Chapitre n°12 : A travers la Galaxie...
Les trois jours qui s'écoulèrent, suite à son réveil de la carbonite, ressemblèrent à une éternité sans fin pour Padmé. Malgré les supplications du docteur Kantol, elle avait refusé de quitter sa chambre, et consentait à peine à se nourrir, passant l'essentiel de ses journées allongée, le regard vide, sa main agrippant furieusement le pendentif qu'elle portait autour du cou. Plongée dans le noir, au milieu d'un monde qu'elle ne reconnaissait plus comme le sien, elle se sentait désespérément seule. Anakin n'était plus là... Ses enfants n'étaient pas là... La République n'était plus... Le monde qui l'attendait au dehors l'effrayait et sa cécité provisoire que faisait qu'accroître sa terreur quant à la perspective de s'y aventurer.
Dans l'état de choc dans lequel elle se trouvait toujours, elle refusait d'affronter la vérité, préférant vivre dans l'illusion en se rattachant à la seule chose qui lui restait de sa vie passée : le petit morceau de jappor. Tandis qu'elle le serrait contre son cœur, elle tentait de retrouver la connexion qu'elle avait toujours partagé avec son mari. Elle laissait son esprit être traversé de souvenirs du passé, de souvenirs du temps où Anakin et elle étaient heureux, où rien d'autre ne comptait à part leur amour... Mais lorsqu'elle fermait les yeux et qu'elle laissait le sommeil la gagner, elle revivait inlassablement cette terrible journée qui avait tout fait basculé et se réveillait en sursaut, hurlant et pleurant, se posant désespérément la même question : Pourquoi, Anakin ? Pourquoi ?
Padmé se demandait si elle aurait seulement, un jour, une réponse à cette question... Cette réponse, seul Anakin était en mesure de la lui donner, et cette réalisation ne faisait que lui rappeler son absence. Padmé se sentait si faible, vide, perdue, sans aucun espoir... Elle était à présent aux antipodes de la Sénatrice et de la femme forte, indépendante et courageuse qu'elle avait toujours été, se battant au nom de ce en quoi elle croyait, refusant de renoncer... Cette même femme qui avait séduit Anakin en tout premier lieu... Mais Padmé savait qu'elle allait devoir se ressaisir. Tôt ou tard elle devrait affronter ce monde au dehors, elle devrait continuer à avancer, à se battre, ne serait-ce que pour ses enfants, peu importe où ils se trouvaient...
Debout sur le pont de l'Exécutor, Vador laissait son regard balayer la Galaxie qui s'étendait devant lui... Cette Galaxie qu'il fouillait depuis des mois à la recherche de son fils et des Rebelles, sans succès. La Rébellion se jouait de lui et l'humiliait en lui filant constamment entre les doigts. Trois mois plus tôt, pourtant, il avait été si près d'atteindre son but, il avait été si près de mettre la main sur Luke... Mais Obi-Wan s'était mis en travers de son chemin... Encore... Cette simple pensée n'eut pour effet que d'accroître la colère déjà grande du Seigneur Sith et il serra fermement son poing, sentant son sang bouillonner en lui.
Obi-Wan... Des années plus tôt, sur Mustafar, son ancien Maître avait retourné sa femme contre lui... Cette fois, il lui avait enlevé son fils... Mais il ne se mettra plus jamais en travers de ta route, se rappela Vador, en souriant sous son masque au souvenir de son sabre laser transperçant le corps du vieil homme. Bientôt Luke trouverait la place qui lui revenait, aux côtés de son père. Ensembles ils détrôneraient Palpatine et régneraient sur la Galaxie comme père et fils...
Plongé dans ses pensées, le Seigneur Sith perçu, à travers la Force, la présence du capitaine Piett à ses côtés, mais il n'y prêta aucune attention pour autant. Le capitaine resta un moment silencieux, hésitant. Il n'était que trop accoutumé aux sautes d'humeur de Vador, particulièrement ces derniers temps, et il avait vu de bien trop nombreux officiers s'écrouler, morts, à ses pieds pour prendre le quelconque risque de venir compléter ce nombre. Finalement, prudemment, il toussota pour signaler sa présence et se remit aussitôt en position de garde à vous lorsque le Seigneur Sith se tourna vers lui.
« Seigneur Vador », commença Piett. « Je viens vous informer qu'un nouveau groupe de droïdes sondes est près à être lâché... Nous trouverons bientôt les Rebelles, Monseigneur », ajouta t-il, cherchant à rassurer le Seigneur Sith.
Vador hocha la tête et croisa ses bras sur sa poitrine. « Il vaudrait mieux, en effet... Dans votre intérêt. L'empereur n'est pas satisfait par le peu de résultat des recherches, et il n'est pas aussi patient que moi », ajouta t-il en ponctuant ses paroles d'un doigt menaçant pointé vers le jeune capitaine.
Piett déglutit difficilement, ses yeux ne quittant pas le doigt de Vador. « Bien sûr, mon Seigneur », dit-il avant de s'incliner et de prendre congé, pressé de mettre le plus de distance possible entre lui et le Seigneur Sith.
Vador observa Piett tandis qu'il rejoignait l'amiral Ozzel, qui avait observé l'échange de loin. Vador ne put s'empêcher de sourire en voyant l'amiral se détourner rapidement, mal à l'aise, en sentant le regard du Seigneur Sith sur lui. Ozzel ne semblait pas comprendre comment et pourquoi il avait survécu à son échec sur Mon Calamari et cela amusait Vador de le voir tenter d'éviter autant que possible toute confrontation avec lui.
Se détournant des deux officiers, Vador retourna à sa méditation... Ce n'était plus qu'une question de temps avant que la localisation de la Base Rebelle ne soit découverte, il le sentait. La Rébellion serait bientôt réduite à néant. Comment pouvait-il en être autrement maintenant que l'empereur avait ordonné la construction d'une seconde Étoile de la Mort ? Construite autour de la lune sanctuaire d'Endor, elle serait bien plus grande que la précédente et aurait une puissance de feu bien supérieure. Son système de défense serait lui aussi bien plus performant, puisque l'énergie nécessaire à ses boucliers proviendrait d'Endor... Cette fois les Rebelles ne pourraient pas la détruire... Vador sourit à cette idée. Bientôt plus rien n'empêcherai l'Empire de prospérer. Et bientôt la Galaxie qu'il contemplait serait à lui...
Mais pourtant, au milieu de tous ces rêves de grandeurs, le Seigneur Sith perçu soudain une grande peine à travers la Force... Mais le sentiment ne dura qu'un instant, laissant Vador dubitatif. Trois jours plus tôt, il avait sentit une perturbation dans la Force, un perturbation que depuis, il avait ressentit chaque jours. Le sentiment était une peine puissante, qui lui enserrait le cœur. Il lui semblait familier, mais il ne pouvait se l'expliquer et cela le troublait profondément. Agacé, Vador quitta le pont sans un mot, déterminé à découvrir de quoi il retournait.
La planète toute entière me sembla sortit d'un épouvantable cauchemar. Tandis que je posais mon vaisseau, la simple vision de la lave en fusion, qui jaillissait en de multiples éruptions de part et d'autre des installations, me donna des frissons. Au milieu de cet enfer, je le vit soudain... Anakin... Il était là, il allait bien. Le voyant courir vers me, un sentiment de soulagement me traversa et je me hâtais de descendre de mon vaisseau. M'efforçant d'oublier la chaleur suffocante qui me prit soudain à la gorge, je me précipitais vers lui et me jetais dans ses bras.
« Padmé... J'ai vu ton vaisseau... », me dit Anakin en me serrant contre lui.
« Oh, Anakin ! », murmurais-je en m'accrochant désespérément à lui.
Anakin se dégagea doucement de mon étreinte, mais il sentait ma réticence. « Tout va bien », me dit-il d'une voix qu'il voulait rassurante. « Qu'est-ce que tu viens faire ici ? »
« J'étais tellement inquiète », confessais-je, le souffle court. « Obi-Wan m'a dit des choses épouvantables »
Anakin fronça les sourcils. « Quelles choses ? », demanda-t-il.
« Il a dit que tu étais passé du Côté Obscur », répondis-je difficilement, le simple fait de prononcer ces mots me rendant malade. « Que tu avais tué les jeunes Jedi... »
Anakin secoua la tête en soupirant. « Obi-Wan essaye juste de te monter contre moi », dit-il calmement.
« Non, il tient à nous », le contredis-je.
Anakin fronça les sourcils. « A nous ? »
J'acquiesçais. « Il sait tout », dis-je. « Il veut t'aider, il pense à nous ». Voyant Anakin sourire de manière désinvolte, je sentis les battements de mon cœur redoubler et je m'accrochais encore plus fermement à lui. « Anakin, je n'ai besoin que de ton amour », ajoutais-je, le désespoir commençant à pointer dans ma voix.
« L'amour ne te sauvera pas, Padmé, seuls mes nouveaux pouvoirs le pourront », répliqua Anakin.
« Mais à quel prix ? », demandais-je vivement. « Tu es du côté du bien, renonce à cette folie »
Anakin secoua la tête. « Je tiens à toi autant que je tenais à ma mère, je ne veux pas te perdre comme je l'ai perdu », expliqua t-il. « Je deviens plus fort qu'aucun Jedi n'en a jamais rêvé et je l'ai fait pour toi, pour te protéger. »
Au plus profond de mon cœur, je sentais que je commençais à perdre pied. M'approchant encore davantage de celui que j'aimais, je m'agrippais désespérément à sa nuque, caressant ses longues boucles blondes foncées. « Repart avec moi. Nous élèverons notre enfant ensemble. Partons nous installer quelque part pendant qu'il est encore temps », le suppliais-je.
Mais déjà, Anakin semblait ne plus m'entendre. « Mais tu n'as pas compris, on n'a plus à se cacher, on n'est plus contraint de fuir », dit-il. « J'ai apporté la paix à la République. Je suis plus puissant que le Chancelier et quand je le voudrai je prendrai sa place. » Il gagnait en assurance tandis qu'il se laissait emporter par la confession de ses projets et de ses rêves de grandeurs. « Et ensembles, toi et moi, nous régnerons sur la Galaxie, nous pourrons faire un monde à notre image », conclu t-il, un sourire de dément se dessinant sur son visage.
Horrifiée par ce que je venais d'entendre, je reculais de plusieurs pas, secouant vainement la tête en signe de déni. Je me sentais totalement impuissante et démunie face à cet homme que je ne reconnaissais plus. « Je ne peux pas croire ce que j'entends », soupirais-je. « Obi-Wan disait vrai, tu as changé »
Ces paroles n'eurent pour effet que d'agacer Anakin. « Je ne veux plus entendre parler d'Obi-Wan », m'avertit-il en pointant un doigt menaçant vers moi. « Les Jedi sont devenus mes ennemis, ne te dresse pas à ton tour contre moi »
« Je ne te reconnais plus », murmurais-je, la gorge serrée par le désespoir, sentant mon cœur se briser. « Anakin... J'ai jamais été aussi malheureuse. Tu t'engages sur une voix dans laquelle je ne peux pas te suivre »
« A cause d'Obi-Wan ? », demanda froidement Anakin en fixant un point derrière mon épaule.
« Non », répondis-je. « C'est à cause de ce que tu as fait, et de ce que tu as l'intention de faire. Arrêtes, reviens ! Je t'aime toujours », criais-je tendit que les larmes coulaient le long de mes joues.
« MENTEUSE ! », hurla Anakin, le visage déformé par la haine.
Surprise par sa réaction, je me tournais et aperçu Obi-Wan, debout sur la passerelle de débarquement du vaisseau. Et alors je compris... Anakin pensait que j'avais emmené son ancien maître avec moi. « Non ! », criais-je, totalement désemparée.
« C'est toi qui l'a amené ! Tu es venu avec lui pour me tuer ! », rugit Anakin, en levant la main vers moi.
Aussitôt, je me mis à manquer d'air et portais une main à ma gorge. Suffoquant, j'avais envie de crier mon amour à Anakin, de lui crier qu'il se trompait, que jamais je n'aurais pu le trahir, mais je ne parvint qu'à murmurer désespérément son prénom. A travers ma vision embuée de larmes, je vis naître des flammes dans les magnifiques yeux bleus de celui que j'aimais, tandis que celui-ci était en train de me tuer...
« NON ! Anakin, non ! »
La main portée à sa gorge, Padmé se réveilla en sursaut, tremblante et en sueur. C'était encore ce cauchemar, celui-là même qui avait hanté chacune de ces trois dernières nuit. La respiration haletante, Padmé sentit de nouvelles larmes couler en cascade le long de ses joues, à la pensée que cet enfer n'en finirait jamais... Devrait-elle supporter jusqu'à la fin de ses jours de revivre inlassablement cette terrible journée ? Durant de longues minutes, elle se laissa aller à son chagrin, la peine qu'elle ressentait étant si forte qu'elle lui enserrait le cœur et lui donner l'impression d'étouffer. Prenant de profondes inspirations, elle parvint finalement à se calmer et essuya les larmes qui coulaient sur ses joues du revers de la main. Ce fut seulement à ce moment-là qu'elle réalisa que quelque chose était différent. Le monde autour d'elle n'était plus plongé dans les ténèbres...
Pour la première fois, elle découvrit la chambre qui avait été la sienne durant ces trois derniers jours. Le blanc immaculé des murs contrastait étrangement avec le noir auquel elle s'était accoutumée. Sa vue était enfin revenue... Et tandis que cette réalisation la frappait, elle sentit un flot d'espoir la traverser de part en part. Comme si le simple fait de retrouver la vue suffisait à la sortir de cet état de confinement et d'isolement dans lequel elle s'était elle-même placée. Padmé avait le sentiment de se réveiller à nouveau, mais cette fois, à présent qu'il était visible, le monde au dehors lui faisait moins peur.
Inspirant profondément, Padmé baissa la tête vers le petit éclat de jappor qui pendait autour de son cou. Lui qui avait été son seul compagnon au cours des derniers jours. Il la liait à Anakin et, à travers lui, il la liait à leurs enfants... A Luke et Leïa... Padmé ferma les yeux et se laissa envahir par les images de la naissance des jumeaux... Elle laissa son cœur se remplir de l'amour inconditionnel qu'elle ressentait pour eux et, peu à peu, cela lui redonna des forces... Elle sentit le courage et la détermination qui l'avait toujours définit renaître au plus profond de son être. Et lorsqu'elle rouvrit enfin les yeux, Padmé était certaine de ce qu'il lui restait à faire. Elle devait retrouver ses enfants, peut importe où ils se trouvaient.
Écartant lentement le drap qui la recouvrait, Padmé bougea doucement ses jambes. Il lui sembla que ce simple geste dura une éternité. Ses jambes étaient engourdies et les bouger lui faisait mal. Mais malgré la douleur, elle parvint finalement à s'asseoir sur le bord du lit. Prenant une profonde inspiration, elle posa un pied, puis l'autre sur le sol et se redressa lentement. Lorsqu'elle fut assurée de bien se tenir en équilibre, elle tenta un premier pas en avant. Cette première tentative la déstabilisa un instant et elle fut contrainte de se raccrocher au bord de son lit afin de ne pas tomber... Mais cet échec n'entama pas sa détermination et sa ténacité repris le dessus. Serrant le point, Padmé se concentra de toutes ses forces sur son but et réessaya. Au début, ce fut difficile, mais au bout de quelques instants, ses jambes se réadaptèrent. En souriant, Padmé réalisa que marcher redevenait de plus en plus facile. Elle fit quelques pas de plus, et remarqua alors qu'une salle de bain était incluse dans sa chambre. Décidant qu'un peu d'eau sur le visage lui ferait beaucoup de bien, la jeune femme s'y rendit.
Padmé s'approcha du lavabo et ouvrit le robinet. Elle apprécia le contact de l'eau sur sa peau, il y avait si longtemps qu'elle ne l'avait pas sentit. Elle avait toujours aimé l'eau, cette dernière étant pour elle à jamais lié à Naboo... Naboo, sa planète natale lui manquait tellement... Sa famille lui manquait tellement... Prenant un peu d'eau dans ses mains, Padmé s'en aspergea le visage, et ferma les yeux, savourant la sensation. Lorsqu'elle les rouvrit, elle se retrouva face à son reflet qui lui faisait face dans le miroir. Un reflet qu'elle ne s'attendait pas à voir... C'était exactement la même image que le miroir lui projetait 20 ans plus tôt. Surprise, Padmé passa une main sur son visage... Mais, comment ?... Fronçant les sourcils, la jeune femme étudia son reflet de plus près... Peut-être est-ce du à la carbonite, songea t-elle. Être en hibernation m'a sans doute préservé des dégâts du temps... Se disant que c'était sans doute cela, Padmé regarda une dernière fois dans le miroir avant de retourner dans la chambre. Elle était toujours plongée dans ses pensées, lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir. Levant la tête, elle croisa le regard, d'abord étonné puis ravi, du docteur Kantol.
« Sénatrice Amidala », dit-il en souriant. « Je suis heureux de vous revoir sur pied. Je dois avouer que vous m'aviez beaucoup inquiété ces derniers jours... »
Padmé hocha la tête. « Je sais. Je... Je suis désolée... », dit-elle en s'installant sur une chaise qui se trouvait dans un coin de la chambre.
« Je vous en pris Sénatrice », l'interrompit-il. « Votre situation n'est pas des plus communes et je ne peux qu'imaginer à quel point cela doit être difficile pour vous ». Padmé acquiesça tristement, tandis que le docteur attrapait une seconde chaise et s'installait à côté d'elle. « Comment vous sentez vous ? », demanda-t-il en sortant ses instruments afin de vérifier les fonctions vitales de la jeune femme.
« Mieux », lui assura Padmé. « Je suppose que j'avais seulement besoin d'un peu de temps pour... Pour surmonter tout ça »
Le docteur Kantol hocha silencieusement la tête, tandis qu'il poursuivait son diagnostic. « Votre rythme cardiaque et votre tension sont tout à fait normaux. Votre vue est revenue », commenta t-il en prenant des notes. « Vous semblez tout à fait remise, Sénatrice », ajouta t-il en souriant.
« Est-ce que cela veut dire que je vais bientôt pouvoir partir ? », demanda Padmé avec espoir.
Le docteur Kantol se leva et se tourna vers elle en souriant. « Oui, Sénatrice », confirma t-il.
Padmé sourit un instant, avant de réaliser que bien qu'elle soit libre de partir, elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit où aller... Elle savait qu'elle devait d'abord trouver Luke et Leïa. « Docteur Kantol ! », l'interpella t-elle, tandis qu'il s'apprêtait à quitter la pièce.
« Oui ? », demanda le médecin en se tournant vers elle.
Padmé se leva à son tour. « Serait-il possible d'avoir accès à un terminal d'ordinateur ? », demanda t-elle.
Le docteur Kantol hocha la tête. « Oui, bien sûr », répondit-il. « Suivez-moi »
Le médecin ouvrit la porte et invita Padmé à la franchir à sa suite. Suivant le médecin, Padmé découvrit les vastes installations médicales de Polis Massa dans lesquelles elle avait passé ces vingt dernières années. En passant devant une large baie vitrée qui donnait sur une petite pièce médicale au milieu de laquelle se trouvait une simple table d'opération, Padmé eut un étrange sentiment de déjà-vu... Elle ralentit aussitôt le pas et observa la pièce... Ce lieu semblait renfermer une vive souffrance, mais également une grande joie et un profond espoir... Des sentiments qui ne lui était pas étranger... C'est là que j'ai donné naissance à Luke et à Leïa, réalisa soudain Padmé, tandis que des images de son accouchement resurgissaient dans son esprit. Elle s'attarda un instant devant la pièce, sentant des larmes perler au coin de ses yeux. Finalement, elle baissa la tête et poursuivit son chemin, accélérant la marche afin de rattraper le médecin. Au bout de quelques minutes, ce dernier s'arrêta devant une porte. Il l'ouvrit et s'écarta, afin de laisser Padmé à y pénétrer.
« Voilà, Sénatrice », lui dit-il. « Prenez votre temps, vous êtes libre d'y rester autant que vous le souhaitez »
Padmé se tourna vers le médecin. « Merci, docteur Kantol... Merci... Pour tout », lui dit-elle, reconnaissante.
Le médecin hocha la tête. « Vous n'avez pas à me remercier, Sénatrice », dit-il. « Je n'ai fais que mon travail »
Padmé sourit, tandis que le médecin inclinait respectueusement la tête en signe de salut avant de partir. Une fois seule, la jeune femme sentit les battements de son cœur s'accélérer, tandis qu'elle s'installait devant l'écran... Elle allait enfin avoir des réponses à ses questions... Elle allait enfin découvrir ce qui s'était passé au cours de ces vingt derrières années. Approchant une main tremblante du clavier, elle commença par entrer le nom de la personne dont elle désirait le plus savoir ce qu'il était advenu... Anakin Skywalker... Padmé valida sa recherche et retint son souffle, en attendant que le résultat apparaisse. Mais la réponse ne fut pas celle qu'elle espérait si désespérément obtenir.
Anakin Skywalker : Chevalier Jedi, porté disparu, présumé mort
Padmé lu et relu cette phrase, se refusant à y croire... Il ne pouvait pas être mort, pas lui... Tandis qu'elle se laissait envahir par une nouvelle vague de chagrin, elle puisa dans ses souvenirs à nouveau, essayant de trouver un indice qui pourrait lui indiquer ce qu'il était advenu de son mari... Au milieu de ses réflexions, elle se revit allongée à bord de son vaisseau, le visage inquiet d'Obi-Wan penché sur elle... Et une unique question... Obi-Wan, comment va Anakin ? Obi-Wan n'avait jamais répondu à cette question... Mais peut-être était-il le seul qui soit en mesure de le faire. Essuyant ses larmes du revers de la main, Padmé inspira profondément avant de taper un nouveau nom sur le clavier. La réponse ne se fit pas attendre.
Obi-Wan Kenobi : Maître Jedi. Ennemi de l'Empire. Membre de l'Alliance Rebelle. Exécuté par Dark Vador lors de la bataille de Mon Calamari.
Une fois de plus, Padmé sentit le désespoir s'abattre sur elle... D'abord Anakin, maintenant Obi-Wan... C'était comme si tous les liens qui la relier à ce monde se coupaient les uns après les autres tandis qu'elle découvrait peu à peu la disparition de tous les êtres qui avaient compté pour elle. Désormais effrayé par ce qu'elle pouvait découvrir, Padmé poursuivit ses recherches. Entrant le nom de son fils, elle retint son souffle tandis que la réponse s'affichait, terrifiée à la perspective que lui aussi puisse être décédé.
Luke Skywalker : Ennemi de l'Empire, membre de l'Alliance Rebelle. Recherché mort ou vif. Récompense. Prendre contact avec Dark Vador.
'Recherché mort ou vif', cette simple phrase donna des frissons à Padmé. Son fils était manifestement en grand danger, mais au moins il était toujours en vie. Une représentation holographique du jeune homme était associé à son fichier et Padmé fut frappée de voir à quel point il ressemblait à Anakin... Les mêmes cheveux blonds, les mêmes yeux bleus. Sentant l'émotion la gagner, elle laissa échapper quelques larmes de joie. Passant une main à travers l'hologramme, comme si elle avait pu toucher son fils, elle sentit l'espoir renaître en elle... Elle n'avait pas tout perdu. Encouragée, elle entra le nom de sa fille.
Leïa Skywalker : Fichier inexistant.
Padmé fronça les sourcils. Pourquoi aucuns fichiers n'existait concernant sa fille ? L'espace d'un instant, elle imagina le pire et pensa l'avoir perdu elle aussi, mais elle se ressaisit bien vite. Même si Leïa devait être morte, un fichier devait forcément exister la concernant. Il devait y avoir une bonne explication. Elle fit de nouvelles tentatives... Leïa Amidala... Leïa Naberrie... Leïa Kenobi... L'ordinateur ne trouvait aucun fichier. A bout de nerf, Padmé s'apprêtait à abandonner, lorsqu'elle se souvint... Lors de son accouchement, Bail Organa était également présent sur Polis Massa... Et si ? Espérant de toutes ses forces que son instinct était bon, la jeune femme entra un nouveau nom dans l'ordinateur.
Leïa Organa : Princesse d'Alderaan. Ennemie de l'Empire, l'un des leaders de l'Alliance Rebelle. Recherchée morte ou vive. Récompense. Prendre contact avec Dark Vador.
Padmé laissa échapper un soupir de soulagement... Elle l'avait retrouvé. Sa fille était en vie. La représentation holographique qui accompagnait le fichier montrait une très belle jeune fille brune aux yeux d'un marron profond. Elle semble si sûre d'elle, si pleine de vie et de confiance, songea Padmé en notant à quel point la ressemblance entre elles d'eux était frappante. Toute remplit d'un nouvel espoir, Padmé sourit à la pensée que ses enfants avait tous deux suivit ses traces... Ils faisaient désormais tous deux partis de l'Alliance contre Palpatine dont elle-même avait contribué à jeter les bases, aux côtés d'un petit groupe de Sénateurs, des années auparavant. Une plénitude soudaine envahit son cœur. Elle avait à nouveau une raison de vivre. Ses enfants étaient en vie et il demeurait encore, dans la Galaxie, des gens qui se battaient au nom de la liberté et de la République. Elle devait retrouver Luke et Leïa et poursuivre la lutte à leurs côtés.
Tandis qu'elle prenait cette résolution, elle rejeta un coup d'œil sur le fichier de Leïa et un nom retint soudain son attention... Dark Vador... Elle n'y avait pas prêté attention avant, trop préoccupée par le soucis de s'assurer de la survie de ses enfants, mais elle réalisait à présent que ce nom était apparu à chaque fois sur les fichiers de Luke, Leïa et Obi-Wan... Pourtant, il ne lui disait absolument rien. Intrigué, elle le tapa sur le clavier. Aussitôt, le fichier correspondant apparu. Padmé porta d'abord son attention sur la représentation holographique et fut parcouru d'un frisson tandis qu'elle examinait la haute silhouette qui se trouvait devant elle. L'homme ou le droïde, elle ne saurait le dire, était entièrement vêtu de noir. Un masque hideux recouvrait son visage et il portait une longue cape noire. Ce costume étrange lui donnait un air terrifiant, menaçant et particulièrement malveillant. Et pourtant, il y avait quelque chose en lui qui intriguait Padmé. Tandis qu'elle s'approchait afin d'observer l'hologramme avec plus d'attention, elle éprouva un sentiment bizarre au plus profond de son cœur... Cette silhouette avait quelque chose de troublant et de familier... Allons Padmé, tu déraisonnes, se dit-elle en secouant vivement la tête. Comment pourrait-il y avoir quelque chose de familier dans ce... Ce monstre ?
Mal à l'aise et s'efforçant d'oublier cette sensation désagréable, Padmé se détourna de l'hologramme et commença sa lecture. Et ce qu'elle lu l'effraya. Ce Dark Vador avait commis tellement d'atrocités. En tant que bras droit de l'empereur, il avait mené la Grande Purge Jedi, il avait massacré des peuples entiers, en avait réduit d'autres en esclavage... Padmé déglutit difficilement à la pensée que quelqu'un puisse se montrer aussi cruel. Parvenue à la fin du fichier de Vador, elle marqua une pause afin de reprendre ses esprits et d'assimiler tout ce qu'elle venait d'apprendre. Jamais elle n'aurait pu imaginer que de telles choses puissent se produire, que l'Univers puisse changer à ce point.
Padmé resta un long moment devant le terminal d'ordinateur, parcourant différents articles de l'Holonet et découvrant avec horreur les récits d'années de terreur, de dictature, de mort, de douleur... Elle avait perdu toute notion du temps, lorsqu'elle entendit quelqu'un frapper à la porte. Se détournant de l'écran, Padmé s'aperçut que le docteur Kantol se tenait à l'entrée de la pièce.
« Excusez-moi de vous déranger, Sénatrice », lui dit-il. « Mais je viens vous informer que vous avez un visiteur »
Intriguée, Padmé se leva aussitôt. « De qui s'agit-il ? », demanda t-elle.
« Il vous attend dans la salle de réunion », répondit le docteur Kantol. « Si vous voulez bien me suivre »
Padmé hocha la tête et emboîta le pas au docteur, se demandant quelle pouvait bien être l'identité de ce mystérieux visiteur. Ils arrivèrent finalement devant la salle de réunion et le docteur Kantol invita Padmé à y entrer. La jeune femme s'exécuta et remarqua qu'un homme s'y trouvait. Il devait avoir une cinquantaine d'années et des cheveux blancs commençaient à clairsemer sa chevelure. Il avait le regard noble, portait de riches vêtements bleus et Padmé lui trouva un air très familier. Elle réalisa finalement de qui il s'agissait.
« Sénateur Organa », s'écria t-elle, en s'avançant vers lui. « Comme je suis heureuse de vous voir », ajouta t-elle en le prenant dans ses bras sans vraiment réfléchir à son attitude, simplement heureuse de revoir enfin un visage connu.
D'abord surpris, Bail se détendit finalement et la pris à son tour dans ses bras. « Cela faisait bien trop longtemps », dit-il. « Je suis heureux de vous revoir sur pied, Sénatrice »
Padmé s'écarta doucement de son étreinte. « Merci », dit-elle. « Mais je vous en pris, appelez moi Padmé. Nous nous connaissons depuis des années et je ne suis plus une Sénatrice depuis bien longtemps »
Bail hocha la tête. « Très bien, Padmé », dit-il. « Mais dans ce cas, appelez moi Bail »
« Entendu », approuva Padmé avec un sourire.
« Bien, je vais vous laissez », leur dit le docteur Kantol. « Vous n'avez qu'à m'appeler si vous avez besoin de quoi que se soit »
« Merci, docteur », répondit Bail.
Le docteur hocha la tête et quitta la pièce, fermant la porte derrière lui. Bail tira une chaise de la table et invita Padmé y s'y asseoir, avant de prendre place à ses côtés. « Le docteur Kantol m'a avertit de votre réveil », lui expliqua t-il. « Je suis venu aussi vite que j'ai pu. Comment vous sentez vous ? »
« Je vais mieux », répondit Padmé. « Je vous mentirez si je vous disais que les premiers jours ont été faciles, mais j'ai réalisé que je devais reprendre le dessus »
Bail sourit. Il reconnaissait là la force et la détermination qui avaient fait la renommée de la Sénatrice Amidala. « Je suis heureux de l'apprendre », dit-il. « Je sais que ça n'a pas du être facile. Je ne peux qu'imaginer ce que vous avez du ressentir »
« Et moi je ne peux qu'imaginer ce que vous avez du vivre », le coupa Padmé. « Je... J'ai passé une grande partie de la journée sur l'Holonet... », confessa t-elle. « Je n'arrive pas à croire que les choses en soit arrivées là. Tout semble si irréel. »
« Si seulement cela pouvait être le cas », soupira Bail.
Padmé hocha silencieusement la tête. « J'ai aussi appris pour Leïa », poursuivit-elle. « Je ne vous remercierai jamais assez d'avoir pris soin d'elle toutes ces années. Je sais qu'elle a reçu tout l'amour nécessaire auprès de vous et de Breha et que vous lui avez offert la meilleure vie possible »
Bail sourit. « Vous n'avez pas à me remercier, Padmé », dit-il. « Leïa est entrée comme un rayon de soleil dans nos vies. Breha et moi, nous avons essayé de l'élever de la façon dont nous savions que vous auriez voulu qu'elle le soit. Elle vous ressemble tellement... »
« Oui... », murmura Padmé. « Je l'ai vu sur un hologramme. Elle est magnifique », ajouta t-elle avec un sourire. « Et concernant Luke ? Où a-t-il grandit ? J'ai remarqué qu'ils ne portaient pas le même nom de famille ? Que s'est-il passé ? »
Bail inspira profondément. « Après que vous soyez tombée dans le coma, Maître Yoda, Maître Kenobi et moi-même nous avons eu une réunion », expliqua t-il. « Nous sommes tombées d'accord sur le fait que les enfants devaient être cachés. Ils étaient les enfants d'Anakin et nous avons eu peur que l'empereur ne les voient comme une menace pour son pouvoir. Nous avons pensé que... Qu'il serait plus prudent de les séparer », précisa t-il d'une voix hésitante, supposant que Padmé n'aurait sans doute pas approuvé un tel choix. « Breha et moi nous avons adopté Leïa, tandis que Maître Kenobi a amené Luke sur Tatooine où il a grandit auprès de la belle famille d'Anakin, les Lars. Obi-Wan est resté sur Tatooine afin de veiller sur lui... »
Padmé hocha silencieusement la tête, digérant les informations. « Je vois... », murmura t-elle.
« Je comprend que vous puissiez ne pas approuvez ce que nous avons fait... », commença Bail.
« Non, je... Je sais que vous avez agit selon votre conscience », dit Padmé. « Vous avez fait ce que vous pensiez nécessaire pour les protéger. L'essentiel c'est qu'ils soient en bonne santé aujourd'hui »
Bail acquiesça.
« Et, sont-ils au courant de leur lien de parenté ? », poursuivit Padmé. « J'ai vu qu'ils faisaient tous les deux partit de l'Alliance Rebelle, mais est-ce qu'ils se connaissent ? »
Bail confirma d'un signe de tête. « Oui, Luke et Leïa ont été réunit il y a deux ans », répondit-il. « Maître Kenobi et moi, nous leur avons révélé leur lien de parenté. Vos enfants sont très proches l'un de l'autre. La Force est puissante en eux, ce qui renforce d'autant plus leur lien », précisa t-il. « Tous deux ont débuté leur formation de Jedi »
Padmé sourit en voyant que ses enfants avaient hérité des facultés extraordinaires de leur père. « Cela ne me surprend pas », dit-elle. « Ce sont les enfants d'Anakin... »
Bail hocha la tête, mal à l'aise suite à l'évocation d'Anakin. Il détestait l'idée de devoir mentir à Padmé, mais il savait qu'il n'avait pas le choix. « Concernant Anakin, Padmé, je ne suis au courant de rien », précisa t-il en décidant d'anticiper une possible question de Padmé. « Je suis désolé »
Padmé hocha silencieusement la tête, tentant de ravaler les larmes qu'elle sentait monter dans ses yeux. « Est-ce qu'ils savent ? », demanda t-elle. « Pour Anakin ? »
Bail acquiesça. « Oui », répondit-il. « Obi-Wan et moi avons jugé bon de ne pas leur cacher cette information lorsque nous leur avons révéler leur lien de parenté... Ils sont au courant de tout, y compris de Mustafar... », précisa t-il en observant attentivement la réaction de la jeune femme.
Padmé hocha la tête, assimilant l'information. Ainsi ses enfants étaient au courant de tout. Ils savaient toutes les horreurs qui avaient découlé de son entrevue avec Anakin sur Mustafar... Ils savaient ce qu'il lui avait fait. Que devaient-ils penser de leur père ? « Et moi ? », demanda t-elle finalement. « Que s'est-il passé pour moi ? »
« Comme je vous ai dit, nous avons eu peur que l'empereur ne décide de faire du mal à Luke et à Leïa. Nous avons donc décider de faire croire que vous étiez morte avec vos enfants », expliqua Bail. « De fausses funérailles ont été organisées sur Naboo, puis Maître Yoda, Maître Kenobi et moi nous avons ramené votre corps sur Polis Massa où vous avez été mise en congélation carbonique »
Padmé inspira profondément, assimilant l'information. Ainsi, aux yeux de la Galaxie toute entière elle était morte... « Est-ce que mes enfants savent la vérité ? », demanda t-elle.
« Oui », confirma Bail, au grand soulagement de Padmé. « Longtemps nous avons préféré leur cacher la vérité. Nous ne savions pas si vous alliez vous réveiller un jour et nous ne voulions pas leur donner de faux espoirs. Mais je sais que Maître Yoda leur a révélé la vérité il y a peu », expliqua t-il.
Padmé leva la tête. « Maître Yoda est en vie ? », demanda t-elle avec une lueur d'espoir.
Bail secoua tristement la tête. « Non, il est mort il y a quelques jours », répondit-il.
Se mordant pensivement la lèvre inférieure, Padmé resta silencieuse plusieurs minutes, ré-imbriquant les unes dans les autres toutes les informations qu'elle venait d'entendre. Luke et Leïa avaient grandit séparément et ne s'étaient retrouvés que deux ans plus tôt. Au yeux du monde elle était morte et elle l'avait été aux yeux de ses enfants jusqu'à il y a peu. Les Jedi étaient tous morts. Personne ne semblait en mesure de pouvoir lui dire ce qu'il était advenu de son mari. La Galaxie était devenu un véritable cauchemar éveillé... Cela faisait beaucoup à assimiler et à accepter. Padmé avait envie de hurler, mais elle savait qu'elle devait rester calme. Tout n'était pas encore perdu et elle pouvait aider à refaire de l'Univers un endroit meilleur.
« J'aimerai rejoindre mes enfants », dit finalement Padmé.
Bail sourit. « Je m'en doutais », dit-il. « J'ai mis un vaisseau à votre disposition sur la plate-forme atterrissage, ainsi que de nouveaux vêtements », ajouta t-il en indiquant la robe blanche médicale que Padmé portait toujours. Puis, fouillant dans sa poche, il en sortit un petit papier qu'il lui tendit. « Voilà les coordonnées de la Base Rebelle sur Hoth, où se trouvent Luke et Leïa. Vous êtes libres de vous y rendre dès que vous le souhaitez. La Base sera avertit de votre arrivée. Présentez-vous comme Padmé Naberrie. Padmé Amidala est morte aux yeux de la Galaxie, mieux vaut donc rester prudent pour le moment et attirer le moins possible l'attention de l'Empire. Et ne vous inquiétez pas, Luke et Leïa connaissent le nom de votre famille »
Padmé hocha la tête, assimilant toutes ces recommandations. Prenant le petit morceau de papier entre ses mains, elle sentit une boule naître dans sa gorge, tandis qu'elle réalisait qu'elle avait là la clef qui la mènerait à ses enfants. Elle leva un regard embué de larmes vers Bail. « Je ne saurai jamais comment vous remercier », lui dit-elle, la gorge serrée par l'émotion.
Bail lui prit doucement la main et lui sourit. « Vous n'avez pas à me remercier, Padmé », lui assura t-il. « Après toutes les épreuves que vous avez traversé, vous méritez votre part de bonheur. ». Il marqua une pause, puis lâcha doucement la main de Padmé et se leva. « Allez retrouver vos enfants et saluer Leïa de ma part »
« Vous ne venez pas avec moi ? », demanda Padmé, étonnée.
Bail secoua la tête. « Non », répondit-il. « Je dois rejoindre la flotte Rebelle qui s'est rassemblée dans le système de Sullust ». Marquant une pause, il esquissa un sourire. « J'espère vous revoir bientôt, Padmé. Que la Force soit avec vous »
Padmé sourit. « Que la Force soit avec vous, Bail », répondit-elle.
Bail inclina respectueusement la tête avant de quitter la pièce, laissant Padmé seule. Inspirant profondément, elle baissa à nouveau son regard vers le petit morceau de papier qu'elle tenait et en caressa tendrement les chiffres qui y étaient inscrit du bout des doigts. Cette combinaison de chiffre la guiderait vers ses enfants et, peut-être, vers de nouvelles réponses. Le cœur remplit d'espoir, Padmé se leva et retourna dans sa chambre, déterminer à rassembler au plus vite ses affaires et à quitter Polis Massa.
Préoccupée, Leïa marchait d'un pas rapide à travers les nombreux couloirs de la Base Rebelle afin de regagner le poste de commandement. Elle venait à nouveau de trouver son frère dans l'ancienne chambre de Maître Yoda. Il y passait presque tout son temps depuis la mort du vieux Jedi. Luke comme elle avaient perçu une perturbation dans la Force, trois jours plus tôt, une perturbation étrange que ni l'un, ni l'autre n'étaient arrivés à expliquer. Depuis, Luke passait de nombreuses heures à tenter d'établir un contact avec ses anciens maîtres, afin d'obtenir des réponses sur ce phénomène, sans succès. Devant l'entêtement de son frère, Leïa avait à nouveau tenté de lui parler, elle lui avait demandé de venir avec elle, de reprendre part aux activités de la Base, mais le jeune Jedi avait refusé. Luke s'isolait de plus en plus, il se sentait perdu, ce qui inquiétait Leïa.
Depuis que Yoda leur avait révélé que leur mère était encore en vie, elle avait essayé d'aborder le sujet avec son frère, arguant que la perturbation qu'ils avaient perçu dans la Force était peut-être liée à elle. Mais elle voyait que Luke faisait tout pour éviter le sujet. Contrairement à sa sœur, Luke refusait de placer trop d'espoirs dans cette hypothèse : il avait connu bien trop de déceptions ces derniers temps. Leïa pouvait constamment percevoir la profonde douleur qui régnait dans son cœur, doublée de la haine tenace qu'il vouait à Dark Vador. Même si pour l'heure elle refusait de se laisser aller à imaginer le pire, Leïa craignait pour l'avenir de Luke. Elle avait déjà perdu son père à cause du Côté Obscur, elle refusait de perdre son frère aussi.
Tournant au détour d'un couloir et perdue dans ses pensées, Leïa ne vit pas la personne qui arrivait en face d'elle et elle la percuta de plein fouet. « Je suis désolée, je... », balbutia t-elle en levant la tête, réalisant sombrement en face de qui elle se trouvait.
« Et bien votre Honneur, je sais que ma présence peut vous distraire, mais à ce point... », commenta la voix amusée de Han Solo.
Leïa soupira. D'ordinaire, elle aurait aussitôt répondu à la provocation de Han, mais elle n'était pas d'humeur pour une dispute et elle secoua la tête avant de poursuivre son chemin en silence. Surpris par ce manque évident de réaction, Han compris que quelque chose n'allait pas. Il pouvait sentir la peine de la jeune femme et il se hâta de la rattraper, avant de lui prendre doucement le bras.
« Attendez, Leïa », dit-il. « Je suis désolé... Que se passe t-il ? »
En soupirant, Leïa consentit à se tourner vers lui. Elle perçu un soupçon d'inquiétude dans le regard de Han et elle en fut touchée. « Je m'inquiète pour Luke », avoua t-elle. « Je l'ai encore trouvé dans les anciens appartements de Maître Yoda. Il refuse d'en sortir... Il se referme sur lui-même... Il refuse de se confier à moi, mais je perçois sa peine... Je perçois aussi sa colère et... »
« Il est normal d'éprouver de la colère », lui fit remarquer Han. « Allons, ne vous inquiétez pas. Je suis sûr que Luke traverse seulement une mauvaise passe. Ça va lui passer aussi vite que c'est venu », ajouta t-il calmement avec un léger haussement d'épaule.
Leïa fronça les sourcils, n'aimant pas la légèreté avec laquelle il exposait les choses. « J'aurai du me douter que vous ne pourriez pas comprendre », répliqua t-elle en secouant la tête. « Comment pouvez-vous vous montrer aussi insensible ? Luke est votre ami, non ? J'ai l'impression que ce qui lui arrive ne vous touche pas le moins du monde... »
« Je vous interdit de penser, ça Votre Honneur », la coupa sèchement Han, le cessé le feu entre eux étant apparemment terminé. « Je me sens mal pour Luke. J'aimerai pouvoir l'aider, mais j'estime qu'il est inutile de forcer les choses si Luke veut être seul pour l'instant. Je sais ce n'est pas facile pour lui en ce moment, mais la vie est dure pour tout le monde. Qu'est-ce que je devrai dire moi ? Ma tête est mise à prix par le plus puissant gangster de la Galaxie. Vous n'êtes pas la seule à avoir des problèmes. Et ne vous inquiétez pas Votre Altesse, je ne resterai pas longtemps dans vos pattes », ajouta t-il en voyant Leïa rougir de colère devant la façon dont il avait de lui parler. « Je vais m'en aller très bientôt afin de régler mes dettes auprès de Jabba. Je n'ai pas l'intention de passer ma vie à fuir... »
Et là dessus, il tourna les talons et partit d'un pas rapide, laissant Leïa sans voix. Les dernières paroles de Han l'avaient troublé, mais pas forcément de la façon dont elle l'aurait pensé. Regardant l'ancien contrebandier s'éloigner, elle sentit sa colère s'évanouir avec lui, la laissant avec une unique pensée. Il allait partir bientôt... Étrangement, cette idée lui déplaisait bien plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Fronçant les sourcils et s'efforçant de chasser ses sentiments bizarres de son esprit, elle s'apprêta à reprendre son chemin, lorsque son comlink sonna. Fouillant dans ses poches, elle l'en sortit et regarda l'écran. C'était un message de son père. Esquissant un sourire à l'idée d'avoir de ses nouvelles, elle ouvrit le message. Il ne contenait qu'une courte phrase.
'Ta mère arrive'
Leïa relu plusieurs fois ce message, intriguée. Pourquoi Breha viendrait-elle sur Hoth ? Et puis, si vraiment elle devait s'y rendre, Bail ne le lui aurait certainement pas annoncé de cette manière, en privé. Il aurait simplement contacté le centre de commandement de la Base... Se disant qu'il y avait décidément une chose qui ne collait pas, Leïa relu encore le message et soudain elle compris. Bail ne parlait pas de Breha... Alors que cette réalisation la frappait, Leïa sentit les battements de son cœur redoubler, tandis qu'une vague d'espoir l'envahissait. Maman, le Créateur soit loué tu es réveillée... Elle devait trouver Luke afin de lui annoncer la bonne nouvelle, et vite. Ne quittant pas son comlink des yeux, comme si elle craignait soudain de voir le message s'effacer, elle rebroussa chemin et repartit d'un pas rapide en direction des appartements de Yoda.
