Bonjour,
Je m'excuse pour le peu de mises à jour, mais étant professeur des écoles depuis peu, il n'est pas toujours évident de trouver du temps pour écrire. Je vais essayer de profiter des vacances pour avancer un peu. En espérant que ce nouveau chapitre vous plaira, bonne lecture !
Chapitre n°24 : Quand les ténèbres nous entourent...
Sabre à la main, j'arpentais ces couloirs que j'avais si souvent emprunté... Mais tout semblait si différent. Tout autour de moi ne semblait que ténèbres tandis que je me déplaçais avec l'agilité d'une bête traquant sa proie. Des cris et le bruit de multiples tirs de blasters me parvenaient des étages inférieurs mais je n'y prêtais pas attention, je ne devais rien laisser me détourner de mon but. Au bout d'un temps qui me paru être une éternité, j'atteignis enfin la porte dont j'activais aussitôt l'ouverture. La pièce dans laquelle je pénétrais était plongée dans l'obscurité, tandis que je la parcourais du regard à la recherche d'un signe de vie. Je ne les voyais pas, mais je savais qu'ils étaient là... Je pouvais sentir leur peur. Un mouvement attira mon attention et je vis soudain l'un des novices émerger de l'ombre. Un éclair de soulagement traversa furtivement son regard, tandis qu'il s'avançait vers moi, bientôt imité par une quinzaine d'autres.
« Maître Skywalker, ils sont trop nombreux. Comment allons nous faire pour repousser tous ces clones ? », demanda timidement le jeune novice.
Inspirant profondément, je laissais mon être tout entier être envahi par la haine et la colère. Ces enfants devant moi étaient des traîtres, dont je devais impérativement me débarrasser. Je le devais afin que rien ne vienne se mettre en travers de mon chemin. Pourtant, au fond de moi, une voix criait son désespoir... La voix d'Anakin Skywalker qui tentait de percer à travers les ténèbres afin de me raisonner... « N'hésitez pas, soyez sans pitié. C'est à cette condition que le côté obscur vous donnera le pouvoir de sauver Padmé... ». Les paroles de mon maître résonnèrent alors en écho dans mon esprit, chassant mes dernières réticences. Mon regard devint noir, tandis que j'activais mon sabre laser et que je m'avançais, menaçant, vers les jeunes novices...
Vador se réveilla en sursaut, le front en sueur et l'air désorienté. Il lui fallu quelques secondes pour réaliser qu'il se trouvait dans sa chambre hyperbare, où il s'était assoupit. Inspirant profondément, il se redressa afin de se mettre en position assise et il se prit la tête entre ses mains gantées. Ces événements avaient eu lieu il y a de très nombreuses années, mais c'était la toute première fois qu'ils revenaient hanter ses cauchemars. Ce fameux jour noir où toute sa vie avait basculé. Pourquoi fallait-il que cela se produise justement maintenant ? Entre sa mission de recherche des Rebelles, ainsi que ses recherches personnelles, il n'avait guère le temps de se laisser distraire par des souvenirs du passé. Non, il devait se focaliser sur le présent, sur ses désirs présents.
Se ressaisissant, il remis son masque en place, activa l'ouverture de sa chambre hyperbare et en sortit. Il avait beaucoup de choses à faire et le plus vite il se remettrait à ses devoirs, le mieux cela serait. Il se préparait à quitter ses appartements, mais quelque chose le retint alors qu'il s'apprêtait à franchir la porte, et le poussa à revenir devant la porte de la chambre de Padmé. Il resta un moment devant la porte, hésitant. Sa femme et lui ne s'étaient quasiment pas adressés la parole depuis qu'ils s'étaient retrouvés et cela lui pesait de plus en plus. Ces derniers jours en sa compagnie avaient pour lui étaient presque plus durs que toutes ces années où il l'avait cru morte. Elle était la seule personne dont il pensait qu'elle l'aimerait toujours, quoi qu'il arrive, mais il avait l'impression qu'il s'était trompé sur ce point. Il venait de passer vingt ans sans personne pour l'aimer - et le Côté Obscur l'avait aider à s'accommoder de cette situation -, et maintenant qu'il venait de retrouver une personne qui le pourrait, le rejet de la jeune femme lui brisait le cœur. Il ne savait pas comment, mais il ferait tout pour qu'elle l'accepte à nouveau et qu'elle le reconnaisse comme son mari.
Inspirant profondément, il frappa quelques coups à la porte afin d'annoncer son arrivée, puis il commanda l'ouverture de la porte. Padmé était accoudée au mur, près de l'un des hublots de la chambre, comme elle le faisait souvent. Elle portait un long manteau bleu pale, fluide, par dessus une longue robe blanche. Le regard au loin, plongé dans l'immensité de l'espace, elle avait vraiment l'air d'un ange. En entendant la porte s'ouvrir, elle tourna la tête vers lui. Vador la vit prendre une profonde inspiration, comme pour se préparer à une éventuelle confrontation, mais au moins cette fois ses grands yeux noisettes n'étaient animés d'aucune haine lorsqu'ils se posèrent sur lui.
« Tu voulais quelque chose ? », demanda t-elle de sa si douce voix.
La cordialité de Padmé prit presque Vador au dépourvu. « Je... Euh... Je voulais m'assurer que tu n'avais besoin de rien », répondit-il, se rendant compte qu'il ne savait, en fait, pas quoi dire.
Padmé secoua doucement la tête. « Non », répondit-elle. « Je vais bien, merci ».
Vador hocha la tête. « D'accord, je... », il posa son regard sur à peu près chacun des points de la pièce, sauf sur Padmé. « Je vais te laisser dans ce cas... Je... J'ai beaucoup de chose à faire ».
Voir Vador si maladroit arracha presque un sourire à Padmé, le balbutiement contrastant grandement avec la haute silhouette sombre qui se tenait devant elle, mais la jeune femme se reprit vite. Le Seigneur Sith le remarqua et il ne put empêcher les battements de son cœur de s'accélérer. « Tu es très belle dans cette robe, Padmé », ajouta t-il naturelement, les mots sortant spontanément de sa bouche.
A nouveau, Padmé releva le regard vers Vador, un peu surprise, et cette fois elle ne put empêcher un timide sourire d'apparaître sur son visage. « Merci », répondit-elle.
Vador eu un instant l'impression que Padmé voulait ajouter quelque chose, mais elle n'en fit rien. Un silence gêné s'installa entre eux, qu'aucun ne prit l'initiative de rompre. Leur entretien n'avait rien eu de bien original, mais en tout cas il avait été cordial. Bien décidé à ne pas gâcher cet instant par une nouvelle dispute, Vador prit rapidement congé, le cœur bien plus léger qu'au moment où il avait frappé à la porte de la jeune femme. Une fois dans ses quartiers, il poussa un soupir de soulagement. Il savait qu'il faudrait du temps avant que sa relation avec sa femme redevienne ce qu'elle avait été autrefois – si toutefois cela été possible – mais après ce qui venait de se passer, il pensait pouvoir se permettre d'espérer.
Padmé regarda la porte de sa chambre se refermer derrière Vador, puis elle laissa échapper un soupir de soulagement et vint s'asseoir sur son lit. Elle avait réussi, elle était parvenue à garder son calme et à faire preuve de cordialité avec celui qui avait été – et qui était toujours, d'une certaine façon – son mari. Il est vrai que la conversation avait été courte, et elle savait qu'il y en aurait d'autre, mais elle avait franchit cette première étape. A présent elle se sentait plus confiante quant à sa nouvelle résolution, bien plus qu'elle ne l'avait été quelques minutes plus tôt, avant que Vador ne lui rende visite. Fermant les yeux, elle se remémora ce qui s'était passé au début de la matinée.
Elle s'était réveillée tôt ce matin là et, alors qu'elle s'apprêtait à revivre une nouvelle journée de solitude, elle avait entendu des bruits venant de la pièce voisine. Elle n'avait d'abord pas voulu y prêter attention, mais elle avait fini par reconnaître une voix... C'était SA voix, celle d'Anakin. Elle était plus âgée, plus cassée et fragile, mais c'était bien elle, elle aurait pu la reconnaître entre mille. Intriguée, elle s'était approchée de la porte. Padmé s'était souvenue que Vador lui avait déconseillé de quitter sa chambre, mais la curiosité avait été trop forte. Elle avait activé la commande d'ouverture et était entrée dans les quartiers de Vador, avant de s'approcher de la chambre hyperbare, d'où semblait provenir la voix. Son cœur s'était alors serré dans sa poitrine, tandis qu'elle s'était sentis projetée des années en arrière.
Vador avait été en proie à un cauchemars, comme cela était si souvent arrivé à Anakin au temps où ils étaient ensembles. Elle l'avait entendu parler dans son sommeil alors qu'il paraissait en lutte contre quelque chose... Ou quelqu'un. Padmé avait pu sentir sa détresse, tandis que ses cris redoublaient d'intensité. Les larmes aux yeux, la jeune femme avait essayé de ne pas se laisser submerger par ses propres émotions, tandis qu'elle entendait, après avoir tant attendu et espéré, la voix de son mari qu'elle croyait perdu.
« Non ! Non, pas les novices ! Je... Je ne peux pas faire ça... Tu n'as pas le choix si tu veux la sauver !... Non... Non, on a toujours le choix... Alors elle mourra... Je suis un Jedi, pas un meurtrier... Tu es faible, tu ne fais pas le poids contre moi... Ils n'y sont pour rien... Non... Pourquoi fais-tu cela ? ».
Rouvrant les yeux, Padmé sentit les battements de son cœur s'accélérer tandis qu'elle se rappelait la vive émotion qui l'avait envahis, alors qu'elle avait réalisé que ce qu'elle entendait, c'était Anakin qui se battait contre Vador. Il l'avait fait lors de la Purge et si Vador avait fait ce cauchemars aujourd'hui, elle était certaine que c'était parce que son mari tentait à nouveau de refaire surface. Enivrée par un espoir nouveau, elle était retournée dans sa chambre, où elle avait prit la résolution de se montrer plus cordiale avec Vador. Si, au cœur de cette machine, une petite part d'Anakin subsistait et était prête à se battre, alors elle aussi devait se battre pour celui qu'elle aimait et tout faire pour l'aider à revenir. Elle savait que ce ne serait pas facile, mais elle devait essayer, sinon elle ne pourrait jamais se le pardonner.
Inspirant profondément, elle tendit la main vers la table de chevet à côté de son lit et en ouvrit le tiroir. Avec délicatesse, elle en sortit le sabre laser dont son mari lui avait fait cadeau, il y avait si longtemps. Un petit sourire se dessinant sur son visage, elle l'activa et en observa longuement la lame bleue, aussi bleue que les yeux d'Anakin.
« Un jour, peut-être, je pourrai enfin te le rendre », murmura t-elle.
Cela faisait plusieurs heures que Luke arpentait la surface de Dagobah en compagnie de R2 et il avait l'impression qu'il ne s'en sortirait jamais. La planète semblait entièrement couverte de marécages semblables à celui à côté duquel il avait posé son X-Wing, tous les coins se ressemblaient avec la même abondance de végétation, et il n'avait aucune idée de l'endroit où trouver la grotte dont Obi-Wan et Yoda lui avaient parlé. Sur son chemin, il croisait toute sorte de reptiles et des branches ou des lianes lui barraient régulièrement la route, rendant plus difficile encore sa progression et surtout celle de R2.
« Oui, on a connu plus hospitalier comme planète », commenta t-il en réponse à une série de bips de R2 avant de s'asseoir un instant sur une racine et de jeter un œil aux alentours. « J'ai l'impression que nous ne sortirons jamais de cette forêt ».
Soupirant, il se prit la tête entre les mains. Fermant les yeux, il plongea dans la Force et essaya de faire le vide en lui et de se concentrer. Au bout de quelques instants, son corps fut parcourus de frissons, tandis qu'il commençait à percevoir quelque chose de dangereux et mauvais. Rouvrant les yeux, il se laissa guider par cette aura sombre, sous le regard intrigué de R2 qui le suivit rapidement jusqu'à une grotte à moitié dissimulée derrière de grands arbres. Elle était là, la grotte qui refermait le pouvoir du Côté Obscur. Déglutissant, Luke se tourna vers R2.
« Attend moi là, d'accord. », lui dit-il. « Je reviens vite ».
R2 lui adressa ce qui ressemblait à un bip d'encouragement, puis Luke inspira profondément et pénétra dans la grotte. Ne sachant pas ce qui l'y attendait, il serra fermement son sabre laser. A l'intérieur, l'obscurité était si épaisse qu'au bout de quelques mètres il du se résoudre à allumer son sabre laser afin de produire un peu de lumière. Mais cette lueur semblait happée par les ténèbres et Luke ne parvenait pas à y voir à plus d'un mètre. Autour de lui, il distinguait les silhouettes d'animaux et d'insectes divers qui se déplaçaient, tandis que lui même semblait progresser à travers un sol gluant, ce qui lui arrachait quelques grimaces de dégoût. Mais où Yoda et Obi-Wan l'avaient-ils envoyé ?
Alors qu'il continuait de descendre à travers le tunel, un sifflement parvint soudain à ses oreilles. Son sang ne fit qu'un tour et il se figea lorsqu'il reconnu ce son si familier... Celui d'une respiration pénible appartenant à celui qui autrefois avait été un homme... Dark Vador. Comme pour confirmer ses doutes, une lame rouge apparue soudain devant lui, éclairant la silhouette sombre du Seigneur Sith. Sentant la rage grandir en lui, Luke leva son sabre laser, se préparant au combat dont il avait tant rêvé ces derniers mois. Il esquiva sans peine la première attaque et, enhardi, laissa sa colère guider ses mouvements, tandis qu'il répondait coups sur coups aux assauts du Sith. Finalement, il attaqua à son tour et jeta son sabre en travers du masque de Vador, décapitant son ennemi.
Avec satisfaction, il regarda la tête de Vador tomber au sol, tandis que l'impact faisait exploser le masque en deux, laissant apparaître le visage qui se dissimulait en dessous. Intrigué, Luke s'en approcha et sentit soudain son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Le visage qui le regardait, c'était le sien ! A cette vue, Luke sentit soudain la panique l'envahir et il tomba à genoux. Ce n'était pas possible, qu'est-ce qui se passait ? Bientôt le corps et le visage disparurent, ne laissant plus que du vide devant Luke, ainsi que de nombreuses interrogations. Cette vision voulait-elle dire qu'il finirait comme son père ? Était-il destiné à connaître le même sort que lui ?
Le souffle court, il se releva et se mit à courir en direction de la sortie. Il devait quitter cet endroit au plus vite, il devait sortir de ces ténèbres. Il émergea enfin de la grotte, essoufflé par sa course, et se laissa tomber au sol, sous l'œil de R2, qui lança une série de bips inquiets. Mais Luke ne répondit pas. Il avait l'impression d'étouffer, tandis que des larmes commençaient à couler le long de ses joues, sans qu'il puisse les contrôler. Il ne savait pas quoi faire, il ne savait pas comment interpréter ce qui venait de se passer, sachant que cela était le reflet de ses peurs les plus profondes.
« Luke... ».
La voix d'Obi-Wan sortit Luke de ses pensées. Un sentiment de honte le parcouru soudain, à l'idée que son ancien maître le voit dans cet état. Essuyant ses larmes du revers de la main, il leva la tête, se préparant à affronter le regard d'Obi-Wan, mais il eu beau regarder partout autour de lui, il ne vit aucune trace de la silhouette fantomatique de son ancien maître.
« Luke... Tu dois avoir confiance en ton destin ».
Fermant à nouveau les yeux, Luke laissa les paroles de l'ancien Jedi résonner dans son esprit. Son destin... A cet instant Luke ne savait pas ce qu'il adviendrait de son destin, mais celui-ci lui paraissait plus incertain que jamais.
« J'ai échoué... », lâcha t-il avec peine. « Je suis désolé... Je ne suis pas le Jedi que Yoda et toi espéraient ».
Padmé tournait en rond dans sa chambre, toutes ses pensées focalisées sur ce qui s'était passé le matin même. Elle ne pouvait s'en empêcher, pas plus qu'elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce que pourraient être ces futures conversations avec Vador et tout ce qu'elle pourrait lui dire. A présent qu'elle avait goûté à l'espoir qu'elle pourrait peut-être sauver son mari, elle n'arrivait plus à penser à autre chose... Oh bien sûr, elle pensait à Luke et Leïa, mais maintenant, lorsqu'elle imaginait leurs retrouvailles, elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer Anakin à ses côtés. Mais avant d'en arriver là, il restait encore du chemin à parcourir et même avec ses enfants, elle savait que ce ne serait pas facile, surtout avec Luke.
Soupirant, Padmé se laissa tomber sur son lit. Le flot de ses pensées la submergeait et elle avait besoin de se calmer. Fermant les yeux, elle commença à inspirer et expirer à plusieurs reprises, pendant plusieurs minutes, mais rien n'y fit. Rouvrant les yeux, elle se mit en position assise et son regard tomba sur la porte. Elle avait besoin de revivre le vif bonheur qui l'avait envahis plus tôt dans la journée, lorsqu'elle avait surpris le cauchemars de Vador. Après toutes les épreuves qu'elle avait traversé, c'en était presque vital, tant elle avait besoin de se nourrir de cet espoir nouveau.
Sans vraiment y réfléchir, elle se leva et ouvrit la porte. Elle laissa ses pas la guider jusqu'à la chambre hyperbare et posa une main sur l'immense sphère métallique. C'était là qu'elle l'avait entendu, enfin, après tant d'année... Sa voix. Elle ferma les yeux, laissant le souvenir de cette voix l'envahir, quand soudain, elle entendit une porte s'ouvrir derrière elle. Sentant soudain les battements de son cœur s'accéléraient, elle ouvrit les yeux et se retourna précipitamment, s'attendant à trouver Vador dans la pièce, certainement furieux qu'elle lui ait désobéit, mais ce n'était pas le Seigneur Sith qui se trouvait devant elle... C'était un officier impérial. Celui-ci eut un mouvement de surprise en voyant la jeune femme, mais il se reprit et la salua d'un bref signe de la tête.
« Officier Ardax, madame », se présenta t-il. « Pardonnez mon intrusion, mais je désirerais voir le Seigneur Vador », ajouta t-il en balayant la pièce du regard.
Padmé le regarda, mal à l'aise. Pourquoi n'avait-elle pas écouté Vador ? « Il... Il n'est pas là », répondit-elle.
L'officier Ardax hocha la tête. « Très bien... Je n'ai plus qu'à poursuivre mes recherches alors. Merci ! », dit-il en la saluant une nouvelle fois, avant de tourner les talons. Cependant, il ne franchit pas la porte et se tourna une nouvelle fois vers Padmé, une curiosité nouvelle peinte sur le visage. « Êtes-vous... La prisonnière du Seigneur Vador ? », demanda t-il.
Une nouvelle fois, Padmé sentit un puissant malaise l'envahir. Elle regarda autour d'elle, comme pour chercher une réponse. « En quelque sorte », souffla t-elle, pressée de voir cet entretien prendre fin. Elle qui voulait voir ses relations avec Vador s'arrangeaient, comme il allait être furieux en découvrant qu'elle avait été vu par l'un de ses officiers...
Un petit rire s'échappa des lèvres de l'officier Ardax. « Et bien, jamais je n'aurai imaginé que le Seigneur Vador puisse avoir ''un jouet'' », s'amusa t-il tandis que son regard s'assombrissait soudain. « Surtout d'une telle beauté... Quel gachis, je n'étais même pas sûr qu'il était humain ».
Horrifiée, Padmé comprit ce que l'officier voulait dire. Il la prenait pour une sorte d'esclave sexuelle, dont Vador se servirait afin d'adoucir ses pulsions. Secouant la tête, elle eut envie de hurler que ce n'était pas vrai, que même Vador ne s'abaisserait pas à de telles choses, mais elle n'en eut pas l'occasion. Une violente douleur lui lacéra soudain le dos, lorsqu'elle se retrouva plaquée avec violence contre l'un des murs des appartements. En panique, elle eut envie de hurler, mais son cri fut étouffée par une main plaquée vigoureusement sur sa bouche.
« Chut... », souffla l'officier à son oreille, tout en la maintenant fermement contre le mur. « Inutile de crier, personne ne viendra à votre secours... ». Détachant son regard de son visage, il détailla son corps d'un œil appréciateur. « Je n'ai pas vu une femme depuis des mois... Il serait dommage de ne pas en profiter! ».
Sur ses paroles, Ardax lança son assaut sur les lèvres de Padmé. En proie au désespoir, elle tenta de se débattre afin de se détacher de son étreinte, mais rien n'y fit. L'officier était trop fort. Elle se sentait sali par ces mains qui parcourait son corps et par cette bouche qui violait la sienne. Des larmes coulaient sur ses joues, alors qu'elle réalisait qu'elle était impuissante face à ce qui lui arrivait. Puis, alors que l'officier Ardax entreprenait de lui dévorer le cou, la pression qu'il exerçait sur sa bouche disparu un instant... Un bref instant qu'elle prit pour son salut.
« Anakin, aide moi ! Aide moi ! », cria t-elle, la voix entrecoupée de sanglot.
« Anakin, aide moi ! Aide moi ! ».
Le cri déchira le cœur de Vador, le ramenant soudain à la pire période de sa vie, à ses cauchemars, lorsqu'il avait perdu Padmé. Et cela recommençait. Elle était en danger, il le sentait, il pouvait percevoir toute sa terreur et sa détresse. Il sentit un mélange de peur et de rage l'envahir soudain, tandis qu'il quittait précipitamment le pont de l'Exécutor, sous les regards intrigués des officiers occupés à lui faire leur rapport.
Il avançait à grande enjambées, mais malgré tout, le chemin jusqu'à ses quartiers lui paru interminable. Plus il se rapprochait et plus la douleur de sa femme lui parvenait avec intensité, décuplant son inquiétude. Après ce qui lui avait paru être des heures, il pénétra finalement dans ses appartements et ce qu'il vit lui glaça le sang. Un officier se trouvait dans ses quartiers. Il ignorait son identité car il n'en voyait que le dos, mais ce ne fut pas cela qui attira son attention. Non, c'était la silhouette fragile et tremblante qui se trouvait derrière lui, maintenue de force contre le mur. Padmé... Cet homme avait osé, il avait osé la toucher, elle, son ange.
Une fureur telle qu'il en avait rarement connu s'empara de Vador. Levant sa main gantée, il laissa la haine l'envahir et la dirigea toute entière vers l'officier Ardax. De dos, Vador le vit soudain ôter ses mains de Padmé pour les porter vivement à son cou et cette vision délecta Vador. Il resserra son emprise et, usant de la Force, il amena l'officier jusqu'à lui. Il voulait le voir souffrir, il voulait voir la vie de ce misérable s'éteindre dans ses yeux. Un éclair de panique traversa les yeux de Ardax lorsqu'il vit Vador et qu'il comprit ce qui allait lui arriver. Puis, Vador serra une dernière fois son étreinte, lui rompant le cou, avant d'envoyer le corps sans vie à l'autre bout de la pièce.
Libérée de l'emprise de Ardax, Padmé sentit ses jambes se dérober sous son poids et, terrassée par la fatigue liée à sa lutte et à son désespoir, elle se laissa glisser le long du mur. Assise, elle inspira et expira à de nombreuses reprises, essayant de reprendre son souffle et de se remettre doucement de ses émotions. Son cœur battant la chamade dans sa poitrine, elle tourna son regard vers le corps sans vie de l'officier qui l'avait agressé, puis le porta sur Vador. Même si elle ne voyait pas son visage, elle devinait toute la rage qui devait déformer les traits de Vador. Les épaules du Sith se soulevaient au rythme de sa respiration et Padmé pouvait ressentir toute la tension qui l'habitait. De toute évidence, il luttait pour garder une certaine maîtrise de lui-même, mais Padmé voyait combien cela lui était difficile. Une part d'elle lui criait de ne rien faire, afin de ne pas risquer que cette colère se retourne contre elle, mais une autre part, encouragée par la résolution qu'elle avait prise, la poussait à aller vers lui, afin de l'aider à se calmer.
S'appuyant sur ses mains, Padmé essaya de se lever, mais son corps, encore trop éprouvé, refusa d'obéir. « Anakin... », murmura t-elle, à bout de souffle.
L'appel de Padmé sortit Vador de sa léthargie. Le Seigneur Sith détourna lentement son regard de l'officier Ardax et le tourna vers sa femme. Devant le regard implorant de Padmé, il sentit peu à peu sa colère glisser hors de lui, remplacée par le besoin impérieux de la protéger. Elle l'appelait, elle avait besoin de lui... Il se précipita aussitôt vers elle et vint s'asseoir à ses côtés. Il la détailla rapidement du regard, cherchant les éventuelles blessures qui auraient pu lui être infligées.
« Je suis désolée », souffla Padmé, les larmes coulant le long de ses joues. « Je n'aurai pas du sortir de la chambre. Je... ».
« Non, c'est moi qui suis désolé », la coupa Vador en secouant la tête. « Mais je te promet que je ne laisserai plus jamais qui que se soit te faire du mal ! ».
La détresse de Padmé lui enserrait le cœur, comme dans un étau, et, machinalement, il leva sa main gantée afin d'essuyer les larmes qui coulaient le long des joues de la jeune femme. A quelques centimètres du visage de sa femme, il marqua un temps d'arrêt et observa Padmé, comme pour demander sa permission. La jeune femme ne dit rien, se contentant de le regarder en retour. Encouragé, Vador laissa sa main parcourir les quelques centimètres qui la séparait encore des joues de Padmé et il les essuya avec le plus de délicatesse possible. Ses gestes étaient hésitants, car il s'attendait à tout moment à voir Padmé réaliser soudain ce qu'il se passait et avoir un vif mouvement de recul, mais elle n'en fit rien. Au contraire, à sa grande surprise, elle ferma les yeux et se laissa aller au contact de la main de Vador contre sa peau. Sentant son cœur s'emballer devant ce qui se passait, Vador essuya consciencieusement les dernières larmes du visage de Padmé. A cet instant, c'était presque comme si rien n'avait jamais changé entre eux.
« Merci... », murmura Padmé. « Merci d'être venu... ».
« Je serai toujours là pour toi Padmé », répondit Vador. « Toujours. Je ne supporte pas de savoir que tu souffres ». Même si elle a beaucoup souffert en partie à cause de toi, lui souffla une petite voix dans sa tête.
Padmé sentait la fatigue et la lassitude la gagner peu à peu. « Tu m'as manqué... », souffla t-elle, alors qu'elle tombait doucement dans le sommeil.
Les mots de la jeune femme glissèrent jusqu'au cœur de Vador, le remplissant de joie et d'espoir. Il ne dit rien, restant là et savourant ce moment dont il avait tant rêvé depuis qu'il avait retrouvé sa femme, même s'il aurait préféré qu'il ait lieu en d'autres circonstances. Il caressa doucement le visage de sa femme endormit et regretta de ne pouvoir lui déposer un baiser sur le front, comme il avait jadis l'habitude de le faire. Il profita de cet instant pendant encore quelques minutes, puis il se leva, prenant Padmé dans ses bras, et la porta vers son lit, où il la déposa délicatement. D'un geste tendre, il écarta quelques mèches de cheveux de son visage. Malgré ce qui lui était arrivé plus tôt, elle avait l'air si paisible...
Continuant de la détailler du regard, Vador remarqua quelque chose au niveau de son cou... Deux fils, qui disparaissaient presque sous le col de sa robe et qui semblaient se joindre vers sa poitrine. Vador attrapa les deux fils entre ses doigts et tira doucement, pour dévoiler le pendentif qu'il avait lui même sculpté des années auparavant, dans un petit éclat de jappor. Avec émotion, il réalisa qu'elle l'avait gardé avec elle durant toutes ces années. Repensant avec nostalgie au moment où il lui avait offert ce présent, il resta encore quelques minutes auprès de Padmé, avant de quitter sa chambre, à regret, mais empli d'un nouvel espoir.
« Ainsi, Amidala est toujours vivante... ».
Installé sur son trône, dans son palais d'Impérial City, Palpatine avait les yeux rivés sur l'écran devant lui, tandis qu'il repassait en boucle les images filmées par son espion, l'officier Ardax, lors de sa visite dans les appartements du Seigneur Vador. Alors que l'image à l'écran redevenait grise, conséquence de la destruction de la caméra de l'officier lorsque Vador l'avait propulsé contre le mur, Palpatine posa finalement son écran sur le bord de son trône.
Comment Amidala avait-elle bien pu survivre ? Il avait assisté à son enterrement, tout comme l'ensemble de la Galaxie... Alors comment ?... La réponse lui apparu soudain comme une évidence : les Jedis... Obi-Wan Kenobi et Yoda. Ce stratagème ne pouvait qu'être leur œuvre ! Cette pensée l'agaça un instant car le retour d'Amidala risquait de compliquer les choses avec Vador, mais une pensée lui traversa soudain l'esprit. Vador avait été l'apprenti idéal, bien que Mustafar ait sérieusement nuit à son potentiel, mais il ne lui était plus d'aucune utilité désormais et il était grand temps de le remplacer. Et son remplaçant était déjà tout trouvé : son propre fils, Luke Skywalker.
Le jeune homme semblait avoir le même potentiel que son père à son âge et c'était exactement ce dont il avait besoin. Les Rebelles perdraient du même coup l'un de leurs atouts majeurs, ce qui affaiblirait considérablement leur rébellion ridicule. Tout ce qu'il avait à faire, c'était rendre Luke ivre de rage à l'encontre de Vador afin de l'amener à tuer son propre père et de basculer définitivement du Côté Obscur. Et avec le retour d'Amidala, qu'il pouvait finalement tourner à son avantage, il pensait avoir l'occasion toute rêvée pour cela.
La panique m'envahissait tandis que j'essayais de bouger, mais malgré tous mes efforts, je ne parvenais pas à me dégager de l'étreinte de cet homme qui me dégoûtait, qui m'embrassait et qui me caressait contre mon gré. Ses lèvres agressaient les miennes, me privant presque d'air. J'avais l'impression de suffoquer, impuissante face à ce qui se passait...
« Non ! Lâchez-moi ! Laissez moi tranquille ! ».
Haletante, Padmé se réveilla en sueur, des larmes coulant le long de ses joues. Se redressant dans son lit, elle s'efforça de reprendre son souffle et de se calmer, mais les images de sa tentative de viol ne cessaient de s'assaillir. En proie au désespoir, elle se prit la tête entre les mains et sursauta lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit à la volée, laissant un Vador visiblement inquiet pénétrer dans la pièce en toute hâte.
« Padmé ! », s'écria t-il, son inquiétude clairement perceptible malgré son vocodeur. « Est-ce que ça va ? ».
« Je... J'ai fais un cauchemars », expliqua t-elle en essayant d'empêcher ses larmes de couler et de se ressaisir. Elle ne voulait pas inquiéter davantage Vador. « Mais ça va passer, ne t'inquiète pas», ajouta t-elle, presque plus pour se convaincre elle-même.
Sous son masque, Vador eut un air sceptique. Il n'avait aucun doute quant à la nature du cauchemars de la jeune femme. « Tu es sûre que ça va aller ? », demanda t-il.
Padmé hocha la tête. « Oui, je... Je vais essayer de me rendormir ».
Vador capitula, ne voulant pas forcer les choses car Padmé avait eu suffisamment d'émotions pour la journée. « Bien, je vais te laisser te reposer alors ».
Gagnée par la fatigue, Padmé se remit doucement en position allongée et le regarda tandis qu'il se dirigeait d'un pas lent vers la porte. Puis soudain, alors que le Seigneur Sith en commandait l'ouverture, l'angoisse la saisit brusquement à l'idée de se retrouver à nouveau seule dans les ténèbres.
« Attends ! », s'écria t-elle. Vador se figea dans l'ouverture de la porte et se tourna vers elle. « Reste avec moi, s'il te plaît », demanda alors Padmé, levant son regard vers lui.
Vador l'observa, le cœur battant la chamade, osant à peine croire ce qu'il venait d'entendre. Padmé lui demandait de rester avec elle... Elle réclamait sa présence auprès d'elle après avoir désiré l'éviter durant des jours. Un sentiment de bonheur l'envahit alors de part en part.
« Bien sûr », répondit-il aussitôt en revenant dans la pièce et en refermant la porte.
Il s'apprêtait à prendre place sur l'un des sièges se trouvant dans la pièce, lorsqu'il vit, étonné, Padmé lui faire une place dans son lit. Hésitant, il soutint un instant le regard de la jeune femme, et y trouva l'approbation qu'il attendait. Avec précautions, il prit donc place à ses côtés et surpris, il vit Padmé poser sa tête contre son armure. N'osant pas faire un geste, il la regarda alors qu'elle sombrait rapidement dans le sommeil, l'air plus apaisée. Alors que les souvenirs de cette journée et des nouveaux espoirs qu'elle apportait traversaient inlassablement l'esprit de Vador, il ne tarda pas à trouver lui aussi le sommeil, empli d'une quiétude qu'il n'avait pas ressentit depuis bien longtemps.
