Voici la traduction du dernier chapitre de la fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!


Lee sortit de l'appartement en courant, aveuglé par les larmes. Il ignora les regards curieux que les autres villageois lui lancèrent et continua à courir. Il courut jusqu'à un coin isolé dans les bois, loin de tout le monde, et tomba à genoux. Les larmes coulaient sur son visage, s'échouaient dans l'herbe.

Comment avait-il pu être aussi stupide, aussi négligent? Tout d'abord, il n'aurait jamais dû écrire ce poème.. et il n'aurait assurément pas dû le laisser en vue, là où Gai aurait pu tomber dessus. À présent, Gai allait sûrement deviner la vérité. Lee s'assit sur le sol, essuya ses larmes et serra ses genoux contre son torse. Reprends-toi, pensa-il. Il savait que s'enfuir avait été idiot, enfantin. Mais il n'avait pas pu faire face à sa gêne de savoir que Gai avait vu quelque chose d'aussi personnel, d'aussi privé.

Et une fois que Gai aurait compris la vérité, qu'est-ce qui allait se passer?

Après un moment, Lee se leva et retourna au village en marchant.


Gai errait dans les rues de Konoha, anxieux. Il avait passé la dernière heure à chercher Lee. Il avait vérifié dans tous les endroits habituels, mais Lee n'était nulle part.

Depuis qu'il était devenu le professeur de Lee, ils étaient devenus proches, plus proches que Gai ne se l'était autorisé avec quiconque depuis longtemps. En fait, Lee était devenu la personne la plus importante dans sa vie. Gai ne supportait pas de savoir son cher élève en colère, peut-être même en colère contre lui.

Il repéra Kakashi en train de marcher dans la rue et lui fit signe de la main.

-Ah, bonjour.

Kakashi leva le nez du livre qu'il avait en main.

-Salut. Tout va bien?
-Pourquoi tu demandes? demanda-il en souriant distraitement à Kakashi.
-On dirait que quelque chose te préoccupe.

Gai hésita.

-Kakashi, qu'est-ce que tu fais quand quelqu'un à qui tu tiens est furieux contre toi? Comment tu arranges les choses?

Kakashi haussa un sourcil.

-Dire "Je suis désolé", c'est un bon début. Et offrir des fleurs ne fait jamais de mal, non plus. C'est bien d'une femme que l'on parle, hein?
-Et bien, non.
-D'un homme?
-Euh.. pas exactement.
-D'une tortue?
-Non!
-Oh, bien. Pendant un instant j'ai pensé que tu avais commencé à faire des trucs pas nets avec ta créature d'invocation. Ça ne serait pas la première fois que quelqu'un fait ça.

Gai se frotta l'arête du nez, trop préoccupé pour être vexé par l'habituelle attitude décontractée et désinvolte de Kakashi.

-Ce n'est pas d'un partenaire amoureux dont je parle, c'est d'un élève. J'ai juste besoin de savoir comment arranger les choses.
-Excuse-toi. C'est vraiment tout ce qu'i faire.

Gai prit une grande inspiration.

-Bien. Merci. Au fait.. est-ce que tu as vu Lee aujourd'hui?
-Tu veux le mini-toi qui te suis toujours partout? Non, je ne l'ai pas vu. Attends, est-ce que c'est lui..?
-Oui, dit-il en baissant la tête.
-Je ne l'aurais jamais pensé capable d'être furieux contre toi. Qu'est-ce qui s'est passé, du coup?

Gai hésita.

-J'ai lu quelque chose qu'il a écrit dans son calepin. Quelque chose d'assez personnel. Je n'ai pas pensé à mal à ce moment-là, mais quand il l'a découvert, il était vraiment contrarié. Il est parti en courant et maintenant je n'arrive pas à le trouver.
-Mmh.
-Mais bon, je vais continuer de chercher. Merci pour ton conseil.
-Pas de problème. J'espère que ça s'arrangera.

Gai alla chez le fleuriste. Kakashi avait dit qu'offrir des fleurs ne faisait pas de mal, donc..

Il poussa la porte, et une cloche tinta à son entrée. Ino regarda par-dessus le magazine qu'elle lisait au comptoir.

-Bonjour, Gai-sensei. Est-ce que je peux vous aider?
-Euh.. fit-il en se frottant la nuque, ne se sentant pas à sa place. Je vais peut-être juste regarder un peu.

Il examina le magasin pendant quelques minutes, se sentant submergé par la diversité des fleurs – comment était-il savoir laquelle choisir? Il pouvait demander à Ino, mais il ne voulait vraiment pas expliquer son problème à une fille qu'il connaissait à peine. Puis, son regard s'arrêta sur un petit stand dans un coin: une petite mare avec des nénuphars et un assortiment de bourgeons rose et blanc flottant à la surface.

-C'est un lotus, c'est ça?
-Tout juste.
-Un d'eux, s'il te plaît.

Un instant après, Gai sortit du magasin en portant à deux mains un seul bourgeon blanc à l'aspect fragile. À présent, il lui restait à trouver Lee. Alors qu'il regardait alentour, ça lui vint à l'esprit – le seul endroit qu'il n'avait pas vérifié, l'endroit où Lee allait le plus souvent quand il était troublé ou qu'il devait prendre une décision.

Gai fit demi-tour et partit vers l'Académie.

En chemin, il se demanda si la fleur était vraiment un bonne idée. Il avait tendance à prendre au pied de la lettre les conseils de Kakashi, mais Kakashi avait présumé en premier qu'il parlait d'une femme, et les fleurs étaient habituellement quelque chose que les garçons donnaient aux filles. Lee pourrait trouver ça étrange. Il pourrait même être embarrassé.. et après ce qui s'était passé, la dernière chose que Gai voulait, c'était qu'il se sente gêné ou mal à l'aise.

Doucement, il rangea le bourgeon dans la poche de sa veste, hors de vue.

Gai entra à l'Académie et parcourut les couloirs, monta les escaliers, jusqu'au balcon qui offrait une vue sur Konoha – ce balcon où Lee avait une fois annoncé son rêve à Gai et à ses camarades. Comme prévu, il trouva Lee ici, assis sur le banc, les épaules affaissées et la tête basse.

-Lee.

Lee sursauta et bondit sur ses pieds.

-Gai-sensei!
-Je t'ai cherché partout. J'étais inquiet.

Lee baissa les yeux.

-Je ne voulais pas vous inquiéter, murmura-il.

Pendant un moment, il restèrent là en silence, face à face.

Puis, au même moment, ils dirent: "Je suis désolé."

Lee leva les yeux, l'air surpris.

-Vous n'avez pas à vous excuser..
-Si. J'ai trahi ta confiance. J'ai regardé quelque chose que je n'aurais pas dû voir, et je t'ai gêné et blessé. Je suis vraiment désolé, Lee. Je te promets que ça n'arrivera plus.
-Merci, dit doucement Lee. J–Je dois aussi m'excuser. J'ai eu une réaction excessive. Je n'aurais pas dû m'enfuir. Vous avez tellement fait pour moi, et je–
-Non. Tu n'as rien fait de mal.

Gai fit un pas vers lui et regarda les yeux sombres de Lee. Ils étaient rouges, remarqua-il, et son cœur se tordit. Lee avait pleuré. Pleuré à cause de lui.

-Tu me pardonnes? chuchota Gai.

Lee acquiesça.

Gai passa les bras autour de son élève. Lee le serra fort contre lui.. puis recula.

-Qu'est-ce que c'est? Vous avez quelque chose dans la poche de votre veste.
-Oh, fit-il en sentant ses joues chauffer. Ce n'est rien.

Lee sembla perplexe.

Gai soupira et sortit le bourgeon de lotus de sa poche.

-Un ami m'a dit que quand on voulait s'excuser auprès de quelqu'un, on lui offrait des fleurs.

Les yeux de Lee s'agrandirent.

-C'est pour moi? demanda-il en se montrant du doigt. Vraiment?
-Oui. Mais je n'étais pas sûr que tu en veuilles. Je me demandais si tu allais trouver ça idiot.
-Je ne trouve pas ça idiot.
-Alors il est à toi, si tu l'acceptes.

Il lui tendit le lotus, et Lee le prit à deux mains et le tint contre son cœur.

Gai regarda le délicat bourgeon.

-On dirait que j'ai froissé un de ses pétales, dit-il en lissant le pétale de son pouce. Je n'aurais pas dû le mettre dans ma poche comme ça. C'était négligent.
-Ce n'est pas grave. C'est toujours une fleur magnifique.

Gai regarda Lee. Ce dernier regardait le lotus, une délicate teinte de rose aux joues.

-Oui. Magnifique.


Ils rentrèrent ensemble. Lee tenait le lotus dans ses mains en souriant. Voir Lee sourire rendait toujours Gai heureux.

Il posa une main sur l'épaule de son élève.

-Qu'est-ce que tu veux manger ce soir? Je vais cuisiner. Ou on peut commander, si tu préfères.
-Est-ce qu'on peut faire du curry épicé?
-Bien sûr.

Il regarda les yeux de Lee. Ils ne portaient pas une seule trace de méfiance ou de ressentiment. Lee était toujours prompt à pardonner, et Gai savait que son élève ne reviendrait plus là-dessus.. pourtant, quelque chose en lui lui faisait mal. J'ai froissé un de tes pétales, pensa-il.

Lee était toujours plein de volonté, rempli du feu de la jeunesse, il était facile d'oublier qu'il était aussi une âme sensible. Mais Gai ne referait plus cette erreur. Il serait plus attentionné à l'avenir.

-Gai-sensei?
-Oui?
-À propos de ce poème que j'ai écrit..
-C'est bon. Tu n'as pas à m'expliquer quoi que ce soit. Tu n'as pas non plus à me dire de qui il s'agit.

Lee cilla.

-Vous ne savez pas?
-Non, le poème ne donne aucun nom, du moins pas que j'aie vue. Mais c'est aussi bien. Je n'ai pas besoin de savoir.

Lee reporta son regard sur sa fleur.

-Merci.

Alors qu'ils marchaient, il regarda Lee du coin de l'œil. Il savait que Lee manquait toujours de confiance à propos de son apparence, mais Gai l'avait toujours trouvé adorable. Il aimait les grands yeux expressifs de Lee, ses sourcils broussailleux, ses longs cils – même la petite courbe au milieu de sa lèvre supérieure était en quelque sorte attendrissante. Il va devenir un jeune homme très attirant, pensa Gai. Hors du commun, oui, mais tout aussi beau et éclatant grâce à ça.

Il se demandait pourquoi il pensait à ça maintenant. Il sentit ses pensées revenir aux mots du poème de Lee, se concentrant sur les indices.

Des yeux sombres. Quelqu'un proche de Lee. Il y avait une réponse évidente – une que Gai n'avait pas prise en compte, qu'il ne s'était pas autorisé à prendre en compte.

Se pourrait-il..?

Le cœur de Gai s'accéléra, et son esprit fuit cette pensée, mais il ne pouvait pas l'ignorer.

Il savait que des gens murmuraient des rumeurs à leur sujet. Il en avait entendu quelques-unes par hasard, et ça faisait toujours mal, mais il avait accepté le fait que des gens ignorants feraient leurs hypothèses. Lui et Lee étaient très proches, après tout, et ils n'avaient pas honte de se prendre dans les bras devant tout le monde, et maintenant ils vivaient ensemble – un homme et un garçon de douze ans qui n'était pas de sa famille, qui partageaient un appartement. Bien sûr qu'il y aurait des rumeurs. Certaines personnes, se rappelait-il, n'arrivaient pas à comprendre le lien entre un sensei et son élève, à quel point ce lien pouvait être puissant, pur et beau. Certaines personnes voyaient le sexe partout. Il s'était toujours réfugié dans le fait de savoir qu'ils avaient tort, qu'il n'y avait rien comme ça dans sa relation avec Lee.

Mais si..

Non. Gai coupa court à cette phrase avant qu'elle aille plus loin. Lee était son élève, Gai son professeur, et ils s'aimaient d'une manière simple, pure, incroyable, et c'était tout ce qu'il y avait. Parce que s'il s'autorisait à prendre en compte les autres possibilités, il ne pourrait plus être avec Lee, et c'était impensable. Ils avaient besoin l'un de l'autre.

Mais si..

Il fit taire cette pensée.

Le temps qu'ils arrivent chez eux, il réussit à exclure cette pensée de sa tête.


Cette nuit-là, Lee était étendu et éveillée, à regarder la fleur de lotus d'un blanc neige dans le vase en verre à côté de son lit. Il soupira, s'emmitoufla dans sa couverture chaude et confortable, et ferma les yeux. Il entendait la douche couleur, et il savait que Gai s'apprêtait à aller au lit.

Une image surgit dans sa tête: des gouttes d'eau qui ruisselaient sur un large dos musclé.. des mains fortes frottant le savon, faisant de la mousse, l'étalant sur sa peau mouillée et glissante..

Lee déglutit et enfouit son visage dans le coussin. Il essaya de se concentrer sur les exercices de méditation que Gai lui avait enseignés, mais ses pensées revenaient sans cesse à cette image. Après un moment, il abandonna et mit la main dans son pantalon.

Quelques minutes après, il essuya sa main dans des mouchoirs et les lança dans la poubelle. Des larmes lui montèrent aux yeux.

Il vivait avec Gai. C'était comme un rêve devenu réalité.. excepté qu'il vivait toujours dans la terreur que Gai découvre la vérité sur lui. Pourquoi ces désirs confus et gênants devaient venir gâcher ce bonheur?

Il se résolut à trouver un moyen de contrôler ses désirs. C'était un génie de l'effort. Il contrôlerait son corps avec la discipline mentale – et il s'assurerait que Gai ne découvre jamais, au grand jamais la vérité. S'il la découvrait, Lee était sûr que leur merveilleux lien serait souillé à jamais. Gai ne voudrait plus qu'il vive avec lui. Il le repousserait. Lee devait simplement s'assurer que ses fantaisies secrètes restent secrètent. Mais une pensée lui chatouilla la tête.

Et s'il ressentait la même chose?

Pendant un instant, il se rappela le bref contact du doigt de Gai sur ses lèvres, le doux baiser sur son front. Puis il repoussa cette pensée. Ça n'arriverait jamais. Gai avait vingt-six ans. Lee en avait douze.

Il ferma les yeux, et une petite voix au fond de son esprit lui chuchota: Un jour peut-être.

Un jour. Il accrocha ce mot à son cœur comme un talisman tandis qu'il tombait de sommeil.

Il rêva de Gai.

Fin


Et voilà! J'espère que vous avez apprécié cette traduction! Je vous encourage à aller marquer un petit mot sous la version anglaise de l'auteur, même si vous ne parlez pas anglais, juste un "I like it" ou "I love it" sera apprécié je pense ^^

Si vous voulez continuer à lire cette série de fictions dans l'ordre chronologique, la suivante s'appelle "Discipline"!