Chapitre n°19 : Échapper à Vador...
L'air pressé, Han parcourait le Faucon de long en large afin de déterminer l'étendue des dégâts à bord du vaisseau et de veiller à les réparer dans les plus brefs délais. Cela faisait un moment maintenant qu'ils s'étaient posés dans la grotte et ils pouvaient toujours entendre les tirs répétés des Impériaux qui, au dehors, parcourant sans relâche le champ d'astéroïdes, continuaient de les chercher avec avidité. Il trouva finalement la pièce que Chewbacca lui avait demandé de lui ramener et rebroussa chemin afin de l'apporter à son co-pilote. S'apercevant de la présence de 3PO, occupé à parler au Faucon tout en se plaignant de l'absence de R2-D2, Han s'efforça de se faire le plus discret possible, mais c'était peine perdue.
« Capitaine ! », l'interpella 3PO en se tournant vers lui.
Inspirant profondément, Han s'arrêta et se tourna lentement vers le droïde doré, s'efforçant d'avoir l'air le moins exaspéré possible.
« Je ne sais pas où votre vaisseau a apprit à communiquer », poursuivit le droïde, « mais il a un dialecte très particulier. Je crois capitaine qu'il dit que l'accouplement de puissance sur l'axe négatif a été polarisé, j'ai bien peur qu'il ne faille le remplacer. »
Intrigué Han s'approcha rapidement de 3PO et regarda ce que le droïde lui montrait. Finalement, celui-ci, en dépit de tenir des discours ennuyeux et interminables, n'était pas si inutile que cela. « Bien sûr que je vais le remplacer ! », répondit Han avec un air évident.
Il s'éloigna rapidement du droïde et s'approcha de Chewbacca, occupé à effectuer des réparations dans une cale au-dessus. Han vint en dessous de la tôle qu'ils avaient déplacé pour permettre l'accès au wookie et l'interpella à voix basse. « Chewie ».
La tête du wookie ne tarda pas à émerger et Han lui tendit la pièce qu'il lui avait demandé. « Tiens », dit-il. « Et il va falloir remplacer l'accouplement de puissance négative », ajouta t-il en baissant encore davantage la voix, tout en jetant un regard en coin vers 3PO.
Chewbacca hocha la tête et répondit par un grognement avant de disparaître et de se remettre au travail. Han laissa son compagnon et repris son état des lieux, scrutant les coins du vaisseau à la recherche d'éventuels problèmes, mais aussi à la recherche de Leïa. Il ne l'avait pas vraiment vu depuis qu'ils s'étaient posés dans la grotte, mais il sentait que la jeune fille était bizarre depuis qu'ils avaient quitté Hoth. Le moment n'était peut-être pas le bon et il ignorait comment une conversation avec la jeune femme pouvait tourner, celles-ci s'achevant souvent par des disputes ces derniers temps, mais quelque chose en lui le poussait à s'assurer que Leïa allait bien. Passant devant une porte, il aperçu Padmé, occupée à réparer une valve endommagée à l'aide d'un fer à souder.
« Vous avez besoin d'aide madame Naberrie ? », demanda t-il en s'approchant prudemment.
Entendant Han derrière elle, Padmé interrompit son travail et se retourna, en enlevant ses lunettes de protection. « Non ne vous inquiétez pas Han, tout va bien », répondit-elle avec un sourire. Elle observa Han hocher la tête suite à sa réponse et sentit que quelque chose tracassait le Coréllien. « Quelque chose ne va pas, Han ? », demanda t-elle avec douceur. « C'est à cause du vaisseau ? ».
« Non », répondit Han. « Je pense que les réparations vont nous permettre de repartir rapidement. Non je... Je me demandais si vous saviez où était Leïa ? », ajouta t-il d'un ton hésitant.
Padmé ne put s'empêcher d'esquisser un sourire espiègle. « La dernière fois que je l'ai vu elle était dans le cockpit », répondit-elle. « Vous la trouverez sûrement là-bas ».
« Merci », répondit Han, en esquissant un mouvement de recul, avant de se raviser, réalisant qu'il faisait preuve de trop d'empressement. « Enfin je ne la cherchais pas vraiment pour aller la voir, je... Je... », tenta t-il d'expliquer maladroitement.
« Vous demandiez par simple curiosité », termina Padmé, toujours plus amusée par le comportement des deux jeunes gens.
Han hocha la tête. « Oui voilà », répondit-il sur le ton le plus naturel possible. « Bon et bien, comme vous n'avez pas besoin de mon aide, je vais vous laisser... Merci madame Naberrie », ajouta t-il en saluant Padmé d'un signe de la tête avant de se retourner pour quitter la pièce.
Mais Padmé l'interrompit dans son élan en posant une main sur son bras pour le retenir. Même si Han faisait de son mieux pour ne pas montrer ses sentiments, Padmé pouvait voir que celui-ci s'inquiétait vraiment pour Leïa. Et à cet instant, elle savait que Han était exactement la personne dont sa fille avait besoin. « Ne vous fiez pas à tout ce qu'elle dit », dit Padmé. « Je suis certaine qu'elle ne pense pas tout ce qu'elle dit à votre sujet... »
Han secoua la tête, l'air peu convaincu. « J'ai bien peur de devoir vous contredire madame Naberrie », dit-il en riant nerveusement. « Je pense que nos disputes parlent d'elles-mêmes ».
Padmé s'approcha davantage de lui, plongeant son regard dans le sien. « Les choses sont difficiles pour Leïa en ce moment. Elle veut se montrer forte, elle ne veut pas admettre qu'elle a besoin de quelqu'un, c'est pour ça qu'elle agit ainsi », expliqua t-elle. « Ma fille est quelqu'un de particulièrement têtue, elle tient ça de son père », dit-elle, ne pouvant s'empêcher de sourire en pensant à Anakin, mais ce souvenir s'assombrit rapidement, lorsque la terrible réalité concernant son mari lui revint en mémoire. « Quoi qu'il en soit, je vous remercie de vous souciez de ma fille. », acheva t-elle en s'efforçant de ne rien laisser paraître de son soudain état de détresse. « Elle a besoin de vous, plus qu'elle ne veut l'admettre ».
« Peut-être avez-vous raison... », conclus Han, pensif, se prenant à imaginer Leïa ne le repoussant pas à chaque fois qu'il faisait un pas vers elle. « Enfin, nous le verrons », reprit-il en ce ressaisissant, « Mais pour l'heure, nous devons tâcher de remettre le Faucon en état si nous voulons décoller rapidement de ce caillou. Je vais vous laisser, il y a encore beaucoup de chose à faire ».
« Vous avez raison Han, je ne vous retient pas plus longtemps », acquiesça Padmé. « Je ferai mieux de me remettre moi-même au travail ».
Han acquiesça et se prépara à prendre congé. Il s'apprêtait à quitter la pièce, lorsqu'il lui sembla entendre Padmé lui souhaiter bonne chance. Mais quand il se retourna, la jeune femme avait déjà remise ses lunettes de protection et s'était remise au travail. Han savait qu'il avait encore des choses à faire sur le Faucon, mais la conversation qu'il venait d'avoir avec Padmé l'avait chamboulé. Tout en lui le poussait à aller voir Leïa, il ressentait le besoin de faire savoir à la jeune fille qu'il était là pour elle, qu'elle n'avait pas à le repousser. L'air décidé, il jeta un dernier regard vers Padmé, Chewbacca et 3PO, toujours affairés à leurs travaux de réparation, puis il se dirigea d'un pas rapide vers le cockpit où il espérait trouver Leïa.
A travers le champ d'astéroïdes, l'Exécutor progressait lentement, réduisant en poussière les morceaux de roches qui croisaient son chemin à l'aide de ses rayons lasers. Les multiples chocs ébranlaient le vaisseau, mais Vador demeurait imperturbable, écoutant attentivement les rapports des hologrammes de trois des capitaines de croiseurs interstellaires qui balayaient actuellement le champ d'astéroïdes en sa compagnie. Et le fait que l'un des hologrammes disparaisse soudain, témoignant que l'un des croiseurs venait d'être détruit, ne le perturba pas davantage.
« … Et ce fut, seigneur Vador, la dernière fois qu'ils sont apparus sur nos scopes », conclus l'un des deux hologrammes restant. « Étant donné l'importance des dégâts que nous avons subit ils ont sûrement été détruits ».
Vador secoua la tête en signe de désaccord. Non loin de lui, il pouvait toujours percevoir les présences lumineuses de sa femme et de sa fille à travers la Force. « Non capitaine, ils sont vivants », affirma t-il. « Je veux que tous les vaisseaux disponibles balaient le champ d'astéroïdes jusqu'à ce qu'on les retrouve ».
Les capitaines, comprenant que toute discussion était vaine devant l'entêtement du Seigneur Sith se contentèrent de hocher la tête et les transmissions furent coupées. Les hologrammes disparurent pour laisser la place à l'amiral Piett, qui s'approcha de Vador d'un pas rapide.
« Seigneur Vador », dit-il.
Vador, qui s'apprêtait à prendre congé et avait commencé à s'éloigner, s'arrêta et se retourna vers Piett. « Oui amiral, qui a t-il ? », le questionna t-il.
Piett pris une profonde inspiration. « L'Empereur vous demande de prendre contact avec lui », répondit-il.
« Éloignez le vaisseau du champ d'astéroïdes, pour établir une transmission nette », ordonna Vador en tournant les talons pour regagner ses appartements.
« Oui mon Seigneur », répondit Piett en le regardant s'éloigner, avant de retourner sur le pont afin de transmettre l'ordre de Vador à ses hommes.
Le chemin qui le menait à ses appartements fut plein d'interrogations pour Vador. Il ignorait la raison pour laquelle l'Empereur voulait prendre contact avec lui, mais il savait en revanche qu'il ne devait rien révéler de ce qu'il venait de découvrir. Jusqu'à présent, l'Empereur n'avait manifesté aucun signes laissant paraître qu'il connaissait l'identité de Luke et il était exclu que Vador ne lui révèle quoi que se soit concernant le fait que Padmé soit toujours en vie ou le fait que Leïa Organa soit en réalité Leïa Skywalker, sa fille. Bien décidé à cacher à l'Empereur l'existence de sa famille, ses boucliers mentaux bien en place, Vador pénétra dans ses quartiers et vint s'agenouiller devant l'holotransmetteur. Aussitôt, l'image de l'Empereur se dressa devant lui.
« Que désirez-vous, mon maître ? », questionna Vador en inclinant la tête en signe de respect et de soumission.
« Il y a soudain un grand trouble dans la Force », répondit Palpatine.
Vador releva la tête et regarda son maître. « Je l'ai sentit », dit-il. Dire le contraire ne serait que mensonge, son maître ne serait pas dupe, tant la Force était agitée depuis que le pouvoir de Luke et Leïa s'était développé.
« Nous avons un nouvel ennemi, le jeune Rebelle qui a détruit l'Étoile de la Mort. », poursuivit l'Empereur. « Tout me conduit à penser que ce garçon est le fils d'Anakin Skywalker », précisa t-il, scrutant la réaction de son apprenti.
Se doutant que son maître finirait malheureusement tôt ou tard par découvrir l'identité de Luke, tant son rôle dans la destruction de l'Étoile de la Mort avait ébranlé l'Empire, Vador s'efforça de paraître le plus surpris possible à l'annonce de cette nouvelle. « Comment est-ce possible ? », demanda t-il.
« Lisez dans votre cœur Seigneur Vador, et vous comprendrez que c'est la vérité », répondit Palpatine. L'Empereur marqua une courte pause avant de reprendre, le regard plongé dans celui, caché, de Vador. « Il pourrait nous détruire », dit-il d'une voix grave.
Vador comprit immédiatement ce que les paroles de son maître impliquait. Luke était une menace pour l'Empire et il devait donc être anéantit. Mais Vador se refusait à la perspective de devoir tuer son propre fils, surtout maintenant qu'il avait la possibilité de réunir toute sa famille et de régner avec elle sur la Galaxie, comme il avait voulu le faire des années auparavant.
« Il est tout jeune, Obi-Wan ne peut plus l'aider », tenta Vador.
« Mais la Force est avec lui », rétorqua Palpatine. « Le fils de Skywalker ne doit jamais devenir un Jedi. »
Vador s'accorda quelques secondes de réflexion. Il devait trouver un moyen pour que l'Empereur ne souhaite pas la mort de Luke. A l'instant où il avait découvert l'existence de son fils, il s'était mis en tête de le faire venir de son côté afin de renverser Palpatine et de régner à sa place, comme père et fils. Il pourrait conforter Palpatine dans l'idée que faire basculer Luke du côté obscur était la meilleure solution pour lui et pour l'Empire, car ainsi les Rebelles perdraient l'un de leur plus puissant combattant. Il lui suffirait simplement de cacher à l'Empereur que ce plan brillant impliquerait sa mort prochaine...
« Si nous pouvions le convertir il deviendrait un allié très puissant », dit-il finalement.
Palpatine considéra un instant la question. « Oui », dit-il finalement. « Ce serait même un atout d'un grand intérêt », ajouta t-il d'un air pensif, se perdant dans ses rêves de pouvoir et de gloire. « Est-ce faisable ? », demanda t-il à son apprenti en relevant la tête vers lui.
« Il sera notre allié ou il mourra, mon maître », répondit Vador.
Le Seigneur Sith inclina une dernière fois la tête, tandis que la communication prenait fin et que l'image de l'Empereur s'évanouissait. Sous son masque, Vador esquissa un sourire, à l'idée que Palpatine venait de valider son plan et ainsi de signer sa propre mort. Lentement, Vador se releva et quitta ses appartements pour retourner sur le pont. Il retrouverait son fils bien assez tôt, mais avant il devait tâcher de récupérer sa femme et sa fille. Elles étaient si proches à cet instant, quelque part dans ce champ d'astéroïdes, à sa portée... Et il avait parfaitement l'idée des personnes qui pourraient l'aider dans son entreprise.
Tandis qu'au dehors continuaient de retentir des explosions qui ébranlaient parfois quelque peu le Faucon Millénium, Han atteint finalement le cockpit. Jetant un bref coup d'œil à l'intérieur, il vit que Leïa s'y trouvait bien, comme le lui avait indiqué Padmé. En silence il l'observa quelque instants et ces quelques secondes suffirent à lui enserrer le cœur. Assise sur le siège du pilote, le regard tourné vers l'extérieur, Leïa demeurait silencieuse et immobile. Mais, bien qu'elle lui tourne le dos, Han pouvait sentir qu'une profonde tristesse et une grande détresse émanaient de la jeune fille, et il détestait la voir dans cet état. Avec prudence, il s'approcha et pris place à ses côtés, sur le siège du co-pilote. Il savait que Leïa s'était rendu compte de son arrivé, ou en tout cas de l'arrivée de quelqu'un, mais elle ne bougea pas. Han resta quelque instant silencieux lui aussi, mais très bientôt, ce silence lui paru très pesant.
« Les travaux sur le Faucon avancent bien », dit-il, n'y tenant plus. « Nous devrions être en mesure de repartir très bientôt »... Il marqua une nouvelle pause, attendant une réaction de Leïa, mais celle-ci ne vient pas. « Je viens de parler avec votre mère. C'est une excellente bricoleuse, je comprend d'où vous tenez vous talents », ajouta t-il pour tenter de détendre l'atmosphère.
Mais Leïa ne se retourna pas, ni n'esquissa le moindre sourire. Han l'entendit inspirait profondément et il la vit passer une main sur ses joues, comme pour essuyer des larmes. « Je sais ce que vous essayer de faire Han », finit-elle par dire. « Et je vous en remercie. Mais je préférerai rester seule, s'il vous plaît ».
Connaissant Leïa, et se souvenant de ce que Padmé venait de lui dire au sujet de sa fille, Han s'attendait à ce genre de réponse, mais il n'était pas décidé à laisser tomber cette fois. « Leïa », poursuivit-il. « Je ne sais pas ce qui se passe, mais je vois que vous n'êtes pas bien et dans ces moments là il ne faut pas rester seule. ». Il s'approcha doucement d'elle et lui prit délicatement le menton entre ses doigts, avant de tourner gentiment de visage de la jeune fille vers lui. Il vit en effet que des traces rouges subsistaient dans ses yeux noisettes, signe évident qu'elle venait de pleurer. « Je sais que nos relations ne sont pas faciles, mais je veux vous aider. S'il vous plaît, ne vous fermez pas à moi. ».
Leïa vit la sincérité qui colorait les yeux de Han et elle sentit soudain une vive émotion parcourir tout son corps, en voyant combien Han se montrait attentionné avec elle. Et voir qu'il se souciait d'elle de la sorte lui procurait un sentiment de joie qu'elle ne chercha pas à écarter. Une part d'elle la poussait à se confier, à ne pas repousser le jeune homme encore une fois comme elle avait coutume de le faire, mais comment lui avouer ce qui la tourmentait ? Comment lui révéler la terrible vérité qu'elle avait découverte concernant la véritable identité de son père ? Elle ne pouvait imaginer ce que Han en penserait, de découvrir qu'elle était la fille de Dark Vador... Étrangement, elle ne pouvait pas se résoudre à l'idée que Han puisse s'éloigner d'elle ou la regarder différemment si elle lui expliquait la vérité. Lentement, elle fit pivoter son siège afin de lui faire face.
« Je... Quelque chose d'horrible est arrivé, mais c'est quelque chose que je ne peux pas vous dire », dit-elle finalement en le regardant, sentant ses yeux s'embuer à nouveau de larmes. « Peut-être un jour, mais pas tout de suite en tout cas », ajouta-t-elle en voyant de Han s'apprêtait à répliquer. « C'est encore trop dur, je ne peux pas... Je suis désolée. », acheva t-elle, sa voix presque semblable à un murmure.
Han hocha silencieusement la tête. « Très bien », dit-il.
Il était un peu déçu de voir que Leïa se refusait encore à s'ouvrir à lui, mais il avait tout de même un peu d'espoir, car elle n'avait pas complètement rejeté l'idée. Il s'approcha un peu plus d'elle et prit doucement une de ces mains dans les siennes. A ce contact, Leïa sentit les battements de son cœur s'accélérer. Elle baissa un instant le regard sur leurs mains enlacées, puis elle releva les yeux vers Han. Les mains de Han tenant la sienne avait quelque chose d'apaisant et elle ne chercha pas à s'échapper de ce contact.
« Je sais que je vous l'ai déjà dit », poursuivit Han, « Mais je suis là si vous avez besoin de parler ».
Envahie par l'émotion, Leïa hocha la tête. « Merci », répondit-elle dans un murmure.
Elle s'attendait à ce que Han libère sa main et s'en aille, mais il n'en fit rien. Et une part d'elle en était heureuse, car elle ne voulait pas qu'il s'en aille, une part d'elle sentait qu'elle avait besoin de lui. Ils restèrent là quelque seconde, silencieux, main dans la main, le regard plongé dans celui de l'autre. Finalement, au bout de quelques instants, Leïa réalisa que le visage de Han n'était plus qu'à quelque centimètres du sien. C'était t-elle rapprochée de lui ? Ou était-ce lui qui s'était avancé vers elle ? Elle n'en savait rien, mais elle ne recula pas et resta là, attendant avec une certaine anticipation ce qui allait se passer. Han vit que Leïa ne le repoussait pas. Il ne voulait pas que la jeune fille pense qu'il profitait de la situation, mais à cet instant tout en lui, cet irrésistible besoin de s'assurer qu'elle allait bien, tout la poussait vers elle. Tentant sa chance, il s'avança un peu plus vers Leïa, vers ses lèvres désirables qu'il avait déjà plusieurs fois rêver d'embrasser, et il combla la courte distance qui les séparait.
Leïa sentit un frisson la parcourir de part en part lorsque les lèvres de Han se posèrent sur les siennes et elle eut soudain l'impression qu'elle ne contrôlait plus rien... Et elle s'en moquait. Elle s'abandonna à ce baiser, passant doucement sa main libre derrière la nuque du jeune homme afin de le rapprocher encore davantage d'elle. La jeune fille se sentait soudain plus légère, comme si tout un sentiment de frustration qu'elle aurait accumulé pendant des mois s'était soudainement envolé. Han libéra une de ses mains et s'en servit pour caresser doucement les joues de la jeune fille. La douceur de l'ancien contrebandier fit chavirer la jeune fille qui aurait souhaiter que ce moment ne se termine jamais. Mais la porte du cockpit s'ouvrit soudain, arrachant les deux jeunes gens à leur tendre étreinte.
« Capitaine ! Capitaine ! J'ai isolé l'accouplement de puissance inversé ! », s'écria gaiement 3PO, complètement ignorant de ce qu'il venait d'interrompre.
Han se tourna vers le droïde doré, le regard noir. « Merci », répondit-il agacé. « Merci beaucoup ». Parfois, il ferait vraiment mieux de déconnecter cet impitoyable trouble-fait.
« Ce fut un plaisir pour moi capitaine », répondit 3PO, avant de tourner les talons.
Soupirant, Han se tourna vers Leïa. Maintenant que la 'magie' venait d'être rompue, il ignorait qu'elle allait être sa réaction. La jeune fille avait du mal à réaliser ce qui venait de se passer et elle se sentait toute étourdie. « Je pense que vous devriez y retourner », dit-elle finalement, la voix tremblante. Elle avait besoin d'être seule pour réfléchir à ce qui venait de se passer et pour reprendre ses esprits.
Han le comprit et il n'insista pas. « Très bien », dit-il. « Je vais vous laisser ». Il se leva et s'apprêtait à quitter le cockpit lorsqu'il sentit la main de Leïa se poser sur son bras.
« Merci, Han, d'être là », lui dit-elle.
'Toujours s'il le faut', brûlait-il d'envie de répondre, mais les mots restèrent dans sa gorge et il se contenta de répondre par un sourire et un bref hochement de tête. Il quitta finalement la pièce. La main de Leïa qui tenait auparavant le bras de Han retomba dans le vide et la jeune fille sentit aussitôt qu'il lui manquait quelque chose. Se retourna, elle inspira profondément à plusieurs reprises. Inconsciemment, elle porta sa main à ses lèvres, là où Han avait posé les siennes quelques minutes plus tôt. Une émotion étrange la traversait. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle savait que quelque chose avait changé. Les choses ne seraient plus les mêmes et elle-même ne serait plus la même désormais.
Elle resta ainsi, seule, durant quelques minutes qui lui parurent pourtant être une éternité, lorsque la porte du cockpit s'ouvrit à nouveau. Arrachée à ses rêveries, Leïa se raidit et sentit soudain les battements de son cœur s'accélérer, à la pensée que c'était peut-être Han qui revenait, mais elle se calma rapidement lorsqu'elle s'aperçut qu'il s'agissait en fait de sa mère.
« Oh maman, c'est toi », dit la jeune fille.
Padmé remarqua aussitôt le bref changement d'état dans les émotions de sa fille et elle comprit que quelque chose s'était passé. D'autant qu'elle se doutait que Han avait du passer voir Leïa il y a peu, après qu'elle lui ait justement indiqué où sa fille se trouvait. S'approchant, Padmé s'installa sur le siège libre à côté de Leïa.
« Est-ce que tout va bien ma chérie ? », lui demanda t-elle. « Et ne me dis pas que ça va, parce que je sais que c'est faux. », ajouta-t-elle aussitôt pour anticiper un éventuel défilement de la part de sa fille. « Est-ce que c'est en rapport avec ton père ? ».
Leïa se tourna vers sa mère. Elle savait bien qu'elle ne pourrait rien lui cacher de toute façon. « Oui et non », lui répondit-elle, évasive. « Bien sûr que je suis toujours bouleversée à propos de mon père... Je ne sais pas si cela passera un jour mais... Il s'est passé autre chose... Avec Han ».
« Est-ce que tu veux m'en parler ? », demanda Padmé, qui savait que lorsqu'il s'agissait de parler de Han, sa fille avait souvent besoin d'être encouragé. « Vous ne vous êtes pas encore disputé j'espère... »
« Non », répondit vivement Leïa, peut-être même un peu trop vite à son goût. « Non... Il est venu tout à l'heure. Il s'est montré très gentil avec moi », ajouta-t-elle, ne pouvant s'empêcher d'esquisser un léger sourire en se souvenant de ce qui s'était passé quelques instants plus tôt. « Et... Nous nous sommes embrassés », acheva t-elle, sentant ses joues d'empourprées.
Intérieurement, Padmé ne put s'empêcher de sourire. Elle avait finit par se demander quand ce moment arriverait. « Et tu regrettes ce qui s'est passé ? », demanda t-elle.
Leïa secoua la tête. « Non », répondit-elle. « C'était très bien. C'est juste que... Je ne sais pas vraiment ce que Han attend... La majorité du temps on se dispute et là... ».
« Tu sais, je pense que lui non plus ne sais pas trop ce que tu attends », fit remarquer Padmé avec un sourire espiègle. « Mais ce que je sais, c'est que même s'il ne le montre peut-être pas, Han s'inquiète pour toi car il voit que quelque chose ne va pas », précisa Padmé, voyant Leïa hocher la tête, en signe d'approbation. « Est-ce que tu lui as parlé ? », ajouta t-elle au bout de quelques secondes.
Leïa comprit aussitôt ce que sa mère entendait par là. « Non », répondit-elle en baissant la tête. « Je n'ai pas pu m'y résoudre. J'ai eu peur de sa réaction ».
Padmé esquissa un sourire rassurant. « Chérie, je ne le connais pas aussi bien que toi, mais je ne pense pas que cette vérité, aussi horrible soit-elle, ne change la façon dont Han te voit », lui dit-elle en lui prenant doucement la main. « Je suis désolée de t'imposer ce fardeau... », ne put-elle pas s'empêcher d'ajouter, sa gorge se serrant soudain, étouffant sa voix.
Leïa secoua vivement la tête. « Ce n'est pas de ta faute, maman », dit-elle en posant une main réconfortante sur l'épaule de sa mère. « Tu n'as pas à t'en vouloir, tu ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer ».
« Je sais », soupira Padmé, en essayant les larmes qui avaient commencé à perler dans ses yeux. « Je sais... Mais malgré ce qui s'est passé, je ne regrette rien des moments que j'ai passé avec Anakin, parce que ça a été les instants les plus heureux de ma vie... ».
Elle vit Leïa acquiescer, tête baissée. Le silence s'installa dans le cockpit, tandis que des souvenirs des moments passés avec Anakin revenait en mémoire à Padmé. Des souvenirs heureux, de moments de bonheur qu'elle n'échangerait pour rien au monde. Pourtant, une petite voix lui murmurait également que, si elle avait tenu tête à Anakin, si elle ne l'avait pas épousé, peut-être que rien ne serait arrivé... Anakin n'aurait pas eu la vision de sa mort lors de l'accouchement et il n'aurait peut-être jamais eu la tentation du côté obscur. Mais elle s'efforça de chasser bien vite cette pensée. Palpatine aurait certainement trouvé un autre moyen, se dit-elle. Mais pourtant... Maintenant que la culpabilité s'était insinuée en elle, elle ne parvenait plus à la chasser complètement. Devait-elle, en fait, regretter son choix ? Malgré ce qu'elle venait de dire à Leïa, une part d'elle éprouvait bien des regrets de penser que ses choix avaient conduit à ses funestes événements, mais elle savait que sa vie n'aurait eu aucune saveur sans les moments qu'elle avait passé avec Anakin durant leurs trois années de mariage. Sans lui, elle n'aurait pas Luke et Leïa aujourd'hui...
« Ce que je veux dire », poursuivit finalement Padmé. « C'est que tu dois profiter de l'instant présent avec les personnes que tu aimes. Ne repousses pas Han, ne ferme pas ton cœur, parce qu'un jour tu pourrais regretter de ne pas avoir saisit ta chance quand tu en avais l'occasion et après il sera trop tard... ».
Leïa savait qu'elle avait raison, toute comme elle savait que sa mère avait découvert il y a longtemps une vérité qui était enfouit au plus profond de sa fille. Elle avait des sentiments forts pour Han, mais elle avait toujours fait passer son devoir envers l'Alliance avant sa vie privée et elle s'était ainsi forcée à les taire. Et puis Han était Han, et la relation houleuse qui s'était rapidement entre eux n'avait pas aidé les choses aucun d'eux, par fierté, n'ayant eu envie de relâcher ses défenses devant l'autre. Pourtant Han avait fait un premier pas vers elle, et ils s'étaient embrassés, signe que quelque chose existait bel et bien entre eux. Et comme elle avait répondu à son baiser, il lui serait difficile de continuer à agir avec indifférence désormais.
Leïa hocha pensivement la tête, lorsqu'une ombre au dehors attira son attention. « Qu'est-ce que c'était ? », demanda t-elle en essayant de regarder plus attentivement.
« Leïa, il faut que tu arrêtes d'esquiver cette conversation », la réprimanda Padmé.
« Non maman, j'ai vraiment vu quelque chose dehors », persista Leïa.
Intriguée, Padmé porta à son tour son attention sur la vitre du cockpit. Quelques secondes s'écoulèrent, lorsqu'une espèce d'énorme ventouse vint soudain se coller à la vitre, faisant sursauter les deux jeunes femmes et leur arrachant un cri de surprise.
« Va prévenir Han ! », s'écria aussitôt Padmé, tandis que la créature se détachait de la vitre et repartait. « Il y en a peut-être d'autres et nous ignorons ce que c'est ».
Sans poser de questions, Leïa se leva de son siège et quitta aussitôt le cockpit. Elle se précipita, hors d'haleine, vers la salle des machines, où Han, Chewbacca et 3PO étaient toujours affairés à la réparation des hypermoteurs.
« Il y a quelque chose dehors ! », leur cria t-elle.
Intrigué, Han leva le nez de sa tâche et se tourna vers elle, enlevant ses lunettes de protection. « Où ça ? ».
« Dehors, dans la grotte », répondit Leïa.
Tous les quatre tendirent l'oreille, puis une série de chocs contre la coque vint ponctuer les dires de Leïa.
« C'est là, écoutez ! », s'écria 3PO, quelque peu inquiet.
Han enleva ses lunettes et les jeta sur le côté. « Je vais sortir », dit-il.
Leïa cru un instant qu'elle avait mal entendu. « Mais vous êtes fou ! », s'écria t-elle. Elle doutait que ce soit bien prudent de sortir dans cette grotte, celle-ci ne lui inspirant qu'un sentiment de méfiance. Et elle détestait l'idée de savoir Han dehors, alors que tout en elle lui criait qu'ils n'auraient jamais du s'aventurer ici en premier lieu.
Mais Han ne voulais rien entendre. « Je suis arrivé à réparer cette poubelle, je ne vais pas la laisser bousiller, non ? », répliqua t-il, en prenant un masque à oxygène avant de se diriger vers la rampe de débarquement.
Leïa comprit qu'elle ne pourrait pas le raisonner, mais elle ne pouvait se résoudre à le laisser sortir seul. « Très bien, alors je viens avec vous », dit-elle avant de prendre un masque et de lui emboîter le pas, bientôt imitée et suivie par Chewbacca.
Un blaster à la main, Han sortit le premier, bientôt suivit de Leïa et de Chewbacca, lui aussi armé d'une arbalète. Par réflexe, Leïa porta une main à sa ceinture, y sentant toujours son sabre laser, prête à le dégainer. Han arriva finalement au bout de la rampe de débarquement et pose prudemment un premier pied sur le sol de la grotte, produisant un léger bruit de suçon. Étrange, pensa t-il. Il avança doucement et commença à inspecter le vaisseau, tandis que Leïa posait à son tour un pied au sol.
« Ce sol est très bizarre », commenta t-elle. « Ça n'a pas l'air d'être de la roche ». Elle avança davantage, regardant autour d'elle, et le sentiment de malaise qu'elle ressentait depuis qu'il s'était posés dans cette grotte ne fit qu'amplifier. Décidément, cet endroit ne lui inspirait vraiment pas confiance. « Je ne sais pas, mais je ne me sens pas très rassurée », ajouta t-elle.
« Mouais », marmonna Han, qui commençait à être d'accord avec la jeune fille. « Attention ! », s'écria t-il soudain en entendant du bruit. Brandissant son blaster, il tira sur une créature qui venait de s'accrocher au vaisseau et s'en approcha afin de l'observer. « Ouais, c'est bien ce que je pensais. Des mynocks », dit-il finalement. « Chewie, vérifie le reste du vaisseau, pour voir s'il n'y en a pas d'autres accrochés. Ça bouffe les câbles électriques », ajouta t-il en s'apprêtant à assister son co-pilote dans la vérification du vaisseau. Il était hors de question qu'il laisse ces créatures endommager le Faucon.
Leïa aimait de moins en mois la situation et jetait des regards rapide autour d'elle, comme pour chercher d'autres éléments qui pourraient expliquer son trouble de plus en plus pressant. « Retournez à l'intérieur, on va nettoyer les derniers », entendit-elle Han lui dire.
Leïa n'avait pas l'intention d'obéir et elle continua à scruter les environs, se fiant à la Force. Elle sentit soudain une présence derrière elle et eu à peine le temps d'activer son sabre laser qu'une foule de mynocks lui passa au dessus de la tête. Criant le nom de Han, elle engagea le combat avec les créatures, son sabre laser tournoyant dans les airs, mais ses assaillants étaient bien trop nombreux pour qu'elle parvienne à les défaire correctement. Assaillit lui aussi par un groupe de créature, Chewbacca arma son arbalète et tira dans le tas. Le tir atteignit l'une des parois et soudain la grotte entière s'ébranla, à la plus grande surprise de tous. Intrigué, Han attendit que le calme soit revenu, puis il observa à nouveau l'environnement dans lequel il se trouvait. Le sol était étrange, une odeur particulière régnait dans la grotte et il avait remarqué la présence de beaucoup de moisissures. Soudain prit d'un doute, il pointa son blaster vers le sol et tira. Aussitôt, le sol et les parois tremblèrent à nouveau.
La nouvelle secousse prit Leïa de cours. Elle désactiva son arme et tenta de s'accrocher à la rampe d'embarquement, mais ses mains ne rencontrèrent que du vide et elle serait tombée si Han n'était pas arrivé difficilement derrière elle pour la retenir. Il la guida le long de la rampe d'embarquement et tout trois se hâtèrent de rentrer dans le vaisseau avant de refermer rapidement le sas pour éviter qu'un mynock ne pénètre à l'intérieur.
« Contact Chewie, on fiche le camp ! », s'écria Han, tandis que tous les trois traversaient le Faucon en courant.
Ils atteignirent le cockpit, hors d'haleine. Ayant comprit que la situation pressée, Padmé se hâta de laisser sa place à Chewbacca, tandis que Han s'installait à la place du pilote et enclenchait déjà une série d'interrupteurs. Leïa pénétra dans le cockpit à leur suite et pris place sur le siège derrière Han.
« Que se passe t-il ? », demanda Padmé, avec inquiétude, à sa fille. « J'ai sentit des secousses ».
« Je ne sais pas », répondit Leïa. « Mais il faut partit, il y a quelque chose d'anormal ici ».
« Mais la flotte impériale est toujours dehors ! », fit observer Padmé, peu rassurée à la pensée que Vador était toujours dehors, attendant justement qu'ils sortent de leur cachette pour les capturer. « Et nous ne pourrons pas passer en vitesse-lumière dans le champ d'astéroïdes... ».
« Je sais madame Naberrie », répondit Han. « Mais croyez moi, il ne vaut mieux pas traîner ici ».
Le vaisseau décolla soudain. Tout le groupe avait le regard braqué vers la sortie qui se rapprochait et un frisson parcouru l'assemblée lorsque l'ouverture du tunnel leur apparu soudain hérissé de pics. Chewbacca poussa un cri d'avertissement et d'inquiétude.
« Regardez ! », s'exclama 3PO, en pointant l'entrée de son doigt doré.
« Oui je vois, je vois », soupira Han.
Devant eux, l'ouverture semblait de plus en plus petite, comme si les deux parois se rapprochaient.
« Nous sommes perdus ! », gémit 3PO, paniqué.
« La grotte s'effondre ! », ajouta Leïa, le cœur battant.
« Ce n'est pas une grotte », répliqua Han.
« Quoi ? », s'exclama Padmé.
Pourtant, au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de la sortie, il leur paru évident que ce qu'ils avaient pris pour des stalactites et des stalagmites étaient en réalité deux rangés de dents qui se refermaient, s'apprêtant à les prendre au piège. Mais, par une habile manœuvre, le Faucon passa entre les deux rangées de dents, qui se refermèrent dans le vide après le passage du vaisseau. La limace de l'espace, ayant laissé échapper sa proie, s'enfonça à nouveau dans son abris. Mais dans le Faucon, les cinq occupants n'eurent pas le temps de pousser de soupir de soulagement, car un choc contre la coque leur rappelant aussitôt qu'ils venaient à nouveau de pénétrer dans le champ d'astéroïdes.
Un groupe composé d'une dizaine de chasseurs de prime, représentants de différentes espèces, se tenaient désormais sur le pont de l'Exécutor. Avec une distance raisonnable, Piett observait d'un œil méfiant cette foule d'êtres amoraux, tous plus terribles les uns que les autres, que Vador avait convoqué pour les assister dans leur recherche des Rebelles en fuite.
« On a pas besoin de ces ordures de chasseurs de prime », protesta Piett à mi-voix, s'adressant à son second. « Ces Rebelles ne nous échapperons pas ».
Son second n'eut pas le temps de répondre, qu'un contrôleur s'avançait d'un pas rapide vers eux. « Amiral, nous avons un signal prioritaire du croiseur stellaire le Vengeur », les informa t-il.
« Bien », répondit Piett avant de suivre le contrôleur pour de plus amples informations.
De son côté, Vador était toujours affairé à exposer la situation aux chasseurs de prime. « Il y aura une récompense substantielle pour celui qui trouvera le Faucon Millénium », dit-il. « Vous êtes libres d'employer toutes les méthodes nécessaires, mais je les veux vivants, pas de désintégrations », ajouta-t-il sur un ton plein d'équivoque en s'adressant particulièrement à un chasseur de prime du nom de Boba Fett.
Vador ne connaissait en effet que trop bien les méthodes brutales de ce dernier et il ne voulait pas prendre le risque que Padmé ou Leïa soit blessées dans la manœuvre. Quand aux autres passagers, peut lui importait. Il savait que Han Solo était recherché par Jabba le Hutt et il serait plus que ravi de l'offrir au chasseur de prime qui parviendrait à le capturer. Mais il espérait également pouvoir récupérer des passagers vivants, quels qu'ils soient, afin de les interroger sur la localisation des Rebelles.
Vador ayant finit de donner ses instructions, les chasseurs de prime prirent congés, pressés de se mettre à la tâche. Vador s'apprêtait à partir lui aussi, lorsque Piett vint à sa rencontre. « Mon Seigneur, nous les tenons ! », l'informa t-il d'un ton empressé.
Enchaînant les manœuvres d'esquive pour éviter les astéroïdes qui volaient autour d'eux, Han s'efforçait de rester hors de portée du croiseur le Vengeur qui les poursuivait inlassablement depuis qu'ils étaient sortis de leur cachette. Les tirs ennemis fusaient et Han doutait que la poursuite puisse durer bien longtemps. Finalement, après un temps qui leur paru durer une éternité, le Faucon sortit enfin du champ d'astéroïde, au grand soulagement de ses occupants.
« Pas la peine de traîner ici », s'écria aussitôt Han. « Passage en vitesse-lumière ».
Une fois en vitesse-lumière, le vaisseau serait quasiment impossible à repérer pour les Impériaux et ils seraient enfin hors de danger. Un sourire triomphant se dessinant doucement sur son visage, à la pensée de la déception qu'il allait causé au vaisseau Impérial, Han tira d'un geste sec sur la manivelle permettant le passage dans l'hyperespace. Mais son sourire s'effaça aussitôt car le vaisseau conserva sa course en vitesse subliminique et rien ne se passa.
« C'est pas vrai », s'écria Han, incrédule, tandis que Chewbacca poussait des aboiements de protestation agacés contre le vaisseau et contre Han, pour ne pas avoir réussit à effectuer toutes les réparations. « Tous les circuits de transmission marche, c'est pas ma faute », répliqua aussitôt le pilote.
« Pas de vitesse-lumière ? », soupira Leïa en se prenant la tête entre les mains. Ils ne sortiraient donc jamais de cet enfer ?
« C'est pas ma faute », répéta Han, ne voyant pas pourquoi la vitesse-lumière ne marchait toujours pas.
Le Faucon Millénium fut soudain ébranlait par un tir qui le percuta. « Capitaine, nous avons perdu le principal écran de protection arrière », intervient 3PO. « Encore un coup à l'arrière et nous sommes fichus ».
Han savait que la situation était critique et ils n'avaient guère le temps de se disputer ou de chercher la cause du problème d'après les données de l'ordinateur. Il devait trouver un moyen de se sortir de là et vite. Obéissant à son instinct, il prit sa décision. « Alors on se retourne », dit-il. Ses paroles déclenchèrent une vague de panique parmi les occupants du vaisseau, mais Han les ignora. « J'ai dit on se retourne », répéta t-il à l'adresse de Chewbacca, tout en activant des commandes. « Met toute la puissance sur l'écran de protection avant ».
« Vous voulez les attaquer ? », demanda Padmé, surprise par l'audace de Han. Mais bizarrement, à nouveau, elle se sentait prête à faire confiance au jeune homme. Après tout, plus d'une fois Anakin l'avait entraîné dans des situations périlleuses et presque suicidaires.
« Capitaine, les chance de survit dans l'assaut direct d'un croiseur interstellaire... », commença 3PO.
« La ferme ! », le coupa vivement Leïa. Elle était déjà parfaitement consciente de la gravité de la situation et elle n'avait nul besoin que le droïde dorée ne lui rappelle ses dangers.
Dans un geste automatique, la jeune fille attrapa la main de sa mère, comme si elle avait peur que ce soit là le dernier contact qu'elles auraient toutes les deux. Padmé enserra cette main, tandis que le Faucon effectuait sa manœuvre de retournement et fonçait droit sur le croiseur le Vengeur. Évitant les tirs ennemis, Han semblait diriger le cargo droit sur le pare brise géant du pont de contrôle du vaisseau ennemi. Celui-ci se rapprocher dangereusement et, à bord du Faucon, les passagers serrèrent soudain les dents, attendant la collision qui leur semblait inévitable. Pourtant celle-ci ne vint jamais, Han effectuant au dernier moment une manœuvre de redressement, conduisant le Faucon à passer au ras du vaisseau ennemi.
A bord du Vengeur, les officiers présents sur le pont s'étaient tous penchés par réflexe, s'attendant à voir le cargo percuter le pare brise à tout moment, mais lorsqu'ils relevèrent prudemment la tête, le Faucon Millénium avait disparu et seul le ciel étoilé s'offrait à leur vue.
« Suivez-les ! », ordonna aussitôt le capitaine Needa. « Ils peuvent revenir par un autre passage ».
« Capitaine Needa, leur vaisseau n'apparaît plus sur nos scopes », intervient l'un des contrôleurs, occupé à observer ses écrans radar.
« Mais ils n'ont pas pu disparaître ! », s'écria le capitaine Needa, incrédule. « Aucun vaisseau de cette importance n'a de système de couverture ».
« Plus aucune trace d'eux capitaine », réaffirma un autre contrôleur-radar. « Peut-être sont-ils passés en vitesse-lumière à la dernière minute », suggéra t-il.
« Mais dans ce cas là pourquoi auraient-ils attaqué ? », hurla Needa. Il les tenait presque, ils étaient à sa portée. « Ils auraient pu passer en hyperespace dès leur sortie du champ d'astéroïdes ».
« Capitaine, le Seigneur Vador veut un rapport sur la poursuite », l'informa un autre officier.
Needa se sentit parcouru d'un frisson et déglutit difficilement. Avoir laisser le Faucon Millénium lui échapper était une erreur qu'il allait payer très cher. « Faites préparer une navette », ordonna t-il. « Je dois prendre mes responsabilités dans cette affaires et présenter mes excuses au Seigneur Vador. Pendant ce temps, continuez à scruter toute la région. Il faut trouver ce vaisseau ! ».
« Oui capitaine », répondit son second, tandis que Needa s'éloignait d'un pas peu assuré, près à affronter la colère du Seigneur Sith.
Voilà enfin le chapitre dans sa totalité, j'espère qu'il vous a plu. A nouveau, je vous présente mes excuses pour ne pas faire de publications plus régulières.
Dans le prochain chapitre, le groupe se rendra dans la cité des Nuages.
Bisous à tous, Audrey
