Il est venu le temps des explications, c'est la fin des secrets. Enfin le mystère qui entoure la famille McKinnon allait se dissiper.
Alors qu'Elias en apprend plus sur ce monde secret il croit devenir fou. Mais les détails sont trop nombreux, les explications sur le monde magique bien trop fournis pour que ça ne soit qu'un récit sortit d'un roman quelconque.
Eléonore raconte sa vie de façon très succinct. Si elle lui avait tout raconté ils en auraient eu pour des jours. Il aurait eu matière à écrire plusieurs romans sur ce monde fabuleux qu'il ne soupçonnait pas.
Un monde rempli de sorciers, château magique, balais volants et chaudron remplis de potions. Un univers dangereux mais o combien fascinant. Il a envie de tout savoir, tout connaitre. Avec une pointe d'envie il songe à ce qu'aurait pu être sa vie s'il avait reçu la lettre. Il a envie de poser tellement de question, de tout savoir. Eléonore lui a montré des preuves afin de le convaincre. Elle lui a montré sa baguette, a exécuté un sort de lévitation. Mais il n'a pas eu besoin de beaucoup pour y croire. Elias est un artiste, un homme qui ne demande qu'à rêver, à croire.
Mais surtout elle a rempli les blancs. Sortit les vieux albums photos manquant, exhibés les images qui bougent et s'animent aux grès des pages. Elle lui a raconté son histoire.
Une histoire née là-bas en Bretagne, à Roscoff petite ville où est née sa mère. Une ville où les ferrys partent régulièrement à destination de l'Angleterre, pays natal de son père. Ces liens qui unissent les communautés Roscovites et Britannique durent depuis des siècles, comme en atteste le nom de famille maternel qui a était porté fièrement par leurs ancêtres jusqu'au mers d'Orient et aux Caraïbes. Sioc'han un nom qui sonne tellement Irlandais dans cette petite ville perdue dans le grand ouest Français.
Elle est née là-bas. Enfant illégitime issue de l'amour d'une sorcière sang-pur Française et d'un sorcier Ecossais.
Chez les sorciers ont ne divorce pas. À cause de ce tradition d'un autre siècle, ses parents n'avaient jamais été reconnus comme mari et femme. Son père avait d'abord épousé une autre femme, une Anglaise qui lui avait donné un fils avant que leur couple ne s'abime et se brise. Séparé, mais non divorcé faute de le pouvoir, chacun avait refait sa vie de son côté.
Son enfance avait été heureuse dans la petite cité côtière aux côtés de sa mère, son père et des enfants de son frère à peine plus jeune qu'elle. La demeure familiale était remplie de fantômes qui appréciaient la petite gamine et pleine de joie qu'elle était. C'est grâce aux récits de ces aïeux fantasques qui aimaient raconter leurs aventures de corsaire, explorateurs d'iles magiques et armateurs qu'elle avait s'était mise à aimer l'histoire.
Mais de l'autre côté de la Manche le temps était à l'orage et la petite cité Amoricaine n'allait pas rester épargnée bien longtemps.
Elle était née en 1972 en pleine tourmente. Son père avait préféré l'exil plutôt que mettre en danger sa famille. Une sage décision que son fils n'avait pas suivi. Sa vie était là-bas, en Angleterre à lutter contre celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
Sa famille avait payé un lourd tribu à la première guerre sorcière. Une guerre qui avait jeté un glas sur les McKinnon et recouvert leur nom d'un mince linceul. Un nom qu'elle avait dû abandonné, renié pour avoir la chance de survivre.
Enfant illégitime elle avait été caché dans son petit paradis artificiel. Un éden qui s'était brisé en mille morceaux durant le mois de juillet 1981. En quelques jours son enfance avait été détruite et son cœur réduit à peau de chagrin. Ça avait commencé par une lettre que son père leur avait envoyée. Un mot griffonné à la va vite sur un papier déjà barbouillé d'encre et que de l'eau avait achevé de diluer en goutte baveuse.
« Ils sont morts, tous. Ils les ont tous tués. Marlè . Ils n'ont épargné personne. Même pas les enfants. C'était trop dangereux pour que je rentre. Je me cache en attendant la fin. Vous êtes en sécurité à Roscoff. Je vous aime. »
Après cette lettre ça avait été l'attente. Une attente qui les avait terrifiés. Attendre une autre lettre qui les rassureraient. Espérer le retour tant attendu. Guetter l'arrivé des mangemorts. Etre prêtes à se cacher dans les dédales qui couraient sous la maison. Et puis un jour ça avait été la fin du calvaire. Trois mois après la tragédie la guerre était fini. Avec un espoir renouvelé elles attendirent cette lettre. Une lettre qui n'était jamais venue. Une lettre qui n'arrivera jamais. Et, qui avait été remplacée par un nom écrit en toute lettre sur le bulletin qui faisait le décompte des morts. Les McKinnon avaient tous étés tués pendant la grande guerre. Toute sauf une, Eléonore McKinnon qui allait faire sa rentrée à Poudlard l'année suivante.
Sorcière de double nationalité elle avait eu le choix entre Beauxbatons et Poudlard. Son choix s'était porté sur Poudlard. Là-bas elle se sentait plus proche de son père et de son frère. Elle suivait leurs traces à travers les couloirs du château qu'ils avaient tant de fois arpentée. Parfois elle avait l'impression de sentir leur présence dans les salles de classes.
Le temps du deuil était là et pendant sept ans Poudlard avait été son nouveau foyer. Un endroit où elle avait grandi et appris à regarder à nouveau l'avenir. Dans la salle douillette des Poufsouffles elle avait trouvé sa voie. Comme ses ancêtres avant elle avait le gout des voyages dans le sang et l'amour de l'histoire dans le cœur. Poudlard l'avait forgée et par la suite elle était devenue une des plus grande magiearcheologue de son temps. Diplômée d'un doctorat d'une université moldu en étude des mythes pré-chretien ainsi que d'un doctorat sur les communautés magique Antique et Arthurienne elle s'est lancée à l'assaut de Tintagel et ses secrets. Un travail qui l'avait amenée en Cornouailles là ou une autre page de sa vie était prête à être tournée si Elias voulait encore l'épouser.
