la journée à apprendre à marcher sur l'eau. Lee était d'abord inquiet de ne pas pouvoir y arriver, mais Gai lui assura que c'était dans ses cordes.
-Marcher sur l'eau ne relève pas du Ninjutsu ou du Genjustu, dit-il. Tu peux manipuler son chakra dans ton corps comme tout le monde. Concentre simplement ton chakra dans ta voûte plantaire.
Au bout de quatre heures, Lee maîtrisa finalement la technique, et Gai le récompensa d'un sourire qui le réchauffa jusqu'aux bout des orteils.
À la fin de la journée, l'équipe se sépara.
-Attends, fit Lee à l'attention de Neji.
Neji jeta un œil par-dessus son épaule.
Lee brandit son bras et le pointa du doigt.
-Je te défie.
-Combien de fois on va devoir faire ça?
-Autant qu'il le faudra.
Neji soupira et mit ses mains sur les hanches.
-Bien, dit-il en levant une main et en lui faisant signe du doigt de venir. Je t'attends.
Lee attaqua.
Ça dura exactement deux minutes et trente-six secondes avant que Neji l'envoya au sol. Lee revint à la charge encore et encore, mais à chaque fois le résultat était le même.
Il chancela, il haletait. Son corps lui faisait mal de partout. Le sang coulait d'une blessure sur sa joue.
-Encore une fois!
Neji le fixa d'un regard froid. Il avait l'air aussi impeccable et propre qu'un modèle de magazine photo ; il n'avait pas une seule égratignure ni une goutte de transpiration sur son visage. Il ne haletait même pas. Oh, qu'est-ce que Lee donnerait pour le voir poussé à bout, juste une fois – de le voir sale et suant sous l'effort, de le voir lutter, vraiment lutter..
-J'ai scellé plusieurs de tes points de chakra, dit Neji. Tu ne peux pas te battre dans ces conditions.
Lee se jeta sur lui. Neji fit soigneusement un pas de côté et Lee trébucha. Sa jambe le lâcha, et il tomba sur ses mains et ses genoux.
-Je n'abandonnerai pas! fit Lee en se relevant et en chargeant de nouveau Neji.
Neji toucha son poignet et se servit de l'élan de Lee pour l'envoyer dans les airs. Son dos heurta de plein fouet un arbre, et il tomba dans l'herbe. Tout en lui faisait mal, mais pourtant, il obligea son corps à se relever.
-Tu vas te faire vraiment mal si tu continues comme ça.
-Je m'en fiche! dit-il en titubant en direction de Neji. Je continuerai de me battre même si je dois me briser tous les os! C'est ma Voie de ninja!
-Est-ce que tu dois vraiment toujours être aussi dramatique? Écoute, j'arrête. Je ne me bats plus contre toi aujourd'hui. J'ai des choses à faire chez moi.
-Bien, dit Lee en faisant volte-face. Je vais continuer à m'entraîner seul, dans ce cas.
-Tu devrais rentrer chez toi et te reposer. Tu es sur le point de t'évanouir. Tu as utilisé la majeure partie de ton chakra pendant la leçon de marche sur l'eau, et tu n'as rien mangé depuis des heures.
-Je n'ai pas besoin de repos.
Neji soupira.
-Comme tu voudras. Je m'en vais.
Il fit demi-tour et sortit de la clairière.
Lee se tourna et frappa du poing un arbre près de lui. Il le frappa encore, et encore, les dents serrées, ignorant la douleur.
Il avait été tellement sûr de battre Neji aujourd'hui. Il l'avait senti.. mais au final, c'était toujours la même chose. Une boule d'amertume et de frustration lui brûlait le torse, sa vue s'embruma de larmes tandis qu'il frappait le tronc d'arbre, vaguement conscient que ses mains laissaient des traces de sang sur l'écorce brute.
Si je ne peux pas mettre mille de coups de poing, je devrai faire deux mille burpees!
Ses bras se mouvaient dans un mouvement flou.
-Cinq cent soixante-sept, haleta-il. Cinq cent soixante-huit..
Sa vision se voila et des picotements engourdirent ses membres. Il n'y prêta pas attention, il les refoula. Il devait devenir plus fort. Il ne voulait pas se reposer – pas avant d'avoir battu Neji, pas avant de s'être prouvé et d'avoir prouvé à tout le monde que l'effort pouvait faire la différence, que le destin d'une personne n'était pas gravé dans la roche, qu'il valait quelque chose, qu'il n'était pas un perdant..
-Sept cent vingt-huit! Sept cent vingt-neuf!
Il deviendrait un excellent ninja. Il y arriverait même s'il devait travailler dix fois, vingt fois plus dur que Neji, même s'il devait endurer la douleur paralysante, même s'il devait repousser ses limites chaque heure, chaque minute de sa vie. Il serait fidèle à sa Voie de ninja. Il rendrait Gai-sensei fier.. il..
Une vague de faiblesse le submergea. Ses genoux tremblèrent et lâchèrent, et il s'effondra dans l'herbe, le souffle court. Il essaya de se relever, mais ses membres lui donnaient l'impression d'être des nouilles trop cuites.
Je n'abandonnerai pas.. Je ne..
Lee releva la tête et regarda faiblement ses mains. Il cligna des yeux. Ses jointures n'étaient que sang et chair à vif, la peau était déchiquetée, comme si quelqu'un s'était attaqué à ses mains avec une râpe à fromage. Il vit l'éclat blanc d'un os à travers la peau en lambeaux. Le sang coulait sur l'herbe. Tellement de sang. Est-ce que c'est moi qui ai fait ça? Il n'avait même pas remarqué la douleur..
Le vertige l'envahit. Ses yeux vrillèrent. Un petit grognement s'échappa faiblement de sa gorge et le monde semblait en chute libre, les arbres et le sol tournoyaient sous ses yeux.
Puis l'obscurité l'avala.
