Chapitre n°14 : Souvenirs du passé...
Rentrant de l'une de ses rondes quotidiennes à l'extérieur de la Base, Han Solo marchait d'un pas rapide à travers les couloirs de la Base Rebelle, en direction du hangar principal. Il devait y rejoindre Chewbacca afin de réaliser quelques travaux sur le Faucon Millénium en vu de leur prochain départ. La perspective de retrouver son vaisseau le faisait sourire et le plongeait dans un état de bonheur tel qu'on aurait pu croire qu'il s'apprêtait à retrouver une maîtresse. Une maîtresse... Depuis son engagement auprès de l'Alliance Rebelle, deux ans plus tôt, Han n'avait pas eu une seule relation avec une femme. En tant que contrebandier, ses nombreuses escapades à travers l'ensemble de la Galaxie lui avaient donné l'occasion de se retrouver à maintes reprises en charmante compagnie, mais maintenant... Les femmes étaient rares dans la Base, mais surtout elles lui paraissaient fades et sans aucunes saveurs à côté de la seule qui retenait toute son attention... Leïa Organa Skywalker.
Elle avait tellement de caractère, de force et de courage. Jamais Han n'avait eu affaire à une femme qui le troublait à ce point et il ne savait jamais quoi faire en sa présence. Il éprouvait souvent des envies de meurtres lorsque leur discussion se terminaient la plupart du temps en dispute. Mais à d'autres moments, il ressentait ce besoin impérieux de la serrer dans ses bras, de lui dire qu'il serait toujours là pour elle et de faire de son corps une sorte de rempart entre elle et tous les dangers qui les menaçaient. D'une certaine manière, la perspective de son départ imminent le dérangeait bien plus qu'il ne voulait l'admettre, la simple l'idée de ne plus la voir le perturbant au possible. Jamais il n'avait ressentit une telle chose pour quelqu'un, mais il refusait d'admettre de tels sentiments. Toute sa vie il avait était avec Chewbacca. Ils étaient une équipe et, à l'exception de son ami, Han n'avait vécu qu'en se préoccupant de lui même, sans attachements particuliers pour les gens qui l'entouraient. Les choses avaient changé lorsqu'il avait rencontré les jumeaux Skywalker. Luke était son ami, mais avec Leïa s'était différent... C'était comme si une partie de lui était irrésistiblement lié à elle, comme s'il ne vivait plus seulement pour lui mais aussi pour elle, et se sentir ainsi attaché à quelqu'un – et qui plus est à quelqu'un qui le détestait et qui avait le don de l'exaspérer – était un sentiment nouveau et étranger qui l'effrayait un peu.
Tandis qu'il passait devant le centre de contrôle, Han ne pu s'empêchait de jeter inconsciemment un bref regard à l'intérieur de la salle afin de voir si Leïa s'y trouvait. Puis, réalisant ce qu'il était en train de faire, Han secoua la tête en souriant, se moquant de lui-même. Reprenant nonchalamment son chemin, il entendit soudain des bruits de pas rapides qui venaient dans sa direction et il leva la tête juste à temps pour voir une femme qui approchaient, courant la tête baissée. Avant qu'il ne puisse l'éviter, ils se percutèrent.
« Je suis désolé, je... », s'excusa t-il. Mais le choc n'avait pas ébranlé la jeune femme qui était déjà repartit, sans un mot, sans même se retourner, poursuivant sa course folle. « Hey ! Ne vous excusez pas surtout ! », s'écria t-il, furieux. « Et après c'est moi que l'on traite d'impoli... »
Il l'observa un bref instant avant qu'elle ne disparaisse à l'angle d'un couloir et cru un moment qu'il s'agissait de Leïa. Leur silhouette était similaire, de même que leur façon de se mouvoir et elles avaient les mêmes boucles brunes, bien que Leïa les porte généralement élégamment relevés au dessus de sa nuque. Mais il nota également la grande peine à laquelle cette femme semblait en proie. Une partie de lui se mit alors à espérer de toutes ses forces qu'il se trompait et qu'il ne s'agissait pas de Leïa, car il ne supportait pas l'idée de la voir dans cet état. Prenant une profonde inspiration, Han poursuivit finalement son chemin. Arrivant dans le hangar, il repéra rapidement le Faucon Millénium et commença à se diriger vers lui, lorsqu'il aperçu Luke et Leïa un peu plus loin. Tout deux semblaient en grande conversation et, même à bonne distance, Han pouvait sentir que quelque chose n'allait pas. Son cœur se serra lorsqu'il vit Leïa portait une main à ses joues afin d'essuyer les larmes qui y avaient coulé et il décida d'aller voir ce qui se passait.
« … Nous savions que ce serait difficile, Leïa », entendit-il Luke dire. « Elle a simplement besoin de temps, comme nous en avons eu... »
Leïa hocha silencieusement la tête. « Je sais... Je sais... », souffla t-elle. « C'est juste que... Je supporte pas de rester là à ne rien faire... J'aimerai tellement savoir quoi faire ou dire pour apaiser sa peine... »
« Je sais, moi aussi », répondit Luke en passant un bras autour des épaules de sa sœur. Celle-ci ferma les yeux tandis que son frère lui déposer délicatement un baiser sur le front.
Observant la scène, Han prit soudain conscience que, par sa présence, il risquait d'interrompre un moment important entre les jumeaux. Se ravisant, il était sur le point de faire demi-tour lorsqu'il réalisa que Luke venait de remarquer sa présence.
« Hey, Han ! », l'accueillit-il en souriant. « Qu'est-ce que tu viens faire par ici ? »
« Je devais rejoindre Chewbacca pour l'aider à faire quelques réparations sur le Faucon », répondit Han en jetant un bref coup d'œil vers Leïa, qui semblait résolu à tout faire pour éviter son regard et qui tentait de faire disparaître les dernières traces de ses larmes. « Est-ce que tout va bien ? », demanda-t-il. Se rappelant la brève conversation qu'il avait entendu des jumeaux et se rappelant qu'ils avaient l'air de parler d'une femme, il se demanda si cela n'avait pas un rapport avec l'inconnu qu'il avait bousculé. « En venant ici j'ai croisé, ou plutôt j'ai été percuté par une femme qui n'avait pas l'air bien non plus... », ajouta t-il. « J'ai cru un instant qu'il s'agissait de Leïa... »
Entendant son nom, Leïa leva la tête, surprise par la manière avec laquelle Han avait prononcé ces mots... Comme si le fait qu'elle puisse ne pas allait bien le touchait. « C'est... Il s'agissait sans doute de notre mère », répondit-elle.
Les yeux de Han s'écarquillèrent de surprise. Il faisait partie des rares personnes qui connaissaient l'identité des parents des jumeaux et aux dernières nouvelles, aucun des deux n'étaient plus de ce monde. « Votre mère ? », répéta-t-il. « Mais... Je pensais qu'elle était morte il y a plusieurs années. »
« C'est ce que nous pensions aussi, jusqu'à il y a trois jours », répondit Luke. « Maître Yoda nous a révélé sur son lit de mort qu'elle était toujours vivante. Elle a été en congélation carbonique durant ces vingt dernières années et elle ne s'est réveillée que très récemment », expliqua t-il. « Disons que les choses sont un peu difficiles pour elle pour le moment... »
Han hocha la tête. « C'est normal... Ce n'est pas vraiment le genre de Galaxie dans laquelle on aimerait se réveiller », commenta t-il d'une voix sombre.
Luke hocha pensivement la tête. « Oui... C'est le moins que l'on puisse dire... », approuva t-il en soupirant. « Bon, je pense que je vais aller pratiquer un peu le sabre laser », ajouta t-il en se tournant vers Leïa. « Tu veux venir avec moi ? », lui demanda t-il.
Leïa secoua la tête. « Non », répondit-elle. « Je n'en ai pas vraiment envie pour le moment »
Luke hocha la tête. « Très bien », dit-il avant de se pencher vers sa sœur et de l'embrasser sur le front. « Ne t'inquiète pas, ça va aller », ajouta t-il d'une voix rassurante. Leïa hocha la tête en essuyant une larme du revers de sa main. Il lui adressa un sourire avant de se tourner vers Han et de tendre le point vers lui. « A plus tard, Han », dit-il.
Han sourit et tapa de son poing dans celui de Luke. « Oui, à plus tard mon vieux », dit-il.
Luke partit et Han se retrouva soudain seul avec Leïa. Elle qui était d'ordinaire si forte, elle semblait si fragile à cet instant que cette vision lui inspira aussitôt un besoin impérieux de la prendre dans ses bras et de la serrer fort contre lui... Mais il n'était pas sûr de la réaction de la jeune femme, alors il se contenta de s'approchait doucement d'elle et de poser gentiment une main sur son bras.
« Et bien, Leïa... Vous avez finalement retrouvé votre mère... C'est merveilleux... Vous devez être très heureuse », dit-il maladroitement, ne sachant pas vraiment quoi dire.
Leïa porta son regard sur son bras, à l'endroit où Han y avait posé sa main. Ce simple contact lui procura un bref frisson et la sensation de le sentir si près d'elle réchauffa aussitôt son cœur, l'apaisant. Inspirant profondément, Leïa leva finalement les yeux vers lui. « Oui... », répondit-elle. « Même dans nos rêves les plus fous nous n'aurions jamais imaginez que nous pourrions la retrouver. », elle esquissa un faible sourire à cette pensée, avant de baiser à nouveau la tête. « C'est juste que... J'aimerai pouvoir faire quelque chose pour elle. J'aimerai tellement être en mesure d'adoucir sa peine... C'est si difficile de la voir dans cet état... »
Comme ça l'est pour moi de vous voir dans cet état, pensa Han. « Je sais que ce n'est pas facile », concéda t-il. « Mais le temps adoucira les choses... Et puis elle vous a Luke et vous... Soyez là pour elle et tout ira bien »
Leïa acquiesça et releva la tête vers lui avant de lui adresser un petit sourire. La proximité de Han et la douceur de ses paroles la troublait à un point qu'elle n'aurait jamais pu imaginer. Mal à l'aise, elle détourna un bref instant son regard et aperçu du coin de l'œil, par dessus l'épaule de Han, Chewbacca qui attendait un peu plus loin, les mains sur les hanches. « Je pense que vous devriez y aller », dit-elle. « Chewbacca a l'air de commencer à s'impatienter... »
Han se retourna et suivit le regard de Leïa. Il vit Chewbacca faire de grands signes dans sa direction et, même à bonne distance, il pouvait entendre ses grognements indignés. « Oui, oui, Chewie ! Calme toi, j'arrive », cria Han en lui faisant signe de retourner au Faucon et qu'il allait l'y rejoindre. Chewbacca hocha la tête et s'éloigna, tandis que Han reportait son attention vers Leïa. « Bon et bien, je vais vous laisser », dit-il, réticent.
« Oui... », murmura Leïa.
Elle l'interrogea un instant du regard, ayant l'impression qu'il voulait encore lui dire quelque chose, mais aucune parole ne vint. Han la salua d'un bref mouvement de tête et commença à s'éloigner. Il se ravisa finalement, le besoin d'assurer Leïa de sa présence se faisant trop pressant pour être ignorer. « Leïa ! », l'appela t-il, remarquant qu'elle avait commencé à s'éloigner. La jeune femme s'arrêta et se retourna. « Je... Je ne suis pas très doué pour ce genre de chose, mais... Je voulais que vous sachiez que je suis là si vous avez besoin de parler », lui dit-il.
Leïa esquissa un sourire. « Merci Han », dit-elle. Han inclina à nouveau le tête, puis il tourna les talons et partit rejoindre Chewbacca. Leïa le regarda s'éloigner et soupira profondément. Plus le temps passait et moins elle savait comment se comporter avec Han. Il pouvait parfois se montrer détestable et arrogeant, mais il y avait aussi ces moments, comme à l'instant, où il pouvait faire preuve d'une grande sensibilité et se montrer particulièrement attentionné. Chassant ses pensées de son esprits, Leïa estima cependant qu'elle aurait le temps d'éclaircir le mystère 'Han Solo' plus tard, sa mère étant pour l'instant le plus important. Elle songea une seconde à partir à sa recherche, mais elle se ravisa... Sa mère avait besoin de temps et quand elle serait prête, c'est elle qui viendrait les trouver. Décidant que finalement quelques heures de pratique du sabre laser seraient les bienvenues, elle quitta le hangar principal et partit rejoindre son frère.
Six mois... Après six longs mois de séparation, je la tenais enfin à nouveau dans mes bras... A l'abri des regards, dissimulés derrière l'une des hautes colonnes du hall du Sénat, nous savourions nos retrouvailles. Au paroxysme de la joie, je la soulevais délicatement du sol avant de la faire tournait. Finalement, nos visages se rapprochèrent et je goûtai à nouveau à la saveur de ses lèvres.
S'accrochant à ma tunique, elle se blottit contre moi. « Oh, Anakin ! », murmura t-elle contre ma poitrine.
Humant le doux parfum de sa peau, j'enfouissais ma tête dans le creux de sa nuque, laissant ses longues boucles brunes caresser mon visage. « Padmé, tu m'as manqué », murmurais-je.
Elle s'écarta lentement de moi, sans toutefois me lâcher, comme si elle craignait que je disparaisse soudain. « Le bruit courait que tu avais été tué », souffla t-elle.
Je lui adressai un sourire rassurant. « Je m'en suis sortit », dis-je en posant délicatement ma main sur sa joue. « Cela semble faire une éternité que nous sommes séparés. Ça aurait pu duré encore longtemps. Si le Chancelier n'avait pas été enlevé je crois qu'on ne nous aurait jamais rappelé des lignes de front de la Bordure Extérieure... »
N'y tenant plus, je penchais la tête vers elle, réclamant à nouveau ses lèvres, mais elle eut un mouvement de recul. « Non, Anakin. Pas ici », me dit-elle.
Je secouais la tête. « Si, ici », insistais-je. « Je... J'en ai assez... Ça m'est égal que tout le monde sache que nous sommes mariés... », ajoutais-je en me penchant à nouveau vers elle.
« Anakin, il ne faut pas dire ça », me dit sèchement Padmé, le regard peu assuré.
Soupirant, je capitulai et me contenter de la serrer à nouveau contre moi. Sa simple présence suffisait à réchauffer mon cœur après tous ces mois passés à faire la guerre, et je m'y abandonnais. Ce fut alors que je sentis que quelque chose n'allait pas. Entre mes bras, ma femme tremblait, visiblement tourmentée par quelque chose. M'écartant doucement d'elle, je la regardais intrigué, tandis que je la voyais fuir mon regard.
« Tu trembles », remarquais-je. « Que se passe-t-il ? »
Inspirant profondément, Padmé leva finalement les yeux vers moi. « J'ai une merveilleuse nouvelle a t'apprendre », me dit-elle avec un sourire. « Anakin... Je suis enceinte »
Je restais un long moment sans voix tandis que j'assimilais les paroles de Padmé. Baissant la tête, je tentais de reprendre un rythme de respiration normale, tandis que je réalisais peu à peu tout ce que la grossesse de Padmé impliquait. Les rumeurs iraient sans doute bon train concernant l'identité du père, Padmé ne s'étant jamais affiché avec un homme publiquement. Si l'attention des curieux se resserrait autour de Padmé, notre secret finirait certainement par être découvert, et alors je serais expulsé de l'Ordre Jedi... Levant le regard vers Padmé, je m'aperçus qu'elle retenait son souffle, attendant désespérément que je dise quelque chose... Sa vision emplit aussitôt mon cœur qu'une vague d'amour, pour elle et pour notre enfant à naître. J'allais être père. Padmé et moi allons fonder une famille et je décidais que tout le reste n'importais pas.
« Ce... C'est une merveilleuse nouvelle », murmurais-je, retrouvant finalement l'usage de la parole.
Je vis Padmé se détendre après ma réponse. « Mais comment ferons-nous ? », demanda-t-elle.
Posant à nouveau ma main sur sa joue, je lui adressai un sourire. « On ne va surtout pas se faire de soucis pour l'instant, tu veux bien ? », lui demandais-je. « C'est un moment de bonheur. Le plus beau moment que m'ait donné la vie », lui assurais-je.
Padmé hocha la tête en souriant. Ne pouvant résister, je penchais à nouveau la tête vers elle et cette fois elle ne me repoussa pas. Elle effaça la distance qui nous séparait et ses lèvres vinrent rencontrer les miennes. Je me noyais dans notre baiser, tandis que je songeais à notre avenir qui s'annonçait plein de promesse. A cet instant, j'étais le plus heureux des hommes...
Avec l'impression que son cœur allait exploser, Vador se réveilla soudain dans sa chambre hyperbare. La respiration haletante, il se redressa et s'efforça de retrouver son calme. Toutes ces images et ces souvenirs d'un temps depuis bien longtemps révolu ne cessaient de le hanter, torturant son âme. La présence de sa bien-aimée Padmé lui semblait à chaque fois si palpable que le sentiment de la voir soudain lui glissait entre les doigts à son réveil lui procurait une douleur insupportable. Et cette fois-ci n'avait pas échappé à la règle. A nouveau son rêve lui avait paru si réel... A nouveau, il avait ressentit cet extrême bonheur, aussi vivace que si Padmé s'était réellement tenu devant lui, irradiant d'amour, lui annonçant qu'il allait devenir père.
Prenant son crâne chauve entre ses mains gantée, Vador ferma les yeux et inspira profondément, se laissant aller à la peine, à la douleur et au regret. Avec le temps, ces émotions étaient devenus comme des compagnes pour lui. Cette chambre était le seul endroit où il pouvait s'abandonner librement à ses sentiments et où il pouvait retrouver une part de son humanité, débarrassé de son masque... Padmé lui manquait tellement. Depuis toutes ces années, malgré tous ses efforts, malgré son acharnement à se consacrer pleinement à son apprentissage et à sa pratique du Côté Obscur, il n'avait pas réussit à l'oublier et son visage continuait inlassablement à habiter ses pensées. Il avait tué son ange et il vivrait avec ce remord toute sa vie.
Vador sentit un incontrôlable flot de colère le submerger soudain... Tandis qu'il serrait les poings, des images des événements de Mustafar assaillirent son esprit... Ce jour où toute sa vie avait basculé et où il avait cessé d'être Anakin Skywalker... Il blâmait Obi-Wan pour l'avoir condamné à vivre tel une machine et il blâmait Padmé pour avoir refuser de le suivre... Il était supposé détruire Palpatine et prendre sa place à la tête de la Galaxie, sa femme à ses côtés. C'était son rêve, un rêve qu'il pouvait encore espérer réaliser, mais pour cela il avait besoin de son fils. Il devait retrouver Luke. Se levant, Vador vint se placer au centre de sa chambre hyperbare et activa la commande afin de remettre son masque en place. Le son désormais familier de sa respiration mécanique parvint à ses oreilles. Écartant sa peine et sa douleur, il s'immergea complètement dans le Côté Obscur, se laissant envahir par sa colère et sa soif de pouvoir. Puis, d'un pas rapide, il sortit de ses quartiers et rejoignit le pont, bien décidé à hâter ses hommes dans leur recherche de la Base Rebelle.
Cela faisait maintenant plusieurs heures que Padmé déambulait à travers la Base Rebelle, les yeux encore gonflés de toutes les larmes qu'elle avait versé. Longtemps elle avait pleuré, longtemps elle avait cherché à comprendre pourquoi les choses avaient à ce point changé, pourquoi la mort ne l'avait pas prise vingt ans plus tôt, la condamnant à vivre dans un monde où celui qu'elle aimait plus que la vie elle-même n'était plus... Après des heures de souffrance et de douleur, Padmé avait finalement réussit à se calmer et à retrouver une certaine paix intérieure. Elle savait que ses questions resteraient sans réponses, mais elle savait aussi que ses enfants étaient ceux qui devaient lui donner la force d'avancer. Ils étaient ses trésors et la vie lui avait fait un cadeau inestimable en les lui rendant. Et elle se devait d'honorer ce cadeau en étant là pour eux...
Depuis qu'elle avait quitté le hangar, un vide s'était formé dans son cœur. Alors trop envahit par la douleur, elle ne l'avait pas réalisé. Mais à présent, elle en était plus que consciente et elle savait qu'il n'y avait qu'une seule manière de le combler. Son cœur réclamait la présence des jumeaux et, marchant le long des couloirs, elle laissait ses pas les guider à eux, se sentant attirer vers ses enfants par une force irrésistible. Elle arriva finalement devant une porte et sentit la présence brillante de Luke et Leïa à l'intérieur. Le bruit caractéristique d'un sabre laser activé parvint à ses oreilles et elle songea un instant à rebrousser chemin et à les laisser s'entraîner seuls. Mais le besoin de les voir et de les serrer contre elle était bien trop fort et elle appuya doucement sur la commande activant l'ouverture de la porte.
Les lames bleues des sabres laser de Luke et Leïa s'entre-crochaient avec force, tandis que les deux combattants se déplaçaient et agissaient avec une telle rapidité et une telle agilité que Padmé réalisa que ses enfants avaient hérité des incroyables capacités de leur père bien plus qu'elle ne l'aurait pensé. En silence, elle les observa quelques secondes pratiquer les arts Jedi, puis les jumeaux sentirent sa présence et, d'un même mouvement, désactivèrent leur arme. Un sourire se dessina sur leur visage en la voyant ici. A travers la Force, ils pouvaient sentir que, bien que de la peine subsistait au plus profond d'elle – et ils savaient qu'elle y subsisterait sans doute toujours -, elle avait retrouvé son calme et semblait plus sereine.
« Maman... », murmura Leïa.
Padmé sourit et avança rapidement, effaçant la distance qui la séparait encore de ses enfants avant de les prendre dans ses bras. Les sentir à nouveau contre elle emplit son cœur d'une grande joie et elle éprouva une grande plénitude intérieure.
« Est-ce que ça va ? », lui demanda Luke.
Padmé s'écarta lentement d'eux et hocha la tête. « Oui, je vais mieux », leur assura-t-elle en souriant. « Être seule m'a donné le temps de réfléchir à tout ce qui s'est passé. Vous avez raison, on ne peut pas revenir en arrière, mais il faut continuer à avancer et regarder vers l'avenir. Et mon avenir c'est vous. », ajouta t-elle en caressant délicatement leur visage. « Je suis si fière de vous... Vous faîtes honneur à l'héritage de la République et à l'héritage des Jedi. J'ai pu vous observer quelques instants. Vous avez des capacités extraordinaires... »
Luke acquiesça. « Maître Yoda et Obi-Wan ont été d'excellents professeurs », dit-il en baissant la tête.
Padmé perçu la pointe de tristesse dans les paroles de son fils. « J'ai été désolée d'apprendre leur mort », dit-elle. « Je ne connaissais pas bien Maître Yoda, mais Obi-Wan était un très bon ami... Je lui dois en partie d'être encore en vie », ajouta t-elle en baissant tristement la tête. « J'aurai tant voulu qu'il soit encore parmi nous et pouvoir être en mesure de le remercier pour tout ce qu'il a fait... »
« C'est Dark Vador qu'il faut blâmer pour cela », fit remarquer Luke avec amertume, sentant sa colère et son ressentiment refaire surface au souvenir du meurtre de son ancien mentor. « Je l'ai vu tuer Obi-Wan juste sous mes yeux et je n'ai rien pu faire... Mais il va payer. Tôt ou tard, il va payer... »
Alarmée par la colère qu'elle sentait émaner de son fils, Padmé s'avança de lui et prit son visage entre ses mains. « Luke, je t'en pris, tu ne dois pas te laisser aller à la colère ainsi », le supplia t-elle. « Je l'ai vu détruire ton père. Je refuse de te perdre toi aussi ».
Percevant la peur qui envahissait sa mère, Luke se calma. Honteux d'avoir infligé une telle émotion à sa mère, il baissa la tête. « Je suis désolé... », murmura t-il. « Ce... C'est plus fort que moi. Mais je vais tout faire pour mieux me contrôler... Tu ne me perdras pas, maman. Je te le promet »
Je te le promet... Un autre Skywalker lui avait dit la même chose vingt ans plus tôt, lui promettant de la sauver et ainsi qu'ils seraient toujours ensembles. Mais il n'avait pas tenu sa promesse, devenant celui-là même qui avait faillit lui apporter la mort contre laquelle il avait tenté de la préserver. Inspirant profondément, Padmé chassa ses pensées de son esprits et se reconcentra sur son fils. « Vador paiera en temps voulu », lui assura-t-elle. « Mais tu ne dois pas en faire une vengeance personnelle »
Luke hocha la tête. Padmé pouvait toujours sentir sa culpabilité et elle lui adressa un petit sourire rassurant et aimant avant de le prendre dans ses bras et de lui murmurer 'Ça va aller' au creux de l'oreille. Elle sentit Luke se détendre dans son étreinte, tandis qu'elle lui caressait tendrement les cheveux. Mais l'évocation de Vador lui renvoya soudain à l'esprit son image holographique qu'elle avait observé à Polis Massa, ainsi que le sentiment étrange de familiarité qu'elle avait éprouvé en le voyant. Vador l'intriguait et ce qu'elle avait lu le concernant ne suffisait pas à répondre à ses interrogations. Elle se demandait si les jumeaux en savaient plus à son sujet. Ne voulant pas les alarmer, elle jugea cependant préférable de leur cacher les émotions que l'image de Vador avait provoqué au plus profond d'elle. Inspirant profondément, elle s'écarta lentement de Luke.
« J'aimerai vous demandez quelque chose à propos de Vador », dit-elle. Elle vit les jumeaux échanger un regard étonné, puis Leïa hocher les épaules - avec un regard qui signifiait qu'il était normal de se poser des questions à son sujet – et finalement elle vit ses enfants se retourner vers elle en hochant la tête. « J'ai beaucoup de choses le concernant lors de mes recherches sur Polis Massa, et je passe sur toutes les atrocités qu'il a commises, mais je suis étonnée qu'il n'y ait aucune traces de lui avant les événements de l'Empire. Je veux dire, est-ce que quelqu'un sait d'où il vient ou s'il est seulement humain ? »
« Personne ne sait d'où il vient », répondit Leïa. « Il est apparu au début de la Purge Jedi. Obi-Wan nous a dit que... Qu'il avait pris part à l'attaque du Temple avec notre père », précisa t-elle tristement, détestant devoir rappeler ce terrible fait.
« Obi-Wan et Yoda pensaient qu'il était l'apprenti secret de Palpatine et que ce dernier l'aurait caché jusqu'au moment propice où... Où notre père le rejoindrait finalement. » , ajouta Luke. « On nous a enseigné que les Sith vont normalement par deux , le Maître et l'Apprenti. Mais Obi-Wan pensait que l'Empereur avait choisit de déroger à la règle en attendant l'arrivée d'un second apprenti pour mettre son plan à exécution, afin de s'assurer de mettre toutes les chances de son côté pour prendre le contrôle de la Galaxie. », précisa t-il, toujours mal à l'aise à l'idée que son père avait contribué à faire de la Galaxie, l'Empire du mal contre lequel ils luttaient désormais. « Quant à savoir si Vador est humain ou non... », poursuivit Luke. « Obi-Wan et Yoda ont toujours estimé qu'il l'était, mais qu'il avait par la suite subit de graves blessures qui l'avait contraint à porter une armure pour survivre ».
Padmé hocha la tête, assimilant ces nouvelles informations. Ainsi Vador avait combattu aux côtés d'Anakin... La simple idée d'imaginer son mari allié à ce monstre lui donna des frissons. Un bref instant, elle se demanda si quelqu'un savait à quoi avait ressemblé le Seigneur Sith avant de se retrouver confiné dans son armure.
Les trois Skywalker restèrent silencieux un instant, puis Leïa s'approcha de sa mère. « Maman, est-ce que tu pourrais nous parler de toi ? », demanda-t-elle timidement. « Obi-Wan et Bail nous ont raconté ce qu'ils savaient, mais il y a tellement de choses que Luke et moi ignorons encore. Nous aimerions tant connaître votre histoire à toi et papa... Enfin, si tu veux bien », ajouta t-elle, ne voulant pas forcer sa mère si elle ne s'en sentait pas encore prête.
Padmé réfléchit un moment la demande de sa fille. Les observant, elle et Luke, elle pouvait sentir leur besoin d'en savoir davantage au sujet de leur parent et leur espoir d'obtenir enfin des réponses. Comment pouvait-elle leur refuser une telle chose ? Ils avaient le droit de savoir, ils en avaient besoin afin de connaître leur origine et de renforcer leur lien avec ces parents qu'ils n'avaient jamais connu. Esquissant un sourire, Padmé acquiesça. « Il est normal que vous vouliez savoir », dit-elle. « Allons-nous asseoir, je vais vous raconter »
Un grand sourire se dessina instantanément sur les visages de Luke et Leïa et ils guidèrent leur mère vers un grand tapis qui se trouvait dans un coin de la pièce et sur lequel les jumeaux avaient l'habitude de pratiquer leur méditation. Tous y prirent place, puis Luke et Leïa portèrent leur attention sur leur mère. Débordant d'excitation et d'impatience, ils étaient suspendus à ses lèvres, attendant qu'elle commence son récit.
« Je suis née sur Naboo, à Varykino. C'était un lieu reculé magnifique que l'on appelé aussi 'La Contrée des Lacs'. », commença t-elle, en souriant au souvenirs des paysages verdoyants de sa bien-aimée planète natale. « J'aimerai vous y amener un jour... », commenta t-elle, rêveuse. « Vos grands-parents s'appellent Ruwee et Jobal Naberrie et j'ai également une grande sœur nommée Sola. », poursuivit-elle, réalisant que son utilisation du présent à leur sujet était peut-être une erreur, puisqu'elle ignorait s'ils étaient encore en vie. « Nos parents nous ont élevé en nous inculquant l'altruisme et la générosité envers les plus humbles. C'est à travers eux que j'ai développé mon amour pour mon peuple et pour la démocratie. Nous avons aménagé à Theed, la capitale, quelques années plus tard et très vite j'ai suivit le programme législatif pour les jeunes. C'est là que j'y ais rencontré mon premier petit-ami », ajouta t-elle avec un sourire, tandis que les jumeaux souriaient aussi à l'anecdote. « Il s'appelait Palo, mais notre amourette n'a pas duré longtemps car il souhaitait devenir artiste et je voulais poursuivre dans la politique. Je suis devenue apprenti législateur à 11 ans et à 13 ans j'étais nommée Princesse de Theed. Finalement, l'année suivante, j'ai été élue reine suite à l'abdication du roi Veruna »
Si Leïa ne broncha pas à l'évocation de cet événement, puisque Bail Organa le lui avait déjà mentionné, Luke, en revanche, écarquilla les yeux de surprise. « Tu veux dire que tu es devenu reine à 14 ans ? », demanda t-il.
Padmé hocha la tête en souriant. « Oui », répondit-elle. « Mais tu sais, je n'étais pas la plus jeune reine jamais élue. Beaucoup d'autres souveraines avant moi avait été choisit à un très jeune âge. Sur Naboo, on estimait que la sagesse n'était pas une question d'âge », expliqua t-elle.
« Ils ont tout à fait raison », approuva Leïa.
Padmé sourit. « Après mon élection, j'ai pris le nom d'Amidala. », poursuivit-elle. « Mais le début de mon règne s'est révélé très difficile. Cinq mois après le début de mon mandat, la fédération du commerce a imposé un blocage sur Naboo », ajouta t-elle, se rappelant de cette sombre époque où elle avait vu une partie de son peuple mourir de faim. « Les débats s'enlisaient au Sénat et le Chancelier Valorum a secrètement envoyé deux Jedi afin de négocier avec le vice-roi de la fédération : il s'agissait d'Obi-Wan et de son maître, Qui-Gon Jinn. Obi-Wan vous en a sans doute parlé. », supposa t-elle, imaginant qu'Obi-Wan avait dû expliquer aux jumeaux comment il en était venu à faire sa connaissance.
Luke confirma d'un signe de tête. « Oui », répondit-il. « Il nous a expliqué que leur négociations avaient échoué et qu'il s'était rendu sur Naboo avec Qui-Gon afin de te permettre de te rendre sur Coruscant »
« Oui », confirma Padmé. « Nous avons réussit à quitter la planète, mais notre vaisseau a été endommagé par plusieurs tirs. C'est un petit droïde astromech qui nous a sauvé. Il s'appelait R2-D2. », ajouta t-elle, le souvenir du petit droïde la faisant sourire.
Luke et Leïa échangèrent un regard. Ils pouvaient sentir l'affection de leur mère pour le petit droïde et la perspective de lui annoncer enfin une bonne nouvelle les ravissait. « Maman », intervient Luke. « R2 est toujours avec nous. Il est ici, sur cette Base »
Le regard de Padmé s'illumina. « Il est avec vous ? », demanda t-elle incrédule. « Mais, comment ? »
« Bail l'a amené avec lui sur Alderaan quand il m'a adopté », expliqua Leïa. « C-3PO était avec lui également. Ils ont été mes compagnons de jeu durant mon enfance. Ça a été plutôt étrange de découvrir qu'ils vous avez appartenu à toi et à papa avant... »
Padmé sourit à nouveau, le cœur emplit de joie à l'idée de découvrir que d'autres vieux amis de son passé étaient encore présents. « Je n'arrive pas à croire qu'ils se soient retrouvé avec vous en fin de compte. », dit-elle. « Mais cela me fera très plaisir de les revoir. Même après avoir supporté ses bavardages durant des années, je peux dire que 3PO m'a manqué »
Là-dessus, les sourire de Luke et Leïa s'évanouirent quelque peu. « Euh, concernant 3PO, il n'a aucun souvenirs de toi », dit Leïa. « Bail a jugé bon de faire effacé sa mémoire lorsqu'il l'a récupéré. Il craignait que 3PO ne dévoile certains secrets, dû à son éternel bavardage. », expliqua t-elle. « Je suis désolée, maman », ajouta t-elle en voyant le visage déçu de sa mère.
Padmé secoua la tête. « Ce n'est pas grave », dit-elle. « Les avoirs ici est tout ce qui compte »
Luke approuva, mais commença à s'agiter un peu sous l'effet de l'impatience. « Bon, ce n'est pas tout, mais... Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? », demanda t-il.
Leïa et Padmé ne purent s'empêcher de partager un léger éclat de rire. « Je vois que la patience n'est pas l'un de tes points forts, Luke », commenta Padmé en voyant soudain son fils rougir. « Très bien, où en étais-je ? Oui. R2 a réussit à arranger en partie le vaisseau, mais certaines pièces devaient être réparées. Nous avons donc fait escale sur Tatooine. Qui-Gon devait se rendre dans la ville la plus proche en compagnie de R2 et d'un Gungan nommé Jar-Jar. Les Gungans étaient une espèce qui vivait également sur Naboo, dans les marais », précisa t-elle en voyant le regard interrogateur de ses enfants. « J'ai insisté pour les accompagner », poursuivit-elle. « Il arrivait souvent que j'échange mon rôle avec l'une de mes dames de compagnie, pour ma sécurité, et c'est ce que j'ai fait. Avec Qui-Gon, nous nous sommes rendu dans une boutique de pièces détachées. C'est là que j'ai rencontré votre père pour la première fois », expliqua t-elle en souriant, se rappelant de cet instant comme s'il s'était passé la veille et non pas trente trois ans plus tôt.
Luke et Leïa étaient suspendu à ses lèvres. Jamais encore ils n'avaient entendu les circonstances exactes dans lesquelles leur père et leur mère s'étaient rencontrés et leur cœur battaient la chamade à l'idée qu'ils allaient enfin bientôt le savoir. Ils pouvaient également sentir les effets d'un tel souvenir sur leur mère. Celle-ci semblait irradié de bonheur à cet instant, comme si elle était littéralement habitée par le souvenir.
« La première chose qu'il m'ait dite c'est 'est-ce que tu es un ange ?' », dit-elle en souriant, entendant encore les paroles pleine d'innocence d'Anakin se répercutaient comme un écho dans son esprit.
« Vraiment ? », demanda Leïa. « Il t'a vraiment dit ça ? C'est tellement mignon... »
Padmé sourit. « Il disait qu'il me comparait aux Anges de Iego, dont on disait qu'elles étaient les plus belles créatures de l'Univers. Je lui ai répondu qu'il était un drôle de petit garçon et je lui ais demandé comment il savait toutes ses choses », se souvint-elle. « C'est au cours de cette conversation que j'ai appris qu'il était un esclave », ajouta t-elle en baissant la tête. Voyant l'absence de réaction des jumeaux, elle en déduisit qu'Obi-Wan les avait déjà informé de l'ancienne condition de leur père. « Mais Anakin m'a affirmé qu'il était une personne », poursuivit-elle en se rappelant la vive réponse du jeune garçon 'Je suis une personne et mon nom est Anakin'. « Malgré sa condition d'esclave, il était une personne au grand cœur et, comme une tempête menaçait, il nous a accueilli chez lui. J'y ais rencontré votre grand-mère, Schmi. C'était elle aussi une femme exceptionnelle, forte et d'une grande générosité », ajouta t-elle en baissant la tête, pensant à ce qu'avait été la fin de sa vie. « Elle nous a accueilli chez elle. C'est là qu'Anakin m'a montré 3PO, alors qu'il était en train de le construire. Il était si fier de lui, de construire un droïde qui permettrait d'aider sa mère... »
Luke et Leïa se regardèrent, assimilant toutes ces nouvelles informations. Leur mère leur dépeignait leur père comme une personne extrêmement altruiste, aimante et généreuse. Ajouté à cela tous les exploits qu'Obi-Wan leur avait confié, et ils avaient de plus en plus de mal à comprendre comment une telle personne avait pu finalement basculer du côté obscur.
« Nous avions des problèmes pour nous procurer les pièces nécessaires », poursuivit Padmé. « Les crédits républicains n'avaient aucune valeur sur Tatooine. Anakin a proposé de nous aider en participant à une course de Pod-Racer. Son maître ne pensait pas qu'Anakin puisse gagner et il a accepter de parié avec Qui-Gon. Si Anakin gagnait, nous avions les pièces, mais s'il perdait, nous perdions notre vaisseau. Je dois reconnaître que je doutais de la si grande confiance que Qui-Gon plaçait en votre père à ce moment-là », confessa t-elle avec une pointe de honte. « Les enjeux étaient extrêmement important car si Anakin ne gagnait pas, il nous serait presque impossible de quitter la planète et de gagner Coruscant. Mais votre père a gagné et ce faisant il ne nous a pas seulement aider, mais il a aussi gagner sa liberté. Qui-Gon avait sentit son potentiel et avait inclus la liberté d'Anakin dans son pari. Votre père était fou de joie à l'idée de devenir un Jedi, mais il était également très triste de laisser sa mère derrière lui. Schmi était très fière de lui et, aujourd'hui encore, j'admire son sacrifice pour avoir laisser son seul enfant partir afin qu'il réalise son rêve. ». Padmé prit une profonde inspiration, songeant qu'elle non plus n'avait pas eu l'occasion de voir ses enfants grandir, puis elle laissa ses doigts se porter machinalement sur son pendentif. « Anakin m'a offert ceci alors que nous étions en route vers Coruscant », expliqua t-elle a ses enfants. « Il l'avait lui-même sculpté dans un éclat de jappor. Il disait qu'il me porterait chance. Je l'ai toujours gardé près de moi depuis ce jour... »
« C'est magnifique », dit Leïa en observant attentivement le collier.
Padmé approuva d'un signe de tête et ravala les larmes qui menaçaient de couler, avant de poursuivre. « Nous sommes arrivés sur Coruscant et j'ai été rejointe par Palpatine, qui était alors le sénateur de Naboo », expliqua t-elle. « Il a tenté de me convaincre que le Sénat était corrompu, qu'il ne prendrait aucune décision et que la meilleure chose à faire serait de proposer une motion de censure à l'encontre du Chancelier Valorum... Et c'est ce que j'ai fait », acheva t-elle en baissant la tête, réalisant soudain quelque chose. « C'est moi qui ait permis à Palpatine de devenir Chancelier... », murmura t-elle. « Si seulement je ne l'avais pas écouté, peut-être que... »
« Maman, non », la coupa Luke. « Tu ne peux pas t'en vouloir pour ça, tu ne sais pas ce qui se serait passé. De la manière dont je vois les choses, Palpatine aurait trouvé un autre moyen pour devenir Chancelier. J'en suis certain ». Voyant que Padmé n'avait pas l'air convaincu, il prit doucement sa main dans la sienne. « Maman, s'il te plaît, crois-moi. Palpatine est un Sith, il est plein de ressources. Tu étais jeune, tu avais peur pour ton peuple et Palpatine s'en ait servit contre toi. Mais tu ne dois pas te le reprocher. D'après ce que j'ai compris de ce que Bail Organa et Leïa m'ont dit te concernant, tu as œuvré ensuite avec acharnement pour que Palpatine abandonne ses pleins pouvoirs. Tu as fait ce que tu as pu, tu dois en être convaincu... », ajouta t-il en la regardant avec des yeux suppliant, ne voulant surtout pas la voir en proie au remords.
Padmé inspira profondément et secoua la tête. « C'est gentil Luke, mais je ne sais pas si tu arriveras à me faire me sentir mieux pour autant », soupira t-elle. « Je ne serais en paix que lorsque le règne de terreur de Palpatine sera terminé... »
« Et il le sera bientôt », lui assura Leïa en souriant.
Padmé hocha la tête, espérant de tout son coeur que sa fille disait vrai. « J'ai ensuite décidé de retourner sur Naboo et là j'ai réussit à obtenir l'alliance des Gungans. », poursuivit-elle. « Ils se sont occupés de combattre les troupes au sol pendant que nos pilotes se chargeaient de détruire le vaisseau de commande. C'est votre père qui l'a détruit et, pour beaucoup, il est devenu le héros de Naboo », expliqua t-elle avec un sourire plein de fierté. « Obi-Wan a du vous expliquer comment il en est arrivé à le prendre comme Padawan à la place de Qui-Gon », ajouta t-elle en baissant un peu la tête, en souvenir de la mort de Qui-Gon.
Les jumeaux acquiescèrent. « Oui », répondit tristement Luke.
« Je n'ai pas revu Obi-Wan et votre père en dix ans », poursuivit Padmé. « J'ai effectué deux termes en tant que souveraine de Naboo, puis j'ai abdiqué à la fin de mon second mandat. Mes parents espéraient que je me retire de la vie publique et que je fonde une famille, comme ma sœur Sola qui avait épousé un dénommé Darred et qui avait eu deux petites filles, vos cousines Ryoo et Pooja. Mais la nouvelle reine m'a proposé d'entrer au Sénat et je n'ai pas pu refuser. Je suis devenue Sénatrice à peu près au moment où le mouvement Séparatiste a commencé à prendre plus d'ampleur. La guerre semblait inévitable pour beaucoup, mais je continuais à me prononcer contre le recours à la violence et contre la création d'une possible armée. Cette prise de position m'a attiré plusieurs ennemis et j'ai été victime d'un attentat lorsque je suis revenue sur Coruscant afin de participer au vote sur la création d'une armée ». Elle vit soudain les jumeaux retenir leur souffle et elle s'empressa de les rassurer. « Je n'ai pas été blessée. Le capitaine chargé de ma sécurité avait anticipé une attaque quelconque et avait choisit de me faire faire le voyage dans l'un des chasseurs escorteurs. C'est l'une de mes dames de compagnie qui a été tuée à ma place », expliqua t-elle tristement, songeant à nouveau au sacrifice de Cordé. « Le Chancelier et les Jedi ont décidé de me placer sous protection et ils ont choisit Obi-Wan et Anakin pour cette mission. C'est ainsi que votre père et moi avons été réunit. », poursuivit-elle avec un sourire. « J'ai été impressionné de voir à quel point il avait changé. », ajouta t-elle rêveuse en se rappelant leur première interaction après dix ans de séparation et l'intensité avec laquelle Anakin l'avait fixé. « J'ai été victime d'une seconde attaque le soir même et les Jedi ont envoyé Obi-Wan enquêter. De mon côté, j'ai été renvoyé sur Naboo sous la protection d'Anakin. C'est là que nous avons commencé à nous rapprocher. », commenta Padmé d'une voix rêveuse. « Il avait une façon de me regarder qui me troublait, comme s'il pouvait percer mon âme. Personne ne m'avait encore regardé ainsi avant et je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles je suis tombée amoureuse. Lorsqu'il posait son regard sur moi, il me voyait telle que j'étais vraiment, non comme la Sénatrice Amidala... Sola a tout de suite remarqué qu'il se passait quelque chose entre nous, même si je refusais de l'admettre. », ajouta t-elle en souriant en se souvenant de tous les sous-entendus de sa sœur. « Nous avons échangé notre premier baiser à la Contrée des Lacs et Anakin m'a ouvert son cœur. Mais, malgré les sentiments que j'éprouvais pour lui, je l'ai repoussé. Je ne supportais pas l'idée de devoir cacher notre amour... »
« A cause du Code Jedi ? », demanda Luke.
Padmé acquiesça. « Oui », confirma t-elle. « Je sais qu'Anakin aurait été près à quitter l'Ordre pour que nous soyons ensembles, mais je ne pouvais pas le laisser faire ça. Et puis il a commencé à faire ses rêves... Il avait des visions de sa mère, des visions où il la voyait en peine. Nous sommes allés sur Tatooine la rechercher et nous avons découvert qu'elle avait été acheté par Cliegg Lars et que celui-ci l'avait affranchis et épousé. », expliqua t-elle, jetant un regard appuyé à Luke, sachant qu'il avait été élevé chez cette famille durant son enfance. « Nous avons fait la connaisse de Owen et Beru et ils nous ont appris que Schmi avait été enlevé un mois plus tôt par les hommes des sables. Anakin est partit à sa recherche, mais il était trop tard et elle est morte dans ses bras... Après avoir ramené son corps, il m'a révélé que, par vengeance, il avait tué tout le monde dans le camp... Je ne m'en suis pas rendu compte à cet instant, mais je suppose que c'était son premier pas vers le Côté Obscur », ajouta t-elle sombrement. « Nous avons enterré Schmi, puis nous avons reçu un message d'Obi-Wan. Il s'était fait prendre après avoir découvert une fonderie de droïde séparatiste sur Géonosis. Votre père et moi avons décider d'aller le sauver, mais nous nous sommes fait capturer. Nous avons été condamné à mort... Je pensais que nous allions mourir et j'ai révélé mon amour à votre père. », expliqua t-elle en repensant à cet instant et ayant l'impression de sentir à nouveau la joie d'Anakin suite à sa confession, avant que ses lèvres ne se posent sur les siennes.
« Mais vous avez survécu... », fit remarquer Luke.
Padmé acquiesça. « Oui, nous avons été sauvé par l'intervention des Jedi et des soldats Clones. Nous ne le savions pas encore, mais cette bataille devait marquer le début de la guerre des clones... » , commenta t-elle sombrement. « Anakin et Obi-Wan se sont battus contre le comte Dooku, l'un des leader séparatistes et votre père a eu son bras droit coupé... J'étais tellement inquiète pour lui que lorsque nous sommes rentrés au Temple Jedi, j'ai immédiatement voulu voir votre père. Obi-Wan et Yoda ont du sentir quelque chose, car ils m'ont demandé de rompre la relation qui existait entre Anakin et moi, peu importe quelle en était la nature. J'ai réussit à les convaincre de laisser Anakin me raccompagner sur Naboo, prétextant que cela me permettrait de mettre fin à ce qu'il y avait entre nous. Bien sûr, c'était une ruse et votre père et moi nous nous y sommes mariés en secret. », conclu-t-elle en souriant, repensant au bonheur et à la plénitude immense qu'elle avait ressentit à cet instant si parfait de son existance. « Seuls 3PO et R2 étaient présents. »
« Pourtant, tu ne voulais pas vivre un amour caché », observa Leïa.
« C'est vrai », confirma Padmé. « Mais je ne pouvais plus faire marche arrière. Votre père et moi nous partagions un lien bien trop fort pour que nous puissions l'ignorer. Séparés, nous n'étions plus que les moitiés d'un même être. La guerre a été très difficile pour tous les deux. Nous entretenions des correspondances, mais nous devions faire attention à ce quelles ne soient pas interceptées. Les actions de votre père au cours du conflit lui ont valu le surnom du 'Héros Sans Peur'. », précisa t-elle en souriant. « Pas un jour ne passait sans que je ne m'inquiète pour lui, mais j'étais si fière de tout ce qu'il accomplissait... J'étais si heureuse le jour où il a finalement était fait Chevalier. C'était un de ses rêves qui devenait enfin réalité. Il m'a fait remettre sa tresse de Padawan et ce jour-là j'ai décidé de lui faire cadeau de R2. »
« Ça a vraiment dû être très dur », commenta Leïa, réalisant qu'au cours de leur trois années de mariage, leur parent n'avait vraiment échangé que peu de moments ensembles. « Je n'imagine même pas la souffrance que vous avez du enduré papa et toi d'être constamment loin l'un de l'autre ».
« Nous profitions que chaque instants passé l'un avec l'autre », expliqua Padmé. « Il nous ait arrivé de nous retrouver au cours de certaines missions... Y compris une dont votre père se serait bien passé », ajouta t-elle en souriant, ce qui attisa aussitôt la curiosité des jumeaux, pour lesquels la moindre anecdote concernant leur parent apparaissait comme un cadeau.
« Tu peux nous en dire plus ? », demanda Luke, avide de savoir.
Padmé hocha la tête. « Les Jedi soupçonnaient un Sénateur, Rush Clovis, d'avoir pris part à la conspiration séparatiste. Or, il s'avérait que ce Sénateur était l'un de mes anciens amants », précisa t-elle en sentant le rouge lui monter aux joues. « Les Jedi espéraient, qu'au vu de nos anciennes relations, je pourrais être en mesure de me rapprocher de lui et de découvrir la vérité. Anakin a voulu à tout prix m'empêchait de prendre part à cette mission et sa détermination s'est renforcée lorsqu'il a appris la nature de mes anciens liens avec Clovis. Je ne l'avais jamais vu aussi jaloux », commenta t-elle en souriant. « Il a été assigné à ma protection en tant que pilote et il devait nous conduire sur Cato Nemoïdia. Il s'est avéré finalement que le conseil des Jedi avait vu juste concernant Clovis et votre père m'a une nouvelle fois sauvé la vie ».
« Qu'est-ce qui s'est passé ? », demanda Leïa.
« Le Sénateur de Cato Nemoïdia a compris que j'étais une espionne », expliqua Padmé. « Et il s'est arrangé pour me faire empoisonner. Anakin savait que Clovis éprouvait toujours des sentiments pour moi et il a utilisé cela contre Clovis afin que celui-ci obtienne l'antidote du Sénateur de Cato Nemoïdia. Une fois qu'Anakin a eu récupéré l'antidote, nous avons regagner Coruscant », raconta-t-elle. «Même s'il s'était efforcé de ne pas le montrer afin de ne pas laisser paraître ouvertement nos sentiments, j'avais pu sentir qu'Anakin avait été extrêmement inquiet car sans l'antidote, il n'avait aucun moyen de me sauver. Et il a toujours détester ne pas être en mesure de me protéger », ajouta t-elle sombrement. « S'il avait pu, il serait partit à la recherche de tout ceux qui en voulait à ma vie, mais malheureusement, la liste était plutôt longue... »
« Tu as encore été victimes d'attaques durant la guerre ? », demanda Luke.
Padmé acquiesça. « Oui », répondit-elle. « Je me souviens que l'une d'elle avait été commanditée par Ziro le Hutt. J'avais contribué à le faire emprisonner et il avait engagé une chasseuse de prime, Aura Sing, afin de me supprimer alors que je devais prononcer un discours sur Alderaan. C'est la Padawan de votre père, Ahsoka, qui m'a sauvé. Elle avait eu des visions concernant mon attaque et elle avait insisté pour m'accompagner sur Alderaan. Nous étions très proche elle et moi. Je l'appréciait beaucoup... », ajouta pensivement Padmé.
Leïa baissa tristement la tête, percevant la peine de sa mère. « Obi-Wan nous a dit qu'elle était morte quelques mois avant la fin de la guerre... », dit-elle.
Padmé confirma d'un hochement de tête. « Oui », dit-elle. « Sa mort a anéantit votre père. Il estimait qu'il avait faillit à sa mission et qu'il ne l'avait pas protégé comme il l'aurait du en tant que maître. Votre père ne voulait pas de Padawan lorsqu'il s'est vu confié la formation d'Ahsoka, mais il s'est très vite lié à elle. La perdre n'a fait que renforcer la peur qu'il avait, depuis la mort de sa mère, de perdre les gens qu'il aimait... Et en l'occurrence, la suivante c'était moi... », ajouta t-elle pensivement.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? », demanda Leïa.
« Après la mort d'Ahsoka, Obi-Wan et votre père ont été envoyé en mission dans la Bordure Extérieure. Ils y sont restés six longs mois. Entre temps, j'ai découvert que j'étais enceinte », dit-elle en les regardant affectueusement, ses yeux débordant d'amour. « J'étais tellement heureuse, mais j'avais peur aussi. Je ne savais pas si Anakin et moi allions pouvoir continuer à nous cacher et il y avait en plus des rumeurs de plus en plus persistantes selon lesquelles votre père aurait été tué. », soupira t-elle. « Ces mois d'attentes ont été un supplice, mais Anakin est finalement rentré après avoir secouru le Chancelier. Il était tellement heureux lorsqu'il a apprit qu'il allait devenir père », dit-elle en se souvenant de ses yeux débordants d'amour et de joie qui la regardait comme si elle était la chose la plus précieuse au monde. « Mais le soir même, il a fait un cauchemar, comme ceux dans lesquels il avait vu sa mère. Sauf que cette fois, c'est moi qu'il a vu, mourant alors que je vous donnait la vie... ».
Les jumeaux échangèrent un regard peiné, tandis qu'ils découvraient un nouveau pan de l'histoire de leurs parents qu'ils ignoraient. Obi-Wan ne leur avait jamais parlé des rêves terribles auxquels leur père avait été en proie et ils pouvaient dore et déjà pré-sentir, au vu de l'effet que leur évocation produisait chez leur mère, que ceux-ci risquaient d'avoir une grande place dans la suite de l'histoire.
« Je ne savais pas quoi faire », poursuivit Padmé. « Dans le même temps, je participais à la création de la première poche de résistance contre Palpatine, à travers la Délégation des 2000 et, avec d'autres Sénateurs, dont Bail Organa et Mon Mothma, nous commencions, sans le savoir alors, à jeter les bases de ce qui deviendrait l'Alliance Rebelle. Nous étions convenu de ne parler à personne de nos projets, pas même à nos familles, et je me sentait terriblement mal de mentir à Anakin. Votre père était très proche de Palpatine, qui l'avait pris sous son aile depuis son plus jeune âge, et il le voyait comme un mentor », expliqua Padmé avec amertume. « J'avais l'impression, qu'à travers nos divergences d'opinion concernant le Chancelier, un fossé se creusait entre Anakin et moi. C'était comme si nous passions progressivement dans deux camps opposés... Je n'oublierai jamais ce jour où il m'a dit que j'agissais comme une séparatiste lorsque j'ai remis en cause les méthodes de Palpatine pour trouver des solutions au conflit », ajouta t-elle en baissant tristement la tête. « Je le sentais de plus en plus distant. Il perdait peu à peu confiance en l'Ordre Jedi, le conseil lui ayant refusé le rang de Maître, et ses cauchemars n'arrêtaient pas de le hanter... J'avais beau essayé de le rassurer et de lui assurer qu'ils ne se réaliseraient pas, je n'arrivais pas à l'apaiser... Le soir de l'attaque du Temple, j'ai sentit son trouble plus que jamais », expliqua t-elle, le corps parcouru de frisson tandis qu'elle se rappelait de la sensation qu'elle avait alors éprouvé. « J'ai eu si peur lorsque j'ai vu le Temple en feu... Je savais qu'il s'y trouvait, seulement j'ignorais alors ce qu'il y faisait... »
Luke et Leïa se rapprochèrent d'elle et chacun pris l'une de ses mains dans les siennes. Ils savaient que leur mère en arrivaient à un moment très difficile de son histoire et, à travers ce contact, ils voulaient lui transmettre un peu de force et d'amour et lui montrer qu'ils étaient là pour elle, pour la soutenir. Padmé pouvait sentir les intentions de ses enfants, et elle leur en était reconnaissante.
« Votre père m'a rejoint un peu plus tard dans la soirée », poursuivit-elle. « Il m'a révélé que les Jedi avaient tenté de renverser la République et de tuer le Chancelier. Je ne savais plus quoi croire, pour moi de telles choses semblaient impossible. Je lui ais demandé ce qu'il comptait faire et il m'a affirmé qu'il restait à la République, au Chancelier et à moi. Il a ensuite ajouté qu'il devait se rendre sur Mustafar, où s'étaient regroupés les chefs séparatistes, afin de mettre fin à la guerre. », expliqua t-elle. « Un partie de moi me criait que quelque chose n'allait pas et que tout ceci sonnait affreusement faux, mais j'étais tellement soulagée de voir qu'il allait bien que je l'ai laissé partir. Quelques heures plus tard, j'ai vu la République mourir tandis que Palpatine proclamait l'avènement de l'Empire. », ajouta t-elle avec peine, se souvenant de cet instant. « Je n'oublierai jamais le tonnerre d'applaudissement qui s'est élevé dans le Sénat alors que la liberté s'éteignait... Je me suis sentit si mal, comme si une part de moi était morte elle aussi », commenta t-elle pensivement en baissant la tête. Elle prit ensuite une profonde inspiration et releva les yeux vers les jumeaux. « J'ai ensuite reçu la visite d'Obi-Wan. Il m'a révélé que votre père avait basculé du Côté Obscur et qu'il avait tué les novices dans le Temple, mais j'ai refusé de le croire. Je suis partie aussitôt pour Mustafar, mais j'ignorais qu'Obi-Wan était monté à bord de mon vaisseau. ». A ce point de son récit, Padmé inspira profondément avant de continuer. « J'ai retrouvé Anakin et il ne m'a pas fallu longtemps pour découvrir que ce qu'Obi-Wan m'avait dit été vrai », dit-elle tristement. « Je n'ai pas réussit à le raisonner, même quand je lui ais demander de fuir avec moi, il n'a pas écouter. Il... Il disait qu'il avait désormais plus de pouvoir qu'aucun Jedi n'en avait jamais rêvé et qu'il avait fait ça pour me protéger... », ajouta t-elle, sa voix se casant tandis qu'elle sentait des sanglots montaient dans sa gorge.
La réalisation de ce qu'impliquait les paroles de leur mère frappa les jumeaux avec force, tandis qu'ils trouvaient finalement la réponse à la question qu'ils s'étaient tant de fois posés au cours de ces deux dernières années et à laquelle personne n'avait jusque là était capable de répondre. « Tu veux dire que... Que papa a basculé du Côté Obscur en tentant de trouver un moyen d'empêcher ses visions de se réaliser ? », demanda Luke.
Padmé hocha la tête. « Je pense oui », confirma t-elle. « En tout cas, au début. La soif de pouvoir a finit par le consommer par la suite. Anakin a toujours eu peur de perdre ceux qu'il aimait et je me souviens qu'après la mort de Schmi, il m'avait assuré qu'un jour il trouverait un moyen de préserver les gens de la mort. », ajouta t-elle pensivement. « J'ignore exactement ce qui s'est passé, mais je suppose que Palpatine a dû le convaincre d'une certaine manière que le Côté Obscur était la voie vers un tel pouvoir... »
Luke et Leïa hochèrent pensivement la tête. Découvrir que leur père avait, en quelque sorte, tourné du Côté Obscur par amour, afin de préserver leur vie et celle de leur mère les troublait profondément. Et la pensée que, par ses actions, il n'avait finalement fait que précipiter la réalisation des visions qu'il avait à tout prix voulu empêcher ne faisait qu'ajouter un caractère d'autant plus tragique aux événements. L'énigme qu'Anakin avait toujours représenté trouvait enfin sa solution, mais jamais ils n'avaient envisagé qu'elle puisse en être ainsi.
Un silence gêné s'installa bientôt dans la pièce, les jumeaux assimilant les révélations de leur mère. Mais cette dernière ne supporta pas longtemps cette situation pesante. Elle avait su, avant même de débuter son récit, qu'un tel moment arriverait. Comment aurait-il pu en être autrement ? Comment ne pas être choqué et troublé de découvrir que son père avait finit par devenir un monstre, alors que sa préoccupation première, au début, avait été uniquement d'assurer le bien-être et la survie de sa famille ? Mais à présent que les jumeaux connaissaient enfin son histoire, elle désirait désespérément connaître la leur, savoir comment ils avaient grandit, comment ils s'étaient construit, afin de rattraper un peu le temps perdu et de vivre, à travers leur récit, cette enfance à laquelle elle n'avait pu assister.
« Jamais je n'aurais imaginé cela », commenta finalement Leïa, les larmes aux yeux, en retrouvant enfin l'usage de la parole. « Ce... C'est tellement tragique... »
Padmé acquiesça tristement. « Notre famille a dû traverser beaucoup d'épreuves », concéda t-elle en baissant la tête. « Si je le pouvais, je donnerai n'importe quoi pour que votre père soit avec nous aujourd'hui... Il y a un vide dans mon cœur et je sais que rien ne pourra jamais le combler... ». Sentant l'émotion la submerger, elle marqua une pause. Puis, inspirant profondément, elle leva la tête et plongea son regard aimant dans celui de ses enfants. « Mais nous sommes ensembles maintenant », poursuivit-elle en caressant tendrement leur joue. « Et je veux profiter de chaque seconde que la vie nous donnera d'être ensemble. J'aimerai qu'à votre tour vous me racontiez votre histoire », avoua t-elle en souriant. « Il y a tellement de choses que j'ignore encore vous concernant... Je sais que cela ne rattrapera pas mes années d'absences, mais au moins cela me permettra de vous connaître davantage. »
Luke et Leïa acquiescèrent, trop heureux de vivre ce moment de partage et de communion avec leur mère. Leïa fut la première à parler et Padmé l'écouta attentivement, buvant ses paroles, s'attachant au moindre détail de la vie de sa fille. Elle agit de même avec Luke, écoutant avec passion le récit de ses aventures et de sa formation sur Tatooine. Les trois Skywalker restèrent ainsi longuement à parler, bien trop occupés à savourer chaque seconde de ce moment pour réaliser que les heures passaient à une vitesse vertigineuse. La nuit passa sans qu'ils n'en aient conscience. Prit dans un tourbillon d'anecdotes, de fous rires et d'embrassades, ils ne ressentaient même pas les effets de la fatigue... Seuls leur importaient l'amour inconditionnel qu'ils se portaient les uns aux autres et le bonheur immense d'être enfin une famille.
Voilà pour la suite, j'espère que vous avez aimé et j'espère aussi que le passage du récit de Padmé n'était pas trop long...
Vos review me font extremement plaisir :)
J'espère que vous serez au rendez-vous pour la suite :)
