Et toujours merci à Aurore, qui doit donner des sueurs froides à son ombre qui, je n'en doute pas, n'arrive pas à la suivre.

Le cinquième thème est Paratonnerre.


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Livre 1 : Prisonniers

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Chapitre 5 :

Le prisonnier avait tenté de communiquer avec sa compagne de cellule. Ace n'avait pas essayé de savoir pourquoi cela était interdit ni pourquoi dans ce cas-là il n'avait pas été placé en confinement solitaire.

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour se rendre compte que toutes les cellules étaient pleines à craquer. Certes, il aurait été possible d'y enfermer Nico Robin, mais sans doute pas sans l'exposer à un viol de groupe. Ace songea avec amertume que le Gouvernement Mondial devait encore avoir des projets pour elle.

Régulièrement, Ace s'endormait, et il soupçonnait les deux prisonniers de communiquer à ces moments-là. Pour le reste, et en dehors des toilettes, auxquelles il avait accès quand il le souhaitait et de la nourriture qui était régulière et plutôt mangeable contrairement à tous ces pauvres diables qui n'avaient pas tous les jours droits à une ration, Ace aurait pu être un prisonnier de plus de l'Enfer Éternel.

Il y dormait même, et il n'avait droit qu'à quatre heures de pause une fois toutes les vingt-quatre heures, et encore n'avait-il pas l'autorisation de quitter la prison.

Il était épuisé et n'aspirait qu'à une chose : voir le soleil.

La raison de sa présence ici, Marco le Phénix, était en apparence résigné, mais c'était en réalité un fin renard, et dans son ennui, il prenait un malin plaisir à asticoter son geôlier personnel. Comme l'ennui était réciproque, Ace lui était presque reconnaissant de ces moments où il pouvait se servir de ses flammes et tâchait de ne pas trop brûler l'homme.

Après tout, il n'était pas son ennemi. C'était simplement un mauvais hasard qui les avait mis sur le même chemin.

Pourtant, il souhaitait sincèrement que tout cela finisse. Fusse avec la vie de l'homme. C'était certes cruel, mais il se sentait à bout de nerfs et se demandait combien de temps il serait capable de tenir avant d'essayer de s'enfuir.

Ce qu'il y avait de terrifiant, c'est qu'il ne pouvait pas. Il était à sa manière bel et bien prisonnier du Phénix, tout comme le Phénix était son prisonnier à lui.

Il se demandait si l'autre homme avait conscience de ce paradoxe. Sans doute pas, et même s'il l'avait su, il s'en serait sans doute moqué. Ace avait choisi son camp.

Et c'était dur de se rappeler que c'était eux, les gentils, quand l'ennui et l'inconfort le gangrénaient. Il n'osait s'imaginer ce que ça devait être d'être derrière les barreaux.

C'était ça, ce que son grand-père lui avait épargné. C'était pour qu'il ne soit jamais un prisonnier de plus à Impel Down, qu'il avait tenu à ce que Ace devienne Marine.

Et finalement, tout ça pour ça. C'eut été drôle, si ça n'avait pas été aussi triste.

Nico Robin ne posait pas non plus de problèmes. Elle se taisait, indifférente aux commentaires répugnants qu'elle attirait comme un paratonnerre attire la foudre. Avoir une femme parmi eux excitait les criminels qui ne perdaient pas l'occasion de lui annoncer en détail ce qu'ils lui feraient s'ils en avaient l'occasion.

Incapable de se retenir, à une occasion, Ace s'était approché d'elle et à travers les barreaux, lui avait juré qu'il la protégerait.

« J'ai mes nakamas pour me protéger. Je n'ai pas besoin de vous, » avait été sa réponse absolument déroutante.

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Au début, le gamin l'avait prodigieusement indisposé, et il se sentait envers lui d'humeur haineuse.

La haine n'était pas un sentiment familier à Marco, mais dans l'ennui des heures monotones de la prison, la moindre rancœur devient une haine, tout comme le moindre signe de camaraderie devient une amitié.

Il avait pourtant pu communiquer avec Nico Robin à plusieurs reprises, quand cet espèce d'étourneau cracheur de feu s'endormait spontanément sans rime ni raison.

Elle était sous le coup d'une folie assez spéciale. Pas dérangeante, mais spéciale. Elle était persuadée que son équipage viendrait la tirer de là. Elle était en dehors de ça tout à fait lucide et saine d'esprit, et dans les courtes discussions qu'ils avaient pu avoir pendant les siestes surprises de l'olibrius enflammé ou pendant qu'il se retirait dans sa guérite pour dormir, elle avait fait montre d'une culture impressionnante et d'une grande intelligence.

Passionnée par l'histoire, elle avait osé même lui poser quelques questions sur son passé, auquel il avait répondu sans pudeur, un peu comme on raconte les exploits de quelqu'un d'autre. Néanmoins, elle lui avait parfois posé des questions si précises sur des événements du passé où lui-même n'avaient pas été impliqué directement qu'il avait dû avouer son ignorance sur bien des points. C'était presque vexant dans un sens. Elle semblait mieux connaître que lui les époques qu'il avait pourtant vécues. En tout cas, dans cette jolie tête, car il avait eu l'occasion de s'apercevoir qu'elle était jolie, avec les exploits pyrotechniques du Marine, et malgré cette curieuse forme de folie, il y avait une sacrée cervelle.

C'était justement Nico Robin qui lui avait fait revoir son opinion sur son geôlier personnel, un jour où les autres prisonniers s'en donnaient à cœur joie en évoquant, avec des rires lubriques et gourmands, tout ce qu'ils feraient à la jeune femme s'ils mettaient la main dessus. Le jeune homme s'était approché de la cellule et avait murmuré : « Je vous protégerai. »

La réponse avait été incroyable, une folle à n'en pas douter, et le jeune homme était retourné à sa veille sous les sifflements et les huées des autres prisonniers qui l'accusait de vouloir coucher avec elle.

Pourtant, et il fallait reconnaître ça à sa louange, au cours des semaines passées, le Marine n'avait pas eu un geste déplacé. Il aurait été facile de s'amuser à faire courir son feu sur la jeune femme, ne serait-ce que pour la reluquer, mais il semblait uniquement concentré sur Marco et, sauf dans les occasions où il les surprenait à discuter, avait toujours consciencieusement éviter d'interagir avec elle.

De ce jour-là, Marco lui avait accordé un certain respect, et parfois, c'était à lui directement qu'il s'adressait, se prenant en réponse une bordée de flammes qui étaient toujours impressionnantes mais pas aussi dangereuses que ça.

Comme s'il le faisait plus pour la galerie qu'autre chose. Cela n'avait pas empêché Marco de récolter quelques vilaines brûlures, mais l'un dans l'autre, il en était venu à penser que le gamin n'était pas méchant.

Peut-être même gentil.

Et ça, c'était une faiblesse qu'il avait la ferme intention d'exploiter.

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Vilain Marco. Tu n'as pas honte d'essayer de profiter de Ace ? J'avoue que quand j'ai vu le thème 'Paratonnerre', j'ai fait grise mine (ahaha), mais finalement, il s'est révélé génial et parfait.