Chapitre n°11: De nouveaux bouleversements

3 mois plus tard...

Quelques semaines s'étaient écoulées, ou peut-être quelques mois, mais pour Luke cela n'avait aucune importance. Depuis la mort d'Obi-Wan, il avait perdu la notion du temps et une bonne partie de sa joie de vivre. Les séances de formations aux arts Jedi en compagnie de Leïa n'étaient plus les mêmes sans le Maître Jedi. Avant, l'atmosphère était détendue, parfois bonne enfant, la complicité qui le liait à sa sœur et à Obi-Wan n'en étant que renforcée. A présent, Luke se pliait aux instructions de Maître Yoda en silence, avide d'acquérir chaque jour davantage de pouvoir et de puissance. Il en avait besoin, il devait être près pour affronter enfin Dark Vador et venger la mort d'Obi-Wan. Il y pensait chaque jour, inlassablement, s'efforçant toutefois de ne pas trop le montrer en présence de sa sœur ou de Yoda, ce dernier s'inquiétant pour son Padawan et ne manquant jamais une occasion de lui rappeler de ne pas se laisser aller à la colère, de ne pas laisser sa haine le consumer comme elle l'avait fait avec son père... Que Obi-Wan n'aurait jamais souhaité une telle chose...

Luke se sentait perdu et plus vulnérable que jamais. Il errait dans les couloirs, creusés à même la glace, de la Base Rebelle, ne pouvant chasser la sensation désagréable qui lui enserrait l'estomac. Il s'était en effet réveillé ce matin-là avec un profond sentiment de malaise. Quelque chose n'allait pas, quelque chose allait se passer, il pouvait le sentir. Il marchait, tête baissée, sans but précis, tentant d'oublier ses craintes, lorsqu'il entendit des bruits de pas rapides derrière lui. N'y prêtant d'abord pas attention, il fut cependant stoppé par une voix essoufflée et inquiète. S'arrêtant, il se retourna pour voir un jeune Rebelle s'approcher de lui en courant.

« Commandant Skywalker », dit le Rebelle en reprenant son souffle. « Votre sœur m'a envoyé vous chercher. Elle est au chevet de Maître Yoda... Il demande à vous voir tous les deux immédiatement »

A ces mots, Luke se figea... Cela faisait plusieurs mois qu'il s'inquiétait de l'état de santé de Maître Yoda, qui semblait se dégrader de jour en jour. « A t-il dit pourquoi il souhaitait nous voir ? », demanda Luke, comme s'il cherchait à se rassurer et à obtenir une réponse qui démentirait ses craintes.

« Non », répondit le Rebelle. « Mais j'ai cru comprendre que c'était plutôt urgent »

Luke hocha silencieusement la tête, remercia le Rebelle et, sans plus attendre, repris sa route à travers les nombreux couloirs de glace, son pas se faisant cette fois plus pressant. Il appréhendait ce qui l'attendait. Au bout de quelques minutes qui lui parurent une éternité, il arriva finalement devant l'entrée d'une petite pièce, faiblement éclairée. Hésitant, le jeune Jedi risqua un bref regard à l'intérieur et il aperçu aussitôt la petite silhouette de Yoda, allongée sur un lit de fortune. A cette vision, Luke sentit son cœur se serrer brusquement. Yoda paraissait plus faible que jamais, à bout de force. A travers la Force, il pouvait sentir que sa force vitale déclinait de seconde en seconde. Leïa était déjà à son chevet, lui tournant le dos. Luke était comme figé... Il ne pouvait se résoudre à avancer vers ce lit pour y voir le seul Maître qui lui restait mourir à son tour.

« Pourquoi là-bas restes-tu ? », demanda Yoda d'une voix faible, sortant Luke de ses pensées, qui leva la tête pour se rendre compte que Yoda et Leïa s'était tournés vers lui, ayant finalement remarqué sa présence. « T'approcher tu dois », ajouta t-il. « A ta sœur et toi, des choses à vous dire j'ai... Pendant que le temps j'ai encore... »

Luke hocha silencieusement la tête et s'avança lentement vers le petit Maître Jedi avant de prendre place aux côtés de Leïa. Celle-ci posa affectueusement sa tête sur son épaule et le prit dans ses bras, lui murmurant des paroles rassurantes et tentant de lui transmettre un peu de force et de courage par ce contact. Elle savait que son frère n'allait pas bien ces derniers temps et elle s'inquiétait beaucoup pour lui. Yoda allait mourir, elle le sentait elle aussi et cela l'attristait, le petit Jedi vert ayant été l'un de ses Maîtres durant les deux dernières années, mais elle savait que cela affecterait bien plus Luke et elle craignait de voir son frère sombrer davantage.

« Maître Yoda, vous ne pouvez pas mourir », protesta Luke.

Yoda leva les yeux vers lui. « Retourner à la Force, bientôt je vais... Mérité, je l'ai... Mais avant... Ce que je dois vous dire, très important est », murmura Yoda. « De nombreux secrets cachés nous vous avons depuis votre naissance... Certains découvert vous avez, comme votre lien de parenté ». Au fur et à mesure que Yoda parlait, sa voix se faisait de plus en plus faible et de plus en plus saccadée, obligeant Luke et Leïa à s'approcher davantage de lui afin de comprendre ce qu'il tentait de leur dire. « Si ces secrets cachés nous vous avons, pour votre sécurité cela était... Vous protéger tous les deux, nous devions... A tout prix... »

Leïa hocha doucement la tête. « Vous deviez nous protéger de l'Empereur, nous le savons », dit-elle.

Yoda laissa échapper un léger soupir avant de fermer les yeux. « De nombreuses choses concernant votre famille, à découvrir, il vous reste encore », murmura t-il. « En temps voulu, cela arrivera », ajouta t-il en voyant Luke ouvrir la bouche pour demander ce qu'il entendait par là. Yoda prit une profonde inspiration avant de poursuivre. « De votre mère vous parlez, je dois... La vérité... Savoir, vous devez... »

A ces mots, Luke et Leïa levèrent immédiatement les yeux vers le Maître Jedi, se demandant ce qu'il voulait dire par 'la vérité, savoir vous devez'. On leur avait toujours dit que leur mère était morte vingt ans plus tôt. Toutes les histoires qu'ils avaient entendu la concernant leur avait suffit à comprendre qu'elle avait été une femme merveilleuse... Une femme qu'ils auraient tant voulu connaître...

« Vivante, votre mère est », déclara soudain Yoda.

« Quoi ? », demanda Luke, osant à peine croire ce qu'il venait d'entendre.

« Vous nous avez toujours dit qu'elle était morte il y a des années, après nous avoir mis au monde », ajouta Leïa, sentant son cœur battre soudain la chamade, emplit d'espoirs suite aux paroles de Yoda.

« Un autre mensonge, cela était », ajouta honteusement Yoda. « Après votre naissance, très faible la Sénatrice Amidala était. Dans le coma elle est tombée. Mourir, elle allait ». Il reprit difficilement son souffle. « En congélation carbonique, elle a été mise, pour la préserver. Avec elle, je suis resté de nombreuses années. De faux espoirs vous donnez nous ne voulions pas... Si elle ne se réveillait pas... »

« Où est-elle ? », demanda vivement Luke. « Nous devons aller la rejoindre ! », ajouta t-il en se tournant vers sa sœur qui hocha la tête, montrant qu'elle partageait son avis.

« Vous dire cela... Je ne peux pas », répondit Yoda. « Réveillée, votre mère n'est pas encore », ajouta t-il en voyant les jumeaux s'apprêtaient à protester. « La chercher vous ne devez pas... Pour sa propre sécurité, cachée elle a été... En temps voulu, à vous elle viendra... »

Mais cette réponse laissa les jumeaux perplexes. « Comment pouvez vous espérer cela de nous, Maître Yoda ? », demanda Leïa. « Il s'agit de notre mère ! Nous l'avons cru morte durant vingt ans. Notre plus grand souhait est de la rencontrer et maintenant que nous venons de découvrir que cela était possible vous attendez de nous que nous ne fassions pas tout pour la rejoindre ? »

« Une destiné exceptionnelle vous attend », murmura Yoda. « Vous en détournez, vous ne devez pas... A découvrir, tant de choses encore il vous reste... Tant de choses à affronter... Votre destin... Bientôt... Vous accomplirez... ». Yoda commençait à prononcer des phrases sans suite logique, voulant en dire le plus pendant le peu de temps qu'il lui restait. Il ferma un moment les yeux, puis il rouvrit la bouche, semblant utiliser toute les forces qui lui restaient pour prononcer une dernière parole. « Surtout... Ne succomber jamais à la colère et à la haine... Elles conduisent au Côté Obscur... Une fois que sur cette voie on s'engage... Jamais son destin... On accomplit... »

Sur ces mots, les yeux de Yoda se fermèrent pour la dernière fois. Le dernier grand Maître Jedi était mort, emportant avec lui tout ce qui restait de l'ancien Ordre Jedi. Luke sentit ses intestins se nouer, tandis que des larmes commençaient à couler le long de ses joues. Regardant la petite silhouette verte s'évanouir peu à peu, pour ne faire plus qu'un avec la Force, Luke ne pouvait se défaire de cette désagréable sensation de se sentir abandonné par tout ceux qui comptaient pour lui...

« Je t'interdit de penser une telle chose Luke », protesta alors Leïa. Elle détourna son regard du lit, désormais vide de Yoda, et attendit que son frère lève enfin la tête vers elle avant de poursuivre. « Tu n'es pas tout seul ! Je suis là, je ne vais nulle part. Je ne t'abandonnerai jamais ! Et n'oublie pas ce que Yoda vient de nous dire. Quelque part, notre mère est là elle aussi... Nous ne sommes pas seuls... »

Luke secoua la tête en soupirant. « Je n'en peux plus de tous ces secrets... Toute notre vie n'est qu'un enchaînement de secrets », dit-il vivement. « Quand tout cela va t-il s'arrêter ? Tu l'as entendu, ce n'est même pas terminé... Qu'allons nous découvrir encore ? C'est merveilleux que notre mère soit en vie... Mais regarde les choses comme elles sont. Nous ne savons même pas où elle se trouve... Nous... »

« Nous la retrouverons, Luke ! », le coupa Leïa, prenant doucement sa tête entre ses mains, voulant l'apaiser. « Tu ne dois pas en douter. Je le sens au plus profond de mon cœur et je suis sûre que tu peux le sentir aussi. Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais je sais que bientôt nous serons une famille à nouveau... »

Séchant ses larmes du revers de sa main, Luke hocha doucement la tête. Leïa lui adressa un petit sourire, puis elle se rapprocha davantage de lui et le pris dans ses bras, cherchant à faire passer tout l'amour qu'elle ressentait pour lui à travers cette étreinte.

« Je sais que nous allons encore devoir affronter des épreuves », dit-elle. « J'ignore si les secrets dont Yoda a parlé sont de bonnes ou de mauvaises choses... Mais une chose est sûre, c'est que nous les affronterons ensembles... Et je sais que notre mère sera près de nous également »

Les jumeaux Skywalker restèrent longtemps dans les bras l'un de l'autre, tentant de digérer tous les événements qui venaient de se passer. Leur mère était vivante, mais ils ne pouvaient la rechercher. Ils avaient encore une destiné très importante à accomplir... Les jumeaux savaient que celle-ci consistait à affronter l'Empereur et Dark Vador afin de ramener la liberté dans la galaxie. Après tout, ces derniers étaient des Sith et Luke et Leïa, eux, étaient justement formés à devenir des Jedi, leurs ennemis... Mais pourtant, les jumeaux avaient toujours pré-sentit qu'il y avait plus et que les choses étaient bien plus compliquées qu'elles n'y semblaient, sans toutefois parvenir à confirmer leur doute, Obi-Wan et Yoda se murant dans le silence lorsqu'il était question de leur destiné. Et à présent que leur deux Maître Jedi n'étaient plus là, Luke et Leïa craignaient pour la suite de leur formation, ayant le sentiment, désormais, qu'ils ne pourraient jamais être près pour affronter cette destinée.


Sur l'un des astéroïdes de Polis Massa, un groupe de droïdes médicaux s'occupaient de transporter une plaque de carbonique, sur laquelle se dessinait la silhouette figée d'une jeune femme. Ils pénétrèrent dans le centre médical de l'installation et placèrent délicatement la plaque sur une longue table. L'un des droïdes manipula les boutons qui se trouvaient sur un panel de contrôle, sur le côté de la plaque. Bientôt, la carbonite prit une couleur rougeâtre et commença à disparaître par endroit, semblant fondre petit à petit. Observant le processus de décongélation s'opérer, un médecin s'approcha. Bien vite, il put distinguer les traits magnifiques de la jeune femme, dont la carbonite avait préservé l'éclat et la jeunesse, de longues boucles brunes encadrant son visage. Veillant au bon déroulement des opérations, le médecin leva la tête vers les instruments chargé de surveiller la stabilité des fonctions vitales de celle qui avait autrefois était une Sénatrice aimée et respectée. La machine enregistrant ses pulsations en enregistra soudain des plus répétées, plus rapides, plus régulières. Au bout de quelques secondes, les yeux de la jeune femme s'ouvrirent subitement.

Sa première réaction fut de prendre une profonde inspiration. Respirant pour la première fois depuis 20 ans, l'air paru froid dans ses poumons, tandis qu'ils réapprenaient à fonctionner. Elle tenta ensuite de faire un mouvement, mais son corps engourdit refusait de lui répondre sans qu'une vive douleur ne s'empare d'elle. Grimaçant, elle se pinça les lèvres et referma les yeux, y sentant venir des larmes. Elle sentit alors du mouvement autour d'elle et rouvrit les yeux. Ce fut alors qu'elle se rendit compte que sa vision ne percevait que des ténèbres. Elle ne pouvait pas voir. Respirant soudain très vite, elle sentit une vive panique s'emparer d'elle.

« Anakin ! », appela t-elle désespérée, cherchant d'instinct la présence de la seule personne capable d'apaiser ses se passait-il ?

Des bruits de pas se firent entendre, se rapprochant, et elle sentit une présence à ses côtés. « Calmez-vous », lui dit doucement une voix masculine qui n'était pas celle qu'elle désirait tant entendre. « Tout va bien se passer », ajouta t-il d'une voix rassurante.

« Qui êtes vous ? Je ne vois rien ! », gémit la jeune femme.

« Je suis le docteur Kantol. Vous avez le mal de l'hibernation », répondit le médecin. « Ne vous inquiétez pas, votre vue reviendra petit à petit »

Hibernation ? De quoi parlait t-il ? « Où suis-je », demanda la jeune femme.

« Vous êtes au centre médical de Polis Massa », répondit le médecin, observant l'état de sa patiente et prenant des notes. « Vous souvenez-vous de votre nom ? »

La jeune femme ferma un moment les yeux. « Oui. Je m'appelle Padmé Amidala Naberrie », répondit-elle, prenant soin de ne pas révéler son nom de mariage.

« Très bien », dit le docteur Kantol. « Vous souvenez vous de quelque chose d'avant votre réveil ? »

A nouveau, Padmé ferma les yeux, cherchant dans sa mémoire. « Je... Je me souviens de la Guerre des Clones... J'étais au Sénat... Je... La République était en danger... », répondit-elle.

Le médecin hocha la tête, prenant de nouvelles notes. « Très bien. Vous souvenez vous d'autres choses ? »

Padmé prit une profonde inspiration, fouillant plus profondément dans ses souvenirs. Machinalement, elle porta une main à son ventre. Ce fut alors qu'elle sentit que quelque chose avait changé, quelque chose lui manquait... Une présence en elle qu'elle avait porté durant des mois. Alors que cette réalisation la frappait, de nombreuses images l'assaillirent, tandis qu'elle se souvenait...

« Anakin, je suis enceinte... J'ai fait un rêve, comme dans ceux dans lesquels je voyais ma mère, juste avant qu'elle ne meure... Je ne mourrais pas en donnant la vie Ani, je te le promet... Non, c'est moi qui te le promet... Cette guerre est en train de zapper tous les principes de la République... Tu ne t'es jamais dit que nous étions peut-être dans le mauvais camp ? Peut-être que la démocratie que nous croyons servir à déjà cesser d'exister et que la République elle-même est devenu cet Empire contre lequel nous luttons... Obi-Wan s'inquiète pour toi, il te trouve très préoccupé... Je suis perdu... Le Temple Jedi a été attaqué, on peut voir la fumé d'ici... Les Jedi ont tenté de renverser la République... Je vais mettre un terme à cette guerre... Tu n'auras pas à attendre très longtemps, à mon retour tout sera différent... La République sera réorganisée et deviendra bientôt la première puissance Galactique Impériale... Ainsi s'éteint la liberté, sous une pluie d'applaudissements... Anakin a basculé du Côté Obscur... Non, vous mentez, comment pouvez-vous dire une chose pareille ?... Obi-Wan disais vrai, tu as changé... Je ne te reconnais plus... Anakin, j'ai jamais été aussi malheureuse, tu t'engages sur une voie dans laquelle je ne peux pas te suivre... Arrête, reviens, je t'aime toujours... MENTEUSE... C'est toi qui l'a amené, tu est venue avec lui pour me tuer... Anakin, je t'en pris, je t'aime... Anakin, lâche là... Obi-Wan, comment va Anakin ? Accrochez vous Padmé... C'est un petit garçon... Luke... Leïa... Au fond de lui il y a du bon, je le sais, y a toujours du bon... »

Aussitôt, le rythme cardiaque de Padmé s'emballa, tandis qu'une nouvelle vague de panique la saisissait. « Luke ! Leïa ! », appela t-elle, cherchant à se redresser, malgré la douleur intense que son geste entraîna, et jetant des regards dans cette pièce qu'elle ne pouvait pourtant pas voir. « Où sont mes enfants ? Que s'est-il passé ? »

« Calmez-vous, Sénatrice », lui ordonna le médecin en la faisant se rallonger. « S'il vous plaît... Vous êtes encore très faible. »

Padmé essuya du revers de la main les larmes qui coulaient le long de ses joues, puis elle ferma les yeux et inspira profondément, tentant peu à peu de reprendre son calme. « Dites moi ce qui s'est passé, s'il vous plaît », supplia t-elle à nouveau quelques instants plus tard. « J'ai le droit de connaître la vérité »

Le médecin s'approcha d'elle, inspirant profondément. « Vous allez devoir être forte Sénatrice », la mit-il en garde. « Tout d'abord vous devez savoir que vos enfants vont bien... »

« Où sont-ils ? Est-ce que je peux les voir ? », demanda aussitôt Padmé pleine d'espoir, heureuse d'apprendre que ses enfants étaient sains et saufs.

« Je suis désolé, mais ce n'est pas possible », répondit le médecin, hésitant. « Vos enfants ne sont plus ici »

Ignorant la douleur, Padmé se redressa et s'appuyant sur ses poignets à cette nouvelle, tournant un regard affolé en direction de la provenance de la voix. « Quoi ? Mais comment ? Pourquoi ? »

Le médecin invita à nouveau Padmé à s'allonger sur son lit. La panique et l'inquiétude étaient lisibles sur le visage de la jeune femme. Le docteur Kantol avait déjà eu affaire à de nombreux patients dans sa vie, mais le cas présent était totalement nouveau pour lui. Comment annoncer à une personne qu'elle venait de passer 20 ans en congélation carbonique, figée, inconsciente de la vie autour d'elle qui avait continué de suivre son cours ? Que le monde qu'elle avait connu n'était plus ?

Le docteur Kantol pris un siège et s'installa à côté du lit de Padmé. « Après la naissance de vos enfants, vous étiez très faible », expliqua t-il d'une voix calme. « Vous êtes tombée dans le coma. Mais nous nous sommes rendu compte que vos fonctions vitales n'avaient de cesse de décliner. Vous risquiez de mourir sous un mois, c'est pourquoi vous avez été placé en congélation carbonique, pour vous préserver, le temps que vos fonctions vitales se stabilisent à nouveau... »

Padmé hocha calmement la tête, intégrant les révélations du médecin. « Et... Combien de temps... Combien de temps suis-je restée comme ça ? », demanda t-elle d'une voix tremblante, craignant d'entendre la réponse.

Le médecin prit une profonde inspiration. Il savait que la jeune femme allait subir un grand choc émotionnel, mais il ne pouvait lui cacher plus longtemps la vérité. « Cela fait 20 ans que vous êtes ici, Sénatrice », répondit-il.

Ne pouvant pas le voir, la voix du médecin parue extrêmement lointaine à Padmé. La jeune femme resta silencieuse un long moment, trop choquée pour parler, tandis que ces mots se répercutaient en échos dans son esprit. Vingt ans... Elle ne pouvait pas le croire, c'était impossible. Elle avait l'impression d'être au beau milieu d'un cauchemar. Elle devrait être morte... Elle voulait mourir, elle se souvenait à présent de cette sensation de vide, de ce désespoir infini qu'elle avait ressentit après la naissance des jumeaux... Elle se souvenait avoir perdu le goût de la vie... Elle avait laissé les ténèbres l'embrasser, mais l'intervention médicale l'avait privé de ce sommeil éternel auquel elle avait tant aspiré et l'avait maintenu en vie.

Sentant les larmes lui monter aux yeux, Padmé déglutit difficilement. « Je... Je voudrais rester seule, s'il vous plaît », dit-elle au médecin, sa voix à peine plus élevée qu'un murmure.

Celui-ci hocha la tête en signe de compréhension. « Très bien Sénatrice », répondit-il. Il jeta un dernier coup d'œil sur les machines surveillant les signes vitaux de Padmé, s'assurant une dernière fois qu'il n'y avait aucun problème, puis il s'approcha de la jeune femme et lui tendit un petit boîtier. « Tenez », lui dit-il en lui mettant doucement l'objet dans les mains. « Appuyez sur ce bouton si vous avez besoin de quelque chose. Un droïde médical sera immédiatement mit à votre disposition ».

Fixant un point devant elle qu'elle ne pouvait pas voir, le regard vide de toutes émotions, Padmé hocha silencieusement la tête. Au bout de quelques instants, elle entendit la porte s'ouvrir puis se refermer, la laissant seule. Fermant les yeux et inspirant profondément, la jeune femme posa le petit boîtier sur le lit. Elle resta silencieuse et immobile, telle un zombie. Ce fut à ce moment là qu'elle sentit quelque chose autour de sa gorge. Souvenant difficilement sa main, elle la porta à son cou et attrapa délicatement le petit pendentif qui y était accroché. Le parcourant de ses doigts, elle traça les dessins qui y étaient gravé... Gravés de nombreuses années plus tôt par un petit garçon sur Tatooine sur un petit éclat de jappor.

Padmé se sentit aussitôt envahit de souvenirs lointains... D'un petit garçon lui tendant ce même petit éclat de jappor, pour lui porter chance et pour qu'elle ne l'oublie pas. Très vite, les larmes qu'elle avait tenté de refouler coulèrent en cascade le long de ses joues. Elle se sentait plus anéantit que jamais, faible, dénuée de toutes forces. Elle serra le pendentif contre son cœur. Anakin lui manquait tellement. Elle avait besoin de lui, de sentir sa présence près d'elle. A travers ce petit morceau de jappor, qu'elle avait toujours porté près de son cœur, Padmé avait toujours sentit qu'une partie d'Anakin était près d'elle, même lorsqu'il combattait à des millions d'années lumières d'elle. Et c'était cette sensation qu'elle avait désespérément besoin de ressentir à nouveau. Laissant cette profonde vague de tristesse la traverser, Padmé fut secouée de longues minutes par de violents sanglots, avant de finalement se laisser gagner par le sommeil.


Voilà (enfin) la suite de ma fiction, j'espère qu'elle vous a plu :)

Je m'excuse pour le gros retard que j'ai pris dans mes publications, d'autant que je sais que cette scène était particulièrement attendue... J'ai travaillé durant toutes les vacances d'été et je n'ai pas eu le temps d'écrire. Je n'ai pas non plus eu internet pendant 2 mois, ce qui n'a pas facilité les choses.

J'ai repris les cours il y a peu et je suis en train de me remettre dans le rythme. J'espère donc arriver à m'organiser d'avantage afin de pouvoir faire des publications plus régulières.

J'espère que vous serez au rendez-vous pour la suite :)