Chapitre n°18 : Les larmes d'une mère

Alors que le vrombissement des moteurs lui indiquait que le Faucon venait de décoller, mettant de la distance entre elle et ses ennemis, Leïa inspira profondément et ferma un instant les yeux. Avec un léger sourire, elle poussa un soupir de soulagement, tandis qu'elle sentait la sombre présence de Vador s'éloigner.

« Ça a été de justesse », commenta t-elle, le souffle court, avant de se tourner vers sa mère.

Assise sur le sol, une main posée sur la poitrine, Padmé avait la respiration saccadée et entrecoupée de sanglot, et elle semblait avoir toutes les peines du monde à retrouver son calme. Mais surtout, une peine et une douleur presque insupportables émanaient de son cœur.

« Maman, est-ce que ça va ? », demanda Leïa en s'approchant d'elle, soudain saisit d'une vive inquiétude. Prenant la main libre de Padmé dans la sienne, Leïa réalisa bientôt qu'une partie de la tunique de sa mère était brûlée au niveau de son épaule. « Mais tu es blessée ! », s'écria t-elle. « Attend, je vais trouver quelque chose pour te soigner... », ajouta t-elle en jetant des regards autour d'elle.

« Non ! », répondit Padmé en secouant vivement la tête. « Non, ce n'est pas la peine... Ce... C'est rien... »

« Mais, maman ! », protesta Leïa en s'approchant davantage et en tentant à nouveau s'examiner la blessure de sa mère. « Ce n'est pas rien... Tu as mal c'est évident, sinon pourquoi... »

Inspirant profondément, Padmé leva finalement le regard vers sa fille. Oui elle avait mal, chaque fibre de son être lui criant cette douleur, mais sa brûlure à l'épaule était le cadet de ses soucis. « Ce n'est pas ça... », soupira t-elle en essuyant ses larmes du revers de sa main. « Tu ne comprend pas... Je... C'est... C'est... ». Sa voix se cassa à nouveau et elle se prit la tête entre les mains. « Oh mon Dieu, pourquoi ? », cria t-elle la gorge serrée, tandis qu'une nouvelle vague de sanglot coulait le long de ses joues. « Ce n'est pas possible... Pas lui... Pas lui... »

Impuissante, Leïa ne pouvait que regarder sa mère tandis que celle-ci semblait se noyer dans sa propre détresse, comme soudain inconsciente de la présence de sa fille à ses côtés. « Maman ! Maman, calme toi s'il te plaît », l'implora t-elle en prenant ses mains dans les siennes. « Ça va allez ».

Padmé secoua vigoureusement la tête. « Non ! Non ça ne va pas allez ! », s'écria t-elle. « Plus rien ne va allez maintenant... »

Leïa s'approcha un peu plus de sa mère et prit doucement ses mains dans les siennes. « Qu'est-ce qui s'est passé là dehors ? Parle moi, je t'en pris ! », insista t-elle, voyant que sa mère gardait le silence.

Baissant le regard sur les mains de Leïa dans les siennes, Padmé ressentit toute la puissance de l'amour de sa fille à travers ce simple contact, et cela lui redonna de la force. Inspirant profondément, elle s'efforça de retrouver son calme et parvint à reprendre une respiration normale, puis elle leva son regard embué de larmes vers sa fille. Elle pouvait lire son inquiétude dans ses yeux, de même que les multiples questions qu'elle se posait et Padmé savait que Leïa avait droit à des réponses... Aussi difficiles soient-elles.

« Leïa... », soupira t-elle. « Ma chérie... Ce que je vais te dire n'est pas facile... »

Leïa baissa tristement la tête. « Après toutes les épreuves que notre famille a traversé, je crois pouvoir à peu près tout entendre maintenant », dit-elle d'une voix douce et encourageante.

Soupirant, Padmé secoua tristement la tête. Oui, elle aussi aurait pu penser qu'après toutes les épreuves qu'ils avaient subit, le pire était derrière eux, mais rien n'était malheureusement plus faux. « Je n'en serai pas si sûre, Leïa », soupira t-elle. Relevant la tête, elle vit que sa fille fronçait légèrement les sourcils, l'appréhension à nouveau clairement lisible dans ses yeux, mais qu'elle ne disait rien, attendant qu'elle poursuive. « Ce... C'est ton père, Leïa... », dit-elle en s'efforçant de contrôler les tremblements de sa voix, lui indiquant qu'elle menaçait de craquer à tout moment. « Il... Il est toujours vivant ».

Padmé vit les yeux de sa fille s'écarquiller de surprise. C'était clairement la dernière chose qu'elle s'attendait à entendre. « Quoi ? », murmura Leïa en secouant doucement la tête, cherchant à remettre en place toutes les informations qu'elle avait concernant son père. « Non, c'est... C'est impossible. Il est mort... Obi-Wan nous a dit qu'il l'avait vu mourir... Comment ? », balbutia t-elle en relevant la tête, cherchant le regard de sa mère.

« Vador... », fut la seule chose que Padmé se trouva capable de murmurer en guise de réponse.

A nouveau, Leïa fronça les sourcils. « Vador ? », demanda t-elle intriguée. « C'est Vador qui te l'a dit ? ». Voyant que sa mère ne répondait pas, elle plongea à nouveau son regard dans le sien avec insistance. « Maman, je ne veux pas briser tes espoirs, mais si c'est Vador qui te l'a dit il ne faut pas lui faire confiance. ». Padmé voulait dire quelque chose, mais les mots se brisèrent dans sa gorge et elle ne put que baisser la tête, luttant contre les nouvelles larmes qui menaçaient de couler le long de ses joues. Voulant la réconforter, Leïa lui serra davantage la main. « Si mon père était vivant, je suppose qu'il serait toujours du côté des Impériaux et je suis certaine qu'on aurait entendu parler de lui... », ajouta t-elle. « Anakin Skywalker n'est pas vraiment un nom qui passe inaperçu »

Padmé trouva finalement la force de relever la tête et de regarder sa fille dans les yeux. Elle détestait ce qu'elle s'apprêtait à lui dire, car elle savait que se faisant elle allait lui causer une grande peine, mais elle n'avait pas le choix. « Non... Tu ne comprend pas », soupira t-elle avant de prendre une profonde inspiration. « Leïa... Il n'y a pas d'Anakin Skywalker ET de Dark Vador... Il... Il n'y a qu'une seule et même personne... »

Le choc, la peine, la douleur se dessinèrent peu à peu sur le visage de Leïa, tandis qu'elle réalisait doucement ce qu'impliquait les paroles de sa mère. « Non... », murmura t-elle en secouant la tête en signe de déni. Vador ne peut pas être Anakin, il ne peut pas être mon père. « Non, ce n'est pas possible... Il ne peut pas... », poursuivit-elle en relevant la tête vers sa mère, attendant désespérément que celle-ci apaise ses craintes.

Mais Padmé se contenta de secouer tristement la tête. « C'est la vérité, Leïa », soupira t-elle. « Je le sais... »

« C'est lui qui te l'a dit ? », demanda Leïa avec espoir, sachant que si c'était le cas, elle n'avait aucune raison d'accorder le moindre crédit aux affirmations du Seigneur Sith, tout ceci pouvant très bien n'être qu'un piège.

« Non », répondit calmement Padmé.

Leïa fronça les sourcils. « Mais alors... Comment tu as su ? », demanda-t-elle intriguée.

Padmé prit une profonde inspiration. « Ton père et moi, nous avons toujours été unis par un lien très fort », expliqua t-elle. « Comme une sorte de connexion, même si je n'étais pas spécialement sensible à la Force. Et j'ai ressentit ce lien lorsque Vador est entré dans le hangar », précisa t-elle, se sentant parcouru d'un frisson à ce simple souvenir. « Je... Je ne me l'explique pas, mais je sais que c'est la vérité. Au plus profond de mon cœur, je le sais... », murmura t-elle en baissant la tête.

Leïa déglutit difficilement en écoutant le récit de sa mère. Elle sentit son estomac se nouer, tandis que tous ses espoirs que tout ceci ne soit qu'un mensonge semblaient s'évanouir. Vador était son père... Elle laissa cet état de fait s'imprimer dans chaque parcelles de son corps, tandis que cette simple pensée la faisait frissonner. Tout cela lui paraissait tellement irréel, comme si elle était au beau milieu d'un affreux cauchemar dont elle allait bientôt se réveiller. Et pourtant, elle ne pouvait nier la vérité. Elle le réalisait à présent, elle-même avait éprouvé un sentiment étrange en la présence de Vador un peu plus tôt, un sentiment qu'elle n'avait pas compris. Mais maintenant, tout s'expliquait...

« J'ai ressentit quelque chose de familier et d'étrange moi aussi », dit-elle d'une voix faible. « Seulement, je ne savais pas... Je n'aurais jamais pu imaginer que... ». Je n'aurai jamais pu imaginer que ce monstre de sang froid puisse être mon père, le père de Luke... Luke... « Oh mon Dieu, Luke ! », s'écria t-elle soudain en portant une main à sa bouche. « Il déteste Vador... Comment... Je n'ose imaginer ce que cette nouvelle va lui faire. Ça va l'anéantir... », réalisa t-elle soudain.

Padmé acquiesça tristement d'un signe tête. Elle savait l'immense peine que cette révélation allait causer à son fils et cela la rendait malade. « Ça ne va pas être facile pour lui, mais nous devrons lui dire la vérité », dit-elle. « Il doit la connaître ».

Leïa hocha silencieusement la tête. Elle inspira profondément à de nombreuses reprises, tentant de s'accommoder de cette terrible découverte. Des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. C'était tellement difficile, jamais elle ne s'était préparée à une telle révélation. « Pourquoi ? », demanda-t-elle finalement. « Pourquoi tous ces mensonges ? Pourquoi Obi-Wan et Yoda nous ont-ils caché la vérité ? »

Padmé secoua tristement la tête. « Je l'ignore », répondit-elle d'une voix douce. « Ils voulaient sans doute vous protégez ». Ils voulaient vous épargnez la peine de savoir que votre père était devenu un monstre, songea t-elle tristement. « Je comprend maintenant, toutes ces années... Ce n'est pas seulement de l'Empereur qu'ils nous ont caché... », murmura t-elle, la réalisation lui enserrant le cœur car elle n'aurait jamais imaginé devoir être protégé d'Anakin. Mais il n'est plus Anakin, se rappela t-elle. L'homme que tu as aimé n'est pas Vador...

« Qu'est-ce qu'on va faire ? », demanda Leïa avec impuissance. « Maintenant qu'il sait que tu es en vie et sans doute que je suis sa fille, il ne va sûrement pas arrêter de nous poursuivre sans relâche... », dit-elle, son estomac se nouant à cette simple idée.

« Je sais ma chérie », soupira Padmé. « Je sais. Et j'ignore ce qui va se passer s'il nous retrouve... »

Leïa hocha silencieusement la tête, lorsqu'une pensée traversa soudain son esprit. Relevant le regard vers sa mère, elle hésita un instant à la partager avec elle, avant de finalement se raviser. « Tu... Tu penses qu'il pourrait y avoir encore du bon en lui ? », lui demanda-t-elle d'une voix hésitante, dans laquelle semblait poindre une nuance d'espoir.

Padmé releva la tête vers sa fille. Cette question, elle se la posait elle-même. « Je le pensais il y a 20 ans, mais... Je ne sais pas. », répondit-elle d'une voix triste. « Je veux croire qu'une partie d'Anakin vit toujours en lui mais après toutes ces années, après tout ce qu'il a fait, je ne sais pas quoi espérer... », dit-elle avec sincérité.

Leïa accueillit cette réponse par un haussement de tête silencieux avant de porter son regard sur le sol, décidant de ne pas pousser plus loin la discussion. Fermant les yeux, Padmé soupira et baissa à son tour la tête. Elle aurait tant voulu être capable d'offrir une meilleure réponse à sa fille. Elle aurait souhaité de tout son cœur pouvoir affirmer avec certitude qu'il y avait toujours du bon en Anakin, mais elle en était incapable et cet état de fait lui causait une peine inimaginable.

Les deux jeunes femmes restèrent un moment silencieuse, leur esprit tentant toujours d'assimiler les derniers événements, lorsqu'un choc ébranla soudain le vaisseau. Padmé et Leïa relevèrent aussitôt la tête et leur regard chargé d'inquiétude se croisèrent. Elles n'avaient aucun doute sur la nature du choc, ainsi que sur ce qui se passait à l'extérieur. Ils étaient poursuivit et subissait le feu nourrit de l'ennemi. Sans dire un mot, elles se levèrent et se dirigèrent vers le cockpit aussi rapidement que le leur permettaient les secousses qui faisaient trembler le Faucon Millénium.

« Dame Padmé ! Princesse Leïa ! Attendez ! », s'écria 3PO en les voyant soudain passer devant lui.

Leïa parvient finalement à la porte du cockpit et l'ouvrit rapidement avant d'y pénétrer, suivit par Padmé et 3PO. Une nouvelle secousse propulsa la jeune femme contre le dos du siège de Han qui, les mains tenant fermement les commandes, tâchait de conserver le contrôle du vaisseau. Reprenant son équilibre, Leïa prit place sur le siège derrière celui de l'ancien contrebandier, tandis que Padmé s'installait sur le siège voisin. Le droïde protocolaire doré resta debout aux côtés de l'ancienne Sénatrice, ne cessant de laisser échapper de petits cris de panique, auxquels les autres occupants du cockpit ne prêtèrent pas attention. Soudain, Chewbacca commença à pousser des grognements d'avertissement, agitant ses bras et indiquant un point à l'extérieur.

« Oui, je les ais vu », grogna Han. « Je les ais vu ».

Leïa se redressa sur son siège et se pencha vers Han. « Vu quoi ? », demanda-t-elle, une pointe d'inquiétude dans la voix.

D'un signe de tête, Han désigna deux formes triangulaires qui se rapprochaient rapidement du vaisseau. « Des croiseurs interstellaires », répondit-il. « Deux. Ils viennent vers nous ».

Regardant dans la direction que Han leur désignait, Padmé vit effectivement les deux croiseurs ennemis fondre sur eux et elle sentit aussitôt les battements de son cœur redoubler de vitesse. Plus que jamais, elle se sentait oppressée, traquée et savoir que la cause de cette situation était l'homme qu'elle avait autrefois aimé plus que sa propre vie ne faisait qu'accroître son malaise. Il la chercher, elle pouvait le sentir et elle savait qu'il n'abandonnerait pas avant d'avoir atteint son but, peut importe ce qu'il lui en coûterait.

« Capitaine ! », intervient nerveusement 3PO. « Capitaine, puis-je vous suggérer... »

Han poussa un profond soupir devant la nouvelle tentative d'intervention du droïde protocolaire. « Coupez lui le sifflet ou coupez lui le courant », grogna l'ancien contrebandier agacé en ce concentrant sur ses commandes.

La réponse de Han outra manifestement 3PO, mais le droïde n'eut pas le temps de répondre qu'une nouvelle secousse lui fit perdre l'équilibre, le faisant tomber sur Chewbacca. Ce dernier émit aussitôt un grognement désapprobateur avant d'écarter vivement le droïde et de s'atteler à faire ce que Han venait de lui demander, à savoir vérifier les écrans de protections avant. Examinant les écrans, Chewbacca émit un grognement signifiant que les boucliers déflecteurs étaient bien en place.

« Très bien », dit Han avec un air satisfait, observant les deux croiseurs devant eux, qui étaient désormais dangereusement proches. « Nous allons pouvoir les semer »

Joignant le geste à la parole, Han fit brutalement plongé le Faucon dans une manœuvre audacieuse qui pris de cours les autres occupants du cockpit, leur donnant un vif haut-le-cœur. Derrière eux, les deux croiseurs poursuivaient leur route, fonçant désormais sur le vaisseau ennemi qui les avait poursuivit depuis leur départ de Hoth. De part leur taille, les croiseurs n'étaient pas assez maniables pour modifier à temps leur trajectoire et deux d'entre eux se heurtèrent dans un fracas assourdissant. Devant le succès de sa manœuvre, un sourire ravi se dessina sur les lèvres de Han. Il sentait sur lui les regards des 4 autres passagers, qui tentaient toujours de reprendre leur souffle après ce qui venait de se passer. Padmé ne pu s'empêcher de laisser échapper un sourire, le pilotage à la fois précis et impulsif de Han lui rappelant celui d'Anakin.

« Vous êtes fou ! », souffla Leïa, tandis qu'elle sentait son rythme cardiaque revenir à la normale.

« Je sais ce que je fais, mon cœur », répliqua Han sans quitter son tableau de bord des yeux. Un coup d'œil sur les écrans lui révéla cependant qu'ils n'étaient pas tiré d'affaire pour autant, 4 chasseurs TIE étant toujours à leur poursuite. « On est débarrassé pour un temps des croiseurs, mais il reste toujours les TIE », dit-il d'une voix amère. « Préparez-vous à passer en vitesse-lumière ».

Avec prudence, 3PO tenta une nouvelle approche. « Mais, capitaine... », commença t-il avant d'être interrompu par une nouvelle secousse qui le déséquilibra. Padmé parvint cependant à l'intercepter avant qu'il ne tombe, ce qui ne fut pas facile tant le vaisseau était ébranlé par les chocs des lasers.

« Ils se rapprochent », souffla Leïa, regardant désespérément l'espace intersidéral qui s'étendait devant elle, semblant y chercher un quelconque échappatoire.

Han se tourna vers elle et la regarda avec une lueur de défi. « Ah oui ? », demanda t-il avec un sourire espiègle. « Vous allez voir... », ajouta t-il en se retournant avant d'actionner la commande permettant le passage en hyperespace. Cependant, rien ne se passa et alors que les étoiles à l'extérieur auraient soudain du se muer en de vastes traînés lumineuses, elles continuaient de scintiller paisiblement.

« Voir quoi ? », demanda Leïa d'un ton exaspéré, songeant que décidément quelqu'un ou quelque chose devait lui en vouloir en cette journée.

Han tenta une nouvelle fois d'actionner la commande, avant de se pincer les lèvres. « Je crois qu'on a un pépin », murmura t-il sombrement.

« Si je puis dire un mot, capitaine, le motivateur d'hyperpropulsion est endommagé », intervient 3PO. « Impossible de passer en vitesse lumière ».

Chewbacca accueillit l'annonce du droïde protocolaire par un long grognement de désespoir. Secouant la tête, comme s'il n'arrivait pas à croire qu'ils se trouvaient dans cette situation, Han laissa échapper un profond soupir. « Oui, on a un pépin », murmura t-il à nouveau.

Sans attendre une seconde de plus, l'ancien contrebandier se leva de son siège et quitta le cockpit sans un mot. Il avait déjà traversé des situations aussi périlleuse et il savait que son vaisseau ne lui ferait pas défaut, mais il devait impérativement découvrir quel était le problème, et vite. Chewbacca ne tarda pas à le suivre afin de l'aider à vérifier les circuits du vaisseau, laissant Padmé, Leïa et 3PO seuls. Se levant, Leïa prit la place de Han et entreprit de surveiller les commandes et de maintenir le cap, le Faucon étant toujours secoué par les assauts incessants des TIE qui les poursuivaient. Scrutant l'espace intersidéral qui s'étendait devant elle, la jeune femme vit du coin de l'œil sa mère se déplacer à son tour pour venir s'installer sur le siège qui était habituellement celui de Chewbacca. Padmé imita la posture de sa fille, le regard tourné vers les étoiles qui brillaient au dehors. La soudaine absence des deux pilotes installa - malgré les nombreuses explosions qui continuaient de retentir autour du Faucon - un calme relatif dans la cabine, privant les deux jeunes femmes d'une relative distraction tandis que la réalité de leur situation les frappait à nouveau.

« Il est là, dehors... Tout proche », murmura finalement Padmé en baissant tristement la tête, n'arrivant toujours pas à réaliser qu'elle était actuellement en train de fuir désespérément celui qui était son mari. « Il va nous poursuivre sans relâche... »

Leïa hocha pensivement la tête, se mordant légèrement la lèvre inférieure. Elle n'arrivait toujours pas à croire que Dark Vador était son père. « Il pourrait bien atteindre son but plus vite que nous le pensions », dit-elle avec amertume, tandis qu'elle tournait légèrement la tête en direction de la porte du cockpit, que Chewbacca avait laisser ouverte. A quelques mètres, elle pouvait entendre Han et le wookie s'affairaient à vérifier chaque recoin du vaisseau, à la recherche du problème. La jeune femme se retourna finalement vers sa mère et Padmé vit alors que des larmes brillaient aux coins des yeux de sa fille. « J'ai peur maman », murmura alors Leïa, la gorge serrée. « Nous nous sommes enfin retrouvées, nous sommes enfin une famille. Je ne veux pas te perdre ».

Padmé secoua la tête et prit tendrement la main de sa fille dans la sienne. « Tu ne me perdras jamais, peu importe ce qui va se passer », lui assura t-elle d'une voix douce, désirant plus que tout avoir le pouvoir d'effacer sa peine et ses craintes. « Nous sommes ensembles et nous allons surmonter cette épreuve, Leïa. Il ne m'arrivera rien, et je ne te laisserai pas tomber entre ses mains... Jamais... Et je sais que Han non plus », ajouta t-elle en tournant un instant son attention vers la porte du cockpit avant de se retourner vers sa fille avec un regard appuyé.

A la mention de Han, et de la possibilité que l'un des souhaits les plus chers de l'ancien contrebandier soit de la protéger, Leïa sentit malgré elle le rouge lui monter aux joues, mais elle s'efforça de le dissimuler et essuya rapidement les larmes qui avaient commencé à couler sur son visage. Elle se contenta de hocher la tête pour toute réponse et adressa un faible sourire à sa mère, cherchant à la rassurer et à lui montrer qu'elle allait mieux. Padmé lui adressa un petit sourire encourageant, faisant comprendre à sa fille par son seul regard qu'elle était là si elle voulait parler, mais un choc plus violent que les précédents ébranla soudain le vaisseau, faisant sursauter les deux jeunes femmes qui reportèrent aussitôt leur attention sur l'espace au-dehors.

« Je crois que nous avons un nouveau problème », murmura sombrement Padmé, tandis que 3PO, derrière elle, recommençait à pousser des cris de désespoir.

Leïa se retourna aussitôt vers la porte du cockpit. « Han ! Venez par ici ! », cria t-elle. Des pas précipités se firent aussitôt entendre et Han et Chewbacca déboulèrent dans la cabine quelques secondes plus tard, essoufflés. « Des astéroïdes », leur précisa Leïa en se levant rapidement pour laisser sa place à Han, tandis que Padmé faisait de même.

Han s'installa aussitôt aux commandes, réfléchissant rapidement à la situation. Leur hyperpropulsion était en panne et tant que les TIE continueraient de les poursuivre, ils ne pourraient pas prendre le temps d'effectuer les réparations nécessaires. Regardant l'immense champ d'astéroïdes qui s'étendait devant eux, se rapprochant dangereusement, il prit sa décision et se tourna vers son co-pilote. « Chewie, cap au deux-sept-un », lui dit-il.

Tandis que Chewbacca s'exécutait, Leïa ne put retenir un cri d'horreur. « Mais qu'est-ce que vous faites ? », lui demanda t-elle. « Vous n'allez pas traverser un champ d'astéroïdes ? ». Bien que dotée de réflexes Jedi, la jeune femme doutait de sa capacité à piloter à travers un champ d'astéroïdes et la perspective que Han se lance dans l'aventure l'inquiétait au plus haut point.

« Ils ne pourront pas nous suivre », répondit calmement le jeune homme. « Ce serait de la folie ».

Le souffle court, Leïa avait les yeux rivés sur les astéroïdes, de plus en plus nombreux, qui défilaient le long du cockpit. « Vous n'avez pas besoin de faire ça pour m'impressionner », dit-elle, cherchant par tous les moyens à détourner l'ancien contrebandier de sa 'mission suicide'.

Devant inefficacité de l'intervention de la princesse, 3PO décida qu'il était temps pour lui de tenter de raisonner le pilote. « Capitaine, les chances de traverser un champ d'astéroïdes avec succès sont approximativement de une sur 3720 », cria t-il avec inquiétude.

Han haussa calmement les épaules. « Tu sais, moi et les probabilités... », rétorqua t-il sur un ton qui laissait entendre que sa décision était prise et que rien ne le ferait changer d'avis.

Sentant monter en lui le plaisir du risque, Han lança son vaisseau à travers le champ d'astéroïdes. Un coup d'œil sur son écran radar lui permit de voir que ses poursuivants n'avaient pas abandonner la chasse, ce qui fit naître un sourire aux coins de ses lèvres. Il allait maintenant voir s'il avait eu raison de suivre son instinct et si sa stratégie allait s'avérer payante. Il ne fallu pas plus de quelques secondes pour qu'un premier chasseur TIE percute l'un des astéroïdes et explose et, très bientôt, un second vaisseau ennemi connu le même sort. Très content de lui, Han laissa un instant retomber son attention.

« Attention ! », cria Leïa, percevant un danger imminent à travers la Force.

Han sentit aussitôt toute sa concentration lui revenir et il évita de justesse un astéroïde qui les effleura, donnant des sueurs froides à tous les occupants du Faucon. Devant eux, deux astéroïdes se percutèrent violemment et explosèrent, libérant une multitude de débris dont un grand nombre vint heurter le vaisseau, compliquant davantage le pilotage pour Han. Le cœur battant la chamade, s'attendant à tout instant à voir l'un de ces énormes rochers s'abattre sur eux, Leïa se tourna vers sa mère et lui attrapa la main, ressentant le besoin urgent de la sentir physiquement. A cet instant, elle avait peur pour sa vie, mais elle craignait encore plus pour celle de sa mère et cette pensée que faisait que redoubler son inquiétude.

« Nous allons être pulvérisés si nous restons ici plus longtemps ! », cria la jeune femme, désespérée, à l'adresse de Han.

Le front de Han se plissa sous l'effet de la concentration. « J'ai pas envie de discuter de ça », rétorqua t-il tandis qu'il esquivait un nouvel astéroïde. Il devait bien admettre que leur situation devenait de plus en plus précaire et bien qu'ils se soient débarrassés de deux de leurs assaillants, il en restait toujours deux autres qui n'étaient pas disposés à abandonner la partie. Ils devaient filer de là, et vite. « Je vais passer au ras de l'un des plus gros », décida t-il après réflexion.

Leïa écarquilla les yeux. « Au ras ? », demanda-t-elle, espérant avoir mal entendu.

3PO paraissait complètement affolé maintenant et même Chewbacca ne put s'empêcher de laisser échapper un barrissement incrédule. Seule Padmé ne dit rien, retenant son souffle. Dans l'espoir d'apaiser sa fille, elle lui serra un peu plus fortement la main et, du regard, lui indiqua d'avoir confiance en Han. Elle ne savait pas pourquoi elle ressentait les choses ainsi – peut-être parce qu'elle avait connu le pilotage d'Anakin et que l'ancien contrebandier agissait avec la même audace que son mari – mais elle sentait que Han savait ce qu'il faisait. Elle vit Leïa déglutir difficilement et hocher lentement la tête, inspirant profondément et se laissant couler dans la Force afin de retrouver son calme. Fermant les yeux et se concentrant, elle perçu bientôt toute la force de la détermination de Han, ainsi que son puissant désir que ses camarades croit en lui et en ses capacités. Leïa soupira et rouvrit les yeux, les portant sur le jeune homme. Il lui apparu confiant et elle se sentit un instant coupable de douter de lui. Se détendant, elle décida de le laisser faire.

Comme il l'avait annoncé, Han fit plonger le Faucon vers l'un des plus gros astéroïdes et il entreprit de le longer, toujours suivit par les deux TIE. Concentré et évitant les tirs ennemis, le jeune homme dirigea son appareil vers un canyon. Depuis le cockpit, les occupants observaient anxieux, les parois de pierre qui semblaient se refermer sur eux, tandis que le canyon se faisait de plus en plus étroit. Par une rapide manœuvre, Han fit passer le Faucon en position verticale et poursuivit sa course tandis que, derrière lui, une explosion lui indiquait que les deux pilotes impériaux venaient de perdre le contrôle de leur chasseur et de se percuter. Avec un soupir de soulagement et un petit sourire aux lèvres, Han remit le Faucon en position normale, tandis qu'il sortait du canyon. Réduisant la vitesse, il ne put s'empêcher de jeter un petit coup d'œil vers ses camarades, leur signifiant clairement 'je vous l'avez bien dit'.

« Très belle manœuvre, Han », le complimenta Padmé en souriant et en se détendant.

Han lui rendit son sourire et hocha brièvement la tête avant de lancer un regard rapide en direction de Leïa. Mais, contrairement à sa mère, la jeune femme refusa de montrer le moindre signe de faiblesse face à l'ancien contrebandier et elle répondit en levant les yeux au ciel.

« Mais c'est un vrai suicide ! », s'exclama 3PO qui avait du mal à se remettre de ce qui venait de se passer.

Han secoua la tête, décidant de ne pas prêter attention au droïde doré ou à la réaction de Leïa. Ils s'étaient débarrassés des TIE, mais les croiseurs étaient toujours à leur poursuite et leur hyperpropulsion hors-service ne leur permettrait pas de leur échapper bien longtemps. Il leur fallait absolument trouver un endroit dans ce champ d'astéroïdes où se cacher et prendre le temps d'effectuer toutes les réparations nécessaires. Réduisant encore sa vitesse et scrutant le paysage devant lui, il pointa soudain un espace du doigt.

« Ici, c'est très bien je crois », dit-il.

« Qu'est-ce qui est très bien ? », demanda Leïa en fronçant les sourcils et en se penchant en avant, s'efforçant de voir ce que Han avait repéré.

Mais Han n'y prêta pas la moindre attention. « Oui, ça me semble parfait », persista t-il, murmurant plus pour lui-même que pour ses compagnons de voyage.

« Excusez moi Princesse, mais où allons-nous ? », demanda 3PO, l'inquiétude clairement lisible dans sa voix.

Leïa se tourna vers le droïde protocolaire et haussa les épaules, ne connaissant pas la réponse elle-même. Entreprenant une manœuvre de retournement, Han dirigea le Faucon dans une grotte. Tandis que le vaisseau s'enfonçait dans les ténèbres, Leïa ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise, une voix semblant lui crier de quitter cet endroit au plus vite, comme s'ils allaient au devant d'un danger imminent. La sensation était particulièrement désagréable et lui enserrait l'estomac.

« J'ai un mauvais pressentiment », murmura t-elle, les yeux fixant un point devant elle, comme si elle s'efforçait de voir ce qui, dans cette grotte, était la cause de son trouble. « Nous devrions peut-être sortir d'ici »

Han soupira et se tourna vers elle. « Et pour aller où, Princesse ? », demanda t-il sur un ton ennuyé. « Les destroyers sont toujours dehors et bien que je possède des qualités innées de pilotage, sans vitesse-lumière nous n'irons pas bien loin. ». Leïa s'apprêta à répliquer, mais il l'a coupa d'un geste de la main. « Alors je suis désolé si ce lieu n'est pas à votre convenance, Votre Honneur, mais à moins que vous n'ayez un autre endroit à nous conseiller, nous resterons ici ». Tandis qu'il parlait, il atteint enfin le fond de la grotte et posa le vaisseau. Il coupa ensuite les moteurs et se tourna vers son co-pilote. « Viens Chewbacca », lui dit-il avant de se lever et de quitter le cockpit, désireux, à cet instant, de se trouver le plus loin possible de Leïa.

Sentant son sang bouillir à l'intérieur d'elle, Leïa croisa les bras devant sa poitrine, la mine furieuse. Le regard obstinément tourné vers le dehors, elle scrutait la grotte, y cherchant le moindre signe qui lui prouverait que son mauvais pressentiment était bien réel et ainsi que Han avait tort. Le tempérament fort de la jeune femme faisait qu'elle détestait être contredite, mais elle détestait encore plus être contredite par l'ancien contrebandier.

Padmé, qui avait attentivement observée tout l'échange, secoua doucement la tête, un petit sourire sur le visage. Pour elle, il était évident que Han et Leïa dissimulaient leurs sentiments derrière leurs apparentes querelles. Cela semblait d'ailleurs être une évidence pour presque tout le monde... Sauf pour les deux principaux intéressés. Elle savait qu'elle devrait rapidement avoir une discussion avec la jeune femme à ce sujet, mais pour l'heure le plus important était de réparer le vaisseau et de rejoindre les Rebelles. Se levant de son siège, Padmé s'approcha doucement de sa fille et lui posa une main sur l'épaule.

« Je vais aller voir s'ils ont besoin d'aide », lui murmura t-elle. Pour seule réponse, Leïa se contenta de hocher la tête. Padmé s'apprêta à quitter le cockpit, lorsqu'elle se ravisa et se retourna une nouvelle fois. « Et ma chérie, le plus tôt vous arrêterez ce petit jeu et le plus facile ce sera pour vous deux », ne put-elle résister d'ajouter avec un sourire malicieux sur les lèvres.

Entendant les paroles de sa mère, les yeux de Leïa s'écarquillèrent de stupeur et elle sentit malgré elle le rouge lui monter aux joues. « Un jeu ? Quoi ? Maman... ! », s'écria t-elle aussitôt en se retournant vers la porte du cockpit.

Mais déjà sa mère était partie. Reprenant sa position initiale, Leïa croisa fermement ses bras sur sa poitrine, la moue boudeuse. Laissant son regard se portait à nouveau sur l'extérieur du vaisseau, elle prit une profonde inspiration, tentant d'oublier la confusion actuelle de ses sentiments et le faits qu'au dehors, son père, l'un de ses plus puissants ennemis, était actuellement en train de se démener pour les retrouver elle et sa mère.


Le soleil se couchait sur Coruscant tandis que, dissimulé à l'ombre des hauts piliers qui encadrait la plate-forme d'atterrissage privée de l'appartement, j'observais le speeder qui venait de s'y poser. Enfin, ce n'était pas le speeder qui retenait toute mon attention, mais la magnifique créature qui était en train d'en descendre, aidée par le capitaine Typho... Ma bien aimée Padmé... Vêtue d'une ample robe qui dissimulait le plus précieux des cadeaux, elle se déplaçait avec toute la grâce d'un ange et je ne pouvais en détacher mon regard. A l'abri des regards, je la vit congédier le capitaine Typho, ses deux dames de compagnies et C-3PO, avant de venir s'accouder au balcon. Elle avait le regard tourné vers le couché de soleil, mais moi je ne voyais qu'elle. L'ombre de mes cauchemars planait toujours dans mon esprit, me serrant le cœur, et je m'imprégnais de sa présence, cherchant à mémoriser chaque détail de son apparence.

« C'est beau, n'est-ce pas ? », demandais-je au bout de quelques minutes de contemplation.

Sursautant, Padmé se retourna, une main posée sur son cœur. « Anakin ! », souffla t-elle.

Ne pouvant supporter plus longtemps la distance qui nous séparait, je sortais de l'ombre et m'approchait d'elle, un sourire aux lèvres. « Je suis désolé, je ne voulais pas de faire peur », dis-je.

Padmé secoua doucement la tête. « Non... Non, tout va bien », dit-elle tandis qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres. « C'est juste que... Anakin, tu ne devrais pas être ici, en plein jour », conclu t-elle, tandis que l'inquiétude avait remplacé la joie sur son visage.

Je secouais obstinément la tête en m'avançant encore davantage d'elle. A cet instant, il n'y avait qu'elle qui importait, je me moquais des autres. « Je ne pouvais pas attendre, Padmé. Il fallait que je te vois », lui dis-je en la prenant tendrement dans mes bras avec l'intention de ne jamais la laisser partir.

Padmé ne résista pas à mon étreinte, mais je la sentit se tendre entre mes bras. « Mais des milliers de gens nous regardent et peuvent te reconnaître », dit-elle en jetant de petits coups d'œil inquiets autour d'elle. « Rentrons ».

Se détachant de mon étreinte, Padmé laissa sa main glisser le long de mon bras jusqu'à atteindre ma main. Elle la prit tendrement dans la sienne et me guida à l'intérieur de l'appartement - notre appartement – à l'abri des regards extérieurs, où nous prirent place sur le canapé de la véranda. Laissant mes doigts parcourir la peau douce de son bras, je plongeais mon regard dans le sien, m'efforçant d'y faire passer toute la force de l'amour que j'éprouvais à cet instant.

« Comment te sens-tu ? », lui demandais-je d'une voix douce.

Padmé prit ma main non-mécanique et la plaça doucement sur son ventre. « Il n'arrête pas de donner des coups de pieds », m'expliqua t-elle en m'adressant un sourire rayonnant.

Je la regardais en levant un sourcil. « Il ? », demandais-je étonné. « Je pensais que tu avais demandé à ton droïde médecin de ne pas te gâcher la surprise ».

Padmé posa sa main sur la mienne, toujours posée sur son ventre, et esquissa un sourire espiègle. « Oh ce n'est pas lui qui me l'a dit », répondit-elle. « C'est... Mon intuition maternelle », ajouta t-elle d'un ton assuré.

Tandis que je secouais la tête en souriant devant l'assurance de ma femme, je sentit soudain un coup sous ma main de chair. Aussitôt mon cœur bondit dans ma poitrine, tandis que je sentais une forte connexion avec notre enfant. « Intuition maternelle, hein ? », demandais-je. « Un coup aussi violent ça ne peut-être qu'une fille ».

Padmé me donna un léger coup de poing sur l'épaule, ma 'punition' pour avoir oser la contredire sur ses intuitions. Malgré moi, je me mis à rire, ce qui n'eut pour effet que d'agacer encore plus Padmé. Mais avant qu'elle n'ait le temps de dire quoi que se soit, je posais mes lèvres sur les siennes, étouffant les mots dans sa gorge. Je sentit sa résistance s'effondrer rapidement et elle répondit bientôt à mon baiser. Nous nous laissâmes emporter par la magie du moment, nous noyant dans la présence l'un de l'autre... Finalement, Padmé et moi nous écartâmes lentement l'un de l'autre, puis elle posa doucement sa tête contre mon épaule, se blottissant contre moi. Je la serrai davantage, comme si j'avais peur de la voir soudain disparaître. A cet instant, mes cauchemars me semblaient bien loin et il n'y avait que nous, nous deux et la promesse de notre enfant à naître... Ces instants là étaient si rares...

Sentant une présence pénétrer dans ses appartements, Vador ouvrit les yeux, sortant de ses méditations. Regardant autour de lui, il réalisa qu'il se trouvait dans sa chambre hyperbare, et non sur Coruscant en compagnie de son ange. Ses moments lui semblaient à chaque fois tellement réels qu'il souhaiterait pouvoir rester à jamais enfermer dans ce monde de souvenirs. L'interruption de sa méditation provoqua la naissance d'une vague d'agacement en lui et il serra fermement le poing, s'efforçant de garder son calme. Prenant place au centre de la chambre hyperbare, il actionna la commande pour remettre son masque et son casque en place. Tandis que le processus se réalisait, il repensa à son souvenir, renvoyant à ces instants si parfais où Padmé et lui attendaient avec impatience l'arrivée de leur enfant. Il leur était souvent arrivé de se disputer concernant leur intuition à propos du sexe de leur bébé. Il semblerait que nous avions tous les deux raisons en fin de compte, pensa t-il avec amertume, songeant qu'il n'avait pas partagé le moment de leur naissance avec sa femme.

Le masque et le casque se refermèrent finalement autour de son visage, puis le haut de sa chambre hyperbare se leva, révélant un amiral Piett qui attendait à l'extérieur de faire son rapport.

« Oui amiral ? », demanda Vador.

« Nos vaisseaux ont repéré le Faucon Millénium, Seigneur », dit Piett avec une certaine nervosité. « Mais il est entré dans un champ d'astéroïdes et nous ne pouvons pas risquer... »

Vador l'interrompit d'un geste de la main. « Vos histoires d'astéroïdes ne m'intéressent pas, amiral », dit-il sèchement, les poings serrés. « Je veux ce vaisseau, pas des excuses »

Piett déglutit difficilement et hocha la tête. « Oui Monseigneur », dit-il en s'inclinant.

Vador ne lui laissa pas le temps d'en dire davantage et il activa la commande de fermeture de sa chambre hyperbare, désireux de se retrouver à nouveau seul. Il sentit la présence de Piett s'affaiblir tandis qu'il quittait la pièce et il soupira. Ses hommes faisaient décidément preuve d'une profonde incompétence, ils n'étaient même pas capable d'attraper un vaisseau dont l'hyperpropulsion ne fonctionnait pas. Inspirant profondément, il réalisa qu'il allait devoir utiliser une nouvelle stratégie s'il voulait capturer le Faucon. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour récupérer sa femme et sa fille et il n'hésiterait pas à se débarrasser de tout ceux qui se mettraient en travers de son chemin.


Tandis que son X-Wing sortait de l'hyperespace, accompagné de plusieurs autres vaisseaux rebelles, Luke observa la surface verdoyante de la planète Arbra qui approchait. Les Rebelles l'avait repéré depuis quelques temps et l'avait choisit en raison de l'épaisse végétation qui la recouvrait et dont ils jugeaient qu'elle allait leur fournir une cachette parfaite, idéale pour remplacer la perte de leur base sur Hoth. Luke ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir de soulagement à l'idée d'avoir enfin atteint sa destination. A cet instant, la chose qu'il désirait le plus au monde était de se poser, de retrouver sa mère, sa sœur, Han et Chewbacca et de les prendre tous dans ses bras, rassuré de les savoir tous en vie.

« Nous sommes enfin arrivés à destination, mon vieux », dit-il en souriant à l'adresse de R2, tandis qu'il lançait sa manœuvre d'approche.

Le droïde répondit par une série de 'bips' enthousiastes et Luke compris que l'astromech était lui aussi ravi que le voyage soit terminé. Le trajet leur avait paru encore plus long, avec la menace impériale pesant sur leurs épaule et le risque que l'Empire puisse les suivre jusqu'à leur nouvelle base. Au bout de quelques minutes, Luke posa finalement son X-Wing au milieu du point de ralliement rebelle et il activa la commande libérant R2. Le droïde bondit aussitôt hors du vaisseau et se mit à se déplacer frénétiquement en rond au pied du X-Wing, attendant que Luke le rejoigne. Celui-ci détacha sa ceinture et activa la commande d'ouverture du cockpit, jetant des coups d'œils parmi les vaisseaux présent autour de lui, cherchant à repérer le Faucon Millénium. Mais le vaisseau n'était pas en vue et une sensation de malaise s'empara de Luke. Il avait vu le Faucon quitter Hoth avant que lui-même ne décolle, Han aurait donc déjà du arrivé. Luke n'aimait pas ça.

Descendant de son chasseur X-Wing, le jeune Jedi tenta de percevoir la présence de sa mère et de sa sœur à travers la Force, mais il réalisa très vite qu'elles ne se trouvaient pas sur la planète. Malgré lui, il continua de jeter des coups d'œils rapides autour de lui, comme s'il s'attendait à chaque instant à les voir se précipiter vers lui en courant, leur sourire radieux illuminant leur visage. Tandis qu'il était plongé dans ses pensées, le jeune homme sentit soudain une pression dans le creux de son genoux et il baissa la tête pour voir R2 qui lui adressa ce qui se voulait être des mots rassurants. Ému et toujours émerveillé par la capacité du petit droïde d'éprouver de tels sentiments et de sentir ainsi les choses, Luke caressa doucement le dôme de l'astromech.

« Merci, mon vieux », lui dit-il en lui esquissant un sourire. R2 lui adressa de nouveaux 'bips'. « Oui je sais, moi aussi je suis inquiet qu'elles ne soient pas déjà arrivées. Ils ont dû rencontrer des problèmes... Mais elles sont avec Han, je suis persuadé qu'elles sont en sécurité avec lui », poursuivit-il en levant la tête vers le ciel, sachant que sa mère et sa sœur se trouvaient là-haut, quelque part. Il resta un moment dans cette position, espérant de toutes ses forces qu'il ne leur arrive rien et qu'elles le rejoignent au plus vite, puis il rebaissa son attention sur R2. « Allez viens », lui dit-il. « Allons rejoindre les autres. Nous avons un gros travail qui nous attend pour rétablir la Base ici ».

R2 bipa son approbation et Luke et lui entreprirent de rejoindre rapidement le groupe de Rebelle qui se hâtaient déjà à décharger le matériel des différents vaisseaux de transport et de jeter les bases de la toute nouvelle Base Rebelle.


Voilà enfin le chapitre complet. Je m'excuse du retard, mes deux premières semaines de vacances ont été beaucoup plus chargées que je ne l'aurai pensé. J'espère que ce chapitre vous aura plu.

Je voulais tous vous remercier pour vos reviews, de même que pour avoir ajouté ma fiction à vos favorites. Tout cela me fait énormément plaisir :)

Je vais faire de mon mieux pour poster la suite plus rapidement, en espérant que vous serez toujours au rendez-vous.

Bisous à tous :)