Cela fait moins d'un an qu'Éléonore lui a révélé son secret. Quelques mois depuis sa demande en fiançailles qui avait exposé au grand jour la vérité concernant celle qui est sa femme depuis peu. En avril 2006 Elias le moldu avait épousé Éléonore la sorcière.
Jamais il n'a regretté d'avoir refait sa demande une fois qu'il avait connu la véritable nature de la jeune femme. Leur vie n'a pas vraiment changé une fois le passé sombre de sa fiancée révélé.

Enfin, en y réfléchissant il y a quand même eu deux trois petits changements. Les secrets entre eux ont été balayés, il n'y a plus d'excuses à trouver, plus de mensonges pour couvrir la magie qui fait partit de la vie de sa femme.
Et puis, en plus de ces grands changements il y a eu tous les compromis minimes qui sont monnaie courante dans une vie de couple. Même si ces compromis ont pris une tournure singulière pour le moldu qu'il est. Certains mots de vocabulaire magique ont dû être défini. L'aspirateur a disparu à la plus grande joie d'Éléonore.
Les employés ont été congédiés au grand désarroi de MacArthur leur majordome qui ne se voyait pas entretenir l'immense manoir seul. Heureusement, Eléonore lui a vite trouvé de nouveaux employés. Révoltée par le renvoi des elfes de maisons par certaines familles suite à la promulgation d'une loi obligeant à payer et libérés ceux-ci elle avait recueilli certains de ses elfes dans leur manoir. Il lui avait fallu quelques temps pour s'adapter à ces petites créatures étranges et fort polis qui travailles avec un acharnement incongru. Et c'est avec émotion que MacArthur avait accueilli ces elfes qui ramenait avec eux la magie de son enfance.

Comment Elias aurait-il pu se doute que son butler était un sorcier dépourvu de magie ? Un cracmol issu d'une des plus anciennes et grandes familles Britannique. Fort de ses connaissances de l'aristocratie il avait réussi à se faire engager comme majordome dans une des plus grande famille moldu, et pendant tout ce temps n'avait jamais fait aucune allusion à un autre monde que celui dans lequel il évolue dorénavant.
Jamais il ne s'était douté de quoi que ce soit concernant son si discret et efficace Butler. A croire que la magie a toujours fait partit de sa vie sans qu'il ne s'en doute une seule seconde.

La vie suit son cours tout doucement. Les elfes polissent, nettoient, récurent le manoir de fond en comble tous les jours. Les pelouses, fontaines et massifs n'ont jamais étaient aussi bien entretenu que depuis l'arrivée impromptue de ces petites créatures. MacArthur choie ses nouveaux employés et maitres avec une innocence d'enfant retrouvé.
Éléonore transforme de plus en plus leur demeure en endroit magique. Le pigeonnier longtemps inhabité est maintenant peuplé de chouettes et hiboux splendides.
D'immenses chats déambulent sur les pelouses, croisement entre un chat et un fléreur ils sont comiques avec leurs grandes oreilles. Les nombreux livres de potions, civilisations magiques et sorts du quotidien ont pris leurs quartiers dans la bibliothèque.
Il ne lui parait plus étrange de voir les objets voler, les écharpes se tricoter toutes seules devant le feu et les assiettes se laver d'elle même dans l'évier. Et même s'il n'est plus surpris par ces démonstrations de magie, il reste émerveillé par ces petits gestes du quotidien qui lui paraissent toujours aussi magique.

Mais surtout, il est ému par ce ventre qui s'arrondit doucement. Un ventre qui pointait déjà son nez lors de leur mariage. Une petite bosse qui annonce la venue au monde de leur première fille prévue pour le mois de juillet. Une petite fleur d'été qui se développe doucement dans le ventre d'Éléonore. Une future maman ronchonne qui souffre de ne plus pouvoir gérer son chantier de fouille autrement qu'à distance.
Mais malgré les hormones et humeurs fluctuantes qui jouent de nombreux tours aux habitants du château la grossesse se déroule paisiblement au sein d'une atmosphère heureuse ou tout le monde est au petit soin d'Eléonore. Des elfes de maison ravies au majordome enthousiaste en passant par le papa complètement fou de sa femme et de sa future petite princesse.

Les mois passent, et le ventre de la douce et tendre Eléonore s'arrondit de plus en plus tandis que l'été approche à grande vitesse.
Boudeuse la baleine promène son énorme ventre en attendant la délivrance et en maudissant sa fille ou son mari selon l'humeur du jour. Le mois de mai défile sans qu'il voit les jours passés et bientôt voilà l'été qui s'annonce avec juin qui arrive. A huit mois de grossesse Eléonore rêve de plus en plus de son accouchement entre crainte et désir frustré de délivrance.

C'est ainsi que le cinq juin, un jour comme un autre où les elfes tentent encore de satisfaire les gouts culinaire étrange d'Eléonore, les premières contractions se font sentir. Paniqué, Elias tente de prendre la situation en main.
Heureusement son butler toujours prêt se charge de rapatrier la petite famille à l'hôpital Saint-Mangouste où Eléonore souhaite accoucher. Remis du transplanage d'escorte organisé par les ambulanciers de l'hôpital exprès pour sa femme et lui il passe un rapide coup de fil à sa belle-mère pour lui annoncer l'arrivée impromptue de sa petite fille.
Une fois l'appel passé il se précipite dans la salle de travail où les cris d'Éléonore manque de le faire tourner de l'oeil. Menacé par sa femme il s'approche d'elle pour lui tenir la main pendant qu'elle le maudit à chaque contraction qui deviennent de plus en plus violentes. La sage-femme concentré à son travail ne se formalise pas des remontrances de sa patiente. N'espérant pas d'aide, Elias se décide à accepter les récriminations de sa femme, tout en palissant à chaque allusion à une paire de sécateur bien trop proche d'une certaine partie de son anatomie.
Les contractions se succèdent entrecoupées halètements, broyage de main, jurons et cris. Enfin vient le moment de pousser.
Moment fatidique annonçant la fin du travail et la venue au monde de leur bébé. Cela fait quelques heures qu'ils sont là, et pourtant il a l'impression d'être dans cette salle depuis des jours.
Les cris d'Éléonore résonnent dans ses oreilles, cris auxquels viennent vite se mêler les vagissements d'un bébé qui fait sa première rencontre avec le monde extérieur. Un petit être couvert de sang, placenta, mucus et autres sécrétions peu ragoûtantes. Il est tout fripé ce bébé, tout sanguinolent et pourtant c'est le plus beau qu'il est jamais pu voir. Il ne dit rien, les mots ne peuvent pas transmettre l'émotion qui l'étreint alors qu'il regarde sa petite fille être emportée par une infirmière pour son premier bain.
Une pression le ramène dans la pièce. Il presse en retour cette main qui l'agrippe toujours et embrasse d'un baiser le front ruisselant de sueur d'Éléonore.
D'une voix hachée et rauque d'avoir trop crier Éléonore quémande leur fille.
- Je veux voir Ella, où est mon bébé ?
Émue par cet instinct maternel qui prend le pas sur la fatigue et la douleur qu'elle ressent encore il regarde le doux visage de sa femme alors qu'elle presse contre elle leur petite fille qui vient de leur être rendue.