Bonjour à tous.
Après une très longue absence (dont je m'excuse), je reviens enfin avec un nouveau chapitre. J'avais un peu abandonné l'écriture ces derniers temps, en partie car je suis maintenant professeur des écoles, et que je ne trouvais plus le temps. Mais la sortie du dernier Star Wars (et ma légère déception, je dois l'avouer) m'a donné envie de m'y remettre. Voilà donc la suite, en espérant qu'elle vous plaise.
Bonne lecture.
Chapitre n°22 : A propos d'Anakin Skywalker
« Maman ! Maman ! ».
Luke ! Leïa ! J'entendais leurs appels, ils avaient besoin de moi. Je cherchais désespérément à les atteindre, mais tout autour de moi n'était que ténèbres. La panique m'envahissait à chaque pas. J'étais désorientée, je ne savais pas où je me trouvais. Seule la voix de mes enfants pouvait me guider jusqu'à eux, eux qui étaient ma vie, mon dernier espoir. Je hurlais leurs noms, attendant une réponse de leur part qui m'indiquerait que je les retrouverai bientôt. J'avais le sentiment de me trouver dans un espace sans fin, dans lequel j'étais condamnée à errer éternellement à la recherche de mes enfants. Et puis soudain, je les vis... Un peu plus loin devant moi. Ils semblaient auréolés de lumière, cette lumière qui serait ma sauveuse et m'arracherait aux ténèbres.
« Luke ! Leïa ! », criais-je avec joie, en me précipitant vers eux.
Ils en firent autant, mais la distance qui nous séparait semblait ne jamais vouloir se combler. Mais je ne devais pas abandonner, je devais les rejoindre... Soudain, l'espace paru s'assombrir encore davantage si cela était possible et un vent glacial se leva. Levant la tête, je l'écouta un instant... Au milieu des rafales, il me semblait percevoir un son... Un son étrange... Le son d'une respiration mécanique. Cette respiration me donna des frissons. Elle semblait se rapprocher de plus en plus de moi. Le cœur battant à 100 à l'heure, je reportais mon attention sur mes enfants. Ils couraient toujours vers moi, mais un tourbillon venait d'apparaître derrière eux, aspirant peu à peu leur lumière. Je savais ce qui allait se passer. Horrifiée, j'accélérais ma course et poussais un hurlement, lorsque je vis soudain mes enfants se faire aspirer... Je les avais perdu encore une fois. Les ténèbres s'épaissirent autour de moi et, tandis que le son de la respiration mécanique se faisait de plus en plus oppressant, je sentis le sol se dérober sous mes pieds...
Padmé se réveilla en sursaut, le front en sueur. Clignant plusieurs fois des paupières, elle regarda autour d'elle, cherchant un peu de sécurité dans son environnement, mais elle n'en trouva aucune... Cette pièce, sombre et froide, emplie de matériel médical, n'avait rien de rassurant. Que faisait-elle là ? Qu'était cette pièce ? S'efforçant de retrouver ses esprits, elle essaya de se redresser et elle eut soudain un flash... Une image... Celle d'une silhouette noire imposante, dressée devant elle... Vador... Anakin. Padmé sentit sa gorge se serrer, alors que les récents événements lui revenaient en mémoire. Elle se laissa retomber sur le lit, tandis que des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Ce cauchemars n'en était pas un. Ses enfants lui avaient bel et bien été arrachés et elle ne savait pas si un jour elle les reverrait. Et Vador... Comment allait-elle faire ? Comment allait-elle supporter le fait de se retrouver si près de celui qui avait brisé son cœur et détruit l'amour de sa vie ?
Un bruit dans le fond de la pièce attira soudain son attention. Essuyant ses larmes du revers de la main, Padmé tourna la tête en direction de la perturbation et attendit, avec appréhension, qu'apparaisse la personne qui venait lui rendre visite. Malgré elle, un soupir de soulagement lui échappa, lorsqu'elle vit émerger des ténèbres la silhouette métallique du droïde médecin. Celui-ci s'arrêta près d'elle et la jeune femme remarqua qu'il tenait dans ses mains plusieurs instruments, destinés à vérifier l'ensemble de ses fonctions vitales.
« Madame, est-ce que vous vous sentez mieux ? », lui demanda le droïde.
Padmé leva la tête vers lui. « Je vais mieux, oui », répondit-elle. « Je ne sens plus aucune douleurs ». Ou du moins, aucune douleurs physique...
« Bien, les traitements que l'on vous a administré ont été efficaces », commenta le droïde. « Pourriez-vous enlever votre manteau ? ».
Padmé s'exécuta, satisfaite de n'éprouver aucune difficulté dans ses mouvements, puis, sans ajouter un mot, le droïde commença à examiner la jeune femme. Celle-ci ne dit rien, se contentant d'obéir en silence aux directives du droïde, attendant avec impatience de se retrouver à nouveau seule, en paix. Au bout de quelques minutes, le médecin cessa son activité et Padmé leva un regard interrogateur vers lui.
« Tous les examens sont bons. Vous allez pouvoir sortir madame », lui annonça t-il. « Je vais l'annoncer au Seigneur Vador. Il viendra vous chercher ».
Padmé se contenta de hocher la tête. Elle ne leva même pas le regard vers le droïde lorsque celui-ci quitta la pièce... Vador, il allait chercher Vador. Elle ne se sentait pas prête à une nouvelle confrontation, mais elle n'avait pas le choix, tout comme elle n'aurait pas le choix dans les jours qui allaient venir. Sa vie ne serait plus jamais la même. Inspirant profondément, la jeune femme porta la main à son cou et ses doigts rencontrèrent son collier de japor, jusque là dissimulé sous son manteau. Fermant les yeux, elle le serra fort dans sa main, y cherchant de la force et de l'espoir. Elle resta ainsi quelques minutes, puis, lorsqu'elle rouvrit les yeux, ceux-ci était emplis de toute la dignité et la détermination qui avaient tant caractérisées la Sénatrice Amidala. Calmement, elle se leva et remis son manteau. Une dernière fois, elle regarda le collier qu'elle aimait tant, avant de le dissimuler à nouveau sous son manteau. Elle se tourna ensuite vers la porte, attendant Vador. Elle était prête.
La nuit avait été longue et courte à la fois, car Leïa avait eu beaucoup de peine à trouver le sommeil. Son esprit était bien trop peuplé de cauchemars et d'interrogations. Où était sa mère ? La retrouveraient-ils ? Ses pensées étaient en grande partie tournées vers elle, alors qu'elle se demandait dans quel état elle se trouvait. Se remettait-elle de ses blessures ? Si elle ne s'était pas trompée sur les émotions de Vador, elle supposait que celui-ci avait entreprit de la faire soigner et cela lui apportait un peu de réconfort, mais elle se souvenait également que trop bien de la douleur de la jeune femme à l'annonce de la véritable identité de Vador... Elle n'osait imaginer les tourments que sa mère devait endurer à l'instant même.
Essuyant du revers de la main ses yeux, mouillés par le chagrin et la fatigue, Leïa tourna à l'angle d'un couloir et poursuivit son chemin d'un pas rapide et assuré. Elle n'avait pas revu son frère depuis qu'elle lui avait annoncé la vérité au sujet de Vador, ainsi que la capture de leur mère, et elle commençait à être très inquiète. Personne ne semblait l'avoir vu depuis la veille, alors elle se laissait guider par le lien qui les unissait, certaine qu'elle finirait par le trouver. La jeune fille avança ainsi durant encore quelques minutes, à travers cette nouvelle base rebelle qui lui était inconnue, jusqu'à se retrouver devant une porte. Luke se trouvait dans la pièce derrière. Inspirant profondément, la jeune fille activa l'ouverture de la porte et pénétra à l'intérieur de la pièce. L'endroit était spacieux et vide de tout mobilier. Luke se tenait au centre, son sabre laser activé à la main, occupé à dévier les nombreux rayons laser tirés par une petite sphère argentée voletant devant lui.
Les mouvements du jeune homme étaient rapides et précis, emplis de détermination et de hargne, mais Leïa pouvait percevoir le malaise qui se cachaient derrière chacun d'eux. Luke tentait de fuir ses problèmes et toutes les récentes révélations. Leïa le regarda faire quelques secondes, jusqu'à ce qu'il prenne conscience de la présence de sa sœur. Il jeta un rapide regard vers elle et Leïa cru un instant qu'il mettrait fin à son entraînement, mais il n'en fit rien. Inspirant profondément, Leïa s'avança à sa rencontre.
« Luke, il faut qu'on parle tous les deux », lui dit-elle en cherchant à capter son attention.
Luke secoua la tête. « Pas maintenant Leïa », répondit-il tout en poursuivant ses mouvements. « Je dois rester concentré, pour maman... C'est le seul moyen pour que je sois assez fort pour affronter Vador et la sauver. Je ne supporte pas l'idée de la savoir avec lui, entre ses griffes ».
« Luke... Je sais le monstre qu'est Vador, mais il... Il est notre père... Tu ne crois pas que... », commença Leïa, hésitante, sachant que le sujet était épineux.
Instantanément, la sphère se désactiva et atterrit dans la main de Luke, qui se tourna enfin vers sa sœur. « Vador n'est qu'un monstre, et il va payer pour tout le mal qu'il a fait », assura t-il avec véhémence en s'avançant vers elle. « Je refuse de croire qu'il est mon père et même si cela est vrai, ça ne changera rien. Il a tué la personne qui s'apparentait le plus à un père pour moi et il va payer pour ça », ajouta t-il, le regard sombre.
Leïa eu un mouvement de recul devant l'intensité du regard de son frère ainsi que devant sa colère et elle recula de quelques pas. Sa gorge se serra et des larmes lui montèrent aux yeux. Devant elle, elle vit alors le regard de son frère se radoucir, tandis que ses yeux s'emplissaient de regrets. Honteux, le jeune homme baissa la tête, mais il resta à distance de sa sœur.
« Leïa, je... Je suis désolé », dit-il. « Tout ça c'est... C'est un peu trop pour moi. Je pense qu'il vaut mieux que je reste seul quelques temps. S'il te plaît », ajouta t-il, pour dissuader Leïa d'insister.
Essuyant ses larmes, Leïa répondit par un hochement de tête. « Si c'est ce que tu veux... », dit-elle, la gorge serrée. D'un pas hésitant, la jeune fille se dirigea vers la porte et s'apprêtait à sortir, lorsqu'elle se retourna une dernière fois. Devant elle, Luke avait déjà réactivé la sphère et avait repris son entraînement. « N'oublie pas que je suis là si tu as besoin de parler », ajouta t-elle, même si elle se demanda si Luke l'avait entendu.
Avec tristesse, elle le regarda une dernière fois, avant de partir. Le comportement de son frère l'inquiétait, il était en proie à une grande colère. La dernière fois qu'elle l'avait vu ainsi, c'était suite aux morts d'Obi-Wan et de Yoda. La colère et la soif de vengeance du jeune homme avaient alors été effacées par l'arrivée de leur mère, qui avait été leur lumière au milieu des ténèbres... Mais elle leur avait à nouveau été arrachée, et elle était aux mains de Vador... Cette fois, Leïa ne savait pas si, seule, elle aurait la force d'apaiser son frère.
Sans s'en rendre compte, trop perdue dans ses pensées, la jeune femme se retrouva devant la porte des quartiers qui lui avaient été assignés. Elle y pénétra et se retrouva face à Han, assit dans un coin, qui se leva aussitôt dès qu'il la vit, et s'avança vers elle. Le regard d'abord radieux de l'ancien contrebandier laissa place à un regard chargé d'inquiétude, lorsqu'il vit la tristesse de la femme qu'il aimait.
« Leïa », dit-il en posant une main apaisante sur le bras de la jeune fille. « Qu'est-ce qu'il se passe ? ».
Leïa posa ses yeux sur la main de Han, appréciant ce contact, qui avait manifestement l'effet escompté, puis elle leva la tête vers lui. « C'est Luke », répondit-elle. « Je m'inquiétais pour lui et je suis allée le trouver. Il... Il... J'ai peur que les récents événements aient ravivé sa soif de vengeance. Lorsque je l'ai vu, il était obsédé par l'idée de s'entraîner pour être assez fort pour affronter Vador et pour sauver notre mère ».
« Et le fait que Vador est votre père... », commença Han.
« Il refuse de l'admettre », le coupa Leïa en secouant la tête. « Il est persuadé que notre mère court un danger en étant avec lui... ».
« Et vous, vous en pensez quoi ? », demanda Han, cherchant à capter son regard.
Leïa releva la tête vers lui. « Je... Je ne sais pas, je... J'ai le sentiment que Vador ne fera pas de mal à ma mère », répondit-elle. Même le fait de le dire à haute voix lui semblait bizarre, connaissant Vador. Laissant échapper un sourire nerveux, elle se dirigea vers son lit et s'y assit. « C'est peut être stupide mais, sur Hoth, alors que nous tentions de nous échapper, j'ai eu l'impression de pouvoir lire un instant les émotions de Vador et... C'était bref, mais j'ai sentit de la tendresse émanant de lui, de l'amour même... Je n'ai pas compris ce que cela signifiait sur le moment, mais maintenant que je sais qui il est... ». Han sentit que le tumulte des émotions qui envahissait la jeune femme était fort et il revint s'asseoir près d'elle, avant de lui prendre la main. « Je pense que Vador... Que mon père éprouve toujours de l'amour pour ma mère et, j'ai besoin de me raccrocher à cette idée, parce que c'est la seule chose qui me permette de croire qu'elle est en sécurité et qu'elle va bien ».
Suite à cet aveux, la jeune fille sentit une nouvelle vague de tristesse l'envahir et elle se blottit dans les bras de Han. Quelques secondes passèrent ainsi, dans le silence le plus total. Han ne voulait pas brusquer les choses, il voulait laisser Leïa se confier à lui, si elle le souhaitait. Et justement, alors que les bras de l'ancien contrebandier l'enserraient, la jeune fille se sentait de plus en plus en sécurité, tandis que grandissait en elle le désir de parler de ce qu'elle ressentait et du tumulte d'émotions qui la saisissait.
« Il s'est passé tellement de choses en si peu de temps », dit Leïa en s'écartant doucement de Han. « Il y a encore quelques jours, Luke et moi étions persuadés que notre père était décédé depuis des années et voilà que finalement nous découvrons qu'il est encore en vie et qu'il s'agit de l'un de nos pires ennemis ». La jeune fille prit une profonde inspiration et essuya ses yeux du revers de la main. « Obi-Wan nous avait dit qu'il était passé du côté obscur avant de mourir, mais malgré tout il... Il était resté un héros de la Guerre des Clones à mes yeux. Maintenant, je ne sais plus quoi en penser... », confia t-elle dans un souffle. « J'entends et je vois tellement de choses contradictoires à son sujet... J'aurai aimé connaître l'Anakin Skywalker qui se cache derrière le masque ».
Après ses confessions, Leïa se blottit à nouveau contre Han. Celui-ci la serra contre lui. Il ne supportait pas de la voir dans un tel état. Leïa voulait en savoir plus sur Anakin Skywalker... Lui-même ne l'avait jamais connu, mais il l'avait admiré au temps de la Guerre des Clones. Il n'était alors qu'un enfant, un enfant qui observait les exploits de son héros avec des yeux brillants.
« Anakin Skywalker était un homme remarquable », commença alors Han, guettant du coin de l'œil la réaction de Leïa. « Je me souviens qu'avec mes amis, sur Corellia, nous suivions ses missions au cours de la guerre... Le 'Héros sans Peurs', c'est ainsi que nous l'appelions tous et la plupart des jeunes comme moi éprouvaient une grande admiration pour lui. Il faisait preuve d'un tel courage, d'une telle force et d'un tel altruisme... C'était notre modèle et bien souvent, au cours de nos jeux, nous nous prenions à jouer aux Jedi. Nous étions obligés de tirer les rôles au sort car nous voulions tous jouer Anakin Skywalker », raconta t-il, un sourire naissant sur ses lèvres à l'évocation de ses souvenirs.
Leïa sourit à son tour, à la pensée que son père avait été le héros de Han. Ce qu'il lui avait dit n'était pas grand chose, mais c'était tout ce qu'elle avait besoin d'entendre à cet instant sur l'homme derrière le masque, pour ne pas perdre espoir. Elle s'écarta doucement de Han et plongea son regard dans le sien. « Merci Han », lui dit-elle.
Le jeune homme répondit par un sourire, signifiant que ce qu'il faisait était normal. Mais de son côté, ce moment avait fait prendre conscience à Leïa que la présence de Han lui était devenu de plus en plus indispensable. Elle avait essayé de le nier pendant si longtemps, mais à présent elle savait qu'il était celui qu'il lui fallait. Elle se souvint alors de ce que sa mère lui avait dit : 'ne repousse pas Han, ne ferme pas ton cœur parce que un jour tu pourrais regretter de ne pas avoir saisit ta chance quand tu en avais l'occasion et après il sera trop tard'. Et elle avait raison, le moment était venu. Sa mère n'était plus là, mais elle pouvait au moins honorer l'un de ses conseils les plus précieux. Alors, comme si cela était une évidence à cet instant, elle approcha son visage de celui de Han et posa ses lèvres contre les siennes. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, lorsque Han répondit aussitôt à son baiser. Tout deux s'abandonnèrent quelques instants à ce moment, puis la jeune fille se détacha doucement de lui. Le cœur battant à toute vitesse, Leïa prit une profonde inspiration. Elle se sentait prête.
« Je t'aime », dit-elle, ses yeux brillants plongés dans ceux de Han. Et aussitôt, par ses simples mots, elle se sentit comme libérée d'un poids oppressant qu'elle aurait porté pendant très longtemps. « Je t'aime et je regrette d'avoir mis aussi longtemps à l'admettre. C'est juste que... ».
Un sourire radieux se dessina sur le visage de Han, tandis qu'il posait délicatement un doigt sur les lèvres de la jeune fille afin de la faire taire. « Je t'aime aussi », dit-il. « Et peu importe que cela ait prit du temps, l'essentiel c'est que nous arrêtions enfin de nous mentir ».
Leïa ne pu que hocher la tête en guise de réponse et, les yeux brillants d'amour et d'émotion, elle accepta volontiers le nouveau baiser que Han lui donna. Au milieu des ténèbres qui semblaient avoir envahis son existence dernièrement, il était sa lumière et tant qu'il était près d'elle, elle pouvait croire en l'espoir que les choses redeviennent belles un jour.
« MENTEUSE ! », hurla Anakin, le visage déformé par la haine. « C'est toi qui l'a amené ! Tu es venu avec lui pour me tuer ! », rugit Anakin, en levant la main vers moi.
Aussitôt, l'air se fit rare dans mes poumons, tandis que je luttais pour respirer. Portant une main à ma gorge, je suffoquais. J'aurai voulu crier mon amour à Anakin, lui dire qu'il se trompait et que jamais je n'aurai pu le trahir, mais je ne pouvais que secouer désespérément la tête, tandis que celui que j'aimais était en train de me tuer...
« NON ! », hurla Padmé, se réveillant en sursaut.
Le front en sueur, la jeune femme s'efforça de reprendre son souffle, alors que son cœur tambourinait avec violence contre sa poitrine. Inspirant profondément, elle essaya de se calmer, mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de désespoir. Elle n'avait plus refait ce cauchemars depuis qu'elle avait retrouvé ses enfants et à présent qu'elle était séparée d'eux, allait-elle devoir revivre ce moment terrible toutes les nuits ? Lentement, la jeune femme s'appuya sur ses bras et se mit en position assise dans le lit. Elle se trouvait dans la chambre des appartements de Vador, où celui-ci l'avait conduite quelques heures plus tôt, après être venue la chercher au centre médical.
« Voici la chambre », lui dit Vador en lui présentant la pièce.
Padmé y entra avec prudence et observa la pièce. Elle était spacieuse, mais elle était très épurée. L'ensemble avait une couleur métallique et sombre et Padmé s'y sentit aussitôt mal à l'aise. Cette chambre ne dégageait aucune chaleur, mais semblait plutôt reflétait l'état de tristesse dans lequel elle se trouvait actuellement.
« Elle n'a jamais servi », précisa Vador. « Je dors dans... Dans une pièce spéciale ».
Padmé hocha calmement la tête, mais ne posa pas plus de questions sur cette pièce spéciale. Elle avait l'impression de se trouver au beau milieu d'un cauchemars. Trop absorbée qu'elle était dans ses pensées, elle ne remarqua pas que Vador s'était lentement approché d'elle. Le Seigneur Sith avait toujours du mal à croire que la femme qu'il aimait était bien là, devant lui, vivante. Sa démarche avait été instinctive, il avait besoin de se trouver près d'elle, de la toucher, comme pour s'assurer qu'elle était bien réelle. En détaillant attentivement le visage de la jeune femme, il remarqua une légère cicatrice sur son front, juste au dessus de son sourcil droit. Une marque du courage de sa femme...
Dans un geste qui lui paraissait le plus normal du monde, de la part d'un mari envers sa femme, Vador leva une main gantée en direction du front de Padmé. Il avait besoin de la toucher, d'effleurer sa blessure, afin de l'apaiser... Mais ses doigts ne parvinrent jamais à destination. Du coin de l'œil, Padmé prit conscience de sa manœuvre et elle eut un vif mouvement de recul. Vador et Anakin avaient beau être une seule et même personne, elle ne pouvait supporter qu'il la touche. Vador perçu les émotions de la jeune femme et, tristement, il baissa sa main, avant de s'écarter de quelques pas de sa femme. C'était une telle torture pour lui, de la voir si près de lui, mais de la sentir si distante...
Un silence gêné s'installa entre eux. Padmé refusait obstinément de tourner le regard vers Vador et celui-ci comprit qu'il n'y avait rien à faire. « Je vais te laisser », dit-il après quelques instants. « Tu dois avoir besoin de te reposer ». Baissant la tête, il se dirigea vers la sortie, avant de se tourner une dernière fois vers la jeune femme. « Je te demanderai simplement de ne pas quitter cette chambre. Certains officiers viennent me rencontrer dans mes appartements et je veux être bien sûr que personne ne découvre que tu es ici ».
Et Vador était parti, la laissant là... Comme en prison. Padmé ne savait pas comment elle allait supporter cette situation, c'était au delà de ses forces. Écartant les draps qui la recouvrait, la jeune femme sortit du lit et attrapa son manteau, posé sur une chaise dans un coin de la pièce. Elle s'en enveloppa et s'approcha de l'un des petits hublots que comptait la chambre. Appuyée contre la paroi, elle observa le ciel étoilée qui s'étendait devant elle. Elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit où elle se trouvait, mais elle était certaine d'une chose. Elle se sentait extrêmement seule et ses enfants étaient bien trop loin d'elle.
Prise dans le tumulte de ses pensées, la jeune femme resta un long moment ainsi, inconsciente du temps qui passait. Puis soudain, un bruit dans la pièce voisine attira son attention. Quelqu'un venait de pénétrer dans l'appartement et très vite, le son lointain d'une respiration mécanique confirma ses craintes. Il s'agissait de Vador et elle savait qu'elle n'échapperait pas à une visite de sa part. Prenant une profonde inspiration, Padmé essuya ses yeux humides. Elle n'avait pas l'intention de montrer à nouveau des signes de faiblesse devant Vador. Puis, chassant ses sombres pensées, elle se prépara à accueillir celui qui avait été son mari. La porte de la chambre s'ouvrit alors et la haute silhouette sombre du Sith apparu dans l'encadrement.
Le regard de Vador se posa instinctivement sur le lit, où il s'attendait à voir Padmé, puis il la vit debout à l'autre bout de la chambre. « Je vois que tu es levée. J'avais peur de te déranger alors que tu étais couchée », dit-il en s'efforçant de donner à sa voix le ton le plus doux possible, ce qui s'avérait impossible avec son vocodeur.
Vador observa Padmé, attendant une quelconque réaction ou une parole de sa part, mais rien ne vint. La jeune femme continuait obstinément à regarder la Galaxie au dehors. Il savait que le contact avec la jeune femme ne serait pas facile, et comment pourrait-il lui en vouloir, mais il n'avait pas imaginer que ce soit à ce point. A cet instant, leurs moments de bonheurs lui paraissaient si lointain... Comme s'ils appartenaient à une autre vie. Mais il n'avait pas l'intention d'abandonner.
« Comment te sens-tu ? », demanda-t-il, espérant que cette fois sa question trouve une réponse.
Padmé ressentait un tiraillement intérieur. Elle avait toujours été prompte au pardon et voulait toujours voir le meilleur chez les gens, même chez certains de ses ennemis. Mais là, alors qu'elle avait pourtant tant partagé avec l'être qui se trouvait en face d'elle, tout ce qu'elle voyait c'était le monstre qui avait détruit sa vie et elle n'avait aucune envie d'entrer avec lui dans une longue conversation sur ce qu'elle ressentait à l'instant même.
« Seule ! », lâcha t-elle, sans toutefois lui accorder le moindre regard.
Vador ne s'était pas attendu à cette réponse et il se sentit quelque peu déstabilisé. Évidemment, il passerait tout son temps auprès de la jeune femme s'il le pouvait, mais cela lui était impossible. Il pourrait envisager de mettre un robot à sa disposition, cela lui apporterait un peu de compagnie... Mais au fond il savait pertinemment de qui sa femme avait besoin. Ce serait l'occasion rêvée, de réunir enfin toute sa famille autour de lui après tant d'années de séparation... Avec son fils et sa fille, ils seraient assez fort pour se débarrasser de Palpatine et pour prendre sa place à la tête de la Galaxie... Mais pour cela, il devait les retrouver...
« Les enfants te manquent n'est-ce pas ? », avança t-il. « Je pourrai facilement te les ramener, si seulement... ».
Mais Padmé avait déjà compris où il voulait en venir. « Je ne te dirai jamais où ils se trouvent ! », le coupa t-elle vivement, avant de se tourner enfin vers lui, le regard déterminé. « Ils me manquent, c'est vrai, mais jamais je ne permettrais que tu t'approches d'eux d'une façon ou d'une autre ! ».
Vador aurait dû s'attendre à cette réponse, mais il sentit malgré tout une vague de colère monter en lui. « Ils sont aussi mes enfants », fit-il remarquer, en s'efforçant de rester calme.
Padmé secoua la tête avec véhémence. « NON ! », hurla t-elle. « Non ! Ce sont les enfants d'Anakin ! Aussi longtemps que tu seras Vador, tu n'auras aucun droit sur eux ! Tu n'es pas mon mari ! ».
Vador ouvrit la bouche pour répliquer, mais Padmé ne semblait pas décider à s'arrêter là. A présent qu'elle avait commencé à déverser sa colère sur le Seigneur Sith, elle avait besoin de laisser sortir tout ce qu'elle avait refoulé au plus profond d'elle-même ces derniers temps.
« Tu m'as volé les 20 dernières années de ma vie ! », poursuivit la jeune femme. « Tu m'as volé mes enfants, par ta faute je n'ai pas pu les voir grandir ! ». La voix de la jeune femme se cassa, tandis que des larmes apparaissaient aux coins de ses yeux. « Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Tu as détruit tout ce à quoi je tenais, tu as aidé la République à s'effondrer... Tu as tourné le dos aux Jedi, tu as tué des enfants... Ils ne t'avaient rien fait pourtant ! Et tu as même tué Obi-Wan. Comment as-tu pu, il était ton ami ! ».
Vador inspira profondément, après le flot d'accusations de Padmé. « Ils étaient des traitres », se justifia t-il sans le moindre remords. « Je me suis libéré de l'esclavage dans lequel les Jedi m'avaient plongé ».
Padmé ne pu s'empêcher de laisser échapper un rire nerveux. « Tu t'es libéré de l'esclavage dans lequel les Jedi t'avaient plongé ? », répéta t-elle en secouant la tête, avec la sensation de s'adresser à un fou. « Tu ne vois donc pas qu'avec tes actions tu t'es toi-même réduit en esclavage ? Les Jedi n'ont jamais fait de toi un esclave, tu l'as fait tout seul en te mettant au service de Palpatine ! ».
Vador secoua la tête. Elle ne voulait donc rien comprendre... « J'ai fais tout ça pour te sauver », rappela t-il. « C'est pour toi que j'ai fais tout ça ».
« Non ! », hurla à nouveau Padmé. « Surtout n'ose pas me dire que tu as fait tout ça pour moi ! Tes actions ont faillit précipiter ma mort, elles ont été loin de me sauver. Et sachant que le prix de ma survie serait de te voir passer du Côté obscur et causer la mort de millier de personnes, tu aurais du savoir que j'aurai préféré mourir ! Non tu n'as pas fait ça pour moi, tu l'as fait pour toi, pour assouvir ta soif de pouvoir, rien d'autre ! ».
Cette fois, Vador commença a perdre patience. La colère qui grondait en lui ne cessait de croître et il avait de plus en plus de mal à la contenir. Padmé ne comprenait rien, elle ne comprenait pas tout ce par quoi il avait du passer. Son poing ganté serra sous l'effet de la fureur, ce que Padmé remarqua. Elle savait ce qui se passait, elle l'avait déjà vécu, vingt ans auparavant... Mais cette fois, elle n'avait plus peur.
« Tu vas de nouveau essayer de me tuer ? », lui demanda-t-elle simplement.
Cette simple question projeta à son tour Vador vingt ans plus tôt, à cet instant où il avait commis l'irréparable. A ce moment terrible qui avait fait que, durant des années, il avait pensé avoir tué la femme qu'il aimait. Il s'en était voulu durant tout ce temps, et voilà qu'il s'apprêtait à faire la même chose... Inspirant profondément, Vador retrouva son calme et détourna son regard de celui accusateur de la jeune femme. L'atmosphère de la pièce était bien trop pesante, et il songea que le mieux pour lui était de laisser Padmé seule. Sans ajouter un mot, il se détourna tristement et se dirigea vers la porte.
« Tu sais », lui dit Padmé, le faisant s'arrêter juste devant la porte, « juste avant que je ne tombe dans le coma, j'ai dit à Obi-Wan qu'il y avait encore du bon en toi. Je ne voulais pas renoncer à croire en toi mais... Maintenant je ne sais plus quoi penser », conclus t-elle avec peine, en baissant la tête.
Vador déglutit difficilement, digérant les paroles de sa femme. Ces quelques mots le blessèrent, bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Si sa propre femme ne croyait plus en lui, qui donc le pourrait ? Ne laissant rien paraître de son trouble, Vador quitta enfin la pièce. Une mission l'attendait au dehors et il ne devait pas se laisser distraire. Padmé ne se détendit complètement que lorsqu'elle entendit la porte de l'appartement se refermer sur celui qui avait été son mari. Se sentant soudain épuisée suite à cette intense entrevue, elle revint vers le lit et s'y laissa tomber. Inspirant profondément, elle essuya les larmes qui commençaient à couler le long de ses joues. Une seule question envahissait son esprit : Comment allait-elle supporter cette situation tous les jours ?
