Chapitre n°2 : Un Nouvel Espoir

Assis en compagnie de Maître Yoda et de Bail Organa dans l'une des salles du complexe médical de Polis Massa, Obi-Wan ne pouvait s'empêcher d'espérer que tous les événements qui venaient de se dérouler n'étaient qu'un horrible cauchemar... Un cauchemar dont bientôt il allait se réveiller pour échanger quelques plaisanteries avec Anakin avant de repartir au front pour une nouvelle journée ponctuée de « négociations musclées »... Comment en étaient-ils arrivés là ? En une journée, tout avait basculé... En une journée la guerre s'était terminée, l'Ordre des Jedi avait été annihilé, la République était morte laissant place à un Empire autoritaire gouverné par les Sith... En une journée, j'ai perdu mon frère... Penser à Anakin provoqua une nouvelle vague de douleur dans le cœur d'Obi-Wan. Les souvenirs de Mustafar ne le quittaient pas. Inlassablement, il lui semblait entendre les dernières paroles qu'Anakin... « Je te hais »... Inlassablement il lui semblait revoir la vision d'horreur de son corps démembré dévoré par les flammes... Il avait abandonné Anakin à une mort atroce.

« Qu'allons-nous faire pour Padmé et les enfants ? » demanda Bail Organa, tirant Obi-Wan de ses songes. « L'empire ne doit pas découvrir leur présence ».

« Les cacher, pour leur propre sécurité nous devons », répondit Yoda, l'air pensif. « Morte, la Sénatrice, tout le monde devrait croire. De fausses funérailles sur Naboo, organisez nous devrions... »

« Maître Yoda, êtes-vous certain que transporter la Sénatrice jusqu'à Naboo soit bien sage étant donné les dernières nouvelles sur son état de santé ? » demanda Obi-Wan. « Ne devrait-elle pas plutôt être placée en congélation carbonique le plus rapidement possible afin de maximiser ses chances de survis ? »

Peu après la naissance des jumeaux, les droïdes médicaux avaient en effet appris aux deux Maîtres Jedi et à Bail Organa que, bien que plongée dans le coma, les fonctions vitales de Padmé continuaient de décliner et qu'à un tel rythme, ils ne lui donnaient pas plus de deux semaines à vivre. Les droïdes avaient cependant évoqué la solution de la congélation carbonique, afin de préserver la jeune femme dans un état stationnaire le temps que son état s'améliore et que ses fonctions vitales se restabilisent. Ce procédé n'était généralement pas utilisé pour des êtres humains et pouvait s'avérer risqué, mais c'était leur seul espoir pour tenter de la sauver.

« Tes inquiétudes je comprend, Maître Obi-Wan. En parler avec les droïdes médicaux je vais, mais persuadé je suis que, pour sa sécurité, morte la Sénatrice doit être cru », insista Yoda. « Nécessaires, de fausses funérailles sont. Ainsi, certain que Vador ne la cherchera pas nous serons ».

« Maître Yoda, Anakin est mort... », avança Obi-Wan la voix tremblante à l'énoncé de ce terrible état de fait. « Je l'ai abandonné... Je l'ai laissé brûler... Il n'y a aucune raison pour que... »

« Lis dans ton cœur Maître Obi-Wan, vivant Vador est toujours », le coupa Yoda. « Puissant dans la Force il est, sentir sa présence toujours je peux... La sentir, tu peux aussi, certain je le suis ».

Fermant les yeux, Obi-Wan laissa son esprit se couler dans la Force... Yoda avait raison... Il pouvait toujours percevoir la présence de son ancien apprenti à travers la Force... Une présence toujours aussi forte, mais à présent auréolée de ténèbres et de soif de pouvoir. En soupirant, Obi-Wan se prit la tête dans les mains, en signe d'impuissance. Pourquoi ne l'avait-il pas tué lorsqu'il en avait eu l'occasion ? Un simple geste et il aurait débarrassé la Galaxie de l'une de ses plus grandes menaces... Se ressaisissant, Obi-Wan se contenta de hocher pensivement la tête, en signe d'acceptation.

« Et concernant les jumeaux ? », demanda t-il ensuite. « Que pouvons-nous faire ? Il est vital que les Sith ne découvrent pas leur existence. »

« En sûreté, immédiatement ils doivent être mis », répondit Yoda. « Séparés il faudrait qu'ils soient... Pour plus de sécurité », ajouta t-il un court moment après.

« Il nous faut maintenant déterminer où nous pourrions les cacher », poursuivit Obi-Wan.

Bail s'agita nerveusement sur sa chaise, une idée lui traversant l'esprit, mais se demandant s'il pouvait avoir l'audace de la soumettre aux deux Jedi. Après tout, les jumeaux Skywalker étaient très puissants dans la Force et déterminant pour l'avenir de la Galaxie... Peut-être qu'Obi-Wan et Yoda voudraient veiller personnellement sur eux et ne lui permettraient pas...

« Si je puis me permettre d'émettre cette suggestion, je désirerai prendre Leïa avec moi », dit-il finalement. « Ma femme et moi nous voulons adopter une petite fille depuis longtemps. Elle ne manquera pas d'amour chez nous », ajouta t-il, comme pour ajouter un argument en faveur de sa proposition.

Obi-Wan et Yoda se regardèrent, réfléchissant aux paroles du sénateur d'Alderaan. « D'accord, je le suis », répondit finalement Yoda, causant à Bail un vif sentiment de joie et de soulagement. « Certain je suis, que pour elle, un meilleur foyer nous ne pouvions trouver ».

Obi-Wan hocha la tête en signe d'approbation. « Que ferrons-nous du petit garçon ? », demanda t-il.

« Sur Tatooine, dans sa famille envoyons-le », proposa Yoda.

« Bien », approuva Obi-Wan. « Je l'y emmènerai alors et je veillerai sur lui. »

Yoda et Bail approuvèrent les propos d'Obi-Wan. Une fois le sort des jumeaux fixé, les deux Jedi et le Sénateur mirent bientôt fin à leur réunion. La discussion de Yoda avec les droïdes médicaux conforta la décision qu'ils avaient prise concernant Padmé. Il fut décidé que Bail ramènerait la Sénatrice sur Naboo afin de lui offrir de fausses funérailles. Cela fait, Obi-Wan et Yoda, qui l'accompagneraient secrètement, se chargeraient ensuite de récupérer le corps de Padmé avant de retourner sur Polis Massa, où elle serait cachée après sa mise en congélation carbonique, Yoda restant pour veiller sur elle.

Le plan qu'ils venaient d'élaborer en tête, Bail se dirigea vers la pièce où reposait le corps de Padmé, ainsi que ses deux enfants. Il entra doucement dans la pièce, veillant à faire le moins de bruits possible pour ne pas réveiller les jumeaux qui dormaient profondément. Ils ont l'air si paisibles, pensa t-il en les regardant tendrement. Innocents et complètement ignorants du désastre qu'est maintenant la Galaxie. Prudemment, il tendit une main vers Leïa et caressa tendrement son visage. La petit fille s'agita un instant dans son sommeil, mais ne se réveilla pas. Avec un sourire, il se promit d'être le meilleur père possible pour elle, de tout faire pour la protéger et de tout faire pour en faire une femme dont Padmé pourrait être fière. Padmé, pensa t-il en se tournant vers elle. Il avait toujours eu l'habitude de la voir comme une femme forte, une Sénatrice déterminée, une fervente défenseure de la liberté... La voir ainsi, si faible, lui serra le cœur.

Bail resta quelques instant dans la pièce, songeant à tout ce qui venait de se passer, à tout ce qu'il allait maintenant devoir faire... La Galaxie ne serait plus jamais la même... Mais il ne devait pas abandonner, il ne le pouvait pas. Padmé n'aurait jamais accepter de rester là à ne rien faire. Si elle était réveillée, elle n'aurait jamais cesser de se battre pour le retour de la liberté et de la démocratie. Je dois poursuivre l'œuvre que nous avions commencé avec la Délégation des Deux Mille, mais je dois être prudent... Pour Leïa... L'empereur ne devra jamais suspecter mes activités secrètes contre son Empire... Conforté dans cette idée, Bail jeta un dernier regard à Padmé et aux jumeaux.

« Je te promet de m'occuper de Leïa aussi bien que tu l'aurais fait Padmé. Et je te promet de tout faire pour anéantir l'Empire et rétablir la République et la liberté », dit-il à Padmé, souhaitant qu'elle puisse l'entendre, avant de quitter la pièce afin de se préparer pour le départ vers Naboo.


Dans la pièce qui lui servait provisoirement de chambre dans le Centre de Reconstruction Chirurgicale, Dark Vador ouvrit péniblement les yeux... Jetant un œil dans cette pièce qui ne lui était guère familière, il fut aussitôt frappé par le fait que sa vision ne lui renvoyait que des images rouges... Reprenant pleinement conscience, il se sentit soudain envahit par une horrible sensation d'enfermement, de claustrophobie... Le son pénible d'une respiration artificielle lui parvenait aux oreilles, ne faisant qu'ajouter à la panique qui s'était emparé de lui... Qu'est-ce que... ? Sentant les battements de son cœurs s'accélérer brusquement, il se redressa. Qu'est-ce qui m'arrive ? Sa tête lui semblait lourde... Portant une main à son visage, il sursauta. A la place d'un visage humain, sa main ne rencontrait plus désormais qu'un masque. S'aventurant plus haut, vers l'endroit où autrefois son crâne était recouvert d'une longue chevelure blonde, il ne pu toucher qu'un casque...

La terreur en lui croissait de façon exponentielle, tandis qu'il essayait de rassembler ses esprits... Et puis soudain, il se souvint... Son combat avec Obi-Wan, la douleur atroce liée à ses membres coupés, les flammes infernales de Mustafar, les droïdes qui s'affairaient autour de lui, le revêtant d'une lourde armure noire, un masque qui se refermait sur son visage... Padmé... La pensée de sa femme fit aussitôt naître une vive douleur dans son cœur. Il ne se souvenait que trop bien de ce qui s'était passé sur Mustafar... « Il semble que dans votre colère, vous l'ayez tué... »... Les paroles de son Maître se répercutèrent en échos dans son esprit, tandis qu'il se prit la tête entre les mains. Qu'est-ce que j'ai fait ? Il avait tué Padmé... Ses visions s'étaient réalisées et par sa faute. Et maintenant il n'était plus rien... Il n'était même plus un homme... Le grand « Héros sans Peurs » avait complètement disparu.

La pensée du monstre qu'il était devenu le rendait malade et en un sens, il était presque rassuré que Padmé ne puisse pas voir ça... Il n'était plus que le fantôme de l'homme qu'il était... Il était un cyborg, condamné à passer le reste de sa misérable existence dépendant de machines qui le maintiendraient en vie. Mais il n'avait déjà plus le sentiment d'être en vie... Sans Padmé, cela n'avait plus aucun sens. L'existence qui l'attendait était une vie de solitude, dévouée au service de son Maître, avec pour seules compagnes les ténèbres du Côté Obscur. Il s'en accoutumerait, il n'aurait pas le choix... Sa tâche n'était pas terminée, il y avait encore de nombreux traitres à trouver et exterminer à travers la Galaxie.

Se levant péniblement, Vador se dirigea vers l'ordinateur qui se trouvait dans un coin de la pièce... Il ne s'était écoulé que deux jours depuis Mustafar, mais il lui semblait que c'était une éternité. Tant de choses avait changé. Activant l'ordinateur, il se connecta sur l'Holonet. Celui-ci reportait essentiellement sur le premier discours de Palpatine en tant qu'empereur, sur la fin de la Guerre des Clones et sur les Jedi, présentés comme des traitres et destinés à être traqués et exterminés... Vador s'apprêtait à éteindre l'ordinateur, lorsque la vision d'une planète familière lui sauta aux yeux... Naboo... L'image de Theed apparu bientôt, montrant une immense foule rassemblée dans la capitale, assistant à un cortège funèbre. Même à des années lumières, Vador pouvait percevoir la peine du peuple nubien... Son cœur se serra soudain lorsqu'il réalisa qu'il était en train de visionner les funérailles de sa propre femme.

Padmé lui apparu si belle, vêtu d'une longue robe bleu, qui donnait l'impression qu'elle flottait, ses longues boucles brunes parsemées de fleurs blanches formant un halo autour de son visage, ses doigts à jamais refermée sur le petit fragment de japor qu'il lui avait sculpté treize ans plus tôt... Ivre de douleur, Vador laissa un long gémissement plaintif s'échapper de son vocodeur... Ne pouvant supporter la vision de son Ange à jamais endormit, il se détourna vivement de l'ordinateur. Ce dernier ne tarda pas à imploser, sous l'effet de la peine et de la colère incontrôlable de Vador. Puisant dans sa haine, il se plongea davantage dans le Côté Obscur, laissant les ténèbres emplir le vide que les funérailles de Padmé venaient de creuser encore davantage en lui. Serrant fermement les poings, il quitta la pièce, laissant derrière lui tout ce qu'il restait d'Anakin Skywalker.


Dans l'obscurité de la nuit, un vaisseau se posa sur Polis Massa, transportant à son bord le corps d'une Sénatrice bien-aimée, que la congélation carbonique allait figer et préserver pour des années, tandis qu'à l'écart des ténèbres qui régissait désormais la Galaxie, une petite créature verte demeurerait à ses côtés...

Sur le pont d'un destroyer impérial, l'imposante silhouette noire et menaçante de Dark Vador s'approcha de son Maître, se dressant finalement à ses côtés, tandis que devant eux, dans le vide intersidéral de l'espace, débutaient les travaux d'une station spatiale de combat, de la forme d'une lune...

Sur Alderaan, Bail Organa rejoignit son épouse, Breha Organa, sur leur balcon et lui remit délicatement dans les bras leur nouveau trésor... Leur petite fille... Leïa Skywalker...

Et sur la lointaine Tatooine, Obi-Wan s'approcha de la ferme d'humidité des Lars...Il remit précautionneusement Luke à sa tante Beru, puis la regarda un moment pensif, tandis qu'elle rejoignait son mari Owen, avant de partir, tournant le dos au couché des soleils jumeaux de Tatooine.