Merci à Neechu et à Aurore ! Z'êtes des amours !
Le huitième thème est Réflexion.
.
Livre 1 : Prisonniers
.
Chapitre 8 :
Ace poussa un cri, ce qui n'attira pas immédiatement l'attention des autres prisonniers. Mais quand un, plus éveillé, se fut rendu compte que c'était le gardien qui avait crié, il s'assura de réveiller les autres.
« Regardez le petit mignon qui est en train de se faire farcir par Marco. Il en crie ! C'est parce qu'il connaissait ta maman ? »
Le flot ordurier lui passa dessus avec indifférence. Une partie de lui, qui pouvait encore penser avec un brin de rationalité craignit un instant l'intervention des gardes, mais à moins d'un chahut extraordinaire, ici dans l'Enfer Éternel, ils n'intervenaient pas, se contentant de surveiller la scène depuis le confort de la salle des commandes. Certains prisonniers avaient parfois été tués avant qu'ils n'interviennent.
Mais Ace ne pensa qu'à tout ça qu'en second, d'une certaine manière. La majorité de son être était prise par ce que venait de dire la jeune femme :
« Monkey D Luffy est mort, » déclara-t-il avec urgence. Il se demandait pourquoi il avait si peur de découvrir que ça pouvait être l'inverse.
« Monkey D Luffy est parfaitement en vie, contra Robin, et il va venir me sauver.
— Voyons, c'est faux, c'est faux. » Des larmes se pressaient contre ses paupières sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi. « Mon Luffy à moi, il a une cicatrice sous l'œil.
— L'œil gauche, dit Robin.
— Et il traîne partout un abominable chapeau de paille.
— Avec un ruban rouge, précisa la femme.
— Il a mangé un fruit du démon.
— Oui, le gomu gomu no mi, qui lui permet de s'étirer comme s'il était en caoutchouc. »
Les réponses tombaient, automatiques, parfaitement en accord avec celui qu'avait été son petit frère.
Mais c'était impossible. Si Luffy était vivant, alors toute sa vie avait été bâtie sur un mensonge.
« Peut-être bien que tu as une raison d'être libre, désormais, » fit Marco avec un sourire indulgent où il y avait un peu plus de chaleur que d'hypocrisie.
Ace essuya les larmes qui coulaient de ses yeux, et hoqueta en silence pendant un instant.
« Vivant… Vivant… »
Il n'arrivait tout simplement pas à le croire, et pourtant son être s'accrochait de toutes ses forces à cette possibilité magnifique, à cet espoir fou.
« Je dois aller le chercher, fit Ace. Je dois aller le trouver. Et si c'est lui…
— Et que dirais-tu, lui rappela Marco, d'y aller tous les trois ? Après tout, tu m'as dit que tu ne pouvais pas sortir, n'est-ce pas ?
— Je ne peux pas vous libérer non plus.
— Pourquoi, tu as des scrupules ? »
Des scrupules ? Si cette femme disait vrai, Ace n'en aurait plus jamais de toute sa vie.
« Non, plus simplement, je n'ai pas les clefs.
— Mais tu sais où les trouver ?
— Oui.
— Alors qu'attends-tu, va les chercher.
— Je…
— Écoute, euh… comment tu t'appelles au fait ?
— Ace. Portgas D Ace.
— Alors écoute, Ace, il nous faut ces clefs. Tu ne pourras pas sortir d'ici tout seul, et maintenant, tu as une sacrée bonne raison de le faire, n'est-ce pas ? »
Ace hocha la tête.
C'était vrai. À présent, il avait une raison de se battre, une raison de vouloir voir au-delà.
Peut-être que Luffy était vivant. La possibilité lui faisait tourner la tête.
Il se leva et décida qu'il aiderait le Phénix et Nico Robin à s'enfuir, et qu'il partirait avec eux. Et si tout ça n'était qu'une tromperie, au moins mourrait-il en ayant cru à quelque chose au-delà du froid lancinant et de la grisaille fade qu'était sa vie.
Mais pour cela, il fallait les clefs.
« Je dois attendre pour me rendre à la salle des gardes. Ce n'est pas encore l'heure de ma pause, fit-il avec un ton d'excuse.
— Tu ne vas pas te rétracter, hein Ace ? demanda Marco.
— Vous m'avez donné l'occasion d'espérer. Vous mentez peut-être. Mais finalement, pour ce que vaut ma vie…
— Triste réflexion pour un gamin de ton âge. Va-t-en maintenant, on s'est déjà fait assez remarqués comme ça.
Ace hocha la tête et retourna dans sa guérite. Et là, replié sur lui-même, il s'autorisa à pleurer, des larmes de joie et de soulagement.
.
Est-ce que par la plus incroyable des coïncidences, le Luffy de Robin et celui de Portgas serait le même ? Ou bien n'était qu'une manigance subtile de l'archéologue pour attirer le geôlier de leur côté.
L'un comme l'autre, c'était une chance inespérée. Parce que le garçon n'avait pas juste marché dans la combine, il avait couru.
Et maintenant, il allait falloir attendre. Marco sentait que ces quelques heures seraient les plus fébriles qu'il avait passé dans cette prison. Une révolte n'allait pas manquer d'éclater quand les autres prisonniers le verraient libre et il faudrait en libérer un maximum afin de noyer la prison dans le chaos.
Marco n'avait pas l'intention de les libérer tous pour autant, certains étaient des ennemis personnels qui tenteraient immanquablement de le tuer, et il y avait dans l'Enfer Éternel d'Impel Down quelques ordures qui assurément, n'y avaient pas volé leur place.
Ensuite, il faudrait remonter de niveau en niveau, récupérer Thatch au passage, puis atteindre le rez-de-chaussée et s'emparer d'un bateau.
Un plan bien sommaire et avec de nombreuses lacunes, sans compter les paramètres hasardeux. Mais après tout, la prison était connue pour être imprenable de l'extérieur. Personne n'avait jamais rien dit sur le fait qu'elle devait l'être de l'intérieur.
« Alors comme ça, dit-il tout bas à Nico Robin, ton capitaine est le futur Seigneur des Pirates ?
— Effectivement.
— Il devra vaincre Barbe-Blanche pour cela.
— Oh, il le vaincra. » La certitude dans le ton de la jeune femme le fit rire. Il était impatient de croiser la route de ce Luffy, capable de susciter tant de dévotion.
« Alors, tu n'as pas menti au môme ? C'est le même Luffy ?
— Ça ne m'étonnerait pas. Luffy a souvent rendez-vous avec le destin.
— Et comment se fait-il qu'il t'ait ratée et que tu aies fini à Impel Down ?
— Il a réussi, au contraire. Pour moi, il a déclaré la guerre au Gouvernement Mondial. Il démolira Impel Down pour venir me chercher, pierre par pierre.
— Il est donc à la tête d'une flotte puissante.
— Nous sommes sept.
— Sept vaisseaux ? Peu de chance de passer.
— Sept personnes. »
À cette réflexion, Marco soupira, désolé. C'était troublant parfois, comme il était facile d'oublier que Nico Robin était folle.
Plutôt que de continuer cette conversation, il préféra le silence.
Bientôt se déchaînerait le chaos.
Marco leva les yeux et chercha à trouver le sommeil. Bientôt, il en avait la sensation, il serait libre.
.
Et voilà donc la fin de ce premier livre ! Il y aura je suppose à un moment un épilogue pour répondre à quelques questions qui restent mais pour une suite, vous devrez attendre le livre 2 qui sortira... dès que je l'aurai écrit. Merci d'avoir vécu cette aventure avec moi, j'espère que ça vous a plu.
