Chapitre n°15 : Localisation de la Base Rebelle
Padmé marchait d'un pas décidé à travers les couloirs de la Base Rebelle. Elle avait du mal à croire qu'une semaine s'était déjà écoulée depuis qu'elle avait enfin retrouvé ses enfants. Dès le lendemain de son arrivée, elle avait enfin été présentée au général Rieekan. Se fiant à la confiance que ses enfants plaçaient en lui, elle avait choisi de tout lui révéler et il était ainsi le seul sur la Base à connaître son passé de Sénatrice. Le général, parfaitement au fait de la réputation de Padmé, n'avait été que trop heureux de la compter désormais parmi eux. Il avait aussitôt montré l'ensemble des installations à la jeune femme, l'avait mise au courant de l'avancée de tous les travaux actuels des Rebelles contre l'Empire et l'avait vivement invité à leur apporter toute la contribution qui lui était possible. Padmé avait été ravie de pouvoir se rendre utile et elle avait, depuis, passé de nombreuses heures dans la salle de commande, s'attachant à observer chaque écran de contrôle et à lire chaque rapports. S'impliquer à nouveau dans une cause qui lui tenait particulièrement à cœur, telle que la lutte pour le retour de liberté et la fin de l'oppression impériale, lui avait redonné le goût de vivre et de se battre. Plus les jours passaient et plus elle sentait la détermination et la force qui avaient fait la renommée de la Sénatrice Amidala lui revenir.
Padmé passa devant la salle d'entrainement de ses enfants et elle entendit du bruit à l'intérieur. Il était encore tôt, alors elle décida de s'y arrêter un moment avant de rejoindre la salle de contrôle. Activant la commande d'ouverture de la porte, elle jeta un coup d'œil à l'intérieur. C'était Luke qui s'entraînait. Un sabre laser dans chaque main, le jeune homme s'appliquait à parer les tirs que lui envoyait la petite sphère d'entrainement argentée qui flottait à quelques mètres de lui. Padmé l'observa un instant, tandis qu'il maniait le sabre avec une facilité et une agilité qui lui procurait le même sentiment de fascination et de fierté que le premier jour où elle les avait vu, Leïa et lui, s'entraîner.
Ayant perçu la présence de sa mère, Luke désactiva la sphère d'entrainement à l'aide de la Force et éteignit ses sabres lasers. Il se tourna vers elle, le simple fait de la voir ici, bienveillante et rayonnante, lui réchauffant le cœur. Au fur et à mesure des jours qui avait passé, il avait sentit la soif de vivre reprendre possession du corps de sa mère et cela leur avait procuré, à Leïa et lui, un profond soulagement et une grande joie. Avec un sourire, Luke adressa un petit signe de tête à sa mère, l'invitant à entrer. Padmé répondit à son sourire et elle entra dans la pièce avant de refermer la porte derrière elle. Elle avança de quelques pas vers son fils et celui-ci se hâta de combler la distance qui les séparait en la prenant dans ses bras. Padmé serra Luke contre elle et ils restèrent ainsi quelques instants, silencieux.
« Maman », dit finalement Luke en s'écartant doucement. « Tu vas bien ? », demanda t-il en souriant.
Padmé hocha la tête. « Je vais très bien mon amour », répondit-elle. « Je n'ai pas pu m'empêcher de te regarder. Tes talents au sabre laser m'éblouiront toujours. Je suis si fière de toi », ajouta t-elle en lui caressant doucement la joue.
Luke sentit le rouge lui monter aux joues, suite au compliment de sa mère. « Merci », dit-il en baissant la tête sur les deux sabres laser qu'il tenait dans les mains.
Padmé suivit son regard et observa de façon plus attentive les sabres. La poignée de l'un d'eux avait un design similaire à celle des sabres laser qu'elle avait vu en possession d'Obi-Wan. Quant à l'autre... Elle avait beau ne pas l'avoir vu en vingt ans, il lui était impossible de se tromper. Ce sabre, elle l'avait vu tellement de fois... Il lui avait sauvé la vie à de nombreuses occasions et elle l'avait même tenu à maintes reprises dans ses mains, comme l'une des choses les plus précieuses au monde.
Luke sentit le trouble soudain de sa mère et réalisa bien vite ce qui en était la cause. « Ce... C'était le sabre laser de papa », dit-il en lui tendant l'arme.
Padmé hocha la tête et le pris délicatement dans ses mains. « Je sais », dit-elle en l'observant avec un regard empli d'émotion. « Je serai capable de le reconnaître entre mille »
« Obi-Wan me l'a remit lorsqu'il m'a révélé que papa avait été un Jedi et je l'ai utilisé durant le début de ma formation. Je ne m'en sert plus vraiment depuis que Leïa et moi avons construit notre propre arme, mais je le garde », expliqua Luke. « De cette manière nous avons toujours un souvenir de lui, et c'est aussi un moyen de nous rappeler notre héritage en tant que Jedi », ajouta t-il d'un air triste.
Padmé acquiesça tristement, ne comprenant que trop le désir de Luke de s'accrocher au moindre souvenir de leur père, étant donné qu'elle ressentait la même chose. « Obi-Wan avait dit à Anakin que ce sabre laser était toute sa vie », murmura t-elle, presque plus pour elle que pour son fils.
Luke sourit en entendant les paroles de sa mère. « Il nous as dit la même chose », dit-il.
Padmé hocha pensivement la tête. Tenir le sabre laser de son mari faisait remonter de nombreux souvenirs, et parmi eux les images d'un rapide moment volé, une après midi dans son bureau au Sénat. « Anakin m'a dit un jour que ce sabre laser était bien toute sa vie », continua t-elle, rêveuse, en repensant à cet instant, revoyant l'air espiègle et plein d'amour d'Anakin tandis qu'il plaçait délicatement son sabre laser entre ses mains. « Et il me l'a donné pour me prouver la force de son amour... »
« Dans ce cas, tu devrais le garder », dit Luke.
Padmé leva aussitôt la tête, sortant de ses rêveries. Elle ne dit rien pendant quelques secondes, puis réalisa finalement de quoi Luke parlait. « Non », dit-elle en secouant la tête. « Il te sera plus utile à toi qu'à moi », insista t-elle en lui tendant à nouveau le sabre laser.
Luke secoua la tête et posa ses mains sur celles de sa mère, raffermissant ainsi la prise de cette dernière autour de la poignée du sabre. « Non, maman. Si papa te l'a donné, alors c'est à toi qu'il doit revenir », insista t-il. « Et puis, il ne m'est pas d'une si grande utilité... Je préfère me battre avec un sabre laser plutôt qu'avec deux », ajouta t-il avec un petit sourire.
« Mais... Il s'agit de ton seul lien avec ton père », le contredit Padmé.
Luke hocha la tête. « Je sais ce que j'ai dit », concéda t-il. « Mais je veux qu'il te revienne. Il est à toi... Et je sais que c'est ce que papa voudrait aussi... », insista t-il en la regardant avec un petit sourire.
Padmé finit par céder et elle hocha la tête. « Très bien », dit-elle en regardant le sabre avec des yeux brillants de larmes, comme si Luke venait de lui faire le plus beau cadeau du monde. « Merci... », ajouta t-elle, émue.
Luke sourit, ravi de voir sa mère finalement accepter. « Viens par là », lui dit-il en ouvrant les bras. Padmé ne se fit pas prier et vint aussitôt s'y blottir. Luke la serra fort contre lui. Il pouvait sentir la joie de sa mère et, après toute les épreuves qu'elle avait traversé, il était heureux d'avoir pu lui procurer un tel sentiment. En fait, Leïa et lui saisissaient chaque occasion de passer un peu de temps avec leur mère pour lui apporter tout l'amour et l'attention possible. Cette pensée donna soudain une idée à Luke et il s'écarta doucement de Padmé. « Ça te plairait de pratiquer un peu avec moi ? », demanda t-il, enthousiaste.
Padmé fronça les sourcils. « Quoi ? », demanda-t-elle, surprise.
Luke désigna leur sabre d'un signe de tête. « On pourrait s'entraîner un peu », proposa t-il. « Je pourrais te montrer quelques mouvements... Enfin, si tu veux », ajouta t-il en voyant l'hésitation de sa mère.
Padmé baissa son regard sur le sabre laser qu'elle tenait dans ses mains, réfléchissant à la proposition de son fils. Elle n'avait jamais pratiqué le sabre et elle était loin de posséder la sensibilité à la Force de ses enfants, mais après tout... Elle avait toujours été une fine combattante et relever des défis ne lui faisait pas peur. Peu importait qu'elle ne possède pas les extraordinaires capacités de son mari et de ses enfants, être capable de manipuler un sabre laser pouvait toujours s'avérer utile. Et la perspective de passer un moment privilégié avec son fils était plutôt attrayante.
« Oui, je veux bien », répondit-elle en souriant.
Un large sourire se dessina sur le visage de Luke. « Génial ! », s'exclama t-il.
Padmé ne pu s'empêcher de rire devant l'enthousiasme débordant de son fils. Luke se joint rapidement à elle et tout deux se laissèrent aller quelques minutes à la légèreté et à l'intimité de cet instant. Finalement, le jeune homme s'approcha d'elle et lui prit doucement la main qui tenait le sabre laser d'Anakin.
« Tu es prête ? », lui demanda-t-il.
Padmé acquiesça. « Oui », dit-elle en souriant. « Allons-y »
Luke hocha la tête et tout deux activèrent leur sabre laser. Anxieuse et impatiente à la fois, Padmé écouta attentivement les conseils de son fils sur la manière de tenir et de manier son arme. Fascinée par l'habilité du jeune homme à lui transmettre ses connaissances sur les mouvements les plus rudimentaires, Padmé se montra une élève particulièrement attentive. Elle en oublia bien vite le temps qui passait et Luke et elle restèrent un long moment à pratiquer le sabre, profitant que chaque seconde de ce moment ensemble.
Rentrant de son tour de ronde, Han descendit de son Tauntaun. Après avoir passé plus d'une heure à l'extérieur à inspecter les détecteurs, il appréciait la relative chaleur du hangar principal de la Base. Plus les jours passaient et moins le Corellien supportait l'atmosphère glacée et inhospitalière de Hoth. Heureusement, à présent qu'il avait de quoi rembourser ses dettes envers Jabba le Hutt, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il quitte enfin cette planète, une fois que le Faucon Millénium serait près. D'un pas rapide, Han s'avança vers son vaisseau et y aperçu Chewbacca, un masque de soudeur sur le visage, en train de travailler sur l'un des élévateurs.
« Chewie ! », appela Han en s'approchant. « Chewie ! »
Au bout du troisième appel de Han, celui-ci étant désormais assez près pour se faire entendre, Chewie leva finalement la tête. Voyant son compagnon de voyage quelques mètres en dessous de lui, Chewbacca grogna d'impatience et lui adressa de grands gestes, l'invitant à le rejoindre rapidement.
Han leva les mains en signe de défense. « Ça va, ne t'énerve pas », dit-il en fronçant les sourcils. « Je reviens pour te donner un coup de main ! »
Chewbacca poussa un nouveau grognement, lui signifiant qu'il l'attendait de pied ferme, puis il se remit au travail. Han secoua la tête en souriant et se hâta de se rendre dans ses quartiers, où il se débarrassa de son manteau, de ses gants et de son écharpe. En chemin pour retourner dans le hangar principal, il fit un détour par le centre de commande, voulant parler avec le général Rieekan de son départ imminent. Chewbacca pouvait bien patienter quelques minutes de plus... Han pénétra dans la salle et avança vers le général, qu'il avait repéré au fond de la pièce. Mais son attention fut un bref instant attirée par une silhouette vêtue de blanc, sur sa gauche. Han laissa son regard se poser quelques secondes sur Leïa, tandis que celle-ci, de dos, était occupée à surveillez les écrans de contrôle. Elle se tourna brièvement vers lui et il profita de ce cours instant pour admirer à nouveau sa beauté. Finalement, elle rompit leur contact visuel et Han se reprit vite, se souvenant de la raison de sa présence ici. Reprenant son chemin, il arriva devant le général.
« Solo », le salua celui-ci, en levant brièvement la tête vers lui.
« Aucun signes de vie dehors, général », reporta Han. « Les détecteurs sont en places, ils nous signaleront la moindre chose »
Le général Rieekan hocha la tête, sans toutefois détourner son regard de l'écran radar indiquant les éventuels mouvements de l'extérieur, vérifiant ainsi les dires de Han. Celui-ci inspira profondément, semblant hésiter un instant à poursuivre. Il pouvait sentir les préoccupations de Rieekan, ses inquiétudes et toute l'attention qu'il portait aux Rebelles, à leur sécurité et à la bonne poursuite de leur mission contre l'Empire. Le voir ainsi lui donna un instant des remords pour vouloir quitter l'Alliance, mais il se ressaisit en se disant qu'il n'y avait pas d'autres alternatives...
« Général, je ne peux plus rester ici », dit-il finalement. « Il faut que je parte ».
Le général leva la tête vers Han. « Ah... Je suis désolé », dit-il.
« Ma tête a été mise à prix », se justifia Han. « Si je ne paie pas Jabba le Hutt je suis un homme mort »
Rieekan hocha la tête de façon compréhensive. « Il est difficile de vivre avec la mort aux trousses », reconnu t-il. « Vous êtes un bon élément, je ne voudrais pas vous perdre », ajouta t-il en tendant une main vers Han.
Celui-ci hocha la tête et serra la main que le général lui tendait. « Merci », dit-il.
Rieekan reporta à nouveau son attention sur son écran de contrôle et Han se retourna. Se faisant, il ne pu s'empêcher de regarder à nouveau du côté de Leïa. La jeune femme se tourna également vers lui et leurs regards se croisèrent. Même à bonne distance, Han pu sentir que quelque chose la préoccupait, bien qu'elle fasse tout pour ne pas le montrer. De toute évidence, elle avait entendu la conversation qu'il venait d'avoir avec le général. Inspirant profondément, Han s'approcha d'elle. Il ne savait pas vraiment quoi faire et la perspective de lui dire 'au revoir' le dérangeait plus qu'il ne l'aurait pensé. Ses relations avec la princesse s'étaient complexifiées ces derniers temps et cela lui déplaisait de partir sans avoir clarifié les choses. Mais il n'avait pas le choix.
« Et bien Votre Altesse, c'est l'heure des adieux », dit-il lorsqu'il fut arrivé à sa hauteur.
Leïa hocha pensivement la tête. Elle savait depuis plusieurs jours que ce moment finirait par arriver, mais elle s'était efforcée de ne pas y penser. Les retrouvailles avec sa mère l'y avaient beaucoup aidé, mais à présent qu'elle se retrouvait face à Han, celui-ci lui faisant ses adieux, elle sentit une vague d'émotion et de peine la traverser de part en part, contre sa volonté.
« Oui, je crois », dit-elle en s'efforçant de garder une voix la plus naturelle possible.
L'indifférence que Leïa s'efforçait d'afficher déstabilisa Han qui, au plus profond de lui, aurait préféré une autre réaction. Mais il ne voulait pas laisser poindre le moindre signe de déception devant Leïa. Il était bien trop fier pour ça. Il secoua la tête de façon désinvolte. « Vous faites pas trop de bile pour moi », dit-il finalement. « Au-revoir Princesse ».
Là dessus, il tourna les talons et quitta la salle. Leïa le suivit du regard, agacée. Encore une fois, Han avait trouvé le moyen de la mettre en colère. Elle pensait pourtant qu'une trêve tacite s'était établis entre eux depuis quelques jours, Han s'étant montré très compréhensif et très présent pour elle depuis que sa mère était réapparu dans sa vie. Mais de toute évidence, elle s'était trompée. Se refusant à laisser cette conversation - dont une part d'elle craignait qu'elle soit la dernière entre eux -, se terminer de cette façon, Leïa sortit à son tour de la salle de commande et pressa le pas afin de rattraper Han.
« Han ! », appela-t-elle.
Han s'arrêta en entendant son nom et il se retourna pour voir Leïa arriver d'un pas rapide. Soupirant en se disant qu'après tout la confrontation n'était pas encore terminée, il attendit qu'elle arrive à sa hauteur. « Oui, votre Seigneurie ? », lui demanda-t-il.
« Je croyais que vous aviez décidé de rester. », fit remarquer Leïa.
Han aurait juré entendre une pointe de déception dans la voix de la jeune femme, mais il s'efforça de ne pas y prêter attention. Leïa était l'une des raisons pour lesquelles il était resté si longtemps parmi les Rebelles, mais il ne devait rien laisser le détourner de son projet de départ. « Le chasseur de prime qu'on a rencontré sur Ord Mantell m'a fait changer d'avis », expliqua t-il.
« Mais nous avons besoin de vous ! », s'exclama un peu trop rapidement Leïa.
Han haussa un sourcil. « Vous dites 'nous' ? », demanda-t-il.
« Oui », confirma Leïa.
« C'est vous qui avez besoin de moi », rétorqua Han en tendant un doigt vers elle.
Il avait finalement finit par les prononcer ces mots, ces mots que par stupidité ou par manque de courage il n'avait jamais osé énoncer à voix haute, demandant implicitement à Leïa d'admettre les sentiments qu'elle éprouvait envers lui. Mais étant donné son départ imminent, il n'avait plus rien à perdre et il attendit une réaction de la jeune femme. Leïa fronça les sourcils. Elle entrevoyait où Han voulait en venir, mais elle refusait de se laisser entraîner sur ce terrain glissant.
« Moi ? », demanda-t-elle en feignant la surprise. « Je ne vois pas de quoi vous parlez ».
Han eut un petit claquement de langue dubitatif, mais il aurait dû savoir que les choses ne seraient pas aussi facile avec Leïa. « C'est bien dommage », dit-il en souriant, avant de repartir.
Leïa soupira et se hâta de le suivre. « Qu'est-ce que j'étais censée comprendre ? », lui demanda-t-elle, la colère pointant dans sa voix, car elle comprenait parfaitement où Han voulait en venir et elle détestait le fait qu'il l'ait amené à aborder ce sujet, alors qu'elle-même s'obligeait à ne pas y penser.
« Oh voyons », répondit Han en poursuivant sa route d'un pas si rapide que Leïa courait presque derrière lui pour parvenir à le suivre. « Vous voulez que je reste à cause des sentiments que vous avez pour moi »
« Oui », s'écria Leïa. Mais elle réalisa que sa réponse telle quelle ne faisait que confirmer les allégations de Han. « Vous êtes d'une grande aide pour nous, vous avez une âme de chef », se hâta t-elle d'ajouter.
Han leva les yeux au ciel, agacé de la voir réagir ainsi. Il s'arrêta finalement et se tourna vers Leïa, pointant son doigt vers elle. « Non, ce n'est pas ça », la contredit-il. « Avouez-le », ajouta t-il en se pointant du doigt et en se penchant vers elle. Un rebelle passa entre eux, l'obligeant à reculer afin de le laisser passer, mais Han n'était pas décidé à abandonner maintenant et il se pencha à nouveau vers elle. « Ha ha ha, avouez-le », insista t-il.
Leïa secoua vivement la tête. « Vous imaginez des choses », affirma t-elle.
« Ah vous croyez ? », demanda Han. « Alors pourquoi vous me suivez ? Vous avez peur que je ne vous donne pas un petit baiser d'adieu ? », ajouta t-il, ne pouvant empêcher son regard de se poser sur les lèvres si parfaites et si désirables de la jeune femme.
Leïa sentit le regard de Han sur ses lèvres et elle sentit également une certaine tension naître entre eux. Une situation qui ne lui plaisait guère, car elle refusait de perdre le contrôle. « Autant embrasser un Wookie ! », explosa t-elle.
Han sentit qu'il était sur le point de craquer. Leïa ne changerait-elle donc jamais ? Était-elle décidé à fermer son cœur durant toute sa vie ? « Mais je peux arranger ça », s'écria t-il, agacé. « Ça ne vous ferez pas de mal d'ailleurs. Vous êtes tellement occupé à donner des ordres que vous avez oublié d'être vous-même. Si vous aviez bien voulu abandonner vos grands airs, j'aurais pu vous aider à devenir une femme comme les autres. », poursuivit-il, ignorant le regard de Leïa qui se teintait de colère au fur et à mesure qu'il parlait. « Malheureusement, il est trop tard mon cœur. La grande chance de votre vie décolle dans quelques heures ».
Leïa fronça les sourcils, détestant la manière dont Han lui parlait et détestant l'émotion particulière que ses paroles, concernant son départ, lui procuraient. « Je pense que je m'en remettrai », siffla t-elle entre ses dents.
« Tant mieux ! », rétorqua Han, en secouant la tête avant de reprendre sa route, désireux de mettre le plus de distance possible entre lui et entre cette femme que, décidément, il ne comprenait pas.
Mais Leïa ne l'entendait pas de cette oreille et elle le suivit. « Et vous partez, comme ça, tout simplement ? », demanda t-elle exaspérée, tandis qu'une part d'elle cherchait désespérément un moyen de le retenir. « Vous vous moquez totalement de... »
Han soupira, sachant ce qu'elle allait dire. A nouveau, il s'arrêta net et se tourna vers elle. « Lâchez-moi un instant et arrêter de me rabâcher vos histoires de Rebelles », la coupa t-il. « Vous n'êtes décidément pas capable de penser à autre chose. Vous êtes aussi insensible que cette planète », ajouta t-il, ne se souciant même plus de savoir si ses paroles risquaient ou non de blesser Leïa, tant il était énervé devant la détermination et l'entêtement de la jeune femme à nier ses sentiments.
Leïa sentait la colère croître en elle de façon exponentielle. Si les paroles de Han lui faisaient mal, elle s'en rendait à peine compte tant elle sentait la rage bouillonner en elle. « Et naturellement vous croyez être celui qui sera en mesure de me changer ? », demanda-t-elle en croisant les bras.
« Certainement... Si toutefois cela m'intéressait encore. », soupira Han sentant la colère glisser hors de son corps pour laisser la place à un profond sentiment de lassitude. « Mais je crois que ça ne m'amuse plus d'essayer... », conclu t-il en secouant la tête avant de s'éloigner sans un seul regard.
Le souffle cours, Leïa réalisa à peine que Han avait mis fin à la conversation. Ses dernières paroles l'avaient particulièrement secoué, et elle ne put que le regarder disparaître à l'angle d'un couloir, bien trop troublée pour trouver la force de répliquer. Elle sentait son cœur et sa gorge se serraient à la pensée qu'il s'agissait peut-être là de sa dernière conversation avec l'ancien contrebandier, et que celle-ci s'était terminée de cette façon, avec autant de colère et d'amertume. Leïa sentit des larmes lui montaient aux yeux. Elle aurait tant souhaité que cela se passe autrement, qu'elle ne perde pas son calme ainsi, mais elle ne pouvait s'empêcher de se braquer dès qu'il était question de Han et de ses sentiments.
A présent que le jeune homme était partit, sa colère avait commencé à se dissiper et Leïa pouvait ressentir avec force toute la peine que les paroles de Han avait causé à son cœur. Toutes ses choses qu'il avait dite concernant sa froideur, son indifférence, son cœur qu'elle conservait fermement fermé... La jeune femme aurait voulu être en mesure de lui en vouloir pour avoir osé proférer de telles paroles, mais une part d'elle savait qu'il avait raison. Et le fait que ce soit Han qui ait prononcé ces mots ne faisait qu'ajouter encore plus à sa détresse. Elle avait l'impression de l'avoir définitivement perdu et c'était sa faute. C'était elle qui l'avait repoussé, brisant une partie de son cœur dans l'entreprise. Prenant une profonde inspiration, Leïa essuya ses larmes du revers de sa main et retourna dans le centre de commande.
Furieux et bouillonnant de rage et de colère, Han marchait d'un pas décidé et rapide vers le hangar principal. Il avait besoin de se remettre au travail et de finir les réparations sur le Faucon Millénium afin de pouvoir s'éloigner au plus vite de cette femme impossible qui hantait toutes ses pensées et qui allait finir par le rendre fou. Je ne la comprendrais jamais, pensa t-il en secouant la tête. Pourquoi faut-il que les femmes soient si compliquées ? Pourquoi faut-il qu'elles soient toujours aussi entêtées ? Perdu dans ses ruminations, Han eut à peine le temps d'apercevoir une silhouette qui approchait dans sa direction et il s'arrêta juste à temps pour éviter de la percuter.
« Oh, bonjour Han », le salua chaleureusement une voix de femme. « Décidément, nos rencontres dans ce couloir sont presque toutes synonymes de bousculades », ajouta t-elle amusée.
Han leva la tête. « Vous avez raison, madame Naberrie », répondit-il en se forçant à sourire et en inclinant la tête pour saluer son interlocutrice. « Nous devrions faire plus attention »
Après la fille, la mère, pensa t-il en essayant de garder son calme. En une semaine, Han avait appris à connaître Padmé et il avait immédiatement été touché par la gentillesse, la générosité et l'altruisme de la jeune femme. Bien qu'il ne connaisse pas toute son histoire, il savait qu'elle n'avait pas eu une vie facile et il l'admirait pour, malgré tout, faire preuve de courage et de détermination. Elle était une femme remarquable et elle lui inspirait un grand respect. Mais il voyait tant de Leïa en elle - cette dernière étant le portrait craché de sa mère -, que la vue de Padmé à cet instant ne fit que lui rappeler la confrontation déplaisante qu'il venait d'avoir avec la jeune Princesse, et son humeur redevint bien vite maussade.
Padmé remarqua aussitôt son trouble et elle s'approcha de lui. « Han, est-ce que tout va bien ? », lui demanda t-elle préoccupée, en posant une main sur son bras.
Han inspira profondément, s'efforçant de répondre le plus calmement possible. « Je suis désolé de devoir vous dire ça madame Naberrie », commença t-il. « Mais... ». Il marqua une courte pause et serra les poings, sentant, malgré tout ses efforts, sa colère remonter à la surface. « Mais votre fille est vraiment impossible à vivre ! », s'exclama t-il finalement avant de poursuivre sa route.
Padmé le regarda s'éloigner en fronçant les sourcils, se demandant ce qui venait encore de se passer entre l'ancien contrebandier et sa fille. Au cours de la semaine qu'elle avait passé sur la Base, elle avait eu tout le loisir d'observer le comportement des deux jeunes gens lorsqu'ils se trouvaient en présence l'un de l'autre, ou bien lorsque l'un d'eux prenait part à une discussion dans laquelle il était question de l'autre. A ses yeux, il était évident qu'un lien fort les unissait, un lien corroboré par les nombreux regards qu'ils échangeaient et par les marques d'affection et d'attention qu'ils s'adressaient, mais un lien que tout deux refusaient d'admettre et qu'ils s'efforçaient de dissimuler sous d'incessantes querelles.
Padmé avait eu l'occasion d'aborder le sujet avec Luke et tout deux partageaient la même opinion : Han et Leïa étaient dans le dénie quant aux sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Cela la faisait rire de voir sa fille réagir exactement de la même façon qu'elle, s'évertuant à se mentir à elle-même et à refuser d'affronter ce qu'elle ressentait. Padmé ne se souvenait que trop bien d'avoir agit de la sorte avec Anakin mais, malgré toutes les horreurs qui en avait résulté, elle savait que jamais elle ne pourrait regretter de lui avoir finalement ouvert son cœur, car chaque instant de bonheur qu'elle avait partagé à ses côtés en avait valu la chandelle. Et l'ancienne Sénatrice était déterminée à faire comprendre cela à Leïa afin que celle-ci ait le courage d'en faire autant avec Han, avant qu'il ne soit trop tard. Padmé refusait que sa fille passe à côté de ce qui, elle en était certaine, pouvait être une très belle histoire d'amour.
Décidée à savoir exactement ce qui venait de se passer avec Han, Padmé pressa le pas en direction du centre de commande. Elle devait impérativement avoir une discussion avec sa fille à ce sujet et le plus tôt serait le mieux. Elle arriva finalement dans la salle et repéra rapidement la jeune femme au fond de la pièce, seule devant un écran de contrôle. Même à bonne distance et même si sa fille lui tournait le dos, Padmé pouvait sentir que quelque chose la troublait et elle s'approcha d'elle. Leïa sentit bien vite la présence apaisante de sa mère derrière elle et elle se retourna pour lui faire face, heureuse de la voir.
« Bonjour maman », lui dit-elle en souriant avant de la prendre dans ses bras.
« Ma chérie », répondit Padmé en souriant et en la serrant contre elle. « Est-ce que tout va bien ? », demanda-t-elle d'une voix douce. « Je sens que tu as l'air préoccupé »
Leïa s'écarta doucement de sa mère et la regarda en fronçant légèrement les sourcils. « Tu as des pouvoirs de Jedi maintenant ? », demanda-t-elle sur le ton de la plaisanterie.
Padmé secoua la tête en souriant. « Non, mais je suis ta mère. Je peux sentir quand quelque chose ne va pas », répondit-elle. Elle redevint sérieuse et chercha le regard de Leïa, qui semblait soudain mal à l'aise. « Tu me sembles un peu ailleurs... », ajouta t-elle en lui caressant tendrement la joue.
Leïa secoua fermement la tête et s'efforça de reprendre l'air le plus naturel possible. « Non. Tout va bien, je t'assure », affirma t-elle avant de se retourner et de reporter son attention sur son écran de contrôle.
Padmé soupira devant l'entêtement de sa fille et elle décida de tenter une autre approche. « Je viens de croiser Han », dit-elle en s'approchant pour venir se placer à côté de la jeune femme. Observant les réactions de Leïa, elle la vit aussitôt se tendre à l'énoncé du nom de Han. « Il avait l'air assez bizarre lui aussi », poursuivit-elle. « Est-ce que vous vous êtes encore disputés ? »
Leïa ferma les yeux et inspira profondément. « Han est un homme impossible à vivre », répondit-elle en s'efforçant de garder son calme tandis que le souvenir de leur dispute remontait à la surface.
Padmé ne pu s'empêcher de sourire en entendant les paroles de Leïa. Ce sont vraiment les mêmes, pensa t-elle amusée. « C'est drôle, il m'a dit exactement la même chose te concernant », dit-elle.
Leïa sentit ses joues prendre une légère coloration rosée et elle se maudit de laisser la simple évocation d'un homme comme Han avoir un tel effet sur elle. La jeune femme ne dit rien pendant un moment, mais elle pouvait sentir le regard insistant de sa mère sur elle. Elle sentait que Padmé appréciait beaucoup Han et une part d'elle en était heureuse, tandis que l'autre part était plutôt dérangée par cet état de fait. Leïa pouvait deviner où sa mère voulait en venir, mais pour l'heure elle ne voulait pas entrer dans ce sujet. Prenant une profonde inspiration, Leïa se tourna vers la mère.
« Maman », soupira t-elle. « Je n'ai pas envie de parler de Han pour le moment. Pour quoi faire d'ailleurs ? », demanda-t-elle en baissant à nouveau la tête vers son écran de contrôle. « Il va partir et je ne le reverrai sans doute pas, alors quel intérêt d'en parler ? Je préfère ne plus y penser... », conclue-t-elle tristement, le simple fait de prononcer ces paroles lui serrant le cœur.
Padmé soupira. Elle détestait voir sa fille dans cet état, aussi vulnérable, mais elle détestait également la voir s'entêtait à nier l'évidence et à refuser d'en parler. Elle s'apprêtait à répliquer, lorsqu'elle aperçu du coin de l'œil le général Rieekan s'approcher rapidement d'elle.
« Ah Padmé ! », dit-il en arrivant à sa hauteur. « J'espère que vous allez bien ce matin »
Padmé hocha la tête en souriant. « Très bien, général », répondit-elle. « Je vous remercie »
Le général Rieekan hocha la tête et se tourna vers Leïa. « Princesse Leïa, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, mais je dois vous emprunter votre mère un moment », dit-il. « Si vous voulez bien me suivre », ajouta t-il à l'adresse de Padmé.
« Très bien », répondit-elle.
Le général salua Leïa d'un signe de tête avant de prendre congé. Padmé le regarda s'éloigner et elle s'apprêtait à le suivre, lorsqu'elle se tourna vers Leïa. La jeune femme s'était replongée dans la contemplation de son écran de contrôle et elle paraissait rassurée de voir sa mère partir, lui permettant ainsi de mettre fin prématurément à une discussion gênante, qu'elle souhaitait à tout prix éviter. Mais Padmé n'était pas décidée à la laisser croire qu'elle avait gagné et que les choses allaient en rester là.
« Nous reprendrons cette conversation plus tard », lui souffla t-elle avec un regard appuyé avant de suivre le général Rieekan.
Han et Chewbacca venaient de travailler plusieurs heures sur le Faucon Millénium et le vaisseau était presque près pour le départ. Les deux compères avait décidé de quitter Hoth d'ici la fin de la journée, le temps pour eux de régler toutes leurs affaires et aussi de faire leurs adieux. Depuis qu'ils avaient quitté le hangar principal, Han était en proie à un débat intérieur, concernant Leïa. Une part de lui désirait ardemment revoir la jeune femme une dernière fois, mais l'autre part ne se souvenait que trop bien de leur dernière conversation et estimait qu'il valait mieux limiter les dégâts. Mais pour l'heure, Chewbacca et lui avaient décidé d'aller trouver Luke. Le jeune Jedi était devenu l'un de leur plus proche ami et Han savait qu'il lui manquerait beaucoup. Il s'était habitué à ces aventures au cours desquelles lui et Luke échangeaient des plaisanteries, improvisaient des plans et se sauvaient mutuellement la peau et il avait du mal à réaliser que tout cela était peut-être définitivement terminé.
Alors qu'ils passaient devant la salle de commande, Han et Chewbacca entendirent soudain une sirène d'alarme retentir dans les couloirs de la Base. Intrigué, Han fronça les sourcils et jeta un œil dans la salle. « Qu'est-ce que se passe encore ? », demanda t-il en notant l'agitation soudaine dans la pièce. « Viens Chewie, allons voir »
Chewbacca lui répondit par un grognement approbateur et le suivit à l'intérieur de la salle. Han aperçu aussitôt Leïa qui, un peu plus loin, s'était retournée vers eux en les entendant entrer. Leur regard se croisèrent l'espace de quelques secondes et Han déglutit difficilement en voyant l'air à la fois plein de colère, mais aussi empreint de tristesse dans les yeux de la Princesse. Cette dernière, cependant, se détourna bien vite et se dirigea vers un coin de la pièce. Han y repéra le général Rieekan, C-3PO et Padmé – celle-ci ayant invité Leïa à les rejoindre en lui adressant des signes de la main -, et il décida de la suivre. Leïa sentit la présence du Corellien et de son acolyte et elle inspira profondément, faisant de son mieux pour ne pas y prêter attention. Elle arriva finalement devant le général, Han et Chewbacca sur ses talons, et Rieekan leva la tête vers les trois nouveaux arrivants.
« Princesse, nous avons de la visite », expliqua le général Rieekan en désignant un point lumineux qui se déplaçait sur l'écran de contrôle. « Nous avons repéré quelque chose hors de la Base, dans la zone 12. Ça se déplace vers l'est. »
« C'est en métal », ajouta le contrôleur chargé des senseurs, assit devant l'écran, un casque sur les oreilles.
Leïa fronça les sourcils et s'approcha, venant se placer face à l'écran de contrôle, aux côtés du général et de sa mère. « Alors ce n'est pas un monstre des glaces », dit-elle en suivant le point des yeux.
« C'est peut-être un des nôtres », suggéra Han. « Un rapide ».
Le contrôleur secoua la tête. « Non », dit-il. « Attendez... », ajouta t-il en levant la tête et en portant une main à son casque. « Il émet un son très faible »
Le groupe fit silence et tendit l'oreille, tandis qu'un faible signal se faisait entendre. Tous l'écoutèrent, septiques, cherchant à en déterminer la nature. C-3PO s'approcha à son tour de la console de contrôle, ses senseurs auditifs concentrés sur l'étrange signal.
« Capitaine », dit-il finalement au bout de quelques secondes. « Je comprend six millions de formes de communication. Ce signal n'est pas utilisé par l'alliance. C'est sans doute un code impérial »
La suggestion de C-3PO provoqua une vague d'inquiétude parmi l'ensemble du groupe, dont les yeux étaient fixés sur le point lumineux qui continuait de se déplacer sur l'écran. Le silence se faisait de plus en plus pesant dans la salle, avant que Han ne se décide finalement à le rompre. « Pas amical en tout cas », commenta t-il en fronçant les sourcils. « Viens Chewie, on va jeter un coup d'œil ».
Là dessus, Han quitta rapidement la pièce, suivit de Chewbacca. Leïa les regarda partir, le cœur battant, puis elle se tourna vers sa mère. Padmé lui adressa un doux sourire, puis elle lui prit tendrement la main. Elle pouvait sentir l'inquiétude de sa fille, puisqu'elle même la ressentait, et elle cherchait, par ce simple geste, à la rassurer. La perspective que l'Empire puisse découvrir leur Base les effrayait d'autant plus qu'elles venaient à peine de se retrouver. Le temps passé ensemble leur paraissait si court et elles auraient tant souhaité pouvoir profiter encore davantage de leur retrouvailles, avant que le danger ne s'abatte une nouvelle fois sur eux.
Caché derrière un monticule de neige, Han observait le droïde sonde qui se déplaçait lentement devant lui. Son blaster à la main, il se tenait près à intervenir, attendant la diversion de Chewbacca, caché en face de lui derrière un second monticule de neige. La tête du Wookie émergea bientôt de derrière le monticule, tandis qu'il laissait échapper un grognement. Une longue antenne se dressa au sommet du droïde, tandis que ses scanners enregistraient la présence de Chewbacca. La diversion fonctionna. Le droïde porta son attention sur la forme vivante qu'il avait détecté et tira. Mais il fut aussitôt touché par un rayon de blaster provenant de derrière lui.
En souriant, Han vit le droïde impérial pivoter sur lui-même pour lui faire face. Il eut tout juste le temps de se jeter à plat ventre pour éviter un tir mortel, puis il se redressa et tira une nouvelle fois. Le droïde explosa aussitôt en une gerbe de débris incandescents. Han soupira et regarda ce qui restait de l'espion impérial en secouant la tête. Attrapant son comlink, il contacta le centre de contrôle.
« Salle de contrôle, ici Solo », dit-il dans son transmetteur compact.
« Solo, ici Rieekan », répondit le général qui était resté avec Leïa et Padmé devant l'écran de contrôle durant toute la durée de l'opération. « Vous l'avez trouvé ? », demanda t-il.
« Oui », répondit Han. « Mais il a explosé. Il n'en reste pas grand chose »
« Qu'est-ce que c'était ? », demanda Leïa d'une voix anxieuse.
« Une espèce de droïde », répondit Han. « Je l'ai à peine touché, il devait avoir un système d'auto-destruction »
Leïa soupira et se tourna vers sa mère et vers le général. Ses craintes étaient bien fondées. « C'est l'Empire qui a envoyé un droïde sonde », dit-elle.
« Ça veut dire que l'Empire nous a repéré », commenta Han d'une voix sombre.
Le général Rieekan hocha pensivement la tête, l'inquiétude clairement lisible sur son visage. « Il faut commencer l'évacuation », souffla t-il avant de s'éloigner, sous le regard préoccupé de Padmé et Leïa.
Les deux jeunes femmes se tournèrent ensuite l'une vers l'autre, puis elles se prirent doucement les mains comme pour se donner du courage. La mère et la fille s'adressèrent un faible sourire, puis elles rejoignirent le général Rieekan afin de l'aider à mettre en place et à organiser l'évacuation de la Base.
L'amiral Ozzel et le général Veers pénétrèrent sur le pont de l'Exécutor. A l'autre bout du pont, Ozzel aperçu aussitôt la haute silhouette de Dark Vador, qui lui tournait le dos. Le Seigneur Sith était plongé, comme il le faisait souvent, dans sa contemplation de l'espace qui s'étendait devant lui, observant les six croiseurs interstellaires qui se déplaçaient aux côtés du vaisseau amiral. Ozzel inspira profondément. Vador était d'une humeur massacrante ces derniers temps, la recherche de la Base Rebelle donnant peu de résultat, et, bien qu'il s'efforçait de ne rien en laissé paraître, jouant à l'officier qui n'avait rien à craindre de son supérieur, l'amiral était toujours heureux de pouvoir éviter une confrontation avec le Sith.
« Amiral », appela soudain une voix.
Ozzel et Veers s'arrêtèrent et se tournèrent en direction de l'appel. Il s'agissait du capitaine Piett qui se trouvait un peu plus loin, en compagnie d'un officier, devant un écran de contrôle. « Oui capitaine ? », demanda Ozzel tandis que le général Veers et lui le rejoignaient.
« Nous venons de recevoir un rapport », annonça Piett. « Il n'est que fragmentaire, il nous a été envoyé par un droïde sonde dans le système Hoth. C'est notre seul indice »
Ozzel soupira. « Nous avons des milliers de droïdes sondes qui fouillent toute la Galaxie », répliqua t-il sèchement. « Je veux des preuves, pas des indices »
La conversation qui se déroulaient quelques mètres derrière lui attira soudain l'attention de Vador. Les mots 'rapport', 'droïde sonde' et 'indice' lui firent aussitôt comprendre que cela avait un lien avec les recherches de la Base Rebelle. Espérant enfin obtenir quelques résultats, le Sith détourna son regard de la Galaxie et s'avança silencieusement vers les trois hommes, suivit par les yeux inquiets de tous les officiers présents sur le pont.
« Notre visuel indique des formes vivantes », indiqua Piett à l'encontre d'Ozzel.
« Ce peut-être n'importe quoi », objecta vivement l'amiral. « Si on se met à suivre tous les indices... »
« Mais amiral, le système Hoth n'est censé avoir aucune vie humaine », se défendit Piett.
« Vous avez trouvé quelque chose ? », demanda Vador en arrivant auprès du groupe.
Les trois hommes eurent un bref sursaut suite à l'arrivée soudaine de Vador, aucun d'eux n'ayant remarqué l'approche du Seigneur Sith. Si Ozzel resta silencieux, le cœur battant, Piett retrouva vite son calme. « Oui, mon Seigneur », répondit-il respectueusement en indiquant l'écran de contrôle.
L'écran renvoyait une image prise par le droïde, révélant la présence d'installations, qui étaient indubitablement le fruit d'un travail humain. Observant l'écran, Vador sentit aussitôt que c'était là le système qu'il recherchait si ardemment. Je te tiens Luke, pensa t-il avec satisfaction, tandis qu'un sourire diabolique se dessinait sous son masque.. « C'est ça », dit-il d'une voix triomphante en relevant la tête. « Les Rebelles sont là »
Ozzel resta septique devant l'affirmation du Seigneur Vador. Il connaissait les capacités du Sith, mais il détestait le voir se ranger immédiatement à la théorie de Piett. « Mon Seigneur », intervient-il, hésitant. « Nous n'avons pas encore repéré toutes les Bases. Ce ne sont peut être que des contrebandiers »
Vador secoua la tête. « C'est ce système, et je suis sûr que Skywalker est avec eux », affirma t-il à nouveau. Ozzel déglutit difficilement, craignant que le Sith ne lui fasse payer d'avoir oser le contredire, mais cela ne semblait pas dans les projets immédiat de Vador. « Mettez le cap sur le système Hoth », ajouta t-il avant de se tournait vers Veers, qui était resté particulièrement silencieux depuis le début de la conversation. « Général Veers, préparez vos hommes », lui ordonna t-il.
Le général Veers n'eut pas le temps de répondre que Vador s'était déjà éloigné. L'excitation et l'anticipation bouillonnaient en lui comme jamais. Il se replongea un instant dans sa contemplation du spectacle grandiose des étoiles et laissa ses pensées s'évadaient jusqu'à la lointaine planète des Glaces, Hoth. Nous serons bientôt réunit, mon fils, pensa t-il en souriant sous son masque. Bientôt tu embrasseras le Côté Obscur et nous détruirons l'Empereur. Rien ne pourra nous arrêter et la Galaxie sera à nous. Puis, sans dire un mot, il quitta le pont d'un pas rapide et rejoignit ses quartiers.
Voilà pour la suite, j'espère que ce chapitre vous a plu :).
Je tenais aussi à vous remerciez pour vos review, elles me font très plaisir :)
Note : le dialogue de la fin de la dispute entre Han et Leïa est tiré de la novélisation de L'Empire Contre Attaque, par Donald F. Glut
